vendredi, 21 octobre 2016

Affres budgétaires et phynancières genevoises : Beautés de la langue de bois

 Interrogé par le mensuel "Affaires Publiques", le ministre genevois des Phynances, Serge dal Busco, décrit en ces termes la situation financière genevoises : "Du côté des revenus, il est très difficile de dégager de nouveaux moyens" (il a en effet été plus facile de priver le canton d'un milliard de recettes annuelles en faisait se succéder 13 réductions d'impôts en quinze ans), "les projets que nous présentons pour tirer profit de certaines niches fiscales spécifiques se heurtent à de très fortes résistances politiques" (là, un traducteur est demandé), et comme il va falloir d'une part investir et que d'autre part "nous allons devoir assumer, à court terme, un manque à gagner fiscal temporaire lié à la réforme de l'imposition des entreprises" (on appréciera le "à court terme" et le "temporaire"...), "nous devons agir sur la part des dépenses publiques sur lesquelles le Conseil d'Etat et le Grand Conseil ont la main. Réduire les dépenses sans nuire aux prestations, avec notamment des gains d'efficience, voilà l'enjeu". Nous voilà pleinement rassurés et précisément informés. Rien de tel qu'une bonne dose de langue de bois pour donner l'impression qu'on dit quelque chose, quand ce qu'on dit ne dit rien de ce qui est, et moins que rien de ce qui sera.

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14:23 Publié dans Economie, Fiscalité, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : budgets publics, rie iii | |  Facebook | | | |

lundi, 12 septembre 2016

Budget 2017 de la Ville de Genève : La droite retrouve le sens du ridicule

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Le projet de budget 2017 de la Ville de Genève a été présenté par le Conseil administratif fin août. Il est équilibré (avec un boni de deux millions), les investissements (130 millions) sont autofinancés aux deux tiers.  La Conseillère administrative Sandrine Salerno, qui avait réuni les représentants des groupes au Conseil municipal afin de tenter un dialogue préalable plutôt qu'un recours systématique aux urnes pour réparer les conneries de la droite, n'en avait pas moins précisé que le projet de budget était préparé, conformément à la procédure habituelle (et à la loi) par le Conseil administratif et non "en amont" avec les groupes, fussent-ils majoritaires en s'étant agglutinés. L'année dernière, on s'en souvient, la droite dilatée (du PDC au MCG) s'était coagulée pour refuser d'entrer en matière sur le projet du Conseil administratif, ce qui avait rendu impossible son examen sérieux en commission, avait abouti à des coupes linéaires dans les subventions sociales et culturelles et dans les lignes finançant le fonctionnement même de l'administration municipale et des services publics, et assurant le respect du statut du personnel.  Et tout cela s'était terminé par un vote référendaire lors duquel les citoyens-contribuables avaient refusé ces coupes et adopté le projet de budget du Conseil administratif. La procédure était originale (faire adopter par le peuple un budget devant l'être par le Conseil municipal), mais on y avait perdu six mois. Cette année, à défaut de sens des responsabilités, la droite municipale genevoise genevoise semble avoir au moins retrouvé celui du ridicule : elle semble résignée à faire son travail et à étudier le projet de budget. Le budget de la Ville ne servira donc pas à rémunérer le refus de 42 conseiller-e-s municipaux et pales d'étudier le budget de la Ville. On risque donc de faire notre boulot ? Hosanna  !

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19:00 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budgets publics, ville de genève | |  Facebook | | | |

jeudi, 31 mars 2016

Pompe à phynance genevoise : Les comptes sont bons, le budget est mort

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Des comptes 2015 légèrement déficitaires (de 21 millions) alors que le Conseil d'Etat les annonçait calamiteux (avec un déficit de plus de 200 millions), une caisse de pension du personnel de l'Etat lourdement re-provisionnée, et pas de budget 2016 : la pompe à phynance genevoise fonctionne comme celle du Père Ubu : pataphysiquement. Certes, ne pas avoir de budget n'empêche pas l'Etat de fonctionner. D'ailleurs, en vingt ans, Genève s'est retrouvée six fois dans cette situation, et n'en est pas morte. Il vaut sans doute mieux se passer de budget que se faire imposer un budget inepte... Genève n'a pas de budget ? Elle s'en passera. Elle a un Conseil d'Etat ? Elle pourrait tout aussi bien s'en passer aussi. D'ailleurs, ne s'en passe-t-elle pas déjà ?

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16:08 Publié dans austérité, syndicats, gauche, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : budgets publics | |  Facebook | | | |

jeudi, 07 janvier 2016

Affres budgétaires genevoises : ça référende sec...

Genève, janvier 2016 : La République n'a pas de budget pour 2016 (c'est le seul canton à se retrouver dans cette situation), et si la Commune en a un, il est frappé d'un double référendum de gauche (à propos, vous l'avez signé ?), lancé contre les coupes à la fois mécanistes et hasardeuses opérées par la droite coagulée dans le projet du Conseil administratif. En une heure, le 18 décembre, le Grand Conseil unanime, de l'extrême-droite à la gauche, a renvoyé le projet de budget cantonal à son expéditeur gouvernemental, non sans qu'une majorité de droite (sans le MCG, pour une fois) ait sorti de la loi le système des annuités (les augmentations salariales annuelles de la fonction publique) pour en confier la maîtrise au Conseil d'Etat et ait fait voter (avec le MCG, et contre l'avis du Conseil d'Etat) une loi de "personal stop" bloquant les embauches dans le secteur public :  "pour engager un policier, supprimez un poste d'enseignante"... Là encore, un référendum a été lancé.  Et a abouti.

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14:53 Publié dans austérité, syndicats, gauche, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : finances publiques, budgets publics | |  Facebook | | | |

vendredi, 18 décembre 2015

Budget de la Ville de Genève : L'action sociale menacée comme la culture

La droite coagulée ne s'est pas attaquée qu'au seul budget culturel de la Ville de Genève, cette semaine,  si elle en a fait sa cible principale. S'attaquant à toutes les subventions, et toutes les lignes de fourniture, elle s'est aussi attaquée au budget de l'action sociale. Le CAPAS (collectif d'associations pour l'action sociale), qui regroupe 34 associations accordant à plus de 88'000 personnes des prestations de toute nature (de la distribution de seringues, la vaccination et les soins de santé primaire au repas et à la réinsertion professionnelle), sonne l'alarme : ces prestations sont en augmentation constante (comme le nombre de leurs bénéficiaires) depuis des années, sans que les subventions aient suivi. Mais maintenant, non seulement elles ne suivent plus l'augmentation des besoins, mais il faudrait qu'elles reculent ?  Qu'est-ce qui va en souffrir ? le soutien aux familles et aux adultes en situation précaire, les mesures d'insertion sociale et professionnelle, le soutien aux personnes atteintes dans leur santé psychique, le suivi des jeunes déscolarisés, l'intégration des migrants et des marginaux...

budgets publics, Ville de Genève

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17:20 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : budgets publics, ville de genève | |  Facebook | | | |

mardi, 15 décembre 2015

Ville de Genève : le quatrième débat sur le budget commence. Dans la rue.

Qu'a imposé la droite coagulée en Ville de Genève ? Pour nous en tenir à la politique culturelle, première visée par ces coupes, elle a imposé une coupe de 10 % dans les fonds de soutien à la création et à sa représentation (les « fonds généraux ») et une coupe de 2 % dans les subventions directes. Sauf pour le Grand Théâtre, mais en revanche, pour son orchestre attitré. On admire la logique. Cette coupe dans les subventions municipales s'ajoute à une coupe cantonale proposée de 1 % par année pendant cinq ans dans les subventions directes. Un théâtre comme Am Stram Gram y perdrait 30'000 francs, dont 20'000 francs du seul fait de la Ville. Une économie ridicule sur le budget de la Ville. Une perte importante sur celui d'un théâtre qui n'a pas vu augmenter depuis 10 ans le soutien public qu'il, reçoit... A elle seule, et sans compter, évidemment, les coupes dans les lignes de biens et marchandises qui concernent des lieux culturels la création culturelle devrait assumer, pour 1 million 400'000 francs de coupes dans les fonds de soutien et les subventions, soit 9 % de toutes les coupes proposées, pour économiser à peine plus d'un pour mille des dépenses municipales.  On est donc bien face à une attaque en règle contre, non pas tant la politique culturelle de la Ville, ce qui serait déjà inacceptable puisque la droite n'en proposez aucune qui soit alternative, sinon ne plus financer que le Grand Théâtre et le Musée d'Art et d'Histoire, mais contre l'ensemble du champ culturel genevois, du tissu culturel genevois, de ses lieux, de ses acteurs, de ses salariés. Avec une cible prioritaire : la culture émergente, la création indépendante des institutions, et, évidemment, la culture alternative. Et le secteur le plus fragile de l'économie et du si bien nommé « marché » du travail, celui des intermittents du spectacle. Ces choix budgétaires frappent un secteur qui a fait travailler, et vivre de leur travail, près de 1900 personnes l'année dernière, sans compter le personnel des institutions. Ni, évidemment, le personnel municipal affecté aux institutions. Les coupes dans les fonds de soutien à la création et à leur représentation vont en outre affecter toutes les manifestations qui permettent cette représentation comme les festivals de cinéma (Black Movie, Filmar, Cinetransat et les autres), les fêtes du théâtre et de la danse.

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06:57 Publié dans Culture, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : budgets publics | |  Facebook | | | |

mercredi, 02 septembre 2015

A propos des budgets de Genève

Le trou et la corne (d'abondance)

Le Conseil administratif de la Ville de Genève a présenté mercredi dernier son projet de budget 2016, bénéficiaire de 1,3 million de francs sur une masse totale de plus de 1,4 milliard. Il n'est pas parfait, ce projet, il peut être amélioré, on peut y renforcer les engagements sociaux de la Ville, garantir la réalisation de projets déjà acceptés (le Pavillon de la Danse, par exemple, ou même la Nouvelle Comédie), ré-internaliser des fonctions actuellement sous-traitées à des privés (le nettoyage, par exemple), mais on conviendra qu'on est loin de l'état dans lequel les finances cantonales se retrouvent (avec un  trou prévu de 240 millions de francs) -et qui va servir de prétexte, à ceux-là même qui les ont mises dans cet état, de produire pour le coup un vrai budget cantonal de droite à côté duquel le budget municipal de gauche prendra des airs de corne d'abondance...

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17:24 Publié dans Fiscalité, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budgets publics | |  Facebook | | | |

lundi, 29 décembre 2014

MAIS QUE FAIT LA POLIS ?

On en a passé, des heures, avant noël, au Conseil Municipal et au Grand Conseil, à accoucher des budgets de la Ville et du Canton... A force, si on n'avait pas la conscience politique coulée dans les neurones et l'idéologie émulsionnée dans le sang, on en aurait presque oublié que si les parlements sont bien des lieux politiques, ils ne sont pas les seuls, qu'ils ne sont même que l'espace où se traduisent toutes les actions politiques menées ailleurs, et que ce qu'on y fait (et ce qu'on y dit, mais les parlements sont de ces lieux où "dire", c'est faire"...) ne remplace pas ce qu'on a à faire ailleurs.
Mais bon, c'est tout le même là que se prennent des décisions, et il n'est pas sans importance ni sans effet que les majorités qui font les votes, et les projets sur lesquels elles se prononcent, soient de gauche ou de droite.

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16:05 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : budgets publics, finances publiques, parlements | |  Facebook | | | |

lundi, 22 décembre 2014

Vote des budgets publics genevois : Comme ça, au moins, c'est clair...

chasses.jpgIl aura fallu, au Grand Conseil comme au Conseil Municipal, deux jours pour accoucher d'un budget. Avec des majorités inverses pour des budgets politiquement contradictoires -mais au moins, c'est clair : le budget cantonal genevois 2015 est un budget de droite, voté par la droite, contre la gauche (ce ne fut pourtant pas faute, pour le PS et les Verts, de tout tenter, même l'illusoire, pour le rendre acceptable, sans y parvenir -« il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre...»), et le budget municipal genevois 2015 est un budget de gauche, voté par la gauche contre la droite (quoi qu'il en soit du retournement de veste du MCG, sentant le vent venir et soucieux, au parlement municipal comme au parlement cantonal, de se retrouver du bon côté du vote, histoire sans doute de disputer, et de ravir, au PDC le titre envié de roi de la girouette politique). Evaporé, le « centre », dissout, le « ni gauche, ni droite » d'un MCG franchisé par les affairistes. Une gauche, une droite. Ne reste plus qu'à rassembler la première contre la seconde, dans les parlements, et hors des parlements.

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lundi, 15 décembre 2014

Objectif de la droite municipale genevoise : exister. Au moins un peu.

Le 18 décembre, le parlement cantonal genevois se prononcera sur le budget de la République pour 2015. Quelques jours après que le parlement municipal se soit prononcé (ce soir ou cette nuit) sur le budget de la Commune, après les quinze heures de débat de samedi. On avouait lors du débat notre perplexité face à la vingtaine d'amendements déposés in extremis (la peur des réactions qu'ils pouvaient susciter s'ils étaient annoncés plus tôt étant médiocre conseillère) par la droite municipale, et dont, à premier examen, certains ne pouvaient être expliqués que par d'excessives libations la veille de leur dépôt (ou une solide gueule de bois au moment leur rédaction). Un examen un peu plus approfondi nous a cependant convaincu que tous ces amendements, mêmes les plus absurdes (avec une mention spéciale pour ceux pondus par le PLR) avaient une motivation commune : faire exister politiquement, et médiatiquement, ne fût-ce qu'un moment fugace, leurs auteurs... A n'importe quel prix..

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