lundi, 11 septembre 2017

Budget de la Ville de Genève : Nouvelle procédure, vieux réflexes

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Mardi, le Conseil municipal de la Ville de Genève décidera d'entrer ou non en matière sur le projet de budget 2018 que lui présente le Conseil administratif. C'est un rite annuel de rentrée -mais qui depuis deux ans se déroule selon une nouvelle procédure, un peu improvisée, mais assez inventive : Une valse à quatre temps (on n'allait pas s'en tenir bêtement aux trois temps habituels). Premier temps, le Conseil administratif présente un projet de budget au Conseil municipal, où la droite et l'extrême-droite se coagulent pour former une majorité qui refuse d'examiner ce projet (qu'il soit bénéficiaire, équilibré ou déficitaire peu importe : il est présenté par un Conseil administratif de gauche, la droite et l'extrême-droite sont contre, point barre). Deuxième temps : le Conseil administratif présente un autre projet, ou représente le même, et cette fois la droite fait mine de vouloir l'examiner et accepte qu'il soit renvoyé en commissions. Troisième temps : en commission des Finances, la majorité de droite coagulée coupe au hasard dans le projet du Conseil administratif et en séance plénière vote un budget amputé. Quatrième temps : la gauche et des milieux associatifs lancent un référendum ou plusieurs contre les amputations, le les fait aboutir, et le peuple décide. Alors évidemment, on perd du temps, et on finit par se prononcer en juin, ou en septembre, voire plus tard, sur un budget qui devrait être appliqué dès le 1er janvier, mais au final, on a soumis le budget à référendum et au vote populaire, alors qu'en principe la loi l'exclut. On est inventifs, à Genève...

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vendredi, 22 janvier 2016

Budgets publics : Boîte à idées ou débat collectif ?

budgets, finances publiquesDans le cul-de-sac genevois

L'accord signé le 17 décembre entre le Conseil d'Etat et les organisations du personnel de la fonction publique, et qui a mis fin à la plus longue grève suivie dans le secteur public depuis au moins 70 ans, avait partiellement, et temporairement,  satisfait à une revendication syndicale : les quatre mesures combattues par le mouvement de la fonction publique (le passage à 42 heures de travail payées 40, le non-renouvellement des départs "naturels", la facilitation des licenciements et l'encouragement aux temps partiels) ont été suspendues. En échange de quoi les syndicats prenaient acte de l'objectif, inchangé, du Conseil d'Etat de diminuer les dépenses de 192 millions de francs, et une consultation du personnel (mais aussi de ses organisations...) devait être organisée pour faire émerger des propositions alternatives à celles du gouvernement. Celui-ci a donc annoncé hier l'ouverture de cette consultation -mais à sa manière : celle d'une "boîte à idées" déposées le cas échéant anonymement, par les membres du personnel. On cherche les idées où on peut, quand on n'en a guère ou qu'on refuse celles qu'on pourrait avoir (rétablir la charge fiscale, par exemple...). De leur côté, les syndicats organisent leur propre consultation -mais collective, celle-là, dans les secteurs et les établissements publics, et lors d'assemblées ouvertes. On s'autorisera a trouver exemplaire la confrontation de ces deux méthodes, celle, encouragée par le Conseil d'Etat, du message personnel et peut-être anonyme, et celle, organisée par les syndicats, du débat collectif. 

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lundi, 07 septembre 2015

Budget municipal genevoise : la droite cale...

Travailler, c'est trop dur...

Ce soir, au Conseil Municipal de la Ville de Genève, on décidera d'entrer ou non en matière sur le projet de budget 2016 de la Ville, et si c'est "oui", de le renvoyer ou non en commission. Le Conseil administratif de la Ville de Genève a fait son travail : présenter un projet de budget équilibré (légèrement bénéficiaire, même).  Le Conseil Municipal fera-t-il le sien -étudier ce projet ? Sa putative majorité de droite distandue tient à l'en empêcher. Suspense insoutenable... En octobre de toute façon, le Conseil administratif devra présenter un rectificatif budgétaire, basé sur les nouvelles prévisions cantonales de recettes fiscales. Si l'entrée en matière sur son projet actuel est refusée, ce rectificatif deviendra simplement un nouveau projet, et on repartira pour un tour... quel intérêt peut bien avoir un exercice dont le seul effet sera de faire perdre deux mois ou d'en venir aux fameux "douzièmes provisionnels", une sorte de budget provisoire découpé en tranches mensuelles, et basé (sans y être identique) sur le budget de l'année précédente ? Quel intérêt ? Un seul, de pédagogie : celui de permettre au bon peuple de distinguer celles et ceux qui, au Conseil Municipal, veulent faire leur boulot, de celles et ceux qui s'y refusent -et veulent empêcher les autres de le faire...

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mardi, 19 novembre 2013

Coupes budgétaires (même dans un budget équilibré...) : Mobilisations !

A La Chaux de Fonds, samedi, 600 manifestants, rassemblés pour dénoncer les mesures d'« austérité »  adoptées par le gouvernement (de gauche) pour équilibrer le budget, ont conspué le président (socialiste) du Conseil d'Etat. A Genève, la droite municipale a fait proposer par la commission des finances des mesures qui ne sont même pas d'«austérité », mais de pur élagage, sans même l'explication, ou l'alibi, d'un déficit budgétaire à effacer, puisque le budget attaqué était équilibré. Lundi prochain, 25 novembre, à 16 heures devant l'Hôtel-de-Ville, un rassemblement  devrait se tenir à l'appel, de la gauche, des syndicats, de la commission du personnel de la Ville et des associations visées par les coupes budgétaires proposées par la droite en Ville de Genève, pour lui dire son fait, à la droite municipale. Et c'est une bonne date pour cela, le 25 novembre  : dans le calendrier républicain, c'est le 5 Frimaire, jour du cochon.... celui qui ne veut pas se laisser saigner...

Au parlement municipal, dans la rue... et dans les urnes ?

A l'exception de Bâle, qui n'a pas de municipalité, et de Genève, dont la Municipalité a présenté un projet de budget équilibré (et même bénéficiaire, d'un poil, mais suffisamment gratteur, le poil, pour déchaîner les pulsions épilatrices), toutes les « grandes villes » de Suisse prévoient des déficits budgétaires pour 2014 : Lausanne prévoit un déficit de 31,4 millions, Zurich de 231,6 millions, Berne de 1,7 million, Winterthur de 1,3 million (malgré une hausse de l'impôt municipal), Saint-Gall de 5,2 millions... En 2014, la majorité des villes suisses, grandes, moyennes ou petites présenteront des budgets déficitaires. Et toujours pour les mêmes raisons : le report de charges cantonales sur les communes, la réduction ou le plafonnement des ressources fiscales à force de cadeaux faits (et projetés, telle l'abaissement à 15 % de l'imposition cantonale des bénéfices des entreprises) aux hauts revenus, grosses fortunes et entreprises multinationales, et l’accroissement des charges, en particulier dans le domaine de l'action et de la solidarité sociales.
Les centres urbains dépensent entre 1000 et 2000 francs de plus par habitant que les communes périphériques. Et pas parce qu'ils ont envie de dépenser, ou qu'ils sont saisis d'une pulsion somptuaire irrépressible : parce que dans leur champ de compétence politiques, deux domaines sont « surinflationnistes » : la culture et la solidarité sociale.-les villes concentrent en effet les institutions culturelles publiques, et les populations les plus fragiles : personnes âgées, chômeurs, clandestins, marginaux, personnes sans domicile fixe... La raison des déficits des villes, elle est là : pas dans une « mauvaise gestion », mais dans un surcroît de charges que les cantons et la Confédération sont bien aises de reporter sur les communes et, d'entre elles, celles qui ont la «surface» financière et démographiquie suffisante pour qu'on les suppose capables d'absorber ces charges. Et de fait, elles sont parfaitement capables d'absorber des déficits, c'est-à-dire de les réduire pour peu qu'on leur en laisse le temps et les moyens.

Des « grandes villes » suisses, Genève est donc la seule municipalité à avoir réussi à présenter un projet de budget équilibré, sans hausses d'impôts ni réduction de prestations. La droite municipale, qui n'avait cessé de couiner pendant des mois qu'elle refuserait tout budget déficitaire s'est ainsi retrouvée devant un projet de budget qu'elle n'avait plus aucune raison de refuser. Plus aucune, ou presque. Plus aucune, sauf une : l'urgent besoin de faire savoir qu'elle existe. Et qu'elle arrive, si elle s'unit du PDC au MCG à être majoritaire en commission. Alors, pour se sentir exister et faire sentir au bon peuple qu'elle existe, elle propose n'importe quoi, sans tenir aucun compte des besoins, ni même des logiques budgétaires : suppression des Unités d’action communautaire (UAC) et de l’« Agenda 21 »  (le service mettant en oeuvre la politique municipale de cohésion sociale, de développement durable et de lutte contre les discriminations). A quoi s'ajouteraient des réductions dans toutes les lignes budgétaires finançant le fonctionnement même des services publics et de l'administration municipales. Tout cela sans aucune raison raisonnable, pas même pour dégager un excédent de recettes utilisables.
Contre un budget municipal qui ressemblerait à celui que la droitunie genevoise propose, une mobilisation s'impose. Elle passera par le travail que la gauche fera au Conseil Municipal, mais elle devra aussi s'appuyer sur une mobilisation dans la population et dans les services publics menacés de perdre des moyens (matériels et humains) indispensables à leur action, quand ils ne sont pas menacés de suppression pure et simple. Et puis, finalement, si ce travail et cette mobilisation ne suffisent pas, on en appellera « au peuple », puisqu'on en a la possibilité (en effet, si un référendum est exclu par l'art. 78 de la constitution contre le budget communal pris dans son ensemble, il est possible « contre les dispositions budgétaires qui introduisent une recette ou une dépense nouvelle ou qui modifient le taux d'un impôt ou le montant d'une dépense de l'exercice précédent ». Et on serait précisément dans ce cas là...

Au parlement municipal, dans la rue et, éventuellement, dans les urnes, c'est donc un vrai débat qui s'annonce, sur ce que signifie un budget public, et un vrai choix politique qui sanctionnera ce vrai débat. Car il faut bien le dire clairement : mieux vaut pas de budget du tout qu'un budget aussi foireux que celui que nous propose l'attelage de la droite et de l'extrême-droite municipales genevoises.

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jeudi, 13 décembre 2012

45 budgets publics adoptés. Reste le 46ème...

Jouer la montre, manier la hache...

cartel.jpgLes 45 communes genevoises ont bouclé leurs budgets. Seules deux d'entre elles (Bernex et Troinex) prévoient un déficit, qu'elles devront résorber dans les quatre ans, et deux autres une (légère) hausse de l'impôt communal pour équilibrer leurs prévisions. Sur les 46 collectivités publiques du canton, 45 ont donc fait leur boulot à temps. Laquelle manque à l'appel ? Celle qui s'est elle-même chargée de vérifier si les autres ont fait ce qu'elle-même ne fait pas : le canton. Il devait adopter son budget ces jours, il en sera incapable, la droite ayant refusé même d'examiner le projet du gouvernement. La République entamera donc l'année 2013 sans budget. Tout à l'heure, à 16 heures 30, devant l'Hôtel-de-Ville, on aura l'occasion, à l'appel du Cartel intersyndical de la fonction publique, de dire ce qu'on en pense -et ce qu'on pense des propositions délirantes faites par ceux qui, après avoir joué la montre, jouent de la hache pour tailler dans les dépenses les plus utiles à la population. Celles qui permettent aux services publics d'être un peu plus que des distributeurs de sparadraps sociaux...

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04:53 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budgets, syndicats, fonction publique, services publics | |  Facebook | | | |

mardi, 16 octobre 2012

La droite genevoise refuse l'entrée en matière sur le budget cantonal : Courage, fuyons !

Vendredi soir, au Grand Conseil genevois, un front de la droite de la droite (PLR, UDC, MCG) a imposé, contre les autres groupes (PS, Verts, PDC) un pur et simple refus d'entrée en matière sur le budget cantonal, au prétexte d'un déficit excessif (alors qu'avec ses 278 millions, il est de 72 millions moindre que celui de l'année précédente, accepté et salué par le PLR). C'est un gouvernement à majorité de droite qui est ainsi gifflé par la droite. Mais c'est surtout un parlement dont la majorité refuse de faire le travail pour lequel, historiquement, les parlements ont été constitués, et des députés qui refusent de faire le travail pour lequel ils ont été élus. Pourquoi ? Sans doute parce qu'on est à un an des élections cantonales, et que bien plus que la question de savoir quels moyens accorder à la République pour faire quel travail, c'est la question « de combien de séants de députés et de fauteuils de ministres PLR, UDC et MCG pourra-t-on écraser les sièges du parlement et les fauteuils du gouvernement l'année prochaine » qui taraude la droite. Et que d'ici là, elle s'impose un mot d'ordre, un seul : Courage, fuyons devant nos responsabilités politiques !

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vendredi, 09 décembre 2011

A budgets continus

Equilibre municipal, déficit cantonal ?

Les députés membres de la commission des finances du Grand Conseil genevois font un « travail de singes » pour amender le projet de budget du Conseil d'Etat, groume l'UDC Eric Bertinat sur son blog. Du moins font-ils leur travail... ce même travail que les conseillers municipaux membres de la commission des finances du Conseil municipal, dont précisément Eric Bertinat, ont refusé de faire. Ou se sont révélés incapables de faire. Chronique de la vie des bêtes politiques : peut-on être singe à mi-temps et paresseux le reste du temps ? En tout cas, à l'heure où nous écrivons, on s'achemine plutôt en Ville vers un budget équilibré voté par la gauche et pour la canton vers un budget déficitaire voté par la droite. Paradoxal ? Si on prend au sérieux les discours de la droite, oui. Mais qui les prend au sérieux, les discours de la droite ? Même pas elle...

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mercredi, 30 novembre 2011

Budgets publics : Et si on faisait notre boulot ?

On n'est même pas encore entrés dans l'Avent, le sapin n'est même pas dressé, on n'a même pas encore acheté les cadeaux que dans nos petits souliers, ce matin, le Père Noël a déposé une grosse enveloppe. Avec un gros document dedans : le budget de la Ville de Genève. Et nos copains du Grand Conseil vont recevoir une plus grosse enveloppe encore. Avec un encore plus gros document dedans : le budget du canton. Merci Père Noël. Fallait pas. Mais bon, maintenant qu'on l'a reçu, notre cadeau de Noël, trouvons-lui le meilleur usage possible. C'est pas parce que la droite locale refuse de faire son boulot qu'il faut la suivre dans cet exemple lamentable et refuser de faire le nôtre Notre travail, nous, on veut le faire. On a été élus pour ça, non ?

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mercredi, 28 septembre 2011

Boni municipal, déficit cantonal : Budgets communiquants ?


Le projet de budget communal de Genève est équilibré, le projet de budget cantonal de Genève est déficitaire, les deux déplaisent à la droite et le gouvernement lorgne sur les caisses municipales : devant l'assemblée générale de l'association des communes genevoises, leur baillie cantonale, Michèle Künzler, a rappelé que si le budget cantonal 2012 allait être largement déficitaire (la faute à la conjoncture, à la Confédération, aux baisses d'impôts)  « certaines communes ont des trésoreries florissantes ». Et elle a averti :  « si nous voulons éviter que le frein à l'endettement ne (sic) soit activé, nous avons tous intérêt à travailler de concert ». Pour faire payer le déficit cantonal aux communes en général et à la Ville en particulier ? ça sent la ponction, le racket et le transfert de charges sans transfert de compétences, tout ça...

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samedi, 10 octobre 2009

Après la braderie fiscale, l'équarrissage budgétaire ?

Comment se faire avoir jusqu'au trognon...

Il ne s'est pas passé trois jours après le vote par le bon peuple des cadeaux fiscaux qui lui étaient promis, pour que les plus ardents partisans de ces cadeaux (qui se trouvent être aussi les plus cohérents porte-paroles de leurs principaux destinataires : les contribuables à gros revenus et à grosse fortune) entament la deuxième partie de leur programme de vidange budgétaire. Il leur avait fallu l'aide des Verts pour faire passer les réductions d'impôts -ils n'ont plus besoin de ces alliés, qu'on peut, après distribution des primes électorales, congédier comme des porteurs d'eau pour s'attaquer sans eux au budget du canton (et à ceux de la Ville et des communes, mais là, les porteurs d'eau peuvent encore être utiles). De toute façon, les réductions d'impôts promises aux " classes moyennes " seront bouffées par les hausses de cotisations à l'assurance maladie -et si ça ne devait pas suffire à rendre parfaitement illusoire les promesses fiscales de la droite et des Verts, la hausse des tarifs des transports publics fera le reste : on vous promettait des disponibilités financières supplémentaires ? pour la majorité des contribuables, elles paieront partiellement les hausses de primes et de tarifs, et les baisses de prestations.

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