lundi, 26 juin 2017

Le Brexit et ses dommages collatéraux

Belfast 1970.jpgRéveil d'un spectre irlandais

Une année après le vote de la majorité des Britanniques pour la sortie de l'Union Européenne, le "Brexit" commence donc réellement à être négocié, entre un gouvernement britannique affaibli par l'échec des conservateurs aux élections qu'ils avaient eux-mêmes provoquées, et une Union européenne revigorée par une succession d'élections perdues par les europhobes, culminant avec le triomphe d'Emmanuel Macron. Le Brexit avait pris l'Europe par surprise, alors qu'elle était en pleine crise, la négociation de ses conditions signe, écrit "Le Monde", le "retour en force du politique". On ne sait évidemment rien de ce qui sortira des négociations entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne. Rien, sinon que la Grande-Bretagne (et l'Irlande du nord) ne conservera pas les droits que lui accordait son statut de membre de l'Union. Les négociations vont sans doute durer les deux ans que le traité de Lisbonne leur accorde. Et il est peu vraisemblable que lors de leur conclusion, Theresa May soit toujours Premier Ministre à Londres. D'autant que si le spectre d'un éclatement du Royaume-Uni par la séparation de l'Ecosse s'éloigne, celui d'une reprise du conflit nord-irlandais pointe le bout de son suaire -et c'est bien le Brexit qui l'a réveillé...

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mardi, 13 juin 2017

Elections législatives britanniques : A qui perd, gagne

8626622.jpgDes législatives, les françaises, en ont chassé d'autres, les britanniques, aux places de choix des media, mais on peut tout de même revenir à celles qui ont ouvert les feux -elles sont tout aussi intéressantes, à leur manière : en Grande-Bretagne, on a voté à qui perd gagne, quand en France on a voté pour renforcer encore les chances de victoire de ceux dont on annonçait déjà la victoire. Donc, les conservateurs de Theresa May ont perdu la majorité absolue à la Chambre des Communes et sont contraints de passer alliance avec l'extrême-droite nord-irlandaise pour rester au pouvoir, mais ils demeurent le premier parti du Royaume-Uni, avec 42,4 % des suffrages (enfoncés, les "Marcheurs" macroniens). En face, les travaillistes de Jeremy Corbyn progressent de manière spectaculaire pour atteindre plus de 40 % des suffrages et gagner 29 sièges), mais restent minoritaires (à une quarantaine de sièges des conservateurs) et ne pourraient former un gouvernement qu'en s'alliant aux nationalistes (de gauche) écossais et irlandais, et aux libéraux. Ainsi, ceux qui ont perdu les élections gardent le gouvernement, et ceux qui les ont gagnées restent dans l'opposition. Et tout cela affaiblit considérablement la Grande-Bretagne dans sa négociation avec l'Europe sur les conditions du Brexit, que Theresa May promettait "dur". Mais là, avouons-le, une certaine Schadenfreude nous titille.

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mardi, 11 octobre 2016

La Grande-Bretagne après le Brexit : Labour, toujours Labour

La Première ministre conservatrice britannique, Theresa May, proclamant que "le Brexit veut dire le Brexit" (elle n'y était pas favorable, mais elle l'assume) a annoncé que le procesus de retrait du Royaume Uni (s'il est encore uni...) de l'Union Européenne sera enclenché au plus tard fin mars de l'année prochaine. Sans que ni l'Ecosse, ni l'Irlande du Nord, qui avaient voté contre le Brexit, ni le Pays de Galles, qui l'avait accepté de justesse, ne soient conviés à participer en tant que tels aux négociations avec l'UE. La Première Ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a néanmoins proclamé que l'"Ecosse était déterminée à rester dans l'Union Européenne". Ses interlocuteurs européens se sont bien gardés de prendre position sur cette volonté écossaise, à l'exception du Premier Ministre espagnol, Mariano Rajoy, qui s'est opposé à ce que l'Ecosse soit partie prenante des négociations sur les modalités du "Brexit", puisque ce serait lui reconnaître au moins implicitement un droit à l'autodétermination que le même Rajoy nie à la Catalogne qui le revendique comme l'Ecosse... En attendant, c'est surtout à gauche qu'il y a du nouveau -et le nouveau, c'est le "vieux" Jeremy Corbyn, et sa volonté de refaire du Parti Travailliste un parti socialiste (social-démocrate, au plein sens historique du terme), et un parti de masse. Et il est en passe de réussir. Malgré le Brexit, ou grâce au Brexit, on ne sait. Mais à cause (entre autres) du Brexit, certainement.

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mardi, 30 août 2016

Après le "Brexit", quoi ?

chapeau-cerveau.jpgBoucher les trous de la construction européenne...
  
Un peu de temps passé depuis le vote populaire sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne permet d'y voir un peu plus clair sur les raisons de ce vote, mais pas vraiment sur ses conséquences. Sinon qu'il n'y aura pas de nouveau vote pour éventuellement annuler celui d'il y a deux mois : ainsi a a décidé la nouvelle cheffe du gouvernement, Theresa May, qui s'opposait au Brexit mais a déclaré qu'il fallait en assumer les conséquences : "Brexit signifie Brexit", et pas sortie à moitié et maintien à moitié : vous avez voulu sortir, nous sortirons. Quand, comment, à quel prix ? Nul n'en sait rien : ni ceux qui voulaient sortir, ni ceux qui voulaient rester, ni l'Union Européenne elle-même. Alors, après le Brexit, quoi ?  "Il faut arrêter de pleurer" plaide Daniel Cohn-Bendit, qui considère qu'il faut utiliser l'opportunité du départ du Royaume-Uni pour relancer la construction européenne sur des bases démocratiques, avec un contenu et des ambitions plus larges que celui d'un marché et celle de son extension. Bel enjeu, car l'UE telle qu'elle est n'est pas défendable (d'où le vote "europhobe" d'une partie importante des classes populaires), mais elle ne prend pas le chemin de sa réforme : 27 gouvernements, dont chacun dispose d'un droit de veto, vont négocier entre eux et avec le Royaume-Uni les modalités du Brexit. Le résultat de ces négociations sera forcément un compromis, plus ou moins solide ou boîteux, mais faisant l'impasse sur les questions de fond. On va donc assister à une gigantesque distribution de rustines pour boucher les trous de la construction européenne, sur fond de montée des populismes europhobes.

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samedi, 25 juin 2016

Brexit : ils sortent. Sans jamais vraiment être entrés.

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-Alors comme ça, ils partent...
- qui c'est qui part, et d'où ?
- ben les Anglais, de l'Europe, tu suis l'actu ou quoi ? parait que c'est un séisme...
- ah, parce qu'ils étaient en Europe, les Anglais ?
- ben faut croire, puisqu'ils en partent......
- et ils vont où ?
- chais pas... en Amérique, peut-être...
- et ils partent tout seuls ?
- non, avec les Gallois...
- ah. Et les Ecossais et les Irlandais ?
- eux, ils veulent rester...
- ah bon, Alors les Anglais et les Gallois partent, les Ecossais et les Irlandais restent... c'est comment le nom officiel de l'Etat, déjà ? ah oui, "Royaume Uni"...

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lundi, 20 juin 2016

Brexit ? dhol air adhart !

Brexit, Union Européenne, UE, EcosseComment sortir de l'Union Européenne sans jamais y être vraiment entré ?
  

Il paraît (c'est en tout cas ce que tous les media du continent s'acharnent à nous en convaincre) que le 23 juin, jour du vote des britanniques (et des nord-irlandais) sur la "sortie" ou non de l'Union Européenne, est un rendez-vous avec l'Histoire. Pas moins. En Grande-Bretagne, en tout cas, on y croit. Ou on feint d'y croire. Au point qu'une députée travailliste, partisane du statu-quo (le maintien du Royaume-Uni dans l'Union Européenne, pour autant que l'on considère qu'il y soit), vient d'être assassinée par un trépané d'extrême-droite. Mais que changerait, fondamentalement, le "Brexit" ? Ses partisans (essentiellement anglais, essentiellement de droite, voire d'extrême-droite, et dont le discours "souverainiste" s'alimente plus à la source de la xénophobie qu'à celle de l'autodétermination nationale) affirment qu'il faut quitter l'Union Européenne pour restaurer la souveraineté du Royaume-Uni. Mais quelle souveraineté, quand depuis septante ans, le Royaume est sous la coupe des Etats-Unis, et que ce qui le fait en différer tient désormais plus du folklore que de l'indépendance ? Et puis,  que signifie vouloir quitter un ensemble (l'Union Européenne) dont on n'est concrètement qu'à moitié membre (la Grande-Bretagne n'est membre ni de la zone euro, ni de l'espace Schengen) ? Brexit ? Chiche...

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