vendredi, 14 février 2014

Quand Blocher blochérise sur les Welches : La nation ou la tribu ?

Vertueuse indignation et concours de jérémiades patriotiques dans toute la presse romande après les déclarations de Christoph Blocher dans son quotidien bâlois : « les Romands ont toujours eu une conscience nationale plus faible ».Une conscience nationale de quoi ? de la Suisse ? Mais la Suisse n'est pas une nation... Plus faible que qui ? que les Alémaniques ? Mais toutes les plus grandes villes alémaniques ont voté avec les Romands contre son initiative à la con... Plus faible que celle de Blocher lui-même ? Mais la sienne n'est pas une conscience « nationale », c'est une conscience tribale. « De quel droit osez-vous mettre en doute le patriotisme des Romands », s'étrangle le rédac'chef de la « Tribune »... avant d'adresser cette quenelle à Blocher : « vous n'avez pas le monopole identitaire ». Parce qu'il nous faudrait revendiquer notre part de ce tropisme ?

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16:36 Publié dans Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nation, blocher, udc | |  Facebook | | | |

jeudi, 23 décembre 2010

Fonds de tiroir

Oskar Freysinger s'est donc déplacé à Paris pour agrémenter de sa présence un raoût rouge-brun (des « Assises sur l'islamisation de l'Europe ») tenues à l'initiative du « Bloc Identitaire » (là, on est franchement dans l'extrême-droite) et de « Riposte Laïque » (un machin qui vient de l'extrême-gauche et qui a viré de bord en réduisant sa voilure « laïque » à la seule toile islamophobe). Les deux tribus s'étaient déjà intelligemment manifestées en organisant un « apéro saucisson-pinard » (pur porc, le saucisson, évidemment) à la Goutte d'Or. On fait mumuse comme on peut : les uns prient, les autres bâfrent, tant que les uns et les autres nous foutent la paix et se contentent de se foutre sur la gueule entre eux, tout baigne). Bref, le Génie des Alpages est tout à fait à sa place dans ce brouet néanderthalien (le « Bloc Identitaire » s'était déjà illustré en invitant l'un de nos plus mirifiques produits du terroir, le Conseiller national UDC jurassien Dominique Baettig). On pourrait même suggérer qu'il y reste, dans le marigot identitaire gaulois, le Génie des Alpages, mais  « Infrarouge »  et « Genève à Chaud » se sentiraient orphelins, et on est compatissants.

On retrouve en triant de vieux papiers un intéressant (si, si, y'en a) article de la «Tribune de Genève », du 11 janvier 2010, qui fait le point sur les contributions des communes genevoises à l'aide au développement, telles que budgetées,. Où l'on constate que la majorité des communes n'atteint pas l'objectif de 0,7 % de leur revenu, pas plus d'ailleurs que le canton, qui en 2009 se traînait au tiers (0,25 %) de cet objectif. La Ville de Genève, siège d'une palanquée d'organisations gouvernmentales et non-gouvernementales de coopération au développement, se contentait elle-même d'un modeste 0,47 %, à peine mieux que la Confédération (0,42 %). Mais bon, pour la Ville de Genève, ces 0,47 %, c'est sans compter le prix des leçons qu'elle donne aux autres. En attendant, on félicitera, avec un an de retard et en attendant d'avoir les chiffres pour 2011, les 21 communes (y compris des communes solidement à droite) qui atteignent l'objectif de 0,7 %. Quand à celles qui se traînaient en-deçà de cet objectif, on espère qu'elles auront rattrapé leur retard. En particulier les deux principales communes du canton, toutes deux à gauche, la Ville de Genève et Vernier... même si près de la moitié des contributions totales des communes genevoises à l'aide au développement vient de la Ville de Genève.

Le Conseil d'Etat a annoncé que les communes genevoises ont présenté aux comptes 2009 un total cumulé d'excédent de revenus de 274,628 millions de francs. La Ville de Genève présente un excédent de revenus de 161,423 millions de francs. Sans tenir compte des résultats de la Ville de Genève, les communes de Lancy, Meyrin, Plan-les-Ouates et Carouge totalisent environ 50% de l'excédent de revenus 2009. On constate également que l'excédent de revenus 2009 des villes, Genève comprise, s'établit à 220 millions de francs. La fortune nette des communes s'est accrue de 9,9% en 2009, pour atteindre un total de 3,049 milliards de francs. On comprend mieux dès lors les lourds regards d'envie que ne cesse de jeter le canton sur les communes en général, et la Ville en particulier...

Christophe Blocher propose d'instituer des test de langues pour les candidats à l'immigration en Suisse, seul-e-s celles et ceux qui maîtrisent une langue nationale pouvant obtenir un permis de séjour. Ce qui prouve bien que, finalement, il est pas raciste, le Pithécanthrope. Parce que si sa proposition était retenue, les managers américains blancs et chrétiens ne parlant pas un mot de français, d'allemand, d'italien ou de romanche, c'est-à-dire la quasi totalité de l'espèce, ne pourraient plus venir manger les hamburgers des Suisses. En revanche, 50 millions d'Africains francophones (dont un bon tiers d'Algériens)  pourront les remplacer... Azul, Christophe !

Le 9 octobre dernier, sur un terrain de foot, à Colovray, dans la région de Nyon, un match sans enjeu opposait deux équipes de juniors E (8-11 ans). Sur le terrain, le match s'est bien déroulé. Ensuite... ensuite, le père d'un joueur a agressé, frappé puis menacé de mort l'entraîneur de l'équipe nyonnaise, lui reprochant d'avoir aligné son gniard en défense alors que lui, le pater familias, le voulait en attaque. Ce sont les joueurs qui avaient de 8 à 11 ans. L'âge mental du père n'est pas précisé. Ce qui est précisé, en revanche, c'est la contagion de la connerie sportive, des enfants aux parents.

Le canton veut urbaniser Cointrin -qui l'est d'ailleurs déjà assez largement- en déclassant un secteur de villas en zone 3 de développement, permettant la construction d'immeubles de sept étages, dans un quartier assez proche du centre de la ville, et assez bien desservi par les transports publics. Mais la commune, et certains propriétaires renâclent. Ils auraient tort de s'affoler : c'est Mark Muller qui est chargé du dossier. S'il avance à l'allure de celui des Communaux d'Ambilly, les pèropriétaires de villas et la commune ont le temps de voir venir. Largement le temps.

« Les terrains du PAV (Praille-Acacias-Vernets seront les terrains de la nouvelle Ville de Genève », nous annonce (dans « Affaires Publiques » de décembre) le candidat PDC-UDC des milieux immobiliers, de la famille régnante kazakhe et des amateurs de pince-fesses et de petits fours. Ouais. Sauf que ces terrains sont essentiellement sur le territoire de la Ville de Carouge. Après tout, pourquoi pas ? On annexe Carouge et Lancy (et tant qu'à faire, le Grand Saconnex, Veyrier, Collonge-Bellerive et Pregny-Chambésy en prime, et on l'a, la « nouvelle Ville de Genève » de Chevrolet... en gros, c'est le canton.

11:45 Publié dans De tout un peu | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : freysinger, genève, blocher, football | |  Facebook | | | |

mardi, 02 décembre 2008

Brun bonnet, bonnet brun

Succession de Samuel Schmid : Blocher ou Maurer ?

L'UDC a donc décidé de ne pas tuer le père mais de laisser le parlement fédéral le faire à sa place : à la succession de Samuel Schmid, elle présente un " ticket " formé de Blocher et de Maurer. Blocher n'a en principe aucune chance (mais la procédure d'élection d'un membre est pleine de surprise) et continue de se considérer comme le " Numéro un " de l'UDC (la majorité de l'UDC le soutenant d'ailleurs dans cette prétention). Autant dire que si Maurer (ou un autre que Blocher) est élu au Conseil fédéral, il aura toujours Blocher sur le dos, la faiblesse de la présidence du parti par Toni Brunner laissant toute la place au vice-président Blocher. l'UDC " qualité suisse " tient ainsi plus de la Corée du Nord que de la mythologie waldstätten : quand on tient un Grand Leader Bien-Aimé, on ne le lâche pas. Même si les positions politiques du Grand Leader Bien Aimé et celles du Fils Spirituel du Grand Leader Bien Aimé sont les mêmes...

Kim Il Blocher ou Kim Jong Maurer ?

Blocher ou Maurer, quelle différence ? Ueli Maurer, présenté comme " acceptable " par les partis gouvernementaux (y compris, avec réticences, par le PS), n'a jamais dit autre chose que ce que Blocher disait et a été le maître d'œuvre des campagnes ordurières de l'UDC depuis une dizaine d'années. Il est candidat à un gouvernement favorable aux bilatérales et à leur élargissement alors qu'il y est opposé, et il est favorable à l'interdiction de la construction de minarets alors que le gouvernement y est opposé... Et puis, la question ne se pose pas seulement de savoir quel UDC sera élu pour reprendre le siège initialement UDC de Samuel Schmid, mais aussi de savoir à quel ministère cet UDC sera attribué. Logiquement, ce devrait être celui de la Défense. Mais l'UDC rejette la quasi-totalité du programme gouvernemental dans ce domaine : elle est contre la réduction des effectifs, contre les engagements à l'étranger, contre la coopération internationale... le seul point sur lequel elle soutient le Conseil fédéral, c'est l'achat de nouveaux avions de combat. Du coup, plutôt que de coller à la tête d'un ministère quelqu'un qui serait opposé à ce qu'on veut faire faire à ce ministère, on se demande si on pourrait pas déplacer les maroquins et confier la Défense à Pascal Couchepin pour laisser l'UDC de service gérer (à droite toute) le dossier de l'AVS, ou confier celui-ci à la PDC Leuthard pour laisser alors le nouvel élu gérer le démantèlement des protections agricoles... Dans tout ce mic-mac, où se situent et de quel poids pèsent les grands choix politiques ? Nulle part, et pas un gramme. L'insoutenable légèreté des combinaisons gouvernementales se conjugue parfaitement à l'insoutenable pesanteur de l'absence de débat politique.

02:29 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : suisse, udc, gouvernement, schmid, blocher, maurer | |  Facebook | | | |

mardi, 18 novembre 2008

I'm a poor lonesome agrarian…

Démission de Samuel Schmid :
I'm a poor lonesome agrarian…


Samuel Schmid, que plus grand monde ne soutenait (fût-ce pour emmerder l'UDC), mais que tout le monde (même l'UDC) fait semblant de pleurer, a donc démissionné de son poste de Conseiller fédéral. Une démission qui ne va pas changer grand chose au paysage politique suisse, sinon qu'un Conseiller fédéral ex-UDC sera, selon toute vraisemblance, remplacé par un Conseiller fédéral UDC, nul à l'exception des Verts (et le PS pas plus que la droite) ne faisant semblant de remettre en cause une " concordance " gouvernementale sans autre programme que celui d'additionner au Conseil fédéral des représentants des principaux partis politiques (sauf, encore, les Verts). Le PDC annonce d'un côté (Schwaller) qu'il votera, le cas échéant, pour le second couteau de Blocher, Ueli Maurer, et de l'autre côté (Darbellay) qu'il ne votera que pour un candidat qui défendra " pleinement " les bilatérales, alors que tel n'est pas précisément le cas de Maurer. Les radicaux font observer que le parlement est " libre d'élire qui il veut ". Les Verts envisagent certes de présenter une candidature, mais leurs chances sont à peu près nulles, et le PDC ne menace de présenter un candidat que si l'UDC ne présente que Blocher seul. Quant au président du PS, Christian Levrat, il déclare que " le candidat doit se reconnaître dans l'Etat de droit, respecter scrupuleusement la séparation des pouvoirs, les engagements internationaux et les règles du jeu ". De quel jeu ?  Celui d'une " concordance " dont on n'avait pas perçu qu'elle soit si avantageuse pour le PS qu'il lui faille s'y accrocher et y accrocher ses adversaires.

Parricide mou

Tout le monde (ou presque, les Verts faisant tache) est d'accord : l'UDC a le " droit arithmétique de briguer la succession de Samuel Schmid ", comme dit Christian Levrat. Qu'est-ce qu'un " droit arithmétique " vient faire dans ce qui devrait relever d'un choix politique ? Le " droit arithmétique ", c'est ce dans quoi on se réfugie quand on est incapable de faire un choix. Un seul homme peut donc apparemment éviter le retour de l'UDC au Conseil fédéral : Christoph Blocher. En présentant sa candidature, et en la faisant accepter comme candidature unique par un parti à sa botte, il manifesterait clairement la volonté de l'UDC de camper dans la forteresse " oppositionnelle " dans laquelle elle s'est réfugiée. Ou son incapacité d'en sortir D'ailleurs, le groupe parlementaire UDC l'a si bien compris qu'il a refusé en septembre dernier de faire du Pithécanthrope son unique candidat à la succession de Schmid. N'est pas le chaînon manquant qui veut. De toutes façon, un (ou une ?) UDC sera élu(e), ne serait-ce que pour féliciter l'UDC d'avoir enfin réussi à résoudre son complexe d'Oedipe. En " tuant le père ". Dans un parricide mou, bien helvétique, qui fera plaisir à tout le monde en ne changeant rien à rien, ni à la politique du gouvernement, ni à celle de l'UDC.

04:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : suisse, udc, gouvernement, schmid, blocher | |  Facebook | | | |