mercredi, 11 février 2015

Fraude, évasion, soustraction fiscales, blanchiment, soutien à Al Qaida...

Swissleaks, Rotaryleaks...

Les données identifiant plus de 106'000 clients des années 2006-2007 de la succursale genevoise de la banque britannique HSBC ont été rendues publiques, à partir de celles transmises par l'ex-employé de la banque Hervé Falciani. Elles concernent plus de 180 milliards d'euros, soustraits en cinq mois aux fiscs des pays d'origine des détenteurs des comptes. La banque HSBC, l'association suisse des banquiers, le groupement des banquiers privés, les ténors de la droite, le miniministre genevois des Finances jurent à l'unisson que tout cela, « c'est du passé », que la banque et ses soeurs ont « radicalement changé » depuis le temps où HSBC (et ses soeurs) dissimulaient sciemment l'argent de la fraude, de l'évasion et de la soustraction fiscale, du blanchiment de tous les trafics possibles et imaginables et du soutien à Al Qaïda. Et comme on croit toujours ce que les banques nous disent.... De toute façon, avec nos comptes exsangues à la Raffeisen ou à la Banque Alternative, on avait aucune chance de faire partie du Rotaryleaks dévoilé par Falciani : y'a que du beau monde, là-dedans... le ticket d'entrée était à un million...

Lire la suite

16:35 Publié dans Economie, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : banques, falciani, hsbc, swissleaks | |  Facebook | | | |

lundi, 03 juin 2013

Blanchiment de banquiers

La Suisse à plat ventre pour sauver les banques

Le Conseil fédéral soumet au parlement un projet rendant possible un accord qui ne sera communiqué qu'après le vote du parlement sur la loi qui le permet, vote que le gouvernement assortit d'une clause d'urgence excluant le référendum populaire. Il s'agit de donner une base légale à la mise en conformité des banques visées par la justice américaine à un « accord » dicté par les Etats-Unis. Si le projet est accepté par les Chambres, les autorités américaines pourront obtenir les informations qu'elles souhaitent des banques suisses (statistiques, transferts de fonds, ouverture et fermeture des comptes, noms des clients et des collaborateurs des banques liés à ces clients). On va donc, comme le dénonce le PS, « modifier notre ordre juridique pour que les banques échappent à des sanctions » après avoir organisé, aux Etats-Unis, la fraude, l'évasion, la soustraction et la dissimulation fiscales de contribuables américains. La loi suisse mise au service du blanchiment des banquiers suisses, en somme...

Lire la suite

14:28 Publié dans Economie, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : banques, secret bancaire | |  Facebook | | | |

lundi, 08 avril 2013

« Offshore Leaks » : Les crapauds, le nénuphar et le marécage

Deux millions et demi de pièces concernant 120'000 sociétés  « offshore », examinées par près de 90 journalistes d'une trentaines de media : cela s'appelle « Offshore Leaks » et c'est un chapelet de mines prêtes à exploser sous les pas des puissants de partout et de leurs commis d'à peu près toutes les places financières. Dont, évidemment, la Suisse, et en particulier Genève. Au moins 300 personnes et 70 sociétés suisses (dont une vingtaine de banques ayant ouvert des sociétés dans des paradis fiscaux et légaux) sont concernées. Et comme il ne s'agit là que du résultat de l'étude de documents issus de deux intermédiaires sur les centaines de crapauds actifs dans le marécage dont  «Offshore Leaks» n'est que le nénuphar, on imagine l'ampleur des pratiques d'évasion, de soustraction et de fraude fiscales, d'évasion de capitaux et de blanchiment d'argent douteux, que les sociétés  « offshore » recouvrent et permettent : par elles, de riches particuliers détiendraient au total une trentaine de milliers de milliards de dollars -l'équivalent du produit intérieur brut des USA et du Japon réunis...

Lire la suite

12:03 Publié dans Economie, Fiscalité, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : offshore leaks, fraude fiscale, évasion fiscale, cahuzac, banques, finance | |  Facebook | | | |

jeudi, 21 mars 2013

Crise chypriote : La faillite d'un bordel...

En échange de 10 milliards d'euros d'« aide » européenne pour « sauver » l'Etat chypriote de la faillite (à supposer que le concept de faillite puisse être applicable à un Etat...), le gouvernement chypriote devait trouver sept milliards, par des privatisations (recette connue, et qui met à sac les services publics), mais surtout par une ponction sur les dépôts bancaires. L'Union européenne et le Fonds Monétaire International proposaient une ponction de 6,5 % sur les comptes bancaires de moins de 100'000 euros (ceux inférieurs à 20'000 euros étant exonérés), et de 9,9 % pour les comptes de 100'000 euros et plus. Et c'est le gouvernement chypriote qui a proposé de ponctionner aussi les comptes inférieurs à 20'000 euros. Bref, voir une partie de la gauche de la gauche prendre fait et cause pour l'Etat chypriote en le confondant avec le peuple chypriote, a quelque chose d'ironique : le « modèle chypriote », c'était l'exact inverse de tout ce que nous attendons des Etats dans lesquels nous sommes présents... Chypre s'étant vendue au plus riche, la faillite de l'Ile d'Aphrodite n'est peut-être que la faillite d'un bordel.

Lire la suite

14:09 Publié dans Economie, Europe, Fiscalité, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : chypre, banques | |  Facebook | | | |

jeudi, 17 juin 2010

L'UDC et les banques

Laquais un jour, laquais toujours...

C'était prévisible, et on se surprend pourtant à en être surpris : l'UDC a une nouvelle fois retourné sa veste (ethnique rupestre à l'extérieur, livrée de laquais à l'intérieur) pour complaire aux banques. Après avoir accepté dans les deux Chambres du Parlement fédéral (au Conseil national, cette acceptation a pris la forme d'une abstention) l'« accord UBS » avec les Etats-Unis, qu'ils faisaient mine de dénoncer depuis des mois, les blochériens du Conseil des Etats ont adopté la posture que leur patron leur recommandait, et ont refusé la création d'une commission d'enquête parlementaire. Les banques ne voulaient pas de cette commission, la droite radelibe non plus, l'UDC a suivi, la commission est passée à la trappe. Il reste encore à l'UDC une occasion de retourner une nouvelle fois sa veste-livrée : la proposition de la gauche de soumettre au référendum populaire facultatif l'accord UBS. L'UDC a fait ce qu'elle devait faire -ce qu'elle est depuis toujours prête à faire : de grands moulinets médiatiques pour amuser les foules, tout en préparant, avec les banques et le patronat, la mise en service de l'éteignoir politique. C'est cela, après tout, la fonction du laquais : ouvrir les portes du carrosse, descendre le marchepied et aider le maître à poser l'escarpin sur le plancher des vaches à lait : le bon peuple de ce pays.

Lire la suite

12:12 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : politique, udc, banques, ubs | |  Facebook | | | |

mercredi, 26 mai 2010

Le laquais udéciste retrouve sa livrée

« Accord UBS » avec les USA : Le laquais udéciste retrouve sa livrée

Après avoir dit pis que pendre de l' « accord UBS » passé avec les Etats-Unis, en répétant ce que les banques elles-mêmes en disaient, l'UDC a donc finalement décidé de lui apporter son appui, après que les banques aient, finalement, compris qu'il valait mieux en passer par là que se retrouver pendant des années devant les tribunaux américains et risquer un véritable boycott aux USA. Les banques décident, l'UBS retourne sa veste, et son groupe parlementaire dira  « oui » à l'accord qui implique la transmission de liste des comptes en banque au fisc étasunien. A peu près seul contre tous (la droite libérale-radicale et le PDC s'étant aligné sur le Conseil fédéral), le PS aura ainsi tenu jusqu'au bout une ligne qui n'avait pourtant rien de gauchiste, et qui, de l'autre côté de l'Atlantique, a été celle du gouvernement américain : on pourra sans grande peine trouver quelque symbole à la coïncidence de la remise au pas de l'UDC en Suisse, et à la victoire de l'administration Obama sur Wall Street aux USA. Il faudrait pourtant une imagination plus débordante que la nôtre pour considérer les Démocrates américains comme des socialistes, et leur président pour un boutefeu gauchiste, En Suisse,  c'est bien pour éviter que le Conseil fédéral s'en aille chercher une majorité en acceptant les conditions posées par les socialistes (l'encadrement des banques et la taxation des bonus) que l'UDC a regagné sa niche et repris sa livrée.

Lire la suite

14:22 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : udc, ubs, banques, politique | |  Facebook | | | |

lundi, 17 mai 2010

Banquiers pyromanes, pompiers socialistes

Le 7 juin, les Chambres fédérales devront se prononcer, sur injonction du Tribunal administratif fédéral, sur l'accord conclu en 2009 avec les Etats-Unis, par lequel la Suisse s'était engagée à fournir aux USA l'identité de 4450 contribuables américains titulaires de comptes dans les banques helvétiques. Pour faire passer cet accord auprès d'une majorité parlementaire impliquant le PS, le gouvernement a présenté une « feuille de route » contenant des intentions de dispositions supposées limiter les risques liés aux grandes banques, et encadrer leurs politiques de bonus par un taxation des plus somptuaires -mais sans que cela s'applique rétroactivement à l'UBS. Problème : il n'y a a priori pas de majorité parlementaire sur ces deux objets : l'UDC est opposée aux deux, le PS veut des engagements plus précis et plus contraignants, et les radicaux-libéraux ne veulent pas de réelles mesures de régulation des banques. En fait, seul le PDC est d'emblée  disposé à voter l'accord en se contentant de la « feuille de route ». Le PS acceptera-t-il, et en en faisant payer quel prix, de jouer les pompiers gouvernementaux pour « sauver l'accord UBS » ?  « Il n'y a pas d'alternative à l'accord entre la Suisse et les Etats-Unis », assure Micheline Calmny-Rey. Pour pérenniser le système bancaire, en effet, l'accord est sans alternative. Mais il y a un prix politique à payer pour que le PS  accepte de le ratifier. Or ce prix (l'encadrement du système bancaire, la limitation des bonus), la droite n'est apparemment pas encore prête à le payer au pompier socialiste...

Lire la suite

12:32 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ubs, banques, ps | |  Facebook | | | |

mardi, 04 mai 2010

Au grand bal des goinfres, les banquiers suisses sauvent leurs bonus

Au grand bal des goinfres, les banquiers suisses sauvent leurs bonus

Après celle des actionnaires de l'UBS, l'Assemblée générale des actionnaire du Crédit Suisse a ratifié la politique de rémunération de la direction de la banque, et donc les bonus pharaoniques qui leur sont accordés, deux jours après que le Conseil fédéral ait fait mine de vouloir taxer ce genre de prébendes dès lors qu'elles dépasseraient deux millions.  Les opposants à ces cadeaux ont tout de même obtenu à l'assemblée du  CS 29,16 % des votes exprimés, ce qui a suscité, de la part du président du Conseil d'administration de la banque, la promesse d'améliorer les programmes de rémunération pour obtenir plus de soutien des petits actionnaires. Elle en aura peut-être besoin, la banque, de ce soutien : le programme actuel pourrait conduire à ce que les dirigeants du Crédit Suisse se partagent jusqu'à un milliard de francs. Pour l'heure, le directeur général du Crédit Suisse, Brady Dougan, gagne 91 millions de francs, le Crédit Suisse a distribué 149 millions de francs à ses treize managers, soit 42 millions de plus qu'en 2008, et les administrateurs du groupe ont vu leur rémunération doubler, en passant à 22,3 millions au total. Au grand bal des goinfres, Dougan et ses copains du Crédit Suisse font bonne figure.

Lire la suite

12:15 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : banques, bonus, crédit suisse, brady dougan | |  Facebook | | | |

lundi, 19 avril 2010

On ne fera pas sauter la banque

UBS : Pas de décharge pour Ospel...
On ne fera pas sauter la banque

L'Assemblée générale des actionnaires de l'UBS a  refusé de voter la  « décharge » des dirigeants de la banque (Ospel et compagnie) pour 2007 ? franchement, la direction de l'UBS peut s'en payer le luxe, ça lui en touchera une sans bouger l'autre, ça ne concerne que des gens qui ont démissionné ou ont été démissionnés de leur poste (la « décharge » a été accordée pour 2008 et 2009) . En 2009, Oswald Grübel, directeur général d'UBS, a gagné 16 millions de francs, 57 % de plus que son prédécesseur de 2007.  L'écart salarial entre son revenu et le plus bas des revenus des employés de la banque s'est accru de 753 %, Grübel touche 327 fois ce que touche le salarié du bas de l'échelle et s'est mis un million et demi dans les fouilles en un jour (celui de l'assemblée des actionnaires) grâce à la hausse du cours de l'action UBS, l'écart moyen entre la rémunération des membres de la direction d'UBS (9,4 millions par an en moyenne) et les salariés les plus mal payés de la banque a augmenté de 270 % en un an mais « les actionnaires d'UBS ont changé l'Histoire », proclament lune palanquée de commentateurs et de politiciens porte-valises des banques... « changé l'Histoire » avec un grand  « H », pas moins... avec le feuilleton bancaire, cela fait déjà trois ans qu'on nous prend pour des cons, on peut donc continuer en nous faisant chanter  « Debout, les damnés actionnaires, debout, les forçats de la Bourse » ...

Lire la suite

13:19 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ubs, ospel, banques, suisse | |  Facebook | | | |

mercredi, 24 mars 2010

Secret bancaire : ça fuit de partout !

Il y a un peu plus d'un an, le 13 mars 2009, le Conseil fédéral annonçait le renoncement de la Suisse à la vieille distinction jésuitique (quoique fort oecuméniquement adoptée par la banque protestante) entre fraude et évasion fiscale, du moins pour les clients étrangers, et domiciliés à l'étranger, des banques suisses. Et depuis, les milieux bancaires et la droite politique ne savent plus à quel saint se vouer et cherchent désespérément à sauver, dans une joyeuse cacaphonie, ce qui peut encore l'être du secret bancaire. Des voix radicales, et même libérales, se font toutefois entendre pour que cette position dogmatique soit abandonnée et que l'évidence soit reconnue : le bon vieux secret bancaire de Grand Papa est bel et bien mort. Non le secret bancaire en soi, mais le secret bancaire sous sa forme désormais défunte. Or autoriser la livraison d'informations aux fiscs étrangers alors qu'on l'interdit toujours aux fiscs cantonaux suisses est difficilement justifiable, sinon par le rapport de force politique entre la Confédération et les Etats voisins d'une part, la Confédération et les cantons d'autre part : il est infiniment plus facile à Berne de résister à Bâle ou à Genève qu'à l'Allemagne, la France ou les Etats-Unis. On a les courages qu'on peut.

Lire la suite

16:06 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : banques, politique, économie | |  Facebook | | | |

mardi, 16 février 2010

Secret bancaire : Le travail de deuil peut enfin commencer

Selon un sondage effectué par téléphone auprès d'un échantillon, restreint, de 602 personnes en Romandie et en Alémanie, 62 % des Suisses et Suissesses refuseraient de renoncer au secret bancaire, renoncement qu'acceptent en revanche 35 % des personnes interrogées. Mais le même sondage suggère que 45 % des personnes interrogées acceptent l'échange automatique d'informations avec les autorités fiscales étrangères sur les clients étrangers des banques suisses, que 67 % acceptent de supprimer la distinction entre fraude et évasion fiscale pour les clients étrangers des banques suisses, et que 55 % l'acceptent aussi pour leurs clients suisses. Les Helvètes sont donc attachés à un secret bancaire qu'ils sont prêts à démanteler, pour peu qu'on en garde quelque trace symbolique. Depuis le temps qu'on leur présente ce secret comme un principe fondamental et qu'on leur fait croire que sans lui, on se retrouverait au stade de développement du Népal, il aurait été surprenant que leur travail de son deuil se fît en quelques mois.

Lire la suite

03:34 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : économie, banques | |  Facebook | | | |

jeudi, 04 février 2010

Merci, camarade Merkel...

Les autorités allemandes, la Chancelière Angela Merkel en tête, ont déclaré accepter de payer pour obtenir une liste, volée en Suisse, de 1500 contribuables allemands ayant planqué leur pognon en Suisse. Et c'est une excellente nouvelle. Un tiers de l'évasion fiscale allemande aboutit en Suisse, essentiellement à Zurich. Les contribuables allemands ont placé plus de 250 milliards de francs en Suisse, sur les 2200 milliards que notre beau pays abrite en actifs gérés par la banque offshore. 56 % des avoirs déposés dans les banques suisses l'ont été par des non-résidants, et selon des estimations crédibles, 80 % des comptes suisses détenus par des ressortissants de l'Union européenne ne sont pas déclarés aux fiscs des pays d'origine. On comprend la panique des banquiers, si on se permettra de trouver parfaitement ridicule l'indignation  « morale » de la Suisse officielle.

Lire la suite

02:38 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : banques, fraude, secret bancaire | |  Facebook | | | |

jeudi, 24 décembre 2009

Notre " Homme de l'Année " : Hervé Falciani

C'est un marronnier des fins (ou début) d'année : on désigne l' " Homme de l'Année " (disons : l'humain de l'année). L'année dernière, ce fut, sans conteste, Bernard Madoff, l'homme qui révéla la profonde absurdité du capitalisme financier. Et cette année, le lauréat s'appelle Hervé Falciani. Grâce à lui, la justice française se trouve en possession des noms de 130'000 clients et anciens clients (dont près de 3000 Français) de la banque genevoise HSBC (celle qui a racheté la banque Safra, et qui a fait en 2008 le plus gros bénéfice de toutes les banques privées de Suisse) : ces noms figurent sur des listes vieilles de trois ans saisies par les Français sur l'ordinateur de Falciani, après que la Suisse, qui avait ouvert sur lui une enquête, l'ait fait arrêter. C'est encore la Suisse qui a livré à la justice française les mots-clefs qui lui ont permis d'avoir accès aux données bancaires cryptées que Falciani stockait sur son ordinateur. On se fout de savoir comment et pourquoi Falciani a agi, s'il a ou non tenté de monnayer ses listings, et qu'il soit ou non mythomane nous indiffère : quoi qu'il soit et ait fait, il aura bien mérité de la lutte pour l'abolition du secret bancaire... De toute façon, à l'heure où un pape allemand s'apprête à béatifier un pape germanophile, on peut bien se permettre de chanter comme on veut, pour les raisons qu'on veut, les louanges de qui on veut.

Lire la suite

00:29 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : falciani, banques, fisc | |  Facebook | | | |

vendredi, 07 août 2009

Secret bancaire : stupeur et tremblement ?

Quand le ministre allemand des Finances, le socialdémocrate Peer Steinbrück (quasiment traité de nazi par l'UDC) comparait la Suisse à des Indiens fuyant devant la cavalerie, il osait effectivement une comparaison injurieuse. Pour les Indiens. Mais s'agissant de la Suisse, l'image était tout à fait pertinente : les grandes puissances tapent du poing sur la table, la Suisse s'écrase. Comme elle l'a toujours fait.

NEUTRALI.GIF

 

Lire la suite

00:25 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : banques, économie | |  Facebook | | | |

mardi, 17 mars 2009

Secret bancaire : Elargir la brèche !

Le 13 mars, par la voix de Hans-Rudolf Merz, porteur de la double casquette de président de la Confe et de ministre des Finances, le Conseil fédéral a annoncé que la Suisse était disposée à ébrécher son sacro-saint secret bancaire, en renonçant à distinguer fraude et soustraction fiscale, s'agissant de comptes ouverts par des étrangers. Cette distinction subsisterait cependant pour les titulaires suisses de comptes en Suisse, la soustraction n'étant qu'une infraction protégée par le secret bancaire, alors que la fraude est un délit pour lequel ledit secret peut être levé. Reste qu'une brèche est ouverte dans la muraille de fric. Il est vrai que ça commençait à craquer de partout, et que la Suisse risquait de se retrouver toute seule à s'accrocher à un secret bancaire que même les autres Etats qui le pratiquent sont désormais d'accord d'écorner. Le Liechtenstein, Andorre, Singapour et Hong Kong ont cédé les premiers, la Suisse, l'Autriche, la Belgique et le Luxembourg ont suivi. Restent quelques confettis d'empire britannique (Anguilla, les Caïmans, Man, les Bahamas), Monaco, Panama, Nauru, le Vanuatu, mais leur heure viendra, si les forces qui ont contraint la Suisse et ses compères en recel à céder poursuivent leur effort.

Lire la suite

03:05 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : banques, politique, économie | |  Facebook | | | |

mardi, 03 mars 2009

Union sacrée pour la défense du recel

Mobilisation générale pour le secret bancaire

Le ton monte : on en est aux roulements de tambours et aux affiches de mobilisation générale pour défendre la vache sacrée, le totem, le tabou -bref, le secret bancaire, contre le complot étranger qui le menace et la cinquième colonne (avouons : nous en sommes...) qui oeuvre pour la défaite de nos armées de receleurs. " Faire Front ", titre l'édito du canard patronal " Entreprise romande ", qui somme " tous les Suisses et tous ceux qui aiment assez ce pays pour l'avoir reconnu beau et fort " (et riche) de " se lever pour le défendre. Comme on n'a jamais défendu un pays en temps de paix ". Pas moins. D'ailleurs, ponctue sur la gauche du plateau de " Léman Bleu " (horizon) le Che Velasco, " c'est la guerre ". Roulez tambours, sonnez trompettes, la patrie est en danger, aux armes citoyens et organisons la résistance…


Lire la suite

02:37 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : banques | |  Facebook | | | |

mardi, 24 février 2009

Secret bancaire : l'UBS déconne, La Suisse s'écrase ? Tant mieux !

Voici le prochain président de l'UBS. En tenue de travail.

zieglerErythrée.jpgL'imbécillité mégalomaniaque de l'UBS pourrait bien avoir raison du secret bancaire suisse. L'UBS, en tout cas a tout fait, et n'importe quoi, pour pomper l'argent des fraudeurs et des soustracteurs fiscaux américains. En donnant aux Américains l'occasion de s'en prendre au secret bancaire helvétique  : la FINMA (l'ancienne Commission fédérale des banques) a dû transmettre à Washington une liste de 250 noms de clients américains soupçonnés de fraude -et le Tribunal administratif fédéral a eu beau considérer comme illégale cette décision, la Suisse, ses autorités politiques et ses banques se sont écrasées. Les USA réclament maintenant plus de 50'000 noms supplémentaires.  Le président actuel de la banque fera vraisemblablement les frais de cette débâcle, et laisser son siège à un nouveau président. Dans le contexte actuel, un nom s'impose pour remplacer Peter Kurer à la tête de la première banque du pays -un nom, et un seul  : celui de Jean Ziegler.

Lire la suite

03:31 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : suisse, banques, ubs | |  Facebook | | | |

jeudi, 30 octobre 2008

Une droite soldée

Partis politiques ou succursales bancaires ?

Ça n'est même pas une surprise, juste une confirmation : les banques subventionnent largement les partis de droite (UDC, PRD, PDC). Une subvention intéressée -autrement dit, un investissement, dont le retour s'est fait spectaculairement en pleine crise financière. En faisant renflouer l'UBS par la Confédération, sans garanties ni contrôle, la droite se renfloue elle-même. Des 68 milliards balancés par les caisses fédérales et la Banque nationale dans le grand trou creusé par l'UBS, quelques millions finiront donc dans les caisses radicales, démo-chrétiennes et udécistes. Ces partis sont, au sens littéral du terme, à la solde des banques. A-t-on d'ailleurs encore affaire à des partis politiques, ou seulement à des succursales bancaires ? Les ex-dirigeants de l'UBS peuvent bien ruminer aigrement dans leurs retraites, aussi dorée que leurs parachutes, l'ingratitude de leurs commis politiques : quand ceux-ci leur collent toute la responsabilité de la crise sur le dos, pour s'en disculper eux-mêmes, c'est aussi pour en disculper un système qu'ils veulent sauver. A tout prix…


Arroseurs arrosés

Selon une enquête du SonntagsBlick, les radicaux, le PDC et l'UDC reçoivent chaque année deux millions de l'UBS et du Crédit Suisse. Un investissement intelligent, de la part des banques : filer deux millions à des gens qui vous obtiennent 68 milliards quand il s'agit de vous renflouer, c'est assez bien vu. Mieux vu, en tout cas, que d'investir dans les subprimes américains. Que pouvait-on d'ailleurs attendre d'autre de ces partis, et de leurs élus, qu'une grande disponibilité à puiser dans les caisses fédérales et la Banque nationale pour arroser ceux qui les arrosent ? Après tout, la soumission du politique à l'économie est leur projet, et il n'est pas surprenant qu'il se manifeste par une solde versée aux partis bourgeois par les banques, comme on solde des mercenaires. Les bons comptes font les bons amis : L'UDC, dont la campagne électorale extraordinairement dispendieuse l'automne dernier avait démontré clairement qu'on pouvait remplir les urnes avec de l'argent, s'est particulièrement illustrée dans le soutien apporté au plan de sauvetage de l'UBS par l'Etat, tout en protestant de son adhésion à l'orthodoxie libérale et en demandant l'inscription du secret bancaire dans la Constitution... Le Parti socialiste exige que l'UDC, les radicaux et le PDC remboursent les sommes reçues de l'UBS et du Crédit Suisse. Bonne idée, mais à qui les rembourser ? à l'UBS, sauvée du naufrage par les fonds publics ? A la Confédération et à la Banque nationale qui ont fourni ces fonds ? ou aux contribuables de ce pays, à qui on n'a pas plus demandé leur avis sur le subventionnement des partis de droite par les banques qu'on ne le leur demandera sur le sauvetage des banques par les caisses publiques ?

06:14 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : pdc, prd, udc, banques | |  Facebook | | | |

mercredi, 22 octobre 2008

Sauvetage de l'UBS : Non à l'acharnement thérapeutique !

On chipote sur le financement des assurances sociales, mais au chevet des grandes banques, les états d'âme budgétaires se dissipent comme brume au soleil : Six milliards de francs vont directement sortir des caisses fédérales et être injectés dans l'UBS sous forme d'un prêt à 12,5 % remboursable en 30 mois (si l'UBS peut le rembourser), et 54 milliards de francs sont empruntés (à intérêt) par la Banque Nationale à la Réserve fédérale américaine, pour être balancés dans un fonds spécial (basé… aux îles Caïman) reprenant les actifs pourris de l'UBS. L'impact sur les bénéfices de la BNS et donc sa redistribution aux cantons et à la Confédération est " difficilement prévisible " nous disent des " experts " devenus beaucoup plus prudents qu'il y a quelques semaines, lorsqu'ils paradaient du haut de leur immarcescible compétence…

Banque sous perfusion ou suicide assisté

Le " plan de sauvetage " de l'UBS par la Confédération, avalisé au nom de la " sauvegarde des intérêts du pays " (confondus avec ceux de la banque), ne sera pas soumis aux Chambres fédérales, puisque le Conseil fédéral a choisi, comme en temps de guerre et de pleins pouvoirs, de légiférer par ordonnance. C'est dire si la pilule est amère (en plus d'être d'une efficacité douteuse). La gauche voulait que le parlement se prononce, la droite ne lui fera pas ce cadeau politique, qui menacerait le cadeau financier. " On fait au niveau suisse ce que Genève et Berne ont fait pour leurs banques cantonales ", pontifie Jean-Pierre Ghelfi, président de la Banque cantonale neuchâteloise. Peut-être, mais les banques cantonales genevoise et bernoise étaient des banques publiques -pas l'UBS, banque privée qui ne s'est jamais privé de donner des leçons de libéralisme. Et a d'ailleurs été très libérale dans la distribution de primes de départ à ses anciens responsables. On débloque donc (le terme s'impose) soixante milliards pour sauver l'UBS de la banqueroute, sans rien exiger (ou presque) en échange. La droite applaudit, tout libéralisme rentré. Le PSS a annoncé un plan " alternatif " à celui monté par le Conseil fédéral. Pour le PS, si l'Etat investit massivement (et aventureusement, puisqu'il s'agit de racheter des titres pourris) dans l'UBS, il doit pouvoir exercer un véritable contrôle sur la banque, et pouvoir plafonner les salaires mirobolants de ses dirigeants On est bien contents qu'il y ait un plan " alternatif ". Mais on se demande tout de même si la véritable alternative ne consisterait à appeler au chevet du système financier international, et de l'UBS, non pas les banques centrales, mais Exit et Dignitas.

02:34 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : ubs, suisse, banques, crise | |  Facebook | | | |

mercredi, 15 octobre 2008

Le marché casse ? l'Etat casque…

Plus de 2000 milliards pour sauver une économie parasitaire

Le champagne est de retour dans les bourses. Pour combien de temps, on ne sait pas, mais ils s'y sont tous mis pour remplir les flûtes : le Fonds monétaire international, le G7, le G20, l'Eurogroupe (les Etats de la zone Euro)... Au final, l'Europe aura balancé deux fois plus de fonds que les Etats-Unis dans le trou que les Etats-Unis ont pourtant creusé. A elle seule, la Grande-Bretagne a prévu près de 100 milliards de francs pour entrer dans le capital des banques les plus touchées par la crise, et plus de 480 milliards pour garantir les prêts interbancaires. Et les dirigeants des pays " émergents " de s'interroger publiquement, face à ceux qui se posaient en modèles : nous avons suivi vos conseils, et maintenant vous nous plombez du poids de vos conneries ? Qu'ont fait vos agences de notations ? Qu'ont surveillé et régulé vos organismes supranationaux ?

La main invisible dans le sac

Ceux-là même qui nous chantaient depuis des lustres l'air du catalogue des vertus du marché saluent l'intervention massive des Etats pour boucher les trous du marché, et admettent que les Etats puissent prendre (temporairement, bien sûr -le temps de vider les caisses publiques pour garantir le retour des profits privés) le contrôle de banques privées. Eteints, les appels à l'équilibre budgétaire, rentrés les sanglots longs autour des déficits et de la dette : creusons les déficits, accroissons les dettes publiques, puisque c'est pour sauver les bourses. Ces deux mille (et plus) milliards de dollars ou d'euros puisés dans les réserves des banques centrales, sortis des planches à billet, obtenus par l'emprunt ou ponctionnés sur les budgets publics, vont manquer aux collectivités publiques locales et régionales, aux Etats, aux organisations internationales, pour financer l'accomplissement de leurs tâches essentielles. Le sauvetage du désordre financier international va, à terme, se compter non en dollars ou en euros, mais en destins individuels : celui de millions de travailleurs mis au chômage ou déplacés dans une économie aussi grise que leur avenir; celui de dizaines de millions de gens modestes repoussés dans la pauvreté, de dizaines de millions de pauvres basculant dans la misère et de dizaines de miséreux expulsés dans le néant. Que pèsent-elles, ces ombres, face au moral des bourses ? Et qu'est-ce qu'on peut bien en avoir à foutre, au G7, au FMI, dans l'Eurogroupe ou à l'Association suisse des banquiers, de gens qui vivent avec moins d'un dollar par jour, qui n'auront jamais de compte en banque, qui ne votent nulle part, n'ont rien à nous vendre et ne peuvent rien nous acheter ?

01:43 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : crise, finances, banques | |  Facebook | | | |