mercredi, 25 mars 2015

A propos d'une étude de faisabilité d'un péage urbain à Genève

Manif contre un fantôme d'octroi

Petite manif aux Bergues, avant-hier, contre un projet socialiste d'étudier (seulement d'étudier) la faisabilité et les modalités d'instaurer à Genève un péage urbain. Une manif contre un fantôme de barrière d'octroi. Mais de qui était-ce la manif ? Du TCS ? du MCG ? Non d'« Ensemble à Gauche » (de la route). Avec, en prime, la rupture hebdomadaire de collégialité de Rémy Pagani avec le reste du Conseil administratif (mais de préférence avec ses collègues de gauche). A force, ce ne sont plus ses ruptures de collégialité qui font le buzz, c'est quand il défend les positions de la Municipalité. Alors bien sûr, on sait bien qu'il doit ramer pour se faire réélire malgré les choix stratégiques erratiques de la coalition qui le présente, mais on se dit tout de même, parfois, fugacement, qu'on a bien du mérite à vouloir être unitaires à la place des autres. C'est même plus du mérite, c'est carrément un apostolat.        

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jeudi, 06 novembre 2014

Transports publics et mobilité douce : entre plébiscite populaire et sabotage parlementaire

19.jpgIl n'était ni un sondage, ni une enquête scientifique, le questionnaire à Lulu, mais c'est une gentille petite claque que les réponses qui y ont été données adressent aux mauvaises odeurs, au TCS, à l'ACS, à Feu Vert et au MCG -pour une fois vert, mais de rage... Questionnés en septembre sur la «  mobilité », Plus de 12'000 Genevois-ses y ont répondu et plébiscitent transports publics et mobilité douce. Il ne reste plus qu'à traduire ça en actes politiques, qu'aucun sondage ne remplacera jamais, et en choix clairs, qui devront bien s'éloigner du mantra constitutionnel sur la fumeuse « liberté de choix du mode de transport ». Oui, notre optimisme est parfois déconcertant... D'autant qu'au moment où on apprenait que les réponses au questionnaire de la Direction des Transports soutenaient une priorité aux transports publics, on apprenait aussi que la Commission des Transports du Grand Conseil soutenait un «  contrat de prestation » des Transports Publics Genevois réduisant leurs prestations et leurs places de travail au lieu de les renforcer, cela pour se venger de l'adoption réitérée de l'initiative populaire imposant une baisse des tarifs des TPG, et la faire payer aux usagers (et au personnel) plutôt que s'en servir pour renforcer l'attractivité des transports publics...

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jeudi, 22 décembre 2011

Nouveau réseau TPG : C.Q.F.D.

Après une bonne semaine de merdier, la première semaine de mise en service de leur nouveau réseau,  les Transports Publics Genevois font leur autocritique : « Nous n'avons pas été à la hauteur », la nuisance des «points noirs»  (Rive, le pont du Mont-Blanc, les Rues Basses) a été sous-évaluée... Ils sont parfaits, les TPG, dans le rôle du bouc émissaire. Certes, ce sont eux qui ont la charge de faire fonctionner leur réseau. Et ce sont eux aussi qui imposent à leurs conducteurs des temps de travail excessifs, des contrôles tâtillons et des cadences malsaines. Mais ce sont les « politiques », y compris une bonne partie de ceux qui peuplent le Conseil d'administration de l'entreprise, qui persistent à noyer ce réseau dans la circulation automobile, et à refuser de faire place, toute la place, contre la bagnole, aux transports publics en ville. Et ce sont leurs prédécesseurs, il y a deux générations, qui se sont acharnés à démanteler le réseau des trams, laissant aux « décideurs »  du XXIe siècle le soin de le reconstituer, tant bien que mal, et sans leur donner les moyens de l'extirper du magma automobile...

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vendredi, 05 août 2011

La bagnole contre la ville

Un « urbanisme » pensé en fonction des bagnoles n'est qu'un agencement, des villes conçues en fonction du trafic automobile ne sont que des échangeurs autoroutiers. Nous en tenons, nous, pour la cité. D'avoir réduit l'urbanisme à  une méthode d'agencement de dépôts et d'autoroutes, le capitalisme ne se porte certes pas plus mal, mais dans ces domaines comme dans tous les autres, se manifeste son irrépressible tendance à  la dégradation et à  la vulgarité. L'urbanisme capitaliste, dans sa version libérale ou dans son adaptation social-démocrate, est un urbanisme frappé d'entropie.

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jeudi, 03 mars 2011

Saluons comme il se doit l'ouverture du Salon de l'Automobile

La Ville ou la bagnole ?

Le Salon de l'Automobile de Genève s'est ouvert. Il y a pourtant belle lurette que la bagnole, ni ses avatars, ni ses ersatz, n'a plus grand chose à voir -si jamais elle eut quoi que ce soit à y voir- avec un moyen de transport, et qu'elle n'est plus qu'un signe de conformité sociale, d'adhésion aux normes de comportement et aux apparences du bonheur obligatoire. Le projet consumériste d'une automobile par famille atteignait déjà aux limites de l'imbécillité, franchissant celles du déraisonnable -à supposer que la raison ait quelque chose à nous dire d'un tel projet ; La tendance aux deux voitures par famille dans les classes « moyennes » des pays riches, puis le projet d'une voiture par personne et par année, illustrent la transformation de l'objet en fétiche, et de son utilité supposée en prescription religieuse. Là où l'on faisait carême, on fait Salon de l'automobile.

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vendredi, 05 mars 2010

Toilette annuelle : Le savon de l'auto

Et oualà, comme chaque année la foire aux beaufs sur roulettes s'ouvre à Palexpo. Avec un joli accident pour festivité d'ouverture : un camion chargé de lapins de Pâques se renverse sur l'autoroute, bloque les trois voies Lausanne-Genève, et oblige des dizaines de professionnels de la profession se rendant au Salon pour leur journée réservée à ronger leurs freins sur une autoroute bouchée, une route de Suisse embouteillée ou une route du pied du Jura congestionnée. Ils finiront tout de même par y arriver, à leur foire. Le secteur automobile emploie en Suisse environ 257'000 personnes au sein de 22'000 entreprises, et Genève est envahie de 370'000 véhicules automobiles (sans compter ceux qui vont en viennent de et vers Vaud ou la France). Tout ça pèse lourd. Plus lourd que les 22 personnes qui ont été tuées dans des accidents de circulation à Genève en 2009, que les kilomètres carrés d'espace gaspillés pour la bagnole ou que les kilos de graisse en trop gagnés en ne se déplaçant que le cul sur le siège de sa tuture. Les dégâts de l'automobile sont connus. Une fois par année, on les passe par pertes et profits. Ou plutôt : au tunnel de lavage. La salon de l'auto, c'est désormais le savon de l'auto.

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mercredi, 23 septembre 2009

Bientôt (vivement) la ville sans voiture ?

Selon le "baromètre de la mobilité " 2009, 78 % des Suisses considéreraient leur bagnole comme indispensable, et 89 % l'automobile comme un facteur économique important, tout en se montrant sensibles à la protection de l'environnement. Pas de panique, la schizophrénie, ça peut parfois se soigner. Mais le lithium n'étant pas une ressource plus renouvelable que le pétrole, une médecine plus douce s'impose : Mardi 22 septembre, la " Journée sans voiture " renaîssait à Genève, des cendres dont les autorités cantonales et municipales l'avaient recouverte, en l'enfouissant dans une semaine de la mobilité douce à laquelle tout me monde et n'importe qui peut faire semblant d'adhérer.

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mardi, 10 mars 2009

Salon de l'Auto : La Foire aux vanités

Un ménage sur cinq en Suisse (un sur trois en Ville de Genève) n'a pas de voiture, et un tiers de ces " ménages sans voiture " y ont renoncé pour des raisons de principe (défense de l'environnement, qualité de vie). En 2005, les " sans voiture " représentaient 29 % de la population suisse en âge et en état d'avoir le permis de conduire, et 43 % de cette population dans les cinq " grandes " villes de suisse (50 % à Bâle). Quant à ceux qui s'accrochent à leur bagnole, ils dépensent en moyenne suisse pour elle 265 francs par mois, soit le double de ceux qui s'en passent dépensent pour leur mobilité. A Genève, une initiative populaire en faveur de la " mobilité douce " est lancée : elle vise au développement des pistes cyclables, des stationnements pour vélos et des cheminements piétonniers. Cette initiative est à soutenir. Reste que selon une étude de l'institut " Interface ", la plupart de ces " objecteurs de bagnole " sont des personnes avec un haut niveau de formation et un bon revenu, ce qui suggère qu'une bonne partie des automobilistes sont socialement contraints de l'être, et que seule une action politique volontariste en faveur des transports publics et, à terme, de leur gratuité, peut offrir à toutes et tous une réelle liberté de choix : comment en effet se rendre à son travail quand on travaille de nuit et qu'on habite à vingt kilomètres de là où on travaille ?

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jeudi, 08 janvier 2009

Il est né le divin consensus ?

Mobilité en Ville : tous les partis politiques municipaux appellent à des " Etats généraux "

Tous les partis représentés au Conseil municipal de la Ville de Genève présentent une motion commune demandant à l'exécutif municipal d'organiser des " Etats généraux de l'aménagement et de la mobilité ". La motion sera à l'ordre du jour du Conseil municipal du 20 janvier, et ses signataires l'inscrivent dans la perspective de la mise en consultation du Plan directeur communal " Genève 2020 ".

Embouteillage de bons sentiments

Le moment n'est pas mal choisi (Genève va se couvrir de chantiers liés à la mobilité jusqu'en 2012, au moins), et les intentions sont louables (" faisons déjà ce sur quoi nous sommes d'accord, et le plus vite possible ", plaide le socialiste Gérard Deshusses), mais à quel genre de compromis boîteux et de consensus mous peut-on arriver en organisant une " vaste consultation " sans proposition préalable, et sans autre intention que celle de " réunir tout le monde ". Réunir tout le monde pour tirer quoi de ce jamboree ? Sur quoi serions supposés être " tous d'accord " ? Nous ne le sommes ni sur le péage urbain, ni sur la fermeture de 200 rues à la circulation automobile (que propose une initiative des Verts), ni sur la suppression du stationnement gratuit et la restriction de la circulation des deux roues motorisés (aussi polluants, sinon plus, que les bagnoles, et généralement plus bruyants), ni sur la construction de nouveaux parkings (créer des parkings incite évidemment à utiliser ce qu'on y parque), ni sur la hausse des tarifs des parkings existants... ni même sur le CEVA, ni, enfin et surtout, sur la nécessité de libérer la ville de la voiture, et de cesser de prendre la vessie du " libre choix du mode de transport " pour autre chose que ce qu'elle est : une foutaise rhétorique. Au fond, les objectifs des uns et des autres restent les mêmes, et mêmement inconciliables : assurer l'accès du centre-ville en bagnole pour les uns, virer la bagnole de la ville pour les autres (dont nous sommes). On souhaite bonne chance aux acteurs des futurs " Etats généraux de la mobilité " (auxquels il n'y a par ailleurs aucune raison de s'opposer -un brainstorming de plus n'est jamais de trop) : ils auront du pain sur la planche. A roulettes, la planche.

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mardi, 02 septembre 2008

Le totem n'est plus tabou : La bagnole, ou comment s'en débarrasser

Initiatives, projets gouvernementaux, " air du temps " : une vaste, et heureuse offensive se dessine pour libérer l'espace public de l'emprise de la bagnole, et l'environnement de ses pestilences. Les Verts de la Ville de Genève lancent une initiative populaire municipale pour transformer le quart du réseau des rues communales en zones piétonne, les Jeunes Verts de Suisse déposent la leur pour l'interdiction des véhicules les plus polluants, le Conseil d'Etat genevois envisage l'exclusion de ces mêmes véhicules les plus polluants du centre-ville. Tout cela va dans le même sens : celui d'une conscience de plus en plus en plus aiguë, et de mieux en mieux partagée, de la profonde absurdité du déplacement automobile. Il était temps.

Iconoclastie bienvenue

Initiative fédérale pour l'interdiction des véhicules les plus polluants, initiative municipale pour la libération de 200 rues (peu importe d'ailleurs le chiffre) de l'emprise bagnolesque, mesures cantonales de restriction de l'accès du centre-ville aux véhicules les plus salopeurs d'air : le fétiche des années soixante en prend, enfin, plein la gueule ces derniers jours. Et le lobby bagnolesque de hurler à la fin de la " liberté de circulation ". Mais qu'on nous parle de circulation (ou de transport) plutôt que de déplacement n'est pas innocent. Les marchandises circulent, les objets sont transportés. Les personnes, elles, se déplacent, et se déplacent elles-mêmes. La circulation n'est aujourd'hui encore que celles de solitudes aussi étroitement agglutinées dans les rues que séparées dans la société, et conduites du lieu de leur ennui à celui de leur exploitation. Nous ne voulons au fond rien d'autre que substituer la liberté de déplacement -de se déplacer- à l'obligation de circuler ou d'être transporté. " Circulez ! " est un ordre policier ; " déplaçons-nous... " peut être une libre décision. Les déportés sont transportés, les nomades se déplacent.

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