jeudi, 23 mars 2017

Politique d'asile : le flux de réfugiés diminue

geneve_cite_refuge.jpgL'invasion migratoire : un fantasme qui peut se soigner ou se cultiver

Après la fermeture partielle au mois de mars 2016 de la route des Balkans, le nombre d’arrivées de réfugiés sur le continent européen a nettement baissé. En 2016, sur 65 millions de personnes chassées de chez elles, seules 1,3 millions ont demandé l'asile en Europe (soit moins de 0,5 % de la population européenne). Et d'entre toutes les personnes qui ont demandé l'asile en Europe, seules 2 % l'ont fait en Suisse, où le nombre de demandes d'asile déposées a reculé de 31,2 % entre 2015 et 2016 (alors qu'il avait augmenté de 66 % en 2015). Parmi les 27'207 demandes enregistrées en Suisse, 1'656 ont été attribuées au canton de Genève (2'184 en 2015), au cinquième rang des cantons suisses. A Genève, les personnes ayant déposé une demande d'asile sont principalement originaires d'Érythrée, de Syrie, d'Afghanistan, du Nigéria, de Somalie et de Guinée. 7'741 personnes relèvent du domaine de l'asile à Genève, à la fin 2016 (7'241 à fin 2015). Parmi elles, on compte 2'051 requérants d'asile titulaires d'un permis N, 2'342 bénéficiaires d'une admission provisoire (permis F) et 2'566 personnes reconnues comme réfugiées (permis B ou C). Pour les 782 personnes restantes, qui bénéficient d'un soutien à l'exécution du renvoi, la procédure d'asile est terminée. D'entre les 4'393 personnes qui se trouvent dans le processus d’asile (permis N et F), seules 270 exercent une activité lucrative dans le canton. Bref, l'"invasion de réfugiés" est un fantasme. Qui a la vie dure, comme tous les fantasmes. Un fantasme, ça peut se soigner, mais aussi se cultiver. Celui-là se cultive : ceux qui l'entretiennent doivent y trouver intérêt.

Lire la suite

14:29 Publié dans Immigration, Suisse | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : asile | |  Facebook | | | |

vendredi, 03 février 2017

Gens de Dublin

expulsion.jpgAppel contre une politique d'asile "aveugle"

Un appel* a été lancé par des élus, des citoyens sans mandats politiques et des organisations (dont les partis de gauche et le PDC)  pour que la Suisse en général, et Genève en particulier, tiennent mieux compte des aspects humains dans l'application des fameux accords de Dublin qui sont supposés déterminer l'accueil des requérants d'asile, en posant comme principe, souvent inapplicable, celui de l'accueil dans le premier pays signataire où le requérant est arrivé. Les auteurs et signataires de l'appel ne contestent pas l'accord de Dublin, mais la manière dont il est appliqué : au nom de Dublin, la Suisse sépare des familles, renvoie des malades vers des pays  où aucun soin n'est garanti , soustrait des enfants en pleine année scolaire, renvoie des mères d'enfants en bas âge, alors même que l'accord prévoit la possibilité de déroger à ses propres critères "notamment pour des motifs humanitaires et de compassion", et d'examiner une demande d'asile "même si cet examen ne lui incombe pas". Il faut savoir lire un texte en entier, et jusqu'au bout. Et oser utiliser les possibilités qu'il offre, même celles qui font hurler la tribu.

*www.solidaritetattes.ch

Lire la suite

15:58 Publié dans Immigration, Suisse | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : asile, dublin | |  Facebook | | | |

mardi, 08 novembre 2016

Proclamer nos villes "villes de refuge" : Plus qu'une rhétorique

geneve_cite_refuge.jpg



Un appel soutenu par 10'000 personnes a été remis le 20 juin à une représentante de la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga : il demande à la Suisse d'accueillir rapidement 50'000 réfugiés. "Les frontières ne doivent plus tuer", a proclamé la présidente du syndicat Unia, alors que, du même syndicat, Alessandro Pelizzari, à l'origine des pétitions, rappelait que la fermeture des frontières européennes avait pour conséquence des milliers de morts en mer et des dizaines de milliers de morts-vivants entassés sur terre dans des conditions inacceptables. "Nous ne serions pas ce que nous sommes devenus sans les gens venus de l'extérieur", a enfin résumé le rappeur Greis. Voila. C'est ce qui s'appelle être à contre-courant. Et c'est la preuve qu'on est vivants : le sens du courant, c'est bon pour les poissons morts. L'appel pour l'accueil de 50'000 réfugiés invite également les villes suisses à se proclamer "ville de refuge" pour accueillir concrètement les réfugiés. Et qu'est-ce qu'une ville-refuge ? A Genève, où une motion déposée au Conseil municipal demande que la Ville soit toujours ville de refuge", si on ne s'autosatisfait pas  de la nostalgie des temps héroïque du Refuge huguenot, ou d'une autoproclamation idéaliste, ce peut être l'accueil de réfugiés par des familles d'ici. Et cela se fait déjà. Et cela peut se faire plus.

Lire la suite

15:34 Publié dans Droits de l'Homme, Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : asile, refuge | |  Facebook | | | |

lundi, 10 octobre 2016

Héberger des réfugiés menacés d'expulsion : La fronde de David et la loi de Goliath

david-and-goliath-shane-robinson.jpgLe Municipal (membre de l'exécutif communal) POP (Parti du Travail) de Lausanne, David Payot, ayant déclaré. qu'il était prêt à héberger chez lui un réfugié menacé d'expulsion, le PLR local (suivi par l'UDC) est monté sur ses grands hongres en déposant au Conseil communal une résolution demandant "La Municipalité parraine-t-elle un hors-la-loi ?", doublée d'une demande de révocation de l'élu popiste, coupable de faire passer la légitimité avant la légalité. Comme naguère le Conseiller d'Etat PDC genevois Dominique Föllmi, accompagnant à l'école une petite turque en situation irrégulière. Comme il y a quelques jours la députée socialiste tessinoise Lise Bosia Mirra, arrêtée pour avoir fait passer la frontière à quatre mineurs africains. On rappellera au passage au PLR lausannois, que David Payot n'est pas "parrainé" par la Municipalité, mais qu'il y a été élu par le peuple, comme le candidat du POP et non de l'UDC, sans jamais avoir caché ses engagements ni ses convictions solidaires. De ceux qui "obéissent à la loi" quelle qu'elle soit et de ceux qui y désobéissent quand elle est injuste, on honore d'ailleurs désormais les désobéissants plutôt que les obéissants.  Les Justes plutôt que les carpettes. La fronde de David plutôt que la loi de Goliath.


 
 

Lire la suite

14:05 Publié dans Immigration, Politique, Solidarité, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile | |  Facebook | | | |

lundi, 29 août 2016

L'impensé et le non-dit de la rentrée : L'apolitique de l'asile

 Elle n'est pas au menu des votations fédérales du mois prochain, elle ne fait plus les gros titres des journaux, recouverte qu'elle est fort opportunément (mais pas entièrement, tant la polémique sur ces vêtures d'emballage fleure la xénophobie la plus ordinaire) par une burqa ou un burkini. Elle est devenue l'impensé, le non-dit, de la rentrée. Pourtant, elle est toujours l'un des enjeux, ou même l'enjeu continental le plus lourd, le plus décisif pour les décennies à venir, et donc celui qu'il serait le plus urgent de relever, en même temps que celui qu'on s'acharne à ne pas vouloir relever : c'est de la politique d'asile qu'on parle ici. Des politiques nationales d'asile, de la politique européenne, de la politique internationale d'asile : "Le déplacement forcé atteint un niveau sans précédent", constate le rapport annuel du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR), qui a recensé plus de 65 millions de personnes déplacées en 2015 (cinq millions de plus en un an), dont 3,2 millions en attente d'asile dans nos pays industrialisés, 21,3 millions de réfugiés dans le monde (dont la moitié viennent de Syrie, d'Afghanistan et de Somalie) 40,8 millions de déplacés forcés à l'intérieur de leur pays (dont 13,5 millions en Colombie, en Irak et au Yemen). Les réfugiés constituent 18,3 % de la population du Liban.  Un humain sur 113 est aujourd'hui un humain déplacé : demandeur d'asile, réfugié ou déplacé interne, et leur nombre total dépasse la population totale de la France (ou de la Grande-Bretagne ou de l'Italie).   A ce nombre s'ajoutent chaque minute 24 personnes, alors que, constate le HCR, "le rythme auquel des solutions sont trouvées pour les réfugiés et les déplacés internes est en baisse depuis la guerre froide", époque du triomphe (en "Occident") du droit d'asile de masse pour les victimes des régimes du camp adverse.

Lire la suite

13:10 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : asile, migration, xénophobie | |  Facebook | | | |

lundi, 13 juin 2016

La loi, et après ?

Bandeau asile.jpg

ça n'a pas traîné : le lendemain du vote largement favorable à la nouvelle loi sur l'asile (à plus de deux contre un, aucun canton ne manquant à l'appel du "oui"), la droite démocratique se vautrait sur les plate-bandes de l'UDC pour exiger une application la plus stricte (pour ne pas écrire : la plus aveugle) possible des dispositions les plus restrictives de la loi, la mise en oeuvre la plus rapide et la plus effective possible des renvois, et l'application la plus prudente (pour ne pas écrire : la plus insignifiante) possible des avancées contenues dans la loi. Sur quoi, le jour suivant, la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga rappelait à l'ordre le canton de Vaud, coupable de ne pas exécuter assez promptement les décisions fédérales de renvoi... Alors bien sûr que la situation serait pire encore (pas pour nous : pour les réfugiés) si la loi avait été refusée, puisque même en ne menant pas vraiment campagne, c'était le parti xénophobe et tribal qui constituait le coeur de l'opposition à la loi soumise au peuple... et qui geint en attribuant sa défaite à la "machine de propagande" créée par le Conseil fédéral pour "duper le peuple"...  A l'inverse, la socialiste Cesla Amarelle se félicite que le peuple ait "saisi les réels enjeux  cette votation" et de ce que l'on puisse désormais aborder la question de l'asile "plus sereinement". Bel optimisme. Démenti toutefois par l'offensive de la droite sitôt le vote acquis. Le "front commun" des partis gouvernementaux en faveur de la loi n'était pas un "front républicain" contre la xénophobie -seulement une alliance contre l'UDC. Une alliance de circonstance, ne présageant rien dont on puisse se réjouir. Et ne répondant pas à la question : la loi a été approuvée, qu'en faire ?

Lire la suite

15:28 Publié dans Immigration, Solidarité, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile, réfugiés | |  Facebook | | | |

lundi, 09 mai 2016

Loi sur l'asile : Non à la loi ou à Non à Simonetta Sommaruga ?

A Genève, « Stop Exclusion » a, difficilement, opté pour un appel à voter « non » à la réforme de la loi sur l'asile. Un «  non idéologique », par opposition au « oui stratégique » du PS, des Verts ou d'Amnesty, qui « espèrent obtenir quelques avancées, notamment avec la gratuité des avocats ». Or sur cette «  avancée », «  Stop Exclusion » voit planer trop d'incertitudes pour pouvoir s'en contenter, et craint en outre que l'accélération des procédures se fasse au détriment des droits des requérants. «Stop Exclusion », ralliant le camp du « non de gauche », espère que « ce non de gauche soit crédible et entendu ». «  Crédible » , il l'est, assurément. Mais « Entendu », c'est une autre affaire dans une campagne dominée par l'affrontement de l'UDC et de la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, que les blochériens, à l'instar de Roger Köppel et de la Weltwoche, exècrent au point qu'on se convainc que cette exécration est au fond la seule motivation de leur référendum... en même temps qu'en retour, elle est sans doute la principale motivation du soutien du PS suisse à la révision de la loi portée par "sa" Conseillère fédérale.

Lire la suite

15:08 Publié dans Immigration, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : asile, accord de dublin | |  Facebook | | | |

jeudi, 21 avril 2016

Loi sur l'asile : Xénophobie petit bras

Ce n'est pas parce que l'UDC, encore toute marrie de sa défaite du 28 février (elle avait consacré des moyens considérables pour promouvoir son initiative de "mise en oeuvre", largement refusée par le peuple et tous les cantons...) a décidé de jouer "à l'économie" sa campagne contre la loi sur l'asile (pas d'affiches nationales, pas de journal gratuit "tous ménages" etc...) que son référendum sent moins mauvais. Il semble plutôt qu'instruite par sa défaite de février, elle veuille éviter de susciter contre elle en juin un front aussi combatif que celui qui l'a vaincue en février. Elle compte donc sur ses sections cantonales pour faire passer son message : la loi proposée n'est pas assez dure aux requérants d'asile. "Beaucoup croient qu'on gagne grâce à l'argent mais nous pouvons le faire grâce à nos idées", assure le Conseiller national UDC valaisan Jean-Luc Addor. NOS idéeS, au pluriel ? Plutôt "notre idée", singulière et obsessionnelle : les étrangers, dehors ! Murmurée ou beuglée, l'obsession reste...

Lire la suite

17:51 Publié dans Droits de l'Homme, Immigration, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile, droit d'asile, udc | |  Facebook | | | |

vendredi, 08 avril 2016

Référendum contre la loi sur l'asile : Ni brun, ni rose : blanc ?

Balance-apothicaire-1850-avec-poids_2142.jpgComment dire "oui" à la loi sans dire "oui" à la politique qu'elle contient ? Et comment dire "non" à la loi sans que ce non ne fasse que compléter celui de l'UDC, qui ne refuse la loi que parce qu'elle en voudrait une pire encore : c'était, résumé, le dilemme en lequel mercredi soir les socialistes genevois se débattaient. Personne lors de l'assemblée générale du PS genevois n'a défendu la loi, dans son contenu. Et personne n'a ignoré non plus le risque qu'un "non" de gauche ne soit que l'appendice d'un "non" xénophobe. Ni rose Simonette, ni brun UDC, le PS genevois a décidé de se sortir de ce piège en appelant à voter blanc. Non pas à s'abstenir, mais à voter en ne votant ni pour une loi qui ne le mérite pas, ni pour un référendum qui le mérite encore moins.  Pendant la campagne référendaire, un "non" de gauche, pour les raisons exprimées notamment par Ueli Leuenberger, Nils de Dardel ou, lors de l'assemblée socialiste, Maurice Gardiol, est évidemment possible et légitime. Il ne faut que le rendre audible. Mais dans les urnes, le dimanche 5 juin, il n'y aura plus de "non" de gauche, il n'y aura que des "non " à une loi contre laquelle c'est l'UDC qui a lancé un référendum, pour le pire, pas la gauche, contre le pire. Malgré toutes les raisons que nous avions de le faire. C'est cette faiblesse, ou cette erreur, que nous payons aujourd'hui.

Lire la suite

17:34 Publié dans Droits de l'Homme, Immigration, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile, droit d'asile | |  Facebook | | | |

lundi, 04 avril 2016

Loi sur l'asile : Pas de "front républicain"

Pina Bausch.jpgL'espèce de "front républicain", du grand patronat à la gauche révolutionnaire, qui a fait trébucher l'UDC le 28 février, lors de la votation sur son initiative de "mise en oeuvre" de l'expulsion automatique des "criminels étrangers", ne se reformera pas le 5 juin, pour sauver la révision de la loi sur l'asile, attaquée par un référendum de la même UDC. Un comité "unitaire" pour le "oui" a bien été formé, rassemblant tous les partis nationaux sauf l'UDC, et de grandes organisations de défense des droits humains en général et du droit d'asile en particulier (comme Amnesty International ou l'OSAR), mais ce comité aura peu de moyens, et va conduire une campagne fondée sur un appel au "pragmatisme" dont la force mobilisatrice reste à prouver. Enfin, la gauche est divisée : le PS va soutenir la loi proposée par le gouvernement, votée par ses parlementaires et portée par sa conseillère fédérale, les Verts vont en faire autant, mais un "non de gauche" s'exprime déjà, et va s'exprimer pendant toute la campagne.

Lire la suite

17:01 Publié dans Droits de l'Homme, Immigration, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : asile, réfugiés | |  Facebook | | | |

mardi, 29 mars 2016

Révision de la loi sur l'asile : dilemme...

asile, droit d'asile, réfugiésQue faire d'une loi qui nous déplaît, combattue par qui nous déplaît plus encore ? C'est le dilemme de la gauche suisse face à la révision de la loi sur l'asile, combattue par l'UDC, mais soutenue par les villes, les cantons, le Conseil fédéral et la majorité du parlement, coalisés pour la promouvoir.  La dernière votation fédérale sur une question liée au droit d'asile date de trois ans et s'était soldée par une lourde défaite de la gauche : en juin 2013, plus des trois quarts des votantes et tants acceptaient des mesures urgentes que nous combattions. Cette année, c'est l'UDC et ses satellites qui combattent la révision proposée. Pour deux raisons principales : l'octroi d'une assistance juridique gratuite aux requérants, et la possibilité d'exproprier des particuliers ou des communes pour créer des centres d'accueil, si la situation l'exige (une possibilité qui cependant existe déjà, et n'a encore jamais été utilisée). Dire "oui" à une loi qu'en d'autres temps nous aurions reprouvée, ou "non" comme le disent des forces qu'en ce temps nous combattons et qui nous combattent ?

Lire la suite

17:31 Publié dans Immigration, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : asile, droit d'asile, réfugiés | |  Facebook | | | |

lundi, 15 février 2016

Assurer à Genève l'hébergement des réfugiés mineurs : Un signe heureux

L'Hospice Général, qui à Genève assume l'hébergement des requérants d'asile (Genève doit accueillir 5,8 % des réfugiés qui arrivent en Suisse), a inauguré le 22 janvier à la Praille un centre d'hébergement destiné aux jeunes migrants mineurs non accompagnés, jusque-là hébergés au Petit Saconnex, dans un foyer vétuste. 131 de ces réfugiés mineurs, pour la plupart des garçons arrivés en Suisse dans les six derniers mois, se sont donc installés dans le nouveau centre, qui offrira 230 places. 6532 migrants, pour la plupart des réfugiés, étaient pris en charge par le dispositif genevois fin 2015 (le directeur général de l'Hospice estime qu'il faut, "urgemment", créer 1500 places d'hébergement supplémentaires). D'entre eux, 184 jeunes arrivés seuls, soit une augmentation de 235 % en un an. Et leur nombre continue d'augmenter, si bien que le nouveau centre devrait être plein fin mars. On pourrait faire plus ? sans doute, mais cet hébergement de ces réfugiés-là, même dans un quartier dont on s'accordera a considérer qu'il n'est pas le plus agréable de Genève, est tout de même un signe heureux, dans le sombre climat xénophobe qui entoure (ici un peu moins qu'ailleurs, peut-être, histoire oblige) l'arrivée dans notre pays d'hommes, de femmes et, ici, d'adolescents et d'enfants solitaires, fuyant leur pays pour survivre...

Lire la suite

15:32 Publié dans Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : asile | |  Facebook | | | |

mercredi, 14 octobre 2015

Migration mondiale et illusions nationales : Une Suisse exorbitée ?

La "question de l'asile" et la panique, réelle ou feinte (ou, pour le dire autrement, pathologique ou calculatrice) face à la "plus grande vague migratoire en Europe depuis la Deuxième Guerre Mondiale") ne pouvait pas ne pas s'inviter dans la campagne électorale : selon le "baromètre électoral" de la SSR, en septembre, la migration serait même le problème le plus urgent que les élus de dimanche prochain, et les élus de ces élus lorsqu'il s'agira pour le parlement fédéral de déterminer la composition du gouvernement, auront à traiter. On sait déjà comment l'UDC entend traiter le problème : en piétinant le droit d'asile et en dégradant les conditions d'accueil et d'hébergement des requérants -elle a d'ailleurs lancé un référendum contre la révision de la loi d'asile, pour le seul motif qu'au terme de cette révision, dont plusieurs points sont d'ailleurs contestables du point de vue de la défense du droit d'asile, les requérants auraient droit à une assistance juridique gratuite. Pour le reste, l'UDC demande que la Suisse sorte du système des accords de Schengen et de Dublin, c'est-à-dire mène une politique migratoire solitaire dans un contexte de migration mondiale. Les blochériens ne croyant pas eux-mêmes à la pertinence de leurs propres propositions, on devrait se dire qu'aucun poisson, si stupide que puisse être un poisson, ne le serait au point de mordre à un tel hameçon -mais le "pessimisme de la raison" balançant l'"optimisme de la volonté", on se dit aussi que rien n'est impossible dans un pays où près d'un-e citoyen-ne sur trois est persuadé que la Suisse est une exoplanète exorbitée, voire une galaxie, à elle toute seule.

Lire la suite

16:03 Publié dans Europe, Immigration, Monde, Suisse | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : asile, réfugiés. migration | |  Facebook | | | |

vendredi, 02 octobre 2015

La "Cité du Refuge" et ses miasmes...

Meeting électoral parlementaire de l'extrême-droite genevoise

A la demande d'une trentaine de députés cornaqués par le MCG, une session spéciale du Grand Conseil genevois est convoquée pour aujourd'hui, vendredi dès 17 heures, sur le thème (électoralement porteur pour les xénophobes -c'est en tout cas ce qu'ils espèrent) de la "crise des réfugiés" (et de leur accueil). Le but de l'exercice auquel va se livrer l'extrême-droite de Piogre (on n'ose pas dire "de la Cité du Refuge"...) est évidemment de se faire mousser, à quatre semaines des élections fédérales. La Coordination contre l'exclusion et la xénophobie invite à un rassemblement devant l'Hôtel-de-Ville dès 16 heures 30 pour manifester à la fois un refus de l'exploitation, de plus en plus ouvertement raciste, de l'exode des populations fuyant les guerres pour trouver un refuge en Europe, et une solidarité concrète avec celles et ceux qui, arrivant chez nous démunis, ont besoin, d'une aide matérielle des plus élémentaires : des chaussures et des habits (le "Vestiaire social" les collectera sur le lieu du rassemblement : n'hésitez pas à en apporter). La "Cité du refuge" sera dans la rue, devant le parlement où celle du refus du refuge exhalera ses miasmes. 

Lire la suite

06:13 Publié dans Droits de l'Homme, Genève, Immigration, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile, réfugiés | |  Facebook | | | |

mercredi, 09 septembre 2015

Jeûne Genevois en temps d'exils : Passer de l'affliction à la solidarité

 

asile, réfugiés, migrants

 

Demain, jeudi, c'est le Jeûne Genevois. Un jour férié depuis 1966, célébré pour la première fois par les Genevois en octobre 1567 pour témoigner de leur affliction (et de leur solidarité avec les victimes) après un massacre de huguenots lyonnais, puis à nouveau, et pour les mêmes raisons et le même témoignage, le 3 septembre 1572, lorsque fut connu à Genève le massacre de la Saint-Barthélémy. Historiquement, ce jeûne est confessionnel -mais qui, aujourd'hui, dans feue la Rome Protestante, déguste sa tarte aux pruneaux par adhésion calviniste ? Le Jeûne était marque d'affliction et de solidarité ? Il peut l'être toujours -les raisons d'être affligés et les causes, et les gens, avec qui être solidaires ne manquent pas. Nous pouvons l'être avec ceux qui par centaines de milliers frappent aux portes de l'Europe quand ils y arrivent vivants. Cette élémentaire solidarité, on aura l'occasion de la manifester à Genève (la "Cité du Refuge", donc...)  le surlendemain du Jeûne : samedi, à 15 heures, dans le cadre d'une journée d'action internationale pour l'ouverture des frontières, pour une Europe disant "bienvenue" aux réfugiés. Les larmes devant la photo du petit cadavre d'Aylan, l'indignation à l'annonce de la découverte de 70 réfugiés morts étouffés dans un camion frigorifique, la consternation devant la récurrence des naufrages en Méditerranée, ne sont qu'impuissantes tant qu'on ne sera pas allé au-delà de l'émotion. Qu'on ne sera pas passé de l'affliction à la solidarité.

Lire la suite

16:44 Publié dans Immigration, Monde, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile, réfugiés, migrants | |  Facebook | | | |

vendredi, 19 juin 2015

Hébergement des « hommes en trop » : Genève : la Ville au front, le canton aux fraises

 

Manif samedi.jpg

 

Aujourd'hui, premier jour de Messidor, comme depuis deux jours, la Maison des Arts du Grütli, à Genève, est aussi un lieu de refuge. Elle le restera, avec l'accord de la Ville de Genève, au moins jusqu'à lundi. Elle est l'un des lieux de la Fête de la musique, d'aujourd'hui à dimanche. Elle sera encore ce soir à 18 heures le lieu d'un rassemblement de solidarité avec les requérants d'asile que les autorités cantonales veulent stocker dans des abris PC souterrains. Et demain samedi en partira à 16 heures une manifestation de soutien au mouvement « No Bunkers », qui dénonce le traitement que font subir aux immigrants en général, aux requérants d'asile (déboutés ou non) en particulier, les autorités cantonales et fédérales suisses, actrices d'une politique à la fois hypocrite, impuissante et provocatrice. Une politique à laquelle la Ville de Genève, aujourd'hui, répond par la disponibilité, le dialogue, le respect des revendications et surtout des droits des immigrants -ces « hommes en trop ». Ce n'est pas le seul terrain, le seul champ politique, où la Commune se retrouve devoir assumer la tâche de pouvoirs supposés lui être « supérieurs », mais c'est aujourd'hui le plus visible de tous ceux où la Ville s'oblige à être au front, parce que le canton est aux fraises.

Lire la suite

16:31 Publié dans Genève, Immigration, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : asile, migrations, stop bunckers | |  Facebook | | | |

mercredi, 17 juin 2015

Cachez ces immigrants qu'on ne saurait voir...

Mondo Cane...

Sur les côtes italiennes et grecques, les naufragés survivants de l'exode africain s'échouent, jour après jour, par centaines, laissant derrière eux, au fond de la mer, des centaines de leurs camarades. A Vintimille, les polices française et italienne se renvoient les réfugiés comme des colis indésirables. Mondo Cane... A Genève, les autorités cantonales, dont on sait que le projet est de faire de Genève le « hub » romand des expulsions de requérants d'asile déboutés, tout en parsemant la république de prisons diverses et variées dont l'une au moins serait réservée à ces indésirables métèques, se livrent à un déplacement forcé ayant toutes les apparences d'un véritable enlèvement, des hommes célibataires du foyer des Tattes (où un incendie à tué un réfugié il y a quelques mois) pour les installer (on dira plutôt : les stocker) dans un abri souterrain. Depuis lundi, avec l'accord de la Ville de Genève, des migrants et des militants occupent le centre culturel du Grütli pour protester contre l'enfouissement des requérants d'asile. Ce soir encore, à 18 heures, un rassemblement se tiendra devant le centre culturel) du Grütli pour les soutenir dans leur combat pour un lieu d'hébergement durable, vivable... et à la surface terrestre.

Lire la suite

14:35 Publié dans Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : réfugiés, requérants d'asile, asile | |  Facebook | | | |

vendredi, 17 avril 2015

Migration, asile : le tombeau méditerranéen et le tombereau européen

Passer de la compassion à la solidarité

Dimanche dernier, 400 des 550 immigrants entassés sur un rafiot parti de Libye pour l'Italie ont péri en mer, au large de la Calabre. Depuis le début de l'année, un millier d'immigrants se sont noyés au large de l'Italie et de ses îles. En moins d'une semaine, depuis samedi dernier, 10'000 immigrants ont été récupérés vivants par les garde-côtes italiens, mais il manque au moins 6500 places d'accueil en Italie, où 170'000 personnes ont accosté en 2014, et  où on en attend le double cette année. "L'italie est sous pression, nous devons l'aider", a déclaré le commissaire européen à l'immigration, Dimitris Avramopoulos. Aider l'Italie ou aider les immigrants ? Le choix européen est clair : le passage de l'opération italienne Mare Nostrum à l'opération européenne Frontex le signalait déjà : la première avait pour objectif de sauver des vies, la seconde a pour objectif de surveiller les frontières de l'"espace Schengen". Qu'ils se noient, mais pas dans nos eaux. La Méditerranée peut être leur tombeau, nous serons leur tombereau. Et dans ce "nous", il y a aussi "nous, la Suisse"... où nous arrivons à empêcher des expulsions, mais une à une, ou l'évacuation d'une église occupée par des requérants, mais pas à passer de la défense de cas individuels à celle d'un principe général : le droit d'asile. Or tout l'enjeu de la défense de ce droit fondamental est là : passer de la compassion à l'égard de quelques personnes à la solidarité avec des milliers de migrants. De préférence lorsqu'ils sont encore vivants.

Lire la suite

15:34 Publié dans Immigration, Suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : asile, migrations, frontex | |  Facebook | | | |

lundi, 30 mars 2015

Pour Ayop Aziz, et tous les autres : Rassemblement ce matin à 9h à la pierre de Plainpalais

 

asile, requérants d'asile

« Un renvoi scandaleux, effectué de façon sournoise et anti-démocratique ! »

Fin février, les défenseurs des requérants d'asile ont appris que l'Office cantonal de la population et des migrations (OCPM) préparait le renvoi vers l'Espagne d'Ayop Aziz, victime de l'incendie du Foyer des Tattes survenu en novembre dernier, incendie qui avait fait un mort et quarante blessés, dont onze grièvement. Un collectif citoyen, le comité de solidarité avec les sinistrés des Tattes, a déposé début mars une pétition urgente au Conseil d'Etat, lui demandant d'intervenir auprès de Berne pour que le renvoi des victimes de l'incendie soit suspendu, ou de renoncer de lui-même à exécuter ce renvoi. Cette pétition a récolté en 20 jours près de 2200 signatures. Sans même se donner la peine de répondre, les autorités pourraient procéder aujourd'hui au renvoi d'Ayop Aziz... « Un renvoi scandaleux, effectué de façon sournoise et anti-démocratique ! », dénonce le comité de solidarité... à moins que... deux instances peuvent encore empêcher le renvoi du jeune homme : Berne, en renonçant à l'exiger, ou Genève, en refusant (comme la Ville de Genève le lui demande) de l'exécuter. Il faudrait pour cela un minimum de quelque chose : du courage. « Un renvoi scandaleux, effectué de façon sournoise et anti-démocratique ! »

Fin février, les défenseurs des requérants d'asile ont appris que l'Office cantonal de la population et des migrations (OCPM) préparait le renvoi vers l'Espagne d'Ayop Aziz, victime de l'incendie du Foyer des Tattes survenu en novembre dernier, incendie qui avait fait un mort et quarante blessés, dont onze grièvement. Un collectif citoyen, le comité de solidarité avec les sinistrés des Tattes, a déposé début mars une pétition urgente au Conseil d'Etat, lui demandant d'intervenir auprès de Berne pour que le renvoi des victimes de l'incendie soit suspendu, ou de renoncer de lui-même à exécuter ce renvoi. Cette pétition a récolté en 20 jours près de 2200 signatures. Sans même se donner la peine de répondre, les autorités pourraient procéder aujourd'hui au renvoi d'Ayop Aziz... « Un renvoi scandaleux, effectué de façon sournoise et anti-démocratique ! », dénonce le comité de solidarité... à moins que... deux instances peuvent encore empêcher le renvoi du jeune homme : Berne, en renonçant à l'exiger, ou Genève, en refusant (comme la Ville de Genève le lui demande) de l'exécuter. Il faudrait pour cela un minimum de quelque chose : du courage. Tout à l'heure, à 9h à la pierre de Plainpalais (sur la plaine, côté Uni-Mail), on demandera au gouvernement genevois d'en faire preuve.

Lire la suite

06:57 Publié dans Genève, Immigration, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : asile, requérants d'asile | |  Facebook | | | |

vendredi, 13 février 2015

Plus de 300 migrants portés disparus, et 29 morts de froid... « Triton » et le cimetière marin

Quatre bateaux pneumatiques chargés chacun de plus de cent personnes, hommes, femmes et enfants, qui avaient payé 650 euros par tête pour leur rêve d'émigration vers l'Europe, ont quitté samedi dernier les côtes libyennes, après avoir été dépouillées de toutes leurs valeurs et de leurs papiers par les passeurs, qui les ont forcé à embarquer alors que la mer était déchaînée. L'un des quatre esquifs avec 105 personnes à bord, a été récupéré lundi par les garde-côtes italiens. 29 de ces rescapés sont morts de froid pendant le trajet vers Lampedusa. Les trois autres embarcations sont portées disparues, avec les plus de 300 migrants maliens, ivoiriens, sénégalais et nigériens qu'elles transportaient. Le cimetière marin est vaste comme la Méditerranée. Et commode pour la « forteresse Europe » : des dizaines de milliers de corps y reposent ? les statistiques de l'immigration ne s'en portent que mieux, comme les finances des Etats de l'Union européenne qui ont remplacé, à l'économie, l'opération italienne de sauvetage « Mare Nostrum » par l'opération européenne de gardiennage « Triton ».

Lire la suite

12:37 Publié dans Immigration, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile | |  Facebook | | | |