mardi, 19 juillet 2011

Inventer une autre culture ?

L’art moderne n’a pas fait faillite : il a, plus simplement, fait son chemin, jusqu’à son terme. Parti d’une critique radicale du patrimoine et des traditions artistiques, il a abouti à la mise en scène éclatante de sa propre impuissance à faire le pas menant de la critique à l’alternative -comme si Van Gogh restait indépassable, Schiele insurmontable, Bacon incontournable. Mais cet aboutissement de l’art moderne au néant ne signifie pas que toute pratique artistique soit condamnée à y aboutir. Ce sont d’autres pratiques artistiques que celles reconnues comme telles qui doivent prendre le relais -les unes à inventer, d’autres déjà émergentes, quelques unes à redécouvrir.

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lundi, 18 juillet 2011

De la culture comme condition de la servitude volontaire

Aucun ordre social ne tient par la seule vertu -si vertu il y a là- de ses seules productions matérielles, ni aucun pouvoir par la seule force de la répression. La société bourgeoise, le capitalisme (socialisé ou non) dépendent, comme les sociétés et les modes de production qui les précédèrent, et comme ceux qui les suivront si nous n'y mettons bon désordre, de la servitude volontaire des sociétaires et des producteurs, une servitude volontaire qui n'est acquise et garantie que par l'adhésion à une culture, exprimant une idéologie, et transmise par les moyens de communication et d'information (les media) du moment.

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lundi, 14 juin 2010

« Art Basel » : Le lard de l'art

Mercredi s'ouvre la 41ème édition de la plus importante foire artistique au monde : « Art Basel ». Deux guerres mondiales et, entre-deux, une crise économique mondiale ont permis à la Suisse, grâce à sa neutralité, sa stabilité politique, la force de sa monnaie, son secret bancaire et à quelques autres facilités (ses ports-francs, par exemple)  de prendre sur le « marché de l'art » une place comparable à celle qu'elle a prise dans  le système financier. La Suisse est donc l'un des centres du commerce de l'art, puisque l'art, comme tout le reste dans une société marchande, est un commerce -non plus un commerce avec l'indicible, mais plus trivialement, un commerce avec des commerçants...  « Art Basel », où les ventes vont se chiffrer en dizaines de millions de francs, est une foire, ce qui dit déjà presque tout d'un moment où l'art est réduit à son lard -l'argent qu'on peut en tirer et celui qu'on peut y investir, et de la place que fait, ou que laisse, à la création artistique le dispositif idéologique en lequel nous nous mouvons, et duquel nous tentons, malaisément, de nous extraire.

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mercredi, 04 mars 2009

L'art est mort ? Vendons le cadavre...

La création culturelle est l'expression et la préfiguration de la vie telle qu'elle pourrait être. En cela, elle est toujours en avance sur l'action politique, même révolutionnaire, laquelle ne peut qu'être déterminée par les possibilités du lieu et du moment. Mais de quelle " création culturelle " parle-t-on ? Certainement pas de celle qui s'expose, se célèbre, se commente dans le carré marchand de 500 mètres de côté  implanté à Genève dans le quartier des Bains, avant que de s'exposer, se célébrer, et se financer, dans les institutions culturelles publiques. Cette vacuité ne subvertissant rien, il est dans l'ordre des choses, et dans l'ordre social et politique, qu'elle soit proclamée comme la création de notre temps. Ni cette création, ni ce temps, ne méritent sans doute mieux.

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