lundi, 23 mai 2016

Budget, effectifs et investissements militaires : A l'Ost, du nouveau

GSsA, armesA la mi-avril, la majorité de droite (UDC, PLR, PDC) de la commission parlementaire (Conseil national) de la Sécurité a fait un joli cadeau à notre glorieux ost fédéral : elle a voté une motion chargeant le Conseil fédéral de présenter un programme d'armement 2017 prévoyant que les fonds qui seront alloués à l'armée puissent être intégralement utilisés. Plus de "non dépensé", de soldes de crédits inutilisés, de munitions achetées et pas tirées : on dépense tout le pognon qu'on reçoit. Et tant mieux si on en reçoit plus, on pourra en claquer plus. Pas de frein aux dépenses, ni de frein à l'endettement, ni de réductions budgétaires, ni de recherche de bonis aux comptes qui tiennent. La fête, quoi. Commentaire du socialiste genevois Carlo Sommaruga : "c'est une attitude irresponsable envers les économies demandées dans les autres départements (...), une logique démentielle d'enfant gâté". Mais une logique tout de même, ajouterons-nous. A rebours de celle que ses partisans préconisent en général pour les dépenses sociales, culturelles, d'aide au développement, mais parfaitement accordée en revanche à une bonne vieille tradition  politique de ce pays. Politique, ou religieuse : celle qui honore une vache sacrée, l'armée.

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14:23 Publié dans Armée, défense nationale, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gssa, armes | |  Facebook | | | |

vendredi, 05 avril 2013

Commerce des armes : un traité est signé... Parole d'Etats...

Mardi, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté, contre seulement trois oppositions (la Syrie, la Corée du Nord et l'Iran), mais moyennant une vingtaine d'abstentions (dont celle de la Russie), un traité réglementant le commerce international (légal) des armes conventionnelles et de leurs munitions. La semaine précédente, le traité n'avait pu être adopté par consensus. Il interdit aux Etats de transférer des armes vers d'autres pays s'ils savent qu'elles risquent d'être utilisées pour commetre des «violations graves» des droits humains, ou de tomber entre les mains de terroristes. C'est-à-dire de terroristes « privés », les Etats étant évidemment, de leur point de vue, insoupçonnables de terrorisme. Parole d'Etats... On a beau ne pas se faire trop d'illusions sur ce genre de traités, on veut croire que celui-ci aura un effet positif. Il ne peut en tout cas pas avoir d'effet négatif -sauf pour les Etats gros importateurs d'armes violant « gravement » les droits humains et(ou liés à des groupes terroristes.
Mais ça existe, des Etats comme cela ? Noooon...

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jeudi, 20 janvier 2011

Initiative pour la protection contre la violence des armes : Le débat plonge dans le ça...

bpWalker.jpgAu fur et à mesure que l'on s'approche de l'échéance du vote populaire, le 13 février, sur l'initiative  « pour la protection contre la violence des armes », le débat s'échappe du discours rationnel pour sombrer dans les affres de l'angoisse existentielle du mâle rupestre que l'idée même de ne plus disposer de sa pétoire militaire à la maison renvoie à la vieille terreur de la castration. Tout y passe : si l'initiative est acceptée, le tir sportif, la chasse, l'armée de milice, les traditions nationales, le principe du citoyen-soldat, l'honneur du mâle et du pays sombreraient derechef. Quelques voix pourtant tentent de ramener ce débat dans les limites d'un discours rationnel sur l'utilité, en 2011, de laisser près d'un million et demi d'armes militaires en stabulation domiciliaire ou en circulation plus ou moins contrôlée dans un pays de sept millions d'habitants. A Genève, où 18 % de la population dispose d'une arme à domicile, 15 % des suicides se font par armes à feu. En Suisse centrale, où 57 % de la population dispose d'une arme à domicile (trois fois plus qu'à Genève), ce sont 33 % des suicides qui se font par arme à feu (deux fois plus qu'à Genève).

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mercredi, 08 décembre 2010

Initiative socialiste contre la violence des armes : L'adieu aux armes, pas aux larmes

armalamaison.jpgLe 13 février prochain, l'initiative socialiste « pour la protection face à la violence des armes », lancée en 2007, sera soumise au vote populaire, entre autres objets (dont à Genève une amnistie fiscale assez crapuleuse). Le parlement et le Conseil fédéral appellent à rejeter l'initiative du PS, qui vise à interdire la détention d'armes militaires (ainsi que de toute arme automatique et de fusils à pompe) à la maison, à restreindre le droit de port d'arme et à créer un registre national des armes à feu. La droite avait tiré à rafales, et se prépare à rouvrir le feu, contre un texte qui s'attaque à deux bovins sacrés : le mythe du citoyen-soldat et le « tir sportif ». Que les mesures proposées par l'initiative permettraient d'éviter nombre de tueries, domestiques ou non, opérées par des frapadingues à l'aide de leur arme militaire, peu chaut à la droite : ses pulsions sécuritaires s'arrêtent devant l'armoire où le mâle helvétique a rangé son flingue, son livret de soldat et son fouet de Hornuss. Quant à la nouvelle Conseillère fédérale socialiste, elle a commencé à faire le boulot que la droite attendait d'elle en l'élisant : elle a appelé à repousser l'initiative socialiste qu'en tant que parlementaire elle avait soutenu.  « Il faut se plier à l'exercice », soupire Christian Levrat.  « En tant que parti minoritaire, nous avons l'habitude », soupire en écho Maria Roth-Bernasconi. Quelqu'un pourrait-il essayer d'expliquer à nos camarades que mêmes les mauvaises habitudes peuvent se perdre, et qu'à force de se plier, on se courbe ?

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14:07 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : politique, armes, sécurité | |  Facebook | | | |

samedi, 14 novembre 2009

Exportation de matériel de guerre : Débarrassons-nous de nos dealers…

L'initiative du GSsA contre l'exportation de matériel de guerre a déjà un effet : il ne se passe pas de semaine sans qu'on découvre, ou qu'on se remémore, quelque haut fait de nos dealers d'armement. En mars dernier, sous la pression de l'initiative, le Conseil fédéral avait annoncé l'arrêt des exportations de matériel militaire vers le Pakistan. Quelques mois plus tard, on apprenait qu'il avait tout de même autorisé la vente pour 13 millions de munitions pour les armes précédemment exportées. Car les pays vers lesquels les exportations ont (pour un temps) cessé disposent évidemment toujours du matériel précédemment acquis. Et ça bouffe, ces petites bêtes... Or on en a beaucoup exporté, ces dernières années un peu partout et un peu à n'importe qui, malgré la loi, et quelque soit la loi... Il y a là un deal, et des dealers, dont, comme dirait un Conducator local, on peut se débarrasser… même en un peu plus de 45 jours…

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00:31 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : armes, gssa | |  Facebook | | | |

mardi, 20 octobre 2009

Interdiction de l'exportation de matériel militaire : Pour deux sous de cohérence

Le Conseil fédéral appelle, évidemment, à refuser l'initiative du GSsA visant à interdire les exportations d'armes, initiative soumise au vote populaire le 29 novembre prochain. L'argument du gouvernement à l'appui de ce rejet est économique : renoncer aux exportations d'armes, ce serait mettre en danger une industrie qui emploie plus de 5000 personnes, à moins d'investir dans sa reconversion, ce qui coûterait un demi-milliard par an pendant dix ans. C'est exactement ce que propose l'initiative, actualisant le vieux slogan des deux premières Internationales : transformer les épées en socs de charrues. La droite, toute unie, UDC comprise, a créé un comité pour combattre l'initiative, en gonflant les chiffres gouvernementaux : là où le Conseil fédéral parle de 5100 emplois menacés, les partis de droite et les milieux " économiques " en évoquent 10'000. Reste que même en 2008, où elles ont atteint un record, les exportations suisses d'armes n'ont représenté que 0,4 % de la valeur des exportations, et 0,1 % du PIB. Autrement dit : sur cent francs de richesses produites en Suisse, seuls dix centimes proviennent des exportations de matériel militaire. Ce sont de ces deux sous que l'initiative nous demande de nous priver. Deux sous de cohérence entre les pratiques et les discours (sur la paix et les droits humains), c'est trop demander à la Suisse ?

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23:44 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : armes, exportations | |  Facebook | | | |

vendredi, 24 avril 2009

Le raisonnement du bon docteur Guillotin

A République moderne, technologie de pointe, le progrès est en marche, nos chasse-gueux ont l'électricité et la maison Taser une jolie référence dans ses dossiers : la police genevoise va être branchée sur 50'000 volts. Le Conseil d'Etat a validé un " ordre de service interne " dotant le groupe d'intervention de la gendarmerie de trois pistolets à électrochoc (" Taser "), pour une utilisation dont le gouvernement et la police promettent qu'elle sera restrictive (seuls les membres du groupe d'intervention pourront s'en servir), très ciblée (mais la cible est large : forcenés, suicidaires, déments, détenus agités...), réglementée (validation préalable de l'usage du machin par un officier de police, échelon d'appui sanitaire, rapport ultérieur) et même filmée. Laurent Moutinot assure que le but de l'introduction du Taser " n'est pas d'aggraver les moyens de contrôle dont dispose la police, mais d'éviter l'usage de l'arme à feu ou de la force physique ". L'électrochoc comme alternative au coup de feu, c'est un argument qui a sa logique : celle du bon docteur Guillotin, présentant sa machine à couper le crime comme le moyen d'éviter la décapitation à la hache, la pendaison, le garrot et autres pratiques salissantes, inesthétiques et peu fiables. Le condamné ne sentira " qu'un léger souffle sur le cou ", assurait le bon docteur. Et une décharge de 50'000 volts ne fait pas mal, poursuivent ses disciples genevois.

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02:58 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : police, armes, taser | |  Facebook | | | |

vendredi, 13 mars 2009

Exportation de matériel de guerre : Business as usual

Soutenue par la seule gauche (PS et Verts), l'initiative populaire pour l'interdiction d'exporter du matériel de guerre sera repoussée par le parlement fédéral. Elle demande à la Confédération d'encourager les efforts internationaux de désarmement et de contrôle des armements, d'interdire l'exportation et le transit de matériel de guerre, y compris les armes légères, les munitions et les technologies militaires, et de promouvoir la reconversion des industries concernées, afin de maintenir les emplois. Entre 2007 et 2008, les ventes d'armes de la Suisse à l'étranger ont augmenté de 50 %, pour atteindre un volume de 720 millions de francs. Et la Suisse n'est pas très regardante lorsqu'il s'agit de savoir à qui vendre du matériel militaire : elle en a vendu en 2008 à 72 pays, dont deux puissances nucléaires, l'Inde et le Pakistan, qui est son principal client. Et auparavant, des armes suisses se sont retrouvées dans des pays en conflit (le Tchad, le Maroc) après y avoir été réexportées par des pays clients de la Suisse.

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jeudi, 18 décembre 2008

Toto flingueur

Cours de jeunes tireurs
Toto flingueur


Le moment était bien choisi : à quelques jours de la célébration du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, les autorités genevoises ont aidé les sociétés de tir militaire à inviter les jeunes, garçons et filles, de 16 ans résidant dans le canton, à suivre un " cours d'initiation au tir avec fusil d'assaut militaire ". Cette invitation n'a été envoyée qu'aux jeunes Suisses-ses. On part sans doute du principe que les métèques étant flingueurs de naissance, il est inutile de les former. Reste qu'un lourd doute place sur cette initiative imbécile : au moment où on se demande comment empêcher des frappadingues de sortir leur fusil militaire pour flinguer leur famille, leurs voisins ou les passants, était-il judicieux d'inviter les ados indigènes à s'initier aux armes ?

De l'infinitude de la connerie

Une initiative populaire fédérale a été lancée, et aboutira, " pour la protection face à la violence des armes ", l'abolition de la possibilité de garder à son domicile le fusil d'assaut est discutée au plan fédéral, Genève a pris les devant en organisant le dépôt dudit fusil à l'arsenal... mais on organise tout de même des " cours d'initiation au tir " pour adolescents et adolescentes, avec le même fusil d'assaut. Au tir sur quoi, au juste, avec une arme de guerre ? Sur des cibles, certes, mais pour apprendre à tirer ensuite sur quoi, ou qui ? Pas sur les animaux, la chasse est interdite à Genève et il ne s'agit pas de fusils de chasse; pas sur les ennemis potentiels de notre beau pays, il y a longtemps qu'un fusil d'assaut n'effraie plus que les proches de ceux qui le manient… Le plus amusant de l'histoire est sans doute que ceux qui organisent et promeuvent cet exercice à la fois absurde et inutile sont souvent les mêmes qui geignent sur l'accroissement de la violence des jeunes. Ces geignements n'aurait-ils donc pour motif que la déception de constater que cette violence n'use généralement que d'instruments artisanaux, genre couteau ou cocktail Molotov, alors que de belles et bonnes armes fabriquées avec amour par de braves travailleurs de chez nous dans de belles usines de chez nous roupillent au fond de l'armoire familiale ? Et tout cela de nous faire douter, au bout du compte, de la logique de la démonstration de Spinoza : rien d'infini ne peut être contenu dans un monde fini. Rien d'infini, sauf la connerie. Qu'il convient donc non seulement d'armer, mais de former à l'usage des armes.

04:28 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : armée, armes | |  Facebook | | | |