appel de genève

  • L'"Appel de Genève" en crise ?

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    Unique en son genre

     

    Un déficit de plusieurs centaines de milliers de francs (dû notamment à la perte d'une contribution européenne), de nombreux départs au sein du personnel, le départ de sa co-fondatrice : l'"Appel de Genève" serait en "crise profonde", et cette crise inquiéterait la Confédération qui le soutient. Mais plus grave, cette organisation profondément originale dans son but, son rôle et ses pratiques s'en éloignerait pour devenir une sorte de petit CICR-bis. Le but, le rôle, la pratique de l'"Appel de Genève" : intégrer des groupes armés non-étatiques qui l'acceptent (des mouvements de libération nationale, des organisations révolutionnaires, des mouvements de résistance...) à un cadre de respect du droit international humanitaire, en élargissant celui-ci à des acteurs qu'il ignorait et qui l'ignoraient : refus de l'usage d'armes exclues par ce droit (les mines anti-personnel), renoncement à l'enrôlement d'enfants-soldats, notamment. Cela, il est le seul à le faire. Unique en son genre, s'il ne fait plus, ou moins, ou mal, ce pour quoi il a été fondé, il ne se justifie plus.

     

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  • L'Appel de Genève, ou le renouveau du droit international humanitaire

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    Sortir des tranchées battues

    La plupart des conflits armés d'aujourd'hui impliquent des groupes armés autres que les forces militaires ou policières des Etats : ces "groupes armés non-étatiques" (dont certains sont toutefois liés à des Etats ou à des gouvernements, ou à des forces politiques gouvernementales, qui ne reconnaissent pas ce lien). Or ces acteurs non étatiques ne sont parties d'aucun traité international : le droit international, y compris le droit international humanitaire, est un droit des Etats, et les règles qu'il pose, ce sont les Etats qui les ont posées, sont supposés les respecter et peuvent être sanctionnés s'ils ne les respectent pas -à condition, bien entendu, qu'ils ne soient pas trop puissants pour être sanctionnés.  Les groupes armés peuvent-ils être tenus pour irresponsables de leurs actes, et libres de tout engagement international ? Ce n'est pas l'avis de l'Appel de Genève, qui s'est précisément créé, sortant des tranchées battues, pour que ces groupes admettent avoir à respecter des règles dont on exige le respect par les Etats -y compris les Etats qu'ils combattent. Car si la guerre n'est plus ce qu'elle était, ses conséquences et ses victimes sont toujours les mêmes : les civils, en général, et tout particulièrement les enfants et les femmes. Victimes des forces militaires et policières gouvernementales, mais aussi des groupes armés non étatiques. Reconnu par l'ONU pour son travail, l'Appel de Genève l'a également été par la Ville de Genève, et, tout récemment, par la Fondation pour Genève, qui accordé son prix 2016 à la Fondatrice de l'Appel, Elisabeth Decrey-Warner.

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