lundi, 13 janvier 2014

Dieudonné et les poubelles de l'histoire

antisémitisme,dieudonnéInterdire la connerie ? Vaste programme...

Le gouvernement français a finalement réussi à faire interdire le spectacle "Le Mur" de Dieudonné. Qui a fini par y renoncer. Bon, la cause est entendue : Dieudonné est, ou est devenu, un connard. Un connard malin, mais un connard. Fier de l'être, d'en faire spectacle et d'en bien vivre, soustraction fiscale et insolvabilité frauduleuse à la clef. Au fond, son truc est simple : aller chercher dans les poubelles de l'histoire ce qui y pue le plus, l'exhiber, rouvrir l'exposition vichyste "le Juif et la France", se rengorger de la réprobation que cela suscite (onze condamnations pour diffamation et injures) et dénoncer ceux qui voudraient combattre ce miasme comme autant de coupables d'atteinte à la liberté d'expression. Contre Dieudonné, très content de lui et de la situation qui lui est faite par ceux qu'il provoque, le ministre français de l'Intérieur, Manuel Valls, a sonné la charge et indiqué aux préfets la base légale d'une éventuelle, et ouvertement souhaitée, interdiction des spectacles devenus meetings d'un showman devenu militant d'extrême-droite. Mais la question reste  posée, à laquelle l'interdiction des meetings de Dieudonné ne répond pas : "Interdire la connerie" ? Vaste programme, eût dit De Gaulle...

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13:38 Publié dans Droits de l'Homme, Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : antisémitisme, dieudonné | |  Facebook | | | |

lundi, 29 mars 2010

Judéophobie et islamophobie : Les habits neufs de l'antisémitisme

La « Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation » a répertorié 153 actes  « antisémites »  en Suisse en 2009. La CICAD ne se préoccupant pas plus de la version islamophobe de l'antisémitisme que Dieudonné de sa version judéophobe, on ne s'étonnera pas de ne trouver dans sa liste aucun acte islamophobe, pas même l'interdiction des minarets et les affiches udécistes, reprenant contre les musulmans la rhétorique graphique des affiches antijuives des années trente. La CICAD est d'ailleurs assez aventureuse en considérant comme une manifestation d'antisémitisme « le fait de dresser des comparaisons entre la politique israélienne et celle des nazis ». Or si de telles comparaisons relèvent du crétinisme historique, elle ne relèvent pas de l'antisémitisme. A force de crier au loup sans que le loup y soit, plus personne ne prête l'oreille au cri lorsque le loup y est : dénoncer de l'antisémitisme là où il n'est pas finit par empêcher de le combattre là où il est, ici et maintenant, non plus seulement dans le persistance de l'antijudiaïsme mais dans la progression de l'ismamophobie. L'antisémitisme n'a pas disparu, il a seulement changé de  « sémites » .

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14:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : cicad, racisme, antisémitisme, islamophobie, juifs, musulmans | |  Facebook | | | |

samedi, 28 février 2009

A vue de nez, ils sont 4 %

Le Fonds national de la recherche scrute l'extrême-droite et enfonce des portes ouvertes

Or donc, selon une étude du Fonds national (1), un-e Suisse sur cinq est antisémite au sens traditionnel du terme (judéophobe, donc), un-e Suisse sur trois islamophobe, un-e Suisse sur deux xénophobe et un Suisse sur deux et demi franchement sexiste. L' " extrémisme de droite " serait la " niche " politique de 4 % de la population, soit en gros 300'000 personnes (le double de l' " extrémisme de gauche "), un niveau tout à fait dans la moyenne européenne... Les groupes d'extrême-droite compteraient environ 1200 membres (essentiellement des jeunes), auxquels une centaine d'incidents violents pourraient être attribués chaque année, sans pour autant qu'on puisse les considérer comme une " menace aiguë pour la Suisse ". Nous voilà rassurés : nos fachos sont trop cons pour être dangereux. Pour l'instant.

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00:56 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (130) | Tags : suisse, xénophobie, racisme, antisémitisme, islam | |  Facebook | | | |

mardi, 13 janvier 2009

Dieudonné, ou la liberté d'excrétion

Peut-on interdire la connerie ?

Dieudonné " fera l'con " les 6 et 7 février à Genève. Le 26 décembre dernier, à Paris, Dieudonné avait fait monter sur scène le vieil antisémiste Robert Faurisson et lui avait fait remettre par un figurant déguisé en déporté juif un " prix de l'infréquentabilité et de l'insolence ". Infréquentable, sans doute Faurisson l'est-il. Mais c'était lui faire trop d'honneur que lui attribuer la moindre insolence, comme ç'eût été en faire trop à Dieudonné que lui interdire de " faire l'con " à Genève. On n'interdit pas une merde. On la balaie, ou on marche dessus si on a besoin d'un porte-bonheur.

Voltaire et Saint-Just sont dans un bateau...

La liberté d'expression est, par définition, illimitée. Elle implique cependant la responsabilité individuelle de qui en use. Dieudonné a donc le droit d'étaler sa connerie, revendiquée, sur scène : il en assumera les conséquences. Le priver de ce droit par une censure préalable exercée par une autorité politique ne reviendrait qu'à faire un maximum de publicité à une connerie provocatrice. Et à ouvrir un champ miné aux interventions politiques de toutes sortes, non seulement contre les provocateurs à la petite semaine genre Dieudonné, mais ensuite contre tous les " mal-pensant " possibles et imaginables. Comme on l'avait fait il y a trois lustres contre cette indispensable vieille crapule de Voltaire, en prohibant la mise en scène de son " Mahomet ", charge antireligieuse plus qu'anti-musulmane, qu'on avait cru séant de considérer comme inopportune car blessante pour les musulmans. Noam Chomsky a raison, pour qui " si on ne défend pas la liberté d'exprimer les idées les plus méprisables, on ne défend pas vraiment la liberté d'expression ". De même ne défend-on pas la liberté de religion si on ne défend pas le droit au blasphème. Dieudonné n'est pas Voltaire, juste un médiocre histrion dont le succès médiatique, dans un monde où la forme d'un propos compte plus que son fond, ne tient qu'aux réactions indignées qu'il cherche (et réussit) à susciter. Raison de plus pour ne pas lui faire l'honneur d'une interdiction. Entre Voltaire et Saint-Just, entre le " Je suis pas d'accord avec ce que vous dites mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire " de l'un, et le " pas de liberté pour les ennemis de la liberté " de l'autre, il y a un espace que ni le patriarche des Lumières, ni l'archange de la révolution n'ont exploré : celui du mépris. En lequel on peut laisser Dieudonné et Faurisson se vautrer.

02:29 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : dieudonné, faurisson, antisémitisme | |  Facebook | | | |