jeudi, 31 décembre 2015

Mort d'un Juste : Hocine Aït Ahmed, Presente !

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L'homme qui est décédé le 23 décembre à Lausanne était un Juste. Un résistant irréductible à l'oppression et à l'injustice. Un combattant inlassable contre le colonialisme, et contre le vol d'une révolution et d'une libération par la bureaucratie d'un parti unique et d'un syndicat unique, par une armée et une police politique. Cet opposant constant ne l'était que parce qu'étaient constants les maux qu'il dénonçait et les crimes commis au nom des espérances trahies. Hocine Aït Ahmed sera inhumé dans son  village natal de Haute Kabylie, demain. On aurait voulu y être. Nos camarades latinos ont tradition, lorsque l'un des leurs disparaît, de lui rendre hommage et de le saluer en l'annonçant "presente !". Salvador Allende, presente ! Pablo Neruda, presente !
Hocine Aït Ahmed, presente !

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vendredi, 19 décembre 2014

L'écrivain algérien Kamel Daoud répond à sa condamnation à mort par un imam salafiste

Kamel Daoud.JPGLe 16 décembre, l'imam salafiste algérien Abd El Fattah Hamdache a appelé au meurtre de  « L'écrivain apostat » Kamel Daoud, « mécréant, algérien 'sionisé', criminel insultant Dieu […] ». Kamel Daoud est poète, conteur, journaliste, romancier auteur d'un « Meursault, contre-enquête » réplique à et miroir de l'« Etranger » de Camus. Objet d'une fatwa le condamnant à mort comme naguère le fut Salman Rushdie par une fatwa de l'Ayatollah Khomeiny, il répond à ceux qui s'octroient droit de vie et de mort sur toute personne exprimant, par l'écriture, la vêture ou de toute autre manière, une autre conception de la vie et du monde que celle qui leur tient lieu de dogme, et à laquelle on n'a envie aujourd'hui de répondre que par le mot d'ordre de Voltaire : « Écrasons l'infâme » !

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samedi, 21 juin 2014

Algérie, Egypte : syndicats réprimés, printemps étouffés

Pourquoi le soulèvement des peuples d'Afrique du nord n'a-t-il réellement pu aboutir à un véritable changement de régime qu'en Tunisie, et pas en Egypte, ni en Algérie, ni même en Libye ou il n'a abouti qu'à remplacer une démence par une autre ? Peut-être parce qu'il fut porté en Tunisie par un mouvement syndical émancipé de la tutelle du parti-Etat. Mais en Algérie et en Egypte, les mouvements sociaux, étouffés ou réprimés, n'ont pas disparu, ni la volonté des travailleurs de construire un syndicalisme d'opposition, indépendant de l'Etat et, en Algérie, d'un ex-syndicat unique voué à la fonction de « courroie de transmission » du régime et de ses clans. Pour aider les mouvements syndicaux autonomes égyptiens et algériens à s'organiser, se coordonner et se renforcer, le SOLIFONDS (Fonds de solidarité pour les luttes de libération sociale dans le tiers monde) a lancé un appel au soutien : répondez-y...

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jeudi, 17 avril 2014

Election présidentielle algérienne : Boutef, mort ou vif

Aujourd'hui, l'Algérie élit son président. Et il n'est besoin ni de sondages, ni d'une boule de cristal pour préciser : aujourd'hui, l'Algérie réélit son président. Pour la troisième fois. Ce président est, et sera, Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, candidat invisible pendant une campagne électorale qui n'en fut pas une tant le jeu politique algérien est verrouillé, président depuis 1999, déjà réélu deux fois, gravement atteint dans sa santé mais présenté à sa propre succession par un régime que l'affaiblissement même de son candidat arrange. Parce qu'il permet aux hommes de l'ombre, ceux de son clan et ceux de l'appareil politico-militaro-policier, de gouverner réellement à sa place. Abdelaziz Bouteflika sera réélu. Mort ou vif. Et le système de pouvoir algérien tiendra encore le temps du président qu'il a mis et maintenu au pouvoir, et de ses contemporains. Mais ce temps est compté. Et la jeunesse algérienne nombreuse, et impatiente.

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mercredi, 24 avril 2013

Maghreb : Pas de « printemps » social

Pour le droit d'avoir des droits

En 2011, les peuples « arabes » (et berbères...) se soulevaient contre les régimes qu'ils subissaient depuis des décennies. En Afrique du nord, plusieurs de ces régimes sont tombés : le Tunisien, l'Egyptien, le Lybien. D'autres sont toujours en place : le Marocain, l'Algérien, le Mauritanien. Mais dans les pays dont les régimes se sont maintenus comme dans ceux dont les régimes sont tombés et ont été remplacés, une fois les révolutions populaires du printemps confisquées, la misère, le chômage, la précarité sont restées -et les politiques d'« ajustement structurel » imposées par les coupoles financières internationales n'ont rien fait pour améliorer les choses : le chômage a crû de manière constante, la majorité des jeunes arrivant sur le « marché de l'emploi » sont condamnés à travailler dans le secteur « informel » pour des salaires de misère et sans aucune protection sociale. Des régimes sont tombés, reste une revendication : celle du droit d'avoir des droits.

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mardi, 26 avril 2011

Algérie : Les « citoyens journalistes » des syndicats autonomes

Briser le silence

Contrairement à la Tunisie, à l'Egypte, au Yemen, à la Syrie, l'Algérie n'est pas entrée en insurrection. Elle a encore sur le coeur les 200'000 morts et disparus qui ont, en vingt ans plombés, suivie la brève éclaircie démocratique de la fin des ann'es '80, après les émeutes de 1988 et la chute, pour un temps, du système de parti unique, le parti n'étant d'ailleurs lui-même que le paravent de la police politico-militaire. Sous l'éteignoir policier, militaire et politique, toutefois, la révolte gronde  Le pouvoir a fait les concessions qui lui coûtent le moins (la levée de l'état d'urgence, par exemple, mais après vingt ans...), mais tient ferme sur l'essentiel : la mainmise sur les ressources économiques, le contrôle du champ politique... et du champ médiatique. Pour échapper à ce contrôle, les syndicats autonomes ont mis sur pied un réseau de « citoyens journalistes », pour informer les Algériennes et les Algériens des luttes menées par les mouvements sociaux, et mobiliser la population pour la défense de ses droits et de ses libertés. Le SOLIFONDS appelle à soutenir ce projet des syndicats autonomes : www.solifonds.ch

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jeudi, 10 février 2011

Afrique du nord, Proche Orient, Moyen-Orient : Le printemps des peuples ?

Affiche manif.jpgAfrique du nord, Proche Orient, Moyen-Orient : Le printemps des peuples ?

En Tunisie, en Egypte, en Algérie, au Yemen, en Jordanie, les peuples se soulèvent pour leurs droits démocratiques et sociaux. Ils affrontent les forces de répression d'Etats policiers, ils s'efforcent de chasser des dictateurs mafieux adoubés par les grandes puissances occidentales, les grandes entreprises et les organismes économiques et financiers internationaux. Leur mobilisation se heurte autant à la répression qu'à des tentatives de récupération qui visent à pérenniser les mêmes politiques avec un personnel renouvelé, en changeant le moins possible les systèmes en place, mais en les débarrassant simplement d'encombrants prédateurs. Le 11 février à Genève nous manifesterons (17 heures 30, Place de Neuve) notre solidarité avec ce nouveau, et précoce, « printemps des peuples ». Pour qu'il ne finisse pas comme le précédent : par l'été des récupérateurs.

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mardi, 18 janvier 2011

« Révolution de jasmin » en Tunisie : Vivement la contagion !

Pour la première fois depuis les indépendances en Afrique du nord, voire dans le « monde arabe » tout entier, une révolution populaire -et non un coup d'Etat ou une intervention étrangère- a chassé du pouvoir le clan politique et familial qui l'avait accaparé. Le régime tunisien ne s'est pas tout entier effondré, mais le président Ben Ali, ses affidés, sa famille et sa belle-famille, ont dû fuir le pays qu'ils pillaient et étouffaient depuis 23 ans -depuis que Ben Ali eut lui-même renversé le vieux Bourguiba, atteint de démence sénile. La victoire, toutefois pas encore définitive (le nouveau gouvernement tunisien fait la part belle aux caciques encore présentables du parti de Ben Ali), de la rue tunisienne sur la dictature kleptocratique pesant sur elle, a suscité une vague de sympathie dans tous les pays arabes -et une vague d'inquiétude au sommet de tous les Etats qui depuis un quart de siècle fermaient les yeux sur les exactions du régime de Ben Ali. Et si la  « révolution de jasmin » était contagieuse ? si la rue marocaine, algérienne, égyptienne, libyenne même, s'en emparait ? Qu'Allah nous en préserve, se disent sans doute, in petto, les petits maîtres du monde...

L'odeur enivrante du jasmin


« Notre rêve est devenu réalité : il est possible de chasser nous-mêmes les criminels », s'est exclamé samedi le coordinateur de l'Association des Tunisiens en Suisse, Anis Mansouri. Qui a cependant ajouté, sagement : « le travail commence maintenant pour construire la démocratie en Tunisie ». Il n'empêche : même s'il ne fait que commencer, le travail démocratique du peuple tunisien est, déjà, par le fait même qu'il a commencé par une insurrection de la rue, un démenti radical à l'affirmation des idéologues de la « guerre des civilisations », et de leurs disciples politiques, que les « peuples musulmans sont incapables de construire eux-mêmes une démocratie », qu'il faut donc les y aider -c'est-à-dire les y forcer, au besoin en les bombardant. Les mêmes d'ailleurs, n'ont aujourd'hui qu'un souhait : que la Tunisie sombre dans le chaos et la guerre civile. Mais Ben Ali tombé, la France qui parraina Ben Ali pendant un quart de siècle, a avant-hier bloqué des mouvements financiers « suspects » d'avoir tunisiens, et en Suisse, le Parti socialiste demande le blocage des avoirs du clan. Vae Victis ! Il faut attendre que les dictateurs tombent pour que les démocraties s'y attaquent... Qui écoutait, ou même entendait l'opposition tunisienne, hors des cercles, somme toute assez restreints, de la gauche solidaire ? Le régime de Ben Ali, proclamé « rempart contre l'islamisme » a prospéré pendant 23 ans grâce au soutien et à la complicité des Etats « occidentaux »  et de leurs gouvernements -de gauche comme de droite. Qui se réveillent aujourd'hui, après que Ben Ali ait fui, et que les cadres politiques de son régime aient eux-même promis d'y mettre fin et annoncé l'organisation d'élections présidentielles libres -les premières de l'histoire de l'Afrique du nord. Cela même, cela surtout, inquiète l'« Occident » : et si les islamistes les gagnaient, ces élections, comme ils avaient naguère, en Algérie, gagné des élections législatives avant que l'armée, au grand soulagement des « partenaires » de l'Algérie, ne referme la parenthèse démocratique ? Tous les pays voisins, et voisins des voisins, de la Tunisie souffrent des maux qui ont poussé les Tunisiens dans la rue : corruption, répression, écrasement des libertés, trucage des élections, domestication de la presse, chômage... D'entre ces pays, deux au moins sont assis sur une rente pétrolière et gazière qui en fait des enjeux stratégiques autrement plus importants que la Tunisie : l'Algérie, la Libye. L'Algérie, surtout, où dimanche, un jeune homme est mort après s'être immolé par le feu, comme celui dont le suicide fut le déclencheur de la révolte tunisienne. Le renversement du pouvoir algérien par la rue algérienne est-il possible ? si on laisse les Algériens en décider eux-mêmes, sans doute. Sinon, si le pouvoir algérien réussit, une fois de plus, à écraser la révolte des Algériens, quitte à provoquer dix ans de terrorisme et deux cent mille morts (plutôt le chaos que le mauvais exemple !), on se taira. Ou on applaudira, plus ou moins discrètement, au nom de la lutte contre la menace islamiste. Le même prétexte que celui qui justifiait que l'on couve la régime tunisien. Des manifestations ont salué jusqu'au Yemen et en Jordanie  la chute de Ben Ali -mais Ben Ali, après avoir lâché ses sicaires dans les rues de Tunis (ils y tuent encore) s'est enfui en Arabie Saoudite. En Arabie Saoudite, au moins, le silence a été de règle sur son arrivée. Les wahabites sont des islamistes de bonne composition : ce sont les alliés de nos tuteurs. Et quand Hafid Ouardiri s'exclame « L'Arabie Saoudite ne doit pas devenir la poubelle de la dictature », on ne peut que lui rappeler qu'elle l'est déjà -mais que c'est, aussi, notre poubelle, et qu'elle est gorgée de pétrole.

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lundi, 10 janvier 2011

Tunisie, Algérie, Egypte : Barakat !

Des morts en Tunisie, des morts en Algérie, des morts en Egypte. En Tunisie, des émeutes ont éclaté après le suicide par le feu d'un marchand ambulant dont la police venait de saisis l'étal, puis celui, toujours par le feu, d'un lycéen; en Algérie, les émeutes ont répondu à l'augmentation vertigineuse des prix des dentées alimentaires de base -et elles ont fait au moins trois morts et 400 blessés; en Egypte, les Coptes ont crié dans la rue leur colère de l'inaction, ou de la complicité, du pouvoir avec les épurateurs islamistes qui venaient de commettre un attentat suicide devant une église d'Alexandrie. Un seul mot résume la colère des Tunisiens, des Algériens, des Coptes d'Egypte : Barakat ! Assez ! Notre pays n'est pas la propriété privée de Ben Ali, de Bouteflika, de Moubarak, de leurs tuteurs et de leurs obligés !

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mardi, 07 avril 2009

Qui pense encore à l'Algérie ?

Election présidentielle algérienne : Abdelaziz III, Bey d'Alger

L'élection du président de la République algérienne (démocratique et populaire) n'a lieu que jeudi prochain, 9 avril. Mais en réalité, elle a été bouclée en 2008 déjà, au terme des manœuvres de coulisses ourdies dans les cercles fermés du pouvoir, entre militaires, policiers et affairistes, et on ne prend aucun risque à en annoncer d'ores et déjà le résultat : le président sortant, Abdelaziz Bouteflika, a été, est et sera réélu. Jusqu'à ce que mort s'ensuive. Et quelles que soient la participation au scrutin et l'identité des concurrents de façade du candidat-président-sortant-réélu-d'office après avoir promis, comme il le fait depuis dix ans, une " Algérie prospère et sereine ". De cette comédie, le peuple algérien restera spectateur, comme il l'est de sa propre histoire depuis bientôt cinquante ans d' " indépendance ", succédant à 130 ans de colonialisme, et se soldant par les 200'000 morts et les 18'000 " disparus " de l'affrontement brownien, depuis 1992, de groupes armés islamistes, de groupes mafieux, de forces de l'Etat et de milices locales. Qui pense encore à l'Algérie ? Jelmoli : elle y construit un centre commercial. Sur un charnier.

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jeudi, 19 mars 2009

L'autre Maghreb

Collecte de fonds pour la solidarité avec les luttes de libération sociale
Soutenir les mouvements sociaux du Maghreb


Tous les pays du Maghreb sont traversés par la même contradiction, entre une société fondamentalement démocratique, ou aspirant à l'être, et aspirant à se voir reconnue comme telle par le pouvoir politique qu'elles subissent, et des régimes qui s'acharnent, plus ou moins violemment, mais avec la même constance, à leur nier ce droit. " Face à l'arbitraire des régimes et à la restriction des espaces de liberté, le chemin est certes long, tortueux et semé d'embûches, mais nous sommes convaincus qu'un autre Maghreb est possible ",. ont ainsi affirmé les organisateurs du Forum Social Maghrébin qui s'est tenu l'été dernier au Maroc. Le SOLIFONDS lance un appel au soutien financier de deux combats dans trois pays : celui pour les droits des femmes au Maroc, celui pour les libertés syndicales en Tunisie et en Algérie.

Les mouvements sociaux au Maroc, en Tunisie et en Algérie ont pris une ampleur telle que leur voix et leur combat pour la démocratie, les droits humains, les libertés fondamentales, et contre le bradage des richesses nationales, la corruption et la répression, ne peut plus, ne doit plus, être ignoré. Le SOLIFONDS lance un appel, auquel nous vous invitons vivement à répondre, au financement du soutien à la Confédération générale tunisienne du Travail (CGTT), au Syndical national autonome algérien des personnels de l'administration publique (SNAPAP) et à la Ligue démocratique marocaine pour les droits de la femme (LDDF). En Algérie comme en Tunisie, les syndicats officiels (l'UGTT et l'UGTA) ne sont plus, depuis longtemps, que des bureaucraties rentières au service du pouvoir en place ; au Maroc, malgré la promulgation en 2004 d'un nouveau code de la famille supposé être " progressiste ", le système juridique et les pratiques sociales restent, à l'encontre des femmes, discriminatoires et violents. Les syndicats libres et les mouvements des femmes sont au Maghreb à la pointe du combat de la société elle-même pour la démocratie, contre des pouvoirs qui ne craignent rien tant que l'émergence de ce mouvement social, son implantation nationale et ses pratiques de formation et d'organisation, " à la base ", de militantes et de militants capables de résister à la fois à la répression et à l'instrumentalisation.

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