mercredi, 05 mars 2014

Journée internationale de lutte pour les droits des femmes : Genre d'inégalité, inégalité de genre

Le 8 mars, c'est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Et en Suisse, deux mois plus tard, on votera sur une initiative pour l'instauration d'un salaire minimum dont les salariéEs seront les première bénéficiaires, parce qu'elles sont les premières victimes des bas salaires. Dans notre prospère pays, en effet, où environ 330'000 employé-e-s gagnent moins de 22 francs de l'heure, 70% de ces travailleurs pauvres sont des travailleuses. Et l'écart entre les salaires médians des femmes et celui des hommes au plan national est de 18,4% (chiffres 2010). Au détriment des femmes, 18 ans ans après l'adoption de la loi fédérale sur l'égalité, qui interdit toute forme de discrimination basée sur le sexe. Au moment où un pseudo-débat sur une pseudo « théorie du genre » fait rage en France, il n'est pas inutile de rappeler que c'est cela, le « genre » : non pas la différenciation des sexes, mais celle des rôles sociaux attribués aux femmes et aux hommes. Des rôles construits. Et discriminants.

 

Manif 8 mars.jpg


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vendredi, 08 mars 2013

Journée internationale des droits des femmes : Les fleurs du mâle

feminisme.jpgNous sommes le 8 mars. Le jour ou tout le monde est féministe. Même le roi d'Arabie Saoudite, le pape et Christophe Blocher. Au prix, évidemment, d'une légère distorsion rhétorique : ne plus célébrer la journée internationale des femmes (il est vrai que son origine, une proclamation de la Deuxième Internationale en hommage à une grève d'ouvrières et à toutes les femmes en lutte, devait être encombrante), mais la journée de LA femme. Pas une journée des femmes réelles, mais une journée de LA femme mythique. La femme des hommes, donc. Une généralisation sémantique qui est aussi une réduction politique. Qui fait bien notre affaire, à nous autres, hasardeux couillus : on va pouvoir s'offrir, entre la Saint-Valentin, le Salon de l'Automobile et la Fête des Mères, un jour d'hommage à LA femme. Quant à la solidarité avec les luttes DES femmes... « Ce qui est, est. Le reste, faut voir ».

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jeudi, 08 mars 2012

Aujourd'hui, « Journée des femmes » : La dernière ruse du paternalisme ?

Le 8 mars a été proclamé (par l'Internationale Ouvrière et Socialiste, et par Clara Zetkin) Journée des Femmes. Cette proclamation, qui fut de combat, est désormais de rituel. «La femme est l'avenir de l'homme», bêtifia Aragon dans l'un de ses plus mauvais poèmes, et chanta Ferrat, dont ce ne fut pas la plus belle chanson, à quoi ce vieux macho romantique de Brel répondit en chantant son doute -non que la femme soit l'avenir de l'homme, puisqu'elle en est aussi le passé et le présent, mais de la sincérité de la posture féministe d'Aragon. Comme de celle à laquelle nous sacrifions un jour par an. Et c'est aujourd'hui. Restent 364 jours et 364 nuits (365 cette année bissextile)... La Journée des femmes ne serait-elle pas, sous le masque de la repentance, la dernière ruse du paternalisme ?

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mardi, 12 juillet 2011

De l’égalité, de la légalité, du service public...

On aura touché la dernière limite de la perfectibilité, alors seulement que le droit du plus faible aura remplacé sur le trône le droit du plus fort

(Auguste Blanqui)

 

 

L’idéologie (le terme n’est pas en soi péjoratif, l’expression d’un refus de l’idéologie étant elle-même celle d’une idéologie) du service public, à laquelle la gauche adhère, quoi qu’il en soit de la sincérité de cette adhésion, apparaît désormais moins comme celle d’un service au public que comme celle du service de l’Etat « en soi ». Elle est moins une alternative à la conception bourgeoise de l’Etat que la perfection de son mensonge, et ce qu’elle habille d’un discours égalitaire une réalité fondamentalement inégalitaire. Le service public, comme service au public, ne peut en effet se fonder que sur l’absolue égalité des droits et devoirs de tous ses usagers, indépendamment de leurs moyens et situations, ce qui implique forcément la gratuité du service fourni. Cette égalité absolue est absolument contredite dans les faits par la double inégalité des ressources et du pouvoir, en sus de l’être politiquement par la recherche obsessionnelle des équilibres budgétaires. L’inégalité des ressources produit un dualisme social où s’ignorent, quand ils ne s’opposent pas, ceux qui ont les moyens de se passer du service public et ceux qui n'ont que par lui accès à des droits fondamentaux (l’éducation, les soins, la sécurité personnelle). L’inégalité du pouvoir (entre ceux qui en disposent et ceux qui le subissent) détermine quant à elle un accès différent, en qualité, en quantité et en vitesse, aux service publics, et d’abord aux informations nécessaire pour y accéder et en user.

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lundi, 08 mars 2010

Egalité entre femmes et hommes : la longue marche et les rebroussements

« Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche »feminisme.jpg


« Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche », proclame la troisième marche mondiale des femmes. Un siècle, un demi-siècle, un lustre, trois anniversaires : Il y a cent ans, à l'initiative de l'organisation des femmes de l'Internationale ouvrière et socialiste (la IIe Internationale), se décidait la célébration annuelle d'une journée « pour le droit de vote des femmes, l'égalité entre les sexes et le socialisme » -l'actuelle « journée des femmes ». Il y a cinquante ans, les femmes genevoises obtenaient (grâce au vote de la Ville de Genève, contre la quasi totalité des communes encore campagnardes et contre la droite traditionnelle) le droit de vote et d'éligibilité. Il y a cinq ans, les étrangères et les étrangers obtenaient le droit de vote (mais pas d'éligibilité) au plan municipal à Genève, mais pas au plan cantonal, et encore moins au plan fédéral. La longue marche vers le suffrage universel, ni la non moins longue marche vers l'égalité des droits entre femmes et hommes (au fait, ces deux marches n'en font qu'une) ne s'arrêteront pas là où nous en sommes, à l'un de ces moments d'une marche où, sans renoncer à la poursuivre, et précisément parce que nous n'y renonçons pas, nous avons à nous garder de revenir sur nos pas, malgré, à gauche, une certaine lassitude face aux exigences politiques qu'on s'est à soi-même posées et à la nécessité de maintenir au plus haut la capacité de se mobiliser contre les remises en causes des droits conquis : tenir le cap de l'égalité est une exigence qui menace à tout moment de se dissoudre dans des calculs à court terme ou les réflexes reptiliens.

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mardi, 02 février 2010

Un projet politique : l'égalité...

Chanter les vertus de la « diversité » pour éviter de combattre les inégalités ?

Fondamentalement, le socialisme (et pour peu qu'ils y croient encore, les socialistes) est (sont) égalitariste(s), si péjoratif que soit devenu ce qualificatif, dans la bouche et sous la plume des adversaires de ce qu'il qualifie : « Dans tous les pays du monde une immense tribu d'écrivassiers de parti et de petits professeurs d'Université papelards sont occupés à "prouver" que le socialisme ne signifie rien de plus qu'un capitalisme d'Etat plus planifié et qui conserve entièrement sa place à la rapacité comme mobile. Mais heureusement, il existe aussi une façon d'imaginer le socialisme tout à fait différente de celle-là. Ce qui attire le commun des hommes au socialisme, ce qui fait qu'ils sont disposés à risquer leur peau pour lui, la "mystique" du socialisme, c'est l'idée d'égalité; pour l'immense majorité des gens, le socialisme signifie une société sans classe, où il ne signifie rien du tout », écrit  George Orwell dans son «Hommage à la Catalogne». En un temps où le maître mot du «progressisme» n'est plus celui d'« égalité » mais celui de « diversité », et où plus une société est inégalitaire plus on y chante les vertus de la « diversité », il vaut la peine de reparler d'égalité, et d'en refaire un projet politique.

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