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  • Ouverture dominicale des magasins genevois : Une "victoire de la tactique du salami"

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    salami.jpgC'est à l'usure que le patronat du commerce genevois de détail a gagné dimanche, par 52,1 % de "oui" dans un vote noyé dans neuf autres,  le droit d'ouvrir ses magasins trois dimanche par année. Une "victoire de la tactique du salami", résume le Comité unitaire qui avait lancé le référendum contre cette proposition. Les Genevoises et vois ont ainsi annulé par leur vote leur propre décision, prise lors d'un vote précédent, de lier ce droit à l'obligation de conclure une convention collective. On notera tout de même que les arrondissements de gauche ont refusé cette proposition patronale, qui n'a été acceptée en Ville de Genève que du fait du différentiel de participation électorale entre les quartiers populaires et les parcs à bourges.

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  • Il y a mieux à faire le dimanche que courir les magasins : Votez !

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    votez!.jpgLe salaire minimum dans le secteur de la vente de détail à Genève augmente de 67 francs et passe la barre des 4000 francs par mois : c'est le résultat d'une décision de la Chambre des relations collectives du travail, confirmée par le Tribunal fédéral qui a rejeté le recours déposé par les patrons contre l'augmentation (indexation) de 1,7 % des salaires dès le 1er janvier 2019. Cette adaptation salariale est prévue dans le contrat-type de travail qui supplée à l'absence de convention collective, alors qu'une convention collective est précisément la condition posée dans une loi votée par le peuple pour que les commerces soient autorisés à ouvrir trois dimanches par an. Une condition contournée par une nouvelle loi, soumise à référendum. Après une victoire syndicale devant la justice, On en espère une autre dans les urnes dimanche. Votez !

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  • Ouverture dominicale des magasins : Un cadeau inutile au patronat

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    WP_20190423_22_40_25_Rich.jpgLe 19 mai, on se prononcera à Genève sur une modification de la loi sur les horaires d'ouverture des magasins, modification imposée par la majorité du Grand Conseil sur mandat du patronat du secteur, pour l'autoriser à ouvrir les magasins qui le peuvent (c'est-à-dire les grands magasins) trois dimanches par an malgré l'absence d'une convention collective de travail, alors que l'existence d'une CCT était la condition posée par la loi, acceptée par le peuple en novembre 2017, pour une telle ouverture dominicale. Le projet de contourner cette condition a été combattu par un référendum lancé par les syndicats et la gauche. Plaidant pour ce cadeau inutile (il ne produira ni clients ni dépenses supplémentaires dans les magasins) fait par la droite au patronat du commerce, Pierre Maudet déclare dans GHI : "l'enjeu, c'est l'emploi local". Le sien ?

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  • Ville de Genève : Une grève prend fin, un combat continue

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    la-ville-intervient-dans-la-greve-des-nettoyeurs-936x546.jpg

    Une question de dignité et de cohérence

    La grève des nettoyeurs des toilettes publiques de la Ville de Genève, employés par l'entreprise privée Onet et non par la Ville puisqu'elle a "externalisé" (sous-traité) ce service, durait depuis la mi-février. Elle a pris fin, les exigences des grévistes ayant été satisfaites. Le Conseil administratif propose au Conseil municipal un crédit de 158'000 francs destiné à "étoffer la prestation liée à l'entretien des toilettes publiques", afin de permettre à ceux qui assument cette prestation de pouvoir être payés à plein temps. Reste une revendication, qui est aussi la nôtre : que ce qui a été "externalisé" soit "réinternalisé", que celles et ceux qui travaillent pour la Ville soient employés par la Ville. S'agissant du nettoyage des toilettes publiques, il lui en coûterait entre un million et un million et demi de francs. En gros, un millième de son budget. Une grève prend fin, un combat continue. Pour que la Ville de Genève ne soit pas seulement l'employeur exemplaire de son directeur général mais aussi celui de ceux qui nettoient ses toilettes publiques, et qui ne demandent qu'une chose : pouvoir vivre dignement de leur travail. Une question de dignité pour les travailleurs, de cohérence pour la Ville.

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  • Comment contourner une loi votée par le peuple

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    ouverture le dimanche.jpgLe 19 mai, à Genève, on votera sur une modification de la loi sur l'ouverture des magasins, modification étendant à trois dimanches par an les possibilité d'ouverture dominicale en contournant la condition posée par la loi actuelle, et ratifiée par le peuple en novembre 2016, d'une convention collective de travail étendue à l'ensemble du secteur. Le patronat du commerce de détail a instrumentalisé (avec leur accord) les partis de droite pour faire voter ce contournement par le Grand Conseil -les syndicats et la gauche ont riposté par un référendum, d'où l'inscription de l'enjeu à la votation du 19 mai. Mais le patronat ne s'en est pas tenu là : après avoir fait passer au Grand Conseil une loi contournant un vote populaire, ils tentent de faire ratifier par le Conseil d'Etat une convention collective au rabais signée par un syndicat jaune... Comment contourner une loi votée par le peuple ? en la faisant bidouiller par le parlement et en s'acoquinant avec un pseudo-syndicat...

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  • Plus d'un mois de grève des nettoyeurs à Genève

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    la-ville-intervient-dans-la-greve-des-nettoyeurs-936x546.jpgToilettes publiques, mandat privé


    Ils sont quatorze. Ils nettoient jour et nuit, la semaine et le dimanche,  les toilettes publiques de la Ville de Genève. Chacun en nettoie douze, quatorze, voire dix-sept, pour 21 francs 70 à 23 francs 60, ou même de l'heure.  Ils travaillent pour la Ville de Genève mais sont employés par une entreprise privée, Onet, à qui la Ville a sous-traité cette tâche. Et ils sont en grève depuis plus d'un mois, soutenu par leur syndicat (le SIT) et l'Assemblée générale de la fonction publique municipale, pour que leurs droits et la loi soient respectés par leur employeur. Pour qu'il leur paie le travail qu'ils font et qu'il ne leur paie pas, qu'il leur compense le travail de nuit qu'ils font et qu'il ne compense pas, qu'il leur fournisse du matériel de travail et de protection adapté, qu'il réintègre un travailleur licencié pour avoir participé au mouvement de revendication qui a abouti à la grève.

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  • "Quand les femmes s'arrêtent, tout s'arrête"

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    feminisme.jpg1918 + 101 = 14.6.2019

    L'appel est lancé (www.14juin.ch) à la grève des femmes en Suisse, le 14 juin, 28 ans après la première grève des femmes lors de laquelle 500'000 personnes étaient descendues dans la rue et sur les places de tout le pays. Pour la grève de cette année, qui concernera le travail "professionnel" comme le travail familial et la consommation, un cahier de 17 revendication a été adopté à Bienne le 10 mars, comme il y a un siècle un cahier de revendication avait été adopté à Olten à l'appui de la première et unique grève générale de l'histoire suisse (et on retrouvera certaines de ces revendications d'il y a un siècle pour la grève de dans trois mois). 17 revendications pour une grève des femmes (les hommes qui les soutiennent ne sont évidemment pas interdits de grève) : égalité salariale, rentes sociales "dignes", valorisation des métiers dits "féminins", réduction et partage du temps de travail, congé paternité et congés pour s'occuper des enfants et des proches, régularisation des femmes migrantes, gratuité de l'avortement, suppression de la TVA sur les produits d'hygiène féminine, lutte contre les violences et les discriminations sexistes, transparence salariale dans toutes les entreprises, accès des femmes aux postes à responsabilité, soutien aux familles monoparentales, développement des crèches, interdiction des licenciements après un congé maternité... 

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  • Genève : grève des nettoyeurs des toilettes publiques

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    Onet.jpgCelles et ceux qui nettoient pour la Ville doivent être employés par la Ville

    Depuis le 18 février, les nettoyeurs salariés de l'entreprise ONET sont en grève pour la défense de leurs droits. A l’instar de l’Etat, la Ville de Genève externalise
    depuis longtemps les tâches de nettoyage de ses bâtiments, locaux et installations . ONET est l'une des entreprises bénéficiaires de cette externalisation sans justification pertinente. Ces privatisations du nettoyage de bâtiments publics, qui ont connu un développement sans précédent ces dernières années, entraînent un dumping social et salarial aussi inévitable qu’inacceptable pour les travailleuses et les travailleurs occupés à ces tâches déjà pénibles et peu rémunérées.

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  • La Suisse et le respect des droits syndicaux

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    GreveGeneraleGeneve1918.jpgUne démocratie "faux-témoin" ?

    "La Suisse, démocratie-témoin", assurait dans son titre un ouvrage de l'académicien français André Siegfried, dans les années cinquante. Le livre avait été commandité par les autorités suisses, qui avaient une image à restaurer dans cet après-guerre ou son rôle entre l'instauration et la chute du régime nazi lui valait une réputation plus fâcheuse que celle qu'elle espérait avoir (au livre de Siegfried, le leader du Rassemblement jurassien, Roland Béguelin, avait répondu par le sien : "Un faux-témoin : la Suisse"). "Démocratie-témoin", la Suisse ? Elle en tout cas en est persuadée. Du moins être un "témoin" n'est pas de la même prétention qu'être un modèle. Et dans le mouvement français des "gilets jeunes", les droits démocratiques directs que nous nous sommes nous-mêmes accordés, et dont nous usons avec régularité, font des envieux. Mais il est en tout cas un domaine et un terrain sur lesquels nos droits démocratiques sont inférieurs à ceux accordés dans les pays voisins, et restent donc à étendre et à assurer : le domaine des droits syndicaux, le terrain des combats syndicaux. Car ces droits sont aussi des droits démocratiques, et ce terrain de combat est aussi le terrain d'un combat démocratique. Et sur ce terrain, la Suisse est bel et bien un "faux-témoin"

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  • Une vaillante centenaire : la grève

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    greve2.jpgLa grève d'il y a un siècle et un siècle de grèves

    Mardi et mercredi, à Genève, les maçons faisaient grève et manif, à l'appui de leurs revendications. Et les patrons du secteur étaient furax : les syndicats "sont dans une stratégie de lutte incessante", geignait le président de la Société genevoise de la Société suisse des entrepreneurs... Ben oui, coco, c'est ça, le syndicalisme ouvrier. Rien de tel qu'une bonne démonstration de terrain pour l'alphabétisation des élites patronales. Pour qui, la mobilisation des travailleurs de la construction n'est que "gesticulations inutiles, déloyales, choquantes, une violation crasse de la paix du travail". Dont on sait qu'elle n'est légitime que lorsqu'elle est utile au seul patronat, ce que résume avec une admirable concision le titre d'une annonce des syndicats patronaux genevois du secteur de la construction : "La grève du 16 octobre ne sert à rien". Un pays où ce sont les syndicats patronaux qui décident si une grève "sert" ou non à quelque chose n'est-il pas un pays merveilleusement organisé ?


    Mardi 6 novembre, à 19 heures à Fonction Cinéma (Maison des Arts du Grütli) Metroboulotkino célèbre le centenaire de la grève générale, avec deux films documentaires de Jacqueline Veuve : La grève générale de 1918 et  Genève, 9 novembre 1932, documentaire de Jacqueline Veuve (1973). La projection sera suivie d'une discussion avec Charles Heimberg, historien spécialiste de l'histoire ouvrière suisse.


    Vendredi 9 novembre, à la Salle du Faubourg dès 18 heures 30 (juste après la commémoration à 17 heures sur l'esplanade d'Uni Mail du massacre du 9 novembre 1932?, la Communauté genevoise d'action syndicale et le Collège du Travail invitent à une conférence et une table ronde sur la Grève générale de 1918 et les grèves et les luttes collectives d'aujourd'hui).

     

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  • 60 millions de travailleuses domestiques sans droit

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    balayeuse.jpgSortir du servage

    A Genève, l'opération "Papyrus" -dont nous persistons à savoir gré à Pierre Maudet de l'avoir rendue possible- a permis à des centaines de travailleuses domestiques sans statut légal d'en trouver un, et avec lui d'obtenir les protections légales auxquelles elles ont droit -en même temps que les obligations qui leur sont liées. Mais dans le monde, 90% des travailleuses domestiques (et elles sont plus de 60 millions) restent privées de sécurité sociale, de rente de retraite, d'indemnités de chômage, travaillent sept jours sur sept, et souvent plus de douze heures par jour. Les syndicats d'employées de maison ont réussi à faire adopter en 2011 par l'Organisation internationale du travail une convention (N° 189) protégeant travailleurs et travailleuses domestiques et définissant leurs droits. Ce texte toutefois n'a pas été ratifié par tous les Etats, et nombre de ceux qui l'ont ratifié mne l'appliquent pas. Les syndicats de travailleurs et travailleuses domestiques luttent dans des conditions extrêmement précaires. Le SOLIFONDS lance une campagne pour les soutenir, et soutenir ainsi l'accession de dizaines de millions de travailleuses et travailleuses à des droits humains minimaux, et pour que le travail domestique cesse d'être un servage.

    SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, CCP 80-7761-7

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  • 1er Mai (12 Palotin), Fête de la Réprobation du Travail

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    1ermai.jpg

    L'Egalité : point final ou poing dans la poche ?

    Dans le calendrier pataphysique, le 1er Mai est le 12ème jour du mois du Palotin. Et c'est le jour de la Réprobation du Travail. Réprouvons donc comme il le mérite le travail tel qu'il est socialement imposé, et qui en effet est à réprouver, non le travail tel qu'il sera quand il sera libéré. Dans son appel à célébrer cette Fête des travailleurs, l'Union Syndicale Suisse met l'accent sur l'égalité salariale : "L'égalité salariale. Point final !" Point final ? La Constitution fédérale proclame l'égalité entre femmes et hommes depuis 1981, la loi prescrit l'égalité salariale depuis 1996. Et les femmes gagnent toujours 20 % de moins que les hommes à travail égal, plus du tiers de cette inégalité ne s'explique que par une discrimination des femmes en tant que telles et en moyenne nationale, chaque femme reçoit chaque mois un salaire plus bas de 600 francs que celui d'un homme. Et lorsque le Conseil fédéral propose une mesure prudente, timide, sans sanction si elle n'est pas respectée, de transparence salariale, le Conseil des Etats n'ose certes pas la refuser, mais la renvoie à l'étude en commission alors qu'elle en sortait... "L'égalité salariale, point final" ou "poing dans la poche", pendant encore 25 ans ?

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  • Il y a cent ans, la Grève Générale : Commémorer pour quoi faire ?

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    Grève Générale 1918 cahier de revendication.jpgNous voilà donc dans l'année du centenaire d'un mouvement et d'un moment qui fut celui d'un accouchement de la Suisse actuelle : la Grève générale de novembre 1918. Ce "moment" syndical (et politique) est d'abord celui d'une peur surmontée, celle de la grève générale, ensuite celui d'une peur assumée, celle d'une répression sanglante, enfin celui d'une peur provoquée,  celle qui s'est emparée de la bourgeoisie, du patronat, de la classe politique dominante du pays, face à un mouvement qu'elles n'imaginaient pas possible, qu'elles réprimèrent, mais dont, les unes après les autres, elles acceptèrent les revendications, pour éviter de revivre l'expérience traumatisante qu'elles en firent. La question que pose la commémoration d'un moment aussi exceptionnel est bien : qu'en faire ? Une nostalgie ou un enseignement ?

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  • Age de la retraite des femmes : le Conseil fédéral s'obstine ? Alors nous aussi...

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    pas de victoire sans lutte.jpgTenir bon...

    Tirant ce qu'il considère, lui (mais pas nous), comme les leçons de son échec avec sa défunte réforme (PV2020) de l'assurance-vieillesse, le Conseil fédéral, qui avec Alain Berset voulait une réforme conjointe de l'AVS (1er pilier) et de la Prévoyance professionnelle (2e Pilier) propose désormais de les disjoindre et de privilégier l'"assainissement" de l'AVS. La capacité du gouvernement de tirer les leçons du vote de septembre dernier a toutefois ses limites : il semble n'avoir pas compris, ou du moins pas admis, que cet échec tenait pour beaucoup, du moins en Romandie, au report à 65 ans de l'âge de la retraite des femmes, refusé par la majorité d'entre elles, et qu'il remet sur le tapis. Ce qui lui vaut déjà les félicitations du PLR, mais lui vaudra aussi, et vaudra au parlement s'il suit le gouvernement sur cette voie, un nouveau référendum de gauche. Qui, cette fois, pourrait -disons : devrait être soutenu par le PS et par l'Union syndicale suisses, et plus seulement par la Jeunesse socialiste, le PS genevois et les cartels syndicaux genevois et vaudois.

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  • La Grève Générale, un siècle plus tard : Quel cahier de revendication ?

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    Grève Générale 1918.jpgEn novembre prochain, la gauche et les syndicats suisses célébreront
    (www.greve-generale.ch) le centenaire du plus important mouvement social de la Suisse moderne (celle qui naît avec la République Helvétique dont
    on pourrait d'ailleurs aussi célébrer, toujours l'année prochaine, le 220e anniversaire) : la Grève Générale de novembre 1918. 250'000 travailleurs (dans un pays de 3 millions et demi d'habitants) se mettent en grève, à l'appel du Comité d'Olten créé par l'Union Syndicale et le Parti Socialiste : on a faim dans les villes, les familles dont les pères montent la garde aux frontières sont sans ressources (il n'y a pas
    d'assurance perte de gain et la solde est dérisoire), la situation sociale est catastrophique -et des grèves sectorielles, comme celle des
    employés de banque zurichois, ont déjà éclaté. Le cahier de revendication de la grève est un programme politique -celui d'un Etat
    fédéral rénové, et d'une politique fédérale progressiste. La Grève fut levée, pour éviter un bain de sang, au bout de deux jours. Elle apparut
    donc, dans l'immédiat, comme se soldant par une défaite. Et pourtant, il suffit de relire précisément son cahier de revendications pour constater
    que la plupart (pas toutes, certes...) d'entre elles ont finalement été satisfaites, certaines (l'AVS, le suffrage féminin...) après plusieurs
    décennies, d'autres (l'élection du Conseil national à la proportionnelle, la semaine de travail de 48 heures) beaucoup plus rapidement. Et surtout, c'est bien la Grève Générale de 1918 qui posa le mouvement ouvrier suisse comme une puissance politique. La peur qu'elle inspira à la classe et à la caste dominantes fera le reste : ses revendications seront satisfaites, ses organisateurs intégrés (peut-être
    même un peu trop...) à l'institutionnalité politique. Mais au-delà de l'exercice commémoratif, une question peut être posée un siècle après
    l'événement : quel pourrait être en 2018 le cahier de revendication d'une grève générale aussi politique que celle de 1918 ? La Jeunesse Socialiste suisse a ouvert un site internet participatif pour recueillir les propositions : c'est sur https://generalstreik-reloaded.ch/fr/

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  • 1er mai : Fête du Travail ? Non : Fête des luttes des travailleurs et travailleuses

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    1ER-MAI.JPGOn ne commémore pas, on se mobilise

    Dissipons d'emblée un brouillard : le 1er Mai n'est pas plus la Fête du Travail que le 8 mars n'est celle des Femmes. Le 1er Mai est la Fête des travailleurs et des travailleuses, la journée de soutien à leurs luttes. Même que dans le calendrier pataphysique, le 1er mai est le jour de la Réprobation du travail...) La "Fête du Travail", c'est ce que les fascistes ont voulu faire de la Fête des travailleurs (en France, c'est le régime de Vichy qui se charge de cette dénaturation), histoire de bien enfoncer dans les têtes laborieuses qu'elles ne sont pas là pour revendiquer, mais pour bosser, en obéissant aux chefs.
    A part ça, on est le premier mai partout, même en France, mais les syndicats français sont infoutus de manifester ensemble quand on ne sait pas qui présidera la France dans un mois : l'héritière de son père, de Vichy et de l'OAS ou l'ancien banquier "social-libéral" ? Parce que, au cas où vous n'auriez pas encore compris, quels que soient vos états d'âmes printaniers, ce sera, forcément, l'un-e ou l'autre...

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  • Ouverture des commerces le dimanche et protection des travailleuses : Un deal défendable

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    On va voter à Genève, dans deux semaines, sur une initiative syndicale s'opposant à l'élargissement des possibilités d'ouverture dominicale des commerces. Cette initiative était d'abord une réponse à la décision du Conseil fédéral, prise par ordonnance et donc impossible à contrecarrer par un référendum, d'élargir ces possibilités à tous les dimanches dans les zones touristiques se situant à moins de 15 kilomètres à vol d'oiseau d'une frontière nationale -ce qui englobe tout le territoire genevois. Mais l'ordonnance fédérale laisse aux cantons la capacité de légiférer de manière plus restrictive qu'elle -ce que Genève s'apprête à faire, si l'initiative ou le contre-projet parlementaire passe le cap du vote populaire le 27 novembre prochain. Car contre-projet il y a : d'une réponse à une offensive patronale, on est passé à l'usage de l'initiative comme moyen de renforcer la protection des salariés de toute une branche, en posant comme exigence l'application (et l'élargissement à tout le secteur) d'une convention collective de travail. Cette exigence a été reprise dans le contre-projet à l'initiative (et elle explique l'opposition de la droite libérale à ce contre-projet) : le deal, c'est un peu plus d'ouverture des magasins le dimanche, en échange d'une convention élargie. Et ça se défend -on peut donc aussi voter "oui" au contre-projet... et même, si l'on privilégie la protection des travailleurs (surtout des travailleuses, en l’occurrence) , le privilégier en cas d'acceptation des deux textes.

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  • C'est bien écrit "La Poste", là ?

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    la posteEntre 500 et 600 des 1400 offices postaux actuels vont donc disparaître en Suisse dans les quatre ans à venir au profit d'"agences postales" implantées dans des commerces, des EMS ou des hôtels, et d'automates "My Post". Cette "réforme" décidée par La Poste va concerner directement les 1200 collaborateurs de ces offices supprimés : si la Poste assure qu'il n'y aura aucun licenciement et que "comme à l'accoutumée, elle s'engagera activement dans le dialogue avec les partenaires sociaux" (mais après les avoir mis devant le fait accompli : le dialogue, oui, la négociation, non...), Syndicom dénonce le "démantèlement le plus drastique dans l'histoire de la poste", prévoit une "baisse des prestations" et constate le "réduction du service public". Le syndicat autonome des postiers SAP évoque un "sacrifice du personnel sur l'autel du profit". La direction de La Poste, elle, parle d'adaptation à l'évolution du comportement de la clientèle, se justifie par le déficit du réseau postal et la désertion des guichets au profit d'internet. On avoue ne pas avoir constaté une telle désertion au guichet de notre poste de quartier. On habite sûrement dans un coin reculé peuplé de rescapés cacochymes du paléolithique. Le genre qui va faire ses paiements avec son carnet jaune et qui envoie des lettres écrites à la main et pliées dans des enveloppes en papier avec une adresse écrite à la main et un timbre-poste collé au dessus. Des survivants, quoi. Des vieux. Des pauvres. Des pas intéressants.

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  • Oranges amères

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    Espagne : Soutenons les "princesses des serres"
     
    60'000 ouvrières, presque toutes migrantes, travaillent dans les serres et les entreprises d'emballage de la région d'Almeriadans des conditions inacceptables, pour des salaires de misère, sous la pression constante de leurs employeurs et de leurs petits chefs. Pourtant,  celles que l'une d'entre elles a baptisées les "princesses des serres" résistent, et s'organisent syndicalement. Leur syndicat, le SOC-SAT, lance une campagne de formation, de conseil et d'affiliation, sur les lieux de travail et sur les lieux de vie des ouvrières, pour que leur défense aboutisse, comme cela été le cas à la fin de l'année dernière, à la reconnaissance de leurs droits et à la condamnation des pratiques patronales. Le SOLIFONDS* appelle au soutien matériel de cette campagne et du syndicat qui l'organise, et qui a été en pointe dans la lutte pour le respect des lois sociales et sur le travail, les droits des migrants, la lutte contre le racisme et la xénophobie. Répondez à l'appel à soutenir le SOC-SAT. Et lorsque vous irez faire vos courses, regardez d'où viennent les fruits et les légumes que vous achetez, et essayez d'imaginer dans quelles conditions travaillent, et à quel prix, celles qui les ont ramassés et celles qui les ont conditionnés. 
    *SOLIFONDS, CP, 8031 Zurich
    mail@solifonds.ch
    www.solifonds.ch
    CP 80-7761-7

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  • Dans notre calendrier de l'Avent : La grève et le Bien public

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    calendrier de l'Avent.jpg

    On avait, mardi, ouvert la première fenêtre de notre calendrier de l'Avent. Et dans cette fenêtre il y avait une grève et une manif.  Et dans le deuxième fenêtre, hier, il y avait aussi une grève et une manif. Et aujourd'hui encore, une grève et une manif.  Faut dire que notre calendrier de l'Avent, c'est une version de gauche, avec des grèves et des manifs, des débats sur la culture et les budgets publics, un projet de Nouvelle Comédie, un soutien à l'Usine, tout ça, mais pas l'ombre d'un sapin, pas la fumerolle d'une bougie, rien qui ressemble à une crèche. Mais une grève et des manifs. Du mouvement de la fonction publique (et parapublique, et des acteurs de la culture) on a déjà écrit ici et ailleurs qu'il ne défend plus seulement le statut de la fonction publique, les droits des fonctionnaires, les conditions de travail dans le secteur social ou les subventions à la culture, mais désormais le service public en tant que tel, et qu'ainsi, la grève de la fonction publique est finalement une grève pour les usagers du service public -une grève pour le Bien public, en somme. Tout à fait à sa place dans un calendrier de l'Avent, donc.

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