vendredi, 11 novembre 2016

Ouverture des commerces le dimanche et protection des travailleuses : Un deal défendable

On va voter à Genève, dans deux semaines, sur une initiative syndicale s'opposant à l'élargissement des possibilités d'ouverture dominicale des commerces. Cette initiative était d'abord une réponse à la décision du Conseil fédéral, prise par ordonnance et donc impossible à contrecarrer par un référendum, d'élargir ces possibilités à tous les dimanches dans les zones touristiques se situant à moins de 15 kilomètres à vol d'oiseau d'une frontière nationale -ce qui englobe tout le territoire genevois. Mais l'ordonnance fédérale laisse aux cantons la capacité de légiférer de manière plus restrictive qu'elle -ce que Genève s'apprête à faire, si l'initiative ou le contre-projet parlementaire passe le cap du vote populaire le 27 novembre prochain. Car contre-projet il y a : d'une réponse à une offensive patronale, on est passé à l'usage de l'initiative comme moyen de renforcer la protection des salariés de toute une branche, en posant comme exigence l'application (et l'élargissement à tout le secteur) d'une convention collective de travail. Cette exigence a été reprise dans le contre-projet à l'initiative (et elle explique l'opposition de la droite libérale à ce contre-projet) : le deal, c'est un peu plus d'ouverture des magasins le dimanche, en échange d'une convention élargie. Et ça se défend -on peut donc aussi voter "oui" au contre-projet... et même, si l'on privilégie la protection des travailleurs (surtout des travailleuses, en l’occurrence) , le privilégier en cas d'acceptation des deux textes.

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18:13 Publié dans Commerce, Genève, syndicats, Travail, votations | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : consommation | |  Facebook | | | |

lundi, 31 octobre 2016

C'est bien écrit "La Poste", là ?


la posteEntre 500 et 600 des 1400 offices postaux actuels vont donc disparaître en Suisse dans les quatre ans à venir au profit d'"agences postales" implantées dans des commerces, des EMS ou des hôtels, et d'automates "My Post". Cette "réforme" décidée par La Poste va concerner directement les 1200 collaborateurs de ces offices supprimés : si la Poste assure qu'il n'y aura aucun licenciement et que "comme à l'accoutumée, elle s'engagera activement dans le dialogue avec les partenaires sociaux" (mais après les avoir mis devant le fait accompli : le dialogue, oui, la négociation, non...), Syndicom dénonce le "démantèlement le plus drastique dans l'histoire de la poste", prévoit une "baisse des prestations" et constate le "réduction du service public". Le syndicat autonome des postiers SAP évoque un "sacrifice du personnel sur l'autel du profit". La direction de La Poste, elle, parle d'adaptation à l'évolution du comportement de la clientèle, se justifie par le déficit du réseau postal et la désertion des guichets au profit d'internet. On avoue ne pas avoir constaté une telle désertion au guichet de notre poste de quartier. On habite sûrement dans un coin reculé peuplé de rescapés cacochymes du paléolithique. Le genre qui va faire ses paiements avec son carnet jaune et qui envoie des lettres écrites à la main et pliées dans des enveloppes en papier avec une adresse écrite à la main et un timbre-poste collé au dessus. Des survivants, quoi. Des vieux. Des pauvres. Des pas intéressants.

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lundi, 02 mai 2016

Oranges amères

Espagne : Soutenons les "princesses des serres"
 
60'000 ouvrières, presque toutes migrantes, travaillent dans les serres et les entreprises d'emballage de la région d'Almeriadans des conditions inacceptables, pour des salaires de misère, sous la pression constante de leurs employeurs et de leurs petits chefs. Pourtant,  celles que l'une d'entre elles a baptisées les "princesses des serres" résistent, et s'organisent syndicalement. Leur syndicat, le SOC-SAT, lance une campagne de formation, de conseil et d'affiliation, sur les lieux de travail et sur les lieux de vie des ouvrières, pour que leur défense aboutisse, comme cela été le cas à la fin de l'année dernière, à la reconnaissance de leurs droits et à la condamnation des pratiques patronales. Le SOLIFONDS* appelle au soutien matériel de cette campagne et du syndicat qui l'organise, et qui a été en pointe dans la lutte pour le respect des lois sociales et sur le travail, les droits des migrants, la lutte contre le racisme et la xénophobie. Répondez à l'appel à soutenir le SOC-SAT. Et lorsque vous irez faire vos courses, regardez d'où viennent les fruits et les légumes que vous achetez, et essayez d'imaginer dans quelles conditions travaillent, et à quel prix, celles qui les ont ramassés et celles qui les ont conditionnés. 
*SOLIFONDS, CP, 8031 Zurich
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www.solifonds.ch
CP 80-7761-7

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jeudi, 03 décembre 2015

Dans notre calendrier de l'Avent : La grève et le Bien public

calendrier de l'Avent.jpg

On avait, mardi, ouvert la première fenêtre de notre calendrier de l'Avent. Et dans cette fenêtre il y avait une grève et une manif.  Et dans le deuxième fenêtre, hier, il y avait aussi une grève et une manif. Et aujourd'hui encore, une grève et une manif.  Faut dire que notre calendrier de l'Avent, c'est une version de gauche, avec des grèves et des manifs, des débats sur la culture et les budgets publics, un projet de Nouvelle Comédie, un soutien à l'Usine, tout ça, mais pas l'ombre d'un sapin, pas la fumerolle d'une bougie, rien qui ressemble à une crèche. Mais une grève et des manifs. Du mouvement de la fonction publique (et parapublique, et des acteurs de la culture) on a déjà écrit ici et ailleurs qu'il ne défend plus seulement le statut de la fonction publique, les droits des fonctionnaires, les conditions de travail dans le secteur social ou les subventions à la culture, mais désormais le service public en tant que tel, et qu'ainsi, la grève de la fonction publique est finalement une grève pour les usagers du service public -une grève pour le Bien public, en somme. Tout à fait à sa place dans un calendrier de l'Avent, donc.

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vendredi, 27 novembre 2015

Grèves à Genève : La DMEDD reprend le travail...

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"Il faut savoir terminer une grève" (Maurice Thorez). Ou la reprendre (la fonction publique genevoise) 
   
Cela fait bien trois mois que nous (la gauche) sommes prêts à étudier le projet de budget 2016 de la Ville de Genève, et qu'on attend que la DMEDD (Droite municipale élargie, distendue et dilatée) se déclare prête, elle aussi, à faire son boulot et à nous laisser faire le nôtre. Et ouf ! ça y'est : la DMEDD a accepté d'entrer en matière sur le projet de budget. On peut commencer à bosser. Ou plutôt : les membres de la commission des finances du Conseil municipal peuvent commencer. Quant à ceux des autres commissions, dites "spécialisées", ils devront s'organiser eux-mêmes, entre eux : le projet n'est pas renvoyé à leurs commissions. Pas le temps. Trop de temps perdu à attendre que la DMEDD mette fin à la grève qu'elle avait entamée fin août. Trois mois de grève, dis donc... la fonction publique cantonale peut en prendre de la graine. Nul doute, dès lors, que la droite municipale sera la première à soutenir la reprise de la grève de la fonction publique genevoise. Il y a septante ans, Maurice Thorez lançait aux travailleurs français son fameux "il faut savoir terminer une grève". La droite municipale a mis septante ans à l'apprendre, mais au moins, c'est fait. Et ne soyons pas mauvais joueurs : la droite municipale a du même mouvement, fût-ce sans le vouloir, reconnu la légitimité du droit de grève et celle du droit à la paresse, proclamé il y a bientôt un siècle et demi par le camarade Paul Lafargue, et nous saluons ce ralliement. Non sans rester quelque peu suspicieux : que la droite municipale
ait fini par accepter de faire son travail ne signifie pas encore qu'elle va le faire intelligemment.

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jeudi, 12 novembre 2015

Grèves de la fonction publique et de la construction : Belles couleurs genevoises d'automne

grève, fonction publiqueLes couleurs de cet automne sont belles, à Genève  : Le mouvement est considérable, quantitativement, par le nombre des grévistes et des manifestants, et qualitativement, par leur détermination et par la rencontre des travailleurs de la fonction publique et de ceux de la construction. La grève de la fonction publique genevoise, entamée mardi, poursuivie mercredi, reconduite aujourd'hui, est un indéniable succès, qu'on le mesure par le pourcentage de grévistes, le nombre de manifestants (10'000 mardi, autant mercredi)... les commentaires furieux, et souvent insultants, déféqués sur les réseaux sociaux... alors même que cette grève, est moins une grève pour la défense de droits acquis par et pour le personnel des services publics qu'une grève pour le maintien des prestations à la population, de leur qualité et de leur accessibilité -autrement dit : une grève pour les habitantes et les habitants de Genève, y compris celles et ceux qui conchient la grève et les grévistes.

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13:33 Publié dans Genève, Politique, syndicats | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : grève, fonction publique | |  Facebook | | | |

lundi, 14 septembre 2015

Le tripartisme, une arme contre le populisme ?

Un accord inédit contre la sous-enchère salariale et sociale

La faiblesse de la gauche (politique et syndicale) suisse s'est jusqu'à présente traduite par la faiblesse des dispositifs de lutte contre la sous-enchère salariale et sociale, qu'elle n'arrive pas à renforcer suffisamment pour priver d'efficacité électorale le discours isolationniste et discriminatoire de l'extrême-droite. Et cette faiblesse de la gauche s'est aussi traduite en son sein par le renforcement de la contradiction entre deux vieilles tendances, l'une protectionniste et social-xénophobe, l'autre acquise à la libre-circulation des personnes et à la fin des frontières. A Genève, un accord original a été passé entre les syndicats, le patronat et l'Etat, pour renforcer l'Inspectorat cantonal du travail et créer un nouvel instrument, une nouvelle inspection du travail, paritaire. A défaut d'être, ce à quoi il ne prétend pas, LA réponse définitive à la sous-enchère salariale et sociale et à son exploitation par l'extrême-droite, cet accord manifeste au moins la reconnaissance du rôle essentiel des organisations de travailleurs dans la lutte contre la mise en concurrence des travailleurs entre eux.

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13:50 Publié dans Genève, syndicats | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : dumping salarial, salaires | |  Facebook | | | |

vendredi, 01 mai 2015

Comme d'hab' depuis cinquante ans : A d't'à l'heure, au cortège...

 

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Tout à l'heure, comme tous les 1er Mai (pardon : tous les 12 Floréal) depuis cinquante ans (pour ce qui, modestement, ne renvoie qu'à notre modeste histoire personnelle), on va défiler* avec les copains. Pas pour la «Fête du travail», ce machin pétainiste bidouillé pour concurrencer notre Premier Mai à nous, mais pour celle des travailleurs. Cette année à Genève, le mot d'ordre, c'est : « Nos emplois, nos salaires, nos retraites: unissons-nous ». Peu importe : c'est la mobilisation qui importe, pas son prétexte. « Nous voulons une Suisse juste, solidaire, sans discrimination et ouverte », proclame l'appel de l'Union Syndicale Suisse pour le 1er Mai. Et ça sonne tout de même un peu mieux, un peu plus fort, que le très défensif mot d'ordre genevois...

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06:14 Publié dans Politique, syndicats | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : premier mai, 1er mai | |  Facebook | | | |

mardi, 14 avril 2015

Pakistan : quand la lutte syndicale est considérée comme du « terrorisme »

Nécessaire solidarité internationale

Au Pakistan, être militant-e syndical-e, c'est non seulement être victime de pressions de toutes natures, mais aussi de violences, de déni de justice, être traîné devant les tribunaux sous l'accusation délirante de violer une loi antiterroriste. Les organisations syndicales sont déclarées illégales, les actions syndicales sont criminalisées. Un soutien international, politique et matériel, leur est donc nécessaire, et est nécessaire aux militantes et militants syndicaux victimes de cette répression multiforme et permanente. C'est à ce soutien qu'appelle le SOLIFONDS : répondez-y   !
SOLIFONDS CP 8031 Zurich -  mail@solifonds.chwww.solifonds.ch
- CP 80-7761-7

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mardi, 17 mars 2015

L'envolée du franc suisse par rapport à l'euro : la faire payer par les salariés ?

L'Euro est à un franc et des poussières depuis le fameux «décrochage» décidé par la Banque Nationale Suisse, toute seule, comme une grande, mettant tout le monde devant le fait accompli : pour l'Union Syndicale Suisse, cette décision de la BNS a été, pour dire les choses plus simplement qu'il convient, une connerie qui menace des dizaines de milliers d'emplois, et des centaines de milliers de salaires. L'USS exige donc de la BNS qu'elle revienne sur cette décision et rétablisse un « taux plancher » du franc par rapport à l'euro (l'USS propose un taux de 1,30 euros pour un franc, qu'elle estime être le cours supportable pour l'économie réelle).  Les salariés n'ont pas à « payer pour une crise qui ne leur est pas due », résume la vice-présidente de l'USS, Vania Alleva. C'est pourtant bien ce qu'en face on va tenter de faire.

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15:54 Publié dans Economie, Suisse, syndicats | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : franc suisse, change, frontaliers | |  Facebook | | | |

mercredi, 18 février 2015

Aujourd'hui, Journée d'action mondiale en défense du droit de grève

Le dernier des droits quand on a perdu tous les autres ?

A l'appel de la Confédération syndicale internationale, aujourd'hui est une une journée d’action mondiale en défense du droit de grève. Un droit si fondamental qu'il est le dernier des droits collectifs dont on puisse user pour résister lorsque tous les autres ont été abolis et qu'on ne s'est pas encore résolu à la lutte armée, et qu'il est aussi le premier que les dictatures abolissent et qu'en démocratie, les tentatives de le rogner, le conditionner, le soumettre à autorisation, le monnayer, même. Entre 17h et 18h, à l'appel de la Communauté genevoise d'action syndicale et du Cartel intersyndical du personnel de l'Etat, un rassemblement de défense du droit de grève se déroulera au Parc Saint-Jean, à côté du siège de la Fédération des entreprises romandes (un rassemblement avec le même objectif est organisé pour les salariés des organisations internationales, à midi, place des Nations). Les syndicats entendent ainsi protester contre les attaques au droit de grève perpétrées, localement, par le patronat genevois (et relayées par ses porte-flingues politiques habituels, ou plus récents, comme le MCG) et, internationalement, par les représentants du patronat (et de certains Etats) au sein de l'Organisation Internationale du Travail.    

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mercredi, 28 janvier 2015

Journée d'action unitaire de la fonction publique genevoise, jeudi : Pas touche aux services publics !

Manif jeudi.jpgDemain, jeudi, sera une journée action unitaire et de grève de la fonction publique genevoise, avec une manifestation de soutien à la clef.  Le budget cantonal 2015 ayant été voté, l'action syndicale et politique ne consiste plus à tenter d'empêcher qu'il soit « antisocial », puisqu'il l'est, mais à tenter d'en réparer les béances et d'en limiter les dégâts, et à faire front contre les projets de loi que la droite, ultramajoritaire au parlement, a déposé ou va déposer, pour alourdir encore la facture sociale de sa propre politique d'« économies » sur le dos (si possible courbé) des plus faibles, dans le même temps que se déversent les cadeaux fiscaux dans les poches des plus forts. Dès lors, cette mobilisation ne doit pas être seulement celle des salariés de la fonction  publique, mais celle de la population au service de qui ces salariés travaillent. Car toucher aux services publics c'est toucher aux droits sociaux de toutes et tous. Qu'on se le dise et le manifeste, à 17 heures, jeudi, place Neuve : pas touche aux services publics !

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jeudi, 18 décembre 2014

Prolongation des horaires d'ouverture des magasins : nouvelle offensive

Quand le fédéralisme gêne le patronat...

Le syndicat Unia a distribué dans les Rues Basses de Genève de petites boîtes de chocolat avec ce slogan : « N’attendons pas le Père Noël pour améliorer nos conditions de travail! », histoire de rappeler, en période d'achats de fin d'années et d'ouvertures nocturnes des magasins, que des gens y travaillent, et que s'il est légitime que les consommateurs puissent connaître les conditions de production et de distribution des produits qu'ils achètent, il l'est tout autant de leur faire connaître les conditions de travail de celles (surtout) et de ceux qui les leur vendent, au moment où une nouvelle offensive du patronat, relayée par la droite parlementaire, se traduit par une proposition d'allongement dans toute la Suisse d'extension des heures d'ouverture des magasins, en cassant les limitations imposées dans certains cantons et généralement ratifiées par le peuple : sur 15 référendums cantonaux lancés contre de telles prolongations, le patronat en a perdus 13... Mais le Directeur de la Chambre de commerce et d'industrie de Genève, prenant acte de ce que les Genevois ont refusé en 2010, de prolonger les heures d'ouverture des magasins, ajoute que si un tel projet « revient par le biais de Berne, cela nous convient ». Un vrai fédéraliste, quoi...
    

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mardi, 16 décembre 2014

Usagers et usagères, employées et employés ensemble pour défendre le service public

Cet après-midi, à 17 heures, au parc Saint-Jean (devant les syndicats patronaux), tous les syndicats genevois, appuyés par toute la gauche, appellent le personnel, les usagères et les usagers des services publics à manifester pour les défendre face à une majorité gouvernementale et parlementaire qui s'apprête (jeudi) à décider de coupes budgétaires massives dans l'éducation, la santé, le social, l'administration, en s'attaquant à la fois à la population la plus fragile du canton et aux employés de la fonction publique et parapublique. Cette manifestation accompagne une journée de débrayages dans tous les secteurs, non pour la défense de « privilèges » (qui ne sont que des droits qu'il s'agit d'accorder à tous les travailleurs du secteur privé, plutôt qu'en priver ceux du secteur public), mais pour la défense du seul secteur capable d'assurer à toutes et tous des prestations indispensables sans en exclure celles et ceux qui ne peuvent y accéder quand elles sont « proposées » (c'est-à-dire vendues) au « prix du marché »...
Manif.jpg

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jeudi, 04 décembre 2014

Grève (ou pas) des Transports Publics Genevois : Efficace, en plus d'être légitime...

TPG, grève

Un accord*a été trouvé entre les syndicats des TPG et les employés de la régie d'une part, le Conseil d'administration et la direction d'autre part : La grève annoncée des Transports Publics Genevois pour aujourd'hui n'aura pas lieu -les employés en ont décidé cette nuit). La grève de la semaine dernière et la menace de grève de cette semaine ont été couronnées de succès, après des négociations provoquées par la grève elle-même -et c'est sans doute ce que ceux qui depuis dix jours accablent les syndicats et les employés des TPG d'injures et de menaces vont le moins bien digérer : la grève, en plus d'être légitime, c'est efficace. Quand c'est bien organisé, et que ça intervient à temps, c'est-à-dire avant que les décisions combattues soient prises, pas après, quand c'est trop tard, comme à la Boillat ou à Merck Serono... La grève des TPG était préventive ? oui. Et elle a prévenu. Et même si rien n'est encore joué (la question, éminemment politique, des moyens à allouer aux TPG pour compenser la baisse des tarifs décidés par le peuple, moyens que les majorités parlementaires et gouvernementales refusent de leur allouer), la grève et la menace de grève sont porteuses d'enseignements -à commencer par celui-ci : un rapport de force, ça se construit avant la confrontation, pas après, quand on a déjà perdu et qu'on ne peut plus négocier que le prix de la défaite et le nombre des victimes. 
Cet après-midi, à 16 heures 30, devant l'Hôtel-de-Ville,
à l'appel de tous les syndicats genevois, on se rassemblera pour soutenir toutes les actions de défense du service public et de leur personnel. 
   
* L’accord prévoit l’absence de licenciement pour la période 2015-2018, le maintien des mécanismes salariaux statutaires, le maintien des effectifs pour 2015 sur la base de l’effectif en vigueur au 31 décembre 2014. Pour les autres années du contrat de prestations, l’évolution des effectifs sera discutée chaque année. L’entreprise et les syndicats s’engagent à analyser l’offre, les temps de parcours et les horaires de conduite avec pour objectif une adaptation dès avril 2015. L’entreprise s’engage aussi à intervenir auprès de la caisse de pension pour que les retraités bénéficient pour les deux prochaines années de 700 fr. en guise de remerciement pour les services accomplis. Pour 2017, l’entreprise s’engage à mettre en place un fonds de solidarité.
De leur côté, les syndicats s’engagent à négocier un service minimum dès janvier 2015.
 

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mercredi, 03 décembre 2014

Transports publics genevois, fonction publique, budget du canton : SchwarzPeter in Genf

touche pas a mes TPG.JPGDemain, comme nul en Romandie ne peut l'ignorer, les Transports Publics Genevois devraient être en grève, malgré un début de commencement de négociation «  encourageant », selon les syndicats. « Qui pilote le droit de grève dans les services publics et aux TPG ? », s'interrogentla Communauté genevoise d'Action Syndicale et le Cartel Intersyndical des services publics. Réponse : personne. Les syndicats négocient, organisent la grève, exercent le droit de grève -mais leurs interlocuteurs,à commencer par le gouvernement,, jouent à propos de la grève comme à propos du financement du service public, au très vieux jeu du « SchwarzPeter », où il s'agit de se débarrasser le plus vite possible d'une carte (le « Pierre noir ») en la refilant au voisin. Le gouvernement renvoie les syndicats au Conseil d'administration des TPG, ou à leur direction qui les renvoie au Conseil d'administration, avec qui les syndicats négocient mais qui les renvoie quand il peut au parlement ou au gouvernement qui les renvoie au parlement qui les renvoie au gouvernement. Lequel est lui aussi, dans ce conflit comme dans d'autres, en grève. Mais depuis un an. Et sans aucun service minimum.
Demain jeudi, à 16 heures 30, devant l'Hôtel-de-Ville, à l'appel de tous les syndicats genevois, on se rassemblera pour soutenir la grève des TPG et les actions de défense du service public. Y'a urgence.

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jeudi, 27 novembre 2014

Manifestation de soutien aux employés des TPG : Secouer les plumes et l’édredon...


 Une semaine après la grève des TPG, le Conseil d'administration de la régie s'est déclaré résolu à « préserver les prestations » et « éviter les licenciements ». Le syndicat SEV avait annoncé que la grève de la semaine dernière serait suivie d'une « action plus importante » si ses revendications n'étaient pas prises en compte. Le Conseil d'administration l'a entendu -mais ce n'est pas lui qui décide, c'est le Grand Conseil, qui doit voter la semaine prochaine le contrat de prestations passé entre l'Etat et les TPG. Or c'est précisément ce contrat de prestation qui implique, faute d'une augmentation de la subvention publique, baisses de prestations et licenciements. Le combat des employés continue donc -et à la nécessité de le soutenir s'ajoute désormais celle de convaincre le Conseil d'administration de la régie de ne pas reculer face au Conseil d'Etat et à la majorité du parlement. Tout à l'heure, y'a eu manif de soutien aux employés des TPG, dont la grève a fort opportunément secoué quelque peu les plumes (et l’édredon avec) dans lesquelles s'endormaient paisiblement les majorités politiques qui voudraient nous gouverner.

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mercredi, 19 novembre 2014

Transports Publics Genevois : Une grève contre une prise d'otage

 

TPG, transports publics

Aujourd'hui, à l'appel du syndicat SEV, les employés des TPG se mettent en grève. Pas seulement pour défendre leurs conditions et leurs postes de travail, les unes dégradées et les autres menacés : ils se mettent aussi en grève pour défendre leur entreprise, leur service public (et le service qu'il rend au public). Et même pour défendre le respect de la volonté populaire, et s'opposer à son détournement. Par deux fois, les Genevois-es ont ratifié dans les urnes l'initiative de l'AVIVO pour une baisse des tarifs. Faute de pouvoir les faire revoter une troisième fois, ou désespérant de les faire changer d'avis, les majorités du gouvernement, du parlement et du Conseil d'administration des TPG ont choisi de les punir en réduisant les prestations de la régie et en supprimant des postes de travail. Pour la droite locale, la grève des TPG est une « prise d'otage ». Et son refus, pour punir les Genevois d'avoir « mal voté », d'accorder aux TPG les moyens d'assurer son service public, c'est quoi, sinon précisément une double prise d'otage des usagers et des salariés de l'entreprise ? 
Tout à l'heure, à midi et demi au dépôt des TPG (Bachet de Pesay), se tiendra à l'appel de toute la gauche un rassemblement de solidarité avec les grévistes et de dénonciation des coupes dans les prestations et les effectifs des transports publics.

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mercredi, 29 octobre 2014

A propos du travail : De Bill Gates à Charles Darwin ?

Liberté-travail.jpgLes dernières « Rencontres internationales de Genève » ont débattu de la notion de « travail », de la réalité qu'elle recouvre aujourd'hui -mais aussi de son histoire, et de l'évolution du travail humain. Or la réduction progressive, dans nos pays, de l'emprise du salariat traditionnel, l'individualisation des statuts, le développement de la sous-traitance et de la fausse indépendance, le travail « libre » qu'on fait semblant de promouvoir, toutes évolutions que permettent les changements technologiques, qui rendent possible, sinon acceptable, le démantèlement des appareils de protection sociale construit tout au long du XXe siècle, et ne renvoient pas à une avancée, mais à un possible formidable retour en arrière, vers le XIXe siècle, vers le capitalisme sauvage. Du monde de Bill Gates à celui de Charles Darwin, le chemin du retour est peut-être plus court qu'on croit.

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mardi, 23 septembre 2014

Israël : répression antisyndicale au prétexte de la « sécurité » : « Simple, propre et sournois »

« Simple, propre et sournois » : c'est ainsi que le syndicat de travailleurs palestiniens des territoires occupés, WAC-MAAN (www.wac-maan.org.il/en/about), décrit la méthode utilisée par un patron israélien pour licencier un travailleur qui avait eu le front de vouloir créer un syndicat dans son entreprise. Une méthode simple : le patron l'a dénoncé comme un « risque pour la sécurité » d'Israël. Ce qui a entraîné la révocation de son permis de travail, et son licenciement de facto. Il ne nous semble pas avoir beaucoup entendu la grande centrale syndicale israélienne, la Histadrut, membre de la Confédération syndicale internationale (et, auparavant, de la CISL social-démocrate), dénoncer ces pratiques. Mais peut-être ses protestations nous ont-elles échappé...

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14:36 Publié dans syndicats | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israël, palestine, wac-maan, solifonds | |  Facebook | | | |