jeudi, 21 septembre 2017

Cassis im Bundeshüüs

Cassis.jpgL'élection qui ne change pas grand-chose

On ne peut pas dire que la surprise ait été au rendez-vous, hier matin, au Palais fédéral : Ignazio Cassis a été élu au Conseil fédéral. Election logique : à force de dépasser ses deux concurrents par la droite (ça va être autorisé sur les autoroutes, ça l'est déjà dans les campagne pour le Conseil fédéral), il a obtenu le soutien massif de l'UDC, pendant que ses deux concurrents devaient se partager (et partager avec lui) le soutien des autres partis. Donc voilà. Cassis succède à Burkhalter au Conseil fédéral (mais pas forcément aux Affaires Etrangères). Et alors ? ça change quoi ? Pas grand chose. Un petit glissement à droite, peut-être. Au point où on est, ça va tenir de l'imperceptibilité. A moins évidemment que Cassis n'hérite du département de Berset en partance pour de nouvelles aventures dans un autre ministère. Le lobbyste en chef des assurances-maladie désigné ministre de la santé, ça simplifierait en effet diablement la compréhension par les assurés du racket qu'ils subissent...

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15:25 Publié dans Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cassis, maudet, conseil fédéral | |  Facebook | | | |

lundi, 18 septembre 2017

Réforme du système des retraites : Le nom de notre NON

vignetteAVS.JPGAu Téléjournal, hier soir, le Conseiller fédéral Alain Berset faisait mine de s'étonner de l'"étrange alliance du patronat zurichois et de l'extrême-gauche genevoise" pour un "non" à la réforme des retraites soumise au vote dimanche prochain. Doit-on lui répondre (après avoir pris note que pour lui la totalité des syndicats genevois, qui disent aussi "non", comme d'ailleurs le PS genevois, sont d'"extrême-gauche") en s'étonnant à notre tour de l'"étrange alliance de l'Union Syndicale Suisse (et du PS suisse) et du patronat romand" autour du "oui" ?  On préférera ici dire les mots du nom de notre NON : "report de l'âge de la retraite des femmes".

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lundi, 04 septembre 2017

Les Schweizermacher s'accrochent

avuedenezilestcinqheures.jpgNaturalisations : et si on entrait dans le XXIe siècle ?

Nous avons mis, dans ce pays comme dans d'autres, deux siècles pour passer de la "bourgeoisie" à la citoyenneté. Naguère, pour être quelqu'un et disposer de quelque droit politique, il ne fallait être ni femme, ni pauvre, ni étranger, ni célibataire, ni catholique à Genève ou protestant en Valais, ni juif ou athée où que ce soit. Or subsistent, récurrentes, d'étranges nostalgies de ce temps joli et des rites de passage scandant l'entrée dans le cercle restreint des détenteurs de droits politiques. Régulièrement nous viennent donc aux narines des remugles de tribalisme compulsif. C'est ainsi qu'à la mi-juillet, la commission des naturalisations de la commune de Buchs, en Argovie, a préavisé négativement sur la demande d'une ressortissante turque, née en Suisse, habitant depuis 16 ans dans la commune, y ayant effectué toute sa scolarité, fiancée à un Suisse qu'elle va épouser, disposant d'un emploi stable et d'une réputation irréprochable, parlant même le dialecte, ayant passé le test écrit de citoyenneté avec 100 % de bonnes réponses, mais que la commission a jugée insuffisamment intégrée pour pouvoir prétendre à l'honneur du passeport helvétique, après lui avoir fait passer un examen en forme d'interrogatoire : 92 questions, dont certaines relevaient de la pure absurdité (genre "Préférez-vous visiter Genève ou l'Arc lémanique ?"...). Ne sachant où se trouvait le point de récolte de l'huile usagée, faisant ses courses à la Migros plutôt que dans l'épicerie du coin (sans doute tenue par un conseiller municipal, ou un de ses parents ou de ses copains), désignant le ski plutôt la lutte au caleçon comme "sport typiquement suisse", la jeune femme a été jugée non intégrée... Et ce prurit tribal n'est pas un exemple isolé : une commission municipale des naturalisations (c'est un vivier, et pas seulement en Alémanie) avait refusé la requête d'un professeur allemand, au motif, en effet incontestable, que ses amis n'habitaient pas la commune mais la commune d'à côté. Et en Thurgovie, la demande de naturalisation d'un jeune allemand, qui avait grandi et étudié à Kreuzlingen, qui parle le dialecte local et qui est en train de fonder une entreprise dans la commune, a été rejetée aux motifs, également incontestables, qu'il ne pouvait énumérer les temples protestants et les musées de la ville. Non, aimables et civilisés lecteurs, vous ne rêvez pas, vous n'avez pas été pris brutalement dans une déchirure du continuum spatio-temporel : on est bien en Suisse, au XXIe siècle. Après Jésus-Christ, même. Commentaire judicieux de la "Tribune de Genève" : "le pouvoir laissé aux communes en matière de naturalisation permet ce genre de décisions arbitraires". C'est ce pouvoir, fort heureusement ôté aux communes genevoises par la loi cantonale, que l'extrême-droite locale, une partie de la droite et quelques égarés de gauche, réclament à nouveau, après s'être tardivement aperçu qu'ils l'avaient perdu alors qu'ils se prenaient encore depuis bientôt vingt ans pour les "faiseurs de Suisses" qu'ils ne sont plus. Que la commission municipale des naturalisations soit inutile, coûteuse, parasitaire, leur importe peu : pour elles et eux, il s'agit de la maintenir, sous quelque nom que ce soit, pour entretenir l'illusion qu'ils puissent jouer un rôle dans le processus de naturalisation...

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16:00 Publié dans Genève, Immigration, Suisse | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : nationalité, naturalisation | |  Facebook | | | |

jeudi, 31 août 2017

Réforme des retraites (PV2020) : La raison d'un NON

vignetteAVS.JPGLe référendum de gauche contre la réforme de la prévoyance vieillesse (AVS et 2e Pilier) a largement abouti, et le Comité « Non à la hausse de l'âge de la retraite. Non à la baisse des rentes » a déposé le 6 juillet 58’718 signatures validées (sur 70'000 récoltées) auprès de la Chancellerie. La majorité de ces signatures ont été récoltées en Romandie, avec un succès notable à Genève et dans une moindre mesure dans le canton de Vaud. Le 24 septembre, les citoyennes et les citoyens pourront ainsi s’exprimer non seulement sur la hausse de la TVA finançant la réforme, soumise à référendum obligatoire, mais également sur l’ensemble de la Loi sur la prévoyance vieillesse 2020. Le référendum de gauche s'attaque essentiellement à la hausse de l’âge de la retraite des femmes, et accessoirement à la baisse des rentes de 2e pilier : s'il ne s'était agi que de cela, il n'y aurait sans doute pas eu de référendum de gauche -ce qui fait mal, ce qui justifie notre opposition à un projet soutenu par la majorité des membres du PS suisse et toutes les faîtières syndicales fédérales, c'est bien, d'abord, le report d'un an de l'âge de la retraite des femmes...

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13:24 Publié dans Retraites, AVS, AI, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avs, 2ème pilier | |  Facebook | | | |

mercredi, 30 août 2017

Tamedia ? Jaipognon !

chute de mots.jpgConcentrations, regroupements, achats, démantèlement dans la presse suisse :

Tamedia fait le ménage : après l'annonce du regroupement des rédactions de "20 Minutes" et du "Matin", le groupe de presse annonce celui, à Lausanne, d'une partie de la rédaction de la "Tribune de Genève", du Matin Dimanche" et de "24 Heures". "ça ne sent pas très bon", soupire le président du Conseil d'Etat genevois, François Longchamp. Non, ça ne sent pas très bon : Le regroupement des rédactions du "Temps" et de "L'Hebdo" n'avait déjà été que le prélude à la disparition de l'"Hebdo. Mais ce que ça sent, on le renifle depuis des lustres : Il n'y aura plus qu'un seul quotidien genevois (Le Courrier) l'année prochaine, quand il y en avait cinq il y a cinquante ans ? à qui la faute ? A ceux qui ont racheté des titres, pour les fusionner puis les couler, ou à ceux qui les ont vendus ? Ou à ceux qui n'ont rien fait pour défendre les titres menacés de disparaître, sinon les pleurer le jour de leurs obsèques ?

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16:17 Publié dans Médias, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tamedia, presse, tribune de genève | |  Facebook | | | |

lundi, 28 août 2017

Maudet au Pont d'Arcole

Bonaparte_pont_Arcole.jpgLe notable, la Vaudoise et le hussard

Dans un pays dont le peuple vote tous les trois mois, l'élection d'un membre du gouvernement n'a certes pas autant d'importance que celle que les candidats à cette élection se plaisent à lui accorder. Il n'empêche... Le 1er septembre, le PLR désignera ses candidats au Conseil fédéral, à la succession de Didier Burkhalter. Le deuxième siège PLR n'étant contesté ni par l'UDC, ni par le PDC, ni par le PS, et la "latinité" étant posée (sans d'ailleurs être définie de façon convaincante) comme une condition pour pouvoir être élu-e, le siège laissé vacant par la démission du Neuchâtelois sera occupé par l'un-e ou l'autre des trois candidats (à la candidature) en lice : le notable, la Vaudoise et le hussard : le Tessinois Ignazio Cassis, favori des bundehausologues (d'autant qu'il est chef du groupe PLR, qui désignera les candidats), la Vaudoise Isabelle Moret, qui pourrait bénéficier, tout en s'en défendant, d'un bonus féminin, et le Genevois Pierre Maudet, parti à l'assaut du PLR comme Bonaparte au Pont d'Arcole. En même temps, comme dirait Macron, faut faire gaffe : qui commence au Pont d'Arcole peut finir à Saint-Hélène... Car c'est bien d'abord le PLR, impréparé à la succession de Burkhalter, qu'il va falloir convaincre. Et ensuite, le parlement fédéral. Les citoyen ? Bof... Il y aurait même un risque pour elle ou lui qu'une candidate ou un candidat jouisse d'une trop grande faveur des foules : les parlementaires n'aiment rien tant que montrer que ce sont eux qui décident, et pas l'opinion publique : les socialistes Lilian Uchtenhagen et Christiane Brunner en ont fait les frais.

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13:40 Publié dans Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : maudet, conseil fédéral | |  Facebook | | | |

mardi, 01 août 2017

Fêtes nationales, rites tribaux et frites belges

Manif identitaire.jpgLe 1er raout ? c'est bénin...

Le 1er août, en Ville de Genève (au Parc La Grange, dès 15 heures), c'est le Bénin qui sera hôte d'honneur de la Fête Nationale suisse. Parce que le 1er août, c'est aussi la Fête Nationale du Bénin. Et donc, à Genève, les deux fêtes nationales seront célébrées en même temps (sans être fusionnées). Et ça a fait hurler le MCG au Conseil municipal. Et ça a suscité une pétition sur internet "Pour un 1er août suisse". Parce que partager notre fête nationale avec des nègres, c'est salissant ? Et que notre "identité nationale" est si faible, si improbable, que la confronter à une autre risquerait de la dissoudre ? L'extrême-droite locale explique sa pétition (retirée avec 489 signatures) : "Jusqu'à preuve du contraire, le Suisse ne descend pas du Béninois". Certes. Mais jusqu'à preuve du contraire, le Suisse et le Béninois descendent tous deux des mêmes ancêtres. Africains, les ancêtres. Eh oui, les gars, faut vous y faire : l'espèce humaine est née en Afrique, a grandi en Afrique, et n'a peuplé toute la planète(même le territoire de la Suisse actuelle ? Voui, même...) qu'en partant de l'Afrique. Et il y a autre chose à quoi il va falloir vous résigner : à ce qu'une fête nationale ne soit pas un rite tribal. On sait, ça va être dur. On compatit ? Non, même pas. Ah, juste une chose, encore, et on vous jure qu'on ne l'a pas inventé : le 1er août, c'est la Journée internationale de la frite belge. Quand on vous dit que le 1er raout, c'est bénin...

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15:53 Publié dans Histoire, Suisse | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : 1er août, fête nationale, patriotisme | |  Facebook | | | |

mercredi, 28 juin 2017

De 3400 à 765 offices postaux en Suisse

poste, La Poste, service public, Poste Lucem Tenebrae ?

Il y a quinze ans, il y avait encore 3400 offices postaux en Suisse. Dans trois ans, il ne devrait plus en rester que 765, et 459 sont aujourd'hui directement menacés de fermeture. La Poste dit négocier avec les cantons et les communes, mais cette négociation se fait comme on tronçonne : La Poste négocie avec chaque canton, chaque commune, sur les offices qu'elle veut supprimer sur leur territoire -mais aucune négociation nationale ne se fait. On divise pour régner, on sépare pour fermer, on donne la liste des offices menacés à des jours différents pour entraver la naissance d'une protestation nationale, on discute, comme à Genève, avec le Conseil d'Etat sans tenir compte des communes... On a failli en débattre hier soir au Conseil municipal de Genève -mais pour la droite, il était plus important et plus urgent de faire voter par le Conseil municipal un crédit pour améliorer la zone VIP de la patinoire des Vernets que de lui permettre de dénoncer la fermeture d'offices postaux et le refus de La Poste d'entamer de véritables négociations sur son redéploiement. Heureusement, l'exécutif municipal, lui, a pris position...

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15:04 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poste, la poste, service public | |  Facebook | | | |

vendredi, 19 mai 2017

Transition énergétique, énergie nucléaire, énergies renouvelables : Dimanche, on sort du fossile. Ou pas.

hommes-des-cavernes.jpgLa France a désormais son ministre de la "transition écologique", dimanche la Suisse aura, si le peuple en décide ainsi, sa loi de "transition énergétique". De transition de quoi à quoi ? pour résumer : des énergies fossiles aux énergies renouvelables. L'année dernière, le peuple avait refusé une sortie rapide du nucléaire. Cette année, on lui en propose une plus lente -mais l'objectif reste d'en sortir, et de réduire le plus massivement possible la part prise par les sources fossiles (le charbon, le pétrole, et donc l'uranium) dans la production d'énergie, en augmentant la part des sources renouvelables (solaire, éolien, hydrique). "Et si c'était non à la transition énergétique ?", s'interrogeait la "Tribune de Genève"... à la proposition soumise au peuple, il y a deux alternatives : le statu quo et la fuite en avant... relancer le nucléaire et gonfler les importations de courant étranger, l'un n'excluant d'ailleurs pas l'autre. Dimanche, on saura donc quel choix aura fait le Souverain helvétique. Au fait, vous l'avez envoyé, votre bulletin de vote ? Parce que sinon, c'est avant midi au local de vote que vous pourrez exercer votre droit d'aider la Suisse à sortir de l'âge du fossile.

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18:54 Publié dans Energie, Environnement, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : nucléaire | |  Facebook | | | |

mardi, 09 mai 2017

Stratégie énergétique 2050 : Sortir du nucléaire ou y rester ? telle est la question

centrale nucléaire.jpg2050, pas 1984...

"Que nous apporte la nouvelle loi sur l'énergie ?", font mine de se demander dans une annonce publicitaire ses opposants de droite (il n'y en a pas de gauche). Réponse : moins de sécurité, une baisse de la qualité de la vie, des douches froides à 3200 francs, une hausse massive des coûts, la destruction du paysage par les éoliennes (les centrales nucléaires, en revanche, ne détruisent pas le paysage, elles l'agrémentent, si, si), la surveillance par l'Etat de la consommation d'énergie des particuliers, plus de bureaucratie et d'économie planifiée. 1984, quoi, avec une génération de retard. On est dans la "vérité alternative" à la Trump ou à la Le Pen : dire n'importe quoi pourvu que cela fasse effet. Restons sérieux  : la question à laquelle on répondra le 21 mai prochain, en votation populaire sur la "stratégie énergétique 2050", est de savoir si on veut rester dans un mode de production énergétique dominé par les énergies fossiles (dont le nucléaire) ou promouvoir, pour les remplacer, les économies de consommation et les énergies renouvelables : photovoltaïque, éolienne, géothermique, hydroélectrique (la liste n'est pas close). Ces modes de production énergétique ont certes, tous, des inconvénients -mais ils sont dérisoires si on les compare à ceux basés sur le charbon, le pétrole, l'uranium ou le plutonium. On ne va pas couvrir la Suisse de milliers d'éoliennes (même le chiffre de 1000 avancés par les opposants relève de la "vérité alternative") massacrant 100'000 oiseaux chaque année. On va revanche fermer les centrales nucléaires, et laisser disparaître les petites centrales hydroélectriques qui perturbent l'équilibre des rivières (et de leur faune) sans produire assez d'énergie pour que cela soit utile.

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mercredi, 03 mai 2017

PV 2020 : C'est NON quand même

vignetteAVS.JPGLes socialistes suisses adoubent la réforme des retraites... comme prévu

Lundi, le 1er mai avait notamment pour thème, en Suisse romande du moins, la défense des retraites et le renforcement de l'AVS. La veille, le PSS annonçait le résultat du vote général de ses membres sur le projet "Prévoyance vieillesse 2020" : La direction du parti voulait un "mandat clair", c'est un plébiscite : par 11’061 OUI contre 1’153 non, soit 90,6 % de OUI, le projet adopté par le parlement et soutenu par le groupe parlementaire, la direction du parti et les Femmes socialistes a été adoubé par la base. La participation au vote a été de 39 %, en augmentation de 7 % par rapport au dernier vote général de 1995. Toutes les sections cantonales ont approuvé la réforme : les résultats se situent entre 66,7 % de OUI à Genève (où l'assemblée générale du parti a adopté le mot d'ordre du "non" et du soutien au référendum) et 97,6 % de OUI à Obwald et Nidwald. On savait même pas qu'il y avait des socialistes à Nidwald, dis-donc... Seuls les Romands et Bâlois (de la ville) ont voté NON à plus de 10 % . On espérait mieux, mais on fera avec -de toute façon, minoritaires, on savait qu'on le serait avant même qu'on en ait la confirmation par le résultat du vote général, et le référendum, on l'a déjà signé, alors ça sera NON quand même.

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vendredi, 21 avril 2017

Vote général des socialistes sur la réforme des retraites : Un "non" rationnel...

VotePS-AVS.jpgComme les 31'000 membres du PS, on a reçu notre matériel* pour le vote général des socialistes suisses sur la réforme des retraites ("Prévoyance vieillesse 2020") décidée par le parlement, soutenue par le groupe parlementaire socialiste, sur la base du projet du Conseiller fédéral (socialiste) Alain Berset. Le parti fait les choses dans les règles, sérieusement. Dans la lettre accompagnant le matériel de vote, le président du PSS, Christian Levrat, rappelle que "nous sommes la seule formation politique à utiliser un tel instrument" (le vote général de tous ses membres). Ce dont il s'agit, c'est donc de ratifier ou de révoquer la prise de position de l'assemblée des délégués, qui par 140 voix contre 9 (presque toutes genevoises, le PS genevois s'étant prononcé contre la réforme proposée), moyennant 17 abstentions, a elle-même ratifié la position du groupe parlementaire, favorable au projet soumis au vote populaire en septembre prochain (le référendum est obligatoire puisque le projet est financé notamment par une hausse de la TVA, et un référendum facultatif a en outre été lancé par la gauche syndicale et plusieurs organisations politiques de gauche, principalement par refus de l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes. La droite de la droite (UDC, PLR) s'oppose également à la réforme, mais pour des raisons évidemment fort différentes de celles de l'opposition de gauche : ce que cette droite-là reproche au projet, c'est surtout d'augmenter les rentes du "premier pilier" du système de retraites. On va donc, quand on est socialistes, voter deux fois : une première fois en référendum interne pour déterminer définitivement la position du parti, une seconde fois en référendum national, obligatoire et facultatif, pour sceller le destin de "Prévoyance vieillesse 2020". Et on votera deux fois "non". Sans pour autant considérer que celles et ceux qui voteront "oui" se rendront coupables de trahison ou d'infidélité : on n'est pas dans une guerre de religion, on est dans un choix politique rationnel, fondé l'évaluation d'une proposition et des rapports de forces politiques.


*on peut télécharger la brochure explicative sur http://www.fichier-pdf.fr/2017/04/20/voteps-avs/

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mercredi, 19 avril 2017

Stratégie énergétique 2050" (SE2050) : Une opposition paranolithique

hommes-des-cavernes.jpgSoumise au vote le 21 mai prochain la "Stratégie énergétique 2050" (SE2050 pour les intimes) était approuvée par 56 %  des personnes (69 % des Romands, 62 % des Tessinois, 51 % des Alémaniques) interrogées les 6 et 7 avril dans un sondage en ligne Tamedia auprès de 11'000 personnes. Les sympathisants Verts, Verts libéraux, socialistes et PDC soutiennent massivement le projet Du côté de ses opposants, les trois quarts des sympathisants de l'UDC suivent le mot d'ordre négatif du parti, ainsi qu'une majorité des sympathisants PLR (alors même que le parti appelle à voter "oui"). Un étrange comité "environnemental" s'est en outre formé pour combattre cette "stratégie" de développement des énergies renouvelables. On y retrouve le président de la Fondation suisse pour la protection du paysage, le PLR Kurt Fluri, et l'ancien directeur de l'Office fédéral de l'environnement, le PDC Philippe Roch. D'autres opposants s'y ajoutent, comme l'ancien Conseiller fédéral PLR Pascal Couchepin, lequel explique que, "comme libéral, je suis opposé aux subventions en général" et donc, en particulier, à celles que le SE2050 propose d'accorder aux barrages et aux énergies douces. Couchepin refuse également le concept même de "sortie du nucléaire", au coeur de la proposition du Conseil fédéral et du parlement : "on ne peut pas diaboliser le nucléaire du futur". Comme s'il s'agissait de cela, quand ce sont précisément les opposants à la "stratégie énergétique 2050" qui la diabolisent en annonçant qu'elle ruinerait tout à la fois les finances publiques, les budgets des ménages, leur confort, le paysage et l'ordre juridique. Pour commencer. Avant de nous faire revenir au paléolithique. Mais au paranolithique, cette opposition y est déjà.

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mercredi, 05 avril 2017

Réforme des retraites : et un référendum de plus, un !

AVS 62-60 ans.jpgCe soir, l'Assemblée générale du PS genevois prendra position sur le "projet prévoyance 2020", la réforme des retraites votées par les Chambres. Lors de l'Assemblée des délégués du PS suisse, la délégation genevoise avait été la seule à voter en bloc contre le projet, position d'ailleurs également adoptée par le Comité directeur du parti. Il serait donc fort surprenant que les socialistes genevois désavouent à la fois leurs délégués au PSS et leur propre direction cantonale. Reste que cette position a du chemin à faire pour devenir celle du parti suisse, qui en décidera dans un référendum général de ses 30'000 membres avant la fin du mois. Et ce ne sera que le premier des trois référendums sur le PV2020, avant le référendum obligatoire provoqué par la hausse de la TVA liée au projet, et le référendum facultatif lancé par la gauche de la gauche politique et syndicale, et peut-être le PS genevois, contre l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes.

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lundi, 03 avril 2017

Journée internationale d’action pour Nekane Txapartegi

Nekane.jpgNekane Askatu !

Nekane Txapartegi, militante basque, est détenue depuis un an en Suisse, parce qu'accusée par le gouvernement espagnol d’avoir collaboré avec l'organisation indépendantiste armée ETA (elle lui aurait fourni des faux passeports et rencontré à Paris des militant-e-s de l’organisation). En 1999, Nekane est arrêtée au Pays basque. Durant cinq jours, elle sera détenue à l’isolement, battue, électrocutée, torturée et violée par des agents de la Guardia civil, qui l'ont soumise à un simulacre d'exécution, rappelant celui auquel fut soumis Artur London en Tchécoslovaquie stalinienne (souvenez-vous de l'"Aveu"...). En 2008, elle est condamnée à 6 ans et 9 mois de prison. En violation de la Convention européenne des droits de l'homme et de la Convention des Nations Unies contre la torture, cette condamnation se fonde presque exclusivement sur les « aveux » que Nekane a exprimés sous la torture, ce qui ne semble guère avoir posé problème au Tribunal. Avant de connaître le jugement, Nekane avait pris la fuite pour finalement, depuis 6 ans, se retrouver à Zürich, avec sa fille. Elle y a été arrêtée le 6 avril 2016, et mise en détention, suite à la demande d’extradition formulée par l'Espagne. Le vendredi 24 mars, l’Office fédéral de la justice a autorisé l’extradition de Nekane vers l’Espagne, l'Etat dont les agents ont été ses tortionnaires... mais que la Suisse officielle considère comme un "pays ami et de confiance" qui, en tant que tel, ne saurait commettre des actes de torture. Raisonnement au terme duquel non seulement la demande d'extradition de l'Espagne a été acceptée, mais la demande d’asile de Nekane a été refusée. "La Suisse se couche devant l'Espagne", résume le collectif "Free Nekane"... Des recours contre les deux décisions sont lancés. En attendant, jeudi, on manifestera en Suisse, dont à Genève (18h Place Neuve), contre son extradition, pour sa libération et son droit d'asile politique : Nekane Askatu !

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14:49 Publié dans Droits de l'Homme, Résistance, Solidarité, Suisse | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : nekane txapartegi, euzkadi, eta, espagne | |  Facebook | | | |

mercredi, 29 mars 2017

"Prévoyance vieillesse 2020" : état des fronts

chapeau-cerveau.jpgUn référendum pour un débat ?

A Berne, vendredi dernier, un comité référendaire s'est constitué, juste après que l'assemblée des délégués de l'Union Syndicale Suisse ait pris position en faveur de la réforme des retraites, "Prévoyance vieillesse 2020", tel qu'adopté par les Chambres fédérales, et combattu à la fois par la gauche de la gauche syndicale et politique et par la droite (PLR) et la droite de la droite (UDC) politique et patronale. Pour ce comité constitué autour de la gauche syndicale romande, de la communauté genevoise d'action syndicale (CGAS, qui regroupe tous les syndicats du canton) et de l'Union syndicale vaudoise (qui ne regroupe que les syndicats de l'USS), et soutenu par le Parti du Travail, solidaritéS et l'Avivo, il s'agit de lancer et de faire aboutir un référendum facultatif s'ajoutant au référendum obligatoire auquel sera de toute façon soumise la réforme des retraites. But de l'opération : faire entendre une opposition de gauche, en sus de l'opposition de droite. Un référendum additionnel est-il nécessaire pour cela ? Dans les urnes, rien ne va distinguer un "non" de gauche d'un "non" de droite. Mais dans le débat qui va précéder le vote, c'est autre chose : l'opposition de gauche et l'opposition de droite vont tenir deux discours opposés, parce que fondés sur deux oppositions contradictoires : l'une (celle de gauche) au report d'un an de l'âge de la retraite des femmes, l'autre (celle de droite) à l'augmentation des rentes AVS. Dans une semaine,  le PS genevois prendra position sur le projet de réforme. Alors, vous nous connaissez, quand on peut animer, documenter, rationaliser un débat politique, on est là, présents, sinon fidèles, au poste. C'est parti !

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15:55 Publié dans austérité, syndicats, gauche, Politique, Retraites, AVS, AI, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : avs, retraites | |  Facebook | | | |

vendredi, 24 mars 2017

Le Parti socialiste, parti de la "classe moyenne" ?


gauche,classe moyenneGlissement progressif de l'ancrage...

En décembre dernier, un sondage effectué par Tamedia auprès de 18'000 personnes (vaste échantillon, tout de même) donnait l'UDC comme le parti qui, de l'avis de 23 % sondés, défendrait le mieux les intérêts de la classe moyenne, devant le PS (19 %), le PLR (13 %) et le PDC (11 %). Plus les sondés étaient âgés, plus souvent ils choisissaient l'UDC (29 %, contre 13 % au PS), plus ils étaient formés, plus ils choisissaient le PS (23 % chez les universitaires, contre 13 % à l'UDC). Au-delà du classement des partis, dans un ordre qui reproduit celui des élections, et de la question sans réponse claire "la classe moyenne c'est quoi ?", ce sondage confirme en tout cas le glissement progressif de l'ancrage social du Parti socialiste, parti défenseur des classes "populaires" devenant le parti d'une classe moyenne définie négativement : en seraient toutes celles et tous ceux qui ne sont ni pauvres, ni riches, qui ont assez de ressources pour payer leurs impôts et leur loyer, pas assez pour être propriétaires de leur logement, et trop pour recevoir des subsides sociaux.

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15:33 Publié dans Politique, PS, Suisse | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : gauche, classe moyenne | |  Facebook | | | |

jeudi, 23 mars 2017

Politique d'asile : le flux de réfugiés diminue

geneve_cite_refuge.jpgL'invasion migratoire : un fantasme qui peut se soigner ou se cultiver

Après la fermeture partielle au mois de mars 2016 de la route des Balkans, le nombre d’arrivées de réfugiés sur le continent européen a nettement baissé. En 2016, sur 65 millions de personnes chassées de chez elles, seules 1,3 millions ont demandé l'asile en Europe (soit moins de 0,5 % de la population européenne). Et d'entre toutes les personnes qui ont demandé l'asile en Europe, seules 2 % l'ont fait en Suisse, où le nombre de demandes d'asile déposées a reculé de 31,2 % entre 2015 et 2016 (alors qu'il avait augmenté de 66 % en 2015). Parmi les 27'207 demandes enregistrées en Suisse, 1'656 ont été attribuées au canton de Genève (2'184 en 2015), au cinquième rang des cantons suisses. A Genève, les personnes ayant déposé une demande d'asile sont principalement originaires d'Érythrée, de Syrie, d'Afghanistan, du Nigéria, de Somalie et de Guinée. 7'741 personnes relèvent du domaine de l'asile à Genève, à la fin 2016 (7'241 à fin 2015). Parmi elles, on compte 2'051 requérants d'asile titulaires d'un permis N, 2'342 bénéficiaires d'une admission provisoire (permis F) et 2'566 personnes reconnues comme réfugiées (permis B ou C). Pour les 782 personnes restantes, qui bénéficient d'un soutien à l'exécution du renvoi, la procédure d'asile est terminée. D'entre les 4'393 personnes qui se trouvent dans le processus d’asile (permis N et F), seules 270 exercent une activité lucrative dans le canton. Bref, l'"invasion de réfugiés" est un fantasme. Qui a la vie dure, comme tous les fantasmes. Un fantasme, ça peut se soigner, mais aussi se cultiver. Celui-là se cultive : ceux qui l'entretiennent doivent y trouver intérêt.

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lundi, 20 mars 2017

Réforme du Système des retraites : Compromis ou compromission ?

cimetière.jpgLes Chambres fédérales ont donc adopté, à une voix de majorité, le compromis porté, dans la réforme du système des retraites,  par le Conseil des Etats, le Conseiller fédéral Alain Berset, le PS et le PDC. Compromis, ou compromission ? Dans six mois, on en jugera par un vote populaire. Si le projet (qui pour la première fois lie en une seule réforme celle du premier et celle du deuxième pilier du système de retraite) est accepté, l'âge de la retraite des femmes sera repoussé d'un an pour égaler celui des hommes, mais les rentes individuelles AVS augmenteront de 70 francs par mois, et les rentes de couple passeront de 150 à 155 % de la rente individuelle. Les rentes de 2e pilier, fondées sur le capital accumulé, vont baisser, Les cotisations AVS vont augmenter de 0,3 points, paritairement entre celles des salariés et celles des employeurs, et celles de prévoyance professionnelle vont augmenter dès l'âge de 35 ans. Une retraite "à la carte" pourra être prise dès 62 ans, et jusqu'à 70 ans, avec une rente AVS amputée (de 6,37 % par année d'anticipation) si la retraite est prise avant 65 ans, augmentée (de 5,2 à 31,5 %, selon la durée du report) si elle est prise après (les femmes qui continueraient ainsi à prendre leur retraite à 64 ans, comme actuellement, recevraient une rente équivalente à l'actuelle, grâce aux 70 francs mensuels d'augmentation). Les rentes de veuves et de veufs et celles d'orphelins sont maintenues. Le relèvement automatique de l'âge de la retraite à 67 ans est abandonné... La TVA, impôt injuste, est augmentée de 0.6 points pour renforcer le financement de l'AVS, système de retraite juste.  Ce renforcement aurait pu être assuré par d'autres moyens, et d'autres sources, mais toutes les propositions faites en ce sens ont été refusées au parlement, voire par le peuple, comme celle, faite par la gauche, d'un impôt de 20 % sur toutes les successions supérieures à deux millions de francs, écrasée en votation populaire le 14 juin 2015... Le financement par la TVA passera sans doute mieux : il est injuste socialement (le taux de TVA est le même que ceux qui la paient soient riches ou pauvres), mais cette injustice-là est invisible : elle est intégrée dans le prix des marchandises...

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mercredi, 01 mars 2017

Ciel, le PS serait à gauche !

roses en carré.jpgLa droite du parti socialiste suisse s'inquiète

Des représentants de l'aile droite du PS suisse ont tenu l'autre jour conférence de presse (dans l'ancienne Maison du Peuple bernoise, devenue hôtel) pour déplorer ce qu'elle considère comme une évolution "gauchisante" du PSS. Et "Le Temps" de titrer : "Les réformistes s'érigent contre un PSS "gauchisant". On en est carrément tombé des nues ou on planait doucement : le Parti socialiste suisse, "gauchisant" ? nos "sociaux-libéraux" helvétiques prendraient-ils nos désirs pour la réalité ? Et "Le Temps" de poursuivre sur le mode de la confusion des étiquettes en qualifiant l'aile droite du PSS d'"aile réformiste social-démocrate". Comme si la direction du parti, la majorité de ses assemblées de délégués, de son comité directeur, de son groupe parlementaire, étaient autre chose que, précisément, "réformistes" et "sociaux-démocrates".

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16:57 Publié dans Politique, PS, Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : social-démocratie | |  Facebook | | | |