mardi, 16 octobre 2018

"Juges étrangers" : Ne pas sous-estimer l'enjeu

bandeau initiative UDC.jpg

Refuser un texte dangereux au prétexte qu'il ne changerait rien ?

Selon un sondage Tamedia, l'initiative udéciste dite "contre les juges étrangers" serait repoussée lors du scrutin prévu dans un mois et demi, par 50 à 53 % de "non" contre 41 à 45 % de "oui". L'opposition au texte serait plus forte en Romandie qu'en Alémanie. Le texte ne serait accepté qu'au Tessin (mais le sondage distingue les régions linguistiques, pas les cantons). Les femmes refuseraient l'initiative plus nettement que les hommes. D'entre les arguments convainquant une majorité de sondés de repousser la proposition de l'UDC, le plus cité serait celui de la capacité de la Suisse de décider déjà quels textes internationaux elle va signer, cette décision pouvant d'ailleurs être rendue au peuple par voie de référendum obligatoire au facultatif. Refusera-t-on l'initiative pour la première raison qu'elle ne changerait rien ? Ce serait se tromper sur l'enjeu, en le sous-estimant : un refus clair, net, sans bavure, de ce texte doit s'imposer -car s'il est stupide, il est tout de même dangereux : il ne s'en prend pas à la cible qu'il se donne (les fantômatiques "juges étrangers"), mais à une autre, bien plus précieuse : la garantie des droits humains fondamentaux par l'adhésion, non de la Suisse mais des Suisses à ces droits et aux textes qui les garantissent. Et là, on n'est plus dans le droit (international ou national), on est dans les droits des gens, d'ici ou d'ailleurs -dans la politique, au vrai et profond sens du terme.

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14:47 Publié dans Droits de l'Homme, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

jeudi, 11 octobre 2018

Aquarius Helveticus

Aquarius2.jpgPour une fois que le drapeau de l'Etat peut être utile...

25'000 personnes ont signé une pétition au Conseil fédéral, déposée mardi à Berne, demandant que la Suisse accorde son pavillon au dernier navire de sauvetage des migrants en Méditerranée, l'Aquarius, mouillé à Marseille dans l'attente d'en retrouver un -temps d'attente pendant lequel il ne peut assumer sa mission auprès des migrants en détresse.
 une dizaine de personnalités, dont une ancienne présidente de la Confédération, un ancien président du CICR, une ancienne procureure du Tribunal pénal international, un Prix Nobel, un évêque, ont lancé un appel faisant la même demande, également soutenue au Conseil national par une interpellation déposée par des élus de gauche, du centre et de droite. Mardi, on proposera au Conseil Municipal de Genève de se souvenir que cette ville est le siège du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, et que la convention qui proclame le droit fondamental à l'asile porte le nom de Genève, comme celles qui proclament le droit international humanitaire. On proposera donc à son parlement communal d'exprimer son soutien à la demande faite à la Suisse d'accorder son pavillon à l'Aquarius. Pour une fois que le drapeau d'un Etat peut-être utile aux hommes...

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13:55 Publié dans Droits de l'Homme, Immigration, Solidarité, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : aquarius | |  Facebook | | | |

mardi, 09 octobre 2018

Référendum de gauche contre la réforme de l'imposition des entreprises : A vos paraphes !

droite-gauche.jpgC'est fait : le référendum de gauche contre la réforme de l'imposition des entreprises et du financement de l'AVS, la RFFA, est lancé. Il a (nous avons...) jusqu'au 17 janvier pour le faire aboutir. Et on le fera aboutir. Le référendum est lancé par les Verts et les Jeunes Verts, la Jeunesse Socialiste, solidaritéS, le Parti du Travail, le SIT, le SSP, le Cartel intersyndical de la fonction publique genevoise, le MPS, l'Avivo, Attac (et on en passe). Le front est large, vous y trouverez sans peine liste de signatures à votre goût.... Certes, les poids lourds de la gauche suisse, l'Union Syndicale et le Parti socialiste, soutiennent la RFFA. Mais le référendum étant lancé sur leur gauche (et dans leur propre gauche), dans les fédérations syndicales (Unia s'est prononcée contre la réforme, mais ne participe pas au référendum, contrairement au SSP), les cartels syndicaux cantonaux, les PS cantonaux, voire les sections, ce sont les militants qui décideront de la position de leur organisation. Et ils en décideront en ayant notamment à l'esprit les menaces qui continuent de peser sur l'âge de la retraite des femmes  : les partisans de la réforme assurent que son report à 65 ans n'est plus à l'ordre du jour ? Quand le "Temps" (du 1er octobre) demande à à la présidente du PLR suisse, Petra Gössi, ce qu'elle pense de la certitude affichée par le président du PSS, Christian Levrat qu'avec le "paquet" de la RFFA, qui lie réforme fiscale et soutien financier à l'AVS, "le relèvement de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans n'est plus à l'ordre du jour", la PLR répond : "Il se trompe. (...) Des mesures structurelles et axées sur les dépenses sont nécessaires". Comme le relèvement de l'âge de la retraite des femmes. Est-ce assez clair ?

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15:18 Publié dans Assurances sociales, sécurité sociale, Fiscalité, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rffa, rie iii | |  Facebook | | | |

mardi, 11 septembre 2018

LE DROIT INTERNATIONAL ? C'EST DU DROIT NATIONAL

CEDH.jpgOn votera le 25 novembre sur une initiative populaire lancée par l'UDC, visant à faire primer la Constitution fédérale sur le droit international : en cas de conflit entre les normes suisses et les normes internationales, il faudrait soit adapter les secondes aux premières et donc renégocier les traités et conventions de droit international, soit les dénoncer  L'UDC a donné à son texte le titre proclamatoire "Le droit suisse au lieu de juges étrangers" (mais qu'est-ce qu'on en a à foutre de la nationalité des juges ?) et le sous-titre prétentieux "initiative pour l'autodétermination". Titre et sous-titre arnaqueurs : en fait, la cible de l'initiative est évidente : c'est, plus précisément encore que le droit international "en général", la convention européenne des droits humains, la CEDH, texte adopté par le Conseil de l'Europe -dont il n'est pas inutile de rappeler que la Suisse est membre, et dont l'Assemblée parlementaire est actuellement présidée par une genevoise, Liliane Maury-Pasquier. Bon, elle est socialiste, ce qui doit la rendre plus étrangère encore à un udéciste de base (pensez : femme, socialiste et genevoise, on en a brûlé pour moins que ça quand on avait encore le sens des traditions)...

 

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01:00 Publié dans Droits de l'Homme, Europe, Justice, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : droit international, cedh | |  Facebook | | | |

mercredi, 05 septembre 2018

L'AVS pour faire avaler PF17 par la gauche et PF17 pour faire soutenir l'AVS par la droite ?

Chacun sa pilule et son sucre

"Il n'y aura pas de réforme fiscale des entreprises sans compensation sociale suffisante", a martelé Christian Levrat au Conseil des Etats, en menaçant de lancer des référendums contre une réforme fiscale non compensée et une réforme de l'AVS qui contiendrait une élévation de l'âge de la retraite des femmes. Et le PDC de poursuivre en appelant à un compromis "porté par tous les grands partis" (sauf l'UDC), c'est-à-dire le PS, le PLR et le PDC. Et l'UDC de dénoncer un "birchermüesli politique" mélangeant deux objets marqués tous deux par un refus populaire en votation fédérale. Mais c'est précisément parce qu'il y a eu ces deux défaites de ces deux tentatives de réforme que les auteurs du compromis accepté par le Conseil des Etats l'ont conçu : pour désarmer les oppositions à chaque réforme en accordant aux unes, à gauche, un soutien à l'AVS en échange d'un soutien au PF17, et aux autres, à droite, un soutien au PF17 en échange d'un soutien à l'AVS. Chacun sa pilule et chacun son sucre.

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23:20 Publié dans Assurances sociales, sécurité sociale, Fiscalité, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avs, pf17 | |  Facebook | | | |

mercredi, 01 août 2018

1er août : Qu'est-ce qu'on fête ?

Capture.JPGOuala, on est le jour de nôtre fête nationale, à nous autres, Suisses et Suissesses. Mais on y fête quoi ? Mauvaise question : ce n'est pas "quoi" l'on fête qui interroge, : mais qui fête, et qui fête qui. On ne fête pas la Confédération, la patrie, l'ethnie, la souche : on SE fête. Et cette fête suffit à la fête. On SE fête, et tant pis si on ne le mérite pas forcément. On SE fête parce qu'on est là. La Suisse ne fête pas sa naissance (il s'en faudra de cinq siècles depuis le pacte originel pour qu'un Etat suisse soit créé), ni son indépendance (les cantons "primitifs" sont tous des petits bouts du Saint Empire) : les Suisses (au sens large : celles et ceux qui habitent la Suisse) SE fêtent tels qu'ils sont aujourd'hui. Plus riches, plus libres, plus en paix que les autres. Et très contents de l'être. Et peu soucieux de savoir à quoi tiennent ces privilèges.

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lundi, 18 juin 2018

Initiative pour des "multinationales responsables" et contre-projet : Parer le vote populaire ?

L'initiative populaire "pour des multinationales responsables", portée par 80 ONG et soutenue par la gauche, demande que les multinationales basées en Suisse assument devant des tribunaux suisses leurs responsabilités dans le respect des droits humains et de l'environnement, et répondent de leur violation, même copmmise à l'étranger par des filiales à l'étranger. Elle pourrait, si elle est maintenue par ses auteurs, être soumise au peuple en 2019. Discutée une première fois au sein des Commissions des affaires juridiques du Conseil national et du Conseil des Etats, elle sera traitée par le Parlement l'année prochaine. En attendant, le Conseil national lui a accolé (malgré l'UDC) un contre-projet indirect (qui ne lui serait donc pas opposé) qui intègre, en les affadissant, quelques unes de ses exigences dans le Code des Obligations, ce qui suffit à ses auteurs pour envisager de la retirer. Les syndicats patronaux ("Economie suisse" en tête) ont combattu de toutes leurs forces la proposition d'en lancer un, mais le Groupement des Entreprises Multinationales (rassemblant 93 firmes) et de grandes entreprises comme Migros ou Ikea le soutenaient, en échange d'un retrait de l'initiative, dont les partisans du contre-projet craignent qu'elle soit acceptée par le peuple (en novembre, un sondage lui accordait 77 % d'opinions favorables) : elle pourrait bien en effet lui être soumise juste avant ou juste après une réforme de l'imposition des entreprises qui contiendra forcément une proposition de baisser leur charge fiscale. Il ne serait alors pas facile d'expliquer aux citoyens pourquoi on se refuse à demander, poliment, aux multinationales de respecter un peu les droits fondamentaux, tout en leur faisant un beau cadeau fiscal... Dans ces conditions, le contre-projet tient du pare-feu... ou plutôt : du pare-vote populaire.

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16:50 Publié dans Droits de l'Homme, Economie, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : multinationales | |  Facebook | | | |

vendredi, 15 juin 2018

Une couche de réforme fiscale, une couche de soutien à l'AVS : Poker ou bonneteau ?

bonneteau.jpgLe Conseil des Etats a massivement (par 34 voix contre 5) approuvé le projet d'une "loi fédérale relative à la réforme fiscale et au financement de l'AVS", mais on attend un acronyme) -un projet double-couche : une couche de réforme de l'imposition des entreprises pour plaire à la droite (on baisse cette imposition), une couche de soutien à l'AVS (chaque franc perdu par les caisses publiques à cause de la couche fiscale sera versé à l'AVS) pour plaire à la gauche. Le peuple avait refusé la précédente réforme de l'imposition des entreprise dite RIE III et refusé ensuite celle de l'AVS. Les sénateurs ont donc additionné une réforme fiscale et un financement social, le tout devant être acceptable par une majorité. On ne lui demande même pas de susciter l'enthousiasme, à ce projet, on ne lui demande que d'être accceptable à la fois par les syndicats et le patronat, par le PLR et le PDC et par le PS. L'UDC ? on fait une croix dessus. le PBD, les Verts libéraux et la gauche de la gauche ? on s'en fout. Les Verts ? on les oublie. Et on promet aux uns, à gauche, que le paquet AVS/PF17 est un remède contre le report de l'âge de la retraite des femmes (sauf que l'UDC a tout de même annoncé qu'elle allait le reproposer, et que le PLR s'est contenté d'annoncer qu'il ne reproposera pas tout de suite), et aux autres, à droite, qu'il est un calmant des velléités référendaires de la gauche. Bref, on additionne deux couches, deux manœuvres, deux promesses. Coup de poker ou coup de bonneteau ?

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16:28 Publié dans Fiscalité, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avs, pf17 | |  Facebook | | | |

mercredi, 13 juin 2018

Dernières nouvelles de la presse écrite en Suisse

carcan.jpgL'argent roi

"Le Matin" va cesser de paraître en édition imprimée, le "Giornale del Popolo" a déja cessé de paraître, Blocher ne mettra pas la main sur GHI et LausanneCités : en quelques jours, d'assez contrastées nouvelles nous sont venues du front des media. Un hebdo gratuit maintient son indépendance, un quotidien disparaît, un autre va disparaître, des rédactions sont siphonnées, l'agence nationale de presse est fragilisée par sa propre direction... qu'est ce que cela nous dit de l'état, non seulement du "paysaqge médiatique" suisse, mais surtout de la liberté de la presse et de l'information ? Essentiellement ceci : que cette liberté, essentielle à la démocratie, se heurte à un pouvoir qui n'est pas, ici, celui de l'Etat ou du parti, mais qui, pour cette liberté-là, ne vaut guère mieux : celui de l'argent.

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15:07 Publié dans Médias, Suisse | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : presse, le matin | |  Facebook | | | |

mardi, 12 juin 2018

Pas de JO d'hiver 2026 en Suisse : Impair, passe et matze !

Matze.jpgOn se demandait la semaine dernière si le Valais avait changé. On a reçu la réponse dimanche : le Valais a changé, et le vote d'avant-hier eut sans doute fort réjoui le vieux Maurice Chappaz. Mais à quoi le Valais a-t-il dit "non " ? son vote ne fut sans doute pas un vote contre le sport, ni contre les sports d'hiver. Même pas un vote contre les Jeux Olympiques, mais certainement un vote contre le CIO, ce qu'il représente et ce qu'il couvre, et surtout contre la Nomenklatura politico-économique du canton. Les Valaisans devaient se prononcer sur un soutien financier de 100 millions de francs à l'organisation des JO d'hiver 2026. 100 million pour des JO, quand le canton coupe dans les budgets de l'éducation et les bourses d'étude, et dans la politique sociale ? De toute évidence, la population avait d'autres priorités que les notables : "nous avons tourné la page du Valais des promoteurs" se réjouit le Conseiller national PS Mathias Reynard. C'est peut être un peu vite dit, mais le vote de dimanche en est en tout cas un bon signe.

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samedi, 09 juin 2018

Vote sur la candidature à l'organisation des JO d'hiver 2026 : Le Valais a-t-il changé ?

Sion2026.jpgFormellement, les Valaisans se prononceront en votation, dimanche, sur un soutien financier de 100 millions de francs à la candidature de Sion et du Valais à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2026. Formellement. Mais plus profondément, c'est sur lui-même que le Valais se prononcera. Est-il toujours le canton des "maquereaux des cimes blanches" qu'en son temps dénonçait Maurice Chappaz ? Le canton qui hurle à la mort quand qui que ce soit, d'où que ce soit, conteste ses féodalités immobilières et ses obsessions touristiques ? Quelques indices laissent supposer que, s'agissant d'autres critères que ceux là, le Valais a changé, qu'il n'est plus ce Vieux Pays dévot et aux ordres d'un parti quasi unique dont il donnait encore il y a peu l'image (ou la caricature) : l'élection, puis le limogeage, d'Oskar Freysinger, la décision populaire de réviser la constitution, le lent recul du PDC, la perte de poids de l'Eglise catholique. Si dimanche le Valais votait, comme le dernier sondage publié le laisse supposer, NON au financement de sa candidature aux JO d'hiver 2026, ce vote aurait valeur de constat : le Valais a changé. d'identité et de priorités.

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mercredi, 30 mai 2018

Renforcer l'AVS pour faire passer PF17 : Compromis ou marchandage ?

danger de tomber de haut.jpgLes cartels syndicaux romands, Genevois et Vaudois en tête, ont plaidé devant l'Assemblée des délégués de l'Union Syndicale Suisse, vendredi dernier, pour un refus du "compromis" adopté par la commission de l'économie et des redevances du Conseil des Etats sur l'imposition du bénéfice des entreprises (PF17) -un compromis qui consiste, pour éviter deux référendums (contre la PF 17 et contre la réforme de l'AVS) à accorder à l'AVS un financement équivalent aux pertes fiscales engendrées par la PF17. Pourtant, l'USS a adopté une résolution proclamant sa volonté de défendre les services publics face aux "projets de baisses d'impôts dévastateurs", et de s'opposer, par l'instauration d'un taux d'imposition minimal, à la "concurrence fiscale" entre les cantons. Or le projet fédéral de PF17 aura précisément pour conséquence une lourde ponction dans les ressources publiques finançant les services publics que l'USS affirme vouloir défendre, et est construite, dans chaque canton, en fonction des taux des canton voisin (c'est patent dans l'argumentation de ses partisans genevois) -autrement dit, en fonction de la concurrence fiscale que l'USS affirme vouloir combattre. Défend-on  les services publics en acceptant une chute de 2,1 milliards de francs de leur financement, fût-elle compensée par un financement équivalent de l'AVS, comme si les deux enjeux étaient jumeaux ? L'Union Syndicale ayant refilé SchwarzPeter aux cartels et aux syndicats cantonaux, tout en prenant position avant eux, ce sont ceux-ci qui donneront la position réelle du mouvement syndical. Et en Romandie, il est clairement opposée au compromis de la commission du Conseil des Etats, comme en témoigne la prise de position de la Communauté genevoise d'Action Syndicale (CGAS), qui rassemble tous les syndicats du canton : ce qui est présenté comme un "compromis acceptable" par les directions politiques et syndicales (ce qui n'implique d'ailleurs nullement qu'il faille forcément l'accepter) est, pour la CGAS, un marchandage inacceptable.

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vendredi, 25 mai 2018

Loi fédérale sur les jeux d'argent : Le pain des jeux

casino-en-ligne.jpgLe 10 juin, en vote fédéral, nous sommes appelés à accepter ou refuser la loi fédérale sur les jeux d'argent, combattue par deux référendums, un de droite libertarien largement financé par des établissements de jaux, et un autre, de gauche, lancé essentiellement au nom de la liberté d'accès à l'internet, la loi soumise au vote permettant de bloquer l'accès à des sites étrangers de jeux payants qui ne respecteraient pas le cadre légal qu'elle pose. En deçà de cet enjeu de principe, il y a un enjeu financier : fort prisés, les jeux d'argent, de la roulette des casinos à la loterie à numéros, rapportent des milliards à ceux qui les organisent, mais aussi un milliard de contributions obligatoires à l'Etat et, à partir de lui, aux organismes, aux activités, aux acteurs sociaux et culturels, ainsi qu'à l'AVS, à qui il redistribue le produit des jeux. La loi proposée par le Conseil fédéral et le Parlement veut étendre les règles nationales sur les jeux d'argent a l'espace numérique, appliquer le droit suisse aux entrepreneurs de jeux sur internet basés à l'étranger et accessibles depuis la Suisse, pour pouvoir aussi tirer des revenus de ceux dégagés par ces opérateurs, et pouvoir donc redistribuer aussi le pain réel de ces jeux virtuels. Une ponction assez "morale", finalement. Et on ne voit pas pour quelle raison les opérateurs basé à l"étranger" y échapperaient, dès lors qu'ils appâtent des joueurs résidant en Suisse.

Ce n'est pas le forum qui est menacé, c'est le souk.

Deux méthodes de contrôle de l'offre de jeux payants sur internet sont actuellement mises en oeuvre. La première est celle de la menace de blocage en ligne des sites non autorisés : 17 pays européens la pratiquent, dont la France et l'Italie. La seconde, pratiquée en Grande-Bretagne ou au Danemark, est celle de la licence, attribuée ou non à des exploitants étrangers : les sites sans licence ne sont pas bloqués, mais la possibilité de les payer l'est. Ce qui est proposé au vote populaire suisse, c'est un régime d'autorisations et de concessions publiques à des exploitants à qui sont imposées des exigences et des contrôles. La principale nouveauté est l'extension de ce système aux jeux en ligne et aux tournois de poker hors des maisons des jeux. Par ailleurs. la loi imposerait aux cantons et aux loteries de prendre des mesures contre l'addiction au jeu, aux fédérations sportives et sociétés de paris de signaler tous trucages possible et élargirait le cercle des exploitants de jeux d'argents soumis à la loi sur le blanchiment.

Ce qui fait débat et contestation dans ce dispositif est la possibilité de blocage des sites internet de jeux payants basés à l'étranger et donc non soumis au droit suisse, mais proposant des jeux en Suisse sans disposer d'autorisation et sans contribuer financièrement ni à l'AVS, ni à la culture, ni au sport, ni à aucune activité d'utilité publique. Ce "marché noir du jeu" pèse 300 millions de francs par an et échappe à toute ponction utile. La possibilité offerte par la loi de bloquer l'accès en Suisse à ces sites (comme 17 pays européens peuvent déjà le faire) révulse deux groupes, contradictoires d'opposants : les dévots du libre marché et les défenseurs de la liberté d'accès à l'internet. Le premier groupe nous indiffère. Le second nous semble se tromper de combat : la capacité donnée par le projet de loi de bloquer les sites de jeux en ligne basés à l'étranger ne menace en rien la liberté d'informer, de débattre, ds s'exprimer -elle ne menace que la liberté de margoulins de siphonner les revenus des joueurs, sans avoir à en redistribuer la moindre parcelle à activité plus utile (ou au financement de l'AVS). Ce n'est pas le forum qui est menacé, c'est le souk. Et encore : la marge du souk, son  arrière Cour des faux Miracles. Pas de quoi monter aux barricades. Bref, on votera OUI à la loi, Parce qu'on ne mélange pas les torchons mercantiles avec les serviettes ludiques.

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mercredi, 16 mai 2018

Initiative "Monnaie Pleine", soumise au vote le 10 juin : OUI à une assurance...

francs suisses.jpg

Souvenez-vous (c'est pas si vieux) : il y a dix ans, en 2018, la Confédération et la Banque Nationale (BNS) balançaient des milliards dans une opération de sauvetage d'UBS, menacée de disparaître dans les tourbillons de la crise financière mondiale, et "trop grande pour faillir" (to big to fail) sans risquer de casser toute l'économie suisse. La crise qui avait failli engloutir UBS avait en fait été créée par les imprudences systématiques (systémiques, même)des banques, qui avaient accordé des crédits non garantis par les débiteurs, ni couverts par les fonds propres des créditeurs. L'initiative "monnaie pleine" soumise au vote populaire le mois prochain est une forme de réponse à cette crise : elle prévoit que les banques ne pourront plus accorder de prêts au-delà des fonds dont elles disposent réellement (et qui aujourd'hui ne couvrent que 1 % des dépôts en banque). Autrement dit,. qu'elles ne pourront plus créer de la "monnaie scripturale" (qui représente actuellement 90 % de la masse monétaire dans un pays comme la Suisse). Une forme d'assurance, en somme, chaque prêt étant garanti par les fonds propres de la banque, celle-ci ne risquant plus de se retrouver dans la situation d'UBS, et la Confédération et la BNS dans l'obligation de sauver une banque "trop grande pour faillir".

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jeudi, 26 avril 2018

Jeux Olympiques d'hiver 2026 en Suisse : Plus de concurrence que d'enthousiasme

JO.jpgOn en est où, de la candidature du Valais (et quelques autres cantons) à l'organisation des Jeux Zolympiques d'hiver 2026 ? On en est à attendre le vote des Valaisans, le 10 juin prochain, sur un crédit de 100 millions de francs pour la promotion de la candidature de "Sion 2026". De ce vote dépendra l'attribution ou non du milliard de garantie de déficit promis par la Confédération -à moins qu'un autre vote, fédéral celui-là, soit organisé sur ce milliard, ce que les promoteurs de la candidature suisse veulent éviter -on les comprend : on ne peut pas dire que l'enthousiasme populaire soit au rendez-vous de la candidature valaisanne (et circonvoisine). A défaut d'enthousiasme, "Sion 2026" aura de la concurrence : Huit autres villes sont candidates au raoût olympique hivernal (que certaines ont déjà organisé) : Stockholm, Graz, Sapporo, Calgary, Erzurum, Milan, Turin et Cortina d'Ampezzo. En référendum, la population d'Innsbruck avait enterré une première candidature autrichienne. Un exemple que les Valaisans seraient bien inspirés de suivre.

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mardi, 24 avril 2018

Presse écrite : petits arrangement entre amis

curafifi.jpgTamedia ? J'ai Blocher

Le groupe de presse Tamedia et Christoph Blocher se sont échangé (sous réserve d'un nihil obstat de la Commission fédérale de la concurrence) les journaux : Tamedia rachète les parts de Blocher dans la Basler Zeitung et Blocher celles de Tamedia dans les journaux gratuits Tagblatt der Stadt Zurich, Geneve Home Informations et Lausanne Cités. Certes, la Commission fédérale de la concurrence doit encore avaliser la transaction. Mais le pluralisme des media, la Comco s'en tamponne un peu la rotative -tout au plus pourrait-elle s'inquiéter de la concentration des espaces publicitaires.

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mardi, 20 mars 2018

Après le naufrage de "No Billag", c'est l'aide à la presse qui fait surface

carcan.jpgLes cris de l'écrit

Après le naufrage de l'initiative "No Billag", naufrage qui n'a fait de victimes que les initiants, la possibilité d'une aide publique à la presse privée a fait surface. Elle était catégoriquement refusée par les grands éditeurs privés, lors même qu'elle était soutenue, voire réclamée, par les journaux indépendants. Et puis voilà, surtout en Romandie, que de fervents opposants à ce qu'ils dépeignaient comme une "mainmise de l'Etat sur la presse" se ravisent, et envisagent ce qu'ils affectaient de prendre pour une calamité. C'est sans doute qu'ils ont compris qu'ils pouvaient eux-mêmes y avoir avantage. Mais c'est aussi que la situation de la presse écrite privée s'aggrave de jour en jour -et les grands groupes ne sont d'ailleurs pas innocents de cette aggravation. L'éditeur de la "Liberté" de Fribourg considère qu'une "aide directe à la presse est souhaitable, tant qu'elle n'altère pas l'indépendance de nos médias". Pourrait-elle l'altérer plus, cette indépendance, que l'intégration de nombre de ces media dans de grands groupes (genre Tamedia ou Ringier) qui suppriment des journaux, fusionnent des rédactions, font disparaître des rubriques et taillent dans les effectifs des journalistes ? Ce sont pourtant de là, surtout, que nous viennent les cris de l'écrit...

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mercredi, 14 mars 2018

Droit international, droits humains, juges "étrangers" : Affaiblir encore l'arme des faibles ?

CEDH.jpgJusqu'au 18 mars se tient à Genève le festival annuel du fil et forum international des droits humains, le FIFDH. Et hier, au Conseil des Etats, une initiative de l'UDC dite "le droit suisse au lieu des juges étrangers", mais dont la cible est le droit international des droits humains, subissait son examen de passage parlementaire et était clairement rejetée -seuls les six udécistes l'ont soutenue. Déposée en août 2016, l'initiative de l'UDC propose de contraindre les traités internationaux à la constitution nationale, sinon à les dénoncer. Seuls les traités internationaux soumis à référendum continueraient d'être appliqués tels quels s'ils n'ont pas été refusés par le peuple. En clair, l'UDC propose de violer la plupart des traités internationaux signés et ratifiés par la Suisse. Au-delà de la simple opportunité politicienne (les élections fédérales, c'est l'année prochaine, le vote sur l'initiative aussi, et il faut caresser son électorat dans le sens du poil), et de la rogne de voir des textes d'initiatives votés par une majorité populaire se heurter, lorsqu'il s'agit de les appliquer, à des normes de droit supérieur, ce qui suscite l'ire de l'UDC dans la primauté du droit international sur le droit national n'est rien moins que les textes internationaux garantissant les droits humains fondamentaux,  individuels et collectifs. Des textes qui, précisément, pour autant que la Suisse respecte ses propres engagements et sa propre signature (ce que l'UDC trouve superfétatoire) empêchent de faire n'importe quoi au nom du "peuple souverain". Et permettent à chaque personne de ce peuple (suisse) de se défendre contre "son" Etat (la Suisse), ou son canton, ou sa commune... Ce moyen pour les plus faibles de se défendre contre les plus forts, va-t-on l'affaiblir alors qu'il faudrait le renforcer ?

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mardi, 13 mars 2018

JO d'hiver en Suisse : Les Valaisans se prononceront le 10 juin. Et les autres ?

Sion 2026.jpgLe Grand Conseil valaisan a, à une majorité écrasante (101 voix contre 22), et sans surprise, apporté son soutien financier (100 millions) à la candidature de Sion à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2026. Les Valaisans se prononceront en votation populaire le 10 juin prochain ? Et les autres ? des votes sont certes prévus, ou possibles, dans les cantons, voire les communes, associées à la candidature valaisanne, mais dans la mesure où toute la Suisse devra payer (au moins un milliard) pour une éventuelle organisation des JO hivernaux sur son territoire, et que le budget cantonal couvrant les 100 millions votés par le parlement valaison n'est lui-même couvert que par la redistribution aux cantons "pauvres" (dont le Valais) de contributions des cantons "riches" (dont Genève) à la péréquation financière fédérale, un vote de toute la Suisse, comme le demande une motion socialiste au Conseil national, et que le Conseil national vient d'accepter,  serait pour le moins légitime.

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16:22 Publié dans Sports, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sion 2026, jo | |  Facebook | | | |

mardi, 06 mars 2018

Rejet massif de l'initiative "No Billag" : Tabula non rasa

poubelle.jpgLa SSR ne mettra pas la clef sous la porte : les Suissesses et les Suisses, même celles et ceux dont on supposait qu'elles et ils pourraient soutenir l'initiative "No Billag" (les plus jeunes, les Tessinois...) l'ont refusée, à une majorité massive (presqu'à trois contre un) du peuple et de tous les cantons. Au final, "No Billag", soutenue par l'UDC et les Jeunes PLR, fait moins bien que l'initiative 1:12 de la JSS et que celle du GSsA pour l'abolition de l'armée. Toutefois, et même s'il est habituel qu'une initiative populaire puisse "décoller" dans les premiers sondages qui la concerne, bien avant que la campagne de votation ait démarré, le fait que cette initiative-là ait pu recueillir dans ces premiers sondages une majorité approbative signifie bien au moins un double questionnement, sur le rôle des media publics, et sur leur financement. Que cette approbation se soit affritée, pour se dissoudre, dans les mois qui suivirent son expression initiale, tient moins du grand complot médiatico-politique évoqué par ses partisans que de sa faiblesse constitutive (consubstantielle à son hypocrisie fondatrice : elle proclamait s'attaquer à la redevance alors qu'elle s'attaquait à la SSR) : en mettant l'accent sur la seule redevance, en ne tenant aucun discours crédible sur le rôle de la SSR, et en confondant le moyen de communication et ses instruments (les postes de radio et de télévision) avec le producteur du contenu communiqué (comme si regarder une émission de la SSR sur internet par un ordinateur ou un smartphone était regarder autre chose que la même émission vue sur un poste de télévision ou entendue sur un poste de radio), l'initiative a raté sa cible, et ses partisans l'ont décrédibilisée.

 

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14:38 Publié dans Médias, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : no billag, ssr | |  Facebook | | | |