Suisse

  • Elections fédérales : l'UDC comme elle est...

    Imprimer

    SUISSIMM.JPG

    C'était mieux avant...

    En 2015, l'UDC, qui était devenue le premier parti de Suisse en 2003 en dépassant le PS, avait fait un carton, frisant les 30 % de suffrages, le double de ce qu'elle avait obtenu en 1995. Mais depuis quatre ans, elle recule : ses initiatives échouent devant le peuple, elle perd des élus dans les cantons (38 sièges dans les parlements cantonaux perdus dans les six premiers mois de l'année, dont 9 à Zurich, 7 à Lucerne et 7 à Bâle-campagne en mars), à quoi répondent des purges orchestrées par les blochériens : l'ensemble du comité zurichois est débarqué, le président de la section de Bâle-campagne doit démissionner...  et elle ne peut même pas tenter sans ridicule de "verdir" son discours, contrairement à ce à quoi s'essaie le PLR : entre ceux des udécistes qui nient le réchauffement climatique et ceux qui l'admettent mais l'exemptent de toute responsabilité humaine, elle est d'une crédibilité nulle sur ce thème. Du coup, elle laboure son champ habituel : la xénophobie et l'europhobie, compare l'Union Européenne à l'Allemagne nazie. Et, sans rire, Guy Parmelin ou Ueli Maurer au Général Guisan sur le Grütli en 1940 (en oubliant tous les accommodements de la Suisse avec le IIIe Reich entre 1940 et 1943)...

     

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Politique, Suisse 1 commentaire
  • Glissements progressifs des choix électoraux

    Imprimer


    Conseil national.jpgUrnes communicantes

    Selon le dernier "baromètre électoral" de la SSR, les Verts, avec 10,6 % des suffrages (+3,5 % par rapport à 2015) dépasseraient le PDC (10,4 %, -1,4 %) lors des élections fédérales. Les Verts libéraux progressant également (de 2,3 points) pour obtenir 6,9 % des suffrages, les deux partis écolos dépasseraient  ensemble le PLR (16,7 %, + 0,3 %) et frôleraient, avec 17,5 %, le PS (18,7 %, -0,1 %). L'UDC resterait le premier parti du pays, mais le sondage confirme son recul de 2,6 points, à 26,8 %). La gauche dans son ensemble, en comptant les petites listes de la gauche de la gauche, dépasserait les 30 %. L'UDC et le PLR perdraient la majorité absolue des sièges qu'ils détiennent actuellement ensemble au Conseil National, le recul du PDC ne l'affectant pas au Conseil des Etats, où il détient la majorité absolue des sièges avec le PS... et le Vert. La Suisse n'est pas vraiment le pays des grands bouleversements électoraux -mais ce glissement électoral vers la gauche pourrait au moins permettre à la prochaine législature d'être moins "perdue" que celle qui se termine.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Politique, Suisse 2 commentaires
  • En finir avec le machisme en politique ?

    Imprimer

    balayeuse.jpgDe la grève aux urnes

    Une grève nationale dans un pays qui cultive le mythe de la "paix du travail" n'est certainement pas un événement anodin : la grève féministe du 14 juin a été bien plus importante que les mobilisations syndicales depuis des décennies -sans doute, depuis 1918... plus importante en nombre de participantes à la grève, et de participantes et participants aux manifestations, et plus large dans les revendications -et là encore, elle ne peut se comparer qu'à la Grève Générale de 1918 : les enjeux étaient certes les enjeux traditionnels (salaires, retraites, conditions et temps de travail), mais ils étaient aussi tous ceux concernant la place des femmes dans la société, les rôles sociaux, la définition sociale des genres, les droits des migrantes, les normes sexuelles, la violence faite aux femmes... Ces enjeux font programme -et nous sommes précisément en un moment d'élections -et tant que nous sommes dans un système démocratique "semi-direct" fondé sur une part de "représentation", les élections sont un moment où se jugent, se jaugent et se confrontent les programmes. En passant de la grève aux urnes, c'est bien la capacité des partis politiques à tenir compte des revendications portées dans la rue le 14 juin qui est en cause.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Femmes, Politique, Suisse 1 commentaire
  • Rentrée électorale en Suisse : De sinople à la pomme de gueules

    Imprimer

    pomme.jpgLa rentrée, cette année en Suisse, est électorale : la campagne des élections fédérales est lancée. Des élections fédérales qui sont autant d'élections cantonales. L'UDC se bat pour rester le premier parti de Suisse, le PS pour le redevenir, le PLR pour devenir le deuxième parti de Suisse devant le PS, le PDC pour rester le quatrième parti de Suisse et les Verts pour le devenir devant le PDC... Et les Verts et le PS se battent en outre pour que l'UDC et le PLR perdent au Conseil national la majorité absolue qu'ils y détiennent depuis 2015, sans rien en faire qui puisse leur servir d'argument électoral, au point même que pour l'UDC, le PLR est devenu l'un des verts sournois (avec le PS, l'UDC et l'Union européenne) bouffant la pomme helvétique. Dont on ne sait pas ce que l'UDC entend faire : une tarte ? de la compote ? du cidre ? Ou la laisser pourrir ? En tous cas, on notera que la pomme udéciste est rouge. Il est vrai qu'on aurait été assez surpris qu'elle fût aussi verte que les sondages le prédisent des urnes...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Politique, Suisse 0 commentaire
  • Mais qu'est-ce qu'on fête, aujourd'hui ?

    Imprimer

    Grutli.jpgPremière route...

    Que diable célèbre-t-on, aujourd'hui ? le "serment du Grütli" ? la fondation de la Suisse ? le premier "pacte fédéral" ? Evidemment que non : le 1er août n'est la fête nationale de la Suisse que depuis 1891, et la Suisse elle-même n'existe comme Etat que depuis 1798. Ce qu'on célèbre le Premier Août est une première route : la volonté du jeune Etat fédéral suisse né de la révolution radicale de se constituer comme l'expression d'une nation. Parce qu'on est, précisément, au XIXe siècle, et que la nation, héritage de la Révolution française, se constitue après-elle, un peu partout. Le "printemps des peuple" la fait fleurir aussi en Suisse : il n'y avait pas de nation suisse avant lui, elle se construira pendant et après lui.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Histoire, Suisse 0 commentaire
  • Réchauffement climatique : Le canari et les glaciers

    Imprimer

    glacier du Rhône.jpg

    Le 25 août de l'année dernière était créée une Association suisse pour la protection du climat (ASPC), exigeant des mesures concrètes de limitation de l'impact du réchauffement climatique, et dénonçant le manque d'ambition des autorités suisses (le Conseil fédéral, le parlement) dans ce domaine, et leur manque de sérieux dans le respect des engagements pris par la Suisse dans le cadre de l'accord de Paris. Au début de cette année, l'ASPC a lancé son initiative "pour les glaciers" (https://gletscher-initiative.ch/fr/). L'initiative* exige la fin des émissions nettes de gaz à effet de serre d'ici à 2050, et qu'à partir de cette date plus aucun carburant ou combustible fossile ne soit mis en circulation en Suisse (sauf dans les cas où aucune substitution n'est possible). Dans les mines, naguère, les mineurs descendaient une cage avec un canari. Quand le grisou s'accumulait, avant d'exploser, il asphyxiait le canari. La mort de l'oiseau annonçait l'imminence de l'explosion, et l'urgence de remonter. Aujourd'hui, c'est le recul et la fonte des glaciers, et la mort annoncée d'une grande partie d'entre eux, qui annonce l'urgence climatique, et celle d'y répondre par des mesures plus que déclamatoires et vélléitaires, et faisant mieux que freiner un réchauffement dont les Suisses auraient bien tort de croire que ses conséquences les épargneront.

    * Des feuilles de signatures peuvent être téléchargées sur https://gletscher-initiative.ch/wp-content/uploads/2019/05/Gletscher_Init_Unterschriftenbogen_fr.pdf

    Lire la suite

  • 14 juin 2019 : La plus grande grève de l'histoire suisse

    Imprimer

    Manif14juin.jpgDans "grève", il y a "rêve"

    A en croire un sondage Tamedia réalisé avant la grève des femmes - grève féministe de vendredi, une forte majorité de la population (63,5 % des 19'000 personnes interrogées, 57 % des hommes, 70 % des femmes) la soutenait. Et selon un autre sondage (de "20 Minutes"), 18 % des femmes comptaient faire grève.  A voir, et avoir vécu, ce que ce pays a vécu vendredi, ces sondages voyaient juste : aucune grève, pas même la Grège Générale de 1918, n'a jamais été aussi suivie en Suisse. Et aucunes manifestations jamais été aussi massives depuis fort longtemps que celles de vendredi. Sans oublier que cette journée ne fut pas que celle de la grève et des manifs : elle fut aussi celle de centaines d'actions et de moments dans tout le pays, toute la journée (à Genève, ça a duré jusqu'à samedi, même sous l'orage et la grêle...), notamment, partout, à 15 heures 24 : c'est l'heure à partir de laquelle, en moyenne et compte tenu de l'inégalité salariale, les femmes salariées travaillent pour des prunes.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Femmes, Suisse 1 commentaire
  • Manifeste pour la grève féministe et des femmes* du 14 juin

    Imprimer

    Femme bras croisés.jpgDe la parole à la grève

    Manifeste rédigé par les Collectifs romands pour la grève féministe et des femmes - 13.12.2018

    Un peu partout dans le monde, nous assistons à un renouveau des mouvements féministes: #metoo a contribué à diffuser et libérer la parole des femmes* et, grâce aux réseaux sociaux, a eu un écho planétaire. Un exemple: l’extraordinaire grève des femmes * de l’Etat espagnol le 8 mars 2018.

    En Suisse aussi, le sexisme, les inégalités et les violences à l’encontre des femmes* persistent, malgré un discours politiquement correct sur l’égalité et bien que l’égalité soit inscrite dans la Constitution fédérale depuis 1981.

    Au pays de la prétendue paix du travail, les femmes ont déjà fait une grève qui a mobilisé 500'000 personnes ! C’était le 14 juin 1991, dix ans après l’entrée en vigueur de l’article constitutionnel sur l’égalité. Ce jour-là, les femmes ont croisé les bras: la grève a eu lieu non seulement sur les lieux de travail, mais aussi dans les foyers, où elles ont arrêté de faire le ménage, ont suspendu leurs balais aux fenêtres, n’ont pas cuisiné ni pris en charge les enfants.

    La grève des femmes de 1991 avait surpris tout le monde. Un immense élan vers l’égalité avait secoué le pays: nous avons depuis lors obtenu des résultats concrets comme une Loi fédérale sur l’égalité entre femmes et hommes, un congé maternité, le splitting et le bonus éducatif dans l’AVS, la solution dite des délais en matière d’avortement, des mesures de lutte contre les violences domestiques.

    Aujourd’hui, nous avons besoin d’un nouvel élan ! Le 22 septembre 2018, 20'000 femmes* et hommes solidaires ont manifesté à Berne pour l’égalité et contre les discriminations. Le début d’une mobilisation que nous voulons poursuivre jusqu’à la grève féministe et des femmes* le 14 juin 2019 !

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Femmes, Suisse 2 commentaires
  • Derrière la progression de la droite populiste, toujours la peur de l'immigration...

    Imprimer

    Manif identitaire.jpg

    Histoires de racines

    Les élections européennes de fin mai ont été marquées par une double progression : celle des Verts et celle des populismes de droite. Cette dernière progression, moins forte que prédite, a été largement expliquée par la peur de l'immigration et l'exigence d'un renforcement, contre elle, des frontières. Or les politiques migratoires restent pour l'essentiel des politiques nationales.-et l'Union européenne, en tout cas, a clairement montré qu'elle n'était ni capable, ni désireuse d'en mener une à leur place, ou au-dessus d'elles. De toute façon, "maîtriser l'immigration" par un renforcement des frontières nationales ou continentales relève de l'illusion : aucune frontière n'arrêtera jamais un migrant près à tout pour la franchir. Et toute l'histoire de l'humanité est une histoire de migration. Et tous les êtres humains vivant aujourd'hui sont migrants, enfants de migrants, descendants de migrants. Quant aux migrants proprement dit, ils ne pèsent pas plus de 3 % de la population mondiale. Qu'est-ce en effet qu'un migrant ou une migrante ? Rien d'autre qu'une personne vivant dans un autre pays que celui où elle est née (il n'y a pas d'autre définition de ce qu'est un migrant ou une migrante)... Un Suisse "de souche" établi en France est un migrant, ce que ne sont pas un Kosovar, un Kurde ou un Tamoul de la deuxième génération, né en Suisse... histoires de racines, de souches, de tronc, de branches, de feuilles...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : asile, réfugiés, Immigration, Suisse 1 commentaire
  • Les primes d'assurance-maladie transformées en impôt

    Imprimer

    clystere-seringue___iniature-1470c32.jpgDes subsides pas subsidiaires

    Un quart de la population suisse doit se faire aider par l'Etat pour payer les primes d'assurance-maladie. Et au rythme actuel, ces primes vont augmenter au moins de moitié, voire doubler, en l'espace d'une génération : ce sera alors la moitié de la population suisse qui aura besoin de subsides pour les payer. Le nouveau président de l'Union Syndicale Suisse, Pierre-Yves Maillard, constatait l'année dernière, een tant que Conseiller d'Etat chargé de la santé dans le canton de Vaud, que "l'obligation de s'assurer a transformé la prime en impôt" que des assuré ne peuvent payer que si l'Etat en paie une partie (voire, pour les plus pauvres, la totalité). En 2016, les subsides à l'assurance-maladie ont coûté 4,3 milliards de francs aux caisses publiques (1,8 milliard aux cantons, 2,5 milliards à la Confédération), et dans certains cantons cette facture pèse à elle seule le quart de toutes les dépenses sociales.

    Lire la suite

  • Grève des Femmes, J-11

    Imprimer

    grève des femmes, grève, 14 juinBis repetita necesse est

    28 ans après la première grève des femmes de Suisse, il leur faut donc remettre ça : les revendications de 1991 ne sont toujours pas, dans la réalité, sur le terrain, satisfaites. Certes, il aura bien fallu des décennies pour que celles de la Grève Générale de 1918 le soient, mais ne nous assure-t-on pas que depuis un siècle, l'histoire s'accélère ? les femmes doivent pourtant refaire grève pour les mêmes revendications que celles portées lors de la grève de leurs mères et de leurs grand-mères... 38 ans après l'inscription dans la Constitution fédérale du principe de l'égalité entre femmes et hommes, ce principe reste à concrétiser. L'Union Syndicale Suisse le résume en trois mots, qui font slogan : "Salaire. Temps. Respect". C'est revendiquer plus, et plus profond, au fondement des inégalités, qu'une parité dans les lieux apparents du pouvoir -mais cela n'exclut pas cette revendication-là. Que le Grand Conseil neuchâtelois vient de repousser (il est vrai que le projet de loi qui lui était présenté était assez mal foutu). Comme si ce quota-là (la parité n'est rien d'autre qu'un quota) était plus douloureux que tous ceux que les élections connaissent déjà (quotas cantonaux pour les élections fédérales, régionaux pour certaines élections cantonales, de partis politiques dans les conseils d'administration etc...)

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Femmes, Suisse 8 commentaires
  • A propos d'un vote bernois sur l'aide sociale

    Imprimer

    pauvreté-travail.jpgAidés ou assistés ?

    Episode cantonal dans la guerre de tranchées politiques sur l'aide sociale : dimanche 19 mai, alors que toute la Suisse votait sur la réforme de la fiscalité des entreprise (couplée avec le financement de l'AVS) et la loi sur les armes, le canton de Berne votait sur la révision de l'aide sociale. Et refusait les deux révisions qui étaient soumises au peuple : celle proposée par la droite, le Grand Conseil et le Conseil d'Etat, qui réduisait de 8 %  (voire de 15 % pour les jeunes de 18 à 25 ans, et même de 30 % après six mois) le "forfait d'entretien" (le revenu minimum accordé aux plus pauvres), fixé à 977 francs par personne et par mois par la Conférence suisse des institutions d'aide sociale, et celle proposée par la gauche, qui renforçait le soutien aux chômeurs en fin de droit. Le statu quoi a donc été ratifié, le forfait d'aide sociale ne sera ni abaissé, ni augmenté. Mais ce n'est qu'un épisode cantonal, uune pause, une trêve, entre ceux pour qui l'aide sociale est un droit et ceux pour qui celles et ceux qui la reçoivent ne sont que des assistés, pour ne pas écrire des parasites.

    Lire la suite

  • "Quand les femmes s'arrêtent, tout s'arrête"

    Imprimer

    feminisme.jpg1918 + 101 = 14.6.2019

    L'appel est lancé (www.14juin.ch) à la grève des femmes en Suisse, le 14 juin, 28 ans après la première grève des femmes lors de laquelle 500'000 personnes étaient descendues dans la rue et sur les places de tout le pays. Pour la grève de cette année, qui concernera le travail "professionnel" comme le travail familial et la consommation, un cahier de 17 revendication a été adopté à Bienne le 10 mars, comme il y a un siècle un cahier de revendication avait été adopté à Olten à l'appui de la première et unique grève générale de l'histoire suisse (et on retrouvera certaines de ces revendications d'il y a un siècle pour la grève de dans trois mois). 17 revendications pour une grève des femmes (les hommes qui les soutiennent ne sont évidemment pas interdits de grève) : égalité salariale, rentes sociales "dignes", valorisation des métiers dits "féminins", réduction et partage du temps de travail, congé paternité et congés pour s'occuper des enfants et des proches, régularisation des femmes migrantes, gratuité de l'avortement, suppression de la TVA sur les produits d'hygiène féminine, lutte contre les violences et les discriminations sexistes, transparence salariale dans toutes les entreprises, accès des femmes aux postes à responsabilité, soutien aux familles monoparentales, développement des crèches, interdiction des licenciements après un congé maternité... 

    Lire la suite

  • Quelle coordination entre les communes de gauche en Suisse romande ?

    Imprimer

    gauche, commune, villes

    Prendre appui sur les villes

    En Suisse, la droite a perdu les villes -plus encore qu'électoralement, elle les a perdues politiquement. Mais comment faire de cette domination de la gauche dans les villes une force pour la renforcer à l'échelle du pays tout entier ? Parce que si la gauche est majoritaire dans les "grandes" villes suisses, il n'y a que là qu'elle l'est durablement : elle est désespérément minoritaire au niveau fédéral -notamment parce qu'elle l'est dans les périphéries urbaines. Le 22 février, à Renens, à 19 heures à la Ferme des Tilleuls, "Pages de Gauche" organise une rencontre entre et avec plusieur-e-s membres d'exécutifs communaux de gauche en Romandie, sur le thème "quelle coordination entre les communes de gauche en Suisse romande ?". Pour peser plus, pour pouvoir modifier un cadre légal (y compris constitutionnel) défavorable aux villes et à leurs habitants, cette coordination est en effet indispensable. Autant que ces majorités, qu'il s'agit de maintenir, de renforcer et d'étendre. Après tout, le "socialisme municipal" est à la source de la progression de la social-démocratie en Suisse : c'est dans les villes que les socialistes ont conquis leurs premières majorités gouvernementales. 

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique, Suisse 0 commentaire
  • Réformes fédérale et cantonale de l'imposition des entreprises : ça boite

    Imprimer

    Affiche RFFA-RIE.jpgEn commission parlementaire et en séance plénière du Grand Conseil, les socialistes genevois se sont ralliés à un "compromis" boiteux sur la réforme cantonale de l'imposition des entreprises. Et la direction du PSG ne semble pas vouloir faire confirmer cette adhésion par une recommandation de vote pour le scrutin du 19 mai prochain, puisque l'assemblée générale du parti n'est convoquée que pour se prononcer sur la réforme fédérale (la RFFA), contre laquelle un référendum, soutenu par le PS genevois, avait été lancé. Comme si les deux réformes n'étaient pas indissolublement liées. Et comme si un mot d'ordre donné à un groupe parlementaire valait recommandation de vote donnée dans un scrutin populaire... Mais passons : pourquoi parler d'un compromis "boîteux" à propos de celui accepté par les députés socialistes ayant pris part au vote du Grand Conseil (c'est-à-dire une minorité du groupe parlementaire...) ? Parce que ce "compromis" n'évite pas plus à Genève qu'ailleurs de lourdes pertes de ressources pour les collectivités publiques, et que la majorité du Grand Conseil essaie de le faire passer en lui accolant (mais sans pouvoir la faire voter par un "oui" ficelé à celui de la réforme fiscale) une augmentation bienvenue des subsides d'assurance-maladie.

    Lire la suite

  • Initiative contre le "mitage du territoire" : Le OUI de nos villes

    Imprimer

    banlieue résidentielle.jpgLes dizaines de milliers de jeunes qui ont battu le pavé des villes suisses depuis le début de l'année n'en purent mais (il est vrai qu'une bonne partie d'entre eux n'avaient pas le droit de vote) : 'initiative des Jeunes Verts contre le "mitage du territoire" a été clairement refusée par les Suisses, et par tous les cantons. Le canton de Genève a donc lui aussi refusé l'initiative, mais à une majorité beaucoup plus serrée (52,3 %) que le reste de la Suisse (63,6 %). Et la Ville de Genève (à 52,1 %), celle de Carouge et le quartier des Avanchets l'ont acceptée (les communes de Chancy, Confignon, Presinge aussi). Et comme pour les objets cantonaux, ce sont les communes et les quartiers de droite, et spectaculairement les communes friquées de la rive-gauche, qui ont fait le résultat. Au plan suisse aussi, les communes qui ont accepté l'initiative sont d'entre celles où la densité de la population est la plus forte : La Chaux de Fonds, Neuchâtel, Lausanne, Fribourg, Bienne, Winterthur (à Berne, Bâle et Zurich, le NON ne s'impose que d'un souffle). Un OUI urbain, un NON périphérique, qu'est-ce que cela dit ? D'abord, que l'initiative, qui préconisait le gel de la surface à bâtir et la compensation des nouvelles zones à bâtir par des zones non constructibles, n'était pas dirigée contre les villes (même si l'Union des Villes Suisses se réjouit de son échec), mais contre leur négation, ces espaces indistincts, gaspillés, qui font la transition entre elles et la vraie campagne -celles des zones vertes protégées et des zones agricoles, pas celle des zones pavillonnaires. Et cela dit ensuite que les citadins n'ont, à raison, pas accordé foi à la prédiction des opposants selon qui l'initiative allait provoquer des hausses de loyers.

    Lire la suite

  • Initiative contre le "Mitage du territoire" : A dimanche pour dire OUI

    Imprimer

    Sablier.jpgSi vous avez le droit de vote au plan fédéral, il ne vous reste plus que dimanche matin pour voter à l'ancienne, en vous rendant au local de vote. Et soutenir l'initiative des "Jeunes Verts" contre le "mitage du territoire", furieusement combattue par la droite politique, patronale et foncière, pour qui l'initiative est à la fois "superflue et nuisible". Or c'est l'un ou l'autre : comme l'écrit Anne-Catherine Ménetrey-Savary dans "Le Courrier", on ne peut pas la considérer à la fois comme "superflue" et "nuisible" -si elle est superflue, elle est sans effet et donc sans nuisance. Et si elle est nuisible (mais à qui ?), c'est qu'elle n'est pas superflue. A nous, elle paraît plutôt indispensable, parce qu'elle dit l'essentiel : non seulement le "mitage" du territoire à coups de de parkings, de zones industrielles et commerciales et d'autoroutes n'est pas indispensable pour loger la population actuelle et à venir, mais ce "mitage" dégrade les conditions d'habitat de la majorité des habitants de ce pays. On "bétonne" (en tout cas on imperméabilise) en Suisse presque un mètre carré par seconde, et chaque jour une surface équivalent à celle du parc genevois des Bastions. Pour en faire quoi ? L'initiative ne demande pas que l'on arrête de construire mais que l'on cesse de construire n'importe quoi, n'importe où. Et que l'on construise la ville... en ville.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Suisse, urbanisme, votations 7 commentaires
  • Une ironie de l'histoire : la Suisse, bastion du socialisme européen...

    Imprimer

    bus-ps.jpgY'en a poing comme nous...

    En France, le PS est fantomatique. En Allemagne, le SPD est au plus mauvais de sa forme. Il ne brille pas non plus en Autriche. Et en Italie, il a quasiment disparu dans un marais de centre-gauche lui-même en assez mauvais état. En Europe, la social-démocratie est alitée, égrotante, parfois grabataire. Dans toute l'Europe ? Non, car dans un petit pays, elle résiste. Où ça ? En Suisse : le PSS est le deuxième parti du pays, et le restera sans doute après les élections fédérales de l'an prochain. A Genève, après avoir faibli au plan cantonal ces dernières années, il a repris du poil de la bête, a récupéré un deuxième siège au gouvernement, et est le premier parti de la Ville. L'histoire a de ses ironies, tout de même : la Suisse, refuge du socialisme européen ? cela vaut qu'on y regarde d'un peu plus près.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique, PS, Suisse 0 commentaire
  • Initiative contre le "mitage du territoire" : Contre la zone, pour la ville

    Imprimer

    banlieue résidentielle.jpgDans dix jours, on vote sur l'initiative des "Jeunes Verts" contre le "mitage du territoire". Pour la résumer, l'initiative fixe la zone constructible à sa taille actuelle, toute nouvelle zone constructible devant être compensée par une nouvelle zone inconstructible. On devra donc construire sur les 300 km2 de zone constructible non bâtie actuellement disponible : cela suffit pour abriter un million à un million et demi d'habitants supplémentaires, mais sans les disperser, les saupoudrer sur le pourtour des villes existantes. On retrouve avec cette initiative notre vieux programme des années quatre-vingt du siècle dernier : "construire la ville en ville" -ou, pour le dire autrement, par les mots de Mario Botta, "bâtir sur le bâti". L'initiative, au fond, renforce les villes, leur centralité, pour préserver ce qui reste de zones naturelles (ou ce qui reste de naturel des espaces non urbains). Cette initiative n'est pas un rêve de bon sauvages écolos : elle est contre la zone, mais pour la ville.

    Lire la suite

  • "stoppons le mitage - pour un développement durable du milieu bâti" : OUI à l'initiative

    Imprimer

    désurbanisme.jpgUn seul objet fédéral est à l'ordre du jour de la votation du 10 février : l'initiative des Jeunes Verts "stoppons le mitage - pour un développement durable du milieu bâti", soutenue par la gauche et l'Alliance gouvenementale (WWF, Pro Natura, Greepeace, ATE), combattue par la droite, le Conseil fédéral, les milieux immobiliers et touristiques et le patronat. Tout est dans le titre de l'initiative, : contre le "mitage", pour le "développement durable". L'initiative, déposée en 2016, prévoit de geler la surface totale des zones à bâtir : toute nouvelle zone devrait être compensée par le déclassement d'une zone existante. En dehors des zones à bâtir, on ne pourrait construire que des bâtiments et des installations figurant sur une liste restrictive (des constructions agricoles justifiées par les nécessités de l'exploitation, ou des réservoirs d'eau, par exemple). Les surfaces construites devraient être mieux utilisées qu'actuellement, l'urbanisation devrait être concentrée à l'intérieur du milieu bâti et les formes de travail et d'habitat durables devraient être encouragées. L'initiative a certes quelques défauts (elle est notamment trop centralisatrice), mais on la soutiendra sans états d'âme. D'ailleurs, sommes-nous certains d'avoir une âme ? Nous sommes certains en tout cas d'avoir un environnement, urbain ou non, et le droit de le préserver...

    Lire la suite