Solidarité

  • Hébergement des sans-abris à Genève : D'une urgence, l'autre

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    Sans-abri-dans-l-Herault-cri-d-alarme-d-acteurs-de-l-urgence-sociale.jpg

    Hier soir, au Conseil municipal, une majorité écrasante formée du Parti socialiste, du Parti démocrate-chrétien, des Verts, d'Ensemble à Gauche, du Mouvement des citoyens genevois et du PLR a voté en deuxième débat un crédit de 1,8 million pour renforcer les capacités d'hébergement d'urgence des sans-abri de toute la région. L'UDC a tenté vainement d'exclure les sans-papiers des lieux de cet hébergement d'urgence. Exclure les exclus de l'hébergement des exclus : c'est tout l'UDC, ça...
    Le Conseil municipal a également décidé, à la même majorité, de traiter en urgence une motion socialiste demandant la création d'un fonds intercommunal pour inciter à une réelle implication et une meilleure coopération entre les communes genevoises, et avec le canton, les premières et le second ayant pris l'habitude de se reposer lourdement sur la Ville pour assumer cette tâche. Le crédit voté répond à une urgence sociale, et la motion encore à voter à une urgence politique : répartir la tâche et la charge de l'urgence sociale.

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  • Le sale goût des fraises de Huelva

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    récolte des fraises.jpg

    Fraises amères

    Le Solifonds lance une action de soutien au syndicat espagnol de la main d'oeuvre agricole, le SOC-SAT. Une main d'oeuvre essentiellement immigrée, saisonnière, féminine et marocain, surexploitée, harcelée, victime de xénophobie. Comme, par exemple, les cueilleuses de fraises de Huelva.

    Solifonds, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch,

    Compte postal 80-7761-7

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  • "Déli de solidarité" : un pasteur jugé à Neuchâtel

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    geneve_cite_refuge.jpgGrüninger, Herrou, Valley, Lucano : Respect !

    La pénalisation de la solidarité envers les migrants frappe aussi la Suisse : le pasteur Valley comparaît en justice ce matin à Neuchâtel pour avoir nourri et logé un Togolais menacé d’expulsion. On ne peut pourtant pas dire qu'on soit envahis: 15'255 demandes d’asile ont été déposées en 2018 en Suisse -c'est 15,7% de moins qu’en 2017 et le chiffre le plus bas enregistré depuis 2007. Mais cela ne change rien : le «délit de solidarité» fait surface aussi chez nous -notre pays étant par ailleurs le dépositaire de la Convention de Genève sur le droit d'asile, ce qui n'empêche pas la «justice» d'y poursuivre celles et ceux qui, tels Anni Lanz, Norbert Valley. ou Lisa Bosia Mirra viennent en aide à des réfugiés ou à des migrants. Comme en son temps le fit Paul Grüninger, à Saint-Gall, lorsque, chef de la police, il fit entrer illégalement en Suisse des juifs fuyant l'Autriche annexée par l'Allemagne nazie. Lui aussi fut condamné, dégradé, révoqué. Avant, quarante ans plus tard, d'être réhabilité et honoré.

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  • Soutenir les mouvements sociaux au Brésil

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    MST Bresil.jpgQui sont les "terroristes" selon Bolsonaro ?

    Fin janvier, un barrage industriel rompait, ensevelissant 300 personnes. Peu après, le Mouvement des Sans-Terre (MST) contactait le Solifonds : occupant des terrains dans la région sinistrée, il y avait envoyé des équipes de secours et de solidarité, notamment pour rétablir l'approvisionnement de la population en eau potable. Pour le désormais président du Brésil, Jair  Bolsonaro, le Mouvement des Sans Terre est un mouvement "terroriste".  Donner un toit et une terre à ceux qui n'en ont pas, donner des droits à ceux qui en sont privés, sont donc des actes "terroristes". Forcément : les méthodes du MST, fondées sur la solidarité et le respect de l'environnement, sont aux antipodes de celles par lesquelles le gouvernement Bolsonaro veut mener sa politique d'expansion agro-industrielle et d'exploitation des ressources naturelles, y compris en détruisant le cadre de vie des peuples indigènes.
    Dès bien avant soin arrivée au pouvoir, Bolsonaro, en bon militaire d'extrême-droite (et ce n'est pas un pléonasme) s'en était pris aux deux principaux mouvements sociaux du pays celui des paysans sans terre (le MST) et celui des habitants sans toit (MTST), et ses partisans avaient multiplié les agressions contre les militants de ces mouvements, contre les autochtones (305 groupes ethniques différents, répartis sur 12 % du territoire mais que Bolsonaro et son gouvernement veulent chasser de leurs terres pour en faire des "citoyens" conformes), contre la gauche et les LGBT. Et son élection n'a évidemment pas arrangé les choses : il a abaissé le salaire minimum, transféré la délimitation des territoires autochtones au ministère de l'Agriculture pour bien signifier que les intérêts de l'agro-industrie prévalaient désormais sur ceux des Indiens et que leurs terres doivent pouvoir être livrées à l'agrobusiness. Et son ministre de l'Economie (membre d'un gouvernement dont un tiers des portefeuilles sont détenus par des militaires, auxquels s'ajoutent des pasteurs évangélique sultra-réactionnaires) entend privatiser massivement et réduire tout aussi massivement les prestations sociales et les protections au travail instituées sous les gouvernements du Parti des Travailleurs. Qui sont les "terroristes" ?

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  • Aquarius Helveticus

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    Aquarius2.jpgPour une fois que le drapeau de l'Etat peut être utile...

    25'000 personnes ont signé une pétition au Conseil fédéral, déposée mardi à Berne, demandant que la Suisse accorde son pavillon au dernier navire de sauvetage des migrants en Méditerranée, l'Aquarius, mouillé à Marseille dans l'attente d'en retrouver un -temps d'attente pendant lequel il ne peut assumer sa mission auprès des migrants en détresse.
     une dizaine de personnalités, dont une ancienne présidente de la Confédération, un ancien président du CICR, une ancienne procureure du Tribunal pénal international, un Prix Nobel, un évêque, ont lancé un appel faisant la même demande, également soutenue au Conseil national par une interpellation déposée par des élus de gauche, du centre et de droite. Mardi, on proposera au Conseil Municipal de Genève de se souvenir que cette ville est le siège du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, et que la convention qui proclame le droit fondamental à l'asile porte le nom de Genève, comme celles qui proclament le droit international humanitaire. On proposera donc à son parlement communal d'exprimer son soutien à la demande faite à la Suisse d'accorder son pavillon à l'Aquarius. Pour une fois que le drapeau d'un Etat peut-être utile aux hommes...

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  • 60 millions de travailleuses domestiques sans droit

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    balayeuse.jpgSortir du servage

    A Genève, l'opération "Papyrus" -dont nous persistons à savoir gré à Pierre Maudet de l'avoir rendue possible- a permis à des centaines de travailleuses domestiques sans statut légal d'en trouver un, et avec lui d'obtenir les protections légales auxquelles elles ont droit -en même temps que les obligations qui leur sont liées. Mais dans le monde, 90% des travailleuses domestiques (et elles sont plus de 60 millions) restent privées de sécurité sociale, de rente de retraite, d'indemnités de chômage, travaillent sept jours sur sept, et souvent plus de douze heures par jour. Les syndicats d'employées de maison ont réussi à faire adopter en 2011 par l'Organisation internationale du travail une convention (N° 189) protégeant travailleurs et travailleuses domestiques et définissant leurs droits. Ce texte toutefois n'a pas été ratifié par tous les Etats, et nombre de ceux qui l'ont ratifié mne l'appliquent pas. Les syndicats de travailleurs et travailleuses domestiques luttent dans des conditions extrêmement précaires. Le SOLIFONDS lance une campagne pour les soutenir, et soutenir ainsi l'accession de dizaines de millions de travailleuses et travailleuses à des droits humains minimaux, et pour que le travail domestique cesse d'être un servage.

    SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, CCP 80-7761-7

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  • Soutien du Solifonds aux mouvements sociaux brésilien

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    Brésil, Solifonds

    SOLIDARIEDADE

    Il y a trois mois se tenait à Bahia le Forum social mondial (et, parallèlement, le Forum, alternatiF de l'eau). Les mouvements sociaux brésiliens y étaient, évidemment, particulièrement présents, pour appeler à la solidarité avec les luttes qu'ils mènent depuis la très discutable destitution de la présidente Dilma Rousseff il y a deux ans. Après cette destitution, c'est à une véritable offensive de démantèlement des droits conquis pendant la présidence de Lula (emprisonné, mais candidat à la présidence et favori des sondages...) qu'ils doivent résister. Cibles de cette offensive de la droite brésilienne : les ouvriers, les femmes, les indiens, les noirs, les sans-terre, les petits paysans. Une vague de protestation a déferlé sur le pays, pour la défense des droits conquis, pour la réforme agraire, pour le droit au logement, pour le droit à l'eau, contre la violence. Cette résistance doit être soutenue, comme doivent être soutenus les mouvements qui la mènent. Le SOLIFONDS* appelle à ce soutien : répondons à cet appel.

    * SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, PC 80-7761-7

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  • Turquie : défendre la liberté d'expression et le droit à l'information

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    Le 15 juillet 2016, des militaires factieux tentent un coup d'Etat en Turquie. Ce putsch échoue, non sans avoir fait plusieurs centaines de victimes, mais un autre réussit -celui, civil, organisé et mis en oeuvre, massivement, par le président Erdogan et son parti, l'AKP : instauration de l'état d'urgence, arrestation de 50'000 personnes, licenciement ou suspension de 150'000 fonctionnaires, purges dans l'armée, la justice et l'université, fermeture d'écoles et de media (150 en un an), poursuites contre des journalistes, inculpations de 55 des 59 députés du parti d'opposition HDP (gauche kurde),arrestations et détention de 13 d'entre eux, dont les co-présidents du parti et le chef du groupe parlementaire, condamnation de députés de l'opposition, révocation de maires kurdes. Depuis deux ans règnent en Turquie la délation, l'arbitraire, les procès bâclés.

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  • Coupes dans le budget de coopération internationale de la Ville de Genève : Sur le dos de qui ?

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    brouette.jpg

    55 % de la population mondiale vit sans protection sociale : ni retraite, ni indemnités de chômage, ni assurance-maladie... c'est le constat du rapport de l'OIT sur la protection sociale présenté le 30 novembre dernier à Genève. Constat à confronter à l'objectif (l'un de ceux des Nations Unies pour le développement durable) de mettre en oeuvre des systèmes nationaux de protection sociale partout et pour tous d'ici 2030. C'est dans douze ans. Et c'est pas gagné : La directrice du département de la protection sociale de l'OIT résume : "les politiques d'austérité à court terme continuent de saper les efforts de développement à long terme". Même à Genève, ces politiques sévissent : d'entre les coupes imposées par la droite coagulée dans le budget de la Ville et que la gauche propose d'annuler (on vote le 4 mars...), on notera celle (340'000 francs) opérée dans les ressources allouées à la solidarité et à la coopération internationale... Mais bon, l'essentiel est sauf : nos jetons de présence et indemnités de conseillers municipaux n'ont pas été réduits (ils équivalent précisément, en gros à ce que la droite a coupé dans la coopération internationale). Question de priorités politiques, certainement. "Les affrontements politiques municipaux ne doivent pas se dérouler sur le dos des plus pauvres", proteste la Fédération genevoise de coopération. Mais sur le dos de qui pouvait-on s'attendre à ce que la droite municipale les déroule ? celui des plus riches ?

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  • Hébergement des requérants d'asile : Post Tenebras Lux ?

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    Après les ténèbres du sous-sol, les lumières du jour ? "Plus aucun requérant d'asile ne dort sous terre", se félicitaient fin janvier l'Hospice Général et son ministre de tutelle, Mauro Poggia, en annonçant la fermeture du dernier abri de Protection Civile utilisé pour l'hébergement des requérants, l'abri des Coudriers. Et deux semaines plus tard, ils ouvraient  à la campagne Rigot, à deux pas du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, le chantier d'un centre d'hébergement de 370 places, dont l'ouverture est prévue en 2019 etg qui devrait fonctionner pendant dix ans. L'Hospice clame son espoir de ne plus avoir besoin de recourir aux abris de protection civile pour héberger des requérants d'asile, une tâche à laquelle il ne peut se soustraire et qu'il espère pouvoir assumer en recourant à des centres, pérennes ou provisoires, pouvant assurer des conditions d'hébergement plus dignes que celles du stockage souterrain pratiqué dès octobre 2014 dans l'abri PC de Châtelaine. Ce qui était présenté alors comme une mesure provisoire rendue nécessaire par l'urgence aura duré trois ans, et aura mobilisé jusqu'à neuf abris PC. Le directeur de l'Hospice Général et son ministre reconnaissaient que cette "solution" n'en était pas une, qu'elle atteignait à la dignité de celles et ceux à qui on l'appliquait, et qu'elle coûtait en outre fort cher, mais protestaient de l'impossibilité de faire autrement, faute de lieux plus adaptés. Mauro Poggia s'engageait alors à fermer tous les abris PC d'ici fin 2016, début 2017 -à deux mois près, le délai est tenu. Mais il aura fallu pour cela trouver des terrains où implanter des hébergements provisoires, et donc faire face aux oppositions des riverains, voire des communes, comme à Thônex. Et il aura aussi fallu que le nombre d'arrivées de requérants baisse (on n'en a comptabilisé que 885 à Genève en 2017, soit deux fois moins qu'en 2016, et les nouvelles requêtes d'asile ont diminué de moitié au plan suisse), non parce que les causes de leur exil ont disparu, mais parce qu'on a multiplié les entraves et les barrières à leur migration vers l'Europe, et à leurs mouvements en Europe. Post Tenebras Lux : il n'y a plus de requérants d'asile en sous-sol de Genève. Mais il y en a toujours des milliers qui finissent au fond de la Méditerranée.

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  • Solidarité internationale, coopération au développement : Le prix d'une coupe budgétaire

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    Le report en 2018 de la votation municipale sur les coupes opérées par la droite dans le budget 2017 de la Ville de Genève va laisser ces coupes exercer leurs méfaits. Il y a un domaine sur lequel ces méfaits sont particulièrement inacceptables, et auraient du, et pu, être évités c'est la coopération au développement : 340'000 francs ont été supprimés de la contribution de la Ville de Genève à une solidarité internationale qui ne se contente pas de rhétorique, mais qui a l'ambition de se traduire le plus concrètement possible sur le terrain. La Ville de Genève célébrait cette année les cinquante ans de son engagement solidaire -la droite coagulée (PDC, PLR, UDC, MCG) de son Conseil municipal a choisi de célébrer ce cinquantenaire d'engagement par une réduction des moyens qui lui sont alloués, et sont alloués à des projets que la Ville soutient directement comme à des projets soutenus par la Fédération Genevoise de Coopération, soutenue par la Ville

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  • Journée internationale d’action pour Nekane Txapartegi

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    Nekane.jpgNekane Askatu !

    Nekane Txapartegi, militante basque, est détenue depuis un an en Suisse, parce qu'accusée par le gouvernement espagnol d’avoir collaboré avec l'organisation indépendantiste armée ETA (elle lui aurait fourni des faux passeports et rencontré à Paris des militant-e-s de l’organisation). En 1999, Nekane est arrêtée au Pays basque. Durant cinq jours, elle sera détenue à l’isolement, battue, électrocutée, torturée et violée par des agents de la Guardia civil, qui l'ont soumise à un simulacre d'exécution, rappelant celui auquel fut soumis Artur London en Tchécoslovaquie stalinienne (souvenez-vous de l'"Aveu"...). En 2008, elle est condamnée à 6 ans et 9 mois de prison. En violation de la Convention européenne des droits de l'homme et de la Convention des Nations Unies contre la torture, cette condamnation se fonde presque exclusivement sur les « aveux » que Nekane a exprimés sous la torture, ce qui ne semble guère avoir posé problème au Tribunal. Avant de connaître le jugement, Nekane avait pris la fuite pour finalement, depuis 6 ans, se retrouver à Zürich, avec sa fille. Elle y a été arrêtée le 6 avril 2016, et mise en détention, suite à la demande d’extradition formulée par l'Espagne. Le vendredi 24 mars, l’Office fédéral de la justice a autorisé l’extradition de Nekane vers l’Espagne, l'Etat dont les agents ont été ses tortionnaires... mais que la Suisse officielle considère comme un "pays ami et de confiance" qui, en tant que tel, ne saurait commettre des actes de torture. Raisonnement au terme duquel non seulement la demande d'extradition de l'Espagne a été acceptée, mais la demande d’asile de Nekane a été refusée. "La Suisse se couche devant l'Espagne", résume le collectif "Free Nekane"... Des recours contre les deux décisions sont lancés. En attendant, jeudi, on manifestera en Suisse, dont à Genève (18h Place Neuve), contre son extradition, pour sa libération et son droit d'asile politique : Nekane Askatu !

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  • Quand Erdogan et ses partisans pètent les plombs

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    Erdogan.JPGReferendummkopf

    Le 16 avril, la Turquie votera en référendum sur le désir irrépressible du président Erdogan de devenir un "hyperprésident". Et à l'image de leur Sultan, ses partisans s'agitent dans toute l'Europe pour convaincre les Turcs de l'étranger de rallier le Grand Turc de Turquie. Mais cette agitation se heurte à de fortes résistances : autorisé par Berne, un meeting zurichois du ministre turc des Affaires étrangères a été annulé, le Danemark invite le même ministre à renoncer à tenir un meeting sur sol danois (ce qu'il a pu faire en France et aurait pu faire en Suisse si l'Hôtel où devait se tenir le meeting n'avait pas annulé la réservation de la salle), l'avion du ministre a été empêché d'atterrir aux Pays-Bas où il devait également prêcher la bonne parole, et d'où la ministre turque de la Famille a été expulsée -le Sultan Erdogan s'autorisant du coup à traiter le gouvernement néerlandais de "nazi". Pas moins. Des municipalités allemandes ont également interdit des réunions de partisans du projet d'"hyperprésidence" soumis à référendum. En Suisse, les Verts s'inquiètent de la surveillance exercée par l'ambassade de Turquie sur les opposants au régime d'Ankara, et plus généralement sur les Turcs de Suisse, dont la majorité sont d'ailleurs soit Kurdes, soit Alévis, soit les deux à la fois, ces deux composantes de la société turque étant dans le collimateur du gouvernement et du parti d'Erdogan.

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  • Mobilisations pour le droit d'asile : "volem acollir"

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    casa nostra casa vostra.jpg160'000 personnes (selon la police) manifestant dans une grande ville européenne pour l'accueil des réfugiés, ça nous change : c'est ce qui s'est produit samedi dernier à Barcelone, à l'appel de la Maire de gauche de la capitale catalane, Ada Colau. Cette foule exigeait de l'Espagne qu'elle tienne "dès maintenant" son engagement de 2015, d'accueillir des milliers de réfugiés, déjà admis comme candidats à l'asile dans d'autres pays, et de ne pas sen tenir aux 1100 arrivés depuis que l'engagement d'en admettre 16'000 a été pris. En catalan dans le texte, cela se dit "volem acollir". Et cela n'a besoin d'aucune traduction en français, même fédéral. La présidente de la députation provinciale de Barcelone, Mercè Conesa, a, avec des maires de villes catalanes, demandé à la Commission européenne de sanctionner les Etats membres ne respectant pas leurs engagements d'accueil de réfugiés. Est-ce que le printemps s'annoncerait aussi politiquement, éthiquement ? Décidément, elle mérite nos hommages, la Catalogne (https://www.youtube.com/watch?v=aX4eZ1fpYwA&app=desktop). Mais il n'y a pas qu'elle qui bourgeonne de solidarités : dans les Etats désunis de Donald aussi, on résiste aux frimas...

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  • Turquie : le coup d'Etat réussi d'Erdogan

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    La Répression au Sérail

    Le 4 novembre, le gouvernement Turc a fait interpeller Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, les co-présidents du Parti démocratique des peuples (HDP), ainsi que neuf autres élus de ce parti.  Principal parti d’opposition en Turquie (il a obtenu six millions de suffrages rien qu'au Kurdistan en novembre 2015), le HDP, seul à défendre les droits des Kurdes, incarne également la lutte pour l’égalité entre hommes et femmes, pour le respect des minorités et contre toutes les formes de discriminations. Muselé par le pouvoir, le HDP a annoncé le 6 novembre dernier se retirer de toute activité au parlement pour protester contre la répression le frappant et frappant toute l'opposition réelle en Turquie, qu'elle soit le fait d'organisations politiques, de media ou d'acteurs sociaux et culturels. Les arrestations d’élus kurdes surviennent en effet dans un contexte de purges et de répression généralisées à la faveur de l'état d'urgence instauré après la tentative de Coup d’Etat manqué du 15 juillet 2016, suivie d'un coup d'Etat réussi -celui du Sultan Erdogan, qui désormais contrôle tous les pouvoirs : le parlement, le gouvernement, la justice, l'armée... et en use contre toutes les oppositions, dans l'apathie généralisée des consciences démocratiques européennes.

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  • Héberger des réfugiés menacés d'expulsion : La fronde de David et la loi de Goliath

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    david-and-goliath-shane-robinson.jpgLe Municipal (membre de l'exécutif communal) POP (Parti du Travail) de Lausanne, David Payot, ayant déclaré. qu'il était prêt à héberger chez lui un réfugié menacé d'expulsion, le PLR local (suivi par l'UDC) est monté sur ses grands hongres en déposant au Conseil communal une résolution demandant "La Municipalité parraine-t-elle un hors-la-loi ?", doublée d'une demande de révocation de l'élu popiste, coupable de faire passer la légitimité avant la légalité. Comme naguère le Conseiller d'Etat PDC genevois Dominique Föllmi, accompagnant à l'école une petite turque en situation irrégulière. Comme il y a quelques jours la députée socialiste tessinoise Lise Bosia Mirra, arrêtée pour avoir fait passer la frontière à quatre mineurs africains. On rappellera au passage au PLR lausannois, que David Payot n'est pas "parrainé" par la Municipalité, mais qu'il y a été élu par le peuple, comme le candidat du POP et non de l'UDC, sans jamais avoir caché ses engagements ni ses convictions solidaires. De ceux qui "obéissent à la loi" quelle qu'elle soit et de ceux qui y désobéissent quand elle est injuste, on honore d'ailleurs désormais les désobéissants plutôt que les obéissants.  Les Justes plutôt que les carpettes. La fronde de David plutôt que la loi de Goliath.


     
     

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  • Sarawak : quand les palmiers détruisent la forêt

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    SADIA Sarawak.jpgHuile lourde

    De l'huile de palme et de ses dérivés, on en trouve dans une variété impressionnante de produits de toute nature : dans l'alimentation, les cosmétiques, les détergents, les agrocarburants (jusqu'à trois fois plus polluants que les carburants conventionnels). Cette huile est lourde : pour la produire, on déforeste massivement, on remplace tout aussi massivement les cultures qui nourrissent les populations par la culture qui nourrit les actionnaires. Au Sarawak (Malaisie), la déforestation a pris un rythme délirant : la destruction de la forêt vierge y est trois fois et demi plus rapide que dans le reste de l'Asie. Or le Sarawak n'est pas une terre vierge, ni sa forêt une sylve inhabitée : les communautés autochtones, victimes de la destruction de leur cadre de vie et du vol de leurs terres, résistent à cette destruction, à leur spoliation et leur expulsion. L'association SADIA, par exemple, les aide à faire valoir leurs droits, à les manifester, à agir en justice contre les producteurs d'huile de palme, et les autorités qu'ils corrompent. à résister aux intimidations et aux violences . Le SOLIFONDS* appelle au soutien à cette résistance.
    *SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, CP 80-7761-7

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  • Aux urnes pour "AVS +"

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    Vous n'avez pas encore voté ?

    Pour voter par correspondance en faveur de l'initiative "AVS+", c'est trop tard. Il va falloir vous rendre au local de vote dimanche avant midi pour déposer, à l'ancienne, comme nos parents et nos grande-parents, votre bulletin dans l'urne. Un exercice qui en vaut la peine : pour éviter ce que les défenseurs de l'AVS dénoncent comme son "saccage", il faut que l'initiative qui améliore les rentes de ce premier pilier de la retraite, fasse le meilleur résultat possible -le meilleur résultat étant évidemment son acceptation. Car ce n'est pas seulement l'initiative elle-même qui est l'enjeu du vote de dimanche : c'est le niveau des retraites dans ce pays, et la capacité du système des "trois "piliers" de la maintenir, quand seul le premier -l'AVS, précisément- est assez solide, assez durable et assez équitable pour remplir le mandat constitutionnel de rentes assurant, à la retraite, une vie digne. Vous avez oublié de voter par correspondance ? Aux urnes de votre local, citoyennes et citoyens !

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  • Trahis après avoir été utilisés : Les Kurdes dans l'étau

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    Sur le front des combats contre l'"Etat islamique", en Irak et en Syrie, sur le terrain et non dans les airs, les meilleurs combattants sont depuis deux ans les Kurdes. Des combattants qui sont souvent des combattantes. Ils étaient les premiers alliés des Etats-Unis contre Daech. Ils ne le sont plus : les USA ont passé alliance avec la Russie pour sauver le régime de Bachar El Assad, et la Turquie a passé alliance avec la Russie pour que celle-ci la laisse régler à sa manière, toujours la même, la "question kurde". Entre Obama, Poutine et Erdogan, un accord s'est fait sur le dos des Kurdes. Et dans le dos de leurs combattants et de leurs combattantes. Et les voilà, les Kurdes, une fois de plus trahis après avoir été instrumentalisés. On s'allie pour un temps avec eux contre un ennemi commun, puis on les abandonne : vieille histoire : En 1920, lors du partage de l'Empire Ottoman, on leur avait promis une région autonome réunissant ceux de Syrie, d'Irak, d'Iran et de Turquie. Trois ans plus tard, à Lausanne, on pactisait avec la Turquie d'Atatürk. Et on trahissait la promesse fait aux Kurdes. Ils sont aujourd'hui 30 millions, toujours entre Irak, Iran, Syrie et Turquie : cela fait d'eux sans doute le plus nombreux des peuples sans Etat. Un peuple trahi après avoir été utilisé comme chair à canon.

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  • La loi, et après ?

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    Bandeau asile.jpg

    ça n'a pas traîné : le lendemain du vote largement favorable à la nouvelle loi sur l'asile (à plus de deux contre un, aucun canton ne manquant à l'appel du "oui"), la droite démocratique se vautrait sur les plate-bandes de l'UDC pour exiger une application la plus stricte (pour ne pas écrire : la plus aveugle) possible des dispositions les plus restrictives de la loi, la mise en oeuvre la plus rapide et la plus effective possible des renvois, et l'application la plus prudente (pour ne pas écrire : la plus insignifiante) possible des avancées contenues dans la loi. Sur quoi, le jour suivant, la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga rappelait à l'ordre le canton de Vaud, coupable de ne pas exécuter assez promptement les décisions fédérales de renvoi... Alors bien sûr que la situation serait pire encore (pas pour nous : pour les réfugiés) si la loi avait été refusée, puisque même en ne menant pas vraiment campagne, c'était le parti xénophobe et tribal qui constituait le coeur de l'opposition à la loi soumise au peuple... et qui geint en attribuant sa défaite à la "machine de propagande" créée par le Conseil fédéral pour "duper le peuple"...  A l'inverse, la socialiste Cesla Amarelle se félicite que le peuple ait "saisi les réels enjeux  cette votation" et de ce que l'on puisse désormais aborder la question de l'asile "plus sereinement". Bel optimisme. Démenti toutefois par l'offensive de la droite sitôt le vote acquis. Le "front commun" des partis gouvernementaux en faveur de la loi n'était pas un "front républicain" contre la xénophobie -seulement une alliance contre l'UDC. Une alliance de circonstance, ne présageant rien dont on puisse se réjouir. Et ne répondant pas à la question : la loi a été approuvée, qu'en faire ?

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