lundi, 03 novembre 2014

Déclinisme, décadentisme et catastrophisme au menu : Déprime time

Il y a comme cela, régulièrement, des bouquins dont on cause tellement dans tous les media possibles qu'on a l'impression de les avoir déjà lus alors même qu'on n'en a pas tourné la première page, et qu'on n'en a même pas envie. Ce buzz nous avait dissuadés de décoder le Da Vinci, d'aller au-delà de la première nuance de Grey, de célébrer un autre Dicker que Jacques ou de nous abîmer dans les règlements de compte adultérins de Valérie Valérie Trierweiler, il nous dissuade aujourd'hui de prendre, ou de perdre, pour lire Eric Zemmour la plus petite part du temps que nous consacrons à relire Dostoïevski. Pourtant, il faudrait peut-être que nous nous résignions à ce sacrifice, puisqu'on nous serine que le succès du pavé de Zemmour, « Le Suicide français », est « révélateur ». Reste à savoir de quoi... d'un temps de déprime politique, en tout cas, mais encore ?

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13:27 Publié dans Politique, Société - People | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : déclinisme, zemmour | |  Facebook | | | |

jeudi, 07 mars 2013

La nuit, les jeunes, les bars, les habitants...

Retieeeennnns, la nuiiiiit....

Samedi dernier, plusieurs centaines de djeuns -500 selon la «Tribune de Genève», 800 selon d'autres sources (de jouvence), ont manifesté à Plainpalais contre la décision des autorités cantonales de refuser à 28 bistrots l'autorisation de fermer à deux heures plutôt qu'à minuit (décision révoquée d'ailleurs par ces mêmes autorités il y a quelques jours). Décision parfaitement incohérente, parce de deux choses l'une : ou on privilégie une logique de marché, et on laisse tous les lieux publics de consommation ouverts autant qu'ils le veulent, ou on privilégie une logique de besoin (tempérée du souci de limiter les nuisances pour les habitants des quartiers concernés), et on opère une sélection entre eux, mais avec des critères cohérents et intelligibles. Reste que la « question de la nuit » reste posée, et avec elle celle de sa marchandisation.

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14:04 Publié dans Genève, Société - People | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : nuit | |  Facebook | | | |

lundi, 19 novembre 2012

Non aux droits des autres !

Ils étaient contre le divorce, l'union libre, le partenariat, ils sont maintenant contre le mariage...

C'est une manie, une sorte de pulsion, quelque chose d'irrépressible, de pavlovien : manifester non pour ses droits mais contre les droits des autres. Des milliers de personnes ont manifesté samedi et dimanche en France contre le projet du gouvernement d'autoriser le mariage de personnes du même sexe. Des églises, des sectes, des «autorités religieuses» chrétiennes, juives et musulmanes ont appelé à ces manifestations. Les réactions religieuses avaient naguère manifesté contre le droit au divorce, contre le suffrage féminin, contre le droit à l'avortement, contre le partenariat. Elles manifestent aujourd'hui contre le droit des homosexuel-le-s au mariage. Que laissent-elles à celles et ceux à qui elles veulent imposer toutes les clôtures qu'elles trimballent ? le choix entre la chasteté, la branlette et le suicide ?

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15:24 Publié dans Société - People | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : mariage, gays, homosexualité, famille, église, églises | |  Facebook | | | |

mardi, 28 août 2012

Putain, soixante ans...

A dix ans, on se demande ce qu'on fout là, on n'a pas la réponse, mais on est là quand même. Et on se demande s'il est vraiment nécessaire de grandir, on se répond que non, mais on grandit quand même.
A quinze ans, on se dit qu'on est sera vieux à trente, et à dix-huit ans on décide qu'on se tuera avant d'en avoir quarante.
A vingt ans, on se dit qu'on a encore le temps de voir venir avant de se ranger ou de se tuer. Et à quarante ans, on ne s'est pas tué mais on se dit qu'on aurait peut-être du se ranger, faire carrière et famille...
A cinquante ans, on se dit qu'un demi-siècle, c'est bien court.
Et voilà, on a soixante ans.
On a grandi, on a vieilli, on ne s'est pas tué, on ne s'est pas rangé, on n'a pas fait carrière, on n'a pas fait famille, on n'a pas de Rolex, pas de bagnole et pas de pouvoir. Et on gage qu'on ne fera ni n'aura jamais rien de tout cela, même si la statistique nous donne encore un bon quart de siècle d'espérance de vie.
Mais où sont-elles passées, ces soixante années ? Qu'en a-t-on fait ? Où diable les avons-nous perdues, gaspillées, consumées ? Elles sont passées si vite... et pourtant, pendant ce temps pour nous si court, on a changé de monde...

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04:11 Publié dans Société - People | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : anniversaire, autobiographie, holenweg | |  Facebook | | | |

jeudi, 29 avril 2010

1er Mai : Fêter les travailleurs, pas le travail...

1er Mai : Fêter les travailleurs, pas le travail...

Ce 13 Floréal (samedi 1er mai dans le calendrier vulgaire), nous serons dans la rue, défilant avec quelques milliers d'autres, à l'occasion de cette fête dont Eric Hobsbawm rappelait fort justement qu'elle était, de toutes celles, internationales et nationales, la seule qui ait décidée « d'en bas », à l'initiative de la plèbe, et non de l'Eglise ou de l'Etat. Mais que diable fête-t-on le 1er mai ? Le travail, ou les travailleurs ? Ce jour fut proclamé par l'Internationale ouvrière comme le jour des travailleurs, la fête des travailleurs, non comme le jour et la fête du travail. Il y a là plus qu'une nuance : on ne célèbre pas ce à quoi on est condamné, on célèbre ce qu'on est. Que la fête des travailleurs ait été transformée en fête du travail par les Etats, et d'abord par les Etats fasciste, ne relève pas du hasard, mais de la nécessité politique : celle de la mise au pas des travailleurs. A contrario, le refus du salariat, le refus du travail organisé et déterminé par d'autres que ceux qui le font, le refus, par conséquent, de la chefferie, sont fondateurs de tout projet socialiste -que les socialistes l'admettent et s'en souviennent ou non. La lutte contre l'ordre du monde commence par la lutte contre le travail produisant cet ordre et que cet ordre en retour organise.

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mercredi, 05 novembre 2008

Toxicomanies : La Suisse se (re)fait une ligne

Le 30 novembre prochain, deux des objets à l'ordre du jour de la votation fédérale concernent, et proposent de (re)définir, la ligne politique de la Suisse face aux toxicomanies -en l'occurrence, celles qui correspondent à l'usage de substances dont le commerce est illégal. Ni l'initiative populaire pour la décriminalisation de l'usage, de la production et de la commercialisation du cannabis, ni la révision de la loi fédérale sur les stupéfiante ne remettent en cause une politique dite des " quatre piliers " (prévention, réduction des risques, thérapie et répression), impliquant la distribution médicale d'héroïne, qui a permis de réduire la criminalité liée à la toxicomanie, le nombre de morts par overdose, sida ou hépatite C, d'accroître le nombre de toxicomanes suivant un traitement et de rétablir le lien social avec eux.

Prohiber la prohibition

La révision de la loi fédérale sur les stupéfiants n'est combattue que par la droite la plus extrême, et la plus bornée. Qui combat évidemment aussi, et à plus forte déraison, l'initiative pour une politique " raisonnable " à l'égard du cannabis, et s'en tient à la prohibition des drogues -et encore, pas de toutes : les mêmes forces politiques et sociales qui ne veulent pas entendre parler de distribution contrôlée de l'héroïne et de dépénalisation du cannabis défendent mordicus la distribution incontrôlée d'alcool et ne voient aucune objection à ce que l'industrie pharmaceutique encaisse les produits faramineux du libre (ou presque) commerce de médicament psychotropes. Ces forces combattent une politique qui a sauvé, et sauve encore des vies, qui a réintégré, et réintègre encore, des toxicomanes dans des réseaux sociaux normaux. Cette politiques, elles la combattent par dogmatisme purificateur : il faut " éradiquer la toxicomanie ". Et peu importe que partout où cette éradication a été tentée, elle a renforcé les réseaux de trafiquants, encouragé le deal criminel et enrichi les mafias. Dans les années vingt, la prohibition de l'alcool n'a désintoxiqué aucun alcoolique, en a tué des milliers en les abreuvant de saloperies frelatées, et a enrichi Al Capone.

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