Santé, médecine

  • En attendant le jour d'après

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    consommation.jpg"Jusqu'ici, tout va bien"...

    Hier, 24 mars, on dénombrait en Suisse 8836 cas d'infections au COVID décelées (plus toutes celles qui n'ont pas été repérées) et 86 morts. Le 22 mars séropositifs les séropositifs étaient âgés de 0 à 101 ans, avec une médiane de 51 ans. Les adultes sont beaucoup plus touchés que les enfants et, dès 60 ans, les hommes plus touchés que les femmes. On peut désormais tester 7000 personnes par jour en Suisse, soit un taux de test de 5800  par million d'habitants : c'est moins que la Corée du Sud (6150) mais plus que l'Italie (3450). Et plus de deux milliards d'habitants de la planète sont actuellement soit confinés à leur domicile, soit vivement incités à s'y confiner eux-mêmes. Comme nous le désillusionne Stéphane Gobbo dans "Le Temps", on ne peut même pas se rassurer en se répétant en mantra que "jusqu'ici tout va bien", parce que forcément, le "jusqu'ici" suggère que ça va mal finir...

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  • L'épidémie qui trie

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    solitude.jpegIl y aura un "après COVID-19"...

    On s'en souviendra, de cette fin d'hiver et début de printemps 2020. On s'en souviendra, mais quels enseignements en tirerons-nous ? lesquels de nos comportements vont changer, et lesquels renaître comme si de rien  n'avait été, une fois l'épidémie évanouie ? L'économie, durement frappée non par le virus mais par les mesures prises pour en combattre la propagation, reprendra vigueur -comme après toutes les crises, même les pires : le capitalisme sait en faire l'occasion et le moyen de se réformer lui-même, quelque prix que cela coûte -tant que ce ne sont pas les capitalistes eux-mêmes qui ont à le payer. Toutes les collectivités publiques vont passer à la caisse : les communes, les régions (les cantons, chez nous), les Etats, les regroupements supranationaux (comme l'Union Européenne) vont dégager ensemble des centaines de milliards pour soutenir les entreprises, la production et la consommation. Les bon vieux dogmes de l'équilibre budgétaire, de la maîtrise de la dette, de la liberté des marchés ? mis au congélateur -il sera bien temps de les en sortir quand la pandémie sera passée. Et quand elle aura fait à notre place le tri de ce qui importe et de ce qui indiffère, le tri de l'indispensable et du futile, du bénéfique et du nuisible. Mais de ce tri, quel usage serons-nous capable de faire ?

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  • De la politique en temps de pandémie

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    supermarché dévalisé.jpg

    Que confiner ?

    Le parlement fédéral, le Grand Conseil, le Conseil municipal ne se réunissent plus jusqu'à nouvel ordre, les partis ne tiennent plus ni réunions internes, ni manifestations externes (le congrès du PS suisse a été reporté), on ne peut plus récolter dans la rue de signatures pour des référendums ou des initiatives... et le deuxième tour des Municipales françaises a été reporté de trois mois...  le COVID-19 a-t-il tué la démocratie ? alité la politique ? La présidente du gouvernement vaudois, résumant les discours d'à peu près toutes et tous les responsables politiques, de Berset à Macron, explique : "aujourd'hui, nous devons limiter les interactions sociales". S'il s'agissait d'autre chose que de limiter les contacts physiques entre individus, il y aurait de quoi s'inquiéter : la société étant faite d'interactions (sociales par définition), il ne s'agirait plus alors que de "gérer" des individus isolés les uns des autres comme un gérant de supermarché gère le réapprovisionnement de ses rayons de boîtes de raviolis ou de papier de chiotte après qu'ils aient été dévalisés par des clients dont seule la part reptilienne du cerveau semble encore en état de fonctionner. Tout, cependant, ne peut être confiné.Et tout ce qui est confiné n'y survit pas : http://www.bibebook.com/files/ebook/libre/V2/poe_edgar_allan_-_le_masque_de_la_mort_rouge.pdf?fbclid=IwAR2trYmBny_OchAOfa9MZvPUQLvh0UuE_YRl9gf4JpmBedakcrbFyhwWKrI

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  • Coronavirus : faire comme les zautorités disent qu'on doit faire

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    Magdalena Blocher.jpgJ'embrasse pas

     

    Monsieur Alain Berset,

    je vous fais une lettre

    que vous lirez peut-être

    si votre temps le permet

    Je viens de recevoir

    mes consignes sanitaires

    de ne plus prendre  l'air

    du matin jusqu'au soir...

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  • Politique de la santé et de l'assurance-maladie : Quand est-ce qu'on change ?

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    lobotomie.jpg"Révolution au parlement" titrait "Le Temps" de samedi... quelle "révolution" nous avait donc échappé ? la réduction du nombre de représentants des groupes de pression du secteur de la santé, à commencer par celui des caisses-maladie, dans les deux commissions de la santé du Conseil National et du Conseil des Etats... "Révolution", c'est donc beaucoup dire pour une réduction des risques de conflits d'intérêt, grâce au renoncement des partis de droiteà présenter ou à représenter des hommes (ou des femmes)-liges des caisses maladioe ou des associations professionnelle des médecins. Un renoncement facilité par les échecs électoraux du PLR et de l'UDC : le président de l'association faîtière des caisses-maladie ("Santésuisse"), l'udéciste Heinz Brand, n'a en effet pas été réélu dans les Grisons. Des cinq udécistes liés aux caisses-maladie qui siégeaient dans la commission du Conseil national sortant, il n'en reste plus qu'un. Ce petit nettoyage d'hiver, cette perte de pouvoir direct des caisses-maladie (qui gardent un pouvoir indirect considérable), et le renforcement de la présence des représentants des prestataires de soins, notamment des hôpitaux, annonce-t-il un changement plus ambitieux de politique de la santé et de la protection sociale contre la maladie ? On se gardera bien de l'annoncer -on se contentera de l'espérer, sans grande illusion : la majorité du parlement est toujours à droite, celle du gouvernement aussi, le ministre de la santé est toujours ligoté par le cadre "libéral" du système d'assurance-maladie... et même les propositions de réformes avancées par la gauche se gardent de remettre fondamentalement en cause ce cadre...

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  • Qu'est ce qui est "trop coûteux" dans le système de santé ?

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    clystere-seringue___iniature-1470c32.jpgLe malade, c'est le système...

    A Genève, le Conseil d'Etat s'oppose à l'initiative de la gauche pour un plafonnement des primes d'assurance maladie à 10 % du revenu du ménage : la proposition est jugée trop coûteuse par le gouvernement cantonal, qui rappelle qu'il verse, pour 323 millions de francs par an, des subsides à 110'000 personnes pour les aider à payer leurs primes -ou les payer presque totalement à leur place. Mais qu'est ce qui est "trop coûteux", dans le système suisse de santé ? L'aide apportée à celles et ceux qui ne peuvent assumer le coût exorbitant des primes (obligatoires) d'assurance par tête (et non par ménage), ou ce système lui-même, ce qu'il condense d'absurdité dans la conception même d'une politique de la santé, voire la définition même de la santé, et l'impossibilité d'une part croissante de la population à en assumer le coût sur elle reporté ?

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  • Vaud vote le 4 mars sur la création d'une assurance publique pour frais dentaires. Genève suivra.

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    arracheur_de_dents92471.jpgLes dents de l'amer

    Dans le canton de Vaud, le 4 mars, et à Genève plus tard, on votera sur une initiative proposant la création d'une assurance publique pour le remboursement des soins dentaires, financée essentiellement par une cotisation paritaire (payée à part égale, soit 0,5 % du salaire par l'employé et 0,5 % par l'employeur), et accessoirement par le canton, pour les personnes à l'aide sociale. Tous les soins de base seraient remboursés, la loi définissant quels soins sont "de base". Cette assurance n'est certes qu'une réponse partielle, et donc insuffisante, à la réalité d'un accès inégal aux soins (pas seulement dentaires) dans ce pays, faute d'une véritable sécurité sociale globale et c'est bien la LAMAL qu'il faudrait réformer pour qu'y soient inclus les soins bucco-dentaires que l'initiative vaudoise veut faire couvrir par une assurance supplémentaire, et spécifique. Mais la LAMAL est une loi fédérale, dont la modification suppose une majorité politique (parlementaire et populaire) au niveau fédéral, et cette majorité fédérale est aujourd'hui inexistante, alors que des majorités cantonales sont possibles en Romandie, du Tessin, et peut-être dans deux ou trois cantons alémaniques. Le "pas à pas, canton par canton" reste donc, pour le moment, la seule voie possible. Ces pas, actuellement, doivent être faits, partout où il sera possible de les faire. Sinon ? Sinon, rien. Le statu quo, l'absence de soins, ou des soins rationnés, parce qu'ils sont financièrement hors d'atteinte de celles et ceux qui en ont besoin. Et cela, dans l'un des pays les plus riches du monde.

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  • Je me tue, donc je vis

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    Magritte2.jpgde vivre, droit de mourir, c'est tout un

    Un homme voulait mourir. Il avait demandé à l'association Exit de l'y aider. Elle avait accepté. Mais deux de ses frères l'en ont empêché, en saisissant la justice et en faisant suspendre (en attente d'un jugement) l'injection létale prévue. L'homme qui voulait mourir n'a pas attendu que la justice lui en donne le droit : il se l'est donné, et se l'est donnée, elle, lui-même. Seul, sans l'accompagnement d'Exit. Qu'est-ce que cela dit de notre rapport à la mort -à notre propre mort, et à la mort des autres, celles et ceux dont on n'accepte pas la mort même s'ils ont choisi de se la donner, celles et ceux qu'on aime et qu'on aime vivants ? Qu'est-ce que cela dit de notre droit à vivre et de notre droit à cesser de vivre ?

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  • Assurance-maladie : les primes augmentent, l'Etat casque...

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    E da capo...

    Alain Berset ne l'avait pas caché, trois jours avant la votation sur l'initiative pour une caisse publique d'assurance-maladie (alors que la majorité des votes avaient déjà été exprimés) : quel que soit le résultat de la votation, que le système change ou pas, que l'assurance de base soit publique ou reste privée, les primes continueront d'augmenter (on en est quasiment à Genève à des primes moyennes de 500 balles) avec des caisses dont les cotisations n'augmentent pas, des caisses où elles augmentent de plus de 10 %, plus de 200'000 combinaisons différentes d'assurance possibles, et un nombre croissant d'assurés qui ne peuvent payer leurs primes que grâce à des subsides de l'Etat -ou ne les paient pas et se retrouvent aux poursuites, l'Etat payant leurs primes à leur place en attendant qu'ils reviennent à meilleure situation financière -s'ils y reviennent. C'est tout le bonheur du système suisse d'assurance-maladie, ça, un vrai mouvement perpétuel : les coûts grimpent, les caisses encaissent, l'Etat décaisse, les assurés morflent... e da capo...

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  • NON (alémanique) à la caisse publique d'assurance-maladie : Un refus de la liberté de choix...

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    Une majorité de votantes et tants alémaniques ont donc fait échec à la création d'une caisse-maladie fédérale publique et refusé d'ouvrir la seule concurrence et la seule « liberté de choix » qui vaillent : celles entre les 61 caisses privées auxquelles chacun est actuellement obligé de s'affilier, et la caisse publique fédérale qui ne sera pas créée. Reste évidemment la voie évoquée de création de caisses publiques cantonales (ou d'une caisse publique intercantonale) dans les cantons ayant accepté l'initiative : le Jura, Neuchâtel, Genève et Vaud. Sans exclure, évoquée par Pierre-Yves Maillard  «  une initiative qui interdise aux assureurs de payer les partis politiques et les élus aux Chambres », et « nettoie le parlement du lobbysme obscène » de caisses maladie qui prospèrent sous le parapluie de l'Etat, tout en dénonçant « l'étatisme » de ceux qui les critiquent. 

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  • Vote sur la caisse publique d'assurance-maladie : En forme pour le jour d'après ?

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    Les derniers sondages (bien sûr, ce ne sont que des sondages, mais tout de même...) confirment les précédents : la droite et la Suisse alémanique rejetteraient clairement l'initiative pour une caisse publique d'assurance maladie, que la gauche plébisciterait et que la Romandie et le Tessin accepteraient. Et comme la gauche, les Romands et les Tessinois sont minoritaires dans ce pays... Que pourra-t-on faire si ces prévisions se confirment (avant quoi il convient tout de même de se mobiliser pour qu'elles ne se confirment pas) ? « Si les Genevois votaient massivement pour l'initiative, ce serait un signal à prendre en compte » pour envisager de « créer une caisse unique cantonale » estime le Conseiller d'Etat genevois (MCG) Mauro Poggia. Son collègue socialiste vaudois Pierre-Yves Maillard est du même avis, ajoutant à cette hypothèse celle d'une caisse publique intercantonale, pour les cantons ayant accepté l'initiative.

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  • « La guerre contre la drogue a été un grave échec » : Post Tenebras Lux ?

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    « La guerre contre la drogue a été un grave échec », ont asséné début septembre les membres de la commission globale de politique en matière de drogues, parmi lesquelles et lesquels Ruth Dreifuss, Fernando Henrique Cardoso, Louise Arbour... Elles et ils plaident pour un changement radical, pour l'abandon du tout répressif au profit d'un contrôle public de la production, du commerce et de la consommation des drogues. Parce qu'un monde sans drogues est illusoire et que leur prohibition n'a que des effets négatifs, voire dévastateurs. Elle coûte 100 milliards de dollars par an, remplit les prisons, enrichit les mafias, dégrade les conditions sanitaires des populations concernées (au Moyen Orient, en Asie et en Russie, elle a favorisé le sida...). Elle tue plus que les drogues elles-mêmes, produit plus de criminalité que le trafic lui-même. Mais « on » s'y accroche encore. Pour combien de temps, combien de morts et combien de profits pour les réseaux criminels ?

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  • Initiative pour une caisse-maladie publique : Le spectre de l'étatisation

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    Un specfantôme.jpgtre hante la campagne sur (et contre) l'initiative pour une caisse-maladie publique : le spectre de l'"étatisation du système de santé" qu'induirait l'adoption de initiative. Etrange spectre à la fonction de marionnette agitée par des milieux particulièrement bien représentés au parlement fédéral, dans ses couloirs, dans les commissions et lors des processus de consultation sur des sujets qui les concernent, fût-ce de loin. Ces anti-étatistes d'occasion ont fait leur nid dans l'Etat, y pondent leurs oeufs, les y couvent et y font éclore les projets qui leurs conviennent -en étouffant ceux qui ne leurs conviennent pas : des "antiétatistes" de ce calibre, le corporatisme en pondait une portée tous les matins.

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  • Initiative pour une caisse publique d'assurance-maladie : Une majorité populaire à (re)conquérir

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    Le 28 septembre, on votera sur l'initiative populaire fédérale pour une caisse publique d'assurance-maladie, lancée par le Parti socialiste, et contrairement aux précédents. le dernier sondage n'est pas très optimiste, sauf en Romandie et au Tessin. Or pour être adoptée, l'initiative doit non seulement obtenir une majorité dans l'électorat national, mais également une majorité dans une majorité de cantons. La première majorité populaire, nationale, sera difficile mais pas impossible à atteindre, puisque le sondage ne suggère qu'une majorité nationale rejetante de 51 %, avec seulement 9 % d'indécis, et que cette majorité ne tient qu'à un rejet à 59 % en Alémanie, contre une approbation à 55 % en Romandie et 53 % au Tessin. C'est sur cette (re)conquête d'une majorité populaire que va devoir s'atteler la campagne des partisans d'une proposition qui n'a rien d'excessif, et tout d'une bonne grosse vieille démarche social-démocrate, quoi qu'en dise le Conseiller fédéral socialiste qui combat au nom du gouvernement l'initiative de son propre parti...

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  • Initiative pour une caisse publique d'assurance-maladie : Une majorité populaire à (re)conquérir

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    Le 28 septembre, on votera sur l'initiative populaire fédérale pour une caisse publique d'assurance-maladie, lancée par le Parti socialiste, et contrairement aux précédents. le dernier sondage n'est pas très optimiste, sauf en Romandie et au Tessin. Or pour être adoptée, l'initiative doit non seulement obtenir une majorité dans l'électorat national, mais également une majorité dans une majorité de cantons. La première majorité populaire, nationale, sera difficile mais pas impossible à atteindre, puisque le sondage ne suggère qu'une majorité nationale rejetante de 51 %, avec seulement 9 % d'indécis, et que cette majorité ne tient qu'à un rejet à 59 % en Alémanie, contre une approbation à 55 % en Romandie et 53 % au Tessin. C'est sur cette (re)conquête d'une majorité populaire que va devoir s'atteler la campagne des partisans d'une proposition qui n'a rien d'excessif, et tout d'une bonne grosse vieille démarche social-démocrate, quoi qu'en dise le Conseiller fédéral socialiste qui combat au nom du gouvernement l'initiative de son propre parti...

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  • Système de santé : des Suisses contents...

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    Santé, conservation !

    Selon un sondage de l'institut Gfs, mandaté par l'industrie pharmaceutique, 76 % des assurés suisses seraient satisfaits du système de santé (sauf qu'être  satisfait du système de santé, ce n'est pas forcément l'être du système d'assurance-maladie : la moitié des sondés sont favorables à une caisse publique). en attendant, des gens se privent de soins qui leur seraient nécessaires, parce qu'ils n'ont pas les moyens de se les payer ni le droit de se les faire rembourser.  Les coûts de la santé ne vont pas diminuer (la Suisse consacre actuellement 98 % des dépenses de santé à combattre les maladies, et 2 % à les prévenir) : la population vieillit, et a donc besoin de plus en plus de soins, les exigences individuelles et sociales de bien-être s'accroissent, et on utilise et consomme des appareils et des médicaments de plus en plus sophistiqués et donc de plus en plus coûteux. C'est peut-être le moment de s'interroger non seulement sur notre système de santé, mais aussi sur ce que signifie le mot même de « santé »...

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  • Permanence de la toxicomanie et du deal : Sortir de l'impasse de la prohibition

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    Si l'on en croit les statistiques de la criminalité qui viennent d'être rendues publiques (et qui ne mesurent en réalité pas la criminalité, mais sa répression), le marché genevois des stupéfiants (autrement dit : des drogues illégales) n'a pas connu d'évolution significative entre 2010 et 2011. En d'autres termes, on en serait resté au même point. Avec à peu près autant de consommateurs, à peu près autant de dealers, actifs dans, grosso modo, les mêmes quartiers et vendant à peu près les mêmes substances au même prix... et ce n'est pas une bonne nouvelle, puisque cela signe l'échec de décennies d'une répression de la consommation et du commerce des drogues -une répression qui n'a fait reculer ni la première, ni la dangerosité du second, mais qui coûte mondialement 100 milliards de dollars par an. Et engraisse les mafias.

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  • Caisse maladie unique : on re-votera. Sur un projet tronqué.

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    Prudence, prudence...

    L'initiative populaire fédérale pour l'instauration d'une caisse maladie unique (la deuxième initiative du genre) a abouti, avec plus de 120'000 signatures récoltées en onze mois, et elle sera déposée au printemps prochain. En 2007, le peuple et les cantons avaient refusé, très nettement, une première initiative pour l'instauration d'une caisse unique, qui avait succombé à la campagne du lobby des assureurs et à la crainte (irraisonnée) que les primes qu'elle prévoyait de fixer en fonction du revenu n'explosent pour les « classes moyennes ». Du coup, les auteurs de la deuxième initiative ont renoncé à reprendre cette proposition de primes en fonction du revenu. Proposition fondamentalement légitime, socialement juste, mais pas franchement dans l'air, très droitier, du temps. D'où la prudence de leur texte. Et son insuffisance : celle d'un premier pas...

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  • Santé, conservation !

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    Il eût été assez surprenant, et pour tout dire absurde, que le corps des humains ne devienne pas marchandise pour un système qui fait de l'humain une marchandise.

    Il eût été assez surprenant que l'obsession de la productivité ne se traduise pas en obsession de la « santé », au point que la recherche de la « santé » devienne elle-même une maladie, et en tous cas un facteur pathogène : réduit à  ses fonctionnalités utiles, le corps doit être performant et la personne se rend malade à  force de se vouloir en « pleine forme ».

    L'obsession du bien être est une maladie sociale. La peur du risque, et donc la peur de l'autre dès lors que toute altérité est porteuse de risque, la négation de la mort, le refus de la vieillesse, la mobilisation de toutes nos ressources intimes pour la conservation de nous-mêmes, sont autant de symptômes de cette maladie sociale qui, en devenant maladie individuelle, devient  maladie mortelle -mais produisant des morts-vivants : l'obsession de notre santé nous zombifie.

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  • Réforme du financement hospitalier : Vous allez la sentir passer. Trois fois.

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    La réforme du financement hospitalier, imposée aux cantons (et aux hôpitaux publics) par la majorité parlementaire fédérale (de droite, au cas où vous l'auriez oublié) va coûter bonbon aux cantons et aux assurés, et peser lourd sur les conditions de travail du personnel (celui qui n'aura pas été licencié, donc) et les conditions de séjour des patients. Par contre, les assurances, elles, pensent pouvoir s'en tirer sans dommage. Selon les estimations de la Conférence des directeurs cantonaux de la Santé, le nouveau système va coûter un milliard aux cantons, et 500 millions aux assurés de base (parce que les assurances vont répercuter leurs coûts supplémentaires sur les assurés, vous pensiez quoi ? qu'elles allaient les assumer ?), représentant une économie d'autant pour les assurances complémentaires. Qui ne prévoient nullement de répercuter cette économie sur les primes, en les diminuant. On assiste donc à un véritable transfert de charges des assurances facultatives sur l'assurance obligatoire, et sur les caisses publiques cantonales. Qui vont les répercuter sur les budgets des hôpitaux. Qui vont les répercuter sur le personnel. Ce qui se répercutera sur les patients qui paieront une troisième fois une réforme qu'on leur aura déjà fait payer deux fois. comme assurés comme contribuables.

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