mercredi, 28 mars 2012

Permanence de la toxicomanie et du deal : Sortir de l'impasse de la prohibition

Si l'on en croit les statistiques de la criminalité qui viennent d'être rendues publiques (et qui ne mesurent en réalité pas la criminalité, mais sa répression), le marché genevois des stupéfiants (autrement dit : des drogues illégales) n'a pas connu d'évolution significative entre 2010 et 2011. En d'autres termes, on en serait resté au même point. Avec à peu près autant de consommateurs, à peu près autant de dealers, actifs dans, grosso modo, les mêmes quartiers et vendant à peu près les mêmes substances au même prix... et ce n'est pas une bonne nouvelle, puisque cela signe l'échec de décennies d'une répression de la consommation et du commerce des drogues -une répression qui n'a fait reculer ni la première, ni la dangerosité du second, mais qui coûte mondialement 100 milliards de dollars par an. Et engraisse les mafias.

Lire la suite

16:21 Publié dans Santé, médecine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : toxicomanie, drogues, dealers, criminalité | |  Facebook

jeudi, 05 janvier 2012

Caisse maladie unique : on re-votera. Sur un projet tronqué.


Prudence, prudence...

L'initiative populaire fédérale pour l'instauration d'une caisse maladie unique (la deuxième initiative du genre) a abouti, avec plus de 120'000 signatures récoltées en onze mois, et elle sera déposée au printemps prochain. En 2007, le peuple et les cantons avaient refusé, très nettement, une première initiative pour l'instauration d'une caisse unique, qui avait succombé à la campagne du lobby des assureurs et à la crainte (irraisonnée) que les primes qu'elle prévoyait de fixer en fonction du revenu n'explosent pour les « classes moyennes ». Du coup, les auteurs de la deuxième initiative ont renoncé à reprendre cette proposition de primes en fonction du revenu. Proposition fondamentalement légitime, socialement juste, mais pas franchement dans l'air, très droitier, du temps. D'où la prudence de leur texte. Et son insuffisance : celle d'un premier pas...

Lire la suite

jeudi, 04 août 2011

Santé, conservation !

Il eût été assez surprenant, et pour tout dire absurde, que le corps des humains ne devienne pas marchandise pour un système qui fait de l'humain une marchandise.

Il eût été assez surprenant que l'obsession de la productivité ne se traduise pas en obsession de la « santé », au point que la recherche de la « santé » devienne elle-même une maladie, et en tous cas un facteur pathogène : réduit à  ses fonctionnalités utiles, le corps doit être performant et la personne se rend malade à  force de se vouloir en « pleine forme ».

L'obsession du bien être est une maladie sociale. La peur du risque, et donc la peur de l'autre dès lors que toute altérité est porteuse de risque, la négation de la mort, le refus de la vieillesse, la mobilisation de toutes nos ressources intimes pour la conservation de nous-mêmes, sont autant de symptômes de cette maladie sociale qui, en devenant maladie individuelle, devient  maladie mortelle -mais produisant des morts-vivants : l'obsession de notre santé nous zombifie.

Lire la suite

14:03 Publié dans Santé, médecine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : hypocondrie | |  Facebook

lundi, 20 juin 2011

Réforme du financement hospitalier : Vous allez la sentir passer. Trois fois.

La réforme du financement hospitalier, imposée aux cantons (et aux hôpitaux publics) par la majorité parlementaire fédérale (de droite, au cas où vous l'auriez oublié) va coûter bonbon aux cantons et aux assurés, et peser lourd sur les conditions de travail du personnel (celui qui n'aura pas été licencié, donc) et les conditions de séjour des patients. Par contre, les assurances, elles, pensent pouvoir s'en tirer sans dommage. Selon les estimations de la Conférence des directeurs cantonaux de la Santé, le nouveau système va coûter un milliard aux cantons, et 500 millions aux assurés de base (parce que les assurances vont répercuter leurs coûts supplémentaires sur les assurés, vous pensiez quoi ? qu'elles allaient les assumer ?), représentant une économie d'autant pour les assurances complémentaires. Qui ne prévoient nullement de répercuter cette économie sur les primes, en les diminuant. On assiste donc à un véritable transfert de charges des assurances facultatives sur l'assurance obligatoire, et sur les caisses publiques cantonales. Qui vont les répercuter sur les budgets des hôpitaux. Qui vont les répercuter sur le personnel. Ce qui se répercutera sur les patients qui paieront une troisième fois une réforme qu'on leur aura déjà fait payer deux fois. comme assurés comme contribuables.

Lire la suite

14:22 Publié dans Santé, médecine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hôpitaux, assurfance-maladie | |  Facebook

lundi, 04 octobre 2010

Augmentation des primes d'assurance-maladie : Les caisses encaissent, les assurés trinquent

La dernière augmentation des primes est scandaleuse. Comme les précédentes. Et comme le seront les suivantes ( le lobby des assureurs, « Santésuisse », prédit pour 2012 une hausse supérieure à celle qui vient d'être annoncée). Cette hausse est scandaleuse par son niveau, mais surtout parce qu'elle est un racket pérenne, qui frappe tous les assurés sans tenir compte de leur revenu, et qu'elle est donc aussi insupportable pour les bas revenus, et douloureuse pour les revenus moyens, que parfaitement indolore pour les hauts revenus. Cette injustice est consubstantielle  au système des primes par tête, calculées par région en ne tenant réellement compte d'aucun autre paramètre que ceux des « coûts de la santé » et de la santé financière des caisses-maladie. Ce système n'a rien à voir avec une assurance sociale, mais tout se passe comme si les forces politiques (à commencer par le PS) qui devraient assumer la proposition d'en changer  y avaient renoncé, se contentant, au plus fort de leurs bouffées d'audace, de proposer un emplâtre (non remboursé) sur une jambe de bois (à la charge de l'unijambiste) : la caisse unique. Avec comme mot d'ordre implicite : surtout, ne parlons plus de primes proportionnelles au revenu, ça fait peur à la classe moyenne, à qui on se contentera de seriner que le coup de la sante étant le même pour un riche et un pauvre, la prime doit être la même pour le premier que pour le second, comme si l'assurance-maladie devait être une assurance contre l'augmentation des coûts de la santé au lieu d'être une assurance contre les coûts de la maladie.

Lire la suite

14:31 Publié dans Santé, médecine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : assurances, primes | |  Facebook

jeudi, 28 mai 2009

Explosion des primes d'assurance-maladie : Santé ! Conservation !

La potion est amère, et tient du bouillon de onze heures : l'Office fédéral de la santé publique et " Santésuisse " (l'association faîtière des caisses maladie) ont confirmé une hausse moyenne des primes de 15 % en 2010. Même au Tessin en Romandie où elles pourraient ne pas dépasser les 3 %, ces hausses sont inacceptables, et ne font que prolonger la vie parasitaire d'un système où tout le monde triche -sauf les assurés aux revenus les plus modestes. On devrait se souvenir des belles promesses du bon docteur Couchepin, en 2007, alors que l'on s'apprêtait à voter sur l'initiative de gauche pour la création d'une caisse unique : les hausses à venir resteront " raisonnables ". La raison couchepinesque est décidément à la raison ce que les caisses-maladie sont à des assurances sociales.

Lire la suite

01:50 Publié dans Santé, médecine | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : assurance-maladie | |  Facebook

samedi, 18 avril 2009

Médecine à deux vitesses et en marche arrière

Hausse des primes maladie, taxation des patients

Une hausse moyenne de 10 % des cotisations d'assurance-maladie en 2010; des hausses pouvant aller, selon les caisses et les cantons, jusqu'à 500 francs de plus à paye, par assuré et par an : c'est ce que prévoit l'Office fédéral des assurances sociales (OFSP). On notera aussi, cerise sur le gâteau, cette proposition de l'Office fédéral de la santé publique : taxer tous les patients, avant chaque traitement, et à chaque consultation, d'une trentaine de francs pour inciter les malades à se rendre chez le pharmacien (où l'attend déjà sa franchise) avant de se rendre chez le médecin (où l'attendrait cette " taxe de consultation "). On rappellera enfin les menaces pesant sur les prestations de l'AI, les plans de " rationalisation " sévissant dans les hôpitaux, les entraves aux mesures de prévention des comportements à risques (de la clope à la malbouffe), et on aura décrit, dans les grandes lignes, ce qui se fait sous nos yeux : la perfection d'une " médecine à deux vitesses " qui se passent toutes deux en marche arrière.

Lire la suite

01:53 Publié dans Santé, médecine | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : assurances | |  Facebook