lundi, 24 octobre 2016

Quand la Wallonie fait hoqueter l'Europe...

 tigre.jpgTigre de papier...

On connait l'antienne (depuis le temps qu'on l'entend, il faudrait être sourd pour ne pas la connaître...) : l'Union Européenne est un monstre bureaucratique, un Léviathan totalitaire au service de la mondialisation capitaliste, un roc de mépris des peuples et de la démocratie... Et puis voilà qu'un accord de "libre-échange", le CETA,  négocié depuis sept ans (mais négocié par qui, au nom de qui et de quoi ?) entre le Canada et l'Union Européenne, et que tous les Etats membres de l'Union Européenne sont prêts à accepter, pourrait finalement être balancé dans les poubelles de l'histoire parce qu'une région de l'un des 28 Etats membres de l'UE refuse de l'accepter (du moins en son contenu sorti des négociations) et que dans l'Etat dont cette région est constitutive, l'accord des parlements régionaux est une condition de la signature d'un tel traité. Cet Etat, c'est la Belgique. Cette région, c'est la Wallonie. C'est pas gigantesque, la Wallonie. C'est trois millions et demi d'habitants  (deux fois la Romandie...), sur les 500 millions d'habitants des 28 Etats de l'Union Européenne. La Wallonie, c'est un caillou dans la chaussure, un grain de sable dans la machine -mais ça suffit pour faire claudiquer, et pour bloquer la machine. Peut-être bien que la Wallonie finira par céder aux pressions extraordinaire qu'elle subit de presque toutes parts (presque, puisque Attac, les Verts, la gauche de la gauche et les altermondialistes la soutiennent) pour qu'elle lève son veto. Mais même si elle devait finalement céder, elle aura au moins démontré par sa résistance une chose : Le Léviathan européen n'est qu'un tigre de papier...

 

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20:54 Publié dans Europe, Politique, Résistance | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : wallonie, ceta, mondialisation, libre-échange, tisa, ttip | |  Facebook | | | |

lundi, 03 octobre 2016

Sarawak : quand les palmiers détruisent la forêt

 
SADIA Sarawak.jpgHuile lourde

De l'huile de palme et de ses dérivés, on en trouve dans une variété impressionnante de produits de toute nature : dans l'alimentation, les cosmétiques, les détergents, les agrocarburants (jusqu'à trois fois plus polluants que les carburants conventionnels). Cette huile est lourde : pour la produire, on déforeste massivement, on remplace tout aussi massivement les cultures qui nourrissent les populations par la culture qui nourrit les actionnaires. Au Sarawak (Malaisie), la déforestation a pris un rythme délirant : la destruction de la forêt vierge y est trois fois et demi plus rapide que dans le reste de l'Asie. Or le Sarawak n'est pas une terre vierge, ni sa forêt une sylve inhabitée : les communautés autochtones, victimes de la destruction de leur cadre de vie et du vol de leurs terres, résistent à cette destruction, à leur spoliation et leur expulsion. L'association SADIA, par exemple, les aide à faire valoir leurs droits, à les manifester, à agir en justice contre les producteurs d'huile de palme, et les autorités qu'ils corrompent. à résister aux intimidations et aux violences . Le SOLIFONDS* appelle au soutien à cette résistance.
*SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, CP 80-7761-7

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15:29 Publié dans Développement durable, Economie, Résistance, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sarawak, bornéo, malaisie, sadia, huile de palme | |  Facebook | | | |

mercredi, 06 janvier 2016

Il y a un an, le carnage de "Charlie Hebdo" : qu'en avons-nous appris ?

liberté d'expression, Charlie Hebdo Le ventre est encore fécond...

"Charlie Hebdo" sort aujourd'hui un numéro rendant hommage, et mémoire, à ceux qui sont tombés il y a un an sous les balles pour avoir pris, en pleine connaissance du risque qu'ils prenaient, la liberté de dire, d'écrire, de dessiner ce qu'ils avaient envie ou besoin de dire, d'écrire et de dessiner, sans autre autorisation à demander que celle qu'ils pouvaient s'accorder à eux-mêmes. On redira donc, avec les mêmes mots ou d'autres mots, ce qu'on disait déjà il y a un an, puisque le ventre est encore fécond d'où ont surgi les Kouachi et Koulibaly : J'ai, comme toutes et tous l'ont, partout, le droit de tout dire, de tout écrire, j'aurais celui de tout dessiner si je savais dessiner.  Vous me niez ces droits ? Je vous emmerde !

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15:17 Publié dans Résistance, terrorisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : liberté d'expression, charlie hebdo | |  Facebook | | | |

mercredi, 14 janvier 2015

« Union sacrée » pour les libertés d'expression et de publication ?

50 mouches, un million de citoyens

Collez le qualificatif de « sacrée » au substantif d'« union », vous serez sûr d'attirer les mouches. Elle était pourtant splendide, la gigantesque manif parisienne du 11 janvier dernier, pour «Charlie» et la liberté d'expression, contre le terrorisme et la purification religieuse. Splendide, n'était la présence, au début de la manif (ils se sont éclipsés ensuite) de quelques dirigeants peu suspects de convictions libertaires, et plus prompts à embastiller (pour le moins) les journalistes, les dessinateurs, les écrivains, les opposants de tout poils qu'à défendre la liberté d'expression, le pluralisme et la laïcité. Bref, le genre Bongo, Orban, Netanyahu... Ils n'étaient certes qu'une cinquantaine sur plus d'un million, mais ils faisaient tache. «Le Temps» essayait, lundi de s'en consoler  : « En paradant aux côtés des démocrates, les Orban, Davutoglu ou Bongo se sont liés les poings : au prochain faux pas, il se trouvera toujours quelqu'un pour leur rappeler qu'ils étaient aussi à la marche républicaine de Paris ce 11 janvier 2015 ». Tu parles, Charlie...

Mais peu importe, en ce moment : de la formidable mobilisation de la semaine dernière, on ne retiendra pas les 50 mouches, mais les millions de citoyennes et de citoyens.

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16:11 Publié dans Droits de l'Homme, Résistance | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : charlie, charlie hebdo, liberté d'expression | |  Facebook | | | |

jeudi, 08 janvier 2015

« On a tué Charlie Hebdo » ? Eh bien non : « Nous sommes Charlie » !

Je suis Charlie.JPGAlbert Camus évoquait « ce droit au déshonneur dont Dostoïevski disait déjà qu'on est toujours sûr, l'offrant aux hommes, de les voir s'y ruer ». Ils furent trois à s'y ruer, hier, dans les locaux de Charlie Hebdo, abattant douze dessinateurs, journalistes, policiers...« On a tué Charlie Hebdo », beuglait après le massacre l'un des massacreurs, tout fier de son acte. Eh bien non : Des dizaines de milliers, peut-être des centaines de milliers de personnes, se sont rassemblées dans toutes les villes de France, et un peu partout en Europe (nous étions entre 500 et 1000, à Genève) pour dire « nous sommes Charlie ». Une journée de deuil national a été proclamée en France aujourd'hui, avec un hommage aux victimes du massacre. A Genève, à midi et demi, place Neuve, un rassemblement est organisé en soutien a Charlie Hebdo. Une grande marche de défense de la République et valeurs aura lieu à Paris, samedi. Et mercredi prochain, Charlie reparaîtra. On n'aura pas tué Charlie.

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02:27 Publié dans France, Médias, Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : terrorisme, liberté de la presse, liberté d'expression, charlie hebdo | |  Facebook | | | |

vendredi, 19 décembre 2014

L'écrivain algérien Kamel Daoud répond à sa condamnation à mort par un imam salafiste

Kamel Daoud.JPGLe 16 décembre, l'imam salafiste algérien Abd El Fattah Hamdache a appelé au meurtre de  « L'écrivain apostat » Kamel Daoud, « mécréant, algérien 'sionisé', criminel insultant Dieu […] ». Kamel Daoud est poète, conteur, journaliste, romancier auteur d'un « Meursault, contre-enquête » réplique à et miroir de l'« Etranger » de Camus. Objet d'une fatwa le condamnant à mort comme naguère le fut Salman Rushdie par une fatwa de l'Ayatollah Khomeiny, il répond à ceux qui s'octroient droit de vie et de mort sur toute personne exprimant, par l'écriture, la vêture ou de toute autre manière, une autre conception de la vie et du monde que celle qui leur tient lieu de dogme, et à laquelle on n'a envie aujourd'hui de répondre que par le mot d'ordre de Voltaire : « Écrasons l'infâme » !

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16:29 Publié dans Culture, Résistance, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : algérie, kamel daoud, salafistes, fatwa | |  Facebook | | | |

jeudi, 09 octobre 2014

Offensive djihadiste contre les Kurdes de Syrie (et d'Irak) : Daech, sous-traitant d'Ankara ?

1944 : dans Varsovie insurgée, la résistance polonaise lutte contre les nazis. Elle sera écrasée, et la ville ravagée, à portée de canons de l'Armée Rouge, qui en intervenant aurait pu repousser les Allemands et libérer la ville avant le massacre de la résistance par les troupes du IIIe Reich. Elle n'est pas intervenue. Elle a laissé faire le massacre. L'ordre lui était donné : laissons les Allemands nous débarrasser de la Résistance nationaliste polonaise. Une fois cela  fait, et les Allemands partis, l'Armée Rouge entre dans la ville. Les nazis ont fait le boulot.
2014 : en Syrie, la résistance kurde lutte contre les djihadistes de l'«Etat islamique» (Daech). A Kobané, les combats font rage entre des milices kurdes sous-équipées et des djihadistes sur-équipés, que les « frappes » aériennes d'une coalition dominée par les USA n'empêchent pas de progresser. A portée de voix, l'armée turque stationne et laisse faire, pendant que la police turque réprime dans le sang la révolte des Kurdes de Turquie venus soutenir leurs frères de Syrie.  L'ordre a-t-il été donné à l'armée turque de laisser les djihadistes liquider les Kurdes ?

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15:42 Publié dans Monde, Résistance, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : syrie, daech, turquie, kurdistan | |  Facebook | | | |

jeudi, 13 mars 2014

La septième victime du printemps turc de 2013 : Berkin Elvan, 15 ans, tué par la police

Berkin.jpgLe 16 juin 2013 au matin, à Istambul, Berkin Elvan, âgé de 15 ans, avait dit à sa mère qu'il irait plus vite qu'elle chercher du pain pour le petit déjeuner, et était parti l'acheter. Sur le chemin, il a reçu en pleine tête une grenade lacrymogène lancée par la police réprimant une manifestation pacifique. Il est tombé dans le coma. Il y est resté 269 jours. Il est mort mardi. Il est la septième victime de la répression des manifestations nées pour protéger le parc Gezi d'Istambul d'un projet combattu par la population. Ces manifestations s'étaient élargies en un vaste mouvement de contestation de la dérive autoritaire du gouvernement islamiste du Premier ministre Erdogan, empêtré dans une affaire de corruption à quelques semaines des élections municipales.
Une manifestation est organisée à Genève le vendredi 14 mars 2014 à 16h Place des Nations pour dénoncer la répression en Turquie et rendre hommage à Berkin Elvan.

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17:38 Publié dans Droits de l'Homme, Résistance, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : turquie, berkin elvan | |  Facebook | | | |

mercredi, 24 avril 2013

Maghreb : Pas de « printemps » social

Pour le droit d'avoir des droits

En 2011, les peuples « arabes » (et berbères...) se soulevaient contre les régimes qu'ils subissaient depuis des décennies. En Afrique du nord, plusieurs de ces régimes sont tombés : le Tunisien, l'Egyptien, le Lybien. D'autres sont toujours en place : le Marocain, l'Algérien, le Mauritanien. Mais dans les pays dont les régimes se sont maintenus comme dans ceux dont les régimes sont tombés et ont été remplacés, une fois les révolutions populaires du printemps confisquées, la misère, le chômage, la précarité sont restées -et les politiques d'« ajustement structurel » imposées par les coupoles financières internationales n'ont rien fait pour améliorer les choses : le chômage a crû de manière constante, la majorité des jeunes arrivant sur le « marché de l'emploi » sont condamnés à travailler dans le secteur « informel » pour des salaires de misère et sans aucune protection sociale. Des régimes sont tombés, reste une revendication : celle du droit d'avoir des droits.

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15:02 Publié dans Droits de l'Homme, Immigration, Monde, Résistance, Solidarité, syndicats | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : solifonds, maghreb, algérie, tunisie | |  Facebook | | | |

lundi, 12 novembre 2012

Mercredi 14 novembre : Un jour contre l'« austérité »

14 novembre.jpgA l'appel de la Confédération européenne des syndicats (et, en Suisse d'Unia, et à Genève, de la Communauté genevoise d'action syndicale), une journée internationale d'action contre les politiques d'«austérité» déroulera ses manifestations, débats, rassemblements et ses grèves mercredi. En Espagne, au Portugal, en Italie et en Grèce, la journée d'action syndicale sera une journée de grève générale. Les syndicats européens exigent (pour l'année Rousseau ?) un « nouveau contrat social européen», l'intensification de la lutte contre le dumping social et salarial et contre l'évasion et la fraude fiscale. « L'Austérité, ça marche pas ! » proclame l'appel syndical européen. Mais si, camarades, ça marche. Pour ce et ceux pour quoi et qui ça doit marcher. Pas pour les peuples, évidemment. Mais pour les banques et les multinationales, et pour leurs commis politiques, ça marche. ça marche même du tonnerre de Dieu (ou de Mammon)

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13:22 Publié dans Résistance | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : austérité, syndicats, économie, crise | |  Facebook | | | |

jeudi, 07 janvier 2010

Le Manifeste des DésobEissants

Vers l'inservitude volontaire
Le « Manifeste des DésobEissants », que nous vous invitons à signer
, n’a nullement l'ambition d’être fondateur d'une nouvelle pensée politique, ni de renouveller considérablement celles dont nous prétendons être, malaisément et imparfaitement, les héritiers. Mais en réaffirmant que rien n'est plus urgent que se soustraire aux ordres, ce petit texte retrouve des accents et des certitudes qui furent celles de La Boëtie, de Camus, de Malraux : tout commence par un « non ! » proféré face à l'exigence de se soumettre, puisque toute servitude repose sur son acceptation par le serf. On n'en est plus là ? Voire... Dans un monde où tout est marchandise, nous devrions nous-mêmes être marchandises. Et la marchandise ne dit jamais non. Le Manifeste des DésobEissants se revendique de la non-violence, et pas nous ? n'étant pas dans une situation où la résistance implique la violence, nous pouvons la refuser, puisque nous ne sommes pas contraints à en user, quoi qu'en disent ceux qui, pour se vouloir résistants, veulent croire que sur eux pèse ici et maintenant la chape du fascisme. Nous pouvons, comme nous y incite le manifeste, dire librement ce dont nous ne voulons plus. Dire un refus, ce n'est certes pas encore abolir ce que l'on refuse, mais c'est déjà ne plus s'y soumettre. On pourra trouver cela illusoire, mais les causes perdues sont les seules qui vaillent que l’on se battent pour elles. Nous ne devons aucune loyauté aux vainqueurs ni aucun respect aux « gagnants », et n’avons à sembler leur obéir que pour les trahir. Cause perdue ? Peu importe. Seuls les perdants peuvent être magnifiques. Funambules, nous marchons sur la ligne de partage entre deux mondes -l’un dont nous ne voulons pas, qui est le monde tel qu’il est, et l’autre dont nous formons le projet, qui est le monde tel qu’il devrait être. Il nous faut hâter la disparition du premier et l’émergence du second ou nous abîmer dans la faille qui les sépare. Du monde qui nous est offert, nous acceptons ce que nous pouvons retourner contre lui. Nous sommes à nous mêmes le prix de notre liberté, et si nous risquons de tomber, nous n’entraînerons personne dans notre chute : le funambule tombe tout seul de son fil, n’en ayant aucun à la patte.

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vendredi, 19 décembre 2008

A défaut de changer le monde, changeons Noël


Ne mettons plus nos souliers sous le sapin, mais dans la gueule des potentats

Muntazer al-Zaidi, le journaliste irakien qui a jeté ses chaussures à la tête du président américain George W. Bush a été remis à l'armée irakienne après avoir interrogé par la sécurité irakienne. Il a fini à l'hôpital avec un bras et des côtes cassées, des blessures à un oeil et à une jambe, sans que l'on sache où, quand et par qui il a été tabassé. Il risque jusqu'à deux années de prison. Deux ans de prison, c'est un peu cher payé pour un coup de pied au cul,  surtout s'il n'y avait pas de pied dans la godasse et qu'elle n'a pas atteint le trou du cul qu'elle visait. N'empêche que le geste, télévisé, de Muntazer al-Zaidi a eu un énorme écho et que le lanceur de godasse est devenu un héros. Et qu'on préfère ce genre de héros aux kamikazes lançant leur camion bourré d'explosif sur un marché.

Godasses d'atout

L'extraordinaire écho médiatique du geste de Mountazer al-Zaïdi, nous change heureusement de la litanie des attentats aveugles commis au nom d'une " résistance " qui se noie elle-même dans le sang.  Il est à saluer, ce geste parce qu'il n'est peut-être de plus sûr moyen de radicaliser le changement et d'en hâter le moment, que celui qui consiste à introduire dans tous les fonctionnements sociaux, et dans le moindre spectacle officiel, l'élément de trouble qui non seulement le perturbera, mais permettra d'en rendre évident le caractère fondamentalement grotesque. Nous avons à mettre au point, pour chacune des situations dans lesquelles l'individu se trouve confronté à une norme sociale, l'élément -l'acte, le lieu, la structure éphémère, la parole- qui désarticulera et délégitimera cette norme. Jouer avec les normes, détourner les structures, laisser dériver librement les volontés de changement, et dériver nous-mêmes dans nos actes, hors des vues balisées : telles sont peut-être les plus sûrement subversives des méthodes par lesquelles nous  pouvons agir. Ridiculiser le pouvoir -tout pouvoir, quel qu'il soit- c'est  le délégitimer. Rire du pouvoir, c'est déjà s'en affranchir. Certes, il y avait trop de colère dans le geste de Mountazer al-Zaïdi pour que lui-même en rie. Mais l'humour, tout de même, en sort. La révolution est chose trop sérieuse pour être laissée à des gens sérieux. Si les révolutionnaires avaient été moins tristes, sans doute leurs victoires auraient-elles été plus heureuses. Ce que nous avons à faire, faisons-le en riant. De nous, autant que des autres.

P.S. Rejoignez le groupe Facebook de la "Fédération Internationale du Lancer de Chaussure dans la Gueule"…

04:18 Publié dans Résistance | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : souliers, bush, irak, muntazer al-zaidi | |  Facebook | | | |

jeudi, 04 septembre 2008

"Réflexions sur la question étrangère"

Ce que suggérait Sartre, en 1946, dans ses "Réflexions sur la question juive", semble valoir pour la bonne vieille xénophobie dont l'expression, moins contrainte que l'antisémitisme (qui se retient cependant de moins en moins, le temps passant et les survivants trépassant depuis la Shoah), paraît procéder du même mécanisme : le juif est une créature de l'antisémite, suggérait Sartre, au sortir de l'Holocauste... l'étranger" n'est-il pas une créature de l'indigène ? La théorie de l'"être par l'autre" que Sartre applique à la "question juive", ne s'applique-t-elle pas aussi à la question étrangère"  ?il suffit d'ailleurs de proclamer que "le juif" est étranger par nature" pour que les deux questions suggèrent la même réponse. Et, pour nous, la même urgence. Et le même obstacle : "Le démocrate a fort à faire : il s'occupe du juif quand il en a le loisir; l'antisémite n'a qu'un seul ennemi, il peut y penser tout le temps : c'est lui qui donne le ton", écrivait Sartre il y a plus de soixante ans. Le démocrate a toujours fort à faire; il s'occupe toujours de l'étranger quand il y est requis; le xénophobe, lui, n'a toujours que ce seul ennemi, l'étranger, il y pense toujours constamment, s'en occupe toujours tout le temps, et c'est toujours lui, le xénophobe, qui donne le ton. Son initiative pour les "naturalisations par lées urnes" a été balayée par le peuple ? l'UDC remet la compresse, et exige de durcir les conditions d'accession des étrangers à la nationalité suisse. Avec le même argumentaire et les mêmes épouvantails que lors du vote de l'initiative... Et en entraînant à sa suite le parti radical, le parti démocrate-chrétien, et ses propres dissidents grisons, bernois et glaronnais. Et  même sur le terrain sécuritaire, le PS.

02:01 Publié dans Résistance | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : xénophobie, racisme, udc, immigration, politique, suisse | |  Facebook | | | |