mercredi, 24 avril 2013

Maghreb : Pas de « printemps » social

Pour le droit d'avoir des droits

En 2011, les peuples « arabes » (et berbères...) se soulevaient contre les régimes qu'ils subissaient depuis des décennies. En Afrique du nord, plusieurs de ces régimes sont tombés : le Tunisien, l'Egyptien, le Lybien. D'autres sont toujours en place : le Marocain, l'Algérien, le Mauritanien. Mais dans les pays dont les régimes se sont maintenus comme dans ceux dont les régimes sont tombés et ont été remplacés, une fois les révolutions populaires du printemps confisquées, la misère, le chômage, la précarité sont restées -et les politiques d'« ajustement structurel » imposées par les coupoles financières internationales n'ont rien fait pour améliorer les choses : le chômage a crû de manière constante, la majorité des jeunes arrivant sur le « marché de l'emploi » sont condamnés à travailler dans le secteur « informel » pour des salaires de misère et sans aucune protection sociale. Des régimes sont tombés, reste une revendication : celle du droit d'avoir des droits.

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lundi, 12 novembre 2012

Mercredi 14 novembre : Un jour contre l'« austérité »

14 novembre.jpgA l'appel de la Confédération européenne des syndicats (et, en Suisse d'Unia, et à Genève, de la Communauté genevoise d'action syndicale), une journée internationale d'action contre les politiques d'«austérité» déroulera ses manifestations, débats, rassemblements et ses grèves mercredi. En Espagne, au Portugal, en Italie et en Grèce, la journée d'action syndicale sera une journée de grève générale. Les syndicats européens exigent (pour l'année Rousseau ?) un « nouveau contrat social européen», l'intensification de la lutte contre le dumping social et salarial et contre l'évasion et la fraude fiscale. « L'Austérité, ça marche pas ! » proclame l'appel syndical européen. Mais si, camarades, ça marche. Pour ce et ceux pour quoi et qui ça doit marcher. Pas pour les peuples, évidemment. Mais pour les banques et les multinationales, et pour leurs commis politiques, ça marche. ça marche même du tonnerre de Dieu (ou de Mammon)

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jeudi, 07 janvier 2010

Le Manifeste des DésobEissants

Vers l'inservitude volontaire
Le « Manifeste des DésobEissants », que nous vous invitons à signer
, n’a nullement l'ambition d’être fondateur d'une nouvelle pensée politique, ni de renouveller considérablement celles dont nous prétendons être, malaisément et imparfaitement, les héritiers. Mais en réaffirmant que rien n'est plus urgent que se soustraire aux ordres, ce petit texte retrouve des accents et des certitudes qui furent celles de La Boëtie, de Camus, de Malraux : tout commence par un « non ! » proféré face à l'exigence de se soumettre, puisque toute servitude repose sur son acceptation par le serf. On n'en est plus là ? Voire... Dans un monde où tout est marchandise, nous devrions nous-mêmes être marchandises. Et la marchandise ne dit jamais non. Le Manifeste des DésobEissants se revendique de la non-violence, et pas nous ? n'étant pas dans une situation où la résistance implique la violence, nous pouvons la refuser, puisque nous ne sommes pas contraints à en user, quoi qu'en disent ceux qui, pour se vouloir résistants, veulent croire que sur eux pèse ici et maintenant la chape du fascisme. Nous pouvons, comme nous y incite le manifeste, dire librement ce dont nous ne voulons plus. Dire un refus, ce n'est certes pas encore abolir ce que l'on refuse, mais c'est déjà ne plus s'y soumettre. On pourra trouver cela illusoire, mais les causes perdues sont les seules qui vaillent que l’on se battent pour elles. Nous ne devons aucune loyauté aux vainqueurs ni aucun respect aux « gagnants », et n’avons à sembler leur obéir que pour les trahir. Cause perdue ? Peu importe. Seuls les perdants peuvent être magnifiques. Funambules, nous marchons sur la ligne de partage entre deux mondes -l’un dont nous ne voulons pas, qui est le monde tel qu’il est, et l’autre dont nous formons le projet, qui est le monde tel qu’il devrait être. Il nous faut hâter la disparition du premier et l’émergence du second ou nous abîmer dans la faille qui les sépare. Du monde qui nous est offert, nous acceptons ce que nous pouvons retourner contre lui. Nous sommes à nous mêmes le prix de notre liberté, et si nous risquons de tomber, nous n’entraînerons personne dans notre chute : le funambule tombe tout seul de son fil, n’en ayant aucun à la patte.

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vendredi, 19 décembre 2008

A défaut de changer le monde, changeons Noël


Ne mettons plus nos souliers sous le sapin, mais dans la gueule des potentats

Muntazer al-Zaidi, le journaliste irakien qui a jeté ses chaussures à la tête du président américain George W. Bush a été remis à l'armée irakienne après avoir interrogé par la sécurité irakienne. Il a fini à l'hôpital avec un bras et des côtes cassées, des blessures à un oeil et à une jambe, sans que l'on sache où, quand et par qui il a été tabassé. Il risque jusqu'à deux années de prison. Deux ans de prison, c'est un peu cher payé pour un coup de pied au cul,  surtout s'il n'y avait pas de pied dans la godasse et qu'elle n'a pas atteint le trou du cul qu'elle visait. N'empêche que le geste, télévisé, de Muntazer al-Zaidi a eu un énorme écho et que le lanceur de godasse est devenu un héros. Et qu'on préfère ce genre de héros aux kamikazes lançant leur camion bourré d'explosif sur un marché.

Godasses d'atout

L'extraordinaire écho médiatique du geste de Mountazer al-Zaïdi, nous change heureusement de la litanie des attentats aveugles commis au nom d'une " résistance " qui se noie elle-même dans le sang.  Il est à saluer, ce geste parce qu'il n'est peut-être de plus sûr moyen de radicaliser le changement et d'en hâter le moment, que celui qui consiste à introduire dans tous les fonctionnements sociaux, et dans le moindre spectacle officiel, l'élément de trouble qui non seulement le perturbera, mais permettra d'en rendre évident le caractère fondamentalement grotesque. Nous avons à mettre au point, pour chacune des situations dans lesquelles l'individu se trouve confronté à une norme sociale, l'élément -l'acte, le lieu, la structure éphémère, la parole- qui désarticulera et délégitimera cette norme. Jouer avec les normes, détourner les structures, laisser dériver librement les volontés de changement, et dériver nous-mêmes dans nos actes, hors des vues balisées : telles sont peut-être les plus sûrement subversives des méthodes par lesquelles nous  pouvons agir. Ridiculiser le pouvoir -tout pouvoir, quel qu'il soit- c'est  le délégitimer. Rire du pouvoir, c'est déjà s'en affranchir. Certes, il y avait trop de colère dans le geste de Mountazer al-Zaïdi pour que lui-même en rie. Mais l'humour, tout de même, en sort. La révolution est chose trop sérieuse pour être laissée à des gens sérieux. Si les révolutionnaires avaient été moins tristes, sans doute leurs victoires auraient-elles été plus heureuses. Ce que nous avons à faire, faisons-le en riant. De nous, autant que des autres.

P.S. Rejoignez le groupe Facebook de la "Fédération Internationale du Lancer de Chaussure dans la Gueule"…

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jeudi, 04 septembre 2008

"Réflexions sur la question étrangère"

Ce que suggérait Sartre, en 1946, dans ses "Réflexions sur la question juive", semble valoir pour la bonne vieille xénophobie dont l'expression, moins contrainte que l'antisémitisme (qui se retient cependant de moins en moins, le temps passant et les survivants trépassant depuis la Shoah), paraît procéder du même mécanisme : le juif est une créature de l'antisémite, suggérait Sartre, au sortir de l'Holocauste... l'étranger" n'est-il pas une créature de l'indigène ? La théorie de l'"être par l'autre" que Sartre applique à la "question juive", ne s'applique-t-elle pas aussi à la question étrangère"  ?il suffit d'ailleurs de proclamer que "le juif" est étranger par nature" pour que les deux questions suggèrent la même réponse. Et, pour nous, la même urgence. Et le même obstacle : "Le démocrate a fort à faire : il s'occupe du juif quand il en a le loisir; l'antisémite n'a qu'un seul ennemi, il peut y penser tout le temps : c'est lui qui donne le ton", écrivait Sartre il y a plus de soixante ans. Le démocrate a toujours fort à faire; il s'occupe toujours de l'étranger quand il y est requis; le xénophobe, lui, n'a toujours que ce seul ennemi, l'étranger, il y pense toujours constamment, s'en occupe toujours tout le temps, et c'est toujours lui, le xénophobe, qui donne le ton. Son initiative pour les "naturalisations par lées urnes" a été balayée par le peuple ? l'UDC remet la compresse, et exige de durcir les conditions d'accession des étrangers à la nationalité suisse. Avec le même argumentaire et les mêmes épouvantails que lors du vote de l'initiative... Et en entraînant à sa suite le parti radical, le parti démocrate-chrétien, et ses propres dissidents grisons, bernois et glaronnais. Et  même sur le terrain sécuritaire, le PS.

02:01 Publié dans Résistance | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : xénophobie, racisme, udc, immigration, politique, suisse | |  Facebook