jeudi, 22 novembre 2018

Bilan de santé du socialisme européen -et suisse

labyrose.jpgLes naufragés et le rescapé

Hier soir, l'Assemblée Générale du PS genevois a désigné ses six candidates et candidats (trois et trois) à l'élection l'année prochaine de la députation genevoise au Conseil national, et son candidat (Carlo Sommaruga) à celle au Conseil des Etats. Dix candidates et candidats se présentaient au suffrage des militants, et ont, en trois minutes, dit pourquoi, pour faire quoi et au nom de quoi ils se présentaient. On retiendra ici les interventions de deux d'entre eux (pour lesquels on a voté mais qui n'ont pas été désignés). Pour Thomas Bruchez, porte-parole de la JS genevoise, "la politique ne s'arrête pas aux portes du parlement et aux rapports de force qui y règnent", il y a le mouvement social, il y a la rue. Il a raison, et nous ne disons jamais dans cette feuille autre chose. Ni, comme Thomas Bruchez l'a dit aussi, autre chose que les socialistes ne sont pas seulement là pour résister, mais aussi pour changer la société. Et que cela suppose autre chose que des compromis dictés précisément par les rapports de force parlementaires. Et comme Michel Zimmermann, nous sommes convaincus que "le PS a tout à perdre lorsqu'emporté dans la spirale d'un équivoque pragmatisme parlementaire (...) il tourne le dos aux principes qui constituent sa singularité et font sa force". Ni Thomas, ni Michel ne seront candidats du PS genevois au Conseil national. C'est dommage. Mais ce que nous partageons de leurs positions reste : il faut bien que les misères du socialisme européen nous soient de quelque enseignement, même si le PS suisse y échappe, précisément parce qu'il n'a pas sombré dans le conformisme "social-libéral" qui a naufragé les PS voisins, et dont nous nous sommes, et nous voulons encore, garder.

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mercredi, 31 octobre 2018

RFFA : Rejoindre le front du refus

Bandeau réforme fiscalité.JPG

RFFA : Le PS genevois décide ce soir de soutenir ou non le référendum

Le PS cantonal genevois prendra ce soir la décision de soutenir ou non le référendum lancé par le reste de la gauche politique (les Verts, Ensemble à Gauche) et syndicale (la Communauté genevoise d'action syndicale, c'est-à-dire l'ensemble des syndicats genevois) contre la dernière mouture de la réforme fiscale fédérale, couplée (pour nous la faire avaler) à un financement additionnel de l'AVS. On ne prophétisera pas ici la prise de position du PS. On se contentera de rappeler la nôtre : c'est NON à la RFFA. Le même NON qu'à la réforme précédente, que le PS avait combattu (avec succès) et à laquelle la réforme actuellement en débat ressemble comme une petite soeur. Pas jumelle, mais soeur quand même. Et c'est NON à la méthode qui consiste à fusionner en un seul projet (et donc un seul vote lorsque le référendum aura abouti) deux propositions correspondant à des enjeux totalement différents (malgré une tentative des Verts de les dissocier, ce que le Conseil national a refusé) : la réforme fiscale et le financement de l'AVS. La méthode est détestable -et si elle devait être adoubée, on se demande à quoi il nous faudra répondre demain : un couplage de l'achat d'avions de combat et de la création d'une caisse publique d'assurance-maladie ?

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14:48 Publié dans Assurances sociales, sécurité sociale, Fiscalité, Politique, PS, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rffa, rie iii, pf17 | |  Facebook | | | |

jeudi, 18 octobre 2018

Une gauche socialiste à reconstruire

quidautre.jpgPercées vertes et déroutes socialistes dans trois élections en Europe

Dimanche, en Bavière, en Flandre belge et au Luxemburg, des élections régionales, municipales et législative (selon les cas) ont vu la montée en puissance des Verts au détriment, surtout, des sociaux-démocrates. Ce "dimanche vert" et ce quasi "désastre rose" ne peuvent s'expliquer par la seule actualité climatique : ils s'expliquent aussi par la perte par les socialistes de leur boussole politique, entre ralliement plus ou moins honteux au libéralisme (disons : le "social-libéralisme" survivant à ses inventeurs, Blair et Schroeder) et volonté de retrouver les racines idéologiques et programmatiques du socialisme. En Bavière, le SPD tombe au-dessous de 10 % des suffrages, est même dépassé par l'extrême-droite de l'AFD alors que les Verts, avec près de 18 % des suffrages, deviennent la deuxième force politique du Land, derrière la CSU catho-conservatrice (qui elle aussi a subi une lourde défaite électorale à force de courir après l'extrême-droite en reprenant quasiment son programme xénophobe). En Belgique, les socialistes ne résistent qu'en Wallonie et à Bruxelles (où les Verts deviennent aussi, derrière le PS, la deuxième force politique), mais s'effondrent en Flandre. Qu'est-ce que cette déroute socialiste et cette percée verte disent de l'état de la gauche (et particulièrement de la social-démocratie) en Europe ? Pour le moins, qu'elle est en reconstruction...

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jeudi, 14 juin 2018

Les socialistes genevois et le cumul des mandats : Genferei hors-délai

quidautre.jpgLe Parti socialiste genevois a, comme d'autre (en fait, la plupart des partis politiques de la République) adopté comme règle celle du non-cumul des mandats politiques électifs : on ne peut, en principe, être à la fois député, conseiller ou magistrat municipal ou parlementaire fédéral. Une règle simple -qui a frappé mardi soir deux élues (le féminin n'est pas sans importance...) socialistes, et non des moindres : la présidente du parti et Conseillère administrative d'Onex Carole-Anne Kast et la Conseillère administrative de Genève Sandrine Salerno. La règle socialiste en effet contient en elle-même la possibilité d'y déroger, mais à une condition draconienne : qu'une assemblée générale du parti accepte cette dérogation à la majorité des deux tiers des membres présents. A trois voix près, les deux députées et magistrates, qui avaient lié leur sort, ont raté cette majorité qualifiée, tout en obtenant une large majorité simple (74 voix sur 115). Une catastrophe ? Non. Mais une connerie, certainement. Commise trop tard pour permettre au PS de concourir à la Genferei 2018, mais qui doit fort réjouir la droite parlementaire, débarrassée par les socialistes eux-mêmes de deux fortes têtes socialistes.

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15:20 Publié dans Genève, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cumul des mandats | |  Facebook | | | |

jeudi, 08 février 2018

« Le socialisme, ou comment NE PAS s'en débarrasser »

couverture.jpg

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vendredi, 12 janvier 2018

Le PS français prépare son congrès. Comme si de rien n'était

roses fanées..jpgLe PS français s'est pris, l'année, une succession des baffes dont on aurait pu espérer qu'elle le réveille : le renoncement du président issu de ses rangs à se présenter, tant il était impopulaire, puis une lourde défaite à l'élection présidentielle, puis une lourde défaite aux législatives. Le parti ne tient plus debout que grâce à son ancrage local, il a vendu son siège pour payer ses factures, il ne représente pour personne une alternative ni à Macron, ni à Mélenchon, il n'a plus de base cohérente, et pas de projet mobilisateur.Pourtant, comme si de rien n'était, les socialistes français préparent leur congrès, début avril prochain, et se préparent à choisir, entre quatre candidats (un ex-vallsiste repenti de son vallsisme, un ancien ministre de l'agriculture de François Hollande, le président du petit groupe socialiste à l'Assemblée nationale et un sénateur) leur nouveau Premier secrétaire. Comme si c'était de cela dont ils avaient besoin.

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jeudi, 21 décembre 2017

Les socialistes français déménagent

PS Solférino.jpgSouvenirs de Solférino

Le PS français vient de vendre, pour quelques dizaines de millions d'euros, son siège de la rue de Solférino. Un siège somptueux, un hôtel particulier dans un quartier aristobourge. Il y était depuis 1981, dans son manoir, le PS français. Il le quitte, Gros Jean comme devant, après sa lourde défaite aux élections de cette année, la présidentielle et les législatives. La culture de gauche est "imprégnée de mélancolie comme un buvard est imbibé d'encre", nous dit l'historien italien Enzo Traverso, qui rappelle la scansion de grands "moments jubilatoires d'émancipation, d'action collective" et de "défaites, parfois de défaites tragiques". Les socialistes français déménagent, au sens le plus commun du terme (au sens figuré, ils ne déménagent plus guère), mais leur départ de la rue de Solférino ne nous porte à aucune mélancolie, et nos souvenirs de Solférino sont moins tragiques que ceux d'Henry Dunant. On pourra même trouver finalement l'épisode parisien assez moral...

 

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lundi, 11 décembre 2017

La Grève Générale, un siècle plus tard : Quel cahier de revendication ?

Grève Générale 1918.jpgEn novembre prochain, la gauche et les syndicats suisses célébreront
(www.greve-generale.ch) le centenaire du plus important mouvement social de la Suisse moderne (celle qui naît avec la République Helvétique dont
on pourrait d'ailleurs aussi célébrer, toujours l'année prochaine, le 220e anniversaire) : la Grève Générale de novembre 1918. 250'000 travailleurs (dans un pays de 3 millions et demi d'habitants) se mettent en grève, à l'appel du Comité d'Olten créé par l'Union Syndicale et le Parti Socialiste : on a faim dans les villes, les familles dont les pères montent la garde aux frontières sont sans ressources (il n'y a pas
d'assurance perte de gain et la solde est dérisoire), la situation sociale est catastrophique -et des grèves sectorielles, comme celle des
employés de banque zurichois, ont déjà éclaté. Le cahier de revendication de la grève est un programme politique -celui d'un Etat
fédéral rénové, et d'une politique fédérale progressiste. La Grève fut levée, pour éviter un bain de sang, au bout de deux jours. Elle apparut
donc, dans l'immédiat, comme se soldant par une défaite. Et pourtant, il suffit de relire précisément son cahier de revendications pour constater
que la plupart (pas toutes, certes...) d'entre elles ont finalement été satisfaites, certaines (l'AVS, le suffrage féminin...) après plusieurs
décennies, d'autres (l'élection du Conseil national à la proportionnelle, la semaine de travail de 48 heures) beaucoup plus rapidement. Et surtout, c'est bien la Grève Générale de 1918 qui posa le mouvement ouvrier suisse comme une puissance politique. La peur qu'elle inspira à la classe et à la caste dominantes fera le reste : ses revendications seront satisfaites, ses organisateurs intégrés (peut-être
même un peu trop...) à l'institutionnalité politique. Mais au-delà de l'exercice commémoratif, une question peut être posée un siècle après
l'événement : quel pourrait être en 2018 le cahier de revendication d'une grève générale aussi politique que celle de 1918 ? La Jeunesse Socialiste suisse a ouvert un site internet participatif pour recueillir les propositions : c'est sur https://generalstreik-reloaded.ch/fr/

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16:23 Publié dans Histoire, PS, Suisse, syndicats | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : grève générale, 1918 | |  Facebook | | | |

vendredi, 08 décembre 2017

Jeremy Corbyn à Genève ce soir pour recevoir le prix Sean McBride

Jeremy-Corbyn-2.jpgWelcome, Comrade !

Ce soir, à 18 heures, à la Mairie de Genève (Palais Eynard, 4 rue de la Croix Rouge), le leader du Parti travailliste britannique, et chef de l'opposition au gouvernement conservateur, et peut-être (ou sans doute...) prochain Premier Ministre de Grande-Bretagne, Jeremy Corbyn, recevra le Prix Sean McBride pour la Paix, décerné par le Bureau International pour la Paix. La cérémonie est publique, Jeremy Corbyn y prendra la parole. Il reçoit ce prix pour son engagement dans la campagne pour le désarmement nucléaire de la Grande-Bretagne -un engagement qui s'ajoute à tous ceux qui sont les siens, depuis des décennies, au sein de la gauche britannique -et de la gauche du Parti travailliste.

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mardi, 28 novembre 2017

Echec de la réforme PV2020 des retraites : Qui a marqué l'autogoal ?

préhistoire-du-foot.jpgLe Parti socialiste suisse et l'Union syndicale Suisse sont certes des organisations démocratiques. Et pluralistes. Mais ça n'empêche pas leurs directions respectives d'être quelque peu rancunières : après l'échec de la réforme des retraites (PV2020) qu'elles soutenaient toutes deux, et que soutenaient la majorité de leurs délégués, de leurs sections, de leurs fédérations, elles s'en sont prises aux minorités qui, en leur sein, appelaient à voter "non" à ladite réforme. Comme le PS genevois, la Jeunesse Socialiste ou la Communauté genevoise d'action syndicale. Et avaient ainsi contribué à son rejet dans les urnes. Une "erreur historique" dont se serait rendu coupable "un quarteron d'apparatchiks", selon le président du PSS, Christian Levrat, un "autogoal" selon sa vice-présidente, Géraldine Savary. Mais un "autogoal" marqué par qui ? Réponse de la présidente du PS genevois : "si la PV2020 a été rejetée, ce n'est pas à cause du PSG ni à cause des JS, mais parce que, comme ailleurs en Europe, l'électorat naturel de la social-démocratie voit de moins en moins dans le consensus et les compromis au sommet de perspectives à la résolution de ses problèmes". Bien dit, Carole-Anne...

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15:51 Publié dans Assurances sociales, sécurité sociale, Politique, PS, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avs, avs. retraites, pv2020 | |  Facebook | | | |

vendredi, 13 octobre 2017

"L'initiative 99 %" de la Jeunesse Socialiste : Une question de justice

iniatiative99%.jpg

La Jeunesse socialiste a lancé le 4 octobre une initiative populaire fédérale pour "alléger les impôts sur les salaires, imposer équitablement le capital", dite "Initiative 99 %", proposant de taxer à 150 % la part des revenus excédentaires des plus fortunés des résidents suisses -ceux dont la fortune, précisément, pèse au total près de 500 milliards de francs. Le texte prévoit que les revenus du capital supérieurs à un montant défini par la loi seraient taxés à 150 %, les 100'000 premiers francs étant exonérés et les fonds de prévoyance n'étant pas concernés. Pour les initiants, il s'agit de justice : la richesse créée sans travail, mais grâce aux conditions créées par l'effort collectif, doit profiter à toutes et tous, au lieu que de bénéficier d'une fiscalité plus avantageuse que celle imposée aux salariés. Les ressources fiscales ainsi dégagées (estimées dans une fourchette de 5 à 10 milliards de francs) devraient servir à alléger la charge fiscale des petits et moyens revenus, à financer des prestations sociales, et pourraient également alléger le fardeau (pour les assurés modestes) des primes d'assurance-maladie. Lancée par la JS, l'initiative est soutenue par le PS (dont le président, Christian Levrat, fait partie du comité d'initiativew), les Verts et solidaritéS.

Des feuilles de signatures sont téléchargeables sur https://99pourcent.ch/

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15:56 Publié dans Fiscalité, Politique, PS, Suisse | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : js, initiative populaire | |  Facebook | | | |

mercredi, 06 septembre 2017

2018, année électorale genevoise : L'enjeu unitaire

affiche PS2,jpg.jpgPour l'élection, l'année prochaine, du gouvernement cantonal, les partis politiques genevois semblent avoir adopté une "règle de trois" Les Verts présentent trois candidatures, les socialistes présentent trois candidatures, "Ensemble à Gauche" présente trois candidatures, le PLR présente trois candidatures (Pierre Maudet -à moins que Berne l'avale, Nathalie Fontanet, Alexandre de Senarclens). Ce qui nous fait déjà douze candidatures (dont neuf de gauche) pour les sept sièges du Conseil d'Etat. Et on attend la liste des candidates et candidats de l'UDC, du MCG et de la liste "pour Genève". Voire des Verts libéraux, s'ils existent encore dans notre écosystème politique. Pour autant, l'élection du gouvernement est-elle l'enjeu principal d'un scrutin qui désignera aussi le parlement ? Et quoi qu'il en soit, ces enjeux peuvent-ils être remporté par quelque camp que ce soit sans que ses composantes fassent preuve d'un minimum (on ne demande pas la lune, si on la montre du doigt) d'unité ?

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lundi, 19 juin 2017

France : Ni VIe République, ni IIIe Empire


Napoléon III.jpgPas de Macroléon III

Jean-Luc Mélenchon faisait campagne pour une VIe République ? On est toujours dans la Ve. On craignait qu'Emmanuel Macron se dote d'un parlement au furieux air de celui du Second Empire de Louis-Napoléon (premier président de la République française élu au suffrage universel, qui voulait "éteindre le paupérisme", a fait entrer la France dans le capitalisme moderne, et Nice et la Savoie dans la France) ? La menace est écartée. Avec une majorité absolue des sièges, même obtenue avec une majorité absolue d'abstentions, le président Macron et son gouvernement n'auront certes pas besoin d'aller chercher des alliés au parlement, mais leur succès électoral même les prive de tout droit à l'erreur ("la victoire nous oblige", résume le Premier ministre). Quant aux abstentionnistes, sauf à vouloir faire dire à leur non-vote quelque chose que, par définition, il ne dit pas (une opposition à Macron, par exemple), on ne peut que leur attribuer soit un consentement a priori à la victoire du vainqueur annoncé, soit une résignation à cette victoire, soit une indifférence absolue au résultat -celles et ceux qui refusent l'alternative qui leur est proposée ne s'abstiennent pas : elles et ils votent blanc ou nul. Les abstentionnistes, eux, sont forcément du côté des vainqueurs. L'abstention a été massive (à l'aune française, pas à l'aune suisse), mais elle pourrait bien résulter d'une démobilisation d'une partie de l'électorat macronien, trop sûr de la victoire. Et que ni le PS, ni la "France insoumise", ni les "Républicains", ni le Front National n'aient été capables de mobiliser leurs propres électeurs au-delà du nécessaire pour survivre politiquement, ce n'est qu'à eux qu'en revient la responsabilité.

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lundi, 12 juin 2017

Législatives française : y'a-t-il encore une opposition ?

Macron, En Marche, MélenchonMacron passe et casse

Emmanuel marche sur les eaux, les transforme en vin, ressuscite les morts et remet les paralytiques en marche. Vers les urnes. Si les prémisses des législatives (leur premier tour, même avec un taux d'abstention très... suisse) se confirment au second, Macron disposera à l'Assemblée Nationale d'une très large majorité absolue de députés de son parti (qui n'en est d'ailleurs même pas encore un), trois jours après que Theresa May ait perdu la sienne aux Communes britanniques. En moins d'un mois, il aura triomphé à la présidentielle et aux législatives, et à celles-ci avec pour seul argument de lui "donner une majorité". Du jamais vu, du moins dans cette ampleur, depuis 1981, l'élection de Mitterrand et la "vague rose" qui s'ensuivit. Macron aura ainsi les moyens d'imposer sa ligne politique et de réaliser son programme (puisque contrairement à l'image qu'on se satisfaisait de lui avant le mois dernier, il en a une et il en a un : le "social-libéralisme", la "flexisécurité", et quelque chose qui tient à la fois du gaullisme et du bonapartisme). La question qui se pose désormais étant celle-ci : quelle opposition pourra faire face à Macron, à son gouvernement et à ses projets ?

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mardi, 16 mai 2017

Emmanuel, Roi thaumaturge

Emmanuel Ier.JPGLe sacre et le Messie

La République laïque a des nostalgies de monarchie catholique : Dimanche, c'était le sacre de Macron. Pompes et circonstances. On est dans un pays historiquement monarchique (même s'il est devenu une république) et catholique (même si désormais la majorité de sa population est soit d'une autre religion, soit sans religion, soit d'un catholicisme sans pratique religieuse). La République sacre ses présidents comme la monarchie sacrait ses rois, et leur accorde plus de pouvoir qu'aucune monarchie protestante à ses monarques. Il ne manquait qu'à Emmanuel Ier que de recevoir les saintes huiles et de devoir toucher les écrouelles, Roi Thaumaturge, qui va sauver l'Europe et la France. Et la gauche française -mais en l'ayant préalablement liquéfiée. D'ailleurs, gageons qu'on ne l'évoquera bientôt plus qu'en "Emmanuel" tout court, comme on n'évoque le pape qu'en François. Après tout, Emmanuel, de l’hébreu ancien עמנואל, imanu'él (« Dieu est avec nous »), n'est-ce pas le nom du Messie ?

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lundi, 15 mai 2017

Trois candidatures socialistes au Conseil d'Etat genevois

votez sportif, votez PS.jpgChoisir ou ne pas choisir, that is the question

Le PS genevois a donc décidé de présenter deux candidates (Anne Emery Torracinta et Sandrine Salerno) et un candidat (Thierry Apothéloz) au gouvernement de la Parvulissime République (où il ne dispose plus que d'un siège).Trois candidatures au premier tour, qui pourront être maintenues toutes les trois au deuxième tour. Sont-ce les candidatures que nous avons soutenues par nos votes ? Peu importe : ce sont celles qui ont été choisies, et qu'on va donc soutenir. Pas par discipline, mais par ce qui nous tient lieu de cohérence : on ne peut pas défendre (même sans la défendre tout en la défendant) une liste de trois candidatures pour ne pas les soutenir ensuite. Il faut au passage saluer la modestie et la retenue du Comité directeur du PSG : il aurait pu nous proposer de présenter les six candidates et candidats disponibles, il nous a proposé de n'en présenter que quatre, comme en 2013 -et donc d'en virer deux. Mais présenter quatre candidates et candidats participe de la même logique qu'en présenter six : c'est renoncer à faire nous-mêmes le choix déterminant, et le laisser à l'électorat du premier tour -y compris à l'électorat de droite.  En somme, des "primaires" qui n'osent pas dire leur nom, mais qui aboutissent, comme celles qui osent dire leur nom, à ce que qu'un parti politique renonce à désigner lui-même celles et ceux qui, finalement, vont le représenter. On vous fait grâce de l'évocation de l'état dans lequel ce processus d'abandon a conduit le PS français -mais aussi, y'a une justice, la droite française.

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vendredi, 12 mai 2017

Le coup de pied Macron dans la fourmilière politique française : Roboratif !

L'élection de Macron, même acquise contre Le Pen et grâce à Le Pen, a tout de même un puissant effet roboratif : celui d'un grand coup de pied dans la fourmilière. ça écrase des fourmis, mais ça oblige celles qui restent à reconstruire leur monde, si elles ne veut pas crever. Et il y a du boulot. Parce que la défaite de toutes les forces politiques que Macron décrédibilise, fragmente, émiette et ringardise -c'est à dire à peu près toutes les forces politiques présentes dans les institutions, elles en sont tout de même les premières responsables. Or il ne semble pas évident qu'elles en aient pris conscience : pour nous en tenir à la gauche, c'est, le soir de l'élection de Macron, un Mélenchon lugubre en appelant à la contagion du bonheur en donnant l'impression de vouloir avaler une chope de cigüe, et ce sont les éléphants socialistes, les Cambadélis, les Dray, arrivés au PS dans les années septante maigres et fiévreux et qu'on retrouve quarante ans plus tard gras à lard faisant la tournée des popotes médiatiques pour nier l'évidence de leur propre décrépitude politique... Entrer en politique en Saint-Just et en sortir en Louis XVIII, le parcours est édifiant.

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mercredi, 03 mai 2017

PV 2020 : C'est NON quand même

vignetteAVS.JPGLes socialistes suisses adoubent la réforme des retraites... comme prévu

Lundi, le 1er mai avait notamment pour thème, en Suisse romande du moins, la défense des retraites et le renforcement de l'AVS. La veille, le PSS annonçait le résultat du vote général de ses membres sur le projet "Prévoyance vieillesse 2020" : La direction du parti voulait un "mandat clair", c'est un plébiscite : par 11’061 OUI contre 1’153 non, soit 90,6 % de OUI, le projet adopté par le parlement et soutenu par le groupe parlementaire, la direction du parti et les Femmes socialistes a été adoubé par la base. La participation au vote a été de 39 %, en augmentation de 7 % par rapport au dernier vote général de 1995. Toutes les sections cantonales ont approuvé la réforme : les résultats se situent entre 66,7 % de OUI à Genève (où l'assemblée générale du parti a adopté le mot d'ordre du "non" et du soutien au référendum) et 97,6 % de OUI à Obwald et Nidwald. On savait même pas qu'il y avait des socialistes à Nidwald, dis-donc... Seuls les Romands et Bâlois (de la ville) ont voté NON à plus de 10 % . On espérait mieux, mais on fera avec -de toute façon, minoritaires, on savait qu'on le serait avant même qu'on en ait la confirmation par le résultat du vote général, et le référendum, on l'a déjà signé, alors ça sera NON quand même.

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vendredi, 21 avril 2017

Vote général des socialistes sur la réforme des retraites : Un "non" rationnel...

VotePS-AVS.jpgComme les 31'000 membres du PS, on a reçu notre matériel* pour le vote général des socialistes suisses sur la réforme des retraites ("Prévoyance vieillesse 2020") décidée par le parlement, soutenue par le groupe parlementaire socialiste, sur la base du projet du Conseiller fédéral (socialiste) Alain Berset. Le parti fait les choses dans les règles, sérieusement. Dans la lettre accompagnant le matériel de vote, le président du PSS, Christian Levrat, rappelle que "nous sommes la seule formation politique à utiliser un tel instrument" (le vote général de tous ses membres). Ce dont il s'agit, c'est donc de ratifier ou de révoquer la prise de position de l'assemblée des délégués, qui par 140 voix contre 9 (presque toutes genevoises, le PS genevois s'étant prononcé contre la réforme proposée), moyennant 17 abstentions, a elle-même ratifié la position du groupe parlementaire, favorable au projet soumis au vote populaire en septembre prochain (le référendum est obligatoire puisque le projet est financé notamment par une hausse de la TVA, et un référendum facultatif a en outre été lancé par la gauche syndicale et plusieurs organisations politiques de gauche, principalement par refus de l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes. La droite de la droite (UDC, PLR) s'oppose également à la réforme, mais pour des raisons évidemment fort différentes de celles de l'opposition de gauche : ce que cette droite-là reproche au projet, c'est surtout d'augmenter les rentes du "premier pilier" du système de retraites. On va donc, quand on est socialistes, voter deux fois : une première fois en référendum interne pour déterminer définitivement la position du parti, une seconde fois en référendum national, obligatoire et facultatif, pour sceller le destin de "Prévoyance vieillesse 2020". Et on votera deux fois "non". Sans pour autant considérer que celles et ceux qui voteront "oui" se rendront coupables de trahison ou d'infidélité : on n'est pas dans une guerre de religion, on est dans un choix politique rationnel, fondé l'évaluation d'une proposition et des rapports de forces politiques.


*on peut télécharger la brochure explicative sur http://www.fichier-pdf.fr/2017/04/20/voteps-avs/

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mercredi, 12 avril 2017

Nos zélections à nous

roseraie.jpgLes noms de la rose

Faut pas croire que l'avidité avec laquelle nous suivons les péripétie feuilletonesques de la présidentielle française nous fait oublier que nous aussi, dans nos coins de pays, nous avons quelques enjeux électoraux à relever : les Vaudois sont en pleine campagne électorale, les Genevois vont y entrer dans pas longtemps, les Neuchâtelois et les Valaisans viennent d'en sortir. Le 13 mai, le Parti socialiste genevois désignera ses candidates et candidats au Conseil d'Etat et au Grand Conseil, pour les élections cantonales de l'année prochaine. Le Comité directeur propose une liste de 45 candidates et candidats au Grand Conseil et de 4 candidates et candidats au Conseil d'Etat. Or pas moins de six socialistes ont annoncé leur candidature à la candidature au gouvernement : la Conseillère d'Etat Anne Emery-Torracinta, ainsi que Thierry Apothéloz, Carole-Anne Kast, Romain de Sainte Marie, Sandrine Salerno, Carlo Sommaruga. Dilemme : le PS genevois va devoir choisir lui-même ou laisser ce choix à son électorat. Heure du choix, leurre du non-choix...

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