vendredi, 21 avril 2017

Vote général des socialistes sur la réforme des retraites : Un "non" rationnel...

VotePS-AVS.jpgComme les 31'000 membres du PS, on a reçu notre matériel* pour le vote général des socialistes suisses sur la réforme des retraites ("Prévoyance vieillesse 2020") décidée par le parlement, soutenue par le groupe parlementaire socialiste, sur la base du projet du Conseiller fédéral (socialiste) Alain Berset. Le parti fait les choses dans les règles, sérieusement. Dans la lettre accompagnant le matériel de vote, le président du PSS, Christian Levrat, rappelle que "nous sommes la seule formation politique à utiliser un tel instrument" (le vote général de tous ses membres). Ce dont il s'agit, c'est donc de ratifier ou de révoquer la prise de position de l'assemblée des délégués, qui par 140 voix contre 9 (presque toutes genevoises, le PS genevois s'étant prononcé contre la réforme proposée), moyennant 17 abstentions, a elle-même ratifié la position du groupe parlementaire, favorable au projet soumis au vote populaire en septembre prochain (le référendum est obligatoire puisque le projet est financé notamment par une hausse de la TVA, et un référendum facultatif a en outre été lancé par la gauche syndicale et plusieurs organisations politiques de gauche, principalement par refus de l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes. La droite de la droite (UDC, PLR) s'oppose également à la réforme, mais pour des raisons évidemment fort différentes de celles de l'opposition de gauche : ce que cette droite-là reproche au projet, c'est surtout d'augmenter les rentes du "premier pilier" du système de retraites. On va donc, quand on est socialistes, voter deux fois : une première fois en référendum interne pour déterminer définitivement la position du parti, une seconde fois en référendum national, obligatoire et facultatif, pour sceller le destin de "Prévoyance vieillesse 2020". Et on votera deux fois "non". Sans pour autant considérer que celles et ceux qui voteront "oui" se rendront coupables de trahison ou d'infidélité : on n'est pas dans une guerre de religion, on est dans un choix politique rationnel, fondé l'évaluation d'une proposition et des rapports de forces politiques.


*on peut télécharger la brochure explicative sur http://www.fichier-pdf.fr/2017/04/20/voteps-avs/

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14:39 Publié dans PS, Retraites, AVS, AI, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pv2020 | |  Facebook | | | |

mercredi, 12 avril 2017

Nos zélections à nous

roseraie.jpgLes noms de la rose

Faut pas croire que l'avidité avec laquelle nous suivons les péripétie feuilletonesques de la présidentielle française nous fait oublier que nous aussi, dans nos coins de pays, nous avons quelques enjeux électoraux à relever : les Vaudois sont en pleine campagne électorale, les Genevois vont y entrer dans pas longtemps, les Neuchâtelois et les Valaisans viennent d'en sortir. Le 13 mai, le Parti socialiste genevois désignera ses candidates et candidats au Conseil d'Etat et au Grand Conseil, pour les élections cantonales de l'année prochaine. Le Comité directeur propose une liste de 45 candidates et candidats au Grand Conseil et de 4 candidates et candidats au Conseil d'Etat. Or pas moins de six socialistes ont annoncé leur candidature à la candidature au gouvernement : la Conseillère d'Etat Anne Emery-Torracinta, ainsi que Thierry Apothéloz, Carole-Anne Kast, Romain de Sainte Marie, Sandrine Salerno, Carlo Sommaruga. Dilemme : le PS genevois va devoir choisir lui-même ou laisser ce choix à son électorat. Heure du choix, leurre du non-choix...

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mercredi, 05 avril 2017

Réforme des retraites : et un référendum de plus, un !

AVS 62-60 ans.jpgCe soir, l'Assemblée générale du PS genevois prendra position sur le "projet prévoyance 2020", la réforme des retraites votées par les Chambres. Lors de l'Assemblée des délégués du PS suisse, la délégation genevoise avait été la seule à voter en bloc contre le projet, position d'ailleurs également adoptée par le Comité directeur du parti. Il serait donc fort surprenant que les socialistes genevois désavouent à la fois leurs délégués au PSS et leur propre direction cantonale. Reste que cette position a du chemin à faire pour devenir celle du parti suisse, qui en décidera dans un référendum général de ses 30'000 membres avant la fin du mois. Et ce ne sera que le premier des trois référendums sur le PV2020, avant le référendum obligatoire provoqué par la hausse de la TVA liée au projet, et le référendum facultatif lancé par la gauche de la gauche politique et syndicale, et peut-être le PS genevois, contre l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes.

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mardi, 04 avril 2017

Hamenchon et Mélhamon sont dans un bateau

melenchon-hamon_5791751.jpgLe Valls a mis le temps

Pour la gauche, l'élection présidentielle française est d'ores et déjà perdue. Du moins en tant qu'élection. En tant qu'étape d'une indispensable recomposition politique, c'est autre chose. Mais même dans l'hypothèse du retrait de l'un ou l'autre des deux principaux candidats de gauche (et lequel, en fonction de quel critère ? les sondages ?), ce camp ne pourrait rêver mieux qu'une troisième place.
Après s'être éreintés pendant des mois pour être candidats, avoir déjà, l'un et l'autre, claqué pour leur campagne des millions qu'ils ne se feront rembourser que s'ils obtiennent 5 % des voix et donné plus que l'impression, la certitude, que ni ni l'un, ni l'autre n'ont la présidence de la République pour objectif, mais la recomposition de la gauche, peut-on vraiment croire, à trois semaines du scrutin, que l'un ou l'autre (mais lequel ? Hamenchon ou Mélhamon ?) se retirera pour l'autre ou l'un ? Que Hamon, pris dans le "casse-noix" (l'expression est méluchienne) entre le marteau de droite (Macron) et l'enclume de gauche (Mélenchon) fera à Valls (qui a mis le temps pour se décider à se rallier à Macron) le cadeau de se retirer pour Mélenchon ? Que Mélenchon fera à ce qu'il reste du  PS le cadeau de se retirer pour Hamon ? Et pour faire quoi ensuite du PS (ou de ce qui en restera) ?

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13:15 Publié dans élections, France, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : gauche, hamon, mélenchon, valls, macron | |  Facebook | | | |

vendredi, 24 mars 2017

Le Parti socialiste, parti de la "classe moyenne" ?


gauche,classe moyenneGlissement progressif de l'ancrage...

En décembre dernier, un sondage effectué par Tamedia auprès de 18'000 personnes (vaste échantillon, tout de même) donnait l'UDC comme le parti qui, de l'avis de 23 % sondés, défendrait le mieux les intérêts de la classe moyenne, devant le PS (19 %), le PLR (13 %) et le PDC (11 %). Plus les sondés étaient âgés, plus souvent ils choisissaient l'UDC (29 %, contre 13 % au PS), plus ils étaient formés, plus ils choisissaient le PS (23 % chez les universitaires, contre 13 % à l'UDC). Au-delà du classement des partis, dans un ordre qui reproduit celui des élections, et de la question sans réponse claire "la classe moyenne c'est quoi ?", ce sondage confirme en tout cas le glissement progressif de l'ancrage social du Parti socialiste, parti défenseur des classes "populaires" devenant le parti d'une classe moyenne définie négativement : en seraient toutes celles et tous ceux qui ne sont ni pauvres, ni riches, qui ont assez de ressources pour payer leurs impôts et leur loyer, pas assez pour être propriétaires de leur logement, et trop pour recevoir des subsides sociaux.

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15:33 Publié dans Politique, PS, Suisse | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : gauche, classe moyenne | |  Facebook | | | |

jeudi, 16 mars 2017

Présidentielle française : Pas Dumas, Molière...

gaucheOn a cru, il y a quelques jours, pouvoir résumer la campagne présidentielle française en une sorte de succédané des "Trois Mousquetaires". C'était improbable : on faisait déjà beaucoup d'honneur à Fillon en lui attribuant le personnage d'Athos, et on n'avait trouvé personne pour incarner Porthos. En fait, on est peut-être moins dans un succédané de Dumas que dans un ersatz de Molière. Avec au moins un Avare (mis en examen), et sans doute aussi un Misanthrope, un Bourgeois Gentilhomme, une portée de Tartuffe, quelques Scapin, beaucoup de malades pas imaginaires du tout, de précieux ridicules, de femmes pas savantes et de médecins malgré la médecine. On n'est en tout cas pas dans le rendez-vous politique que devrait être une présidentielle française, dans le régime républicano-monarchique de la Ve République. Il est vrai que De Gaulle, insoupçonnable quant à son honnêteté (mais pas quant à son cynisme : le SAC et les barbouzes faisaient le sale boulot) se l'était taillé à sa stature, pas à celle des pignoufs qui se réclament encore de lui, ni à celle des héritiers, avoués ou non, de Mitterrand.

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13:56 Publié dans élections, France, politique, constitution, JS, constituante, PS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gauche | |  Facebook | | | |

mercredi, 01 mars 2017

Ciel, le PS serait à gauche !

roses en carré.jpgLa droite du parti socialiste suisse s'inquiète

Des représentants de l'aile droite du PS suisse ont tenu l'autre jour conférence de presse (dans l'ancienne Maison du Peuple bernoise, devenue hôtel) pour déplorer ce qu'elle considère comme une évolution "gauchisante" du PSS. Et "Le Temps" de titrer : "Les réformistes s'érigent contre un PSS "gauchisant". On en est carrément tombé des nues ou on planait doucement : le Parti socialiste suisse, "gauchisant" ? nos "sociaux-libéraux" helvétiques prendraient-ils nos désirs pour la réalité ? Et "Le Temps" de poursuivre sur le mode de la confusion des étiquettes en qualifiant l'aile droite du PSS d'"aile réformiste social-démocrate". Comme si la direction du parti, la majorité de ses assemblées de délégués, de son comité directeur, de son groupe parlementaire, étaient autre chose que, précisément, "réformistes" et "sociaux-démocrates".

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vendredi, 24 février 2017

LE PROGRAMME POLITIQUE DU PARTI SOCIALISTE

adhemar-schwitzguebel.jpgContribution légèrement anaRchronique d'Adhémar Schwytzguébel* à l'élaboration du programme du Parti socialiste genevois

*Conférence donnée à Saint-Imier le 29 février 1876

Le socialisme veut l'organisation de la souveraineté du peuple d'une manière réelle, par la reconnaissance complète de l'autonomie et de la liberté des individus, des groupes, des communes, des fédérations.
Les organes au moyen desquels le peuple manifeste sa souveraineté ne sont plus l'Etat et les institutions qui en découlent, mais le corps de métier, la Commune et la Fédération.
Le peuple ne délègue plus sa souveraineté, mais l'exerce directement dans chacun des organes nécessaires à la satisfaction de ses intérêts. Les délégations qui pourront encore être nécessaires n'auront qu'un caractère purement administratif, toute action gouvernementale et autoritaire étant supprimée.
La formule au moyen de laquelle les individus, les groupes, les Communes s'engagent réciproquement, ne sera plus la loi unique, mais le contrat librement débattu et consenti dans les groupes et n'engageant que les contractants.
Les conflits qui surgiront seront réglés dans les groupes intéressés par des tribunaux d'arbitres. Les affaires criminelles qui pourront se produire seront de la compétence de la Commune ou de la Fédération, suivant leur importance.

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lundi, 30 janvier 2017

Large victoire de Benoît Hamon à la "primaire" socialiste : Coup de sac bienvenu

Benoit Hamon.jpgBenoît Hamon a donc été désigné comme candidat du PS à l'élection présidentielle du printemps prochain, par (en gros) 60 % des suffrages, contre 40 % à Manuels Valls. Ce résultat clair, c'est celui d'un vote contre l'appareil du PS, même si Hamon avait reçu le soutien de notables socialistes, ralliés à lui entre les deux tours de la "primaire" (ou le soutenant depuis le début), et c'est une victoire des "frondeurs" et de l'aile gauche d'un parti qui sort quasi miraculé de cette "primaire". Le "coup de sac" bienvenu de la désignation de Hamon ouvre le jeu de la présidentielle, y réinstalle le PS et réinstalle le PS à gauche (il était temps). Mais elle le condamne aussi (il y a pire pensum) à devoir rassembler autour de sa candidature plus que les forces qui lui ont permis d'être désigné. Il est en meilleure position pour le faire qu'aurait pu l'être Valls, mais il est toujours flanqué sur sa droite d'un Emmanuel Macron en pleine ascension, et sur sa gauche d'un Jean-Luc Mélenchon -qui aurait d'ailleurs préféré avoir à faire à Valls plutôt qu'à Hamon. Il faut bien reconnaître que de choix, le PS français n'en a plus guère qu'entre la recomposition ou la décomposition. Cette clarification, acquise malgré lui, et largement contre lui, sera peut-être tenue pour l'un des rares legs positifs de François Hollande.

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14:49 Publié dans élections, France, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : benoît hamon, manuel valls | |  Facebook | | | |

mardi, 24 janvier 2017

"Primaire" de la gauche (mais pas toute) française : Tour de chauffe

valls-hamon-valls_5784063.jpgDonc, c'est Hamon (avec 36 % des suffrages) et Valls (31 %) qui sortent du (petit) chapeau de la primaire socialiste (et radicale de gauche, et un peu écolo) de dimanche. Exit Montebourg, qui ne donnait d'ailleurs pas vraiment l'impression de vouloir la gagner, cette primaire. On l'aimait bien, Montebourg. On l'aimait plus qu'on aimait ses positions politiques. Il appelle à voter Hamon au deuxième tour. Hamon et lui, cela fait une majorité si la totalité des suffrages de l'un s’additionnent à la totalité de ceux de l'autre. Et du fond de son lit d'hôpital, façon "Appel de Cochin", Martine Aubry appelle à voter Hamon. Ou à voter contre Valls, comme on veut. Dimanche, le PS aura un candidat à la présidentielle. Le troisième ou le quatrième candidat de gauche (on a déjà Macron -admettons qu'il soit de gauche- et Mélenchon Et Poutou, forcément). Coincé entre sa droite macroniste et sa gauche mélenchoniste, le PS ne joue même pas sa place au deuxième tour de la présidentielle, mais sa place au coeur de la gauche. En 1969, le candidat socialiste, Gaston Defferre terminait quatrième de la présidentielle, avec 5 % des suffrages, loin derrière le candidat gaulliste (Pompidou), le candidat centriste (Poher) et le candidat communiste (Duclos). On ne donnait plus très cher de l'avenir du parti socialiste. Deux ans plus tard, Mitterrand le prenait d'assaut, aidé par la gauche socialiste d'alors (le Ceres de Chevènement, Sarre et Motchane), s'y installait et le préparait à l'installer (et surtout à l'installer lui-même) au pouvoir. C'est résiliant, un vieux parti, et le PS, sous un nom ou un autre, a plus d'un siècle d'âge, en France, si on le fait remonter à la réunification opérée par Jaurès et Guesde, et près d'un siècle et demi si on le fait remonter à la première organisation politique socialiste...

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mercredi, 18 janvier 2017

Convention de mise en oeuvre cantonale de la RIE III : Tais-toi et signe ?

RIE III

Un peu plus d'une centaine de socialistes réunis en assemblée générale ont décidé lundi soir de ne pas signer la "convention" entre partis gouvernementaux favorables au projet du Conseil d'Etat de mise en oeuvre cantonale de la RIE III (ouf, ça, c'est de la phrase !). Mais on a quand même mis trois bonnes heures pour savoir si on disait NON à la convention ou NON à la signature de la convention...  Finalement on a, péniblement, dit NON à la signature de la convention. Du moins pas maintenant. On aurait évidemment préféré dire carrément NON à la Convention elle-même (et donc au projet du Conseil d'Etat), voire même qu'une majorité lui dise OUI (être minoritaires ne nous déprime pas vraiment), et avoir une position claire à défendre ou à combattre (on se serait gênél, tiens...) mais on fera avec ce simple refus de signature : comme la Convention entre partis gouvernementaux n'était supposée être valide que si tous la signaient hier, et que ni le PS ni les Verts ne l'ont signée, il ne devrait plus y avoir de convention, sauf entre le PLR, le PDC et le MCG, ce qui ne changerait pas grand-chose aux front en présence. A moins que les entreprenants auteurs du papier que le PS n'a pas signé hier (pas plus que les Verts)  ne décident finalement de la mettre au frigo en attendant le résultat du vote de février prochain sur la réforme fédérale sur laquelle s'appuie la réforme cantonale.  C 'est clair ? Bon, d'accord, ça mérite peut-être une chtite clarification...

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lundi, 16 janvier 2017

RIE III : Affliction générale

Vignette RIE III.jpgLe Parti socialiste doit tenir à Genève (en en Suisse) une forme olympique en ce moment, à rendre jaloux nos camarades français : il afflige tout le monde. Le président du PLR est affligé parce que le PS risque fort (comment pourrait-il raisonnablement faire autrement ?) de refuser de signer la convention qui l'engagerait à soutenir la réforme cantonale de l'imposition des entreprises avant même de savoir si elle pourra se faire, Pagani est affligé parce que le PS ne prend pas au sérieux les ultimatums de ce qui reste d'"Ensemble à Gauche", l'USAM est tellement affligée de l'opposition socialiste à la réforme fédérale qu'elle bidouille des déclarations de socialistes pour fait croire qu'ils soutiennent cette réforme alors qu'ils combattent... Bref, l’affliction est générale, et on en est nous-même tout affligés, d'affliger tous ces affligés. Mais on surmontera notre propre affliction. Et ce soir, en assemblée générale du PS genevois, on espère bien être une majorité confortable à refuser de poser la signature socialiste au bas d'un texte (la fameuse convention) auquel on ne peut guère comparer que l'adhésion à Exit. Encore qu'Exit ne promeuve au moins la mort que dans la dignité, quand ce texte ne nous la propose aux partis politiques que sous la forme d'une capitulation.

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13:21 Publié dans Fiscalité, Genève, Politique, PS, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rie iii | |  Facebook | | | |

jeudi, 12 janvier 2017

Partis socialistes français et suisse : Y'en a presque point comme nous.

socialisme, social-démocratieCe soir, à la télé française, sept socialistes feindront de débattre dans le cadre d'une "primaire de gauche" -qui ne concerne d'ailleurs plus qu'une partie de la gauche- au terme de laquelle sera désigné le candidat du PS à l'élection présidentielle de la fin du printemps prochain. Sept candidats, dont quatre anciens ministres (et même un ancien Premier ministre) de François Hollande, qui vont sans doute faire ce qu'ils peuvent pour se distancer du bilan d'un quinquennat jugé par une écrasante majorité de Françaises de Français comme assez calamiteux, mais dont ils ont été, pour un temps au moins (mais jusqu'au bout pour Manuel Valls) des acteurs. Autant dire que le vainqueur de la "primaire" du PS et de ses satellites ne sera pas désigné pour succéder à François Hollande, ni même, sans doute, pour se retrouver au deuxième tour de la présidentielle, mais pour tenter de maintenir au sein de la gauche française le primat d'un parti coincé entre le social-libéralisme à la Macron et la social-démocratie de gauche de Mélanchon. Certes, le PS français survivra à sa crise (il a survécu à toutes, et même à ses propres errements, depuis sa fondation par Jaurès et Guesde, il y a un siècle), et ses deux concurrences sur ses deux flans sont plus des mouvements que des partis, mais à voir l'état dans lequel le quinquennat de Hollande l'a laissé, on se sent tout de même mieux en ce moment au PS suisse qu'on se sentirait au PS français. C'est notre "y'en a point comme nous"... "Point", ou presque : n'oublions pas le Labour de Corbyn, et même le courant socialiste de Sanders.

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mercredi, 19 octobre 2016

La gauche en Europe : D'où viens-je, où cours-je ?

Excellent documentaire français, sur la deuxième chaîne télé romande, dimanche soir : une histoire de l'anarchisme. Toujours bon à prendre, un travail de mémoire, surtout quand il porte sur l'un des courants fondateurs du socialisme, que les autres courants non moins, mais pas plus, fondateurs n'ont eu de cesse de faire oublier. On a donc vu passer les incontournables (Proudhon, Bakounine, Kropotkine, Malatesta), les maudits (Ravachol, Bonnot), les héroïques (Durutti, Makhno), de grandes figures révolutionnaires au féminin (Louise Michel, Emma Goldman), et tous et toutes les autres. Et surtout, un formidable mouvement à la fois politique et social. Dont il semblait pourtant qu'il ne subsistait plus grand chose, sinon quelques nostalgies et quelques irréductibles. Mais de le voir passer sans qu'il ait trépassé, increvable, ça fait du bien. Surtout en un moment où, réfugié ou non dans des organisations (et même des partis) traditionnels de gauche, on contemple avec consternation l'état de la gauche en Europe... Avec consternation, mais sans renoncement : ce qui qui défaille peut être ranimé. Et de savoir d'où l'on vient aide à savoir où l'on est, et à décider où on veut aller.

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mardi, 11 octobre 2016

La Grande-Bretagne après le Brexit : Labour, toujours Labour

La Première ministre conservatrice britannique, Theresa May, proclamant que "le Brexit veut dire le Brexit" (elle n'y était pas favorable, mais elle l'assume) a annoncé que le procesus de retrait du Royaume Uni (s'il est encore uni...) de l'Union Européenne sera enclenché au plus tard fin mars de l'année prochaine. Sans que ni l'Ecosse, ni l'Irlande du Nord, qui avaient voté contre le Brexit, ni le Pays de Galles, qui l'avait accepté de justesse, ne soient conviés à participer en tant que tels aux négociations avec l'UE. La Première Ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a néanmoins proclamé que l'"Ecosse était déterminée à rester dans l'Union Européenne". Ses interlocuteurs européens se sont bien gardés de prendre position sur cette volonté écossaise, à l'exception du Premier Ministre espagnol, Mariano Rajoy, qui s'est opposé à ce que l'Ecosse soit partie prenante des négociations sur les modalités du "Brexit", puisque ce serait lui reconnaître au moins implicitement un droit à l'autodétermination que le même Rajoy nie à la Catalogne qui le revendique comme l'Ecosse... En attendant, c'est surtout à gauche qu'il y a du nouveau -et le nouveau, c'est le "vieux" Jeremy Corbyn, et sa volonté de refaire du Parti Travailliste un parti socialiste (social-démocrate, au plein sens historique du terme), et un parti de masse. Et il est en passe de réussir. Malgré le Brexit, ou grâce au Brexit, on ne sait. Mais à cause (entre autres) du Brexit, certainement.

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mardi, 04 octobre 2016

RIE III : Tu veux ou tu veux pas ?

 droite-gauche.jpgLe PS genevois entre le "oui mais" et le "non mais"
  
Demain, une Assemblée des délégués du PS genevois débattra du "volet genevois" de la réforme fédérale de l'imposition des entreprises (la fameuse "RIE III) votée par les deux Chambres du parlement suisse, contre laquelle un référendum a été lancé (notamment par le PS suisse) et a abouti, et sur laquelle on votera donc, l'année prochaine. La question, au plan genevois, est donc de savoir quelle position le PS va adopter à l'égard des propositions du gouvernement cantonal. Ces propositions consistant en la mise en oeuvre cantonale d'une réforme que le PS combat au niveau suisse, il serait logique qu'elles soient combattues aussi par le PS au niveau cantonal. Mais la logique n'est pas une mécanique, et des voix (de députés, de la Conseillère administrative Sandrine Salerno, responsable des finances de la Ville de Genève, notamment) se sont élevées au sein du PS genevois pour considérer qu'après tout, les propositions gouvernementales étaient acceptables, si le parlement s'y tenait et que la droite ne les dénaturait pas ni ne le amputait. Une sorte de "oui mais", auquel répond une sorte de "non mais", exprimant un refus du projet du Conseil d'Etat en même temps que la conviction que "de toute façon, il faudra en passer par une réduction des ressources fiscales" du canton et des communes. Le problème, c'est que tout ce débat sera tranché en votation populaire, quand il n'y a pas de "mais" qui tienne dans un vote référendaire, binaire, forcément binaire, et qu'à la question "tu veux ou tu veux pas",  il n'y a de réponse possible que "oui" ou "non", les fioritures, les précautions rhétoriques, comptant pour beurre de cuisine politique... Il va donc bien falloir prendre une position claire sur la RIE III, version genevoise.

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lundi, 14 mars 2016

Epurons en rond (et ron petit patapon)...

Cause toujours.jpgDe la discipline et de la cohérence politiques

Deux députés d'"Ensemble à Gauche" exclus des commissions du Grand Conseil pour avoir voté contre le mot d'ordre de leur groupe, une députée UDC exclue (en son  absence) de son groupe pour avoir été élue première Vice-présidente du Grand Conseil (elle en était déjà la deuxième vice-présidente) contre le candidat de son parti, trois conseillers municipaux socialistes menacés de sanctions pour avoir appelé à voter "Non" au projet de rénovation-extension du Musée d'Art et d'Histoire soutenu par le PS, une conseillère municipale d'"Ensemble à Gauche" se drapant d'un foulard pour marquer son opposition aux positions défendues par un conseiller municipal du même groupe : les parlements genevois ont au moins réussi un exercice, ces derniers jours : illustrer la difficulté de concilier la cohérence individuelle et la discipline collective. Et, au passage, de confirmer ce que l'on savait déjà : que si la discipline fait parait-il la force des armées, elle ne fait pas l'intelligence des organisations politiques. Et même pas toujours leur efficacité.

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