lundi, 27 mars 2017

USA : 65 jours de présidence donaldesque


Trump orange.jpgPolitique du pitre

Donc, Donald est président depuis deux mois et des poussières. Sa présidence, il l'avait entamée en multipliant les vitupérations, les menaces, les bouderies, les accusations complotistes, toutes manifestations ne faisant que reproduire celles dont sa campagne électorale avait été tissée -sauf qu'il est président, et non plus seulement candidat. Et que dès qu'il s'est agi, non plus de prendre des postures de chef de gang et de tenir des propos de tenancier de bordel, mais de commencer à réaliser son programme, ses prétentions de décisions se sont lourdement heurtées au mur des institutions, de la légalité, des réalités et des rapports de force. Dernier exemple en date : l'échec de sa tentative d'abroger l'"Obamacare", le système d'assurance-maladie (d'ailleurs imparfait, mais suppléant à un vide social inimaginable dans nos contrées), après l'échec de sa tentative d'interdire à des ressortissants de pays à majorité musulmane d'entrer aux Etats-Unis, la démission forcée de son Conseiller à la sécurité nationale après qu'il ait été avéré qu'il avait été payé par la Russie et la Turquie, la constatation de la vacuité de ses accusations de fraude électorale ou de mise sur écoute. Restent toutefois dans la colonne assez exsangue des succès, quelques nominations symboliques de représentants de l'extrême-droite raciste (comme celle de Steve Bannon au Conseil national de Sécurité), et le soutien sans faille du "coeur" de son électorat (qui considère certes que son héros avance souvent ou très souvent des affirmations sans preuves", mais le lui pardonne). Peut-on, optimistes que nous sommes, en déduire que son programme de promotion d'une Amérique blanche, chrétienne, conservatrice et patriarcale, par discrimination de toutes les catégories sociales et culturelles, dt tous les comportements et de tous les groupes humains, qui ne correspondent pas à ce stéréotype, tient désormais du pur fantasme irréalisable ? Un peu de prudence est de mise : le pire n'est certes jamais sûr, mais jamais non plus exclu.

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vendredi, 24 mars 2017

Le Parti socialiste, parti de la "classe moyenne" ?


gauche,classe moyenneGlissement progressif de l'ancrage...

En décembre dernier, un sondage effectué par Tamedia auprès de 18'000 personnes (vaste échantillon, tout de même) donnait l'UDC comme le parti qui, de l'avis de 23 % sondés, défendrait le mieux les intérêts de la classe moyenne, devant le PS (19 %), le PLR (13 %) et le PDC (11 %). Plus les sondés étaient âgés, plus souvent ils choisissaient l'UDC (29 %, contre 13 % au PS), plus ils étaient formés, plus ils choisissaient le PS (23 % chez les universitaires, contre 13 % à l'UDC). Au-delà du classement des partis, dans un ordre qui reproduit celui des élections, et de la question sans réponse claire "la classe moyenne c'est quoi ?", ce sondage confirme en tout cas le glissement progressif de l'ancrage social du Parti socialiste, parti défenseur des classes "populaires" devenant le parti d'une classe moyenne définie négativement : en seraient toutes celles et tous ceux qui ne sont ni pauvres, ni riches, qui ont assez de ressources pour payer leurs impôts et leur loyer, pas assez pour être propriétaires de leur logement, et trop pour recevoir des subsides sociaux.

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lundi, 20 mars 2017

Réforme du Système des retraites : Compromis ou compromission ?

cimetière.jpgLes Chambres fédérales ont donc adopté, à une voix de majorité, le compromis porté, dans la réforme du système des retraites,  par le Conseil des Etats, le Conseiller fédéral Alain Berset, le PS et le PDC. Compromis, ou compromission ? Dans six mois, on en jugera par un vote populaire. Si le projet (qui pour la première fois lie en une seule réforme celle du premier et celle du deuxième pilier du système de retraite) est accepté, l'âge de la retraite des femmes sera repoussé d'un an pour égaler celui des hommes, mais les rentes individuelles AVS augmenteront de 70 francs par mois, et les rentes de couple passeront de 150 à 155 % de la rente individuelle. Les rentes de 2e pilier, fondées sur le capital accumulé, vont baisser, Les cotisations AVS vont augmenter de 0,3 points, paritairement entre celles des salariés et celles des employeurs, et celles de prévoyance professionnelle vont augmenter dès l'âge de 35 ans. Une retraite "à la carte" pourra être prise dès 62 ans, et jusqu'à 70 ans, avec une rente AVS amputée (de 6,37 % par année d'anticipation) si la retraite est prise avant 65 ans, augmentée (de 5,2 à 31,5 %, selon la durée du report) si elle est prise après (les femmes qui continueraient ainsi à prendre leur retraite à 64 ans, comme actuellement, recevraient une rente équivalente à l'actuelle, grâce aux 70 francs mensuels d'augmentation). Les rentes de veuves et de veufs et celles d'orphelins sont maintenues. Le relèvement automatique de l'âge de la retraite à 67 ans est abandonné... La TVA, impôt injuste, est augmentée de 0.6 points pour renforcer le financement de l'AVS, système de retraite juste.  Ce renforcement aurait pu être assuré par d'autres moyens, et d'autres sources, mais toutes les propositions faites en ce sens ont été refusées au parlement, voire par le peuple, comme celle, faite par la gauche, d'un impôt de 20 % sur toutes les successions supérieures à deux millions de francs, écrasée en votation populaire le 14 juin 2015... Le financement par la TVA passera sans doute mieux : il est injuste socialement (le taux de TVA est le même que ceux qui la paient soient riches ou pauvres), mais cette injustice-là est invisible : elle est intégrée dans le prix des marchandises...

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lundi, 13 mars 2017

Quand Erdogan et ses partisans pètent les plombs

Erdogan.JPGReferendummkopf

Le 16 avril, la Turquie votera en référendum sur le désir irrépressible du président Erdogan de devenir un "hyperprésident". Et à l'image de leur Sultan, ses partisans s'agitent dans toute l'Europe pour convaincre les Turcs de l'étranger de rallier le Grand Turc de Turquie. Mais cette agitation se heurte à de fortes résistances : autorisé par Berne, un meeting zurichois du ministre turc des Affaires étrangères a été annulé, le Danemark invite le même ministre à renoncer à tenir un meeting sur sol danois (ce qu'il a pu faire en France et aurait pu faire en Suisse si l'Hôtel où devait se tenir le meeting n'avait pas annulé la réservation de la salle), l'avion du ministre a été empêché d'atterrir aux Pays-Bas où il devait également prêcher la bonne parole, et d'où la ministre turque de la Famille a été expulsée -le Sultan Erdogan s'autorisant du coup à traiter le gouvernement néerlandais de "nazi". Pas moins. Des municipalités allemandes ont également interdit des réunions de partisans du projet d'"hyperprésidence" soumis à référendum. En Suisse, les Verts s'inquiètent de la surveillance exercée par l'ambassade de Turquie sur les opposants au régime d'Ankara, et plus généralement sur les Turcs de Suisse, dont la majorité sont d'ailleurs soit Kurdes, soit Alévis, soit les deux à la fois, ces deux composantes de la société turque étant dans le collimateur du gouvernement et du parti d'Erdogan.

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mercredi, 08 mars 2017

Journée internationale DES DROITS des femmes : Une longue, longue marche

Man_Ray_Noire_et_blanche.jpgEntre la Journée internationale de la radio et de la télévision pour les enfants (avant-hier) et la Journée internationale de l'audition (après-demain), il y a, aujourd'hui la Journée internationale des Femmes, dans le titre que lui donnent les Nations-Unies, la Journée internationale des Droits des Femmes dans celui que lui donnent la gauche et les féministes. Dans le calendrier républicain, c'est le jour du mouron. Et dans le calendrier pataphysique, le jour du Sabbat. Tirez-en les conclusions que vous voudrez : ici, on en tirera celle d'un jour dédié à un combat permanent, à une longue, longue marche, avec des arrêts, des errances, des détours, des retours en arrière, des impasses. En Suisse, les femmes ne votent nationalement que depuis 1971, 53 ans après qu'une Grève Générale ait revendiqué ce droit pour elles aussi (il fallut d'ailleurs une autre grève, celle des femmes en 1991, pour que le prédicat constitutionnel de l'égalité, vieux de dix ans, accouche d'une loi), ne peuvent voter cantonalement et communalement dans toute la Suisse que depuis 1990 (à Genève même, il fallut s'y prendre à cinq fois pour qu'un vote des hommes ouvre le vote aux femmes), et ne peuvent ouvrir un compte en banque sans avoir à demander l'autorisation de leur mari que depuis 35 ans...

voir aussi le numéro du journal socialiste genevois "Causes Communes", consacré au féminisme : http://www.ps-geneve.ch/causes-communes/

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15:12 Publié dans Femmes, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : féminisme, journée des femmes | |  Facebook | | | |

lundi, 06 mars 2017

Election présidentielle française : Et à la fin, ils sont (presque) tous morts

Trois Mousquetaires.jpgVous voulez comprendre le souk de l'élection présidentielle française ? Relisez Alexandre Dumas et sa trilogie des trois mousquetaires :  tout y est, même si le "un pour tous, tous pour un" est devenu "chacun pour moi". Mais on voit bien Méluche en d'Artagnan, Fillon en Athos, Macron en Aramis (mais qui pour Porthos, et quel rôle pour Hamon ? on sèche)... et Le Pen en Milady. Et Hollande en Richelieu. On rappellera tout de même qu'à la fin, dans le "Vicomte de Bragelonne", ils sont tous morts, sauf Aramis (le seul personnage totalement imaginaire, soit dit en passant) qui finit en Général des Jésuites... Même que d'Artagnan, il se fait tuer à Maastricht...

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15:59 Publié dans élections, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fillon | |  Facebook | | | |

vendredi, 03 mars 2017

La Ville de Genève aura-t-elle un budget le 20 mars ?

Jetdeautordu.jpgLe nécessaire budget d'en bas

Le Conseil Municipal de la Ville de Genève sera vraisemblablement convoqué pour le lundi 20 mars, avec à l'ordre du jour l'adoption, peut-être, éventuellement, si tout va bien, d'un budget pour l'année commencée depuis des mois. En attendant le bon vouloir d'une majorité du Conseil municipal, la Ville fonctionne depuis le 1er janvier sous le régime des "douzièmes provisionnels", c'est-à-dire sur la base du budget 2016 découpé en tranches mensuelles. Or contrairement aux cantons et à la Confédération, les communes n'ont pas la possibilité de se décharger de leurs responsabilités sur un échelon institutionnel inférieur, et même s'il est celui d'une ville de 200'000 habitants, leur budget est le "budget d'en bas", le seul qui finance des prestations publiques qui ne peuvent être reportées sur un autre budget public mais seulement sur les habitants ou le tissu associatif. Le seul, au fond, qui soit nécessaire. Ce dont jusqu’ici, une majorité du Conseil municipal de la Ville de Genève semble n'avoir pas pris conscience -ou se contrefoutre.

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mercredi, 01 mars 2017

Ciel, le PS serait à gauche !

roses en carré.jpgLa droite du parti socialiste suisse s'inquiète

Des représentants de l'aile droite du PS suisse ont tenu l'autre jour conférence de presse (dans l'ancienne Maison du Peuple bernoise, devenue hôtel) pour déplorer ce qu'elle considère comme une évolution "gauchisante" du PSS. Et "Le Temps" de titrer : "Les réformistes s'érigent contre un PSS "gauchisant". On en est carrément tombé des nues ou on planait doucement : le Parti socialiste suisse, "gauchisant" ? nos "sociaux-libéraux" helvétiques prendraient-ils nos désirs pour la réalité ? Et "Le Temps" de poursuivre sur le mode de la confusion des étiquettes en qualifiant l'aile droite du PSS d'"aile réformiste social-démocrate". Comme si la direction du parti, la majorité de ses assemblées de délégués, de son comité directeur, de son groupe parlementaire, étaient autre chose que, précisément, "réformistes" et "sociaux-démocrates".

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mardi, 28 février 2017

Gauche française : la conjuration des ego


Ah, que la défaite sera belle...

On est bien contents : Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon vont cesser de s'insulter. Du moins en public. Mélenchon : "À cinquante jours du premier tour, il n’est pas possible de régler la différence qui par exemple nous sépare sur la question essentielle de l’Europe. Je n’ai pas été surpris qu’il me confirme sa candidature et il ne l’a pas été que je lui confirme la mienne. Nous sommes convenus d’un code de respect mutuel dans la campagne". Voila. Evidemment, ça n'engage qu'eux-mêmes. Pas leurs lieutenants, leurs porte-paroles, leurs spadassins et leurs partisans. Celui qui veut maintenir un parti socialiste en le tirant à gauche et celui qui veut faire disparaître le PS pour le remplacer par autre chose ne pouvaient évidemment pas tomber d'accord sur la candidature unique de l'un des deux. Il faut savoir se contenter de peu dans cette conjuration des egos : Hamon et Mélenchon ont promis de cesser de se traiter mutuellement et publiquement de tous les noms. En somme, ils sont passés de l'enfance à l'adolescence. Pour l'âge adulte, on verra dans cinq ans. Quand Macron se représentera pour un deuxième mandat, le spectre de Marine suffisant d'ici là à la majorité des électrices et électeurs de gauche pour les conduire à voter Macron au deuxième tour (et même, pour une partie non négligeable d'entre eux, dès le premier tour, pour éliminer Fillon. Le vote utile, en se bouchant le nez, en se fermant les yeux et en s'obturant les oreilles. Avant que chaque composante de la gauche rende les autres responsables d'une défaite non seulement annoncée par les augures, mais organisée par la gauche elle-même.

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vendredi, 24 février 2017

LE PROGRAMME POLITIQUE DU PARTI SOCIALISTE

adhemar-schwitzguebel.jpgContribution légèrement anaRchronique d'Adhémar Schwytzguébel* à l'élaboration du programme du Parti socialiste genevois

*Conférence donnée à Saint-Imier le 29 février 1876

Le socialisme veut l'organisation de la souveraineté du peuple d'une manière réelle, par la reconnaissance complète de l'autonomie et de la liberté des individus, des groupes, des communes, des fédérations.
Les organes au moyen desquels le peuple manifeste sa souveraineté ne sont plus l'Etat et les institutions qui en découlent, mais le corps de métier, la Commune et la Fédération.
Le peuple ne délègue plus sa souveraineté, mais l'exerce directement dans chacun des organes nécessaires à la satisfaction de ses intérêts. Les délégations qui pourront encore être nécessaires n'auront qu'un caractère purement administratif, toute action gouvernementale et autoritaire étant supprimée.
La formule au moyen de laquelle les individus, les groupes, les Communes s'engagent réciproquement, ne sera plus la loi unique, mais le contrat librement débattu et consenti dans les groupes et n'engageant que les contractants.
Les conflits qui surgiront seront réglés dans les groupes intéressés par des tribunaux d'arbitres. Les affaires criminelles qui pourront se produire seront de la compétence de la Commune ou de la Fédération, suivant leur importance.

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mardi, 21 février 2017

Les jours d'après le vote du 12 février : Règlements de comptes à RIE III Corral

OK Corral.jpgOn a des plaisirs coupables, mais d'autant plus jouissifs qu'ils sont rares : par exemple lire et entendre les déclarations des porte-paroles de la droite (toute la droite, du PDC à l'UDC en passant par le PLR) après une défaite électorale. Comme celle d'il y a dix jours, sur la réforme de l'imposition des entreprises, dans la version des Chambres fédérales (qui en avaient fait un arbre de noël en accrochant à la proposition initiale du Conseil fédéral toute une série de boules et de guirlandes clignotantes pour faire joli aux yeux des "sociétés à statut" (et en particulier des multinationales). On a donc savouré le "nous avons perdu car le projet était mauvais" du président de l'USAM, l'udéciste Jean-François Rime, qui avait défendu mordicus ce "mauvais" projet pendant des mois, et dégusté le report de la faute sur Eveline Widmer-Schlumpf qui, en attaquant le projet aurait "fait la différence" en venant "polluer le débat", comme l'en accuse le président de la Chambre vaudoise de commerce et d'industrie. Qui en revanche ne se demande pas comment il se fait que les déclarations de l'ancienne Conseillère fédérale pèsent plus que celles de son successeur, Ueli Maurer, et de tous les ténors de la droite... Jouissifs lendemains de votation, on vous dit

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lundi, 20 février 2017

Présidentielle française : sac de nœuds et dilemme de gauche

gauche Gagner quoi, contre qui ?

A deux mois de l'élection présidentielle française, la seule hypothèse dont on puisse être à peu près certain qu'elle se réalisera est celle de la présence de Marine Le Pen au tour décisif -le second. Pour le reste, c'est-à-dire pour ce qui est de son compétiteur, plus rien n'est sûr, alors qu'il y a quelques mois encore tous les commentateurs et sagaces analystes se disaient assurés qu'en désignant son candidat, la droite démocratique désignait de fait le prochain président. Aujourd'hui, son candidat, François Fillon, n'occupe plus dans les intentions de vote que la troisième place, éliminatoire. Quant à la gauche, elle présente pas moins de quatre candidatures. Dont deux, celles de Hamon et de Mélenchon, se tiennent la barchichette à dix ou quinze points d'intentions de vote de Le Pen et Macron, et même encore derrière Fillon. Un candidat de gauche a-t-il encore la moindre chance d'être présent au deuxième tour de l'élection ? Et lequel ? Et sur quel projet ? Et pour quoi faire ? Etre élu ou mobiliser toute la droite contre lui, et derrière la candidate du Front National ?

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vendredi, 17 février 2017

On s'est plantés sur Trump

Errare humanum est, ergo...

USA, TrumpOn a un aveu à vous faire. Une confession, même : finalement, Trump, on l'aime bien. Certes, on s'est profondément mis le doigt dans l'oeil en présumant qu'il ne ferait pas ce qu'il annonçait, qu'il ne tiendrait pas ses promesses, que sa pratique de président serait toute différente de sa pratique de candidat. Eh bien non : il fait ce qu'il avait dit qu'il ferait. Enfin, disons qu'il essaie de le faire. Trump est cohérent : il disait des conneries, pendant la campagne électorale, il les commet après l'élection. Et, pour peu qu'on ait à disposition quelque cynisme, et quelque propension à ricaner du malheur de quelques autres, c'est assez jouissif. ça ne dissipe pas les inquiétudes, mais ça aide à les surmonter. Une sorte d'antidépresseur politique, en somme. N'en abusons pas, mais n'y rechignons pas non plus : nous n'avons guère d'autre sous la main (quoique Fillon, peut-être...)

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lundi, 13 février 2017

RIE III : Retour à l'envoyeur

rie iiiDa capo

Vendredi, "Le Temps" tirait sa dernière cartouche en proclamait en édito que la réforme de l'imposition des entreprises, version 3.0 (RIE III) "est un très bon projet qui permet l'équité fiscale entre entreprises, la fin des statuts spéciaux et une amélioration de la compétitivité du pays. Il se suffit à lui-même". A lui-même, sans doute. Et suffisant au "Temps", aussi. Mais pas aux Suisses et aux Suisses. Et même pas aux Genevois, dont on aurait pourtant pu attendre qu'ils votassent massivement en faveur d'une proposition dont les partisans clamaient que le refus allait provoquer l'exode massif des multinationales et autres sociétés à statut, grosses employeuses de contribuables locaux (et d'expatriés et de frontaliers, ce qui ne peut que rendre assez égayant le soutien que le MCG et l'UDC apportaient au projet finalement refusé). Le refus clair et net (à près de 60 % des suffrages) de la RIE III éclaircit le paysage politique, national et local. National, puisqu'en renvoyant le paquet à son expéditeur, le peuple le charge de lui en présenter un plus... présentable. Local, puisqu'on en finit avec la bouffonne "convention" que les partisans de la réforme fédérale voulaient faire signer aux "partis gouvernementaux", à commencer (parce que c'est eux qu'il fallait ligoter pour leur faire avaler la réforme cantonale) par les partis de gauche. Da Capo, on vous dit !

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mardi, 07 février 2017

RIE III : désolés, "la gauche bouge encore"

RIE III

Etre majoritaires, absolument

Titre de l'édito du "Temps"de jeudi dernier, à propos de la montée du "non" à la RIE III dans les sondages : "RIE III : la gauche bouge encore". On est désolés de faire de la peine au "Temps" (mais on le remercie quand même : l'édito n'était pas signé "éditorialiste masqué"), mais oui, "la gauche bouge encore" : elle (le PS en tête) a lancé le référendum contre la version de droite de la réforme de l'imposition des entreprise, l'a fait aboutir, a mené campagne (avec des moyens financiers ridicules si on les compare à ceux des partisans de la réforme), et elle peut gagner dimanche. Pas toute seule, évidemment (Ia gauche dans ce pays ne pèse qu'un petit tiers des suffrages, et il lui faut donc pour gagner une majorité détourner une partie de l'électorat de droite de son sillon), mais en ayant convaincu une partie importante de cette fameuse "classe moyenne", dont nul à vrai dire ne sait ce qu'elle est, que le projet qui lui est soumis est inacceptable. Un référendum, en effet, n'est pas une élection : on ne choisit pas un parti, on se prononce sur un texte. Et si on veut le renvoyer à son expéditeur, il ne suffit pas d'être relativement  majoritaire, il faut l'être absolument.

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jeudi, 02 février 2017

RIE III : Vers un retour du paquet piégé à l'expéditeur ?


RIE III Retour à l'envoyeur.JPGEncore un effort !

Nous partîmes un tiers et nous voilà la moitié (si l'on en croit les sondages, qui n'annoncent jamais ce qui va être voté, mais seulement ce qu'auraient voté les sondés le jour où on les a interrogés si le vote avait lieu ce jour là) : un sondage SSR donne le "oui" à 45 % et le "non" à 44 %, un sondage Tamedia donne le "non" à 47 % et le "oui" à 45 %. Suspense... Un tiers des électeurs PDC interrogés auraient voté "non" le jour du sondage, comme plus de 40 % des électeurs UDC et Verts libéraux, et la majorité des électeurs du PBD, alors que ces trois partis appellent à voter "oui". A force de confusion, de polémiques, de manipulations, d'obscurités et de prédictions délirantes, le camp du "oui" s'est effrité. Même l'ancienne ministre (de droite) des Finances fédérales, Eveline Widmer-Schlumpf, qui avait lancé la troisième réforme de l'imposition des entreprises, en désavoue le résultat : elle le trouve "déséquilibré", alourdi par des mesures d'accompagnement contestables, comme la déduction possible d'intérêts fictifs, et éloigné de l'objectif initial et fondamental d'abolir les avantages fiscaux offerts aux sociétés à dimension internationale. Encore un effort, citoyennes et citoyens, pour renvoyer à l'expéditeur ce paquet trop bien ficelé pour ne pas cacher quelque chose qui vous explosera à la figure...

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lundi, 30 janvier 2017

Large victoire de Benoît Hamon à la "primaire" socialiste : Coup de sac bienvenu

Benoit Hamon.jpgBenoît Hamon a donc été désigné comme candidat du PS à l'élection présidentielle du printemps prochain, par (en gros) 60 % des suffrages, contre 40 % à Manuels Valls. Ce résultat clair, c'est celui d'un vote contre l'appareil du PS, même si Hamon avait reçu le soutien de notables socialistes, ralliés à lui entre les deux tours de la "primaire" (ou le soutenant depuis le début), et c'est une victoire des "frondeurs" et de l'aile gauche d'un parti qui sort quasi miraculé de cette "primaire". Le "coup de sac" bienvenu de la désignation de Hamon ouvre le jeu de la présidentielle, y réinstalle le PS et réinstalle le PS à gauche (il était temps). Mais elle le condamne aussi (il y a pire pensum) à devoir rassembler autour de sa candidature plus que les forces qui lui ont permis d'être désigné. Il est en meilleure position pour le faire qu'aurait pu l'être Valls, mais il est toujours flanqué sur sa droite d'un Emmanuel Macron en pleine ascension, et sur sa gauche d'un Jean-Luc Mélenchon -qui aurait d'ailleurs préféré avoir à faire à Valls plutôt qu'à Hamon. Il faut bien reconnaître que de choix, le PS français n'en a plus guère qu'entre la recomposition ou la décomposition. Cette clarification, acquise malgré lui, et largement contre lui, sera peut-être tenue pour l'un des rares legs positifs de François Hollande.

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mardi, 24 janvier 2017

"Primaire" de la gauche (mais pas toute) française : Tour de chauffe

valls-hamon-valls_5784063.jpgDonc, c'est Hamon (avec 36 % des suffrages) et Valls (31 %) qui sortent du (petit) chapeau de la primaire socialiste (et radicale de gauche, et un peu écolo) de dimanche. Exit Montebourg, qui ne donnait d'ailleurs pas vraiment l'impression de vouloir la gagner, cette primaire. On l'aimait bien, Montebourg. On l'aimait plus qu'on aimait ses positions politiques. Il appelle à voter Hamon au deuxième tour. Hamon et lui, cela fait une majorité si la totalité des suffrages de l'un s’additionnent à la totalité de ceux de l'autre. Et du fond de son lit d'hôpital, façon "Appel de Cochin", Martine Aubry appelle à voter Hamon. Ou à voter contre Valls, comme on veut. Dimanche, le PS aura un candidat à la présidentielle. Le troisième ou le quatrième candidat de gauche (on a déjà Macron -admettons qu'il soit de gauche- et Mélenchon Et Poutou, forcément). Coincé entre sa droite macroniste et sa gauche mélenchoniste, le PS ne joue même pas sa place au deuxième tour de la présidentielle, mais sa place au coeur de la gauche. En 1969, le candidat socialiste, Gaston Defferre terminait quatrième de la présidentielle, avec 5 % des suffrages, loin derrière le candidat gaulliste (Pompidou), le candidat centriste (Poher) et le candidat communiste (Duclos). On ne donnait plus très cher de l'avenir du parti socialiste. Deux ans plus tard, Mitterrand le prenait d'assaut, aidé par la gauche socialiste d'alors (le Ceres de Chevènement, Sarre et Motchane), s'y installait et le préparait à l'installer (et surtout à l'installer lui-même) au pouvoir. C'est résiliant, un vieux parti, et le PS, sous un nom ou un autre, a plus d'un siècle d'âge, en France, si on le fait remonter à la réunification opérée par Jaurès et Guesde, et près d'un siècle et demi si on le fait remonter à la première organisation politique socialiste...

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jeudi, 19 janvier 2017

Le Couronnement de Trump : Beauf Ier, Président

Trump, USADemain, vendredi, Donald Trump sera investi 45e Président des Etats Unis. Après-demain, samedi, des centaines de milliers de personnes manifesteront, non contre cette investiture, conforme au système baroque d'élection à la présidence d'un candidat ayant obtenu un moindre soutien électoral que sa concurrente, mais contre ce système, et contre le discours tenu par ce candidat élu, et contre une bonne partie de son programme*. La cérémonie d'investure elle-même sera d'ailleurs boycottée par des élus démocrates à la Chambre des Représentants, qui dénoncent les attaques de Trump contre l'un des leur, John Lewis, 76 ans, Représentant de la Géorgie, figure de la lutte pour l'égalité entre "noirs" et "blancs", co-organisateur de la fameuse Marche pour l'Egalité en 1963, accusé de n'avoir que de "belles paroles" à offrir à ses concitoyens. "Je ne veux pas contribuer à légitimer un homme qui ment à profusion, insulte quiconque n'est pas d'accord avec lui" et manque de respect pour les femmes, résume le démocrate Don Beyer (ancien ambassadeur en Suisse). Eh oui, Beauf Ier sera dès demain président des Etats-Unis...

* En Suisse, la "Marche des Femmes pour la Dignité" s'inscrira, au même moment, à Genève, dans le même refus du mépris des femmes et des minorités que la marche de Washington expérimera : Rendez-vous à 11 heures au Jardin Anglais pour une marche close par un rassemblement au Quai Wilson à 12 heures 30

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mercredi, 18 janvier 2017

Convention de mise en oeuvre cantonale de la RIE III : Tais-toi et signe ?

RIE III

Un peu plus d'une centaine de socialistes réunis en assemblée générale ont décidé lundi soir de ne pas signer la "convention" entre partis gouvernementaux favorables au projet du Conseil d'Etat de mise en oeuvre cantonale de la RIE III (ouf, ça, c'est de la phrase !). Mais on a quand même mis trois bonnes heures pour savoir si on disait NON à la convention ou NON à la signature de la convention...  Finalement on a, péniblement, dit NON à la signature de la convention. Du moins pas maintenant. On aurait évidemment préféré dire carrément NON à la Convention elle-même (et donc au projet du Conseil d'Etat), voire même qu'une majorité lui dise OUI (être minoritaires ne nous déprime pas vraiment), et avoir une position claire à défendre ou à combattre (on se serait gênél, tiens...) mais on fera avec ce simple refus de signature : comme la Convention entre partis gouvernementaux n'était supposée être valide que si tous la signaient hier, et que ni le PS ni les Verts ne l'ont signée, il ne devrait plus y avoir de convention, sauf entre le PLR, le PDC et le MCG, ce qui ne changerait pas grand-chose aux front en présence. A moins que les entreprenants auteurs du papier que le PS n'a pas signé hier (pas plus que les Verts)  ne décident finalement de la mettre au frigo en attendant le résultat du vote de février prochain sur la réforme fédérale sur laquelle s'appuie la réforme cantonale.  C 'est clair ? Bon, d'accord, ça mérite peut-être une chtite clarification...

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15:28 Publié dans Fiscalité, Genève, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rie iii | |  Facebook | | | |