Politique

  • D'une élection l'autre : dans six mois, les Municipales

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    Groupons-nous et demain...

    Changement d'élections réjouit les militants : hier soir, en pleine cam pagne pour les élections fédérales, le Parti socialiste de la Ville de Genève a décidé en assemblée générale de sa liste pour les élections municipales du 15 mars 2020, conduite par Sami Kanaan et Christina Kitsos, que le parti présente au Conseil administratif : 47 candidates et candidats au Conseil municipal, présentés selon l'habituelle méthode socialiste, d'autant plus égalitaire qu'elle est le fruit du hasard : par ordre alphabétique à partir d'une lettre tirée au sort (cette fois, le "I"), femmes et hommes en alternance. Elles sont 20, ils sont 27. En décidant de sa liste pour les Municipales, le PS de la Ville de Genève a réaffirmé ses objectifs : "répondre aux défis de l'urgence sociale et climatique; pour cela, reconstruire une majorité de gauche au Conseil municipal et garder une majorité de l’Alternative au Conseil administratif".

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  • Elections fédérales : l'UDC comme elle est...

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    C'était mieux avant...

    En 2015, l'UDC, qui était devenue le premier parti de Suisse en 2003 en dépassant le PS, avait fait un carton, frisant les 30 % de suffrages, le double de ce qu'elle avait obtenu en 1995. Mais depuis quatre ans, elle recule : ses initiatives échouent devant le peuple, elle perd des élus dans les cantons (38 sièges dans les parlements cantonaux perdus dans les six premiers mois de l'année, dont 9 à Zurich, 7 à Lucerne et 7 à Bâle-campagne en mars), à quoi répondent des purges orchestrées par les blochériens : l'ensemble du comité zurichois est débarqué, le président de la section de Bâle-campagne doit démissionner...  et elle ne peut même pas tenter sans ridicule de "verdir" son discours, contrairement à ce à quoi s'essaie le PLR : entre ceux des udécistes qui nient le réchauffement climatique et ceux qui l'admettent mais l'exemptent de toute responsabilité humaine, elle est d'une crédibilité nulle sur ce thème. Du coup, elle laboure son champ habituel : la xénophobie et l'europhobie, compare l'Union Européenne à l'Allemagne nazie. Et, sans rire, Guy Parmelin ou Ueli Maurer au Général Guisan sur le Grütli en 1940 (en oubliant tous les accommodements de la Suisse avec le IIIe Reich entre 1940 et 1943)...

     

     

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  • Boris Johnson, Premier ministre sans majorité ni parlement

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    Brexit2.jpgBrexit : Cul-de-sac

    Aux dernières nouvelles perceptibles à l'heure (minuit) où nous écrivons, Boris Johnson est toujours Premier Ministre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord. Résumons la situation de "Bojo" : il a perdu la majorité absolue au parlement, dont le "speaker" (président), pourtant du même parti que le Premier ministre, a démissionné pour protester contre ses méthodes, perdu le contrôle de l'agenda du Brexit, perdu 21 députés conservateurs  (dont d'anciens ministres, et son propre frère) partis rejoindre l'opposition, perdu sa ministre du Travail et des Retraites. Il a échoué dans sa tentative de provoquer des élections anticipées avant la date-butoir actuelle du Brexit, a assisté, impuissant, au vote d’une motion permettant aux députés de prendre le contrôle de l’agenda parlementaire, d'une autre lui imposant de divulguer des échanges et des documents confidentiels qu'il ne voulait pas divulguer,  puis d'une loi lui imposant de retourner négocier avec Bruxelles ou de repousser la date du Brexit. Mais lui «préfère être mort au fond d’un fossé plutôt que de repousser le Brexit». Et on croit presque entendre un chœur d'opposants lui susurrer (en français dans le texte) : "Chiche !"

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  • Choeurs de pleureuses sur la "classe moyenne"

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    classe moyenne.jpgLarme de crocodiles

    L'autre jour, au Conseil municipal,la droite en avait plein la bouche de la "classe moyenne", pour refuser la modeste augmentation des tarifs des crèches. L'autre jour, au Grand Conseil, la droite en avait plein le micro, de la "classe moyenne", pour refuser la modeste réduction des déductions fiscales possibles des primes d'assurance-maladie.L'autre jour, dans GHI, le Journaliste en avait plein la plume, de la "classe moyenne", pour chanter sa douleur. C'est que c'est bien pratique, la "classe moyenne", ça peut être invoqué à propos de tout et de n'importe quoi, puisque personne n'est capable de la définir de manière crédible, de telle sorte que l'hypothèse la plus vraisemblable est qu'elle n'existe pas. Ce qui permet de verser sur elle et son sort des torrents de larmes. Des torrents en crue en période électorale. Nous verserons donc nous aussi une larmichette sur la classe moyenne. Mais gardez-vous, crédules lecteurs, de prendre ce sanglot court comme le violon d'une compassion automnale : cette larmichette est de caïman.

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  • Quand "le populisme de gauche ne paie plus"

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    populisme.jpgReculs...

    A la gauche de la gauche européenne, on s'est essayé au populisme, un peu à l'exemple de la gauche sud-américaine -il en vient, d'ailleurs, le populisme, de ce canton du paysage politique, la gauche : le populisme révolutionnaire a sa source en France, en 1789, et dans la Russie tsariste, avec les narodniki. Mais voilà : "Le populisme de gauche ne paie plus", résume le philosophe Manuel Cervera-Marzal, qui rappelle que la "gauche radicale" a perdu plus 20 % de ses sièges au parlement européen, que la "France Insoumise" a  réalisé aux Européennes son plus mauvais score depuis sa création, que Podemos a été affaiblie aux législatives espagnoles et que Syriza a perdu les législatives grecques (et le pouvoir)... Il est vrai qu'en même temps, la social-démocratie aussi recule dans l'Union Européenne (mais pas en Suisse...) : son groupe au parlement européen n'a jamais été aussi faible, le Labour de Jeremy Corbyn n'a réuni aux élections européennes que moins d'un tiers de son pourcentage électoral par rapport aux législatives de 2017 (14,1 % des suffrages contre 40 %), et le PS français est au plus bas.

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  • D'héroïques défenseurs de la démocratie nous sont nés

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    Martyre_de_Saint_Érasme.jpgMartyrs larigot

    Hier, au Conseil municipal de la Ville de Genève, en fin de soirée, alors que nous peinions quelque peu à prendre au sérieux les règlements de compte pré-électoraux auxquels nous assistions, notre esprit se mit à vagabonder. Et nous imaginions l'état dans lequel pouvait se trouver un téléspectateur égaré devant la retransmission de nos ébats, se souvenant avoir suivi sur une chaîne d'info les manifestations d'opposition à Hong Kong, à Moscou, à Alger, et se retrouvant devant des élus locaux genevois se posant en résistants à une dictature (celle, évidemment, du Conseil administratif, posé en réincarnation du Politburo soviétique de la grande époque). En rit-il ou en pleure-t-il, notre téléspectateur égaré ?

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  • Budget 2020 de la Ville de Genève : Le prix de la RFFA

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    rien.jpgLe Conseil administratif de la Ville de Genève propose au Conseil Municipal un projet de budget se soldant par un déficit net de 29,9 millions de francs. Pourquoi ce déficit ? Parce que les recettes de l'imposition des entreprises ont baissé de 33,8 millions. Et pourquoi ont-elles baissé ? A cause de la réforme cantonale de l'imposition des entreprise (RFFA), acceptée par le peuple en mai dernier (contre l'avis de la gauche). Le déficit toutefois a été anticipé, puisque la baisse des ressources fiscales, inhérentes à la RFFA, était prévue (c'était même l'une des raisons de notre opposition à cette réforme) : la Ville s'était dotée d'une "réserve conjoncturelle" lui permettant d'absorber en cinq ans les déficits prévus, en étant alimentée par les excédents des exercices budgétaires, tels que révélés par les comptes Des excédents qui pourraient certes être utilisés plus utilement que pour compenser les pertes fiscales provoquées par des réformes nuisibles, mais des excédents qui témoignent tout de même de la qualité de la gestion financière de la Municipalité. Ce qui n'empêche pas (les conneries continuent (à moins qu'il s'agisse de comique de répétition) la droite de refuser rituellement ces comptes. Un vote sans enjeu puisqu'au final, même refusés par la majorité de la commission des finances puis par le plénum du Conseil municipal, les comptes sont validés par le Conseil d'Etat à partir des critères habituels de tenue des comptes : la véracité et la sincérité. Pour le reste, comme l'a résumé une conseillère municipale PDC "le combat politique se mène lors du budget, pas lors des comptes". Ben ouais, mais mener un combat politique sur un enjeu politique, c'est sans doute trop difficile pour la majorité de droite du Conseil municipal de Piogre.

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  • Glissements progressifs des choix électoraux

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    Conseil national.jpgUrnes communicantes

    Selon le dernier "baromètre électoral" de la SSR, les Verts, avec 10,6 % des suffrages (+3,5 % par rapport à 2015) dépasseraient le PDC (10,4 %, -1,4 %) lors des élections fédérales. Les Verts libéraux progressant également (de 2,3 points) pour obtenir 6,9 % des suffrages, les deux partis écolos dépasseraient  ensemble le PLR (16,7 %, + 0,3 %) et frôleraient, avec 17,5 %, le PS (18,7 %, -0,1 %). L'UDC resterait le premier parti du pays, mais le sondage confirme son recul de 2,6 points, à 26,8 %). La gauche dans son ensemble, en comptant les petites listes de la gauche de la gauche, dépasserait les 30 %. L'UDC et le PLR perdraient la majorité absolue des sièges qu'ils détiennent actuellement ensemble au Conseil National, le recul du PDC ne l'affectant pas au Conseil des Etats, où il détient la majorité absolue des sièges avec le PS... et le Vert. La Suisse n'est pas vraiment le pays des grands bouleversements électoraux -mais ce glissement électoral vers la gauche pourrait au moins permettre à la prochaine législature d'être moins "perdue" que celle qui se termine.

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  • Leur écologie et la nôtre

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    dev_durable.jpgUne lecture pour le Jeûne : André Gorz

    Ce texte d'André Gorz initialement paru en avril 1974 dans le mensuel écologiste "Le Sauvage", n'a pris ni rides ni bide. Et à l'heure électorale où il n'est plus dans le champ politique que des écolos, de conviction ou d'apparence,il est bon de rappeler qu'il y a 45 ans, Gorz avait déjà remis les pendules à l'heure. On republie donc ce texte, en vous en conseillant la lecture pour accompagner la tarte aux pruneaux du Jeûne Genevois

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  • L'Italie dans le labo du docteur Maboul

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    Machiavel.jpgD'une chimère l'autre

    L'Italie a toujours été un laboratoire politique -elle l'était déjà bien avant que d'être un Etat. Mais ce qui sort d'un laboratoire a parfois, comme dirait Mary Shelley, de quoi inquiéter. Après tout, si l'Italie de Machiavel a inventé la science politique, celle de Mussolini a inventé le fascisme. Que nous inventerait celle de Salvini ? Ni les populistes des "5 Etoiles" ni les "sociaux libéraux" du Parti Démocrate n'ont voulu courir le risque de l'expérience. Ils se sont alliés pour former un gouvernement sans Salvini et sa Ligue, sous la présidence de celui qui présidait déjà le gouvernement de l'alliance entre les "5 Etoiles" et la Ligue fascisante, Giuseppe Conti. C'était cela ou des élections législatives anticipées dont les sondages donnaient tous la Lega (actuellement soupçonnée d'avoir tenté de faire financer sa campagne électorale des Européennes par la Russie poutinienne) gagnante. Mieux valait sans doute accoucher d'une nouvelle chimère... Reste toutefois à la faire vivre...

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  • Quel meilleur faire-valoir pour Macron que Bolsonaro ?

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    Capture.JPGL'Auguste et le Clown Blanc

    Tout se passe comme si Emmanuel Macron avait toujours besoin d'un repoussoir pour se donner stature d'Homme d'Etat, se grandir politiquement. Et plus le repoussoir est repoussant, plus évidemment il repousse Macron vers le haut. Marine Le Pen avait à merveille joué ce rôle lors de l'élection présidentielle (et rien n'indique qu'elle cessera de le jouer lors de la suivante), et même les "Gilets Jaunes", à leur manière, l'année dernière. Et maintenant, c'est à Jair Bolsonaro de reprendre le flambeau. Et il est parfait dans cette fonction, Bolsonaro, même s'il ne s'en rend nullement compte. Pas plus d'ailleurs que Marine Le Pen ou les "Gilets Jaunes" ne s'en rendaient compte. Il faut un Auguste pour le Clown Blanc...

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  • En finir avec le machisme en politique ?

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    balayeuse.jpgDe la grève aux urnes

    Une grève nationale dans un pays qui cultive le mythe de la "paix du travail" n'est certainement pas un événement anodin : la grève féministe du 14 juin a été bien plus importante que les mobilisations syndicales depuis des décennies -sans doute, depuis 1918... plus importante en nombre de participantes à la grève, et de participantes et participants aux manifestations, et plus large dans les revendications -et là encore, elle ne peut se comparer qu'à la Grève Générale de 1918 : les enjeux étaient certes les enjeux traditionnels (salaires, retraites, conditions et temps de travail), mais ils étaient aussi tous ceux concernant la place des femmes dans la société, les rôles sociaux, la définition sociale des genres, les droits des migrantes, les normes sexuelles, la violence faite aux femmes... Ces enjeux font programme -et nous sommes précisément en un moment d'élections -et tant que nous sommes dans un système démocratique "semi-direct" fondé sur une part de "représentation", les élections sont un moment où se jugent, se jaugent et se confrontent les programmes. En passant de la grève aux urnes, c'est bien la capacité des partis politiques à tenir compte des revendications portées dans la rue le 14 juin qui est en cause.

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  • Rentrée électorale en Suisse : De sinople à la pomme de gueules

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    pomme.jpgLa rentrée, cette année en Suisse, est électorale : la campagne des élections fédérales est lancée. Des élections fédérales qui sont autant d'élections cantonales. L'UDC se bat pour rester le premier parti de Suisse, le PS pour le redevenir, le PLR pour devenir le deuxième parti de Suisse devant le PS, le PDC pour rester le quatrième parti de Suisse et les Verts pour le devenir devant le PDC... Et les Verts et le PS se battent en outre pour que l'UDC et le PLR perdent au Conseil national la majorité absolue qu'ils y détiennent depuis 2015, sans rien en faire qui puisse leur servir d'argument électoral, au point même que pour l'UDC, le PLR est devenu l'un des verts sournois (avec le PS, l'UDC et l'Union européenne) bouffant la pomme helvétique. Dont on ne sait pas ce que l'UDC entend faire : une tarte ? de la compote ? du cidre ? Ou la laisser pourrir ? En tous cas, on notera que la pomme udéciste est rouge. Il est vrai qu'on aurait été assez surpris qu'elle fût aussi verte que les sondages le prédisent des urnes...

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  • A la pointe de la démocratie : Genève

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    1794.JPG14 juillet : "En ce jour de cérémonie républicaine"

    "En ce jour de cérémonie républicaine, le gouvernement appelle à une alliance renouvelée entre le peuple et les autorités. Entre les trois pouvoirs" (Pierre Maudet, "discours de St Pierre" 31 mai 2018)... Il était bon apôtre, l'alors (et fugace) président du gouvernement genevois, l'alliance entre le peuple et les trois pouvoirs a bien été renouvelée : la Cour des Comptes gouverne pendant que le Parquet répartit les tâches entre les Conseillers d'Etat sans que le parlement ait quoi que ce soit à dire... Et le peuple qui élit, ou peut élire, tout ce beau monde compte les points. Pourquoi on vous parle de ça aujourd'hui ? Parce qu'on est le 14 juillet. Et que le 14 juillet, c'est la date symbolique du début d'une révolution démocratique. Pas encore républicaine (le 14 juillet n'est pas encore le 26 Messidor...), moins encore socialiste, mais déjà démocratique, au sens libéral du terme. C'est donc un bon jour pour proclamer qu'à Genève, on a est à nouveau à à la pointe de la démocratie.

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  • "Zéro Pub" : une initiative toujours à soutenir

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    antipub.jpgLibérer l'espace public

    L'initiative populaire municipale "Zéro Pub", déposée en novembre 2017, veut libérer l'espace public genevois de l'envahissante publicité commerciale. Le Conseil administratif de la Ville y est majoritairement opposé : il tient aux modestes revenus que la pub commerciale apporte au budget municipal. Le Conseil municipal, lundi, a renvoyé le texte en commission. Il en ressortira avec trois propositions possibles : le soutien à l'initiative, le soutien à un contre-projet, le refus sans contre-projet. Le plénum du Conseil municipal en décidera : s'il refuse l'initiative ou lui oppose un contre-projet, le peuple votera. S'il accepte l'initiative, le peuple n'aura pas besoin de voter et l'initiative sera mise en œuvre. Et c'est tout ce qu'on souhaite : libérer l'espace public de l'emprise du consumérisme.

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  • Récupération politicienne parasitaire et engagement syndical

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    communesDe bric, de broc et de toc

    Hier soir, au Conseil municipal de la Ville de Genève, on a assisté à ce spectacle très curieux, et qui ne se peut comprendre que si on garde à l'esprit que dans dix mois, les élections municipales auront renouvelé ce Conseil (et le Conseil administratif), d'un PLR et d'un MCG se faisant, péniblement, passer pour les défenseurs du personnel municipal. Qui mérite en effet qu'on le soutienne. Mais qu'on le soutienne efficacement, pas qu'on se serve de lui pour  se faire mousser et régler des comptes électoraux, en cédant au passage au fétichisme des audits. Ce personnel a des défenseurs et ce n'est pas le Conseil municipal, ce sont les syndicats. Ils ont été fondée pour cela, ils ont 150 ans d'expérience dans ce combat, ils sont libres de leurs paroles et de leurs actes, et ne visent, eux, aucun siège à l'exécutif de la Ville. Les postures et gesticulations de la droite municipale (sauf l'UDC...) peuvent-elles tromper qui que ce soit ? Evidemment non : ce serait confondre une récupération parasitaire avec un engagement syndical.  Et d'ici à ce que les salariés de la fonction publique municipale prennent le PLR et le MCG pour ses défenseurs, l'auteur de ces lignes aura réussi à passer pour un défenseur des équilibres financiers. Autant dire qu'on a le temps. Qu'on tentera de consacrer à une véritable défense de l'autonomie et des compétences de la commune -pas aux illusions de pouvoir d'une majorité parlementaire de bric, de broc et de toc.

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  • Défaite électorale d'Erdogan

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    élection Istambul.jpgHier, à Istanbul c'était Byzance...

    Ekrem Imamoglu, le candidat du Parti républicain du peuple (CHP), l'opposition social-démocrate, kémaliste et laïque au président Erdogan et à son parti (l'AKP) a été assez largement (54 % des suffrages) élu, pour la deuxième fois, à la Mairie d'Istanbul. Erdogan, son parti et les media à leur solde avaient pourtant tout fait pour éviter cette défaite : la première élection d'Imamoglu, le 31 mars, avait été annulée le 6 mai, et pendant toute la campagne pour cette seconde élection, les media aux ordres n'ont cessé de tenter de décrédibiliser, voire d'insulter Ekrem Imamoglu présenté tantôt comme un suppôt du terrorisme (kurde), tantôt comme un "Grec pontique", tantôt comme ayant le projet de faire du drapeau arc-en-ciel de la communauté LGPT le drapeau de la ville.

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  • Réchauffement climatique : Le canari et les glaciers

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    glacier du Rhône.jpg

    Le 25 août de l'année dernière était créée une Association suisse pour la protection du climat (ASPC), exigeant des mesures concrètes de limitation de l'impact du réchauffement climatique, et dénonçant le manque d'ambition des autorités suisses (le Conseil fédéral, le parlement) dans ce domaine, et leur manque de sérieux dans le respect des engagements pris par la Suisse dans le cadre de l'accord de Paris. Au début de cette année, l'ASPC a lancé son initiative "pour les glaciers" (https://gletscher-initiative.ch/fr/). L'initiative* exige la fin des émissions nettes de gaz à effet de serre d'ici à 2050, et qu'à partir de cette date plus aucun carburant ou combustible fossile ne soit mis en circulation en Suisse (sauf dans les cas où aucune substitution n'est possible). Dans les mines, naguère, les mineurs descendaient une cage avec un canari. Quand le grisou s'accumulait, avant d'exploser, il asphyxiait le canari. La mort de l'oiseau annonçait l'imminence de l'explosion, et l'urgence de remonter. Aujourd'hui, c'est le recul et la fonte des glaciers, et la mort annoncée d'une grande partie d'entre eux, qui annonce l'urgence climatique, et celle d'y répondre par des mesures plus que déclamatoires et vélléitaires, et faisant mieux que freiner un réchauffement dont les Suisses auraient bien tort de croire que ses conséquences les épargneront.

    * Des feuilles de signatures peuvent être téléchargées sur https://gletscher-initiative.ch/wp-content/uploads/2019/05/Gletscher_Init_Unterschriftenbogen_fr.pdf

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  • De la transparence et du secret de fonction

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    Comme tu choises, t'assumes

    Donc, au cas où vous n'auriez pas entendu leurs hurlements et ceux de leurs zavocats, trois conseillers municipaux de la Ville de Genève, dont deux cumulards (ils sont aussi députés) ont été convoqués par la police pour fournir des explications sur des fuites concernant les travaux de la commission des finances du Conseil municipal, touchant notamment un rapport du contrôle financier de la Ville sur les frais des fonctionnaires municipaux. Sur demande du président d'alors du Conseil municipal, l'UDC Eric Bertinat, le Conseil administratif avait porté plainte pour violation du secret de fonction (qui couvre en effet les travaux des commissions jusqu'à publication des rapports sur ces travaux)... et du serment qu'ils ont prêté en acceptant de siégfer au Conseil municipal. Ce serment s'appuie logiquement sur la loi telle qu'elle est, et si on réduit le champ du secret de fonction (si on en excepte par exemple les travaux en commission), on réduit du même coup le champ du serment prêté. Mais dans la situation actuelle, ce secret couvrant les travaux de commission, ce serment l'impose aussi, tant que la loi n'a pas changé. C'est d'ailleurs pourquoi Eric Bertinat, alors président (UDC) du Conseil municipal, n'avait pas vraiment le choix de demander ou non au Conseil administratif de déposer plainte contre ceux qui l'ont violé... La loi impose, elle ne rend rien impossible de ce qu'elle interdit, ni rien inéluctable de ce à quoi elle oblige. Et face à toute loi ou à tout règlement) celle ou celui à qui elle s'applique choisit d'y obéir ou non -qu'il s'agisse d'une limitation de vitesse ou d'un secret de fonction. Mais doit assumer  ensuite les conséquences de son choix. Sans pleurnicher quand il est sanctionné pour avoir fait le choix de ne pas respecter la loi ou le règlement.

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  • Urgence climatique et calculs électoraux

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    dev_durable.jpgTous verts...

    Beauté des campagnes électorales : les conversions les plus surprenantes (et les plus réjouissantes, quelque doute que l'on puisse nourir sur leur sincérité) à la défense de l'environnement et à l'urgence climatique se succèdent.
    En décembre dernier, le PLR (avec l'UDC) refusait au Conseil national la proposition, soutenue par la gauche, le PDC, le PBD et les Verts libéraux) d'une taxe (modique : de 30 à 50 francs) sur les billets d'avion pour inciter les Suisses à user d'autres moyens de transports, moins nocifs à l'environnement et au climat. Et dans le même mouvement, la même majorité (PLR, UDC) a plafonné à huit centimes la hausse maximale du prix de l'essence à la pompe. La proposition de taxer les billets d'avion ne venaient pourtant pas d'écolos extrémistes : elle venait du Conseil fédéral... où le PLR et l'UDC sont majoritaires, mais elle a échoué du fait de défections au sein du PDC. Ce qui n'empêchera pas plus le PDC que le PLR de se peindre en vert pendant la campagne électorale. Le PLR, d'ailleurs a entamé cet exercice de ripolinage verdoyant : un document de travail soumis à l'assemblée des délégués du parti national tente de placer le parti dans le mouvement "climatique" du moment, mais avec grande pusillanimité. Certes, on propose au parti d'accepter une taxe CO2 sur les carburants qu'il a jusqu'à présent toujours refusé, mais on la veut "incitative" et reversée à la population, ce qui en annulerait les effets., et fixée en tenant compte des prélèvements existants sur l'essence et le diesel, ce qui la limiterait à 10 centimes par litre. Quant à la taxe sur les billets d'avion, il n'est pas proposé au parti de la soutenir alors que 73 % des membres la soutiendraient selon un sondage interne. De même, il n'est pas question d'interdire les pesticides, sinon comme ultime recours. Bref, on est encore loin d'une conversion du PLR à l'écologie, telle que celle de la gauche dans les années septante...

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