mercredi, 24 mai 2017

Quatre référendums contre les coupes budgétaires en Ville de Genève : pour la cohérence du geste

Pina Bausch.jpgLes socialistes de la Ville de Genève et les Verts sont invités par leurs assemblées générales respectives à signer les quatre référendums lancés contre les coupes budgétaires opérées par la droite coagulée (PLR, PDC, UDC, MCG) dans le projet de budget du Conseil administratif, fin avril dernier*. Ce soutien des socialistes et des Verts à un quadruple référendum décidé par "Ensemble à Gauche" toute seule, sans consultation des autres formations de gauche du Conseil municipal (PS, Verts), ni des milieux culturels qui avaient été des acteurs déterminants du référendum lancé il y a un an contre les précédentes coupes budgétaires imposées par la droite coagulée, est logique : même si en l'occurrence l'arme référendaire n'est pas la plus efficace (si les référendums aboutissent, on ne votera qu'en novembre, un mois avant d'entrer dans un nouvel exercice budgétaire, ce qui relativise considérablement l'effet concret de l'exercice référendaire), elle n'exprime après tout que la même opposition que celle que les élues et élus socialistes au Conseil municipal avaient exprimée lors des débats d'avril, comme lors de ceux de l'année dernière. Un soutien pour la cohérence du geste d'opposition, en somme. Après quoi, les socialistes lanceront (nous en déciderons fin mai) des initiatives municipales pour ancrer dans la durée des allocations budgétaires auxquelles la droite a pour réflexe pavlovien de s'attaquer. Là encore, la cohérence du geste, et là encore, la sollicitation d'un arbitrage de la population, mais non plus sur le mode défensif propre aux référendums : sur le mode offensif, contenu dans la démarche même de l'initiative populaire.

* le premier référendum est lancé contre une coupe linéaire de un million de francs (sur un budget de près de 1,2 milliard) sur les dépenses de fonctionnement de chaque département municipal (y compris celui du seul magistrat de droite, Guillaume Barazzone); le deuxième contre une coupe de 340'000 francs dans la solidarité internationale, le troisième contre une coupe de 963'000 francs dans l'encouragement à la culture, le quatrième contre une coupe de 150'000 francs dans le financement de l'allocation de rentrée scolaire, que la droite tente de transformer en aumône délivrée sous forme de bons en monnaie de singe. Le délai de récolte des signatures est au 19 juin : il en faut 4000 pour chaque référendum.

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lundi, 22 mai 2017

Prévoyance vieillesse : un référendum pour un débat de fond

samson.jpgUn grand malade : le 2e Pilier

Le référendum facultatif lancé contre la réforme de la prévoyance vieillesse en est à la moitié du nombre de signatures requises. Il doit aboutir d'ici fin juillet. Il a obtenu quelques soutiens supplémentaires ces derniers jours, dont celui des Verts genevois qui, comme les socialistes genevois, s'opposent ainsi au mot d'ordre du parti suisse. Il a aussi obtenu un coup de main utile, celui de deux journaux, romand et alémanique, de défense des consommateurs, au tirage total de plus d'un million d'exemplaires, et qui vont publier la feuille de récolte de signatures -sans soutenir le référendum pour autant, mais parce "tout ce qui touche le porte-monnaie des citoyens concerne nos lecteurs". Gageons donc que ce référendum facultatif aboutira, et qu'il permettra, en s'ajoutant au référendum obligatoire (sur l'augmentation de la TVA contenue dans le "paquet" de la réforme) de lancer un débat non seulement sur ce qui, à gauche, ne passe pas (ou ne passe que comme une couleuvre dans un œsophage), le relèvement de l'âge de la retraite des femmes, mais aussi sur le rapport entre les deux "piliers" de la prévoyance vieillesse, l'AVS et la prévoyance professionnelle. Un premier pilier solidaire, fondé sur la répartition, un deuxième pilier individualiste, fondé sur la capitalisation. Un premier pilier à renforcer, un deuxième qu'on ne sait comment sauver. Ni même s'il faut le sauver.

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jeudi, 18 mai 2017

Politique sociale ou asociale du logement ?

masques.jpgLes masques tombent...

Il faut remercier les gens qui nous font des cadeaux. Alors on remercie la droite municipale de nous en avoir fait hier soir deux, sous forme de propositions de démantèlement de la politique du logement menée par la commune. Peut-être même n'aurait-on pas dû les refuser, ces cadeaux politiques que nous faisait cette droite-là (sans le MCG). La première proposition voulait porter à 30 % (au lieu de 5 %)I la part des loyers libres dans le total des logements loués par la Ville. La seconde voulait confier à des régies privées la gestion de 10 % du parc immobilier de la Ville. Pouvait-on mieux dire qui la droite élargie défend, pour qui elle roule, ce qu'elle défend ? Et, a contrario, qui la gauche défend, pour qui elle se bat, et ce qu'elle défend ? Les masques tombent...

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mardi, 16 mai 2017

Emmanuel, Roi thaumaturge

Emmanuel Ier.JPGLe sacre et le Messie

La République laïque a des nostalgies de monarchie catholique : Dimanche, c'était le sacre de Macron. Pompes et circonstances. On est dans un pays historiquement monarchique (même s'il est devenu une république) et catholique (même si désormais la majorité de sa population est soit d'une autre religion, soit sans religion, soit d'un catholicisme sans pratique religieuse). La République sacre ses présidents comme la monarchie sacrait ses rois, et leur accorde plus de pouvoir qu'aucune monarchie protestante à ses monarques. Il ne manquait qu'à Emmanuel Ier que de recevoir les saintes huiles et de devoir toucher les écrouelles, Roi Thaumaturge, qui va sauver l'Europe et la France. Et la gauche française -mais en l'ayant préalablement liquéfiée. D'ailleurs, gageons qu'on ne l'évoquera bientôt plus qu'en "Emmanuel" tout court, comme on n'évoque le pape qu'en François. Après tout, Emmanuel, de l’hébreu ancien עמנואל, imanu'él (« Dieu est avec nous »), n'est-ce pas le nom du Messie ?

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lundi, 15 mai 2017

Trois candidatures socialistes au Conseil d'Etat genevois

votez sportif, votez PS.jpgChoisir ou ne pas choisir, that is the question

Le PS genevois a donc décidé de présenter deux candidates (Anne Emery Torracinta et Sandrine Salerno) et un candidat (Thierry Apothéloz) au gouvernement de la Parvulissime République (où il ne dispose plus que d'un siège).Trois candidatures au premier tour, qui pourront être maintenues toutes les trois au deuxième tour. Sont-ce les candidatures que nous avons soutenues par nos votes ? Peu importe : ce sont celles qui ont été choisies, et qu'on va donc soutenir. Pas par discipline, mais par ce qui nous tient lieu de cohérence : on ne peut pas défendre (même sans la défendre tout en la défendant) une liste de trois candidatures pour ne pas les soutenir ensuite. Il faut au passage saluer la modestie et la retenue du Comité directeur du PSG : il aurait pu nous proposer de présenter les six candidates et candidats disponibles, il nous a proposé de n'en présenter que quatre, comme en 2013 -et donc d'en virer deux. Mais présenter quatre candidates et candidats participe de la même logique qu'en présenter six : c'est renoncer à faire nous-mêmes le choix déterminant, et le laisser à l'électorat du premier tour -y compris à l'électorat de droite.  En somme, des "primaires" qui n'osent pas dire leur nom, mais qui aboutissent, comme celles qui osent dire leur nom, à ce que qu'un parti politique renonce à désigner lui-même celles et ceux qui, finalement, vont le représenter. On vous fait grâce de l'évocation de l'état dans lequel ce processus d'abandon a conduit le PS français -mais aussi, y'a une justice, la droite française.

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vendredi, 12 mai 2017

Le coup de pied Macron dans la fourmilière politique française : Roboratif !

L'élection de Macron, même acquise contre Le Pen et grâce à Le Pen, a tout de même un puissant effet roboratif : celui d'un grand coup de pied dans la fourmilière. ça écrase des fourmis, mais ça oblige celles qui restent à reconstruire leur monde, si elles ne veut pas crever. Et il y a du boulot. Parce que la défaite de toutes les forces politiques que Macron décrédibilise, fragmente, émiette et ringardise -c'est à dire à peu près toutes les forces politiques présentes dans les institutions, elles en sont tout de même les premières responsables. Or il ne semble pas évident qu'elles en aient pris conscience : pour nous en tenir à la gauche, c'est, le soir de l'élection de Macron, un Mélenchon lugubre en appelant à la contagion du bonheur en donnant l'impression de vouloir avaler une chope de cigüe, et ce sont les éléphants socialistes, les Cambadélis, les Dray, arrivés au PS dans les années septante maigres et fiévreux et qu'on retrouve quarante ans plus tard gras à lard faisant la tournée des popotes médiatiques pour nier l'évidence de leur propre décrépitude politique... Entrer en politique en Saint-Just et en sortir en Louis XVIII, le parcours est édifiant.

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lundi, 08 mai 2017

Présidentielle française : Macron élu sans surprise et sans enthousiasme

pas de victoire sans lutte.jpgLe vent du boulet

Au terme de la pire campagne électorale qu'ait connu la Ve République française, et de la plus faible participation électorale à une présidentielle depuis 1969 (quoiqu'une participation de 75 % ailleurs qu'en France, ce serait un tsunami électoral...) Emmanuel Macron a été élu à sa présidence. A une majorité très large, mais en trompe-l’œil : il n'obtient pas une majorité absolue du corps électoral (les 47 millions d'électrices et d'électeurs inscrit-e-s), compte tenu de l'abstention, des votes nuls et des votes blancs. Il atteint certes une majorité de presque deux tiers des suffrages exprimés, mais parce qu'en face, il y avait Le Pen. Ni contre Fillon, ni contre Mélenchon Macron n'aurait gagné avec une telle marge -peut-être même n'aurait-il d'ailleurs même pas gagné contre Mélenchon. Et n'importe lequel des "grands" candidats éliminés au premier tour aurait gagné contre Le Pen -mais sans doute avec une majorité moindre. L'élection de Macron est évidemment une défaite pour Le Pen ("une bonne claque aux mauvaises odeurs"), mais c'est qu'elle a fait campagne pour Macron : plus on la voyait et l'entendait, mieux on comprenait à qui et quoi on avait affaire. Elle a elle-même (était-ce involontaire ?) construit sa propre défaite. Il suffisait de la montrer pour qu'elle tombe, il suffisait pour éloigner la menace de son élection de laisser remonter, jusqu'au spectacle de l'ultime débat télévisé (où elle aura tout de même réussi à faire pire que Trump), tout le refoulé de l'extrême-droite française, submergeant la stratégie de "dédiabolisation" et la prétention de l'héritière d'être "la candidate du peuple". Au soir de sa défaite à la présidentielle, Le Pen s'est posée en cheffe de l'opposition à Macron ? Ce sera là encore le meilleur service qu'elle puisse lui rendre.
Reste que l'extrême-droite n'a jamais été à un niveau aussi élevé lors d'une élection présidentielle française, et qu'il y tout de même de quoi s'interroger, et s'interroger sérieusement, rationnellement, politiquement, sur ce qui peut bien pousser un tiers des citoyennes et des citoyens d'un pays comme la France, avec l'histoire qu'elle a et la passion du politique qu'elle cultive, à voter pour ça... Le Pen était un boulet pour elle-même, mais on en a quand même senti le vent.

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vendredi, 05 mai 2017

A propos de la mondialisation et de ses faux ennemis

internationalisme.jpgL'alternative ? L'internationalisme !

L'élection présidentielle française se jouera-t-elle dimanche sur l'affrontement théâtral des partisans d'une "mondialisation" peinte en rose et des faux ennemis réactionnaires de la mondialisation réelle (dont la France est un acteur considérable depuis les premiers temps du colonialisme ? "J'ai entendu pendant toute la campagne (...) l'incompréhension sur la mondialisation. Je vais la prendre en compte" assure Emmanuel Macron. Merci, Sire, mais il faudrait peut-être commencer à s'entendre sur le concept mème de "mondialisation", devenue une sorte de totem, de tabou ou de monstre, quand elle n’est rien d’autre que l’extension à l’ensemble de la planète d’activités, de normes et de processus de décisions auparavant limités à un espace géographique et social : le "monde occidental développé". En tant que telle, la mondialisation est à la fois un projet et un processus. Comme processus, elle est dans la logique du capitalisme, et comme projet, elle est constitutive de la capacité du capitalisme à s’imposer aux formes anciennes de rapporte de production, en levant les obstacles nationaux à la circulation du capital. La mondialisation est la condition même de la pérennité du capitalisme, et de sa maîtrise du politique : une poignée de financiers peuvent, en quelques clics, transférer des fonds en telle masse qu’ils sont en mesure de décider des politiques économiques et sociales des Etats. Mais il y a dans l’usage même du terme de « mondialisation » pour désigner la forme actuelle du capitalisme quelque chose qui relève d’un détournement de sens : la mondialisation devrait viser à l’unité (non à l’unicité) de l’humanité et à l’ouverture de tous sur tous, vieil horizon socialiste, alors que la mondialisation capitaliste ne vise qu’à la mainmise de quelques-uns sur tout et sur tous. Dès lors, s'étant entendus sur le sens du concept de "mondialisation", on peut essayer de s'entendre sur ce qui peut en être l'alternative, et qui est aussi une mondialisation -la nôtre : l'internationalisme.

 

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mercredi, 03 mai 2017

PV 2020 : C'est NON quand même

vignetteAVS.JPGLes socialistes suisses adoubent la réforme des retraites... comme prévu

Lundi, le 1er mai avait notamment pour thème, en Suisse romande du moins, la défense des retraites et le renforcement de l'AVS. La veille, le PSS annonçait le résultat du vote général de ses membres sur le projet "Prévoyance vieillesse 2020" : La direction du parti voulait un "mandat clair", c'est un plébiscite : par 11’061 OUI contre 1’153 non, soit 90,6 % de OUI, le projet adopté par le parlement et soutenu par le groupe parlementaire, la direction du parti et les Femmes socialistes a été adoubé par la base. La participation au vote a été de 39 %, en augmentation de 7 % par rapport au dernier vote général de 1995. Toutes les sections cantonales ont approuvé la réforme : les résultats se situent entre 66,7 % de OUI à Genève (où l'assemblée générale du parti a adopté le mot d'ordre du "non" et du soutien au référendum) et 97,6 % de OUI à Obwald et Nidwald. On savait même pas qu'il y avait des socialistes à Nidwald, dis-donc... Seuls les Romands et Bâlois (de la ville) ont voté NON à plus de 10 % . On espérait mieux, mais on fera avec -de toute façon, minoritaires, on savait qu'on le serait avant même qu'on en ait la confirmation par le résultat du vote général, et le référendum, on l'a déjà signé, alors ça sera NON quand même.

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mardi, 02 mai 2017

Macron-Le Pen, kif kif ?

Capture.JPGQuand les états d'âme de la gauche française nous gonflent grave

Il faut bien l'avouer : les états d'âme de la gauche française (et circonvoisine) face au choix électoral entre Macron et Le Pen commencent à nous gonfler grave. Il n'y aura donc pas vraiment de "front républicain" contre la candidate du FN au deuxième tour de la présidentielle française, dimanche. Certes, les principaux candidats ont tous appelé à "faire barrage à l'extrême-droite", Fillon et Hamon appelant clairement à, pour cela, voter pour Emmanuel Macron, et les principaux partis (la "France insoumise" ne se concevant pas comme un parti) à "battre Marine Le Pen" (les "Républicains" ne se résolvant pas à prononcer le nom de Macron). Mais après le premier tour déjà une bonne partie de l'électorat de François Fillon et de celui de Nicolas Dupont-Aignan partait grossir les rangs de celui de la candidate d'extrême-droite, pendant qu'une autre bonne partie de ces deux électorats, mais aussi de celui de Jean-Luc Mélenchon, menaçait de s'abstenir ou de voter blanc. C'était déjà le mot d'ordre du PCF en 1969 -mais lui refusait de choisir ("blanc bonnet, bonnet blanc") entre Pompidou et Poher, c'est-à-dire entre deux candidats de la droite démocratique, pas ("blanc bonnet, bonnet brun") entre un candidat centriste et une candidate d'extrême-droite. Et en 2002, toute la gauche, de son aile la plus centriste à la gauche révolutionnaire, avait avec la droite démocratique appelé à voter  contre Le Pen, pour Chirac, quitte à se contenter du "contre" et à ne le traduire en"pour" qu'après s'être bouché le nez. Serait-on passé du "tous contre Le Pen" à "tous contre Macron" ? O tempora, o mores, comme disait Ciceron...

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lundi, 01 mai 2017

1er mai : Fête du Travail ? Non : Fête des luttes des travailleurs et travailleuses

1ER-MAI.JPGOn ne commémore pas, on se mobilise

Dissipons d'emblée un brouillard : le 1er Mai n'est pas plus la Fête du Travail que le 8 mars n'est celle des Femmes. Le 1er Mai est la Fête des travailleurs et des travailleuses, la journée de soutien à leurs luttes. Même que dans le calendrier pataphysique, le 1er mai est le jour de la Réprobation du travail...) La "Fête du Travail", c'est ce que les fascistes ont voulu faire de la Fête des travailleurs (en France, c'est le régime de Vichy qui se charge de cette dénaturation), histoire de bien enfoncer dans les têtes laborieuses qu'elles ne sont pas là pour revendiquer, mais pour bosser, en obéissant aux chefs.
A part ça, on est le premier mai partout, même en France, mais les syndicats français sont infoutus de manifester ensemble quand on ne sait pas qui présidera la France dans un mois : l'héritière de son père, de Vichy et de l'OAS ou l'ancien banquier "social-libéral" ? Parce que, au cas où vous n'auriez pas encore compris, quels que soient vos états d'âmes printaniers, ce sera, forcément, l'un-e ou l'autre...

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samedi, 29 avril 2017

Budget 2017 de la Ville de Genève : Vive le quatrième débat !

normal_gauche-droite.jpgLe budget municipal genevois a donc été voté. Huit mois pour ça ? Il aura fallu huit mois, du dépôt du projet de budget du Conseil administratif à l'adoption (quatre mois après le début de l'année budgétaire) par le Conseil municipal de ce qui va tenir lieu de budget à la Ville de Genève. Huit mois et trois jours. Et trois débats. On aurait même pu en rajouter un quatrième, comme l'année dernière, dans une campagne référendaire close par un vote populaire rétablissant un budget qui ait un sens. Compte tenu du délai référendaire, des dates de votations déjà agendées, on pouvait se retrouver à voter le budget de la Ville de Genève pour 2017... juste avant noël 2017... A vrai dire, le jeu n'en valait pas la chandelle. En revanche, relancer par voie d'initiatives populaires municipales le combat pour renforcer les engagements solidaires de la Ville, sa politique culturelle, sa politique sociale, malgré la droite coagulée qui sévit au Conseil municipal, ça a du sens politique*. Finalement, c'est tout de même dans les urnes, dans la rue et dans les têtes que se régleront comme il se doit, dans un quatrième débat démocratique, les comptes politiques sur ce qui importe.

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mardi, 25 avril 2017

Débat budgétaire tardif en Ville de Genève

tete réduite.jpgAccouchement d'indigence

Le débat budgétaire devrait être le grand moment de l'année parlementaire. En Ville de Genève, cette année, il ne sera qu'un long moment de vacuité et d'ennui, clos par un vote sans plus aucune importance : ça ressemble à quoi, de voter (ou non) un budget annuel quatre mois après le début de l'année, huit mois après en avoir reçu le projet, et quatre mois avant de recevoir le projet de budget de l'année suivante ? ça ressemble au Conseil municipal de la Ville de Genève. Et à la politique d’équarrisseurs monomaniaques d'une majorité de droite dilatée jusqu'à l'extrême-droite, dont on va pouvoir mesurer (mais il va y falloir un microscope) la pertinence, la cohérence et l'intelligence dès ce soir, et peut-être, si on y prend goût, tous les soirs suivants jusqu'à la nuit de vendredi à samedi : le Conseil municipal de la Ville de Genève se réunit en séance extraordinaire pour approuver (ou non) le budget annuel de la commune. Plus de quatre mois après le début de l'exercice budgétaire : il fallait bien ce temps pour que la majorité de la commission des finances du parlement communal accouche de quelque chose. Quant à évaluer de quoi elle a accouché, un seul mot est requis : l'indigence...

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lundi, 24 avril 2017

1er tour de la Présidentielle française : Dégagismes en vrac

bris de verre.jpgEt la surprise, c'est qu'il n'y a pas de surprise : les deux favoris des intentions de vote depuis deux mois se retrouveront au deuxième tour, la grenouille de bénitier retourne dans son bénitier (la gueule tirée par ses partisans a illuminé notre soirée, dès lors qu'on ne pouvait considérer le fait que Le Pen ne sorte pas en tête comme une consolation suffisante de l'absence d'un candidat de gauche dans deux semaines) et Mélanchon capitalise l'essentiel des votes de gauche (dont l'essentiel des votes socialistes). Contre la "PRAF attitude" (pour "plus rien à foutre" de la politique), et la prédiction d'un taux d'abstention record, dépassant celui du deuxième tour de 1969 (30 %, mais le PCF, dont le candidat, Jacques Duclos, était arrivé troisième avec 21 %  des suffrages, avait appelé à l'abstention), les Français se sont déplacés en masse pour voter. En râlant, mais en y allant. Ce qui confirme l'intérêt, même fort critique, pour la présidentielle au sein d'une population dont moins de 1 % est membre d'un parti politique, et où le taux de syndicalisation des travailleurs est l'un des plus bas d'Europe. Certes, le niveau de confiance des citoyennes et des citoyens à l'égard des "politiques" (qu'il s'agisse de la confiance en leur honnêteté et leur sincérité ou de la confiance en leur compétence) est fort bas (il est tout de même au-dessus de celui, rachitique, qu'on constate en Italie, en Espagne ou en Grèce), mais en même temps, l'attente à l'égard de la politique reste assez exceptionnellement élevée -à preuve, l'affluence aux meetings des cinq principaux candidats. Quant au résultat de ce premier tour, on en dira pour le moment que ceci : l'appel de Mélenchon au "dégagisme" a été entendu -mais au-delà de ses espérances, puisqu'il en a lui-même été victime. Il n'y aura donc, au second tour de la présidentielle, pour la première fois sous la Ve République,  aucun candidat issu d'un parti traditionnel de gouvernement, même si les candidats qui en étaient issus (Hamon, Fillon) ont fait de Macron leur candidat -mais par défaut.

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jeudi, 20 avril 2017

Qui a peur du Grand Mélenchon Loup ?

couteau_entre_les_dents-5101d.jpgAu secours, la gauche revient !

Dans les intentions de vote à la présidentielle française, la gauche pèse un petit tiers des suffrages, si on additionne ceux qui se porteraient sur Mélenchon, Hamon (qui fera probablement le meilleur score jamais réalisé par un-e candidat-e écologiste à une présidentielle...), Poutou et Arthaud, et qu'on fait l'impasse sur la part de suffrages de gauche qui se porteront sur Macron. Un tiers des suffrages, ce serait largement assez pour que la gauche se retrouve au deuxième tour, si elle était représentée au premier par un seul candidat. Comme on le sait, ce ne sera pas le cas -mais la montée, sinon en puissance, du moins en espérance, de Mélenchon ne rend plus l'hypothèse d'une candidature de gauche présente au deuxième tour totalement invraisemblable. Mais contre qui se retrouverait-il alors ? contre Le Pen ? contre Macron ? contre Fillon ? Toujours est-t-il que dans le temps même où le Grand Mélenchon Loup se goinfrait l'életorat du Petit Chaperon rose et où le vote pour Mélenchon devenait le "vote utile" pour la gauche, il devenait le vote dangereux pour la droite et ce qu'il est convenu d'appeler "le centre" -et que dans les assemblées de la Révolution, on appelait plus significativement "le marais".

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mercredi, 19 avril 2017

Stratégie énergétique 2050" (SE2050) : Une opposition paranolithique

hommes-des-cavernes.jpgSoumise au vote le 21 mai prochain la "Stratégie énergétique 2050" (SE2050 pour les intimes) était approuvée par 56 %  des personnes (69 % des Romands, 62 % des Tessinois, 51 % des Alémaniques) interrogées les 6 et 7 avril dans un sondage en ligne Tamedia auprès de 11'000 personnes. Les sympathisants Verts, Verts libéraux, socialistes et PDC soutiennent massivement le projet Du côté de ses opposants, les trois quarts des sympathisants de l'UDC suivent le mot d'ordre négatif du parti, ainsi qu'une majorité des sympathisants PLR (alors même que le parti appelle à voter "oui"). Un étrange comité "environnemental" s'est en outre formé pour combattre cette "stratégie" de développement des énergies renouvelables. On y retrouve le président de la Fondation suisse pour la protection du paysage, le PLR Kurt Fluri, et l'ancien directeur de l'Office fédéral de l'environnement, le PDC Philippe Roch. D'autres opposants s'y ajoutent, comme l'ancien Conseiller fédéral PLR Pascal Couchepin, lequel explique que, "comme libéral, je suis opposé aux subventions en général" et donc, en particulier, à celles que le SE2050 propose d'accorder aux barrages et aux énergies douces. Couchepin refuse également le concept même de "sortie du nucléaire", au coeur de la proposition du Conseil fédéral et du parlement : "on ne peut pas diaboliser le nucléaire du futur". Comme s'il s'agissait de cela, quand ce sont précisément les opposants à la "stratégie énergétique 2050" qui la diabolisent en annonçant qu'elle ruinerait tout à la fois les finances publiques, les budgets des ménages, leur confort, le paysage et l'ordre juridique. Pour commencer. Avant de nous faire revenir au paléolithique. Mais au paranolithique, cette opposition y est déjà.

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mardi, 18 avril 2017

L'Enchaînement au Sérail

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Erdogan, à l'arraché

Comment gagner (à l'arraché) un référendum, comme l'a fait dimanche, à 51 % des suffrages, le président turc Erdogan et son parti, l'AKP ? En faisant taire l'opposition. En muselant les media. En se présentant soi-même comme le seul recours contre le chaos, le terrorisme, l'ennemi étranger et l'ennemi intérieur. En invoquant Dieu et la menace de l'enfer ("Ne mettez pas en danger votre vie après la mort" en votant "non", prêchait Erdogan dix jours avant le vote) Et pour plus de sécurité, en tripatouillant les conditions de vote pour permettre de comptabiliser des bulletins non validés. Et peut-être en fraudant (les observateurs du Conseil de l'Europe -dont la Turquie est encore membre- le soupçonnent, et des centaines d'irrégularités sont dénoncées par les ONG et les partis d'opposition). Dans ces conditions, que l'opposition à Erdogan et à son projet de révision constitutionnelle ait pu obtenir 49 % des suffrages et faire douter du succès du Sultan tient de la performance. Cette opposition était pourtant divisée : on y retrouvait les kémalistes sociaux-démocrates, des islamistes, les organisations kurdes, les alévis, la gauche révolutionnaire, une grande partie de l'extrême-droite et les syndicats, chaque force faisant campagne séparément et contradictoirement des autres, mais dans la même extrême difficulté de se faire entendre sous la chape de plomb de la censure. Erdogan voulait que le 16 avril 2017 "efface le 15 juillet" 2016, le coup d'Etat manqué tenté contre lui par une partie de l'armée. En réalité, sa victoire, contestable et qui sera contestée par l'opposition social-démocrate et kurde, n'efface pas le coup d'Etat manqué mais parachève le coup d'Etat réussi qui a suivi -le coup d'Etat d'Erdogan lui-même.

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mercredi, 12 avril 2017

Nos zélections à nous

roseraie.jpgLes noms de la rose

Faut pas croire que l'avidité avec laquelle nous suivons les péripétie feuilletonesques de la présidentielle française nous fait oublier que nous aussi, dans nos coins de pays, nous avons quelques enjeux électoraux à relever : les Vaudois sont en pleine campagne électorale, les Genevois vont y entrer dans pas longtemps, les Neuchâtelois et les Valaisans viennent d'en sortir. Le 13 mai, le Parti socialiste genevois désignera ses candidates et candidats au Conseil d'Etat et au Grand Conseil, pour les élections cantonales de l'année prochaine. Le Comité directeur propose une liste de 45 candidates et candidats au Grand Conseil et de 4 candidates et candidats au Conseil d'Etat. Or pas moins de six socialistes ont annoncé leur candidature à la candidature au gouvernement : la Conseillère d'Etat Anne Emery-Torracinta, ainsi que Thierry Apothéloz, Carole-Anne Kast, Romain de Sainte Marie, Sandrine Salerno, Carlo Sommaruga. Dilemme : le PS genevois va devoir choisir lui-même ou laisser ce choix à son électorat. Heure du choix, leurre du non-choix...

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mardi, 11 avril 2017

Présidentielle française : De la politique, enfin !

Bonnet phrygien.jpgAprès des mois de pré-campagne et de campagne, des "primaires" de gauche et de droite à hier, les choses sérieuses commencent : elles ont quinze jours pour accoucher d'un premier choix. Et comme on vous le jaspinait il y a quelques jours, elle est finalement passionnante, cette élection présidentielle française, par sa dramaturgie, par ses incertitudes, par ses enjeux et par les programmes, les projets, les cultures (et les incultures) politiques qui s'y affrontent, et enfin par le retour de quelques "fondamentaux", à commencer par le vieux clivage gauche-droite, dont de sagaces analystes proclamaient un peu vite l'obsolescence -à vrai dire, de campagne présidentielle française, on n'a pas souvenir d'en avoir connu -et, comme témoin, vécu- d'aussi passionnante depuis... bah... 36 ans...

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vendredi, 07 avril 2017

Répartition des tâches entre le canton et les communes : Les cadeaux piégés du désenchevêtrement

charcuterie.jpgA Genève, 2017 sera l'année du véritable test politique du partage des tâches entre, le canton et les communes  tel qu'encadré par des projets de loi dans tous les domaines où l'un et les autres conduisent des politiques publiques -et en réalité, il et elles en conduisent précisément dans tous les domaines de l'action publique, même si on n'a jusqu'à présent trouvé aucun cas réel de "doublon", de tâches identiques menées identiquement auprès de publics identiques, alors même que la droite cantonale et ses succédanés communaux, en particulier en Ville de Genève, ne cessait d'en dénoncer la prolifération. De "doublons", donc, point, mais d'actions et de compétences à coordonner, tout plein. Or les champs politiques les plus délicats à réglementer pour y répartir rationnellement charges et compétences, c'est cette année qu'ils sont au menu. Le 1er janvier, les transferts ont été opérés dans des domaines où un accord s'est fait (par exemple l'aide sociale, le parascolaire, le soutien à la culture). Mais dans le courant de l'année, ce sont des enjeux plus conflictuels qu'il va falloir aborder : les grandes institutions culturelles (sauf les musées), le réseau des routes, les bâtiments scolaires : c'est ainsi que le Conseil d'Etat projette de transférer aux communes (qui ont déjà celle des bâtiments scolaires primaires) la charge de la construction, de la propriété et de l'entretien des 19 Cycles d'Orientation (dont 16 ont plus de 40 ans, ont été mal entretenus et nécessiteront de coûteuses rénovations) -mais le canton continuerait à décider où ils seront construits, et à leur répartir les élèves. Et on s'étonne au Conseil d'Etat que l'Association des communes genevoises ne prenne pas ce transfert de charges pour un cadeau, sinon un cadeau piégé ?

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