jeudi, 20 avril 2017

Qui a peur du Grand Mélenchon Loup ?

couteau_entre_les_dents-5101d.jpgAu secours, la gauche revient !

Dans les intentions de vote à la présidentielle française, la gauche pèse un petit tiers des suffrages, si on additionne ceux qui se porteraient sur Mélenchon, Hamon (qui fera probablement le meilleur score jamais réalisé par un-e candidat-e écologiste à une présidentielle...), Poutou et Arthaud, et qu'on fait l'impasse sur la part de suffrages de gauche qui se porteront sur Macron. Un tiers des suffrages, ce serait largement assez pour que la gauche se retrouve au deuxième tour, si elle était représentée au premier par un seul candidat. Comme on le sait, ce ne sera pas le cas -mais la montée, sinon en puissance, du moins en espérance, de Mélenchon ne rend plus l'hypothèse d'une candidature de gauche présente au deuxième tour totalement invraisemblable. Mais contre qui se retrouverait-il alors ? contre Le Pen ? contre Macron ? contre Fillon ? Toujours est-t-il que dans le temps même où le Grand Mélenchon Loup se goinfrait l'életorat du Petit Chaperon rose et où le vote pour Mélenchon devenait le "vote utile" pour la gauche, il devenait le vote dangereux pour la droite et ce qu'il est convenu d'appeler "le centre" -et que dans les assemblées de la Révolution, on appelait plus significativement "le marais".

Lire la suite

15:52 Publié dans élections, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : gauche, mélenchon | |  Facebook | | | |

mercredi, 19 avril 2017

Stratégie énergétique 2050" (SE2050) : Une opposition paranolithique

hommes-des-cavernes.jpgSoumise au vote le 21 mai prochain la "Stratégie énergétique 2050" (SE2050 pour les intimes) était approuvée par 56 %  des personnes (69 % des Romands, 62 % des Tessinois, 51 % des Alémaniques) interrogées les 6 et 7 avril dans un sondage en ligne Tamedia auprès de 11'000 personnes. Les sympathisants Verts, Verts libéraux, socialistes et PDC soutiennent massivement le projet Du côté de ses opposants, les trois quarts des sympathisants de l'UDC suivent le mot d'ordre négatif du parti, ainsi qu'une majorité des sympathisants PLR (alors même que le parti appelle à voter "oui"). Un étrange comité "environnemental" s'est en outre formé pour combattre cette "stratégie" de développement des énergies renouvelables. On y retrouve le président de la Fondation suisse pour la protection du paysage, le PLR Kurt Fluri, et l'ancien directeur de l'Office fédéral de l'environnement, le PDC Philippe Roch. D'autres opposants s'y ajoutent, comme l'ancien Conseiller fédéral PLR Pascal Couchepin, lequel explique que, "comme libéral, je suis opposé aux subventions en général" et donc, en particulier, à celles que le SE2050 propose d'accorder aux barrages et aux énergies douces. Couchepin refuse également le concept même de "sortie du nucléaire", au coeur de la proposition du Conseil fédéral et du parlement : "on ne peut pas diaboliser le nucléaire du futur". Comme s'il s'agissait de cela, quand ce sont précisément les opposants à la "stratégie énergétique 2050" qui la diabolisent en annonçant qu'elle ruinerait tout à la fois les finances publiques, les budgets des ménages, leur confort, le paysage et l'ordre juridique. Pour commencer. Avant de nous faire revenir au paléolithique. Mais au paranolithique, cette opposition y est déjà.

Lire la suite

15:37 Publié dans Energie, Environnement, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

mardi, 18 avril 2017

L'Enchaînement au Sérail

12278649.jpg

Erdogan, à l'arraché

Comment gagner (à l'arraché) un référendum, comme l'a fait dimanche, à 51 % des suffrages, le président turc Erdogan et son parti, l'AKP ? En faisant taire l'opposition. En muselant les media. En se présentant soi-même comme le seul recours contre le chaos, le terrorisme, l'ennemi étranger et l'ennemi intérieur. En invoquant Dieu et la menace de l'enfer ("Ne mettez pas en danger votre vie après la mort" en votant "non", prêchait Erdogan dix jours avant le vote) Et pour plus de sécurité, en tripatouillant les conditions de vote pour permettre de comptabiliser des bulletins non validés. Et peut-être en fraudant (les observateurs du Conseil de l'Europe -dont la Turquie est encore membre- le soupçonnent, et des centaines d'irrégularités sont dénoncées par les ONG et les partis d'opposition). Dans ces conditions, que l'opposition à Erdogan et à son projet de révision constitutionnelle ait pu obtenir 49 % des suffrages et faire douter du succès du Sultan tient de la performance. Cette opposition était pourtant divisée : on y retrouvait les kémalistes sociaux-démocrates, des islamistes, les organisations kurdes, les alévis, la gauche révolutionnaire, une grande partie de l'extrême-droite et les syndicats, chaque force faisant campagne séparément et contradictoirement des autres, mais dans la même extrême difficulté de se faire entendre sous la chape de plomb de la censure. Erdogan voulait que le 16 avril 2017 "efface le 15 juillet" 2016, le coup d'Etat manqué tenté contre lui par une partie de l'armée. En réalité, sa victoire, contestable et qui sera contestée par l'opposition social-démocrate et kurde, n'efface pas le coup d'Etat manqué mais parachève le coup d'Etat réussi qui a suivi -le coup d'Etat d'Erdogan lui-même.

Lire la suite

15:36 Publié dans Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : turquie, erdogan, kurdistan | |  Facebook | | | |

mercredi, 12 avril 2017

Nos zélections à nous

roseraie.jpgLes noms de la rose

Faut pas croire que l'avidité avec laquelle nous suivons les péripétie feuilletonesques de la présidentielle française nous fait oublier que nous aussi, dans nos coins de pays, nous avons quelques enjeux électoraux à relever : les Vaudois sont en pleine campagne électorale, les Genevois vont y entrer dans pas longtemps, les Neuchâtelois et les Valaisans viennent d'en sortir. Le 13 mai, le Parti socialiste genevois désignera ses candidates et candidats au Conseil d'Etat et au Grand Conseil, pour les élections cantonales de l'année prochaine. Le Comité directeur propose une liste de 45 candidates et candidats au Grand Conseil et de 4 candidates et candidats au Conseil d'Etat. Or pas moins de six socialistes ont annoncé leur candidature à la candidature au gouvernement : la Conseillère d'Etat Anne Emery-Torracinta, ainsi que Thierry Apothéloz, Carole-Anne Kast, Romain de Sainte Marie, Sandrine Salerno, Carlo Sommaruga. Dilemme : le PS genevois va devoir choisir lui-même ou laisser ce choix à son électorat. Heure du choix, leurre du non-choix...

Lire la suite

14:09 Publié dans élections, Genève, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

mardi, 11 avril 2017

Présidentielle française : De la politique, enfin !

Bonnet phrygien.jpgAprès des mois de pré-campagne et de campagne, des "primaires" de gauche et de droite à hier, les choses sérieuses commencent : elles ont quinze jours pour accoucher d'un premier choix. Et comme on vous le jaspinait il y a quelques jours, elle est finalement passionnante, cette élection présidentielle française, par sa dramaturgie, par ses incertitudes, par ses enjeux et par les programmes, les projets, les cultures (et les incultures) politiques qui s'y affrontent, et enfin par le retour de quelques "fondamentaux", à commencer par le vieux clivage gauche-droite, dont de sagaces analystes proclamaient un peu vite l'obsolescence -à vrai dire, de campagne présidentielle française, on n'a pas souvenir d'en avoir connu -et, comme témoin, vécu- d'aussi passionnante depuis... bah... 36 ans...

Lire la suite

15:17 Publié dans élections, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : mélenchon | |  Facebook | | | |

vendredi, 07 avril 2017

Répartition des tâches entre le canton et les communes : Les cadeaux piégés du désenchevêtrement

charcuterie.jpgA Genève, 2017 sera l'année du véritable test politique du partage des tâches entre, le canton et les communes  tel qu'encadré par des projets de loi dans tous les domaines où l'un et les autres conduisent des politiques publiques -et en réalité, il et elles en conduisent précisément dans tous les domaines de l'action publique, même si on n'a jusqu'à présent trouvé aucun cas réel de "doublon", de tâches identiques menées identiquement auprès de publics identiques, alors même que la droite cantonale et ses succédanés communaux, en particulier en Ville de Genève, ne cessait d'en dénoncer la prolifération. De "doublons", donc, point, mais d'actions et de compétences à coordonner, tout plein. Or les champs politiques les plus délicats à réglementer pour y répartir rationnellement charges et compétences, c'est cette année qu'ils sont au menu. Le 1er janvier, les transferts ont été opérés dans des domaines où un accord s'est fait (par exemple l'aide sociale, le parascolaire, le soutien à la culture). Mais dans le courant de l'année, ce sont des enjeux plus conflictuels qu'il va falloir aborder : les grandes institutions culturelles (sauf les musées), le réseau des routes, les bâtiments scolaires : c'est ainsi que le Conseil d'Etat projette de transférer aux communes (qui ont déjà celle des bâtiments scolaires primaires) la charge de la construction, de la propriété et de l'entretien des 19 Cycles d'Orientation (dont 16 ont plus de 40 ans, ont été mal entretenus et nécessiteront de coûteuses rénovations) -mais le canton continuerait à décider où ils seront construits, et à leur répartir les élèves. Et on s'étonne au Conseil d'Etat que l'Association des communes genevoises ne prenne pas ce transfert de charges pour un cadeau, sinon un cadeau piégé ?

Lire la suite

15:48 Publié dans Culture, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

mardi, 04 avril 2017

Hamenchon et Mélhamon sont dans un bateau

melenchon-hamon_5791751.jpgLe Valls a mis le temps

Pour la gauche, l'élection présidentielle française est d'ores et déjà perdue. Du moins en tant qu'élection. En tant qu'étape d'une indispensable recomposition politique, c'est autre chose. Mais même dans l'hypothèse du retrait de l'un ou l'autre des deux principaux candidats de gauche (et lequel, en fonction de quel critère ? les sondages ?), ce camp ne pourrait rêver mieux qu'une troisième place.
Après s'être éreintés pendant des mois pour être candidats, avoir déjà, l'un et l'autre, claqué pour leur campagne des millions qu'ils ne se feront rembourser que s'ils obtiennent 5 % des voix et donné plus que l'impression, la certitude, que ni ni l'un, ni l'autre n'ont la présidence de la République pour objectif, mais la recomposition de la gauche, peut-on vraiment croire, à trois semaines du scrutin, que l'un ou l'autre (mais lequel ? Hamenchon ou Mélhamon ?) se retirera pour l'autre ou l'un ? Que Hamon, pris dans le "casse-noix" (l'expression est méluchienne) entre le marteau de droite (Macron) et l'enclume de gauche (Mélenchon) fera à Valls (qui a mis le temps pour se décider à se rallier à Macron) le cadeau de se retirer pour Mélenchon ? Que Mélenchon fera à ce qu'il reste du  PS le cadeau de se retirer pour Hamon ? Et pour faire quoi ensuite du PS (ou de ce qui en restera) ?

Lire la suite

13:15 Publié dans élections, France, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : gauche, hamon, mélenchon, valls, macron | |  Facebook | | | |

vendredi, 31 mars 2017

Russie, 1917-2017 : Centenaire d'une défaite

révolution, Russie, URSS, communismeIl y a un siècle, en mars 1917, la Russie entrait en révolution. Huit mois et un putsch plus tard, la révolution accouchait d'un monstre. L’instauration en Russie, après la contre-révolution bolchevik, du mode de production collectiviste d’Etat est sans doute la plus écrasante défaite du mouvement révolutionnaire dans les temps « modernes » une défaite plus considérable encore que celles subies ensuite face aux fascismes : après tout, ceux-ci étaient les ennemis du mouvement révolutionnaire, s’avançant et agissant comme tels. Les bolcheviks, eux, se revendiquaient du mouvement révolutionnaire, jusqu’à s’en prétendre les seuls héritiers. Leur victoire est le couronnement des défaites du projet révolutionnaire des XIXème et XXème siècles, parce qu’il est l’écrasement de la révolution au nom de la révolution elle-même.

Lire la suite

17:04 Publié dans Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : révolution, russie, urss, communisme | |  Facebook | | | |

mercredi, 29 mars 2017

"Prévoyance vieillesse 2020" : état des fronts

chapeau-cerveau.jpgUn référendum pour un débat ?

A Berne, vendredi dernier, un comité référendaire s'est constitué, juste après que l'assemblée des délégués de l'Union Syndicale Suisse ait pris position en faveur de la réforme des retraites, "Prévoyance vieillesse 2020", tel qu'adopté par les Chambres fédérales, et combattu à la fois par la gauche de la gauche syndicale et politique et par la droite (PLR) et la droite de la droite (UDC) politique et patronale. Pour ce comité constitué autour de la gauche syndicale romande, de la communauté genevoise d'action syndicale (CGAS, qui regroupe tous les syndicats du canton) et de l'Union syndicale vaudoise (qui ne regroupe que les syndicats de l'USS), et soutenu par le Parti du Travail, solidaritéS et l'Avivo, il s'agit de lancer et de faire aboutir un référendum facultatif s'ajoutant au référendum obligatoire auquel sera de toute façon soumise la réforme des retraites. But de l'opération : faire entendre une opposition de gauche, en sus de l'opposition de droite. Un référendum additionnel est-il nécessaire pour cela ? Dans les urnes, rien ne va distinguer un "non" de gauche d'un "non" de droite. Mais dans le débat qui va précéder le vote, c'est autre chose : l'opposition de gauche et l'opposition de droite vont tenir deux discours opposés, parce que fondés sur deux oppositions contradictoires : l'une (celle de gauche) au report d'un an de l'âge de la retraite des femmes, l'autre (celle de droite) à l'augmentation des rentes AVS. Dans une semaine,  le PS genevois prendra position sur le projet de réforme. Alors, vous nous connaissez, quand on peut animer, documenter, rationaliser un débat politique, on est là, présents, sinon fidèles, au poste. C'est parti !

Lire la suite

15:55 Publié dans austérité, syndicats, gauche, Politique, Retraites, AVS, AI, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : avs, retraites | |  Facebook | | | |

mardi, 28 mars 2017

François Fillon, le cabinet noir et les casseroles

fillon,cabinet noir,démocratiePinocchio président ?

Donc, selon les fillonistes, à la recherche desespérée de contre-feux aux révélations sur la personnalité et les pratiques de leur candidat à la présidentielle, il y aurait un "cabinet noir" à l'Elysée, qui piloterait ces révélations pour couler Fillon. Un cabinet noir ? Décidément, ça sent la fin de règne : y'a même plus de personnel pour nettoyer les chiottes...  Toute plaisanterie mise à part, malgré la batterie de cuisine qu'il traîne derrière lui, François Fillon n'est pas encore politiquement et électoralement mort, et toujours installé, à en croire les sondages, à la troisième place des intentions de vote, pas assez loin de Macron et Le Pen pour qu'on puisse jurer qu'il ne sera pas au deuxième tour et être élu (du moins contre Le Pen, dont la seule chance d'être élue est d'ailleurs de se retrouver au deuxième tour... contre François Fillon, les deux ayant donc un adversaire commun : Emmanuel Macron). Pinocchio peut encore rêver de la présidence.

Lire la suite

18:56 Publié dans élections, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : fillon, cabinet noir, démocratie | |  Facebook | | | |

lundi, 27 mars 2017

USA : 65 jours de présidence donaldesque


Trump orange.jpgPolitique du pitre

Donc, Donald est président depuis deux mois et des poussières. Sa présidence, il l'avait entamée en multipliant les vitupérations, les menaces, les bouderies, les accusations complotistes, toutes manifestations ne faisant que reproduire celles dont sa campagne électorale avait été tissée -sauf qu'il est président, et non plus seulement candidat. Et que dès qu'il s'est agi, non plus de prendre des postures de chef de gang et de tenir des propos de tenancier de bordel, mais de commencer à réaliser son programme, ses prétentions de décisions se sont lourdement heurtées au mur des institutions, de la légalité, des réalités et des rapports de force. Dernier exemple en date : l'échec de sa tentative d'abroger l'"Obamacare", le système d'assurance-maladie (d'ailleurs imparfait, mais suppléant à un vide social inimaginable dans nos contrées), après l'échec de sa tentative d'interdire à des ressortissants de pays à majorité musulmane d'entrer aux Etats-Unis, la démission forcée de son Conseiller à la sécurité nationale après qu'il ait été avéré qu'il avait été payé par la Russie et la Turquie, la constatation de la vacuité de ses accusations de fraude électorale ou de mise sur écoute. Restent toutefois dans la colonne assez exsangue des succès, quelques nominations symboliques de représentants de l'extrême-droite raciste (comme celle de Steve Bannon au Conseil national de Sécurité), et le soutien sans faille du "coeur" de son électorat (qui considère certes que son héros avance souvent ou très souvent des affirmations sans preuves", mais le lui pardonne). Peut-on, optimistes que nous sommes, en déduire que son programme de promotion d'une Amérique blanche, chrétienne, conservatrice et patriarcale, par discrimination de toutes les catégories sociales et culturelles, dt tous les comportements et de tous les groupes humains, qui ne correspondent pas à ce stéréotype, tient désormais du pur fantasme irréalisable ? Un peu de prudence est de mise : le pire n'est certes jamais sûr, mais jamais non plus exclu.

Lire la suite

17:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : usa, trump | |  Facebook | | | |

vendredi, 24 mars 2017

Le Parti socialiste, parti de la "classe moyenne" ?


gauche,classe moyenneGlissement progressif de l'ancrage...

En décembre dernier, un sondage effectué par Tamedia auprès de 18'000 personnes (vaste échantillon, tout de même) donnait l'UDC comme le parti qui, de l'avis de 23 % sondés, défendrait le mieux les intérêts de la classe moyenne, devant le PS (19 %), le PLR (13 %) et le PDC (11 %). Plus les sondés étaient âgés, plus souvent ils choisissaient l'UDC (29 %, contre 13 % au PS), plus ils étaient formés, plus ils choisissaient le PS (23 % chez les universitaires, contre 13 % à l'UDC). Au-delà du classement des partis, dans un ordre qui reproduit celui des élections, et de la question sans réponse claire "la classe moyenne c'est quoi ?", ce sondage confirme en tout cas le glissement progressif de l'ancrage social du Parti socialiste, parti défenseur des classes "populaires" devenant le parti d'une classe moyenne définie négativement : en seraient toutes celles et tous ceux qui ne sont ni pauvres, ni riches, qui ont assez de ressources pour payer leurs impôts et leur loyer, pas assez pour être propriétaires de leur logement, et trop pour recevoir des subsides sociaux.

Lire la suite

15:33 Publié dans Politique, PS, Suisse | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : gauche, classe moyenne | |  Facebook | | | |

lundi, 20 mars 2017

Réforme du Système des retraites : Compromis ou compromission ?

cimetière.jpgLes Chambres fédérales ont donc adopté, à une voix de majorité, le compromis porté, dans la réforme du système des retraites,  par le Conseil des Etats, le Conseiller fédéral Alain Berset, le PS et le PDC. Compromis, ou compromission ? Dans six mois, on en jugera par un vote populaire. Si le projet (qui pour la première fois lie en une seule réforme celle du premier et celle du deuxième pilier du système de retraite) est accepté, l'âge de la retraite des femmes sera repoussé d'un an pour égaler celui des hommes, mais les rentes individuelles AVS augmenteront de 70 francs par mois, et les rentes de couple passeront de 150 à 155 % de la rente individuelle. Les rentes de 2e pilier, fondées sur le capital accumulé, vont baisser, Les cotisations AVS vont augmenter de 0,3 points, paritairement entre celles des salariés et celles des employeurs, et celles de prévoyance professionnelle vont augmenter dès l'âge de 35 ans. Une retraite "à la carte" pourra être prise dès 62 ans, et jusqu'à 70 ans, avec une rente AVS amputée (de 6,37 % par année d'anticipation) si la retraite est prise avant 65 ans, augmentée (de 5,2 à 31,5 %, selon la durée du report) si elle est prise après (les femmes qui continueraient ainsi à prendre leur retraite à 64 ans, comme actuellement, recevraient une rente équivalente à l'actuelle, grâce aux 70 francs mensuels d'augmentation). Les rentes de veuves et de veufs et celles d'orphelins sont maintenues. Le relèvement automatique de l'âge de la retraite à 67 ans est abandonné... La TVA, impôt injuste, est augmentée de 0.6 points pour renforcer le financement de l'AVS, système de retraite juste.  Ce renforcement aurait pu être assuré par d'autres moyens, et d'autres sources, mais toutes les propositions faites en ce sens ont été refusées au parlement, voire par le peuple, comme celle, faite par la gauche, d'un impôt de 20 % sur toutes les successions supérieures à deux millions de francs, écrasée en votation populaire le 14 juin 2015... Le financement par la TVA passera sans doute mieux : il est injuste socialement (le taux de TVA est le même que ceux qui la paient soient riches ou pauvres), mais cette injustice-là est invisible : elle est intégrée dans le prix des marchandises...

Lire la suite

14:03 Publié dans Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

lundi, 13 mars 2017

Quand Erdogan et ses partisans pètent les plombs

Erdogan.JPGReferendummkopf

Le 16 avril, la Turquie votera en référendum sur le désir irrépressible du président Erdogan de devenir un "hyperprésident". Et à l'image de leur Sultan, ses partisans s'agitent dans toute l'Europe pour convaincre les Turcs de l'étranger de rallier le Grand Turc de Turquie. Mais cette agitation se heurte à de fortes résistances : autorisé par Berne, un meeting zurichois du ministre turc des Affaires étrangères a été annulé, le Danemark invite le même ministre à renoncer à tenir un meeting sur sol danois (ce qu'il a pu faire en France et aurait pu faire en Suisse si l'Hôtel où devait se tenir le meeting n'avait pas annulé la réservation de la salle), l'avion du ministre a été empêché d'atterrir aux Pays-Bas où il devait également prêcher la bonne parole, et d'où la ministre turque de la Famille a été expulsée -le Sultan Erdogan s'autorisant du coup à traiter le gouvernement néerlandais de "nazi". Pas moins. Des municipalités allemandes ont également interdit des réunions de partisans du projet d'"hyperprésidence" soumis à référendum. En Suisse, les Verts s'inquiètent de la surveillance exercée par l'ambassade de Turquie sur les opposants au régime d'Ankara, et plus généralement sur les Turcs de Suisse, dont la majorité sont d'ailleurs soit Kurdes, soit Alévis, soit les deux à la fois, ces deux composantes de la société turque étant dans le collimateur du gouvernement et du parti d'Erdogan.

Lire la suite

16:02 Publié dans Politique, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : turquie, kurdistan, erdogan | |  Facebook | | | |

mercredi, 08 mars 2017

Journée internationale DES DROITS des femmes : Une longue, longue marche

Man_Ray_Noire_et_blanche.jpgEntre la Journée internationale de la radio et de la télévision pour les enfants (avant-hier) et la Journée internationale de l'audition (après-demain), il y a, aujourd'hui la Journée internationale des Femmes, dans le titre que lui donnent les Nations-Unies, la Journée internationale des Droits des Femmes dans celui que lui donnent la gauche et les féministes. Dans le calendrier républicain, c'est le jour du mouron. Et dans le calendrier pataphysique, le jour du Sabbat. Tirez-en les conclusions que vous voudrez : ici, on en tirera celle d'un jour dédié à un combat permanent, à une longue, longue marche, avec des arrêts, des errances, des détours, des retours en arrière, des impasses. En Suisse, les femmes ne votent nationalement que depuis 1971, 53 ans après qu'une Grève Générale ait revendiqué ce droit pour elles aussi (il fallut d'ailleurs une autre grève, celle des femmes en 1991, pour que le prédicat constitutionnel de l'égalité, vieux de dix ans, accouche d'une loi), ne peuvent voter cantonalement et communalement dans toute la Suisse que depuis 1990 (à Genève même, il fallut s'y prendre à cinq fois pour qu'un vote des hommes ouvre le vote aux femmes), et ne peuvent ouvrir un compte en banque sans avoir à demander l'autorisation de leur mari que depuis 35 ans...

voir aussi le numéro du journal socialiste genevois "Causes Communes", consacré au féminisme : http://www.ps-geneve.ch/causes-communes/

Lire la suite

15:12 Publié dans Femmes, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : féminisme, journée des femmes | |  Facebook | | | |

lundi, 06 mars 2017

Election présidentielle française : Et à la fin, ils sont (presque) tous morts

Trois Mousquetaires.jpgVous voulez comprendre le souk de l'élection présidentielle française ? Relisez Alexandre Dumas et sa trilogie des trois mousquetaires :  tout y est, même si le "un pour tous, tous pour un" est devenu "chacun pour moi". Mais on voit bien Méluche en d'Artagnan, Fillon en Athos, Macron en Aramis (mais qui pour Porthos, et quel rôle pour Hamon ? on sèche)... et Le Pen en Milady. Et Hollande en Richelieu. On rappellera tout de même qu'à la fin, dans le "Vicomte de Bragelonne", ils sont tous morts, sauf Aramis (le seul personnage totalement imaginaire, soit dit en passant) qui finit en Général des Jésuites... Même que d'Artagnan, il se fait tuer à Maastricht...

Lire la suite

15:59 Publié dans élections, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fillon | |  Facebook | | | |

vendredi, 03 mars 2017

La Ville de Genève aura-t-elle un budget le 20 mars ?

Jetdeautordu.jpgLe nécessaire budget d'en bas

Le Conseil Municipal de la Ville de Genève sera vraisemblablement convoqué pour le lundi 20 mars, avec à l'ordre du jour l'adoption, peut-être, éventuellement, si tout va bien, d'un budget pour l'année commencée depuis des mois. En attendant le bon vouloir d'une majorité du Conseil municipal, la Ville fonctionne depuis le 1er janvier sous le régime des "douzièmes provisionnels", c'est-à-dire sur la base du budget 2016 découpé en tranches mensuelles. Or contrairement aux cantons et à la Confédération, les communes n'ont pas la possibilité de se décharger de leurs responsabilités sur un échelon institutionnel inférieur, et même s'il est celui d'une ville de 200'000 habitants, leur budget est le "budget d'en bas", le seul qui finance des prestations publiques qui ne peuvent être reportées sur un autre budget public mais seulement sur les habitants ou le tissu associatif. Le seul, au fond, qui soit nécessaire. Ce dont jusqu’ici, une majorité du Conseil municipal de la Ville de Genève semble n'avoir pas pris conscience -ou se contrefoutre.

Lire la suite

16:32 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budget, ville de genève | |  Facebook | | | |

mercredi, 01 mars 2017

Ciel, le PS serait à gauche !

roses en carré.jpgLa droite du parti socialiste suisse s'inquiète

Des représentants de l'aile droite du PS suisse ont tenu l'autre jour conférence de presse (dans l'ancienne Maison du Peuple bernoise, devenue hôtel) pour déplorer ce qu'elle considère comme une évolution "gauchisante" du PSS. Et "Le Temps" de titrer : "Les réformistes s'érigent contre un PSS "gauchisant". On en est carrément tombé des nues ou on planait doucement : le Parti socialiste suisse, "gauchisant" ? nos "sociaux-libéraux" helvétiques prendraient-ils nos désirs pour la réalité ? Et "Le Temps" de poursuivre sur le mode de la confusion des étiquettes en qualifiant l'aile droite du PSS d'"aile réformiste social-démocrate". Comme si la direction du parti, la majorité de ses assemblées de délégués, de son comité directeur, de son groupe parlementaire, étaient autre chose que, précisément, "réformistes" et "sociaux-démocrates".

Lire la suite

16:57 Publié dans Politique, PS, Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : social-démocratie | |  Facebook | | | |

mardi, 28 février 2017

Gauche française : la conjuration des ego


Ah, que la défaite sera belle...

On est bien contents : Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon vont cesser de s'insulter. Du moins en public. Mélenchon : "À cinquante jours du premier tour, il n’est pas possible de régler la différence qui par exemple nous sépare sur la question essentielle de l’Europe. Je n’ai pas été surpris qu’il me confirme sa candidature et il ne l’a pas été que je lui confirme la mienne. Nous sommes convenus d’un code de respect mutuel dans la campagne". Voila. Evidemment, ça n'engage qu'eux-mêmes. Pas leurs lieutenants, leurs porte-paroles, leurs spadassins et leurs partisans. Celui qui veut maintenir un parti socialiste en le tirant à gauche et celui qui veut faire disparaître le PS pour le remplacer par autre chose ne pouvaient évidemment pas tomber d'accord sur la candidature unique de l'un des deux. Il faut savoir se contenter de peu dans cette conjuration des egos : Hamon et Mélenchon ont promis de cesser de se traiter mutuellement et publiquement de tous les noms. En somme, ils sont passés de l'enfance à l'adolescence. Pour l'âge adulte, on verra dans cinq ans. Quand Macron se représentera pour un deuxième mandat, le spectre de Marine suffisant d'ici là à la majorité des électrices et électeurs de gauche pour les conduire à voter Macron au deuxième tour (et même, pour une partie non négligeable d'entre eux, dès le premier tour, pour éliminer Fillon. Le vote utile, en se bouchant le nez, en se fermant les yeux et en s'obturant les oreilles. Avant que chaque composante de la gauche rende les autres responsables d'une défaite non seulement annoncée par les augures, mais organisée par la gauche elle-même.

Lire la suite

15:24 Publié dans élections, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : gauche, macron, mélenchon, hamon | |  Facebook | | | |

vendredi, 24 février 2017

LE PROGRAMME POLITIQUE DU PARTI SOCIALISTE

adhemar-schwitzguebel.jpgContribution légèrement anaRchronique d'Adhémar Schwytzguébel* à l'élaboration du programme du Parti socialiste genevois

*Conférence donnée à Saint-Imier le 29 février 1876

Le socialisme veut l'organisation de la souveraineté du peuple d'une manière réelle, par la reconnaissance complète de l'autonomie et de la liberté des individus, des groupes, des communes, des fédérations.
Les organes au moyen desquels le peuple manifeste sa souveraineté ne sont plus l'Etat et les institutions qui en découlent, mais le corps de métier, la Commune et la Fédération.
Le peuple ne délègue plus sa souveraineté, mais l'exerce directement dans chacun des organes nécessaires à la satisfaction de ses intérêts. Les délégations qui pourront encore être nécessaires n'auront qu'un caractère purement administratif, toute action gouvernementale et autoritaire étant supprimée.
La formule au moyen de laquelle les individus, les groupes, les Communes s'engagent réciproquement, ne sera plus la loi unique, mais le contrat librement débattu et consenti dans les groupes et n'engageant que les contractants.
Les conflits qui surgiront seront réglés dans les groupes intéressés par des tribunaux d'arbitres. Les affaires criminelles qui pourront se produire seront de la compétence de la Commune ou de la Fédération, suivant leur importance.

Lire la suite

15:59 Publié dans Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |