mercredi, 15 novembre 2017

Budget 2018 de la Ville de Genève : Hosannah !

masques.jpgHosannah ! La droite municipale genevoise (sauf le PLR) a décidé hier soir d'étudier le projet de budget (révisé) du Conseil administratif. Le Conseil municipal va donc pouvoir faire son travail. On n'en revient pas. Bon, le premier projet de budget se soldait par un déficit de 20 millions (soit 1,7 % d'un budget de plus de 1,1 milliard...), le second efface ce déficit sans couper dans les prestations, grâce essentiellement à une hausse des rentrée fiscales (d'ailleurs prévisibles, et prévues) -mais qui ne pouvaient être intégrées au projet puisqu'il fallait attendre que le canton les confirme), il devenait difficile de refuser d'entrer en matière sur son étude quand on clamait depuis des années qu'on n'accepterait pas de budget déficitaire, mais cela ne préjuge en rien du résultat du travail (accéléré, puisqu'il devra se faire en moins de deux mois au lieu de quatre) en commission, puisque la droite s'accroche à son exigence fétiche de plusieurs millions de boni annuels, plusieurs dizaines de millions sur une législature... pour n'en rien faire. Comme si cette exigence avait un sens, quand au terme de l'exercice, les comptes affichent, obstinément, un bénéfice (55 millions par an en moyenne décennale). Et puis, de toute façon, la procédure budgétaire en Ville de Genève aboutit depuis deux ans devant le peuple lorsque la droite municipale s'attaque à la solidarité sociale, à la solidarité internationale, au pluralisme culturel...

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lundi, 13 novembre 2017

Les media de service public invités au silence sur "No Billag"

museliere.jpgDébat avec muselière

En mars prochain, les Suissesses et les Suisses voteront sur une initiative populaire "No Billag", qui propose la suppression de la redevance d'accès aux programmes des media publics (la SSR). Un débat s'est donc ouvert, et va se tenir pendant quatre mois encore, sur cette initiative. Mais quel débat, dans quelles conditions ? Les dirigeants de la SSR ont édicté des règles strictes imposant à ses responsables, ses porte-paroles et ses collaborateurs, et même à ses programmes, un devoir de réserve s'appliquant à toute la période de campagne sur l'initiative. La SSR a même décidé de cesser toute campagne de promotion de ses chaînes et de ses services. Le service public de media renonce à se défendre ? c'est pousser fort loin le souci de ne pas donner aux partisans d'une initiative qui menace frontalement son existence, l'occasion de faire, à leur niveau et à leur manière, du "trumpisme" en se présentant comme les adversaires valeureux (et brimés) d'un "monopole" illégitime. En Romandie, la RTS a invité ses collaborateurs de mettre une sourdine à leur expression sur les réseaux sociaux, de n'y intervenir qu'en dehors de leur temps de travail et "d'éviter toute attaque directe et de garder leur calme". Admettre que les collaborateurs de la SSR sont aussi des citoyens, et qu'en tant que tels ils sont libres de leur opinion et de leur expression quand ils s'expriment à titre personnel, est-ce trop exiger ? Comment débattre sur les radios et télévisions de service public, et même sur les réseaux sociaux, d'une initiative qui menace le service public ? En faisant silence sur la menace ?

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samedi, 11 novembre 2017

Retour sur la révolution russe et son héritage

Lisez!.jpgL'art et la culture en révolution

Retour sur la révolution russe de 1917, celle de février-mars, et son épisode final en octobre-novembre. Retour, surtout, sur son héritage.
D'entre les héritages paradoxaux de la prise du pouvoir par les bolchéviks, on citera, nées de la peur qu'inspira la Russie soviétique, la lente construction de l'Etat social dans nos propres pays, la création de la Société des Nations (dont la Russie Soviétique sera exclue, comme, longtemps, l'Union Soviétique), celle du Bureau International du Travail. Et puis, il y a l'héritage culturel -non celui de la fossilisation stalinienne dans le "réalisme socialiste" et l'instrumentalisation de la création culturelle et artistique (comme d'ailleurs de la recherche scientifique), mais celui des trois ou quatre premières années qui suivirent la rupture révolutionnaire de février-mars 1917. Un foisonnement. Une révolution, une vraie, dans les images et les mots.

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mardi, 31 octobre 2017

Réforme du système des retraites : Désaccord à corps

chute de mots.jpgLe 27 octobre, le Conseiller fédéral Alain Berset réunissait 27 protagonistes de la campagne sur son défunt projet de réforme du système de retraite : les partisans de gauche et les opposants de gauche, les opposants de droite et les partisans de droite, ceux qui veulent repousser l'âge de la retraite et ceux qui le refusent, ceux qui veulent une réforme globale et ceux qui veulent une réforme saucissonnée. Résultat selon Alain Berset lui-même : "il y a désaccord sur presque tous les points", et selon l'ATS, un peu plus euphémique : "Il n'y a pas de convergence de vue sur les contours d'une future réforme. Le seul constat partagé à été celui de la nécessité d'agir". Faut faire quelque chose. Oui, bon, d'accord, mais quoi ? Il faut un financement additionnel pour l'AVS afin de maintenir le niveau des rentes. Oui, bon, d'accord, mais quel  financement additionnel ? une hausse des cotisations, une hausse de la TVA, un déplafonnement de l'impôt fédéral direct ? un report  à 65 ans de l'âge de la retraite des femmes ? un report de l'âge de la retraite de tout le monde à 66 ans ? à 67 ans ? Et le 2e Pilier, on en fait quoi ? On le renforce, on le renfloue, on le fusionne avec le premier ? "tous les points sont ouverts sur la table", a résumé Alain Berset. La table ? Disons : l'établi...

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14:10 Publié dans Politique, Retraites, AVS, AI, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

lundi, 30 octobre 2017

Catalogne : La tutelle contre l'indépendance

Cop de falç.jpgBon cop de falç ?

L'adoption par le parlement catalan d'une déclaration d'indépendance ne devrait surprendre personne, surtout pas à Madrid : elle n'est que le terme symbolique d'un processus engagé depuis cinq ans, et une étape dans celui, décidé par le même parlement, d'un "processus constituant" devant déboucher sur un "Etat indépendant et souverain, de droit, démocratique et social" : la République catalane. La réponse du gouvernement espagnol ne surprendra pas plus, tant elle était annoncée, et dans la droite ligne de toutes les réponses données à Madrid aux revendications catalanes depuis dix ans. La crise commence en 2006, lorsqu'un statut d'autonomie négocié entre Barcelone et Madrid, accepté par les parlements catalan et espagnol et ratifié par référendum, est saboté par une cour constitutionnelle instrumentalisée par le parti de droite aujourd'hui au pouvoir, et qui a refusé à la Catalogne ce qui avait été accordé au Pays Basque. La seule réalité qui empêche de comparer les dernières décisions du gouvernement de Rajoy (mise sous tutelle des institutions catalanes, destitution du gouvernement catalan, à commencer par son président, prise de contrôle de la police autonome, des finances, des télécommunications, des media publics, de l'enseignement... ) à celles d'Erdogan en Turquie après le putsch foireux de l'an dernier, c'est l'absence de moyens du premier de les concrétiser si les indépendantistes catalans décidaient d'y opposer une insoumission de masse, si pacifique qu'elle soit. Or c'est précisément ce à quoi ils appellent, par la voix de leur président (destitué par Madrid), Carles Puigdemont : "la meilleure manière de défendre les victoires obtenues jusqu'à ce jour est l'opposition démocratique" pour "construire un pays libre" de manière pacifique, et d'ores et déjà, des "comités de défense de la République" appellent, localement, à la "résistance pacifique" à la tutelle de l'Etat central.

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vendredi, 27 octobre 2017

Offensive udéciste contre le droit international

CEDH.jpg

On votera l'année prochaine sur une initiative de l'UDC qui, sous prétexte de privilégier le droit suisse au droit international, en invoquant (pour l'exorciser) le spectre des "juges étrangers" (et en confondant donc "juges étrangers" et juges internationaux, dont certains sont Suisses...), entend réduire la protection que le droit international et ses institutions (la Cour européenne des droits de l'homme, par exemple, institution du Conseil de l'Europe -dont la Suisse est membre) accordent ou tentent d'accorder aux droits et aux libertés des personnes, et des minorités sociales, culturelles, politiques. L'initiative udéciste remet à la fois en cause cette protection et la sécurité même du droit national, dans tous les domaines : en proposant d'empêcher le Tribunal fédéral suisse d'appliquer la Convention européenne des droits de l'homme, elle ne propose rien d'autre qu'empêcher des personnes de porter leur cause devant une Cour dont les décisions s'imposent à l'Etat. C'est un peu comme si on voulait empêcher des Suisses de porter leur cause devant le Tribunal fédéral, au nom de la suprématie des tribunaux cantonaux : la hiérarchie des normes de droit, qui pose le droit international au-dessus des droits nationaux (et le droit fédéral au dessus des droits cantonaux) est un instrument de défense des libertés individuelles et des droits de la personne face à l'Etat (ou à ses composantes régionales), pas un instrument de contrainte de la souveraineté nationale, et c'est à ce titre qu'il convient de la défendre... Ce ne sont pas les fantômatiques "juges étrangers" qui menacent les droits des Suisses, c'est la volonté de certains Suisses aux idées noueuses de priver leurs propres compatriotes de la protection du droit international, si insuffisante qu'elle soit encore.

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16:13 Publié dans Droits de l'Homme, Europe, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : droit international, cedh | |  Facebook | | | |

mercredi, 25 octobre 2017

Transparence du financement de la vie politique : initiative déposée

transparenceгласность !

L'initiative populaire "Pour plus de transparence dans le financement de la vie politique a été déposée le 10 octobre, avec un peu moins de 110'000 signatures. Essentiellement soutenue par le Parti socialiste, soutenue également par les Verts, le parti pirate, le parti évangélique le parti bourgeois démocratique (PBD), leurs organisations de jeunesse et Transparency International. l'initiative veut contraindre les partis représentés aux Chambres fédérales à rendre publics leurs comptes annuels et les dons  de plus de 10'000 francs par an et par personne qu'ils reçoivent, en argent ou en nature. Les comptes des campagnes électorales et référendaires devraient également être publiés, dès un budget de 100'000 francs. Ce que l'initiative propose, c'est, en gros, ce que plusieurs cantons (Neuchâtel, le Tessin, Genève) connaissent déjà.

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lundi, 23 octobre 2017

Vers la fin de l'impunité des multinationales ?

WORLD-CO.GIFUn vieux mot pour une idée pérenne : l'internationalisme

Dès aujourd'hui et jusqu'à vendredi, à Genève, en même temps que se réunira le Groupe de travail intergouvernemental de l'ONU chargé de préparer un traité, qui pourrait être contraignant, sur les entreprises (dont les multinationales) et les droits humains, plus de 200 organisations, associations, mouvements sociaux du monde entier appellent (https://www.stopcorporateimpunity.org/) à la mobilisation contre l'impunité totale dont jouissent les multinationales pour les violations qu'elles perpètrent des droits et des libertés individuelles et collectives : accaparement des terres, pollution des terres, des eaux et de l'air, violations des droits politiques, corruption... Ce dont il s'agit pour ces mouvements, et pour nous, est d'une ambition considérable : affirmer la primauté des droits des personnes et des peuples sur ceux des financiers et des marchés. Et pour l'affirmer, soutenir les résistances sur le terrain, et les mouvements qui les assument. Cela porte un vieux nom : l'internationalisme. Un vieux mot pour une exigence pérenne.

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13:57 Publié dans Droits de l'Homme, Economie, Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

vendredi, 20 octobre 2017

Picrocholeries et Genfereien (suite, et pas fin)

pilori.jpgPilorira bien qui pilorira le dernier...

Le Conseil d'Etat genevois a annoncé mercredi, après avoir entendu les cinq conseillères et conseillers administratifs de la Ville dans le cadre d'une instruction préalable, l'ouverture d’une procédure disciplinaire à l'encontre du Maire de Genève, Rémy Pagani, "susceptible d'avoir violé ses devoirs de fonction" dans le cadre du "processus d'établissement de la brochure électorale relative à la votation municipale du 24 septembre" sur les coupes budgétaires opérées par la majorité de droite coagulée du Conseil Municipal, votation annulée quatre jours avant le scrutin, sur demande de la droite municipale, alors que plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient déjà voté par correspondance. Rémy Pagani est passible, s'il est reconnu coupable d'avoir enfreint ses devoirs de fonction, de sanctions allant du blâme à la révocation. Les Conseillers d'Etat François Longchamp, Antonio Hodgers et Mauro Poggia, transformés en juges d'instruction, ont été chargés d'instruire la procédure et de proposer les sanctions (après avoir entendu Rémy Pagani, tout de même). Quant à la votation annulée, elle a été reporté au 4 mars, mais un recours a été déposé au Tribunal fédéral contre son annulation, par des citoyens estimant que leur liberté de vote avait été "gravement violée" et que "priver le peuple du droit de se prononcer" à temps pour que cela ait un sens est une "mesure excessive qui bafoue le fondement même de la démocratie directe".

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16:25 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : rémy pagani | |  Facebook | | | |

mercredi, 18 octobre 2017

Macron parle. Beaucoup. Mais pour dire quoi ?

Macron parle.jpgMoi Je...

Pour un président dont on pensait (et qui avait lui-même laissé croire) qu'il allait cultiver la "parole rare" qui sied à la posture jupitérienne, et en tout cas qu'il allait parler moins que son prédécesseur (qui, il est vrai, parlait trop), Macron parle beaucoup. Pas toujours clairement, et même parfois fort trivialement, mais beaucoup plus que ce qu'on attendait. Mais qu'attendait-on, au juste ?
Il y a en tout cas dans le discours macronien un fil conducteur, une revendication constante : celle d'être le chef. Le seul. Et donc, de pouvoir dire ce qu'il veut, comme il veut, quand il veut, à qui il veut. Et avec les mots qu'il veut : "foutre le bordel" ou "poudre de perlimpinpin", selon le lieu, l'humeur et l'interlocuteur, mais en assurant toujours tenir "un discours de vérité" contrairement aux "élites politiques" tenant un "discours aseptisé". Et que dit ce "discours de vérité" ? Il dit : je sais ce qu'il vous faut, quand vous même ne le savez pas; je vais réformer, même si vous ne le voulez pas ou que vous combattez les réformes que je propose. Et si vous vous opposez, c'est que vous êtes animés de "passions tristes", comme la peur ou la jalousie. On est quelque part entre le messianisme et le populisme. Et surtout, on est en pleine Ve République, plus gaulllienne encore que gaulliste. Churchill ironisait sur de Gaulle : "il se prend pour Jeanne d'Arc". Macron, lui, se prend pour plus encore : il se prend pour Macron. Et si on pouvait résumer tous ses discours en deux mots, ce serait : Moi je...

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mardi, 17 octobre 2017

Interdiction du voile "islamique" intégral : On votera. Nul. Forcément.

Disparition de la femme.jpg

Donc, l'initiative crypto-udéciste pour, formellement, l'interdiction de se cacher le visage dans l'espace public, et en motivation réelle pour l'interdiction des diverses formes de "voile islamique intégral" (d'où sa désignation désormais commune d'"initiative anti-burqa"), a abouti (grâce à un nombre exceptionnellement élevé de signatures en provenance de Suisse centrale...), a été déposée à la mi-septembre, et sera soumise au peuple, vraisemblablement en pleine campagne électorale pour les fédérales de 2019. Le Conseil des Etats avait déjà sèchement refusé une initiative parlementaire visant le même objectif, en estimant que ce n'était pas à la Confédération de légiférer sur un problème, relevant soit du symbolique (la burqa considérée comme un symbole, évidemment patent, de l'oppression des femmes ou, plus fantasmatique, de l'"islamisation de la société"), du maintien de l'ordre public, ce qui est de la compétence institutionnelle des cantons, voire des communes.

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vendredi, 13 octobre 2017

"L'initiative 99 %" de la Jeunesse Socialiste : Une question de justice

iniatiative99%.jpg

La Jeunesse socialiste a lancé le 4 octobre une initiative populaire fédérale pour "alléger les impôts sur les salaires, imposer équitablement le capital", dite "Initiative 99 %", proposant de taxer à 150 % la part des revenus excédentaires des plus fortunés des résidents suisses -ceux dont la fortune, précisément, pèse au total près de 500 milliards de francs. Le texte prévoit que les revenus du capital supérieurs à un montant défini par la loi seraient taxés à 150 %, les 100'000 premiers francs étant exonérés et les fonds de prévoyance n'étant pas concernés. Pour les initiants, il s'agit de justice : la richesse créée sans travail, mais grâce aux conditions créées par l'effort collectif, doit profiter à toutes et tous, au lieu que de bénéficier d'une fiscalité plus avantageuse que celle imposée aux salariés. Les ressources fiscales ainsi dégagées (estimées dans une fourchette de 5 à 10 milliards de francs) devraient servir à alléger la charge fiscale des petits et moyens revenus, à financer des prestations sociales, et pourraient également alléger le fardeau (pour les assurés modestes) des primes d'assurance-maladie. Lancée par la JS, l'initiative est soutenue par le PS (dont le président, Christian Levrat, fait partie du comité d'initiativew), les Verts et solidaritéS.

Des feuilles de signatures sont téléchargeables sur https://99pourcent.ch/

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mercredi, 11 octobre 2017

Catalogne : l'indépendance comme volonté

imagesQADXNQAW.jpg"Nous constituons la République catalane, Etat indépendant et souverain, de droit, démocratique et social" : La majorité du parlement catalan a adopté hier soir une déclaration d'indépendance, immédiatement suspendue par le chef du gouvernement catalan, Carles Puigdemont, pour laisser du temps au dialogue avec le gouvernement espagnol. Un appel auquel personne n'attend vraiment que Madrid réponde autrement que par un refus de dialoguer avec la Generalitat en tant qu'institution, et Puigdemont en tant que personne.  A Barcelone a ainsi été proclamé l'indépendance de la Catalogne non comme un état de fait, mais comme une volonté. A laquelle s'oppose (ou s'opposait, jusqu'à aujourd'hui) une autre volonté : celle du gouvernement espagnol, du parti au pouvoir, de ses alliés de droite et d'une partie du PS(OE) de s'arrimer à la constitution de 1974 comme Moïse à son décalogue, quitte à y puiser le fameux article 155 qui permettrait au pouvoir central de suspendre purement et simplement l'autonomie de la Catalogne. Et d'en revenir ainsi, au nom de la constitution de la "transition démocratique", à la situation qui prévalait sous le franquisme que cette constitution et cette transition voulaient dépasser. On a beaucoup ces derniers jours un "dialogue de sourds" entre Madrid et Barcelone, mais il n'y avait en fait qu'un seul sourd dans ce dialogue jusque là impossible. allô Madrid, ici Barcelone : on existe !

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lundi, 09 octobre 2017

Réforme des retraites : La gauche contre la gauche ?

age de la retraite.JPGLe 24 septembre dernier, Suissesses et Suisses ont refusé la réforme de leur système de retraite, telle que proposée par le Parlement. Le chef du groupe socialiste aux Chambres fédérales, Roger Nordmann, est furax contre la Jeunesse Socialiste et sa présidente, Tamara Funiciello : en menant campagne contre la réforme des retraites, que Nordmann (comme le parti suisse) soutenait, la JS et sa présidente, "idéologiquement aveuglée", auraient contribué de "façon significative" à l'échec du projet (à vrai dire, c'était le but...) et à une grande victoire pour le camp bourgeois (le PDC et les syndicats patronaux romands, qui soutenaient le projet, n'en feraient donc pas partie, du "camp bourgeois" ?)... Or les premiers sondages d'après-vote signalent plutôt une majorité de l'électorat de gauche en faveur du "non". Pour Nordmann, qui nous fait le coup du "c'est jeune et ça ne sait pas", la JS ne doit pas s'opposer au PSS "lorsqu'il s'agit de thèmes  aussi complexes que tous les jeunes ne comprennent pas au premier coup d'oeil". Contrairement à tous les vieux, qui comprennent tout au premier coup de glaucome et de sonotone et aux caciques du parti (et du syndicat) qui ont la science infuse, même que c'est bien pour ça qu'ils sont caciques ? Réponse de la bergère au berger : "Au lieu de vouloir jouer au papa de la Jeunesse Socialiste, Roger Nordmann ferait mieux d'utiliser son temps à du travail de contenu". Sur l'avenir d'un système de retraite fondé, comme l'AVS, sur la solidarité et la répartition, plutôt que sur l'épargne individuelle forcée et la capitalisation, par exemple ?

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vendredi, 06 octobre 2017

Apu RIE III, coucou PF17 !

bonneteau.jpgLe Conseil fédéral découvre les villes

Le Département fédéral des Finances et le Conseil fédéral découvrent les villes : ils avaient promis que les cantons et les villes seraient "étroitement associés aux travaux" de conception de la nouvelle mouture de réforme fédérale de l'imposition des entreprises, après le refus de la précédente (l'illustre RIE III). Une RIE IIIbis ? Non : superstitieuses, les zautorités fédérales ont débaptisé l'objet maudit, et lui donnent désormais le nom de "Projet fiscal 17". Sur lequel les villes donc seront consultées (mieux vaut tard que jamais), sur la base des propositions du Conseil fédéral et des cantons, présentées en juin et soumises à consultation jusqu'au 6 décembre. Rien de tel qu'une baffe référendaire pour revenir aux réalités : comme le proclamait la Municipale des Finances lausannoise Florence Germond (et son homologue genevoise, socialiste comme elle, Sandrine Salerno exprimait la même conviction) : "On a l'habitude de dire qu'on ne peut pas gagner une votation sans les cantons. Il faudra désormais ajouter : sans l'appui des villes". Le 12 février, cet appui avait manqué à la RIE III -et pour de bonnes raisons : le projet de réforme fédérale vidait les caisses des villes. Pour amadouer les cantons et leur faire soutenir le RIE III, la droite avait porté de 17 % à 21,2 % la part de l'impôt fédéral direct qui leur reviendra. Manoeuvre réussie : les cantons, contrairement aux grandes villes, ne s'opposaient plus à la réforme. En oubliant que la baisse des ressources fiscales fédérales aura forcément des répercussions négatives sur ceux des engagements financiers de la Confédération dont les cantons bénéficient (dans le domaine de la formation, ou de l'assurance-maladie, par exemple).

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jeudi, 05 octobre 2017

Révolutions et contre-révolution russes : Que commémore-t-on ?

Marx-Engels-Lénine-Staline.jpgIl y aura cent ans en novembre prochain, la Russie, entrée en révolution en mars, voyait une force révolutionnaire totalement minoritaire prendre le pouvoir sur les autres. "Il revient aux plus faibles devenus à leur tour les plus forts d'appliquer sans merci les rigueurs de la loi. Mais sitôt la première ivresse éteinte se font jour les sordides calculs du ressentiment, les visées ambitieuses, la surenchère partisane, tout moyen étant bon, les principes rejetés sans vergogne, pour défendre le terrain conquis et s'y ailler la meilleure part. Ainsi tombent les masques à la fin de la fête, qui découvrent l’écœurante nudité des visages" : ne croirait pas que Louis-René des Forêts écrive ainsi du parcours de la révolution russe (ou des révolutions russes, au pluriel : celle, avortée, de 1905, puis celles de février-mars et d'octobre-novembre 1917) ? En novembre, on commémorera la "révolution d'Octobre". Une révolution, vraiment, ou une contre-révolution ?

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jeudi, 28 septembre 2017

L'"Affaire Pagani" à Picrochole : Les exploiteurs et les réparateurs (fable genevoise)

Dahu.jpgIl y a un dommage politique incontestable au feuilleton navrant qui nourrit les pages de la presse genevoise (et circonvoisine) depuis des jours, et qui rappelle furieusement, à ceux pour qui ces picrocholineries disent encore quelques choses, les "affaires" du 25 rue du Stand ou, sur le mode plus dérisoire, des amendes à Dédé. Quelles qu'en furent les causes, l'annulation d'un scrutin (sur le budget municipal) à quatre jours de sa clôture prévue, est ce dommage politique considérable, fait à l'exercice concret, réel, par les habitants de la Ville de leurs droits politiques. Au moment où ce scrutin a été annulé, plus de 25'000 personnes avaient déjà voté. Dans les trois jours qui ont suivi, plusieurs milliers de personnes ont encore voté. Le dimanche matin, nous étions quelques uns devant quelques bureaux de vote à faire signer une initiative, et nous avons vu arriver des gens, l'enveloppe de vote municipal à la main. Ce sont ces dizaines de milliers de personnes privées du droit de se prononcer sur l'objet d'un vote, qui sont les victimes de l'"affaire" -pas les conseillers municipaux (de droite ou de gauche). Et face à ce dommage politique, il y avait au Conseil Municipal, hier soir, ceux qui voulaient l'exploiter et ceux qui voulaient le réparer. Nous fûmes de ceux-là.

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mercredi, 27 septembre 2017

Rajoy, Erdogan, même combat douteux

Capture.JPGQuand l'Etat éteint la Nation

A Genève, un rassemblement de protestation contre l'écrasement judiciaire, policier, financier et politique de l'expression démocratique en Catalogne est organisé ce soir, à 19 heures, place de la Fusterie. Il y a en effet urgence à dire notre condamnation des pratiques de l'Etat espagnol face à la décision de la Generalitat de Catalogne de consulter les habitantes et les habitants, catalans ou non, de la région autonome, sur le projet d'indépendance, dans un référendum que même les opposants à l'indépendance veulent, mais que le gouvernement de droite qui sévit à Madrid tente par tous les moyens (ou presque, mais le "presque" est fragile) de rendre impossible. Un déni de démocratie, dont le gouvernement espagnol partage le déshonneur avec les gouvernements turc, irakien, iranien et syrien face au référendum organisé par le gouvernement d'Erbil sur l'indépendance du Kurdistan irakien. Un référendum qui a donné une large majorité en faveur de l'indépendance. Rajoy, Erdogan, même combat douteux...

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mardi, 26 septembre 2017

Réforme des retraites : Un "non" ambigu mais prometteur

ermite.jpgA la trappe ou à la Trappe ?

La réforme du système de retraite a donc été refusée par le peuple. On appelait à ce refus, avec toute la gauche (et pas seulement l'"extrême-gauche") politique et syndicale genevoise, et on constate que même s'ils sont moins nombreux, et plus localisés, que les "non" de droite, les "non" de gauche ont fait la différence en s'y ajoutant . La gauche du "oui" y a vu une "alliance contre-nature" -mais elle-même faisait alliance avec le patronat romand. Le système suisse de retraites ne sera donc pas réformé. La victoire du "non", à la fois ambiguë et prometteuse, n'est ainsi ni vraiment une victoire de la gauche, ni totalement une victoire de la droite, mais une victoire du statu quo, une victoire défensive : l'âge de la retraite des femmes ne sera pas reporté, la TVA ne sera pas augmentée. Pour le reste, ce scrutin ne révèle rien, il confirme : aucune vraie réforme sociale n'est possible sans le soutien de toute la gauche, comme aucune vraie réforme fiscale n'est possible sans celui de toute la droite. Or sur la réforme des retraites, la gauche était divisée : le report de l'âge de la retraite des femmes aura fait la différence dans les urnes. Et Le vote d'hier affirme au moins une chose : toute "réforme" du système de retraite impliquant un report de l'âge de la retraite (des femmes, des hommes ou des deux) et un renforcement du 2e Pilier au détriment du 1er, passera à la trappe. Et ses auteurs à la Trappe. Avec voeu de silence. Et de méditation. Le temps pour la gauche (toute entière) de se rappeler que le parlement n'est pas l'alpha et l'omega de l'espace politique, et que ce qui en sort peut être combattu, même par un parti (le PS, en l’occurrence) qui en avait accouché comme d'un moindre mal.

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vendredi, 22 septembre 2017

Dulcis in fundo

Na!.JPGUne votation budgétaire annulée ? une autre s'annonce...

Le vote municipal sur le budget de la Ville de Genève a donc été annulé, trois jours avant le scrutin, par la Cour constitutionnelle cantonale, sur demande de la droite municipale, not'bon Maire ayant trouvé utile de tripatouiller la brochure officielle de présentation de l'enjeu pour en faire un tract de campagne contre les coupes budgétaires opérées par la droite coagulée dans le projet de budget du Conseil administratif. Résultat : au moins 25'0000 habitantes et habitants de la Ville auront voté pour des pruneaux du Jeûne.  La commune tient donc là un bel argument pour récupérer le prix Genferei, indûment capté cette année par le canton. Mais patience, le vote populaire sur le budget municipal n'est que partie remise : la nouvelle procédure budgétaire municipale à Genève finit toujours par un vote populaire, puisqu'elle commence toujours par un refus de la droite de faire son boulot. On n'aura pas pu voter sur le budget 2017 ? On se rattrapera sur le budget 2018... Dulcis in fundo : le meilleur est pour la fin...

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