Politique

  • On ne reporte pas, on confirme...

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    Bulletin de vote.jpgLe deuxième tour est second : il suit le premier pas à pas


    Comme ils l'avaient annoncé, le MCG et SolidaritéS ont déposé recours contre la décision du Conseil d'Etat de maintenir le deuxième tour de l'élection des Conseils administratifs le 5 avril. Et comme le temps presse, ils ont demandé que l'élection soit suspendue avant même que le recours soit examiné. On est jamais trop prudent. Les deux partis expliquent qu'il est impossible de mener campagne en temps de confinement, même relatif, et que les citoyennes et les citoyens sont en ces temps incapables de se former une opinion. Même s'ils se l'étaient déjà formée pour le premier tour et que les candidats du deuxième l'étaient déjà au premier ? même. Et que la campagne se fasse malgré tout, que les candidates et candidats s'expriment dans les media et sur les réseaux sociaux, que leurs tracts soient distribués dans les boîtes aux lettres, ça ne permet pas aux  citoyennes et aux citoyens de se forger une opinion ? ils en sont incapables par eux-mêmes, il faut qu'on leur explique et réexplique tout sur des stands ou au porte-à-porte ?  A quoi ça tient, quand même, la démocratie...

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  • La Démocratie, malgré tout...

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    masques grippe espagnole.jpgFallait-il maintenir le 5 avril deuxième tour des Municipales genevoises ?

    Le deuxième tour de l'élection des exécutifs municipaux genevois aura lieu malgré le COVID-19 : le Conseil d'Etat a en effet refusé les demandes de le repousser, dont celle de SolidaritéS ,qui ne s'intéresse gère qu'à l'élection de l'exécutif de la seule commune  de Genève. On était d'ailleurs surpris de la modération de la demande initiale : Solidarités auait pu carrément demander au Conseil d'Etat de déclarer son candidat au Conseil administratif de la Ville, Pierre Bayenet élu sans élection. Mais comme sa demande consistait aussi à "prolonger par arrêté le mandat des magistrats en place dans les communes où le deuxième tour doit se tenir", elle impliquait le maintien de Rémy Pagani à son poste jusqu'à nouvel ordre. Ce serait toujours ça de pris. Il a bon dos, le coronavirus. Etait-il même possible, légalement, constitutionnellement, de repousser la date de l'élection du CA, sachant qu'il doit obligatoirement entrer en fonction le 1er juin ?  SolidaritéS  a annoncé qu'elle fera recours contre la décision de maintenir la date du 5 avril pour le deuxième tour des Municipales genevoises -mais on voit mal pourquoi on devrait renoncer à cette date : rien n'empêche ni l'exercice du droit démocratique d'élire, ni l'exercice préalable du débat politique, ces exercices prendront simplement d'autres formes -il n'ont cessé de se réformer, depuis qu'ils se sont imposés. On a pu à Genève voter en temps de guerre. On pourra voter en temps d'épidémie (on a d'ailleurs voté à Schwytz, dimanche, pour les élections cantonales). On votera, par correspondance (il n'y aura pas de local de vote), comme 95 % des votants le font déjà en temps normal (c'est ce qui différencie l'élection municipale genevoise de la française, qui se fait au local de vote). Même dans son expression la plus normative et rituelle, le vote, la démocratie peut ne pas céder devant un virus...

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  • Coronamajorité

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    Conseil municipal.jpg

    Une nouvelle ère en Ville de Genève :

    Gauche : 53,07 % des suffrages, 44 sièges

    Droite : 46,93 % des suffrages, 36 sièges

    Pangolin : 68 % d'abstention, 123 lits


    Etranges élections municipales genevoises : pendant des mois, avant, pendant et après les élections fédérales, on avait vécu sous le signe de deux mobilisations sociales considérables -celle pour l'urgence climatique, celle pour les droits des femmes. On s'attendait à pouvoir continuer sur cette lancée, mais un coronavirus intempestif a brouillé les cartes. Il a même dissipé les derniers relents de la picrocholine "affaire des notes de frais".  La participation (32 % en Ville de Genève) est minable, mais elle n'est guère qu'à quelques points de celle de 2015, et plus de 100'000 électrices et électeurs ont usé dans le canton (40'000 en Ville) de leur droit d'élire. En temps de pandémie, on pouvait craindre une abstention plus massive encore.  On comptait pouvoir donner au Conseil municipal une majorité de gauche, c'est fait. La gauche progresse, mais la droite, si elle recule, ne s'effondre pas. Du moins perd-elle en Ville de Genève une majorité dont elle n'a jamais rien su faire d'utile, ni même d'intelligent.Voilà une bonne chose de faite -ne reste plus qu'à transformer l'essai au deuxième tour de l'élection du Conseil administratif -à quelque date qu'il se tienne.

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  • Municipales : participation faiblarde

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    local de vote.jpgAux urnes ! (avec ou sans masque)

    25 % de participation (au plan cantonal, et sans doute moins encore en Ville) mercredi soir pour les Municipales genevoises : c'est bien peu, même si c'est grosso modo au niveau des Municipales précédentes, celles de 2015... Et comme il est trop tard pour voter par correspondance, il ne vous reste que la solution de vous rendre dans votre local de vote dimanche matin, de 10 heures à midi. A l'ancienne. Avec ou sans masque : de toute façon, si vous êtes malade, vous devez rester chez vous, et si vous ne l'êtes pas, le masque ne vous protégera pas. Que vous ayez voté ou non, votre commune aura élu son Conseil municipal dimanche à midi. Et contrairement au vote blanc ou nul, l'abstention n'est pas une opposition, même pas une marque de défiance -seulement le choix, car c'en est un, de laisser choisir les autres. Subversive, l'abstention ? Si elle l'était, elle serait interdite et les abstentionnistes en seraient punis...

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  • A propos du "mouvement citoyen"

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    Bonnet phrygien.jpgInclure pour ne pas changer ?

    Depuis quelques années, la gauche politique emplit ses discours de la référence à la « citoyenneté », au « mouvement citoyen », aux « actions citoyennes ». Le qualificatif même mesure le mouvement : il ne s’agit pas de changer de société, mais d’inclure dans la société existante celles et ceux qu’elle a rejetés, comme si, admettant qu’il n’y ait plus de révolutionnaires, il fallait se contenter de revendiquer qu’il n’y ait plus que des citoyens. Le citoyen suppose la Cité, et le peuple l’Etat –ou la revendication de l’Etat. Le « mouvement citoyen » et le « mouvement populaire » ne sont donc pas des mouvements de contestation, mais des mouvements d’inclusion. Ils ne contestent pas l’ordre existant, et moins encore l’Etat qui en est le garant, mais l’affaiblissement de cet ordre et de son Etat. Brandissant le citoyen, le mouvement citoyen nie les classes. Brandissant le peuple, le mouvement populaire les dilue. Le « mouvement citoyen » est, par ses références autant que par celles et ceux qui pour l’essentiel le composent, un mouvement « petit bourgeois », issu des classes moyennes en déréliction, que cette déréliction panique et qui transforment en principes les moyens de défendre leurs acquis. Le mouvement « citoyen » est contre la mondialisation parce que la mondialisation menace les classes moyennes ; il n’est pas anticapitaliste, il rêve d’une sorte de restauration des capitalismes nationaux, de renaissance des bourgeoisies nationales, de résurgence des vieilles entreprises familiales.

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  • Les villes contre l'Etat ?

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    villes, communes"Vive la Commune"... mais pas n'importe laquelle ?

    Comme on  vous le serine régulièrement, notre slogan préféré depuis 1871, c'est "Vive la Commune !". Surtout à Genève, où les communes, instituées en 1798 par le régime français dans le même temps où la grande République avalait la parvulissime, sont bien loin d'être l'institution fondamentale de la démocratie que proclament maints discours de cantine. Mais le "Vive la Commune" de 1871, c'est "vive" celle de Paris... et notre "Vive la Commune" d'aujourd'hui, c'est surtout "vive" celle de Genève (certes instituée en 1798 par la France, mais supprimée en 1815 par les oligarques de l'ancienne République revenus au pouvoir dans les fourgons de la Saint-Alliance antifrançaise, et rétablie une génération plus tard par une révolution). Est-ce à dire que lorsque nous clamons "Vive la Commune", il faudrait le traduire par "Vive la Ville" ? Il y a de cela... à condition que la majuscule de "la Ville" (de Genève) laisse place à la minuscule des villes genevoises (elles sont une dizaine) et que l'on mesure bien ce qu'il peut y avoir de danger à n'avoir en tête que les "grandes villes" (ce que Genève n'est certes pas démographiquement, à l'aune européenne, et moins encore mondiale). Un article du dernier numéro du "Monde Diplomatique" (https://www.monde-diplomatique.fr/2020/03/BREVILLE/61548) nous met cette puce à l'oreille : grattons-nous donc là un peu (si l'Office fédéral de la Santé Publique nous y autorise, bien sûr).

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  • La gauche et les exonérations fiscales : Ethiques contradictoires

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    janus.jpgLa gauche et les exonérations fiscales : Ethiques contradictoires

    Le Conseil administratif de la Ville de Genève a donc  récemment donné au canton un préavis favorable à une exonération fiscale sur dix ans, au bénéfice d'une société (Komgo SA), créée par un consortium de banques et de sociétés actives dans le commerce des matières premières et dont les actionnaire vont de Shell à Paribas. Les deux magistrats socialistes ont soutenu ce préavis. Le Parti socialiste, municipal comme cantonal, a réaffirmé sa position, d'opposition à ce type d'exonérations fiscales, fussent-elles partielles et temporaires, surtout pour ce type d'entreprises. Les autres forces de gauche (les Verts, SolidaritéS, le Parti du Travail) ont défendu la même position. Et on se retrouve là, avec ces positions antagoniques prises par des magistrats et leur parti, dans une vieille contradiction : celle de l'éthique de vérité avec l'éthique de responsabilité. Sandrine Salerno  résume sa position (moins sa position politique personnelle que, sa position, son rôle, de magistrate municipale) ainsi : "Je dois appliquer la loi" -or un parti politique, non plus d'ailleurs qu'un Conseiller municipal, n'est pas tenu par une telle exigence, puisque n'étant ni l'un, ni l'autre, un agent de l'Etat. Ils peuvent donc dire "non" quand leurs magistrats disent "oui". L'auteur de ces lignes étant structurellement, pulsionnellement, oppositionnel, il choisira forcément l'éthique de vérité contre l'éthique de responsabilité. En étant cependant, en vieux lecteur (et praticien) du Droit à la Paresse, parfaitement conscient de ce que ce choix a de confortable. Et qu'il vaut mieux pour tout le monde qu'il puisse se draper fièrement dans la proclamation des fondamentaux du socialisme plutôt qu'avoir à gérer les finances de la capitale mondiale du monde mondial.

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  • Elections municipales genevoises : ébauche d'un bilan des sortants

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    Mairie.jpgPoursuivre, renforcer, radicaliser

    On sait bien qu'une élection ne se joue jamais principalement sur le bilan des personnes ou des équipes sortantes, mais il n'est tout de même pas inutile de tenter d'en établir un, en raison ou au prétexte des élections municipales genevoises. Si, en Ville de Genève, le bilan du Conseil municipal est pour le moins incertain (la droite élargie, aléatoirement majoritaire, a voté d’un front commun des coupes budgétaires, s’attaquant aux prestations publiques et à la qualité de vie, et multiplié pour le surplus les votes sur des propositions illégales, cassées par le Bailli cantonal), on pourrait, si le funeste George Marchais n'avait utilisé cette expression pour porter un jugement sur l'Union Soviétique, estimer "globalement positif" le bilan du Conseil administratif -quoi qu'il en soit des comportements individuels de certains de ses membres. Tout n'a certes pas été fait de ce qui pouvait être fait, et de ce qui a été fait, tout n'est évidemment ni parfait, ni définitif. Il convient donc de poursuivre et de renforcer les efforts engagés, et s'agissant de la justice sociale et de l'urgence climatique, de les radicaliser. C'est pour cela que la gauche a besoin d'une double, voire d'une triple majorité : au Conseil municipal (où la droite élargie du PDC au MCG a été majoritaire pendant cinq ans), au Conseil administratif (où la gauche est majoritaire, et doit le rester -pour le moins), et au sein du peuple (où les majorités changent selon les objets). La Municipalité de gauche n'a pas fait la révolution ? elle ne le pouvait guère -et de toute façon une vraie révolution ne vient pas des gouvernements, ne fussent-ils que municipaux... Mais de n'avoir pas constaté la révolution ne justifie pas la résignation à la réaction...

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  • Elections municipales : recette d'une proclamation électorale

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    Maire de Champignac.jpgMots obligés

    Vous avez sans doute vu nos affiches avec nos têtes, reçu dans vos boîtes aux lettres nos tracts, prospectus, dépliants électoraux, vous avez reçu votre enveloppe avec vos bulletins de vote et votre carte de vote, vu passer des bus et des trams à nos couleurs avec nos slogans. Vous l'aurez compris : y'a, incessamment sous peu, des zélections, auxquelles, pour peu que vous disposiez des droits politiques, vous êtes conviés à participer par vos votes forcément sélectifs, informés et rationnels. De vrais votes de vrais citoyens et de vraies citoyennes, quoi. Alors,  remettons la campagne électorale dans son bain rhétorique : il y a des choses qu'il faut dire. Qu'on ne peut pas ne pas dire. Aussi convient-il de vous dévoiler la recette incontournable de toute proclamation électorale conforme, sinon aux attentes des citoyennes et des citoyens, du moins au cadre obligé de cet exercice.

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  • Des tweets pulsionnels de Trump aux selfies branleurs de Griveaux

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    trou de serrure.jpgPolitique.0

    "Ce qu'on espérait ne jamais voir se produire en France est devenu bien réel", éditorialise "Le Monde" (qui ne dit cependant pas pourquoi diable ne pouvait-ce pas se produire en France) : un candidat majeur à une élection majeure a renoncé à sa candidature parce que son comportement sexuel privé a été rendu public. Ce n'est peut-être la première fois qu'en France, certainement pas aux Etats-Unis. Et même en France, ou ailleurs, ce n'est sans doute pas la dernière fois. Les outils de communication dont nous disposons désormais facilitent l'exercice, et en renforcent l'audience, et donc l'impact, mais ne l'inventent pas. Des tweets pulsionnels de Trump au selfie branleur de Griveaux, on est entré dans la politique point zéro. ça ne date pas d'hier (on se souvient d'un Conseiller national vert et maire de Baden qui avait dû démissionner, sur pression de son parti, après que le même genre de selfies que ceux de Griveaux aient été balancés sur les réseaux), mais ça se confirme, quand l'élément le plus déterminant d'une campagne électorale dans une grande capitale européenne est le zob d'un candidat qui n'avait plus guère de chance d'être élu. Et que son parti n'a pas mis trois jours pour remplacer par une ministre (Agnès Buzyn, ministre de la Santé) envoyée au front pour que le parti présidentiel fasse tout de même acte de présence dans la capitale sans plus pouvoir espérer l'emporter contre la maire socialiste, Anne Hidalgo. C'est entendu, l'"affaire Griveaux" est le degré zéro, en-dessous de zéro, même, du débat politique. Mais est-elle si excentrique qu'on fait mine de le croire ? 

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    Lien permanent Catégories : France, moeurs, Politique 7 commentaires
  • Vers le droit de vote et d'éligibilité des "étrangers"

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    urne.jpgVive le suffrage universel !

    Le 24 avril 2005, les Genevois et voises accordaient le droit de vote (mais pas d'éligibilité), d'initiative et de référendum municipaux, aux étrangers résidant en Suisse depuis au moins huit ans. Comme cinq autres cantons romands. Trois cantons alémaniques (les Rhodes intérieures d'Appenzell, les Grisons et Bâle-Ville) ont accordé à leurs communes le droit d'accorder le droit de vote à leurs habitants étrangers. Le Jura leur a en outre accordé le droit de vote cantonal, Vaud le droit d'éligibilité municipale. Genève est donc en retard (le Valais aussi, d'ailleurs) sur le reste de la Romandie, s'agissant des droits démocratiques. Un pas supplémentaire pourrait cependant être fait si le Grand Conseil d'abord, le peuple ensuite (du moins sa part adulte, de nationalité suisse et électoralement active), y consentent : le droit de vote et d'éligibilité des étrangers aux plans communal et cantonal. Une extension légitime et bienvenue à l'élection et au canton d'un droit encore contenu à celui de voter dans les communes. Une commission du Grand Conseil a en effet adopté en ce sens un projet de modification de la constitution : déposé par la députée d'"Ensemble àé Gauche" Jocelyne Haller, le projet a évidemment  été soutenu par les socialistes et les Verts, mais aussi par le PDC, le PLR rejoignant (c'est son tropisme, en ce moment) l'UDC et le MCG dans un refus obsidional de quelque droit politique que ce soit aux métèques. Dont on rappellera qu'ils constituent plus de 40 % de la population du canton, ce qui fait de Genève de tous les cantons suisses celui qui prive encore la plus grande part de sa population des droits politiques fondamentaux de voter, d'élire et de siéger.

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  • Le "cas Trump" : insubmersible ?

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    Trump, usaYellow madsubmarine

    Il y a un "cas Trump" : on se dit que ce type infantile, inculte, égocentrique (un "enfant-président dangereusement instable", selon un militant démocrate de l'Iowa, cité par "Le Monde") n'a pu arriver que par hasard, inadvertance ou tricherie à la tête de l'encore première puissance mondiale... mais non : il y a été élu régulièrement, certes dans le cadre d'un système  archaïque qui permet à quelqu'un qui a obtenu moins de suffrages populaires que son adversaire de l'emporter -mais c'est le jeu légal, son adversaire y jouait aussi, et c'est Trump qui y a gagné. Après l'avoir vu à l'oeuvre pendant quatre ans, on se dit alors que les Américains vont évidemment sonner la fin de la récréation et le renvoyer là d'où il est venu... mais non, il est plutôt bien parti pour être réélu. Il peut dire n'importe quoi, faire n'importe quoi, soutenir n'importe qui, trahir les alliés des Etats-Unis (les Kurdes, par exemple), renforcer les régimes qu'il prétend vouloir affaiblir (celui de la Corée du Nord, par exemple), sa base électorale ne bouge pas, et son parti non plus : le 5 février, le Sénat, à majorité républicaine, l'a acquitté des chefs d'accusation (abus de pouvoir, entrave à la bonne marche du Congrès) que la Chambre des représentants, à majorité démocrate, lui avaient collés sur le râble en lançant maladroitement une procédure de destitution qui n'avait aucune chance d'aboutir, du fait même de la caporalisation du parti du président par le président, et quelle que soit la véracité des accusations portées contre lui -notamment de celle, confirmée par de nombreux témoignages (que le Sénat n'a pas voulu entendre) sur le marché proposé par Trump à son homologue ukrainien : une aide militaire en échange d'enquêtes visant le fils de l'un de ses possibles adversaires à l'élection présidentielle, Joe Biden. Aujourd'hui (mais on ne sait rien de demain, puisqu'on ne connaît pas encore son adversaire), Trump apparaît encore presque insubmersible. Un comble, pour ce gros yellow madsubmarine...

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  • Urgences sociale et climatique contre lenteurs démocratiques

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    temps.jpg

    Laisser trop de temps au temps ?

    L'urgence politique, quelle qu'elle soit, se heurte à la lenteur des processus institutionnels en démocratie. Il faut être en Chine pour pouvoir construire un hôpital de 2000 places en dix jours. L'urgence climatique et l'urgence sociale (qu'un projet écosocialiste veut relever ensemble) sont ainsi confrontées chez nous aux délais imposés par les lois et les constitutions, par les rapports de force politique et les possibilités de recours judiciaires, par les droits démocratiques eux-mêmes. Il faudrait, pour répondre à l'urgence climatique, prendre aujourd'hui des mesures radicales contre la consommation d'énergies fossiles, le relâchement de CO2 dans l'atmosphère, l'extraction de ressources minières -mais il faut des années à la plus prudente des lois ne faisant que s'engager dans cette voie  pour faire le parcours de sa proposition à sa réalisation. Et si l'on veut des exemples plus bitume à bitume et plus locaux, on n'en manque pas.  L'urgence sociale souffre de la même contradiction avec le rythme institutionnel : il faudrait aujourd'hui instaurer un revenu minimum,  mais pour l'instaurer, il faut modifier la constitution, puis élaborer des lois d'application de cette modification, passer l'étape des recours et du référendum... comptez des années, si ce n'est plus -il aura fallu trente ans pour instaurer l'AVS. Il faut "laisser du temps au temps", susurrait  Mitterrand. Sans doute, mais il est des urgences qui commanderaient de n'en point trop perdre -sauf à renoncer à y répondre.

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  • Post-Brexit : les Celtes font de la résistance

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    Braveheart.jpg

    Saorsa beò fada !

    Depuis le 1er février, le Royaume-Uni est hors de l'Union Européenne. Mais le drapeau européen flotte toujours devant le parlement écossais,qui a renouvelé sa demande au gouvernement britannique de pouvoir organiser un référendum sur l'indépendance de l'Ecosse. Une demande que le Brexit rend, pour la première ministre écossaise Nicola Sturgeon et pour son parti, le SNP (parti national écossais), encore plus légitime qu'il ne serait au seul nom du droit des peuples (ou des nations) à l'autodétermination : "ce qui arrive se passe contre notre gré" : l'Ecosse en effet avait voté à 62 % pour rester dans l'Union Européenne, et ne la quitte que parce qu'elle y est contrainte par le fait qu'elle est "unie" à l'Angleterre (et au Pays de Galles et à l'Irlande du Nord) dans un "Royaume-Uni" en l’occurrence  plutôt désuni (l'Irlande du Nord aussi a voté pour rester dans l'Union Européenne, et si une majorité s'est dessinée au Pays de Galles pour la quitter, c'est grâce ou à cause du vote des Anglais qui y sont établis). Dès lors, pour revenir dans l'Union Européenne, l'Ecosse doit forcément quitter le Royaume-Uni pour (re)devenir indépendante, comme l'Irlande du Nord doit le quitter pour se réunifier avec la République d'Irlande.  Les Celtes font de la résistance aux anglo-saxons ? c'est arthurien...

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    Lien permanent Catégories : Europe, Politique 2 commentaires
  • Deux fois deux candidatures à la présidence du PS suisse

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    mots socialistes.jpgLes sociaux et les sociétaux ?

    A trois semaines de la date limite pour déposer les candidatures à la présidence du Parti socialiste suisse pour succéder à Christian Levrat, deux duos paritaires se présentent à sa co-présidence : Mattea Meyer et Cedric Wermuth, Priska Seiler Graf et Mathias Reynard. Toutes et tous siègent au Conseil national.
    Pour Carlo Sommaruga, "Mathias incerne l'énergie du renouveau en Suisse romande". La présidente du PS vaudois soutient également la paire "complémentaire et combattive" Seiler Graf-Reynard. Un duo qui considère que "l'enjeu majeur pour les socialistes n'est pas de réinventer leur programme ni de changer leurs principes". Au fond, tous critères d'images oubliés, la paire Meyer-Wermuth ne dit pas autre chose, si elle le dit différemment : "il faut un renouveau à gauche pour un projet d'avenir. Pour une idée progressiste qui crée à nouveau de l'espoir" (avouons qu'on ne s'attendait pas à ce qu'une candidate et un candidat à la présidence du principal parti de la gauche suisse, deuxième parti national, se présentent comme porteurs d'un "immobilisme à droite pour un projet  réactionnaire qui crée de la désespérance"). Cette mise en concurrence de deux "tickets" révèle-t-elle un conflit de ligne ? Pas vraiment. Peut-être le duo alémanique a-t-il un profil, une image, "plus à gauche" (les deux sont issus de la JS -mais Reynard aussi), cependant il ne s'agit sans doute là que d'une image, et Reynard. lui aussi profilé sur la gauche du parti, se dit "très proche des positions de Mattea Meyer et Cedric Wermuth". On n'a donc pas affaire à un combat gauche-droite au sein du PS.

    Dans l'annonce de leur candidature, Priska Seiler Graf et Mathias Reynard écrivent que "le PS a une pensée unie, mais pas unique" : c'est joliment dit, mais à lire ce que les media ont publié des intentions des deux binômes. on croit tout de même distinguer des accents mis sur des priorités stratégiques différentes, mais pas exclusives les unes des autres (on parle de priorités, pas d'obsessions) : sociétales pour le "ticket" Meyer-Wemuth, sociales pour Seiler-Graf Reynard.

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  • 10 % de logements d'utilité publique, c'est "démesuré" ?

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    bandeau logement.jpg

    Le satanique droit au logement

    Le  9 février, on vote dans toute la Suisse  sur l'initiative de l'Asloca pour "davantage de logements abordables". L'initiative propose d'accorder dans toute la Suisse, aux cantons et aux communes, un droit de préemption qui est déjà en vigueur à Genève et dans le canton de Vaud : pouvoir acquérir des terrains auprès de privés ou de la Confédération et de ses entreprises (comme les CFF). Et elle pose un minimum de 10 % de logements d'utilité publique (en moyenne nationale) dans les nouvelles construction, de manière à soulager les villes-centre. Un pourcentage que le PDC Vincent Maître trouve "démesuré". Il doit être bien logé, le PDC Vincent Maître. Ou alors, il est logeur : "La Suisse est un pays de locataires... doté d'un parlement de bailleurs", résume la Conseillère aux Etats socialiste tessinoise Marina Carobbio. D'un parlement et d'un gouvernement : il existe "suffisamment de logements de qualité à des prix abordables", écrit le Conseil fédéral dans la brochure de votation. On ne doute pas qu'il existe suffisamment de logements à des prix abordables pour un Conseiller fédéral et une Conseillère fédérale, mais ce Conseiller fédéral et cette Conseillère fédérale pourraient au moins faire semblant d'avoir conscience de la difficulté pour une personne, un ménage, une famille à bas revenu d'en trouver un, de "logement à un prix abordable" (ce que sont, par définition, les logements d'utilité publique)... Quant aux coopératives d'habitation que l'initiative évoque  comme une moyen de faire échapper le logement à la dictature du marché, de la spéculation et du profit, sans doute le sont-elles -mais il ne faut pas non plus oublier qu'y accéder nécessite l'achat de parts hors de portée des plus démunis. En réalité sociale, les coopératives s'adressent précisément à cette fameuse "classe moyenne" dont l'invocation rituelle (surtout en période électorale) tient du moulin à prière tibétain, ici recyclé en goupillon d'exorcisme contre le satanique droit au logement.

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    Lien permanent Catégories : Logement, Politique, Suisse, votations 3 commentaires
  • Conseil municipal de la Ville de Genève : D'une majorité à l'autre...

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    balayeuse.jpg

    Ides de mars

    La majorité du Conseil municipal de la Ville de Genève a refusé hier soir, avec obstination, les propositions de la gauche pour concrétiser la transition écologique (rénover les bâtiments, renforcer la mobilité douce, protéger les sols, replanter des arbres, favoriser des projets innovants par le fonds G’innove, etc.), et tout aussi systématiquement les propositions socialistes destinées à rendre plus transparents le financement des groupes politiques et la rétribution des élus au Conseil municipal, renforcer l'efficacité du fonctionnement même de cet illustre parlement et rationaliser l'octroi d'une aide sociale et le règlement des piscines... Et pourquoi diable cette majorité a-t-elle refusé des propositions qui relèvent pour les unes de l'urgence, pour d'autres de la logique, pour d'autres encore de l'urgence et de la logique ? La réponse est simple : parce que cette majorité est de droite (elle va du PDC au MCG en passant par l'UDC et le PLR). La nécessité d'une majorité de gauche ? Cette droite hétéroclite, distendue, incohérente, devrait à elle seule vous en convaincre...

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  • Politique de la santé et de l'assurance-maladie : Quand est-ce qu'on change ?

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    lobotomie.jpg"Révolution au parlement" titrait "Le Temps" de samedi... quelle "révolution" nous avait donc échappé ? la réduction du nombre de représentants des groupes de pression du secteur de la santé, à commencer par celui des caisses-maladie, dans les deux commissions de la santé du Conseil National et du Conseil des Etats... "Révolution", c'est donc beaucoup dire pour une réduction des risques de conflits d'intérêt, grâce au renoncement des partis de droiteà présenter ou à représenter des hommes (ou des femmes)-liges des caisses maladioe ou des associations professionnelle des médecins. Un renoncement facilité par les échecs électoraux du PLR et de l'UDC : le président de l'association faîtière des caisses-maladie ("Santésuisse"), l'udéciste Heinz Brand, n'a en effet pas été réélu dans les Grisons. Des cinq udécistes liés aux caisses-maladie qui siégeaient dans la commission du Conseil national sortant, il n'en reste plus qu'un. Ce petit nettoyage d'hiver, cette perte de pouvoir direct des caisses-maladie (qui gardent un pouvoir indirect considérable), et le renforcement de la présence des représentants des prestataires de soins, notamment des hôpitaux, annonce-t-il un changement plus ambitieux de politique de la santé et de la protection sociale contre la maladie ? On se gardera bien de l'annoncer -on se contentera de l'espérer, sans grande illusion : la majorité du parlement est toujours à droite, celle du gouvernement aussi, le ministre de la santé est toujours ligoté par le cadre "libéral" du système d'assurance-maladie... et même les propositions de réformes avancées par la gauche se gardent de remettre fondamentalement en cause ce cadre...

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  • Avions de combat : NON à un chèque en blanc

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    avion de combat 001.jpgLe jeu de l'avion lasse

    Le Parti socialiste, les Verts et le Groupe pour une suisse sans armée, soutenus par Greenpace et d'autres organisations,  ont lancé mercredi le référendum contre l'achat dispendieux de nouveaux avions de combat dont on ne connaît même pas le type, seulement le coût : six milliards, à multiplier par quatre pour tenir compte de la maintenance, de l'exploitation, des accidents possibles et des mises à niveau inévitables... Ce jeu de l'avion, dont le dernier épisode fut le rejet de la proposition d'achat de Gripen suédois pour un coût moitié moins élevé que la proposition actuelle, et qui a débuté en 1964 avec l'"Affaire des Mirage", commence à lasser sérieusement.  Nous avons cent jours (pas de ceux qui ne mène qu'à Waterloo) pour récolter 50'000 signatures valables, pour provoquer un vote populaire qui pourrait avoir lieu le 27 septembre. Commençons donc dès maintenant à signer et faire signer le référendum : on peut télécharger le formulaire de signatures sur https://www.fichier-pdf.fr/2020/01/09/referendum-avions-de-combat/

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  • Un vote d'utilité publique

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    Soutenir l'initiative "Davantage de logements abordables"

    L'initiative populaire fédérale de l'Asloca pour "davantage de logements abordables", déposée  avec 125'000 signatures récoltées en un an., sera soumise au vote du peuple et des cantons le 9 février. Elle veut encourager la construction de logements à loyers modérés, en fixant un minimum de 10 % de logements d'utilité publique dans les logements nouvellement construits (soit une proportion double de l'actuelle, qu'aucune disposition légale ou constitutionnelle n'impose), par des maîtres d'ouvrages (collectivités publiques, coopératives) œuvrant précisément à la construction de logements d'utilité publique.  Ces 10 % représentent une proportion tout à fait atteignable : à Zurich, par exemple, l'objectif de la Ville est de 33 % de logements d'utilité publique sur son territoire. L'initiative propose aussi un droit de préemption des cantons et des communes, c'est-à-dire la possibilité pour elles d'acheter en priorité des terrains ou des immeubles mis en vente pour y construire, ou les affecter, à du logement "social", c'est-à-dire aux logements qui échappent à la spéculation, dont les loyers ne sont pas soumis à la loi du rendement maximum et à celle du profit à court terme. Le parlement fédéral et le gouvernement combattent (évidemment) l'initiative, mais selon un sondage Tamedia d'avant Noël, 63 % des Suissesses et des Suisses pourraient la soutenir . Une proportion encourageante, mais qu'il s'agit de maintenir jusqu'au moment du vote, face à une droite qui se met en ordre de bataille contre l'initiative.

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    Lien permanent Catégories : Logement, Politique, Suisse, votations 2 commentaires