vendredi, 05 mai 2017

A propos de la mondialisation et de ses faux ennemis

internationalisme.jpgL'alternative ? L'internationalisme !

L'élection présidentielle française se jouera-t-elle dimanche sur l'affrontement théâtral des partisans d'une "mondialisation" peinte en rose et des faux ennemis réactionnaires de la mondialisation réelle (dont la France est un acteur considérable depuis les premiers temps du colonialisme ? "J'ai entendu pendant toute la campagne (...) l'incompréhension sur la mondialisation. Je vais la prendre en compte" assure Emmanuel Macron. Merci, Sire, mais il faudrait peut-être commencer à s'entendre sur le concept mème de "mondialisation", devenue une sorte de totem, de tabou ou de monstre, quand elle n’est rien d’autre que l’extension à l’ensemble de la planète d’activités, de normes et de processus de décisions auparavant limités à un espace géographique et social : le "monde occidental développé". En tant que telle, la mondialisation est à la fois un projet et un processus. Comme processus, elle est dans la logique du capitalisme, et comme projet, elle est constitutive de la capacité du capitalisme à s’imposer aux formes anciennes de rapporte de production, en levant les obstacles nationaux à la circulation du capital. La mondialisation est la condition même de la pérennité du capitalisme, et de sa maîtrise du politique : une poignée de financiers peuvent, en quelques clics, transférer des fonds en telle masse qu’ils sont en mesure de décider des politiques économiques et sociales des Etats. Mais il y a dans l’usage même du terme de « mondialisation » pour désigner la forme actuelle du capitalisme quelque chose qui relève d’un détournement de sens : la mondialisation devrait viser à l’unité (non à l’unicité) de l’humanité et à l’ouverture de tous sur tous, vieil horizon socialiste, alors que la mondialisation capitaliste ne vise qu’à la mainmise de quelques-uns sur tout et sur tous. Dès lors, s'étant entendus sur le sens du concept de "mondialisation", on peut essayer de s'entendre sur ce qui peut en être l'alternative, et qui est aussi une mondialisation -la nôtre : l'internationalisme.

 

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mardi, 18 avril 2017

L'Enchaînement au Sérail

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Erdogan, à l'arraché

Comment gagner (à l'arraché) un référendum, comme l'a fait dimanche, à 51 % des suffrages, le président turc Erdogan et son parti, l'AKP ? En faisant taire l'opposition. En muselant les media. En se présentant soi-même comme le seul recours contre le chaos, le terrorisme, l'ennemi étranger et l'ennemi intérieur. En invoquant Dieu et la menace de l'enfer ("Ne mettez pas en danger votre vie après la mort" en votant "non", prêchait Erdogan dix jours avant le vote) Et pour plus de sécurité, en tripatouillant les conditions de vote pour permettre de comptabiliser des bulletins non validés. Et peut-être en fraudant (les observateurs du Conseil de l'Europe -dont la Turquie est encore membre- le soupçonnent, et des centaines d'irrégularités sont dénoncées par les ONG et les partis d'opposition). Dans ces conditions, que l'opposition à Erdogan et à son projet de révision constitutionnelle ait pu obtenir 49 % des suffrages et faire douter du succès du Sultan tient de la performance. Cette opposition était pourtant divisée : on y retrouvait les kémalistes sociaux-démocrates, des islamistes, les organisations kurdes, les alévis, la gauche révolutionnaire, une grande partie de l'extrême-droite et les syndicats, chaque force faisant campagne séparément et contradictoirement des autres, mais dans la même extrême difficulté de se faire entendre sous la chape de plomb de la censure. Erdogan voulait que le 16 avril 2017 "efface le 15 juillet" 2016, le coup d'Etat manqué tenté contre lui par une partie de l'armée. En réalité, sa victoire, contestable et qui sera contestée par l'opposition social-démocrate et kurde, n'efface pas le coup d'Etat manqué mais parachève le coup d'Etat réussi qui a suivi -le coup d'Etat d'Erdogan lui-même.

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lundi, 10 avril 2017

Trump, Bachar, Poutine, le gaz et les missiles

Partant pour la Syrie.jpgBombarder comme on tweete ?

59 missiles Tomahawak ont été tirés par les Américains dans la nuit de jeudi à vendredi dernier sur la base militaire syrienne de Shayrat, pour punir le régime de Damas d'avoir utilisé le 4 avril l'arme chimique pour massacrer des civils dans le village de Khan Cheikhoun tenu par l'opposition armée. Quel était le message des missiles ? Qu'on peut massacrer des civils si on ne les massacre pas avec des armes chimiques ? Qu'après six ans de guerre en Syrie, 400'000 morts et plusieurs millions de déplacés, en Syrie même, dans les pays voisins, dans toute l'Europe et jusqu'en Amérique et en Australie, Trump a découvert la réalité du conflit et du régime en place à Damas, au moment où ce régime, soutenu par la Russie et l'Iran, est en passe de triompher de ses adversaires ? Certes, mieux vaut tard que jamais (en août 2013, les Etats-Unis avaient refusé d'intervenir contre le régime syrien, ce que la France leur proposait de faire), mais on s'autorisera à nourrir quelques doutes sur les motivations réelles de l'intervention américaine. Et surtout, sur ce qui la suivra, si la suit un engagement durable, un plan, une politique, quelque chose de plus qu'une réaction immédiate sans perspective et sans analyse. Un bombardement décidé comme on balance un tweet. Damas, Moscou et Téhéran ont plus de suite dans les idées.

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14:58 Publié dans Droits de l'Homme, Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : syrie, trump, assad, usa | |  Facebook | | | |

lundi, 21 novembre 2016

Election de Trump : "révolution conservatrice" ou arnaque politique du siècle ?

langue de bois.jpgDonald Trump sera donc élu président des Etats-Unis, mais contre la majorité du peuple votant. Avec un million de suffrages en moins que son adversaire démocrate. Si les citoyennes et citoyens des Etats-Unis d'Amérique élisaient leur présidence au suffrage universel direct. c'est une présidente qu'ils auraient élue. Ils ne s'en retrouveront pas moins avec Trump. Beautés des élections indirectes... Cela dit, comme le relevait Daniel Warner dans "Migros Magazine" (on a de bonnes lectures), "Il y a toujours une grande différence entre un candidat et un gagnant. Pendant la campagne, les candidats doivent répondre aux caprices du public. Une fois en poste, ils deviennent plus réalistes". La paradoxale (si paradoxale qu'elle est impssible) "révolution conservatrice" que l'élection probable de Trump annoncerait (comme d'ailleurs, à sa manière, le succès de François Fillon aux "primaires" de la droite française, hier) pourrait bien être surtout l'arnaque du siècle. Il est vrai que si la carrière de Trump laisse placer un gros doute sur ses compétences de chef d'Etat, elle n'y laisse en revanche aucune place s'agissant de ses talents d'aigrefin.

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lundi, 14 novembre 2016

L'Appel de Genève, ou le renouveau du droit international humanitaire

Sortir des tranchées battues

La plupart des conflits armés d'aujourd'hui impliquent des groupes armés autres que les forces militaires ou policières des Etats : ces "groupes armés non-étatiques" (dont certains sont toutefois liés à des Etats ou à des gouvernements, ou à des forces politiques gouvernementales, qui ne reconnaissent pas ce lien). Or ces acteurs non étatiques ne sont parties d'aucun traité international : le droit international, y compris le droit international humanitaire, est un droit des Etats, et les règles qu'il pose, ce sont les Etats qui les ont posées, sont supposés les respecter et peuvent être sanctionnés s'ils ne les respectent pas -à condition, bien entendu, qu'ils ne soient pas trop puissants pour être sanctionnés.  Les groupes armés peuvent-ils être tenus pour irresponsables de leurs actes, et libres de tout engagement international ? Ce n'est pas l'avis de l'Appel de Genève, qui s'est précisément créé, sortant des tranchées battues, pour que ces groupes admettent avoir à respecter des règles dont on exige le respect par les Etats -y compris les Etats qu'ils combattent. Car si la guerre n'est plus ce qu'elle était, ses conséquences et ses victimes sont toujours les mêmes : les civils, en général, et tout particulièrement les enfants et les femmes. Victimes des forces militaires et policières gouvernementales, mais aussi des groupes armés non étatiques. Reconnu par l'ONU pour son travail, l'Appel de Genève l'a également été par la Ville de Genève, et, tout récemment, par la Fondation pour Genève, qui accordé son prix 2016 à la Fondatrice de l'Appel, Elisabeth Decrey-Warner.

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22:50 Publié dans Droits de l'Homme, Genève, Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : appel de genève, geneva call, elisabeth decrey-warner | |  Facebook | | | |

mercredi, 21 septembre 2016

Après nous, le déluge ?

nord-sud2.jpgMon confort, ma planète

De tous les textes soumis au vote populaire dimanche prochain, l'initiative des Verts pour une "économie verte" est sans conteste le plus ambitieux. Mais ce n'est pourtant pas lui qui fait le plus débat : l'initiative syndicale "AVS+", sa défense, sa contestation, prend plus de place dans les media, suscite une controverse plus mobilisatrice. Il est vrai qu'elle repose sur une perception plus aigüe de l'urgence sociale -mais un débat largement relayé n'est pas forcément voué à en éclipser un autre, ni une urgence sociale à reléguer une urgence environnementale. Comme toute la gauche, nous soutenons les deux initiatives en lice : celle pour une assurance vieillesse qui respecte le mandat constitutionnel d'assurer un revenu suffisant pour vivre dignement sans aide sociale, et celle pour une économie qui ne salope et ne bousille pas l'environnement planétaire sur lequel, forcément, elle repose puisqu il n'y a pas d'autre à sa disposition -et à la nôtre. Face à cette initiative-là, celle des Verts, le discours des tenants du statu quo (plus ou moins fardé de bonnes intentions) est simple : on fait déjà tout ce qu'on peut, l'initiative menace notre confort, elle est donc à refuser. Parce que notre confort passe avant notre planète. Après nous (nos consommations, nos modes de vie, nos privilèges), le déluge. Pour les autres. Les pauvres, et les générations futures.

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15:33 Publié dans Développement durable, Environnement, Monde, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : economie verte, écologie | |  Facebook | | | |

mardi, 05 avril 2016

"Panama Papers" : Quai des Brumes Offshore

Quai des Brumes2.jpgAu bout du Quai des Brumes de Carné et Prévert, il y a un rade minable où viennent s'échouer solitaires et paumés : un déserteur que suit un chien perdu, un peintre maudit qui malgré lui peint toujours les choses qui sont derrière les choses, une orpheline autour de qui rôdent quelques malfaisants. Ce rade, c'est celui de "Panama". Un rescapé d'on ne sait trop quoi, et de quelques fièvres reçues des bords du canal. Dans les pages de nos quotidiens, depuis hier, et pendant plusieurs jours encore, il y a un rapport sur 11 millions et demi de documents qui comme le peintre maudit, dépeignent les choses qui sont derrière les choses. Le fric qui est derrière les sociétés "offshore" et les potentats qui sont derrière ce fric. Et la Suisse, et Genève, qui sont au coeur de ce système. Dans le rade de "Panama", venaient s'échouer solitaires et paumés. Dans les "Panama Papers", on trouve des puissants, des célèbres, des bourrés de pognon, laissant les autres, les modestes, ceux qui ne peuvent se payer ni société "offshore" ni avocats d'affaire, payer à leur place les impôts auxquels ils échappent. Le "Quai des Brumes" pouvait faire pleurer. Les "Panama Papers" font vomir.

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15:19 Publié dans Economie, Fiscalité, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blanchiment, évasion fiscale, panama, paname papers | |  Facebook | | | |

mercredi, 23 mars 2016

Bruxelles : "Ni rire, ni pleurer, mais comprendre" ? Il en a de bonnes, Spinoza

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Ce fut, par Daech ou la Qaeda, la France, la Grande-Bretagne, l'Espagne, les Etats-Unis, la Russie, le Mali, le Burkina Faso et bien d'autres. C'est la Belgique. Rien ne dit que ce ne sera pas un jour la Suisse. Parce que rien n'est plus facile à commettre qu'un attentat du genre de ceux commis hier à Bruxelles : on a besoin d'explosif, de kalach', et d'un ou plusieurs abrutis prêts à se faire sauter en tuant, mutilant, blessant un maximum de personnes, sans distinction entre elles. Et tout cela se trouve sans grand effort. Et on se retrouve devant nos télés ou nos ordinateurs à contempler les images d'un carnage : ce n'est pas encore nous qu'on a visé, ce n'est pas encore chez nous qu'on a tué.

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14:04 Publié dans Monde, terrorisme | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

mercredi, 27 janvier 2016

Lutter contre la spéculation sur les denrées alimentaires : Première nécessité oblige

Dans le menu de goinfres qui nous est proposé pour les votations fédérales, cantonales, municipales du 28 février prochain (14 objets à Genève, par exemple : on vous laisse calculer vous-mêmes le nombre de combinaisons possibles à partir des trois mots d'ordre possible pour chacun d'entre eux -oui, non, blanc...), il y en a un qu'on aurait tort d'oublier : l'initiative socialiste (plus précisément : de la Jeunesse Socialiste) contre la spéculation sur les denrées alimentaires. Elle propose l'interdiction à tout agent financier privé ou public d'investir sur le marché des matières premières et des denrées agricoles et mandate la Confédération pour qu'elle s'engage à lutter contre une spéculation sur des biens qui, plus que tout autres, méritent d'être qualifiés de bien de "première nécessité" (celle de la survie).

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13:57 Publié dans Commerce, Développement durable, Monde, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : alimentation, spéculation, js | |  Facebook | | | |

mercredi, 20 janvier 2016

62 divinités, 4 milliards de pouilleux

WEF, DavosDavos, terre de contrastes

Demain s'ouvre à Davos le rituel raout des "grands de ce monde", le Forum économique mondial (WEF pour les intimes) : gouvernants, patrons de multinationales, stars diverses et variées, sous l'oeil des media et la surveillance des hélicos. C'est le moment choisi par l'ONG Oxfam pour résumer en quelques chiffres éloquents, sinon l'état du monde, du moins l'état des inégalités dans le monde. Ce chiffre, parmi d'autre, résume le constat : 62 personnes (les plus riches de la planète) possèdent autant que trois milliards et demi d'autres (les moins riches et les plus pauvres). On ne sait si l'une ou l'autre de ces 62 divinités daignera poser ses pattes et montrer son mufle à Davos. En revanche, on peut être sûrs qu'aucun des 4 milliards de pouilleux n'y sera -même si, comme chaque année, des militantes et des militants tenteront de faire entendre leurs voix, et de dire leurs droits.

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16:22 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : wef, davos | |  Facebook | | | |

lundi, 16 novembre 2015

PARIS, 13 novembre 2015 : "NI RIRE NI PLEURER, MAIS COMPRENDRE"

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Vendredi, nous nous sommes retrouvés dans la situation qui fut déjà la nôtre lors d'un certain 11 septembre, puis en janvier dernier, lors du carnage de "Charlie Hebdo" : celle du voyeur, du spectateur de l'horreur, et dans cette autre situation déjà vécue d'entendre, de sur-entendre, de réentendre, sur toutes les chaînes de télé et de radio, les mêmes "commentaires", souvent par les mêmes "commentateurs" meublant le temps entre les images en scandant le spectacle de l'épouvante par l'exorcisme du monstre tapi dans l'ombre syrienne, irakienne... ou banlieusarde. Chacun est aujourd'hui sommé de dire quelque chose, même si cela a déjà été dit cinquante fois; chaque acteur politique ou social, si modeste soit-il, est tenu  de réagir, même si sa réaction est sans autre contenu que toutes les réactions qui l'ont précédée. Et celui qui ne dit rien, parce qu'il n'a rien de neuf à dire, parce qu'il préfère se taire plutôt que dire n'importe quoi, ou qu'il n'est pas certain que ce qu'il a à dire ait quelque intérêt, sera suspect d'indifférence, voire de pactiser avec les terroristes. Disons donc ce que nous croyons avoir à dire, en tentant, comme nous y invite Spinoza, de ne "ni rire ni pleurer mais comprendre". Et d'abord, comprendre à qui, et à quoi, nous avons affaire.

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mercredi, 14 octobre 2015

Migration mondiale et illusions nationales : Une Suisse exorbitée ?

La "question de l'asile" et la panique, réelle ou feinte (ou, pour le dire autrement, pathologique ou calculatrice) face à la "plus grande vague migratoire en Europe depuis la Deuxième Guerre Mondiale") ne pouvait pas ne pas s'inviter dans la campagne électorale : selon le "baromètre électoral" de la SSR, en septembre, la migration serait même le problème le plus urgent que les élus de dimanche prochain, et les élus de ces élus lorsqu'il s'agira pour le parlement fédéral de déterminer la composition du gouvernement, auront à traiter. On sait déjà comment l'UDC entend traiter le problème : en piétinant le droit d'asile et en dégradant les conditions d'accueil et d'hébergement des requérants -elle a d'ailleurs lancé un référendum contre la révision de la loi d'asile, pour le seul motif qu'au terme de cette révision, dont plusieurs points sont d'ailleurs contestables du point de vue de la défense du droit d'asile, les requérants auraient droit à une assistance juridique gratuite. Pour le reste, l'UDC demande que la Suisse sorte du système des accords de Schengen et de Dublin, c'est-à-dire mène une politique migratoire solitaire dans un contexte de migration mondiale. Les blochériens ne croyant pas eux-mêmes à la pertinence de leurs propres propositions, on devrait se dire qu'aucun poisson, si stupide que puisse être un poisson, ne le serait au point de mordre à un tel hameçon -mais le "pessimisme de la raison" balançant l'"optimisme de la volonté", on se dit aussi que rien n'est impossible dans un pays où près d'un-e citoyen-ne sur trois est persuadé que la Suisse est une exoplanète exorbitée, voire une galaxie, à elle toute seule.

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mercredi, 09 septembre 2015

Jeûne Genevois en temps d'exils : Passer de l'affliction à la solidarité

 

asile, réfugiés, migrants

 

Demain, jeudi, c'est le Jeûne Genevois. Un jour férié depuis 1966, célébré pour la première fois par les Genevois en octobre 1567 pour témoigner de leur affliction (et de leur solidarité avec les victimes) après un massacre de huguenots lyonnais, puis à nouveau, et pour les mêmes raisons et le même témoignage, le 3 septembre 1572, lorsque fut connu à Genève le massacre de la Saint-Barthélémy. Historiquement, ce jeûne est confessionnel -mais qui, aujourd'hui, dans feue la Rome Protestante, déguste sa tarte aux pruneaux par adhésion calviniste ? Le Jeûne était marque d'affliction et de solidarité ? Il peut l'être toujours -les raisons d'être affligés et les causes, et les gens, avec qui être solidaires ne manquent pas. Nous pouvons l'être avec ceux qui par centaines de milliers frappent aux portes de l'Europe quand ils y arrivent vivants. Cette élémentaire solidarité, on aura l'occasion de la manifester à Genève (la "Cité du Refuge", donc...)  le surlendemain du Jeûne : samedi, à 15 heures, dans le cadre d'une journée d'action internationale pour l'ouverture des frontières, pour une Europe disant "bienvenue" aux réfugiés. Les larmes devant la photo du petit cadavre d'Aylan, l'indignation à l'annonce de la découverte de 70 réfugiés morts étouffés dans un camion frigorifique, la consternation devant la récurrence des naufrages en Méditerranée, ne sont qu'impuissantes tant qu'on ne sera pas allé au-delà de l'émotion. Qu'on ne sera pas passé de l'affliction à la solidarité.

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lundi, 31 août 2015

Quand la frontière tue

Quelle « liberté » de circulation ?
     
La liberté de circulation, en Europe, aujourd'hui (et la Suisse est en Europe, quelque rêve qu'elle cultive de n'être nulle part), c'est un camion frigorifique hongrois immatriculé en Slovaquie (ou l'inverse), conduit par un chauffeur roumain, et qu'on retrouve en Autriche contenant les cadavres de septante immigrants syriens (hommes, femmes, enfants)... C'est l'effet magique de la « forteresse Europe » et de la multiplication des restrictions à l'immigration « non-européenne » : elles ne réduisent pas cette immigration mais tuent, massivement, des immigrants sur les routes, dans les déserts, dans la mer. Or nous préférerons toujours des immigrants légaux à des immigrants illégaux. Et des immigrants illégaux vivants à des immigrants illégaux morts.


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jeudi, 02 juillet 2015

6-10 juillet 2015, Genève : SEMAINE DE MOBILISATION CONTRE LES SOCIÉTÉS TRANSNATIONALES

Stop Tisa.jpgDes dizaines de délégués de mouvements sociaux, d'organisations paysannes, de syndicats et de communautés en résistance convergent vers Genève pour défendre la nécessité d'un nouveau traité international contraignant pour mettre fin à l'impunité des violations de droits humains commises par les sociétés transnationales et faire entendre leurs propositions par rapport à son contenu lors de la première réunion du groupe de travail intergouvernemental du Conseil des droits de l'homme créé à cet effet.
Or au même moment se tient à la Mission d'Australie un nouveau round de négociations de l'Accord sur le commerce des services (TiSA) qui menace de provoquer une nouvelle vague de dérégulation, de libéralisation et de privatisation, notamment dans les services publics, et d'étendre encore l'emprise des entreprises transnationales sur notre société.
Il est temps que cela cesse!
Mobilisons-nous maintenant contre TISA et l'impunité des sociétés transnationales!

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21:20 Publié dans Economie, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tisa, mondialisation, multinationales | |  Facebook | | | |

lundi, 15 juin 2015

Initiative populaire fédérale « pour des multinationales responsables » : Pour que la Suisse assume son poids dans l'économie mondialisée

Des enfants, par centaines de milliers selon Amnesty International, exploités dans les plantations de cacao dont la production est achetée par les industriels suisses du chocolat, des conditions de travail s'apparentant au mieux au servage, au pire à l'esclavage, dans les usines textiles asiatiques qui approvisionnent les grands distributeurs suisses, l'extraction ravageuse pour l'environnement de matières premières utilisées par des multinationales dont le siège, le capital (ou les deux) sont suisses : notre pays et ses entreprises sont loin d'être innocents des désastres sociaux et écologiques, des violations des droits fondamentaux et de la surexploitation du travail humain dans le monde. Après une pétition signée par 135'000 personnes, une initiative populaire fédérale a été lancée il y a deux mois pour rendre les multinationales « suisses » responsables de leurs actes, et la Suisse responsable de « ses » multinationales : il s'agit de faire assumer par la Suisse son poids dans l'économie mondialisée.
On ne saurait trop vous inciter à signer cette initiative : on peut en obtenir les feuilles de signatures en les téléchargeant depuis http://konzern-initiative.ch/

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17:10 Publié dans Economie, Monde, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : multinationales | |  Facebook | | | |

vendredi, 05 juin 2015

Une menace pour la démocratie et les services publics : Les enjeux de l’accord TISA

mondialisation, libre-échange, TISADes négociations à huis clos entre une cinquantaine de pays dont les USA, les 28 Etats membres de l'Union Européenne... et la Suisse, se déroulent à Genève, pour conclure un accord sur « le commerce des services », plus connu sous l’acronyme anglo-saxon (forcément) « TISA ». Les termes mêmes qui dénomment cet accord en disent l'enjeu : «commercialiser» les services publics, procéder à leur privatisation massive dans tous les domaines et faciliter les échanges commerciaux entre l’Europe et les États-Unis. Le secret dont s'entourent ces négociations, secret parfois rompu par la publication de documents comme ceux que « Wikileaks » a divulgué cette semaine, est aussi une mesure de leur importance : celle d'une attaque généralisée contre le service public, mais aussi contre les droits démocratiques : les accords envisagés obligeraient les Etats signataires à s’engager dans une politique économique dont le cours ne pourrait plus ensuite être infléchi, et qui sers contrôlé par des tribunaux arbitraux privés aux ordres d'intérêts privés. Tiens, d'ailleurs, c'est curieux : on entend peu à ce sujet les habituels contempteurs des «juges étrangers»...

Le mensuel socialiste indépendant « Pages de gauche » organise Jeudi 11 juin 2015 à 19h00 au Café Gavroche (Bd James-Fazy) un débat public (suivi d'un apéro, y'a pas de raison de se laisser aller) sur «TISA», sur ses conséquences concrètes en Suisse, sur la résistance à ce danger. 

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jeudi, 19 mars 2015

Massacre djihadiste à Tunis : Hiver arabe

A Tunis, hier, la fusillade d'un groupe de touristes par des djihadistes frustrée de ne pouvoir entrer au parlement pour y commettre un massacre, et se consolant en en commettant un autre devant le musée voisin du Bardo, a fait une vingtaine de morts, en sus des djihadistes qui s'en étaient rendus coupables, abattus par les forces de sécurité. Le "printemps arabe" avait fait tomber les dictateurs d'Afrique du nord : Ben Ali en Tunisie, d'abord, Moubarak en Egypte, ensuite, Kadhafi en Libye, enfin. Sur les décombres de leurs régimes, la démocratie (ou à tout le moins un sérieux engagement dans un processus démocratique) n'avait pu prévaloir qu'en Tunisie : en Egypte, les Frères Musulmans avaient pour un mtemps pris ou récupéré, le pouvoir, que l'armée leur a repris ensuite. En Libye, rien n'a émergé de l« » n sordide du clan Kadhafi qu'une guerre de clans, de tribus, de groupes armés. Et les djihadistes, ralliés pou les uns à la Qaeda et pour les autres à l'"Etat islamique", se sont installés dans les trous noirs de transitions chaotiques, dont la principale puissance (politique, économique et militaire) régionale, l'Algérie, ne se préserve (mais après avoir avant les autres vécu l'expérience d'une "décennie noire" d'affrontements dont on ne sait même pas s'ils ont fait 150'000 ou 200'000 morts) qu'en ayant mis son régime et son président sous perfusion, pour que rien ne change.

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mercredi, 04 mars 2015

Netanyahou fait campagne électorale à Washington

Bétonner l'impasse

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, est allé parader à Washington, devant un public (la droite du congrès américain) aussi acquis à sa cause qu'il l'est à la sienne. Pour parler de quoi ? de la paix, du dialogue avec les Palestiniens, de la pauvreté qui touche une partie toujours plus importante de la population israélienne, de l'isolement d'Israël sur la "scène internationale", de l'échec de l'offensive sur Gaza ? Non : de l'Iran et de son programme nucléaire. Parce que Netanyahou n'a rien à dire aux Israéliens, ni à qui que ce soit d'autre, que cela. Pas d'autre programme que celui qui a conduit le pays qu'il gouverne dans une impasse qu'il veut encore bétonner. Pas d'autre ambition qu'en rester le Premier Ministre. Netanyahou fait campagne à Washington devant la droite du Congrès américain, Avraham Burg, ancien président du Parlement israélien, homme de gauche et leader pacifiste, remet les pendules à l'heure à Genève, à la faveur du Festival du film et forum international des droits humains : vous pourrez le rencontrer ce soir, mercredi, à 20 heures à Unimail (salle M130), à l'initiative du Cercle Martin Buber (http://www.cerclemartinbuber.ch/
). Après quoi, si vous le voyez projeté quelque part, ne manquez pas le beau film d'Amos Gitai. Et lisez Mahmoud Darwich. Et écoutez le Diwan de Daniel Barenboim jouer Beethoven.

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lundi, 16 février 2015

ça recommence ? Non, ça continue. Même réponse, donc : Jeg er Dansk !

Mêmes genre de cibles, mêmes méthodes, sans doute même identité du djihadisme moderne (car il l'est, moderne, cet archaïsme) et du vieil antisémitisme : dans l'attaque par un homme isolé, à Copenhague, d'un centre culturel danois où se tenait un débat sur la liberté d'expression, avec notamment le dessinateur suédois Lars Vilks, l'ambassadeur de France, une représentante des Femen, puis d'une synagogue, le réalisateur danois Finn Nørgaard a été tué dans l'attaque du centre culturel, et un garde de la synagogue dans l'attaque de celle-ci, puis l'auteur des deux attaques a été abattu devant son domicile par la police. Netanyahou en a évidemment profité pour reprendre son refrain appelant les juifs d'Europe à "rejoindre" Israël, comme on les appelait naguère à rejoindre le ghetto, pour leur sécurité : « Nous disons aux juifs, à nos frères et à nos sœurs : Israël est votre maison ».  Il avait déjà lancé cet appel après les attentats de Paris au début de janvier contre la rédaction de Charlie Hebdo et une supérette casher. Le rabbin Jair Melchior, plus haute autorité de la communauté juive danoise, a répondu comme il convenait à Netanyahou : « Si notre façon d'affronter la terreur est de nous enfuir quelque part, alors nous devrions tous partir sur une île déserte », a-t-il noté. Et cette réponse ne vaut pas que pour les juifs (danois ou non), elle vaut pour tous ceux que la connerie intégriste cible...

Rendez vous cet après-midi à 15heures 30 devant le Consulat du Danemark à Carouge et ce soir à 19:00 à Uni Mail,  hommage sera rendu aux victimes de la tuerie de Copenhague.

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06:42 Publié dans Droits de l'Homme, Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : danemark, liberté d'expression | |  Facebook | | | |