lundi, 16 octobre 2017

Crise de la presse romande : Et si on cessait de pleurer ?

presse romande.jpg

Un "think thank" (un club de réflexion, donc) "Nouvelle presse" a été lancé en juin par le mensuel "La Cité", "dans un esprit de construction et non de lamentation", pour réfléchir sur les réponses à donner à la dégradation de la situation de la presse dans ce pays -et ce coin de pays. Réfléchir, cela s'impose, en effet : pleurer sur la situation de la presse romande en général, et genevoise en particulier, surtout si ces pleurs ne sont que larmes sauriennes, ne permet guère de relever les défis auxquels les media écrits ont à faire face, à commencer par le défi de leur indépendance, et donc de leur financement. Et donc, aussi, de leur lectorat. Parce qu'il n'y a pas cinquante sources de financement de la presse : il y a la vente au numéro et à l'abonnement, et donc le lectorat, il y a la publicité (dont les recettes ont diminué de plus de la moitié entre 2008 et 2016, et continunt de diminuer), il y a l'aide publique, c'est-à-dire l'Etat (au sens large : Confédération, cantons, communes), et il y a enfin le soutien individuel, militant, ou le soutien mécénal, de fondations et d'entreprises. Et c'est à peu près tout. Lesquelles de ces sources de financement sont à la fois suffisantes en volume pour assurer l'existence d'un titre, et suffisamment désintéressées pour n'en pas menacer l'indépendance ? On exprimera en tout cas de sérieux doutes, nourris par Tamedia, sur la capacité du "marché" de remplir ces deux conditions...

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mercredi, 30 août 2017

Tamedia ? Jaipognon !

chute de mots.jpgConcentrations, regroupements, achats, démantèlement dans la presse suisse :

Tamedia fait le ménage : après l'annonce du regroupement des rédactions de "20 Minutes" et du "Matin", le groupe de presse annonce celui, à Lausanne, d'une partie de la rédaction de la "Tribune de Genève", du Matin Dimanche" et de "24 Heures". "ça ne sent pas très bon", soupire le président du Conseil d'Etat genevois, François Longchamp. Non, ça ne sent pas très bon : Le regroupement des rédactions du "Temps" et de "L'Hebdo" n'avait déjà été que le prélude à la disparition de l'"Hebdo. Mais ce que ça sent, on le renifle depuis des lustres : Il n'y aura plus qu'un seul quotidien genevois (Le Courrier) l'année prochaine, quand il y en avait cinq il y a cinquante ans ? à qui la faute ? A ceux qui ont racheté des titres, pour les fusionner puis les couler, ou à ceux qui les ont vendus ? Ou à ceux qui n'ont rien fait pour défendre les titres menacés de disparaître, sinon les pleurer le jour de leurs obsèques ?

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jeudi, 23 février 2017

Crise de la presse romande : le journal, cette vieillerie

presse,l'hebdo,le temps25 licenciements, 11 départs à la retraite anticipée, 7 mandats de pigistes révoqués : c'est le bilan de l'opération lancée par Ringier Springer contre l'Hebdo et Le Temps. Et on dit bien "contre", puisqu'elle a consisté à tuer l'un et amputer l'autre (Le Temps perd une vingtaine de collaborateurs, dont 16 journalistes). Et on s'inquiète désormais pour la "Tribune de Genève" et "24 Heures", déjà saignés de 27 postes en octobre dernier, et pour tous les journaux dont le sort ne dépend plus que du bon vouloir de leur éditeur, bon vouloir ne dépendant plus lui-même que des chiffres de la publicité récoltée -et surtout pas de critères aussi obsolètes que la qualité du journal -cette vieillerie dispendieuse qui ne reçoit même plus en suffisance la manne publicitaire qui nourrissait ses propriétaires : "nous ne faisons que tirer les conséquences des bouleversements dans la consommation des médias par nos clients", a sobrement résumé Ringier Springer.

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mercredi, 25 janvier 2017

L'Hebdo au mur

presse.jpgRingier-Springer condamne l'"Hebdo" à mort

L'"Hebdo", condamné à mort dimanche soir par le groupe Ringier-Springer, cessera de paraître après son ultime numéro, le 2 février. Le journal aura vécu 35 ans. Deux ans de plus que le Christ (la comparaison s'arrêtant là, à moins que, crucifié par son éditeur, le journal ne ressuscite par la volonté de ses journalistes). La présidente de la section UDC de la Ville de Genève en est toute contente sur Face de Bouc : "un de moins en 2017. Bon début d'année"... Au moins, c'est franc. Pour le reste, on a droit à la colère impuissante des syndicats et au choeur des pleureuses de circonstance (qui nous rappellent ceux qui avaient salué en longs et lourds sanglots la disparition de "La Suisse", en 1994). "Cauchemar, stupéfaction, choc, consternation, tristesse" psalmodie en "une" la "Tribune de Genève", pour qui "La mort de "L'Hebdo" secoue la presse suisse". La secoue-t-elle, ou révèle-t-elle la fragilité d'une presse aux mains de groupes financiers ne laissant aux journaux réellement indépendants que les miettes d'un marché où les profits se raréfient ?

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15:42 Publié dans Médias, Suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : l'hebdo | |  Facebook | | | |

jeudi, 11 juin 2015

14 juin : On devrait voter sur la redevance, on votera sur la SSR....

Si vous lisez le petit menu des festivités votatoires (on dit bien un apéritif dinatoire, pourquoi pas une festivité votatoire ?) du 14 juin, au chapitre de la révision de la loi sur la radio et la télévision, vous trouverez une proposition de modifier la redevance finançant l'entreprise publique de radio et de télévision (mais aussi, désormais, d'internet), la SSR. Mais si vous suivez le débat qui s'est engagé sur cette proposition, ce n'est plus de la redevance dont il est question, mais de la SSR elle-même, de son rôle, de ses programmes, de sa taille, de son coût... Vieille histoire : depuis les années soixante, la SSR est la cible constante d'attaques de la droite patronale et politique, qui ne cesse de la dénoncer comme un nid de (suivant les époques) crypto-communistes, socialistes ou gauchistes. Un vieux débat sur une vieille dame (la SSR est née en 1931 comme seule entreprise autorisée à diffuser des programmes de radiodiffusion). Mais là, ce vieux débat sur cette vieille dame, il a quand même tout d'une nappe de brouillard : après tout, ce qui est proposé au vote, ce n'est qu'une modernisation de la redevance, pas un prononcement sur les programmes du medium public...

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jeudi, 28 mai 2015

Votation fédérale sur la redevance radio-TV : L'enjeu derrière l'enjeu...

Il n'a l'air de rien, l'enjeu du vote sur la redevance radio/TV, ce 14 juin... mais il est farci d'arrière-pensées, de vieilles rancunes contre le service public de radio et de télévision (ce « repaire de gauchistes »), d'études de marché gardées sous le coude au cas où... D'ailleurs, si la réforme proposée par le Conseil fédéral et la majorité du parlement n'était qu'une adaptation aux changements de comportement des consommateurs de media, pourquoi le bras armé patronal de l'UDC, l'USAM (Union suisse des arts et métiers) se serait-elle fendue d'un référendum ? Il se trouve que cette réforme a aussi pour objectif de maintenir en Suisse un service public médiatique fort, pluraliste et quadrilingue : des radios et des télévisions généralistes. Et que ce service public en soi, et les principes que, tant bien que mal, plus ou moins rigoureusement, il respecte (le pluralisme des opinions politiques et des contenus culturels, par exemple) tiennent depuis toujours de l'hérésie aux yeux et aux oreilles (sensibles) de la droite de la droite. D'où référendum. D'où vote populaire. D'où un enjeu qui dépasse largement celui de la redevance elle-même pour atteindre à  celui de la liberté d'expression...

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mercredi, 08 avril 2015

"Charlie Hebdo" et la liberté d'expression, trois mois après : Changement de débat ?

Trois mois après le massacre de "Charlie Hebdo" et la mobilisation, massive, en faveur de la liberté d'expression, sous sa forme la plus absolue -le droit de tout dire, de tout écrire, de tout dessiner, la prudence a pris le pas sur la virulence libertaire -à vrai dire, sitôt l'émotion retombée et les grandes manifestations dispersées, le temps de l'incertitude était venu : le Mémorial de Caen a reporté de six mois ses Rencontres sur le dessin de presse, le temps, dit-il, de les "repenser sur le fond comme sur la forme", une exposition consacrée à "Charlie Hebdo" au Musée Hervé de Louvain, en Belgique, a été annulée. Ce repli n'est cependant pas général : à l'automne, le village de Saint-Juste-le-Martel redeviendra comme chaque année la capitale du dessin de presse, car y renoncer "serait donner raison aux terroristes". La dessinatrice tunisienne Nadia Khiari résume : "si on arrête (...), c'est fini, les terroristes ont gagné". Et puis, après le massacre et le formidable mouvement de soutien dont les survivants du journal, et le journal lui-même, ont bénéficié, "Charlie" est l'enjeu d'un autre débat, sur sa gestion, celle de son capital et celle de sa "gouvernance", pour causer novlangue...

"Le blasphème fait partie des droits de l'homme, l'humour fait partie des vertus"

Des membres de l'équipe de "Charlie Hebdo" ont créé une association réclamant un fonctionnement plus collectif et plus transparent du journal, au fonctionnement très "familial", avec trois directeurs-actionnaires concentrant les pouvoirs, et sans sociétés des rédacteurs. Détenu à 20 % par son directeur financier, Eric Portheault, à 40 % par son directeur de publication, Riss, et 40 % par les parents de Charb, son directeur assassiné le 7 janvier, "Charlie" a reçu, depuis l'attentat dont il a été victime, plus de quinze millions d'euros et de produit de ses ventes (plusieurs millions d'exemplaires pour le numéro suivant l'attentat, plusieurs centaines de milliers ensuite). Le collectif qui s'est créé, pour d'une certaine manière mettre le fonctionnement du journal en accord avec ses idées libertaires, voudrait ouvrir le capital à un actionnariat des salariés, et assurer la transparence de projets qui font consensus entre le collectif et les propriétaires-dirigeants de "Charlie" : répartir les dons reçus après l'attentat, entre les blessés et les familles des victimes, et créer une fondation destinée à soutenir le dessin de presse en France et dans le monde. Car un tel soutien est, aujourd'hui plus que jamais, nécessaire : l'autocensure sous la menace se répand un peu partout, avec son corollaire : les menaces légales contre la liberté d'expression...

Ainsi, le gouvernement français veut-il "sortir" le délit (et sa répression) de parole raciste (y compris antisémite) du droit de la presse pour l'intégrer au Code pénal, conformément au principe que "le racisme n'est pas une opinion mais un délit". Une "stupidité juridique" selon le président d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme, Henri Leclerc. Une stupidité et un danger : entre les mains d'un pouvoir politique peu soucieux de l'indépendance des juges et du pluralisme des convictions, le racisme serait bientôt rejoint dans la liste des "opinions" devenant des "délits" par toutes les opinions jugées dangereuses, par le pouvoir lui-même. Les "lois scélérates" frappant les anarchistes au début du siècle procédaient déjà de ce type de dérive. La loi française sur la presse fixe pourtant déjà des limites à la liberté d'expression en précisant que tout citoyen devra répondre de "l'abus de cette liberté" dans les cas déterminés par la loi. Or le racisme est précisément l'un de ces cas (il est sanctionné par le code pénal comme un délit), et ceux qui ont provoqué à la haine raciale peuvent même, si cette provocation a eu pour effet la commission d'un crime, être condamnés à perpétuité... Cela devrait suffire... d'autant que la répression  de l'expression du racisme ne fait pas disparaître le racisme.

Le droit suisse pose à la liberté d'expression les mêmes limites que le droit français : la discrimination raciale, la liberté religieuse (encore qu'on voit mal comment une expression puisse entraver la liberté religieuse, si on voit fort bien en quoi elle peut indigner ceux contre la foi de qui elle est exercée), la provocation publique au crime ou à la violence. Et c'est à chaque fois au juge de dire si ces limites ont ou non été franchies, comme il vient de le dire en France à Dieudonné, déjà condamné par le passé pour injures (comme d'ailleurs "Charlie Hebdo" l'a été), provocation à la haine ou à la discrimination raciale (ce pourquoi Charlie n'a en revanche jamais été condamné, ne pratiquant pas ce genre de discours). Il n'y a donc pas "deux poids, deux mesures" entre la mobilisation autour de "Charlie Hebdo", pour la liberté d'expression, et les poursuites contre Dieudonné, d'abord parce qu'il y a quelque différence entre se faire assassiner à la kalachnikov et se retrouver, défendu par des avocats, dans un tribunal d'un Etat de droit, entre une exécution sans jugement et un jugement sujet à appel et recours.  Le droit français, comme le droit suisse et celui de la plupart des Etats démocratiques, protège les individus, pas leurs croyances. Il protège les sujets de droit, et les religions n'en sont pas. Il protège une liberté d'expression inaliénable et illimitée dans sa substance mais pas dans son exercice : ma liberté d'expression n'est pas plus absolue que celle de mon adversaire ou de mon ennemi.

"La liberté de tout dire n'a d'ennemis que ceux qui veulent se réserver la liberté de tout faire" disait Jean-Paul Marat, qui ne se privait pas de "tout dire"... plus posée, la Cour européenne de droits de l'homme précise que la liberté d'expression implique celle d'exprimer des idées choquantes et inacceptables pour l'Etat ou une partie de l'opinion publique, mais l'ancienne conseillère nationale libérale Suzette Sandoz ne croit pas que l'on puisse "prétendre imposer au monde entier, d'un coup de baguette magique, le respect d'une liberté que nous avons mis beaucoup de temps à comprendre et à accepter". Or, s'agissant de la liberté d'expression, il ne s'agit nullement d'imposer une liberté aux autres -une liberté ne peut d'ailleurs être imposée, elle ne peut que se prendre- il s'agit d'abord de la défendre pour nous, ce qui, pour peut que l'on admet le principe selon lequel "les autres ont toutes les libertés que l'on se reconnaît à soi-même". Cette liberté que l'on revendique pour nous (et donc pour les autres), on ne la défendra pas si on renonce à l'exercer pour ne pas froisser ceux qui n'en veulent pas... Et quand le directeur du Mémorial de Caen, qui a reporté de six mois ses Rencontres sur le dessin de presse, le temps, dit-il, de les "repenser sur le fond comme sur la forme, observe que "nous avons une manière d'appréhender le dessin de presse qui n'est pas partagée dans le monde entier", il ne fait que poser un constat d'évidence, duquel ne saurait découler une autocensure quelconque, sauf à admettre que la "manière d'appréhender le dessin de presse" ailleurs doit s'imposer, sans réciprocité aucune, à la manière de l'appréhender ici.

André Comte-Sponville, pour qui "le blasphème fait partie des droits de l'homme, l'humour fait partie des vertus", note, fort justement, que "les fanatiques n'acceptent jamais l'humour", surtout, évidemment, "lorsqu'il porte sur ce qu'eux-mêmes jugent sacré". Et d'en conclure, fort justement, que c'est là une "raison de plus pour rire d'eux, de leur sérieux et de leurs idoles". A la condition, nécessaire à la légitimité de notre rire, que nous soyons aussi capables de rire de nous, de notre sérieux (ou de son absence) et de nos idoles, si nous en avons. Y compris de "Charlie", donc.

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mardi, 03 février 2015

Des limites (ou non) de la liberté d'expression : Le lourd prix du droit de dire

2014 n'avait déjà pas été un très bon cru pour la liberté de la presse, avec 66 journalistes assassinés dans le monde en raison de leur profession, mais 2015 a commencé sur les chapeaux de roue, avec le carnage de « Charlie Hebdo », qui permet pour l'instant (mais ça ne durera pas, la concurrence est féroce) à la France de prendre la tête du sinistre classement des pays les plus dangereux pour ceux qui croient pouvoir écrire ou dessiner, et surtout publier, impunément. En 2014, la Syrie avait fait encore mieux, avec 15 journalistes tués... la Russie, le Bangladesh ou l'Egypte ayant aussi, entre autres, participé à l'étripage mondial des rédacteurs et des dessinateurs. Mais là-bas, c'est normal, c'est des barbares. Nous, on est civilisés, s'pas ? Ben non, finalement, pas plus qu'eux : les tueurs de « Charlie » et du magasin kasher étaient tous nés en France, pays de liberté(s)... Et se repose l'insidieuse, question des limites de la liberté de la presse, et donc de la liberté d'expression, et du prix de leur exercice. Le prix du droit de dire.

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lundi, 26 janvier 2015

022 Télégenève (Naxoo), un an après : Le "service au public" corseté par l'intérêt privé...

Comme on n'a pas encore cuvé l'ouzo de la victoire ingurgité hier soir, on  attendra demain et d'avoir les idées claires (déjà que Syriza n'a pas attendu qu'on décuite pour passer un accord avec la droite) pour vous parler de la Grèce. Aujourd'hui, on se replie sur une valeur genevoise sûre : Naxoo.
Une année après le refus, en votation populaire, de la proposition du Conseil Administratif et du Conseil Municipal de la Ville de Genève de vendre les actions détenues, en tant qu'actionnaire majoritaire, par la Ville de Genève dans le téléréseau 022-Télégenève (Naxoo pour les intimes), le Conseil Municipal se prononcera aujourd'hui sur le rapport de la commission des finances, chargée de traiter (ou de maltraiter) trois motions différentes, l'une (déposée avant la votation) du MCG, la deuxième du groupe "Ensemble à Gauche", la troisième du PLR et de l'UDC, portant sur à peu près tout ce qui, s'agissant de ce dossier, a précédé, accompagné et suivi la votation. La commission des Finances a mis quatre mois pour venir à bout de l'étude des motions et la majorité (MCG, UDC, PLR, PDC, EàG) de la commission en a tiré une proposition assez insignifiante faite au Conseil Municipal. Enfin, la semaine dernière, répondant indirectement à cette proposition, le Conseil Administratif a présenté un plan d'action pour développer les prestations de service public de la société, en proposant que tous les représentants de la Municipalité au sein du Conseil d'administration de Naxoo s'accordent sur des propositions, des stratégies et une "vision" communes. On s'accordera à considérer que c'est bien le moins qu'ils doivent faire, mais que peut faire réellement la Ville, actionnaire certes majoritaire de Naxoo, mais corseté par des contrats, une convention et des lois qui l'empêchent de mettre réellement cette société "au service du public" et la mettent au service de l'intérêt privé de l'actionnaire minoritaire ?

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15:29 Publié dans Genève, Médias, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : 022 télégenève, naxoo, upc cablecom | |  Facebook | | | |

jeudi, 22 janvier 2015

Exercice de conjugaison d'un verbe du premier groupe à l'indicatif présent : « Je blasphème, tu blasphèmes... »

Nous lisions, dans notre quotidien préféré, samedi, que Reporters sans frontières, pour qui « la liberté d'expression n'a pas de religion » (contrairement, souvent, à sa répression) réclame l'instauration d'un « droit au blasphème ». Et nous lisons aussi ce rappel que depuis des plombes, l'Organisation de la coopération islamique tente, dans les instances de l'ONU, d'imposer un «délit de blasphème» pudiquement camouflé en délit de «diffamation des religions»... étrange formulation (mais peut-être tient-elle à une traduction maladroite) : on peut diffamer des personnes, c'est même assez courant, mais comment peut-on diffamer une idée ? et qui serait en droit de s'en estimer propriétaire pour ester en justice en son nom ?

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16:30 Publié dans Droits de l'Homme, Médias, religion | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : religions, blasphème, liberté d'expression, charlie hebdo | |  Facebook | | | |

jeudi, 08 janvier 2015

« On a tué Charlie Hebdo » ? Eh bien non : « Nous sommes Charlie » !

Je suis Charlie.JPGAlbert Camus évoquait « ce droit au déshonneur dont Dostoïevski disait déjà qu'on est toujours sûr, l'offrant aux hommes, de les voir s'y ruer ». Ils furent trois à s'y ruer, hier, dans les locaux de Charlie Hebdo, abattant douze dessinateurs, journalistes, policiers...« On a tué Charlie Hebdo », beuglait après le massacre l'un des massacreurs, tout fier de son acte. Eh bien non : Des dizaines de milliers, peut-être des centaines de milliers de personnes, se sont rassemblées dans toutes les villes de France, et un peu partout en Europe (nous étions entre 500 et 1000, à Genève) pour dire « nous sommes Charlie ». Une journée de deuil national a été proclamée en France aujourd'hui, avec un hommage aux victimes du massacre. A Genève, à midi et demi, place Neuve, un rassemblement est organisé en soutien a Charlie Hebdo. Une grande marche de défense de la République et valeurs aura lieu à Paris, samedi. Et mercredi prochain, Charlie reparaîtra. On n'aura pas tué Charlie.

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02:27 Publié dans France, Médias, Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : terrorisme, liberté de la presse, liberté d'expression, charlie hebdo | |  Facebook | | | |

mardi, 27 mai 2014

Conseil d'administration de Naxoo : Comment faire entrer Goupil dans le poulailler ?

L'autre jour, au Conseil Municipal on devait désigner trois personnes à proposer à l'assemblée générale des actionnaires de Télégenève (Naxoo, quoi) pour représenter au Conseil d'administration de la société son actionnaire principal -la Ville de Genève- après que trois de ses représentants aient démissionné, suite au désaveu infligé par le peuple municipal à la proposition de la Ville et du Conseil d'administration de vendre les actions détenues par la Municipalité dans la société, et de les vendre à l'actionnaire minoritaire (devenant ainsi actionnaire unique), la filiale de la multinationale ricaine UPC -Cablecom. Et on a en effet désigné trois personnes à proposer à l'assemblée générale des actionnaires de Télégenève : une conseillère municipale d'« Ensemble à Gauche », un conseiller municipal MCG, et une démo-chrétienne pas conseillère municipale. Fin de l'épisode ? Ben non. Finalement, l'élue d'Ensemble à Gauche n'accepte pas son élection et son groupe ne présentera aucune candidature pour la remplacer. Comment  dès lors faire entrer Goupil dans le poulailler de Naxoo ?

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mardi, 11 février 2014

Refus de la vente des actions municipales dans Télégenève : Merci aux idiots utiles !

siphonnage Naxoo.jpgJamais l'expression « idiots utiles » n'aura pris un sens si clair (et donc un autre sens que celui que lui donnait Lénine, lorsqu'il évoquait les braves humanistes occidentaux voyant en le régime instauré par les bolchéviks la réalisation de leurs propres rêves) que lors du vote municipal genevois de dimanche : sans ceux qui se sont offerts à nous, nous n'aurions sans doute pas réussi à obtenir 53 % des suffrages contre la proposition de vendre Naxoo à UPC Cablecom. On ne partait en effet pas gagnants dans ce vote : le référendum lancé par les syndicats n'était soutenu que par Ensemble à gauche, la Jeunesse socialiste et une frange du PS, ce qui ne fait pas une majorité, et l'appât des 57 millions que pouvait rapporter à la Ville la vente de ses actions était tentant. Il nous fallait un renfort -et nous l'eûmes. On n'oubliera donc pas de remercier chaleureusement UPC Cablecom d'avoir commencé avant le vote à se servir dans le fichier des abonnés de Naxoo, et Télégenève de l'y avoir autorisé : on ne pouvait mieux inciter les abonnés de Naxoo à envoyer paître le vendeur et l'acheteur des actions (ou à voter blanc, comme 11,4 % des votant-e-s -un record...).

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mardi, 04 février 2014

De la galaxie à l'anoréxie Gutenberg

Une  « mobilisation citoyenne » pour  « Le Temps » ?

Lancé par le « Cercle des Amis du Temps » pour garantir « la pérennité, l'indépendance et l'exigence éditoriale » du quotidien face aux menaces que font peser sur elles la décision de ses propriétaires (Ringier et Tamedia) de s'en défaire ou de concentrer l'actionnariat sur l'un seul des deux, un Appel a été signé par plusieurs centaines de personnalité politiques, culturelles, universitaires, des milieux de la santé et du droit (« seul le milieu sportif brille par son absence, regrette le « Temps » plaide pour une reprise du journal par une entité indépendante, ce que refusent clairement les propriétaires actuels, même si les initiants de la démarche (qui, en bon anciens lecteurs du «Journal de Genève », excluent tout soutien des pouvoirs public) assurent que des financiers et mécènes romands seraient prêts à s'engager avec eux. Cet épisode illustre au moins les impasses de la presse écrite quand elle se refuse à quitter les rails du marché.

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jeudi, 23 janvier 2014

Siphonnage avant privatisation totale du téléréseau genevois ? Un NON de plus en plus nécessaire

siphonnage Naxoo.jpgOn vote, en Villle de Genève, le 9 février, sur la vente des actions de la Ville dans la téléréseau municipal (Naxoo). L'acheteur potentiel de ces actions, UPC Cablecom, s'est à sa manière, lourdingue, invité dans la campagne : le fichier des clients lui a été transféré (sans que les clients aient été consultés sur ce transfert), et Cablecom rapatrie chez elle des milliers de clients Naxoo avant même que l'on sache si elle sera ou non l'actionnaire unique. Rapatriement d'ailleurs assez foireux.  On devrait remercier ces chauds partisans de la proposition de privatisation totale de l'actionnariat de Naxoo : en siphonnant Naxoo avant même que le peuple leur en ait donné l'autorisation, ils contribuent à rendre nécessaire, le 9 février prochain, un NON à cette autorisation. Et à leurs pratiques.

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mercredi, 04 décembre 2013

Vente de Télégenève (Naxoo) : C'est toujours NON !

Les Verts et le Parti socialiste appellent à soutenir, lors de la votation municipale du 9 février prochain, la proposition du Conseil administratif de la Ville de Genève de vendre à la filiale suisse de la multinationale UPC Cablecom le paquet majoritaire d'actions détenue par la municipalité dans la société de téléréseau Télégenève (Naxoo). Ce soutien s'explique par l'addition du légitimisme politique  (la proposition est celle de «notre Conseil administratif »), du pragmatisme (ne pas vendre serait provoquer une situation pire que vendre) et d'un calcul financier basique (57 millions, c'est bon à prendre quand on a de gros investissements à financer, et des prestations à la population menacées de coupes budgéltaires). C'est aussi sans surprise que, minoritaire et cultivant avec amour ce statut finalement confortable, on appellera ici, une fois de plus, à refuser cette vente.  Parce qu'on est d'un naturel obstiné et que les raisons qui ont conduit une partie du groupe socialiste au Conseil Municipal à refuser (ou à ne pas accepter, en s'abstenant) la vente de Naxoo à Cablecom nous paraissent toujours s'imposer, quelques «mesures d'accompagnement» qu'on ait pu négocier depuis.

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mardi, 03 décembre 2013

Ringier et Tamedia veulent le vendre : Un Temps à perdre ?

Les groupes de presse Ringier et Tamedia, propriétaires ensemble du « Temps », ont annoncé leur intention de vendre leur participation dans le « quotidien de référence » romand. Tamedia et Ringier l'assurent : ils vendent parce qu'un actionnariat majoritaire (aucun des deux ne l'est à lui seul actuellement) « serait plus à même de prendre les meilleures décisions pour la pérennité et le développement du titre ». Air connu : on vend, mais c'est pour sauver. C'est comme pour les actions de la Ville de Genève dans Naxoo, quoi. D'ailleurs, si Tamedia et Ringier ne trouvent pas d'acheteur « crédible , conscient de l'importance que revêt ce quotidien pour la Suisse romande »,  ils envisagent de se « vendre les actions parmi », de l'un à l'autre. Cela dit, indépendamment du destin du « Temps », l'épisode peut susciter quelque début de réflexion sur celui de la  presse écrite (puisqu'il paraît qu'il en est une autre...).

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mercredi, 20 novembre 2013

Vente de Naxoo ä Cablecom : le référendum provoque un « plan social »...

Peut (beaucoup) mieux faire...

Nous avions soutenu le référendum lancé contre la décision du Conseil Municipal de la Ville de Genève d'accepter la vente des actions détenues par la Ville dans le réseau Télégenève SA (Naxoo) à UPC Cablecomm. Nous refusions et refusons toujours,  l'autorisation donnée à UPC Cablecom de licencier jusqu'à 10% des employés de Naxoo par année pendant 5 ans, ainsi que la liberté totale de licencier après ce délai. Nous dénoncions également le refus d'UPC Cablecom de signer toute convention collective de travail. Ces jours, un accord passé entre l'acheteur (UPC Cablecom), le vendeur (la Ville de Genève), le personnel et la société Télégenève, semble répondre à quelques unes (quelques unes, seulement) des raisons que nous avions de soutenir le référendum lancé contre la vente de Naxoo. Le référendum n'est d'ailleurs certainement pas pour rien dans la signature de l'accord - mais un accord encore insuffisant pour nous convaincre d'accepter la vente des actions municipales dans le téléréseau municipal. 

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lundi, 30 septembre 2013

Etude sur la qualité des media suisses : La médiocrité gagne la presse


Selon une étude de l'Université de Zurich la qualité des media (écrits, électroniques ou audiovisuels) serait en baisse en Suisse, et en Romandie plus encore qu'en Alémanie. En cause : un nivellement pas le bas, imposé notamment par la presse gratuite (sa part de marché est passée de 12 à 35% entre 2001 et 2012, pendant que celle des quotidiens généralistes reculait de 57 à 39 %), et la concentration de la presse écrite (entre les mains de Tamedia). Constats : raréfaction des reportages, appauvrissement des mises en perspectives. L'étude fait amèrement jaser dans les journaux concentrés, qui en contestent les conclusions (évidemment, personne n'apprécie de se voir traité de médiocre...), et le secrétaire général de l'association des media privés romands, « Presse Suisse », y voit le spectre de la collectivisation poindre le bout de son drap -la même chanson nous avait été chantée fin juillet, lorsque le PS avait proposé un soutien direct aux media, à certaines conditions qualitatives. Qui ne font peut-être peur précisément parce qu'elles ne sont pas "idéologiques", mais "qualitatives"...

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14:44 Publié dans Médias, Suisse | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : presse, manifeste xxi | |  Facebook | | | |

dimanche, 14 juillet 2013

Naxoo : La Ville pète un cable ? signez le référendum !

On avoue : il doit bien y avoir quelque part, tapi au tréfonds de notre âme noire, une once de sadisme, à vous entretenir d'un référendum municipal en plein mois de juillet, alors que nous, on était en extase stendhalienne devant un Botticelli dans l'ombre des Offices florentins. Mais bon, vous savez ce que c'est, grattez l'esthète vacancier, vous trouverez le militant. Ou ce que la beauté florentine en aura laissé. Et puis, de Naxoo, on vous en a déjà causé en long, en large et en travers, vous savez de quoi il retourne, il n'est plus que l'heure de poser votre griffe sur une liste de signatures pour un référendum dont vous connaissez les motivations et l'urgence. Quoique... peut-être est-il utile de vous les rappeler ?  Mais non, c'est pas une obsession. Juste un enjeu...
Téléchargez une liste de signature (http://www.fichier-pdf.fr/2013/07/04/referendumnaxoogs/), signez-là, en renvoyez-la avant fin août.

 

Bandeau Naxoo.jpg


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