jeudi, 30 août 2018

Après la disparition du "Matin" : Nuisance des tamediacrates

 

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On n'avait pas plutôt tourné le dos à notre terre natale pour pouvoir regarder en face celle de notre lieu de vacances qu'un quotidien de plus passait l'arme à gauche en Romandie : "Le Matin" quotidien et imprimé a cessé de paraître, sur décision de son éditeur, Tamedia, qui avait refusé toutes les propositions des syndicats et de ses collaborateurs pour éviter sa disparition, dont une proposition de reprise du titre par la rédaction et des investisseurs. L'annonce de cette mise à mort avait suscité en juillet une grève des salariés du groupe de presse qui contrôle (notamment) la "Tribune de Genève", de "24 Heures", du "Matin" et du "Matin Dimanche". La grève n'aura pas fait fléchir les tamediacrates -qui ont même opéré une retenue sur les salaires des grévistes, à qui il avait été promis qu'ils ne seraient pas sanctionnés pour avoir fait grève s'ils reprenaient le travail, et qu'une médiation se déroulait sous la houlette du Conseil d'Etat vaudois -une médiation unilatéralement abandonnée par Tamedia, d'ailleurs. Et cerise sur le gâteau : hier, on apprenait que le Rédac'Chef de la "Julie", Pierre Ruetschi, était limogé, coupable qu'il fut (entre autres forfaits) d'avoir refusé de transmettre aux tamediaflics la liste des noms des grévistes de juillet... En 1998, au moment de la disparition du "Journal de Genève" et de la "Gazette de Lausanne" (qui avaient fusionné), son ancien directeur, Marian Stepczynski considérait que ce qui avait provoqué la mort de son quotidien. "c'est d'avoir appartenu à des gens qui ne connaissent rien à la presse". Les temps changent, en pire : Tamedia connaît quelque chose à la presse. Mais comme le prédateur connaît quelque chose à sa proie. Obsédée par la réduction des coûts, Tamedia coupe partout où elle peut, ferme des rédactions, fusionne des titres, licencie des journalistes. Et appauvrit donc sa propre production, réduit son propre lectorat, traite ses publications comme si elles parasitaient sa recherche de revenus publicitaires. Ainsi passe-t-on en vingt ans, du "Journal de Genève" au "Matin", de l'incompétence à la nuisance.

Les larmes de crocodile ne coûtent rien aux crocodiles

"Comment la démocratie peut soutenir la presse", nous explique (dans "Le Temps" du 29 août( le président du gouvernement genevois, Pierre Maudet. Après la disparition de "L'Hebdo" et du "Matin", et avec les menaces qui pèsent sur la "Tribune (encore) de Genève", le "Temps", le "Quotidien jurassien", la Romandie "risque bien d'atteindre des sommets en matière de réduction d'effectifs journalistiques" et de pluralisme de la presse, observe Maudet. La Romandie n'est d'ailleurs pas seule à être menacée : la Commission fédérale de la concurrence (Comco) ne voit aucune objection aux fusions et concentrations dans la presse. Le pluralisme médiatique, ce n'est pas son problème, à la Comco. Son problème, c'est la liberté du marché. Donc, la Comco autorise la fusion entre AT Medien et la NZZ, et le rachet de la régie publicitaire Goldbach par Tamedia. Et tout cela, "sans condition".

La réduction du pluralisme médiatique est "assurément hostile à la formation d'opinion", constate Pierre Maudet. Assurément, en effet. Fin juin déjà, les gouvernements vaidois et genevois s'étaient "inquiétés" de l'appauvrissement de la diversité médiatique romande. Inquiétude justifiée, mais qui ne saurait à elle seule constituer une réaction politique, ni même remplir un mandat comme celui donné par la constitution genevoise : encourager la pluralité des supports d'information. Pas par fétichisme, mais par reconnaissance que le pluralisme médiatique est une condition de la réalité démocratique.
Au nom du gouvernement qu'il préside, Pierre Maudet avance donc une proposition intéressante : un "portail d'accès libre aux articles en ligne, financé de manière indirecte et non linéaire par les internautes" et hébergé par les fournisseurs d'accès à internet (Swisscom, UPC, Sunrise etc...), qui majoreraient leurs abonnements mensuels d'un franc, redistribué aux titres consultés". On vous passe les détails de ce projet, baptisé (en anglais, forcément, en français ça ferait plouc "MyPressGE".
L'idée n'est pas mauvaise. Elle est même bonne, et pas très difficile à mettre en oeuvre. Evidemment, "MyPressGE"ne sauvera pas à lui seul (ou elle seule) le pluralisme des media genevois. Il (ou elle) n'en a d'ailleurs pas la prétention. Il faudra aller plus loin, et aller plus loin, ce n'est pas encourager "la presse" en général, mais encourager la presse indépendante en particulier -les titres possédés par un groupe de presse dépendent trop de ces groupes pour qu'on puisse éviter, en les soutenant, de soutenir leurs propriétaires, sans empêcher ceux-ci, lorsqu'il leur en viendra l'envie, de les supprimer. Soutenir la presse indépendante, donc, et la soutenir matériellement, par une aide publique. Cela coûtera quelque chose, évidemment. Les discours sur les beautés du pluralisme médiatique ne coûtent rien, mais ne préservent rien non plus. Il valent ce que valurent les larmes versées sur "La Suisse", "Le Journal de Genève", "L'Hebdo", "Le Matin", le "Giornale del Popolo". Ce que valent les larmes de crocodiles. Qui ne coûtent aux crocodiles que le seul prix qu'ils sont prêts à payer : celui de l'hypocrisie.

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mercredi, 13 juin 2018

Dernières nouvelles de la presse écrite en Suisse

carcan.jpgL'argent roi

"Le Matin" va cesser de paraître en édition imprimée, le "Giornale del Popolo" a déja cessé de paraître, Blocher ne mettra pas la main sur GHI et LausanneCités : en quelques jours, d'assez contrastées nouvelles nous sont venues du front des media. Un hebdo gratuit maintient son indépendance, un quotidien disparaît, un autre va disparaître, des rédactions sont siphonnées, l'agence nationale de presse est fragilisée par sa propre direction... qu'est ce que cela nous dit de l'état, non seulement du "paysaqge médiatique" suisse, mais surtout de la liberté de la presse et de l'information ? Essentiellement ceci : que cette liberté, essentielle à la démocratie, se heurte à un pouvoir qui n'est pas, ici, celui de l'Etat ou du parti, mais qui, pour cette liberté-là, ne vaut guère mieux : celui de l'argent.

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mardi, 24 avril 2018

Presse écrite : petits arrangement entre amis

curafifi.jpgTamedia ? J'ai Blocher

Le groupe de presse Tamedia et Christoph Blocher se sont échangé (sous réserve d'un nihil obstat de la Commission fédérale de la concurrence) les journaux : Tamedia rachète les parts de Blocher dans la Basler Zeitung et Blocher celles de Tamedia dans les journaux gratuits Tagblatt der Stadt Zurich, Geneve Home Informations et Lausanne Cités. Certes, la Commission fédérale de la concurrence doit encore avaliser la transaction. Mais le pluralisme des media, la Comco s'en tamponne un peu la rotative -tout au plus pourrait-elle s'inquiéter de la concentration des espaces publicitaires.

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mercredi, 18 avril 2018

Turquie : défendre la liberté d'expression et le droit à l'information

Le 15 juillet 2016, des militaires factieux tentent un coup d'Etat en Turquie. Ce putsch échoue, non sans avoir fait plusieurs centaines de victimes, mais un autre réussit -celui, civil, organisé et mis en oeuvre, massivement, par le président Erdogan et son parti, l'AKP : instauration de l'état d'urgence, arrestation de 50'000 personnes, licenciement ou suspension de 150'000 fonctionnaires, purges dans l'armée, la justice et l'université, fermeture d'écoles et de media (150 en un an), poursuites contre des journalistes, inculpations de 55 des 59 députés du parti d'opposition HDP (gauche kurde),arrestations et détention de 13 d'entre eux, dont les co-présidents du parti et le chef du groupe parlementaire, condamnation de députés de l'opposition, révocation de maires kurdes. Depuis deux ans règnent en Turquie la délation, l'arbitraire, les procès bâclés.

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mardi, 20 mars 2018

Après le naufrage de "No Billag", c'est l'aide à la presse qui fait surface

carcan.jpgLes cris de l'écrit

Après le naufrage de l'initiative "No Billag", naufrage qui n'a fait de victimes que les initiants, la possibilité d'une aide publique à la presse privée a fait surface. Elle était catégoriquement refusée par les grands éditeurs privés, lors même qu'elle était soutenue, voire réclamée, par les journaux indépendants. Et puis voilà, surtout en Romandie, que de fervents opposants à ce qu'ils dépeignaient comme une "mainmise de l'Etat sur la presse" se ravisent, et envisagent ce qu'ils affectaient de prendre pour une calamité. C'est sans doute qu'ils ont compris qu'ils pouvaient eux-mêmes y avoir avantage. Mais c'est aussi que la situation de la presse écrite privée s'aggrave de jour en jour -et les grands groupes ne sont d'ailleurs pas innocents de cette aggravation. L'éditeur de la "Liberté" de Fribourg considère qu'une "aide directe à la presse est souhaitable, tant qu'elle n'altère pas l'indépendance de nos médias". Pourrait-elle l'altérer plus, cette indépendance, que l'intégration de nombre de ces media dans de grands groupes (genre Tamedia ou Ringier) qui suppriment des journaux, fusionnent des rédactions, font disparaître des rubriques et taillent dans les effectifs des journalistes ? Ce sont pourtant de là, surtout, que nous viennent les cris de l'écrit...

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mardi, 06 mars 2018

Rejet massif de l'initiative "No Billag" : Tabula non rasa

poubelle.jpgLa SSR ne mettra pas la clef sous la porte : les Suissesses et les Suisses, même celles et ceux dont on supposait qu'elles et ils pourraient soutenir l'initiative "No Billag" (les plus jeunes, les Tessinois...) l'ont refusée, à une majorité massive (presqu'à trois contre un) du peuple et de tous les cantons. Au final, "No Billag", soutenue par l'UDC et les Jeunes PLR, fait moins bien que l'initiative 1:12 de la JSS et que celle du GSsA pour l'abolition de l'armée. Toutefois, et même s'il est habituel qu'une initiative populaire puisse "décoller" dans les premiers sondages qui la concerne, bien avant que la campagne de votation ait démarré, le fait que cette initiative-là ait pu recueillir dans ces premiers sondages une majorité approbative signifie bien au moins un double questionnement, sur le rôle des media publics, et sur leur financement. Que cette approbation se soit affritée, pour se dissoudre, dans les mois qui suivirent son expression initiale, tient moins du grand complot médiatico-politique évoqué par ses partisans que de sa faiblesse constitutive (consubstantielle à son hypocrisie fondatrice : elle proclamait s'attaquer à la redevance alors qu'elle s'attaquait à la SSR) : en mettant l'accent sur la seule redevance, en ne tenant aucun discours crédible sur le rôle de la SSR, et en confondant le moyen de communication et ses instruments (les postes de radio et de télévision) avec le producteur du contenu communiqué (comme si regarder une émission de la SSR sur internet par un ordinateur ou un smartphone était regarder autre chose que la même émission vue sur un poste de télévision ou entendue sur un poste de radio), l'initiative a raté sa cible, et ses partisans l'ont décrédibilisée.

 

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mardi, 27 février 2018

L'enjeu réel du vote sur "No Billag" : Ne laisser place qu'au Marché

mire TV.jpgAlors même que se déploie un peu partout une offensive contre les media publics, la Suisse est le seul pays où on envisage la suppression sur décision populaire d'une radio-télévision publique, et le désengagement total de l'Etat central des media audiovisuels. Car c'est bel et bien ce que demande l'initiative "No Billag" dont les derniers sondages nous annoncent une sèche défaite, mais qui n'en conserve pas moins encore quelque chances d'être acceptée. Quelques chances pour les initiants, mais surtout pour les groupes qui, derrière eux, lorgnent moins sur le contenu diffusé par la SSR que sur la part de marché publicitaire qu'elle réussit encore à capter.

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mercredi, 14 février 2018

"No Billag" : des plans "B" sortis d'un chapeau claque

tvfuture-ok.jpg

Les derniers sondages donnent l'initiative "No Billag", et donc l'abolition de tout financement fédéral d'une chaîne de radio ou de télévision, qu'elle soit publique ou privée), assez largement (plus de 60 % de "non") défaite : seuls les électeurs de l'UDC seraient enclins à dire "ja". Il est vrai qu'il n'y a guère que de mauvaises raisons de voter "oui" à "No Billag". Pour autant, il faut bien admettre qu'il y en a aussi quelques unes, de mauvaises raisons, de voter "non", la première étant le maintien de la SSR telle qu'elle est. Or telle qu'elle est, elle a besoin de réformes -y compris de réforme de son financement, afin de passer de la redevance à l'impôt. Sauf que pour réformer la SSR (et son financement), il faut bien qu'il y ait encore une SSR à réformer. Et qu'après l'attilesque "No Billag", la seule question qui pourra encore se poser est celle du délai de disparition de la SSR, et de la durée de son agonie, car tous les plans "B" sortis du chapeau claque des initiants ou de leurs soutiens relèvent du pur foutage de gueule (la majorité des "sondés" Tamedia du 1er février n'y croyant d'ailleurs même pas).

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lundi, 22 janvier 2018

De "No Billag" à "No ATS", ou le chemin de la désinformation

telex-machine.jpgCanal Moins

Le 8 janvier, l'ATS, notre bonne vieille Agence télégraphique suisse, annonçait une restructuration. D'envergure, la restructuration :
Dans une lettre ouverte aux autorités politiques fédérales et cantonales, la rédaction de l'agence écrit : "Si la restructuration annoncée le 8 janvier est mise en oeuvre, l'ATS ne pourra plus jouer son rôle actuel". Pas plus que la SSR si "No Billag" devait être acceptée par le peuple et le canton le 4 mars. D'ailleurs, dans les deux cas, on voit de grand groupes privés pointer leur muffle, les uns pour créer leur propre agence de presse, les autres pour créer leur propre télévision. Une différence notable doit toutefois être relevée, entre les deux mises à mort - la différence entre une exécution et un suicide : "No Billag" a été lancée contre la SSR par ses adversaires et ses concurrents de la SSR, et c'est le peuple qui décidera de son sort. Alors que "No ATS" est fomentée par l'ATS elle-même. Et que le peuple ne sera pas consulté. Pourtant, c'est bien lui, au bout du parcours de l'information que l'ATS produit, qui est le consommateur de cette information, qu'il reçoit par la presse écrite, mais aussi par la radio, la télévision et l'internet... tous destinataires de ce que l'ATS diffuse...

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lundi, 08 janvier 2018

Media : Les 150 ans du Courrier, la dernière année de la SSR ?

Vignette No Billag.JPGLe dur désir de durer

"Le Courrier" fête son 150e anniversaire : le premier numéro de ce qui est aujourd'hui le dernier, le seul, quotidien de gauche de Suisse romande, est paru le 5 janvier 1868 comme une "feuille religieuse et nationale", alors hebdomadaire, vouée à défendre les droits des catholiques dans une Genève encore dominée par les protestants et leur église elle aussi "nationale". Intéressante collision de cet anniversaire avec la campagne sur l'initiative "No Billag" : un quotidien papier fête ses 150 ans, avec le dur désir de durer encore longtemps, au moment où on se demande si le medium audiovisuel public survivra à l'offensive de ses adversaires.
On se permet de vous recommander le dernier numéro, exceptionnellement quadrilingue (vu l'enjeu) du magazine « Culture enjeu », qui porte sur l'initiative « No Billag » ... En français, en allemand, en italien et en romanche, on vous dit en quoi il importe que cette initiative purement mercantiliste soit refusée. http://www.cultureenjeu.ch/

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17:24 Publié dans Médias, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : no billag | |  Facebook | | | |

mercredi, 06 décembre 2017

L'initiative "No Billag" serait acceptée, selon un étrange sondage : Nous enfumerait-on ?

fumée.jpgSelon un étrange sondage réalisé du 17 au 27 novembre auprès de 1010 Suisses et Suisses rémunérés pour leur participation, 57 % des personnes interrogées voteraient "oui" le 4 mars à "No Billag" (et 34 % "non"), c'est-à-dire à la suppression de la redevance obligatoire pour l'accès à la radio et à la télévision. Pourquoi évoquer un "étrange" sondage ? d'abord, parce que son échantillon (l'ensemble des personnes interrogées) ne comprend aucune citoyenne ni aucun citoyen d plus de 65 ans, alors que cette classe d'âge est celle qui participe le plus massivement aux scrutins. Ensuite, parce que les résultats du sondage tels que publiés dans la presse ne distinguent pas les réponses des Romands et des Alémaniques, alors que tous les autres sondages effectués sur la question indiquent que les Romands soutiennent beaucoup moins "No Billag" que les Alémaniques. Enfin, parce que dans le même temps où le "sondage" indique une majorité favorable à la suppression de la redevance, il indique une majorité encore plus claire satisfaite des programmes radio et télé financés par la redevance. Sans vouloir complotiser bêtement (ni même intelligemment, si c'est concevable), on s'interroge : ne serait-on pas en train de nous enfumer ?

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lundi, 13 novembre 2017

Les media de service public invités au silence sur "No Billag"

museliere.jpgDébat avec muselière

En mars prochain, les Suissesses et les Suisses voteront sur une initiative populaire "No Billag", qui propose la suppression de la redevance d'accès aux programmes des media publics (la SSR). Un débat s'est donc ouvert, et va se tenir pendant quatre mois encore, sur cette initiative. Mais quel débat, dans quelles conditions ? Les dirigeants de la SSR ont édicté des règles strictes imposant à ses responsables, ses porte-paroles et ses collaborateurs, et même à ses programmes, un devoir de réserve s'appliquant à toute la période de campagne sur l'initiative. La SSR a même décidé de cesser toute campagne de promotion de ses chaînes et de ses services. Le service public de media renonce à se défendre ? c'est pousser fort loin le souci de ne pas donner aux partisans d'une initiative qui menace frontalement son existence, l'occasion de faire, à leur niveau et à leur manière, du "trumpisme" en se présentant comme les adversaires valeureux (et brimés) d'un "monopole" illégitime. En Romandie, la RTS a invité ses collaborateurs de mettre une sourdine à leur expression sur les réseaux sociaux, de n'y intervenir qu'en dehors de leur temps de travail et "d'éviter toute attaque directe et de garder leur calme". Admettre que les collaborateurs de la SSR sont aussi des citoyens, et qu'en tant que tels ils sont libres de leur opinion et de leur expression quand ils s'expriment à titre personnel, est-ce trop exiger ? Comment débattre sur les radios et télévisions de service public, et même sur les réseaux sociaux, d'une initiative qui menace le service public ? En faisant silence sur la menace ?

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lundi, 16 octobre 2017

Crise de la presse romande : Et si on cessait de pleurer ?

presse romande.jpg

Un "think thank" (un club de réflexion, donc) "Nouvelle presse" a été lancé en juin par le mensuel "La Cité", "dans un esprit de construction et non de lamentation", pour réfléchir sur les réponses à donner à la dégradation de la situation de la presse dans ce pays -et ce coin de pays. Réfléchir, cela s'impose, en effet : pleurer sur la situation de la presse romande en général, et genevoise en particulier, surtout si ces pleurs ne sont que larmes sauriennes, ne permet guère de relever les défis auxquels les media écrits ont à faire face, à commencer par le défi de leur indépendance, et donc de leur financement. Et donc, aussi, de leur lectorat. Parce qu'il n'y a pas cinquante sources de financement de la presse : il y a la vente au numéro et à l'abonnement, et donc le lectorat, il y a la publicité (dont les recettes ont diminué de plus de la moitié entre 2008 et 2016, et continunt de diminuer), il y a l'aide publique, c'est-à-dire l'Etat (au sens large : Confédération, cantons, communes), et il y a enfin le soutien individuel, militant, ou le soutien mécénal, de fondations et d'entreprises. Et c'est à peu près tout. Lesquelles de ces sources de financement sont à la fois suffisantes en volume pour assurer l'existence d'un titre, et suffisamment désintéressées pour n'en pas menacer l'indépendance ? On exprimera en tout cas de sérieux doutes, nourris par Tamedia, sur la capacité du "marché" de remplir ces deux conditions...

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mercredi, 30 août 2017

Tamedia ? Jaipognon !

chute de mots.jpgConcentrations, regroupements, achats, démantèlement dans la presse suisse :

Tamedia fait le ménage : après l'annonce du regroupement des rédactions de "20 Minutes" et du "Matin", le groupe de presse annonce celui, à Lausanne, d'une partie de la rédaction de la "Tribune de Genève", du Matin Dimanche" et de "24 Heures". "ça ne sent pas très bon", soupire le président du Conseil d'Etat genevois, François Longchamp. Non, ça ne sent pas très bon : Le regroupement des rédactions du "Temps" et de "L'Hebdo" n'avait déjà été que le prélude à la disparition de l'"Hebdo. Mais ce que ça sent, on le renifle depuis des lustres : Il n'y aura plus qu'un seul quotidien genevois (Le Courrier) l'année prochaine, quand il y en avait cinq il y a cinquante ans ? à qui la faute ? A ceux qui ont racheté des titres, pour les fusionner puis les couler, ou à ceux qui les ont vendus ? Ou à ceux qui n'ont rien fait pour défendre les titres menacés de disparaître, sinon les pleurer le jour de leurs obsèques ?

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jeudi, 23 février 2017

Crise de la presse romande : le journal, cette vieillerie

presse,l'hebdo,le temps25 licenciements, 11 départs à la retraite anticipée, 7 mandats de pigistes révoqués : c'est le bilan de l'opération lancée par Ringier Springer contre l'Hebdo et Le Temps. Et on dit bien "contre", puisqu'elle a consisté à tuer l'un et amputer l'autre (Le Temps perd une vingtaine de collaborateurs, dont 16 journalistes). Et on s'inquiète désormais pour la "Tribune de Genève" et "24 Heures", déjà saignés de 27 postes en octobre dernier, et pour tous les journaux dont le sort ne dépend plus que du bon vouloir de leur éditeur, bon vouloir ne dépendant plus lui-même que des chiffres de la publicité récoltée -et surtout pas de critères aussi obsolètes que la qualité du journal -cette vieillerie dispendieuse qui ne reçoit même plus en suffisance la manne publicitaire qui nourrissait ses propriétaires : "nous ne faisons que tirer les conséquences des bouleversements dans la consommation des médias par nos clients", a sobrement résumé Ringier Springer.

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mercredi, 25 janvier 2017

L'Hebdo au mur

presse.jpgRingier-Springer condamne l'"Hebdo" à mort

L'"Hebdo", condamné à mort dimanche soir par le groupe Ringier-Springer, cessera de paraître après son ultime numéro, le 2 février. Le journal aura vécu 35 ans. Deux ans de plus que le Christ (la comparaison s'arrêtant là, à moins que, crucifié par son éditeur, le journal ne ressuscite par la volonté de ses journalistes). La présidente de la section UDC de la Ville de Genève en est toute contente sur Face de Bouc : "un de moins en 2017. Bon début d'année"... Au moins, c'est franc. Pour le reste, on a droit à la colère impuissante des syndicats et au choeur des pleureuses de circonstance (qui nous rappellent ceux qui avaient salué en longs et lourds sanglots la disparition de "La Suisse", en 1994). "Cauchemar, stupéfaction, choc, consternation, tristesse" psalmodie en "une" la "Tribune de Genève", pour qui "La mort de "L'Hebdo" secoue la presse suisse". La secoue-t-elle, ou révèle-t-elle la fragilité d'une presse aux mains de groupes financiers ne laissant aux journaux réellement indépendants que les miettes d'un marché où les profits se raréfient ?

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jeudi, 11 juin 2015

14 juin : On devrait voter sur la redevance, on votera sur la SSR....

Si vous lisez le petit menu des festivités votatoires (on dit bien un apéritif dinatoire, pourquoi pas une festivité votatoire ?) du 14 juin, au chapitre de la révision de la loi sur la radio et la télévision, vous trouverez une proposition de modifier la redevance finançant l'entreprise publique de radio et de télévision (mais aussi, désormais, d'internet), la SSR. Mais si vous suivez le débat qui s'est engagé sur cette proposition, ce n'est plus de la redevance dont il est question, mais de la SSR elle-même, de son rôle, de ses programmes, de sa taille, de son coût... Vieille histoire : depuis les années soixante, la SSR est la cible constante d'attaques de la droite patronale et politique, qui ne cesse de la dénoncer comme un nid de (suivant les époques) crypto-communistes, socialistes ou gauchistes. Un vieux débat sur une vieille dame (la SSR est née en 1931 comme seule entreprise autorisée à diffuser des programmes de radiodiffusion). Mais là, ce vieux débat sur cette vieille dame, il a quand même tout d'une nappe de brouillard : après tout, ce qui est proposé au vote, ce n'est qu'une modernisation de la redevance, pas un prononcement sur les programmes du medium public...

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jeudi, 28 mai 2015

Votation fédérale sur la redevance radio-TV : L'enjeu derrière l'enjeu...

Il n'a l'air de rien, l'enjeu du vote sur la redevance radio/TV, ce 14 juin... mais il est farci d'arrière-pensées, de vieilles rancunes contre le service public de radio et de télévision (ce « repaire de gauchistes »), d'études de marché gardées sous le coude au cas où... D'ailleurs, si la réforme proposée par le Conseil fédéral et la majorité du parlement n'était qu'une adaptation aux changements de comportement des consommateurs de media, pourquoi le bras armé patronal de l'UDC, l'USAM (Union suisse des arts et métiers) se serait-elle fendue d'un référendum ? Il se trouve que cette réforme a aussi pour objectif de maintenir en Suisse un service public médiatique fort, pluraliste et quadrilingue : des radios et des télévisions généralistes. Et que ce service public en soi, et les principes que, tant bien que mal, plus ou moins rigoureusement, il respecte (le pluralisme des opinions politiques et des contenus culturels, par exemple) tiennent depuis toujours de l'hérésie aux yeux et aux oreilles (sensibles) de la droite de la droite. D'où référendum. D'où vote populaire. D'où un enjeu qui dépasse largement celui de la redevance elle-même pour atteindre à  celui de la liberté d'expression...

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mercredi, 08 avril 2015

"Charlie Hebdo" et la liberté d'expression, trois mois après : Changement de débat ?

Trois mois après le massacre de "Charlie Hebdo" et la mobilisation, massive, en faveur de la liberté d'expression, sous sa forme la plus absolue -le droit de tout dire, de tout écrire, de tout dessiner, la prudence a pris le pas sur la virulence libertaire -à vrai dire, sitôt l'émotion retombée et les grandes manifestations dispersées, le temps de l'incertitude était venu : le Mémorial de Caen a reporté de six mois ses Rencontres sur le dessin de presse, le temps, dit-il, de les "repenser sur le fond comme sur la forme", une exposition consacrée à "Charlie Hebdo" au Musée Hervé de Louvain, en Belgique, a été annulée. Ce repli n'est cependant pas général : à l'automne, le village de Saint-Juste-le-Martel redeviendra comme chaque année la capitale du dessin de presse, car y renoncer "serait donner raison aux terroristes". La dessinatrice tunisienne Nadia Khiari résume : "si on arrête (...), c'est fini, les terroristes ont gagné". Et puis, après le massacre et le formidable mouvement de soutien dont les survivants du journal, et le journal lui-même, ont bénéficié, "Charlie" est l'enjeu d'un autre débat, sur sa gestion, celle de son capital et celle de sa "gouvernance", pour causer novlangue...

"Le blasphème fait partie des droits de l'homme, l'humour fait partie des vertus"

Des membres de l'équipe de "Charlie Hebdo" ont créé une association réclamant un fonctionnement plus collectif et plus transparent du journal, au fonctionnement très "familial", avec trois directeurs-actionnaires concentrant les pouvoirs, et sans sociétés des rédacteurs. Détenu à 20 % par son directeur financier, Eric Portheault, à 40 % par son directeur de publication, Riss, et 40 % par les parents de Charb, son directeur assassiné le 7 janvier, "Charlie" a reçu, depuis l'attentat dont il a été victime, plus de quinze millions d'euros et de produit de ses ventes (plusieurs millions d'exemplaires pour le numéro suivant l'attentat, plusieurs centaines de milliers ensuite). Le collectif qui s'est créé, pour d'une certaine manière mettre le fonctionnement du journal en accord avec ses idées libertaires, voudrait ouvrir le capital à un actionnariat des salariés, et assurer la transparence de projets qui font consensus entre le collectif et les propriétaires-dirigeants de "Charlie" : répartir les dons reçus après l'attentat, entre les blessés et les familles des victimes, et créer une fondation destinée à soutenir le dessin de presse en France et dans le monde. Car un tel soutien est, aujourd'hui plus que jamais, nécessaire : l'autocensure sous la menace se répand un peu partout, avec son corollaire : les menaces légales contre la liberté d'expression...

Ainsi, le gouvernement français veut-il "sortir" le délit (et sa répression) de parole raciste (y compris antisémite) du droit de la presse pour l'intégrer au Code pénal, conformément au principe que "le racisme n'est pas une opinion mais un délit". Une "stupidité juridique" selon le président d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme, Henri Leclerc. Une stupidité et un danger : entre les mains d'un pouvoir politique peu soucieux de l'indépendance des juges et du pluralisme des convictions, le racisme serait bientôt rejoint dans la liste des "opinions" devenant des "délits" par toutes les opinions jugées dangereuses, par le pouvoir lui-même. Les "lois scélérates" frappant les anarchistes au début du siècle procédaient déjà de ce type de dérive. La loi française sur la presse fixe pourtant déjà des limites à la liberté d'expression en précisant que tout citoyen devra répondre de "l'abus de cette liberté" dans les cas déterminés par la loi. Or le racisme est précisément l'un de ces cas (il est sanctionné par le code pénal comme un délit), et ceux qui ont provoqué à la haine raciale peuvent même, si cette provocation a eu pour effet la commission d'un crime, être condamnés à perpétuité... Cela devrait suffire... d'autant que la répression  de l'expression du racisme ne fait pas disparaître le racisme.

Le droit suisse pose à la liberté d'expression les mêmes limites que le droit français : la discrimination raciale, la liberté religieuse (encore qu'on voit mal comment une expression puisse entraver la liberté religieuse, si on voit fort bien en quoi elle peut indigner ceux contre la foi de qui elle est exercée), la provocation publique au crime ou à la violence. Et c'est à chaque fois au juge de dire si ces limites ont ou non été franchies, comme il vient de le dire en France à Dieudonné, déjà condamné par le passé pour injures (comme d'ailleurs "Charlie Hebdo" l'a été), provocation à la haine ou à la discrimination raciale (ce pourquoi Charlie n'a en revanche jamais été condamné, ne pratiquant pas ce genre de discours). Il n'y a donc pas "deux poids, deux mesures" entre la mobilisation autour de "Charlie Hebdo", pour la liberté d'expression, et les poursuites contre Dieudonné, d'abord parce qu'il y a quelque différence entre se faire assassiner à la kalachnikov et se retrouver, défendu par des avocats, dans un tribunal d'un Etat de droit, entre une exécution sans jugement et un jugement sujet à appel et recours.  Le droit français, comme le droit suisse et celui de la plupart des Etats démocratiques, protège les individus, pas leurs croyances. Il protège les sujets de droit, et les religions n'en sont pas. Il protège une liberté d'expression inaliénable et illimitée dans sa substance mais pas dans son exercice : ma liberté d'expression n'est pas plus absolue que celle de mon adversaire ou de mon ennemi.

"La liberté de tout dire n'a d'ennemis que ceux qui veulent se réserver la liberté de tout faire" disait Jean-Paul Marat, qui ne se privait pas de "tout dire"... plus posée, la Cour européenne de droits de l'homme précise que la liberté d'expression implique celle d'exprimer des idées choquantes et inacceptables pour l'Etat ou une partie de l'opinion publique, mais l'ancienne conseillère nationale libérale Suzette Sandoz ne croit pas que l'on puisse "prétendre imposer au monde entier, d'un coup de baguette magique, le respect d'une liberté que nous avons mis beaucoup de temps à comprendre et à accepter". Or, s'agissant de la liberté d'expression, il ne s'agit nullement d'imposer une liberté aux autres -une liberté ne peut d'ailleurs être imposée, elle ne peut que se prendre- il s'agit d'abord de la défendre pour nous, ce qui, pour peut que l'on admet le principe selon lequel "les autres ont toutes les libertés que l'on se reconnaît à soi-même". Cette liberté que l'on revendique pour nous (et donc pour les autres), on ne la défendra pas si on renonce à l'exercer pour ne pas froisser ceux qui n'en veulent pas... Et quand le directeur du Mémorial de Caen, qui a reporté de six mois ses Rencontres sur le dessin de presse, le temps, dit-il, de les "repenser sur le fond comme sur la forme, observe que "nous avons une manière d'appréhender le dessin de presse qui n'est pas partagée dans le monde entier", il ne fait que poser un constat d'évidence, duquel ne saurait découler une autocensure quelconque, sauf à admettre que la "manière d'appréhender le dessin de presse" ailleurs doit s'imposer, sans réciprocité aucune, à la manière de l'appréhender ici.

André Comte-Sponville, pour qui "le blasphème fait partie des droits de l'homme, l'humour fait partie des vertus", note, fort justement, que "les fanatiques n'acceptent jamais l'humour", surtout, évidemment, "lorsqu'il porte sur ce qu'eux-mêmes jugent sacré". Et d'en conclure, fort justement, que c'est là une "raison de plus pour rire d'eux, de leur sérieux et de leurs idoles". A la condition, nécessaire à la légitimité de notre rire, que nous soyons aussi capables de rire de nous, de notre sérieux (ou de son absence) et de nos idoles, si nous en avons. Y compris de "Charlie", donc.

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mardi, 03 février 2015

Des limites (ou non) de la liberté d'expression : Le lourd prix du droit de dire

2014 n'avait déjà pas été un très bon cru pour la liberté de la presse, avec 66 journalistes assassinés dans le monde en raison de leur profession, mais 2015 a commencé sur les chapeaux de roue, avec le carnage de « Charlie Hebdo », qui permet pour l'instant (mais ça ne durera pas, la concurrence est féroce) à la France de prendre la tête du sinistre classement des pays les plus dangereux pour ceux qui croient pouvoir écrire ou dessiner, et surtout publier, impunément. En 2014, la Syrie avait fait encore mieux, avec 15 journalistes tués... la Russie, le Bangladesh ou l'Egypte ayant aussi, entre autres, participé à l'étripage mondial des rédacteurs et des dessinateurs. Mais là-bas, c'est normal, c'est des barbares. Nous, on est civilisés, s'pas ? Ben non, finalement, pas plus qu'eux : les tueurs de « Charlie » et du magasin kasher étaient tous nés en France, pays de liberté(s)... Et se repose l'insidieuse, question des limites de la liberté de la presse, et donc de la liberté d'expression, et du prix de leur exercice. Le prix du droit de dire.

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17:01 Publié dans Droits de l'Homme, Médias | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : liberté d'expression, liberté de la presse | |  Facebook | | | |