lundi, 11 juin 2018

Et PAV (dans la gueule) !

doigt pointillé.jpg

"62 % de logements sociaux, c'est trop", qu'ils disaient, les arracheurs de dents. Et 62 % de "oui" au PAV, alors, vous les avez aimés ?
A force de prétendre que le projet d'aménagement du PAV comportait "62 % de logements sociaux", les milieux immobiliers et les partis de droite ont réussi à mobiliser presque 62 % de votants en désir ou en besoin (insatisfait), et en tout cas en (longue) attente, de logements sociaux. Sauf que ces fameux "62 % de logements sociaux" brandis comme un épouvantail par la droite, c'était du flan, de l'enfumage. En revanche, les 61,4 % de votes en faveur du projet que la droite combattait sont bien réels, eux... Et ils n'aurait sans doute pas été atteints si la droite la plus bête de Suisse (pas du monde, quand même...) n'avait pas agité comme une menace ("trop de logements sociaux") ce qui est une revendication de la majorité de la population ("plus de logements sociaux". Amusant, non ? Réjouissant, même.

Quelque chose comme la sanction morale d'un mensonge

Il y aura donc, si tout va bien, Les 62 % de logements d'utilité publique sur les terrains du PAV en mains de l'Etat. 62 % de logements d'utilité publique, pas 62 % de logements sociaux. Les LUP, ce sont soit des HBM (habitations bon marché), c'est-à-dire de vrais logements sociaux, soit des HM (habitations mixtes), c'est-à-dire des logements destinés à la classe moyenne. Le projet soumis au vote permet 24 % de ces logements sociaux. C'est presque trois fois moins que ce que la droite proclamait sur ses affiches, dans ses tracts et ses annonces publicitaires. Et la limite supérieure pour pouvoir obtenir un HBM, c'est 102'500 francs par an pour une famille de quatre personnes, dans un cinq pièces (la règle, c'est une pièce de plus que le nombre de personnes), qu'elle devra quitter si son revenu dépasse ensuite 174'000 francs par an. Autrement dit, si elle rentre dans la classe moyenne, à qui les HBM ne sont en effet pas destinés, mais à qui sont destinés les HM, soit 38 % des logements prévus, avec une limite de revenu de 248'000 francs pour une famille de quatre personnes dans un cinq pièces. Qui pourra rester dans son logement (avec une augmentation de loyer) si son revenu dépasse cette limite. Et la classe moyenne aura en outre accès à deux autres types de logements prévus au PAV : ceux en loyer libre (26 % de tous les logements prévus sur les terrains en mains de l'Etat, plus ceux prévus sur les terrain s en mains privées) et les logements en propriété par étage en droit de superficie (12 % du total sur le périmètre public, plus ceux sur le périmètre privé). Ces chiffres, ces proportions, étaient évidemment connues des milieux immobiliers. En faisant campagne contre "trop de logements sociaux", ils ne se sont donc pas trompés, ils ont trompé. En clair, ils ont menti. Sciemment, forcément, puisqu'on ment toujours sciemment. De ce point de vue, et quelque critique qu'on puisse faire au projet soumis au vote par Antonio Hodgers (qui n'y était pas obligé), à la réduction de la proportion de logements d'utilité publique dans le total des logements réalisables, à l'intégration de la propriété par étage (fût-elle en droit de superficie) dans le périmètre en mains publiques, son approbation à presque deux contre un par le corps électoral a quelque chose d'une sanction morale d'un mensonge.

Et maintenant, ce projet, adopté après que la droite immobilière ait réussi à faire croire qu'il comportait 62 % de ces logements sociaux dont les Genevois ont besoin, il va bien falloir avancer dans sa réalisation, sans cultiver l'illusion qu'à lui seul, il pourra résoudre la crise du logement à Genève.  Le président du Conseil d'Etat sortant, François Longchamp, était d'ailleurs inquiet : les Genevois qui se sont installés côté français de la frontière faute de pouvoir se loger correctement côté genevois, pourraient revenir, chassés de Gaule par divers changements légaux (assurance-maladie, droits de succession, imposition des plus-value). Et ils sont 20'000, ces exilés. Ce qui correspond grosso-modo à 10'000 logements. Un peu moins que le nombre de logements prévus au PAV -qui pourraient, si l'hypothèse se confirmait du retour massif des Genevois exilés côté français de la Grande Genève, n'être qu'un rattrapage de tout le retard accumulé dans la construction de logements accessibles à la majorité de la population. Il va donc y avoir d'autres projets d'aménagement à défendre parce qu'ils créent de tels logements, et qu'ils les créent en zone urbaine ou péri-urbaine, sans attenter ni aux espaces naturels, ni aux espaces agricoles.
Mais là encore, il va falloir les imposer à la droite immobilière (et aux propriétaires de villas...), ces projets. Et nul doute qu'elle nous le resservira, le mythe de "trop de logements sociaux", et qu'elle nous en regratifiera, de l'invocation à la "classe moyenne".
Parce qu'on ne change pas un discours qui perd.

 

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jeudi, 07 juin 2018

Votation cantonale genevoise du 10 juin : Relancer le PAV, ou l'ensabler ?

ville-fantome.jpgOn saura dimanche à midi et des poussières ce que les Genevois et voises auront décidé quant au destin du projet d'aménagement du périmètre Praille-Acacias-Vernets (le PAV) : le statu quo, c'est-à-dire la loi issue en 2010 d'un accord entre tous les partis, les milieux immobiliers et ceux de défense des locataires, ou le projet de la modifier, en augmentant la proportion de logements, en diminuant celle de logements subventionnés (dits d'"utilité publique", dont un petite part de logements sociaux, et en introduisant la propriété par étage sur des terrains en mains de l'Etat. Si on reste au statu quo, tous les risques sont réunis d'un ensablement du projet. Si on accepte la proposition soumise au peuple, on pourra le relancer. Avec 2000 logements de plus que les milliers déjà prévus. Ce projet, le plus important projet d'aménagement urbain et de création de logements à Genève depuis cinquante ans, est stratégique, essentiel quantitativement et qualitativement. Quantitativement, par le nombre de logements nouveaux qu'il propose, qualitativement, parce qu'il construit réellement la ville en ville, dans un périmètre déjà urbain.

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jeudi, 31 mai 2018

Sous le PAV, la rage ?

pavL'étrange campagne de la droite

La droite genevoise appelle à voter NON à la modification de la loi sur le périmètres Praille-Acacias-Vernets (PAV), avec d'étranges arguments. Elle refuse la loi au prétexte qu'elle prévoit 62 % de "logements sociaux" et que "c'est trop". Sauf que si la modification est refusée, c'est la loi actuelle qui restera s'imposer. Et qu'elle prévoit 65 % de ce que la droite appelle des "logements sociaux". Le comité de droite reproche aussi à la modification de la loi de ne prévoir de propriété par étages qu'en droit de superficie. Sauf que si la modification de la loi est refusée, de la propriété par étage, il n'y en aura plus du tout. Donc le comité qui trouve que 62 % de "logements sociaux", c'est trop et que la propriété par étage telle que proposée est "restrictive", se bat en fait contre ses propres critères, pour plus de "logements sociaux" et pas de propriété par étage du tout. Et une densité de logements moindre, puisque le projet soumis au vote double la proportion de logements nouveaux par rapport à celle d'emplois nouveaux ou importés. En fait, il n'est pas un argument des opposants de droite au nouveau projet PAV qui ne se puisse être retourné contre ses auteurs. Et pas un, non plus, qui ne puisse s'expliquer par la rage des milieux immobiliers de ne pas maîtriser le plus ambitieux projet urbanistique de ce début de siècle.

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mardi, 22 mai 2018

Le PAV en votation populaire le 10 juin : Un bon gros "oui" s'impose

PAV.jpgLe 10 juin, à Genève, en votation cantonale, on se prononcera sur une loi modifiant les limites de zone du quartier "Praille-Acacias-Vernets" (le fameux PAV), 130 hectares à cheval sur trois communes (Genève, Carouge, Lancy). Plus fondamentalement, il s'agit, en modifiant une loi de 2011, de savoir si on accepte ou non de doubler la part de nouveaux logements par rapport à celle de nouveaux emplois (1900 logements supplémentaires sont prévus, pour arriver à un total de 12'400 logements) et si on ouvre ou non la possibilité de réaliser des logements en propriété par étages, tout en maintenant la part de logements d'utilité publique et en augmentant le nombre de HBM (les logements sociaux aux loyers les plus bas). Toute la gauche (PS, Verts, Ensemble à Gauche, Egalité & Equité, PC, PRG, syndicats), plus le MCG, accepte le projet, toute la droite (PLR, PDC, UDC, Chambre de commerce, Syndicats patronaux, PBD, Verts libéraux -et même "AgriGenève, dont on se demande ce qu'elle vient foutre là-dedans) le refuse (quoique des personnalités de droite le soutiennent, comme Mark Muller, Claude Haegi, Pierre-François Unger, Michel Balestra), en proclamant que "62 % de logements sociaux, c'est trop" (alors que c'est 5 % de moins que dans la loi actuelle), qu'il n'y a "pas assez de PPE" et que celles qui sont possibles ne sont pas de "vraies PPE" (alors qu'il n'y en a pas du tout dans la loi actuelle)...

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jeudi, 12 avril 2018

Politique (sociale) du logement de la Ville de Genève : Qui loger d'abord ?

soupirail.jpgQui loger d'abord ?

On a beaucoup entendu parler hier soir, sans beaucoup de pertinence, de la politique du logement telle que menée par la Ville de Genève, et par sa Gérance Immobilière (la GIM). A une droite qui refuse une politique sociale du logement priorisant la satisfaction des besoins les plus urgents et les droits des moins aisés, et une "gauche de la gauche" qui dénonce les modalités pratiques d'une telle politique, entre invocations rituelles à une "classe moyenne" à géométrie variable et règlements de compte personnels, la question à se poser est bien celle posée par la Conseillère administrative Sandrine Salerno : "Est-ce que le parc de la GIM doit servir à loger tout le monde ou, comme aujourd'hui, les populations les plus précaires de Genève". Il y a bien là un choix de priorité (voire un choix de société), pour une Municipalité : qui loger d'abord ? Celles et ceux qui ne peuvent pas l'être sans qu'une collectivité publique les y aide, ou "tout le monde", y compris celles et ceux qui n'ont pas besoin d'une telle aide ? Celles et ceux qui n'ont pas de logement, juste un hébergement, ou celles et ceux qui en un qui ne leur convient pas ?

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vendredi, 09 mars 2018

Genève : le spectre de la densification exorcisé deux fois sur trois

banlieue résidentielle.jpg

La ville en ce jardin

Contre l’avis d’un comité référendaire solidement ancré à droite pour s'opposer à toute modification de zone remettant en cause quelques privilèges et quelques conforts, les habitant-e-s de la Ville (sauf au Petit-Saconnex...) ont largement approuvé (à 60 %) le préavis positif sur un projet visant à densifier légèrement une zone villa au Petit-Saconnex. Même approbation, dans une proportion plus faible (53,5 %) à Bernex. A Chêne-Bougeries, en revanche, le préavis favorable à la construction d'immeubles sur une parcelle privée a été refusé  à 54,6 % des voix (mais le Conseil d'Etat a adopté un autre plan localisé de quartier prévoyant la construction de 205 logements, et sur lequel le Conseil municipal avait donné un préavis défavorable). Trois votations communales, donc, sur des préavis  d'aménagement combattus par référendum, et deux acceptations sur trois. "On pouvait s'attendre à plus de refus", commente le Conseiller d'Etat Antonio Hodgers, finalement assez satisfait du résultat : plusieurs centaines de logements pourront être construits dans un canton où le taux de vacances de logements ne dépasse pas 0.5% (il en faudrait quatre fois plus), et où la zone villa recouvre près de 60% des surfaces construites pour ne loger qu’environ 10% de la population. Et la commune (Chêne-Bougeries) qui a refusé d'accepter le déclassement d'une zone inconstructible en zone constructible est une commune privilégiée, éloignées des nuisances de l'autoroute et de celles de l'aéroport, avec une zone villas hégémonique et un des impôts municipaux les plus bas du canton.  Le projet était pourtant équilibré, mais il a été fort mal défendu par l'exécutif de la commune (et par le canton, ajoute le propriétaire du terrain...). Le mot d'ordre "pas dans mon jardin" (mais pourquoi pas dans celui du voisin ?) a été suivi à Chêne-Bougeries (et reste mobilisateur ailleurs), lors même (ou du fait même ?) qu'il n'exprime qu'une réflexion urbanistique d'un niveau proche du zéro. Dans "urbanisme" il y a "urbs", la ville. Et la ville, les samsuffistes ne l'aiment pas. Alors qu'objectivement, ils y sont -mais sans l'admettre.

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lundi, 26 février 2018

L'épouvantail de la "densification" plane sur les votations municipales

1602.jpgSamsuffisme ou résistance ?

La "densification" serait-elle devenue (ou re-devenue) à Genève le monstre à abattre et le fléau à combattre ? Les trois votations municipales du 4 mars, portant sur des préavis municipaux concernant des projets de construction de 860 logement à Bernex, Chêne-Bougeries et au Petit-Saconnex, en Ville de Genève, font en tout cas largement usage de ce concept comme d'un épouvantail. Oui, on densifie. Oui Genève est la ville la plus dense de Suisse. Elle l'est d'ailleurs depuis qu'elle est suisse, et déjà auparavant, elle était plus dense que les autres villes de la région. Cela tient évidemment à sa faible superficie (avec plus de 200'000 habitants sur 16 km2, Genève est deux fois et demie moins étendue que Lausanne mais abrite 50 % de population en plus...)  Mais surtout, qu'est-ce que cela signifie, concrètement, la "densité" concrètement, dans la vie des gens (parce qu'une ville, figurez-vous, c'est des gens...) ? La densité de quoi, d'ailleurs ? de population ? de constructions ?  ? le "vieux Carouge", réputé pour sa qualité de vie, est aussi "dense" que les tours de Carouge, et le quartier résidentiel des Tranchées, en Ville de Genève aussi dense que la cité de Meyrin, avec ses grandes barres d'immeubles... L'indice de densité* du projet du Petit-Saconnex est de 1.4 ? La vieille ville de Genève à une densité qui peut dépasser 3.0, les Pâquis une densité qui peut dépasser 3,8... sont-ce des enfers ? Les trois projets combattus densifient, certes, mais fort modérément, dans des quartiers où c'est possible, en assurant des logements aux loyers accessibles et en ayant obtenu l'accord des conseils municipaux. Le résultat des votes municipaux du 4 mars ne sera pas décisif puisqu'il ne porte que sur des préavis et que la décision est en mains du Conseil d'Etat (qui a produit un plan directeur prévoyant la construction de 50'000 logements d'ici 2030) mais il témoignera de la force ou de la faiblesse du "samsuffisme" et de ses nostalgies villageoises.

* Indice de densité (ID) = surface brute de plancher (SPB) divisé par la surface nette à bâtir (SNB), dans laquelle on ne tient compte ni des surfaces vouées à la circulation, ni de celles vouées aux équipements publics, ni de celles consistant en des mails des espaces verts.

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vendredi, 30 juin 2017

Reprendre la rue pour le droit à la ville

Réchauffer l'été

Affiche_Unitaire_Couleur.jpgUne grande manifestation sur le droit à la ville aura lieu à Genève le 1er juillet 2017 (14 heures 30, Place de la Navigation), à l'appel d'un front très large d’organisations et à l’initiative de la maison collective de Malagnou (en lutte contre son expulsion) :  un comité réunissant plus d’une trentaine de collectifs de lieux autogérés, d’associations de quartier, de défense des migrant.e.s, de la culture, de la paysannerie contractuelle, de syndicats et de partis politiques, qui ont décidé qu’il était temps de "reprendre la rue" pour "défendre des lieux d’habitation et de vie contre les attaques de politiques irresponsables de mise en compétition des précaires. C’est pourquoi nous refusons notamment l’opposition entre étudiant.e.s et personnes en exil". L'été commence, réchauffons-le.

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jeudi, 18 mai 2017

Politique sociale ou asociale du logement ?

masques.jpgLes masques tombent...

Il faut remercier les gens qui nous font des cadeaux. Alors on remercie la droite municipale de nous en avoir fait hier soir deux, sous forme de propositions de démantèlement de la politique du logement menée par la commune. Peut-être même n'aurait-on pas dû les refuser, ces cadeaux politiques que nous faisait cette droite-là (sans le MCG). La première proposition voulait porter à 30 % (au lieu de 5 %)I la part des loyers libres dans le total des logements loués par la Ville. La seconde voulait confier à des régies privées la gestion de 10 % du parc immobilier de la Ville. Pouvait-on mieux dire qui la droite élargie défend, pour qui elle roule, ce qu'elle défend ? Et, a contrario, qui la gauche défend, pour qui elle se bat, et ce qu'elle défend ? Les masques tombent...

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jeudi, 09 juin 2016

Il n'y aura pas de retour des "congés-vente" à Genève

pas de victoire sans lutte.jpgOn ne gagne pas par hasard...

Par 51,82 %, les Genevois et voises ont refusé un projet de loi des milieux immobiliers incarnés par le député MCG Ronald Zacharias, soutenu par toute la droite, du PDC au MCG en passant par le PLR et l'UDC, visant à "faciliter le rachat de leur appartement par les locataires" -doux euphémisme pour un retour possible des fameux "congés-vente", cette pratique relevant du chantage et qui se résumait en l'injonction "achetez ou partez" adressée par les propriétaire d'un logement à des locataires le plus souvent dans l'incapacité financière d'assumer le premier terme de cette fausse alternative. Un premier enseignement, en forme d'enfoncement d'une porte ouverte, peut être tiré de ce vote contre le projet de la droite : on ne gagne pas par hasard, même à l'arraché : on gagne quand on fait ce qu'il faut pour. Il convient de s'en souvenir, parce que d'autres combats du même genre contre d'autres projets de lois issus du même tonneau, ou pour des projets issus de notre propre barrique, se profilent, contre ou pour lesquels une même mobilisation va devoir se faire, et un même "front commun" se constituer, que ceux qui se sont imposés dimanche, pour au moins préserver le parc locatif, dans une période de pénurie déjà longue, et qui promet de ne pas s'achever à court terme. Pas plus que le conflit politique sur le logement.

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jeudi, 19 mai 2016

Vers un retour subreptice des "congés-vente" à Genève ?

vignette congés-vente.jpgUne truanderie se répète

Depuis 1985, grâce à une initiative de l'Asloca largement acceptée par le peuple, la pratique des "congés-vente" est interdite à Genève. De quoi s'agissait-il ? Du "choix" laissé aux locataires d'appartements dont les propriétaires espéraient tirer plus grand profit qu'en les louant -un choix résumé ainsi : "achetez ou partez !". L'interdiction de cette pratique gêne évidemment les propriétaires et les spéculateurs. Ils ont donc tenté, et trouvé pour cela une majorité au parlement (grâce au MCG, en pointe dans cette truanderie comme dans toutes celles lancées contre le droit au logement et la protection des locataires) pour insérer dans la loi un moyen de contourner le vote de 1985, et de rétablir, sans le dire, les "congés-vente", au prétexte d'"autoriser les locataires à acheter leur logement" -ce que rien pourtant ne les empêche de faire s'ils le souhaitent réellement et que leur propriétaire est vendeur à un prix à leur portée. On votera le 5 juin sur ce retour subreptice des "congés-vente", masqué par une campagne menée à coup de centaines de milliers de francs par des comités factices de propriétaires déguisés en locataires. Comme s'il ne suffisait pas de truander les locataires, et qu'il fallait aussi truander leurs votes.

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mardi, 08 septembre 2015

Une initiative populaire de l'Asloca pour des « logements abordables »

L'Asloca suisse a lancé, avec le soutien de l'Union Syndicale Suisse, du PS, de la JS, des Verts et des coopératives d'habitation , une initiative populaire fédérale « pour des logements abordables », exigeant de la Confédération  qu'elle «  encourage l'offre d'appartements à loyers bon marché dans tout le pays », en concertation avec les cantons. Les collectivités publiques, qui disposeraient d'un droit de préemption sur les terrains, devraient favoriser l'achat et la construction de logements pour des coopératives sans but lucratif ou des sociétés d'intérêt public. Dans toute nouvelle construction, la part de tels logements devrait s'élever au moins à 10 %. L'initiative prévoit même que la Confédération encourage l'achat d'appartements ou de maisons familiales par des particuliers, pour leur usage personnel.
L'initiative doit aboutir avant le 1er mars 2017, et on peut déjà la signer ici :
http://logements-abordables.ch/fr/initiative-logements/

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mardi, 16 juin 2015

Vote genevois pour la "transformation de bureaux en logements" : Enfumage et coup de semonce

On ne s'attendait pas vraiment à la gagner, la votation sur la loi facilitant la transformation, sans contrôle de leurs loyers, de bureaux en logements. Mais on ne s'attendait pas non plus à la perdre avec un écart si important, en n'ayant rassemblé dans le camp du « non  » de 42% des votants (ce qui correspond néanmoins à peu près au poids de la gauche dans ce canton). On savait que, dans l'enfumage généralisé de l'enjeu opéré par la droite, et tout particulièrement par le MCG, il allait être  difficile de faire émerger l'explication des conséquences et des intentions réelles, de la « loi Zacharias ». Dont acte : pour la première fois depuis 1962, la gauche et les organisations de locataires et d'habitants perdent une votation dont l'enjeu est le socle légal de protection des locataires. La loi acceptée par le peuple dimanche n'aura certes quasiment aucun effet sur la crise du logement mais ce « coup pour rien » s'agissant de l'offre de logements correspondant aux besoins réels n'en est pas moins un coup de semonce : la droite et ses supplétifs MCG se préparent à une salve de propositions qu'il va falloir aussi combattre par référendum. En se mobilisant un peu mieux qu'on vient de le faire...

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lundi, 08 juin 2015

« Transformation de bureaux en logements » : Une vessie pour une lanterne...

Vignette loyers.jpgSi l'enjeu de la proposition soumise au vote genevois de dimanche prochain était réellement la transformation de bureaux en logements, ce vote n'aurait sans doute pas lieu, parce qu'aucun référendum n'aurait été lancé contre la modification de la loi qu'implique la proposition. Mais il s'agit moins, pour les auteurs de celle-ci, de permettre la transformation de bureaux en logement que de permettre la transformation de la loi sur les démolitions, transformations et rénovations (LDTR) en coquille vide, et d'affaiblir à la fois les protections légales dont les locataires bénéficient, et l'organisation qui les défend, l'ASLOCA,  que le Conducator du MCG (puisque c'est le MCG qui est à la manoeuvre pour les milieux immobiliers) a déclaré vouloir « détruire ». Et si pour cela on peut à la fois se débarrasser d'objets locatifs qu'on n'arrive plus à louer, tondre les locataires en leur louant deux fois leur prix d'anciens bureaux transformés en logement, et évincer des petits commerçants et artisans de leurs locaux pour transformer ceux-ci en logements soustraits au contrôle des loyers, c'est tout (triple) bénéfice, pour les propriétaires, les régisseurs et les spéculateurs. Ceux-là même qui ont résolu de faire prendre aux locataires la vessie de la « lex Zacharias » pour une lanterne progressiste...

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mercredi, 03 juin 2015

Que faire de la « Loi Zacharias » ? poursuivre sur sa lancée...

caveau.jpgOUI A LA CONVERSION DE CAVEAUX EN BUREAUX

PLUS DE BUREAUX POUR LES VIVANTS !
SANS CONSTRUIRE
SANS DECLASSER
SANS ATTENDRE
(et sans chauffage, sans eau et sans électricité, mais surtout sans avoir besoin d'expulser des locataires vivants, c'est parfois rétif, les locataires vivants, surtout quand ils sont à l'ASLOCA...)

Alors, ne barguignons pas, ne mégotons pas, ne procrastinons pas : disons sans tarder un résolu « OUI A LA CONVERSION DE CAVEAUX  EN BUREAUX », reconvertibles ensuite en logements, puis re-reconvertibles en caveaux convertibles en bureaux convertibles en logements, ad libitum...
Simple et raisonnable. Et logique. Et rationnel. Et tout et tout... Non ?

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mercredi, 27 mai 2015

Bal politique masqué autour de la "Lex Zacharias" : Faux et usages de faux derches

Le 14 juin, à Genève, on votera sur un projet de modification de la loi sur les démolitions et transformations (LDTR), projet adopté par la droite du Grand Conseil à l'initiative du MCG (et en particulier de son sponsor, le député Zacharias), pour, sous prétexte de favoriser la transformation de bureaux en logements, permettre aux propriétaires fonciers n'arrivant ni à vendre ni à louer leurs bureaux de les fourguer en logements, le temps que le "marché" se reprenne et qu'ils puissent les retransformer en bureaux. Sans doute un peu inquiets du résultat possible du vote, les partisans de cette "lex Zacharias" tentent non seulement de la présenter pour ce qu'elle n'est pas (une loi "favorable au logement"), mais aussi de se présenter eux-mêmes pour le contraire de ce qu'ils sont : un fantomatique "Collectif pour des Logements à Loyers Abordables", une non moins fantomatique "Association Genevoise des Locataires Progressistes" (les majuscules sont d'origine...), sans oublier, première de la cordée des fantômes, cette sous-marque commune du MCG et de la Chambre Immobilière, "Pro Loc", logée par le député Zacharias, présidée par la "verte libérale" Sue Putallaz, et vouée à affaiblir l'Asloca.

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lundi, 23 juin 2014

Opposer les besoins, trier les droits : une politique de gauche ?

Combat combat_de_coqs.jpgde coquelets et prise d'otage

Il faut savoir gré à deux élus municipaux genevois de nous avoir ré-inventé (en la détournant) une méthode d'action parlementaire, qu'on pourra se faire un plaisir, sinon un devoir, d'utiliser et de détourner à notre tour lorsque l'envie nous prendra : la prise en otage d'une proposition à laquelle tout le monde (ou presque) est favorable, ou du moins feint de l'être, pour obtenir l'annulation d'une décision que le Conseil municipal ne peut pas annuler lui-même, parce qu'elle est de la compétence exclusive du Conseil administratif. Par exemple : suspendre la réalisation d'une crèche tant que le Conseil administratif n'a pas renoncé à résilier le bail de locataires dont les appartements pourraient être affectés au logement de personne sortant d'un hébergement d'urgence, mais pas encore de la précarité et de la rupture sociales. Ultime combat de coquelets de poulailler municipal, parlement à jamais inconsolable de ne pas être un législatif...

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mercredi, 26 mars 2014

Genève : Rénovation des immeubles des Minoteries, malgré la droite...

L'eau chaude, un luxe à Genève en 2014 ?

Hier soir, à une majorité de 38 voix (la gauche et deux indépendants) contre 35, et en troisième débat, le Conseil Municipal a accepté la proposition du Conseil administratif d'ouvrir un crédit total de 90 millions de francs pour la rénovation complète des immeubles des Minoteries, à Plainpalais. La droite ne voulait pas de cette rénovation complète d'immeubles de logements sociaux (et abritant aussi une crèche et une bibliothèque-discothèque). Elle ne voyait pas non plus l'utilité d'un troisième débat, puisqu'elle avait été majoritaire dans le vote ayant conclu le deuxième débat. L'utilité du troisième débat lui a donc ainsi été démontrée. Et la Ville va pouvoir rénover des immeubles dont elle est propriétaire, et gérante, qui n'ont pas été rénovés depuis 40 ans et dans lesquel habitent 500 personnes. Bref, la Ville de Genève va faire son boulot. malgré la droite de la Ville de Genève, pour qui, apparemment, à Genève, en 2014, avoir de l'eau chaude tous les jours et des ascenseurs qui fonctionnent, relève d'un luxe somptuaire.

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lundi, 17 mars 2014

Propriété par étages, spéculation immobilière : le MCG est aux affaires...

cirer les pompes.jpgSous les cagoules, les larbins...

Au Grand Conseil genevois, à la fin de la semaine dernière, la droite la plus à droite a réussi son coup : la « loi Longchamp », qui voulait mettre fin à l'accaparement spéculatif des logements en « PPE » (propriété par étages) en zone de développement par quelques spéculateurs, a été déficelée par des amendements inspirés par le lobby immobilier et ses relais au sein du parlement (dont quelques députés dont le désintéressement dans ce débat est objet d'un lourd doute). Un exercice qui a vu le MCG passer dans le camp des spéculateurs et des accapareurs. Sous les cagoules des démagogues MCG, il n'y a finalement qu'un groupe de larbins et de cireurs de pompes des milieux immobiliers -même pas des promoteurs, qui après tout en promouvant font au moins quelque chose, mais des spéculateurs et des accapareurs parasitaires. Bref, le MCG est aux affaires. Immobilières.

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14:14 Publié dans Genève, Logement, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : ppe, propriété par étagers, spéculation | |  Facebook | | | |

vendredi, 10 janvier 2014

Appartements vides à Genève : Lanceurs d'alerte

Présente depuis une semaine, sur Facebook, une page (www.facebook.com/groups/appavid/) recense, à partir d'informations transmise par les habitants eux-mêmes, les appartements vides à Genève. Les appartements vides, c'est-à-dire laissés délibérément vides, pour quelque raison que ce soit. Plusieurs dizaines de cas ont déjà été recensés. A l'initiative de cette page de «  lanceurs d'alerte », Stéphane Guex-Pierre explique : « nous voulons dresser un état des lieux (et pousser) les responsables politiques à s'emparer du problème » , ne serait-ce que pour appliquer les lois existantes. Le succès de l'initiative (le groupe autour de la page comptait 2266 membres jeudi soir) signale, pour le moins, un problème, et manifeste un « refus de résignation »  à ce que ce problème ne soit pas pris en compte par ceux dont c'est le boulot... ou soit délibérément entretenu par ceux (propriétaires, régies) qui le nient...

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13:35 Publié dans Genève, Logement, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : facebook | |  Facebook | | | |