libertés

  • Indissolubles libertés

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    blaspheme.jpgDu droit au blasphème

    L'"Affaire Mila" : Une adolescente de seize, lycéenne dans l'Isère, ans dit sur Instagram, avec les mots d'une adolescente de seize ans, son homosexualité et sa détestation de "toutes les religions", et particulièrement (mais pas exclusivement) de l'islam ("le Coran, il n'y a que de la haine, là-dedans"). Et immédiatement, la voilà la cible de torrents d'injures et de menaces de viol et de meurtre, quasiment justifiée par le délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM): "qui sème le vent récolte la tempête. Elle l'a cherchée, elle doit assumer". Et fort mal inspirée, la ministre de la Justice, questionnée sur une radio à propos de cette "affaire", assimile maladroitement, pour ne pas écrire stupidement, "l'insulte à la religion" à une "atteinte à la liberté de conscience" -ce qui est à la fois inacceptable et absurde. Inacceptable, parce que cela remet en cause un droit inhérent à la liberté d'expression : le droit au blasphème. Et absurde parce que rien ne peut remettre en cause la liberté de conscience , intérieure par définition, sinon la perte de conscience. Le ministre de l'Intérieur a donc dû recadrer sa confuse collègue de la Justice : "il n'existe pas dans ce pays et il n'existera jamais sous l'autorité de ce gouvernement de délit de blasphème". Et le président du CFCM fait de même avec son délégué général : "rien ne saurait justifier des menaces de mort". Utiles précisions. Qui justifient, au-delà de l'"affaire Mila", que l'on revienne, quitte à rabâcher, sur ce droit au blasphème que nous revendiquons et dont nous réitérerons inlassablement qu'il est si indissolublement contenu dans les libertés d'expression et de religion qu'0on ne peut réprimer l'un sans attenter aux autres.

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  • "Nouvelles censures... nouvelles dictatures"

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    Cinq ans après le massacre de "Charlie Hebdo"

    La semaine dernière, "Charlie Hebdo" sortait un numéro revenant, cinq ans après, sur le massacre dont sa rédaction fut la victime. Ce numéro, l'hebdo l'a titré "Nouvelles censures... nouvelles dictatures". "Charlie Hebdo" peut légitimement nous parler de la censure : il en a été la cible sous sa pire forme, celle du meurtre.  Et c'est pour nous, ici, qui n'avons jamais rien risqué qui y ressemble, fût-ce de très loin, l'occasion de revenir sur ce qui se développe à la faveur du des réseaux "sociaux" (asociaux, en l’occurrence) comme entraves nouvelles aux libertés d'expression, de création, de représentation. Il ne s'agit pas de poser comme principe l'irresponsabilité des artistes, intellectuels, journalistes, de leurs actes, de leurs paroles, de leurs oeuvres, mais de s'interroger sur la propension de plus en plus généralisée de groupes minoritaires ("trente personnes organisées sur les réseaux sociaux peuvent suffire", observe le professeur Laurent Dubreuil) d'empêcher que ces paroles soient dites ou écrites et que ces œuvres soient représentées. Céline avait à répondre de son antisémitisme et l'éditeur de Sade de l'apologie par le Divin Marquis du "tout m'est permis", mais pour qu'ils en répondent, il fallait que Céline et Sade fussent édités et lus... Et s'il n'était certainement pas nécessaire qu'un Matzneff soit édité, il l'est encore moins de faire l'honneur à ce médiocre égocentrique de pilonner ses médiocres écrits.

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    Lien permanent Catégories : De tout un peu, libertés 9 commentaires