mardi, 06 janvier 2015

Migrations : de « Mare Nostrum » à « Triton »...

harragas.jpgditerranée : tombeau ou barrière ?

Depuis novembre, une nouvelle opération, « Triton » a été lancée en Méditerranée pour tenter (sans y parvenir) de contrôler la migration massive partant d'Afrique du nord et du Moyen et Proche Orient pour l'Europe. Confiée à « Frontex » l'agence européenne de surveillance des glacis de la «forteresse Europe», « Triton » remplace « Mare Nostrum », opération purement italienne qui avait permis de récupérer en mer plus de 150'000 migrants. «Triton» n'est pas ce qu'était « Mare Nostrum », une opération humanitaire de sauvetage des migrants en perdition dans le grand cimetière marin ou des milliers d'entre eux ont déjà sombré, « Triton » est une opération de surveillance des frontières : 20, pays y participent, mais les fonds qui lui sont alloués sont trois fois moins importants, le personnel qui lui est affecté quinze fois moins nombreux et elle mobilise deux fois moins de navires que « Mare Nostrum » par l'Italie seule. Il est vrai qu'il ne s'agit que d'immigrants. D'une quantité négligeable, donc. Du moins quand ils ont le bon goût de se noyer : quand ils atteignent les côtes européennes, ils ne sont plus négligeables, ils sont importuns. Comme si la Méditerranée ne pouvait être être pour les migrants qu'un tombeau ou une barrière. Ou l'un et l'autre.

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16:43 Publié dans Immigration, Italie, Monde, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

mercredi, 09 octobre 2013

Lampedusa, 3 octobre 2013 : L'exode, le naufrage, la mort

 

migration, harragas, Lampedusa

Jeudi dernier, à quelques centaines de mètres des côtes de l'île de Lampedusa, une barque surchargée de 500 passagers sombre. 155 hommes, femmes, enfants, sont sauvés de la noyade. Tous les autres, enfants, femmes, hommes, ont péri. Sur les quais de Lampedusa se sont alignés les sacs mortuaires, en attente de cercueils. Les pêcheurs qui ont porté secours aux neufragés témoignent : J'ai vu « un océan de tête » , « je pleurais comme un enfant. Avec mes mains, je fermais les yeux des morts », l'un pleurait pour n'avoir réussi à «n'en sauver que 47» . Le gouvernement italien a décrété une journée de deuil national, la mise en berne des drapeaux et une minute de silence. Ainsi se résume le plus tragique des épisodes récents de l'exode à travers la Méditerranée des émigrants africains fuyant des pays où ils ne peuvent plus vivre, pour un continent qui les refuse vivants et les compte morts.

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14:17 Publié dans Immigration, Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : migration, harragas, lampedusa | |  Facebook | | | |

mercredi, 27 février 2013

Ingovernabile... e poi ?

Gramsci, Malatesta, réveillez-vous ils sont paumés...

L'avantage de la langue italienne pour un francophone étant que la traduction n'est pas toujours indispensable à la compréhension, on n'aura pas besoin de traduire le mot du jour : « ingovernabile » serait donc depuis hier l'Italie. Parce que sans majorité parlementaire au Sénat, et sans coalition durable à l'horizon. Et les marchés plongent, et l'Europe s'inquiète, et notre feuille d'avis inofficielle locale évoque un «scenario catastrophe»... Ingovernabile, l'Italie ? Peut-être, mais pourquoi seulement depuis hier ? Etait-elle « governabile » avant-hier? Ou sous Berlusconi ? Ou sous le fascisme ? Et pourquoi diable être «ingovernabile» serait souffrir d'un manque ou d'un mal ? Notre projet, celui du mouvement socialiste, n'était-il pas, quand les mots politiques avaient encore politiquement un sens, de passer « du gouvernement des hommes à l'administration des choses ? »
Et donc, précisément, d'être « ingovernabili » ?

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13:26 Publié dans Italie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : beppe grillo, berlusconi, bersani, gauche | |  Facebook | | | |

mercredi, 20 février 2013

Elections italiennes : Choisir entre le pire et le médiocre ?

BerlusconiDans une semaine, l'Italie aura choisi à quelle majorité, ou quelle absence de majorité, confier son parlement, et son gouvernement. Et on annonce le retour possible du bouffon éternellement résurgent qui avait réduit, en deux décennies, la politique italienne (de la droite à la gauche, à quelques îlots de résistance près...) à ne plus être qu'une transposition dans le champ politique des pires émissions télévisées produites dans un pays développés -celles des télévisions de Berlusconi lui-même... L'Italie semble s'être abîmée elle-même dans un gouffre d'amnésie, d'analphabétisme, de bêtise autosatisfaite, et d'une démagogie d'autant plus efficace qu'elle produit elle-même le peuple qu'elle prétend représenter... L'Italie, seulement ?

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14:04 Publié dans Italie, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : berlusconi, gauche, bersani | |  Facebook | | | |