mardi, 17 mai 2016

Financement des partis et des campagnes politiques : Qui paie qui, et pour quoi ?

Une coalition de partis de gauche (le PS, les Verts), de quelques petits partis de droite (le PBD, les Evangéliques) ou d'ailleurs (les Pirates) a lancé le 26 avril une initiative populaire fédérale "pour plus de transparence dans le financement de la vie politique". Exiger plus de transparence dans la vie politique suisse n'est pas une revendication maximaliste : encore moins de transparence que ce n'est le cas en Suisse serait difficile pour une démocratie... Et savoir qui paie qui et pour quoi n'est après tout qu'une exigence légitime -que selon un sondage sur internet, trois Suisses-ses sur quatre partageraient. L'initiative ne demande pas la lune -seulement ce qui se pratique déjà à Genève et Neuchâtel, et qui pourrait se pratiquer à Fribourg : la publication, avant une votation ou une élection, de la liste des principaux donateurs aux partis et comités de campagne, et l'interdiction des dons anonymes.

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vendredi, 13 mai 2016

Désir d'enfant ou droit à l'enfant parfait ?

Ogre.jpgLe fantôme de l'eugénisme

Le 5 juin, on votera sur la révision de la loi sur la procréation médicalement assistée, qui découle de l'inscription dans la constitution fédérale de la  possibilité d'un diagnostic préimplantatoire (DPI), autrement dit avant l'implantation d'un embryon lors d'une fécondation in vitro. Une opposition s'était déjà dessinée alors contre cette possibilité même -elle avait donc été largement battue, puisque le principe du DPI avait été accepté par 62 % des votants. L'opposition de l'année dernière, défaite sur le principe, s'est reformée pour combattre la loi qui le concrétise, et elle s'est élargie à certains des partisans du principe, tel le socialiste valaisan Mathias Reynard, qui reprochent à la loi d'aller trop loin en rendant accessible le DPI aux couples infertiles naturellement, et pas seulement aux couples porteurs d'une maladie génétique grave. Mais le coeur de l'opposition à la loi est le même que celui de l'opposition à l'article constitutionnel : ce sont les milieux chrétiens conservateurs (catholiques et protestants). Et ces milieux, aujourd'hui, brandissent le spectre de l'"eugénisme", et opposées avec eux à la loi, des associations de défense des handicapés proclament que la société doit "intégrer les handicapés, pas les éliminer". Nous pouvons le proclamer avec elles -mais le diagnostic préimplantatoire ne va "éliminer" personne, et il n'y a pas plus d'"eugénisme" dans le diagnostic préimplantatoire qu'il y en a dans une échographie ou une amniocentèse, qui elles aussi permettent de prédire ce que sera l'enfant non encore né, et qui, elles, peuvent conduire à des avortements -ce à quoi ne conduit pas le DPI.

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jeudi, 12 mai 2016

Traversée routière du Petit-Lac : Même ânerie, même refus

Accès-au-lac_205.jpg

Le 5 juin, on votera à Genève sur la traversée routière du Petit-Lac. Ou plutôt, sur son principe. Ce n'est pas la première fois qu'on votera sur la traversée routière de la rade ou du petit-lac. Sur son principe, ou sur un projet. Ni ne sera la dernière fois. On a déjà voté une fois sur le principe de ce machin, et il avait été accepté : ce genre de principe n'engage pas à grand chose tant qu'on n'a pas un projet précis, chiffré, abouti sous les yeux. Et quand on l'a, les prononcements populaires changent. Parce qu'on voit par quoi se traduirait un vote positif. Résultat : après avoir accepté le principe de la traversée, les Genevois et voises ont par trois fois refusé les concrétisations qu'on leur en proposait. Nous avons refusé la traversée en pont, nous avons refusé la traversée en tunnel, nous avons refusé toute traversée de la rade. Alors le principe d'une traversée du Petit-Lac, bien sûr qu'on votera contre. Mais bien sûr, aussi, qu'on ne prendra pas le deuil si elle devait être acceptée. Parce qu'on n'est prêts, optimistes comme nous le sommes, à gauche, par définition autant que par choix, à prendre le pari que cette foutue traversée, on n'en verra pas le commencement des travaux de notre vivant (la statistique nous donnant une espérance de vie d'encore un quart de siècle). Ni même de celui de nos enfants, au cas où, par inadvertance, on en aurait commis. Et qu'en plus de ce pari, on peut prendre un engagement : celui de tout faire pour que cette ânerie récurrente reste là d'où elle n'aurait jamais dû sortir : les archives.

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13:52 Publié dans Genève, Transports, votations | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : traversée du lac | |  Facebook | | | |

mercredi, 11 mai 2016

Vers une acceptation de l’initiative "pour le service public" ?

Le piège est ouvert...

piège à loup.jpgSelon le premier sondage en ligne du groupe Tamedia, l'initiative "pro service public" serait massivement acceptée (58 % des sondés la soutiennent, 27 % s'y opposent), en particulier au sein des électorats de l'UDC, du PS et des Verts. L'électorat de gauche serait donc favorable à une initiative que les partis de gauche appellent à combattre. Pourquoi les défenseurs traditionnels et patentés du service public combattent-ils une initiative qui proclame vouloir précisément défendre le service public ? Et pourquoi la Fédération romande des consommateurs (FRC) ne soutient-elle pas cette initiative, lancée par des journaux de défense des consommateurs ? Parce que l'initiative est mal foutue et dangereuse. "On ne peut pas résoudre les problèmes de trois entreprises totalement différentes -la Poste, les CFF et Swisscom- avec une même solution. Il faut privilégier des approches par secteur (...) (et) définir d'abord c qu'est le service public avant d'en définir les modalités", résume le secrétaire général de la FRC. Reste à en convaincre l'électorat de gauche, plus inquiet des dérives du service public que des menaces que fait peser sur lui une initiative qui porte sa défense en sautoir. Le piège est ouvert, mais il l'a été par par les directions des service publics, et leurs tutelles politiques...

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16:03 Publié dans Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : service public, services publics, la poste, swisscom, cff | |  Facebook | | | |

mardi, 10 mai 2016

La sous-enchère est faible...

Les forfaits fiscaux, encore ? Ben oui, encore eux...
 
Les forfaits fiscaux, encore ? Ben oui, les forfaits fiscaux, encore. On a été battus en 2014 lorsqu'on proposait de les abolir, on ne le propose plus, mais on ne voit pas dans cette défaite d'il y a deux ans une raison suffisante pour accepter leur maintien à n'importe quel prix. Un comité référendaire "pour la défense des prestations publiques", formé des syndicats et des partis de gauche, appelle à refuser la proposition minimaliste du Conseil d'Etat et de la majorité de droite du parlement, d'un nouveau calcul du seuil d'imposition "d'après la dépense". C'est-à-dire, précisément, des forfaits fiscaux. On y revient ? Oui, parce que le gouvernement et le parlement de droite dont Genève s'est affublée il y a trois ans y reviennent, avec une proposition ajoutant un manque à gagner de 65 millions au milliard de perte déjà provoquée par leur engagement obstiné dans la sous-enchère fiscale entre cantons.

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13:58 Publié dans Fiscalité, Genève, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : forfaits fiscaux | |  Facebook | | | |

lundi, 09 mai 2016

Loi sur l'asile : Non à la loi ou à Non à Simonetta Sommaruga ?

A Genève, « Stop Exclusion » a, difficilement, opté pour un appel à voter « non » à la réforme de la loi sur l'asile. Un «  non idéologique », par opposition au « oui stratégique » du PS, des Verts ou d'Amnesty, qui « espèrent obtenir quelques avancées, notamment avec la gratuité des avocats ». Or sur cette «  avancée », «  Stop Exclusion » voit planer trop d'incertitudes pour pouvoir s'en contenter, et craint en outre que l'accélération des procédures se fasse au détriment des droits des requérants. «Stop Exclusion », ralliant le camp du « non de gauche », espère que « ce non de gauche soit crédible et entendu ». «  Crédible » , il l'est, assurément. Mais « Entendu », c'est une autre affaire dans une campagne dominée par l'affrontement de l'UDC et de la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, que les blochériens, à l'instar de Roger Köppel et de la Weltwoche, exècrent au point qu'on se convainc que cette exécration est au fond la seule motivation de leur référendum... en même temps qu'en retour, elle est sans doute la principale motivation du soutien du PS suisse à la révision de la loi portée par "sa" Conseillère fédérale.

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15:08 Publié dans Immigration, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : asile, accord de dublin | |  Facebook | | | |

mercredi, 04 mai 2016

Petits échauffements genevois avant l'Ascension

Neptune.jpgVoile et vapeurs

Il est des polémiques qui découragent l'intelligence. Ce n'est pas que leur objet soit insignifiant, c'est qu'y prennent part des intervenants que rebute l'effort de comprendre (du latin comprehendere, saisir...) ce que dit l'autre -"comprendre" intellectuellement, sans empathie, comme on peut comprendre ce que dit ou écrit quelqu'un avec qui on n'est pas d'accord, voire un adversaire, et même un ennemi : comprendre ce qu'il dit, c'est bien une condition nécessaire pour le contredire, ou le combattre, avec un minimum d'efficacité. Ainsi peut-on être athée  et faire l'effort de comprendre ce que disent Pascal ou Augustin. Ou être anarchiste et faire l'effort de comprendre ce que disent Marx ou Lénine. Mais dans la polémique foireuse qui égaie Genève à propos du port du foulard supposé "islamique" par des employées de l'Etat ou de la Ville, cet effort semble hors de portée neuronale de ceux qui s'acharnent à n'entendre que ce qu'ils ont envie d'entendre, même lorsque l'autre ne l'a pas dit.  Comme si une connexion ne se faisait pas entre l'émettrice qui dit "le voile, je m'en fous" et le récepteur qui comprend (ou fait semblant de comprendre) "le voile, je l'encourage"...

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16:44 Publié dans Genève, Politique, religion | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

lundi, 02 mai 2016

Oranges amères

Espagne : Soutenons les "princesses des serres"
 
60'000 ouvrières, presque toutes migrantes, travaillent dans les serres et les entreprises d'emballage de la région d'Almeriadans des conditions inacceptables, pour des salaires de misère, sous la pression constante de leurs employeurs et de leurs petits chefs. Pourtant,  celles que l'une d'entre elles a baptisées les "princesses des serres" résistent, et s'organisent syndicalement. Leur syndicat, le SOC-SAT, lance une campagne de formation, de conseil et d'affiliation, sur les lieux de travail et sur les lieux de vie des ouvrières, pour que leur défense aboutisse, comme cela été le cas à la fin de l'année dernière, à la reconnaissance de leurs droits et à la condamnation des pratiques patronales. Le SOLIFONDS* appelle au soutien matériel de cette campagne et du syndicat qui l'organise, et qui a été en pointe dans la lutte pour le respect des lois sociales et sur le travail, les droits des migrants, la lutte contre le racisme et la xénophobie. Répondez à l'appel à soutenir le SOC-SAT. Et lorsque vous irez faire vos courses, regardez d'où viennent les fruits et les légumes que vous achetez, et essayez d'imaginer dans quelles conditions travaillent, et à quel prix, celles qui les ont ramassés et celles qui les ont conditionnés. 
*SOLIFONDS, CP, 8031 Zurich
mail@solifonds.ch
www.solifonds.ch
CP 80-7761-7

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vendredi, 29 avril 2016

1er mai, 28 mai, 5 juin : Chaud, le printemps, chaud

 

1ermai.jpg

 Le printemps politique n'est pas le printemps saisonnier. Que la température frisquette de ces jours ne vous trompe pas : le printemps politique, cette année, sera chaud. Dimanche, on sera dans la rue. Comme tous les Premier Mai. Non pour célébrer la fête du travail, mais pour célébrer celles des travailleuses et des travailleurs. Et de leur émancipation. Quatre semaines plus tard, on sera à nouveau dans la rue. Pour dénoncer les coupes budgétaires, les menaces sur les services publics, le mépris des salariés de la fonction publique. Et une semaine plus tard encore, nous serons dans les urnes. Pour annuler ces coupes, repousser ces menaces, rétablir les moyens nécessaire à la commune pour qu'elle puisse jouer son rôle, assumer ses tâches, faire son travail. Mais aussi, pour faire avancer le projet de revenu de base inconditionnel.

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jeudi, 28 avril 2016

Revenu de base inconditionnel : Débat nourri à gauche

A deux contre un, les socialistes suisses, réunis en Assemblée des délégués, ont décidé d'appeler à voter "non" le 5 juin à l'initiative pour un revenu de base inconditionnel. Ce mot d'ordre (dont on fera ce qu'on veut, d'autant que le PS genevois a, lui, appelé, à la quasi unanimité d'une assemblée générale, à voter "oui" au RBI, et que le Conseil communal de Lausanne a demandé à la Municipalité d'étudier la mise en place d'une "expérience pilote" de RBI) n'est pas franchement une surprise, et on peut même être assez satisfait qu'un tiers des délégués du  PSS soutiennent une initiative qui remet radicalement en cause quelques solides réflexes socialistes (ou du moins sociaux-démocrates) et syndicaux. A gauche, d'ailleurs, le débat est nourri, d'attentes autant que de craintes : ainsi, dans "Gauche Hebdo" du 1er avril, Jean-Marie Meilland reprochait au revenu de base inconditionnel de n'être qu'une forme de "légalisation résignée d'une société à deux vitesses". Comme si on en était encore à une "société à deux vitesses" et qu'elle avait besoin d'être "légalisée"... de "vitesses", la société actuelle en a quatre, et bien lourdement légalisées : la vitesse des maîtres du monde (ceux qui dirigent la société et la conduisent), la vitesse de la classe dominante (celle qui, sans forcément diriger ni conduire la société, arrive aisément à suivre son cours), la vitesse des classes dominées (celles qui rament pour suivre, sans y arriver) et la vitesse, qui n'en est même plus une, des largués, des marginaux, des exclus. Rien que pour ceux-là et celles-là, de plus en plus nombreux, laissés pour compte du travail, du salariat et du filet social, et pour qui, tout de même, la gauche est supposée se battre, un RBI s'imposerait...

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16:43 Publié dans Suisse, Travail, votations | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : rbi, revenu minimum, salariat | |  Facebook | | | |

mercredi, 27 avril 2016

Commission municipale des naturalisations en Ville de Genève : Respecter les textes et les personnes ? Plus tard...

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16 communes genevoises ont décidé de ne pas ou plus avoir recours à une commission des naturalisations. La majorité du Conseil municipal Ville de Genève a fait quand à elle le choix de la maintenir, mais sans pour autant accorder à ladite commission le droit de fonctionner au mépris du règlement du Conseil Municipal, de la Loi sur l'administration des Communes et des règles les plus élémentaires de respect des personnes dont les dossiers lui sont transmis.

La question du maintien ou non d'une commission municipale des naturalisations en Ville de Genève se reposera. Mais quelle que soit la réponse qui sera alors donnée par le Conseil Municipal, la commission encore existante se doit, d'ici-là, de respecter les textes qui l'encadrent, et surtout les personnes dont elle examine les requêtes en naturalisation. Or tel n'est pas le cas.

Bien que l'on ne puisse attendre de conseiller-ère-s municipaux-ales l’objectivité, l’impartialité et la distance que l’on exige d’un-e professionnel-le, on est toutefois en droit d'attendre des membres d'une commission municipale des naturalisations d'être capables de faire abstraction de leurs préjugés. Or des témoignages nombreux et crédibles font état de prises de positions xénophobes voire racistes, homophobes ou sexistes, de la part de membres de la commission, sur les conformations physiques ou encore sur le niveau de revenu et de salaire des candidat-e-s à la citoyenneté genevoise.

A cela s'ajoute le fait que la commission persiste à ne pas respecter le règlement du Conseil Municipal, qui lui impose de décider de ses préavis par des votes à bulletins secrets et non à main levée, ce qui rend ces préavis formellement contestables. De plus,  la loi sur l'administration des communes n'autorise pas une commission du Conseil municipal à transmettre directement ses rapports au Conseil administratif, comme le fait la commission des naturalisations. Bref, à l'initiative du PS, la gauche a déposé hier au Conseil municipal de la Ville une résolution demandant à la commission municipales des naturalisations de respecter les textes et les personnes. Plus tard, le plus tard possible, a répondu la majorité de droite coagulée pour qui l'important est de punir les lanceurs d'alerte qui rendent publiques les dérives de la commission -pas de faire respecter par celle-ci le règlement et la loi auxquels elle est soumise, et qui lui indifférent.

Un élément de plus dans le dossier à charge de cette instance parasitaire.

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15:45 Publié dans Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : naturalisation, nationalité, commission municipale | |  Facebook | | | |

mardi, 26 avril 2016

Les coupes budgétaires linéaires ? Une "solution de facilité"...

Quand la droite galère...

Le Conseiller d'Etat (MCG, paraît-il) Mauro Poggia reconnait "volontiers" (dans la "Tribune de Genève" du 15 janvier) qu'une coupe linéaire "est une solution de facilité et mérite d'être rediscutée". Et ça tombe bien, en Ville de Genève, le 5 juin, on va précisément en "rediscuter". Et même en décider. Dans un vote populaire sur les coupes linéaires opérées par la droite coagulée (MCG compris) dans le budget municipal. Coupes que le parti de Poggia appelle donc à confirmer en votant "oui" à ce que Poggia qualifie de "solution de facilité". Heureusement que Gominator veut reprendre la barre du MCG, dites-donc, parce que la communication semble passer assez mal entre la barre et le banc de nage de cette galère...

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14:45 Publié dans Genève, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : coupes budgétaires, ville de genève | |  Facebook | | | |

lundi, 25 avril 2016

Initiative "Vache à lait" : Meuh non !

La Vache et le Prisonnier.jpgDans le paquet bourratif de textes soumis le 5 juin prochain à la sagacité proverbiale de nos votes, on en trouve un particulièrement pernicieux : une initiative populaire lancée par le lobby routier. ("Auto Suisse", l'association des importateurs de bagnoles. Le nom officiel de l'initiative est "Pour un financement équitable des transports", plus connue sous son petit nom d'initiative "vache à lait". Qu'est-ce que Marguerite vient faire dans cette proposition ? Elle vient y jouer le rôle de victime : les initiants se plaisent en effet à présenter le transport automobile comme la "vache à lait" de la caisse fédérale. Comparaison injurieuse pour Marguerite. Défendons son honneur : non seulement le transport automobile n'est pas la Marguerite de Maman Helvetia, mais il coûte bien plus cher à la collectivité que ce qu'il lui paie en impôts et taxes, si on tient compte de ses effets directs sur l'environnement (naturel ou bâti), l'aménagement, la santé et on en passe... Financement "équitable des transports", disiez-vous ? 

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vendredi, 22 avril 2016

Dans la rue le 28 mai, dans les urnes le 5 juin

bandeau coupes budgétaires3.jpg

Comptes de printemps

C'est le printemps : on fait  les comptes politiques d'un épisode navrant, lors duquel la droite municipale s'est attaquée à un budget excédentaire proposé par un Conseil administratif unanime, et donc aux prestations et aux activités qu'il finance, pour la seule raison qu'il lui fallait manifester son existence à elle : plus de 9500 signatures au bas du référendum contre les coupes dans les subventions et les fournitures municipales, et presque autant au bas du référendum contre la coupe dans les "fonds généraux" de la culture, ont été déposées au début de l'année. C'était au-delà du double du nombre de signatures requises. Ce soutien massif au double référendum, qui a donc doublement abouti, a été l'oeuvre d'une mobilisation commune des associations et des acteurs des champs social et culturel, des syndicats et des partis de gauche. On votera donc en Ville de Genève, dans un peu plus d'un mois, contre l'attaque stupide portée par la droite coagulée, sans aucune concertation avec qui que ce soit (elle s'est même fait engueuler par ses baillis cantonaux), au fonctionnement même de la commune, à son engagement social et culturel, à son soutien à la culture émergente. Et même à son fonds de lutte contre le chômage.

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17:04 Publié dans Genève, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budget, ville de genève | |  Facebook | | | |

jeudi, 21 avril 2016

Loi sur l'asile : Xénophobie petit bras

Ce n'est pas parce que l'UDC, encore toute marrie de sa défaite du 28 février (elle avait consacré des moyens considérables pour promouvoir son initiative de "mise en oeuvre", largement refusée par le peuple et tous les cantons...) a décidé de jouer "à l'économie" sa campagne contre la loi sur l'asile (pas d'affiches nationales, pas de journal gratuit "tous ménages" etc...) que son référendum sent moins mauvais. Il semble plutôt qu'instruite par sa défaite de février, elle veuille éviter de susciter contre elle en juin un front aussi combatif que celui qui l'a vaincue en février. Elle compte donc sur ses sections cantonales pour faire passer son message : la loi proposée n'est pas assez dure aux requérants d'asile. "Beaucoup croient qu'on gagne grâce à l'argent mais nous pouvons le faire grâce à nos idées", assure le Conseiller national UDC valaisan Jean-Luc Addor. NOS idéeS, au pluriel ? Plutôt "notre idée", singulière et obsessionnelle : les étrangers, dehors ! Murmurée ou beuglée, l'obsession reste...

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17:51 Publié dans Droits de l'Homme, Immigration, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile, droit d'asile, udc | |  Facebook | | | |

mardi, 19 avril 2016

"Panama Papers" : Genève, terre de contrastes

Panama Papers, offshore leaksLe Parquet genevois a ouvert des enquêtes, confiées à sa "section des affaires complexes", après que la publication des "Panama Papers" ait mis en évidence le rôle de Genève, de ses banques, de ses fiduciaires, de ses intermédiaires financiers, de ses gestionnaires de fortune et de ses avocats d'affaires dans l'industrie de la domiciliation "offshore". Plusieurs avocats mis en cause (comme Marc Bonnant) se sont défaussés en mettant en cause l'"impureté des sources" des media (les auteurs des "fuites" panaméennes). Or pour la justice, les sources ne seront pas les "lanceurs d'alerte" mais précisément les media, qui ont parfaitement joué leur rôle, et le prétexte dilatoire de l'"impureté des sources" ne pourra être invoqué à leur propos. Un Bonnant se défend d'avoir contribué au moindre acte de blanchiment de fonds d'origine criminelle, se revendique sans rire de la pureté fiscale et assure que sa présence dans des conseils d'administration de sociétés Offshore ne se justifie que pour veiller au respect du droit. De quel droit ? Du droit, qu'il proclame par ailleurs, de soustraire des fonds au fisc de son pays. Autant dire que nul, et sans doute pas même lui, n'accorde à ses déclarations la moindre crédibilité. Reste que depuis des lustres, toutes les "affaires" financières internationales d'importance renvoient, peu ou prou, à Genève : les fonds du clan Bhutto comme ceux des amis de Boris Eltsine, des potentats kazakhs ou angolais, de  trafiquants de diamants ou d'armes. Le canal de Panama ? Il part de Genève. Capitale mondiale du monde mondial. Et même du demi-monde : celui des avocats d'affaires pour qui le droit est ce que l'amour est aux péripatéticiennes : tarifé.

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17:39 Publié dans Fiscalité, Genève, Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : panama papers, offshore leaks | |  Facebook | | | |

lundi, 18 avril 2016

Service public : Unanimité de façade contre l'initiative "Pro Services Publics"

A entendre la gauche (à nous entendre, donc) et les syndicats, on pourrait croire que les services publics sont menacés, dans ce pays comme un peu partout ailleurs. Que la droite et le patronat ne rêveraient que les mettre en pièces, les privatiser, n'en garder que quelques pans, les moins rentables, les moins porteurs de profits potentiels... Billevesées, paranoïa : les services publics, en Suisse, tout le monde (ou presque) les aime. La gauche et les syndicats, évidemment, mais aussi le Conseil fédéral, le PLR, le PDC, même l'UDC, même EconomieSuisse, même l'USAM. Il n'est, pour se rendre compte de cet amour fou, que de constater la belle unanimité qui s'est faite pour renvoyer aux oubliettes (elle le mérite amplement, soit dit en passant) l'initiative de la presse consumériste "Pro Services Publics", soumise au vote populaire le 5 juin après n'avoir obtenu, performance rare, aucune voix aux Chambres fédérales... Un doute, pourtant, nous tenaille : Lorsque même ceux qui ferment les bureaux de postes et veulent privatiser la SSR proclament leur volonté de défendre le service public, n'y aurait-il pas, quelque raison de soupçonner que l'unanimité pour le "non"ne soit qu'une façade, et que certains "non" à l'initiative ne soient que d'enfumage ?

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15:42 Publié dans Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : service public | |  Facebook | | | |

vendredi, 15 avril 2016

Comptes 2015 (et budget 2016) de la Ville de Genève : Bon comptes et mauvaises coupes

La Ville de Genève à présenté ses comptes 2015. Alors que le budget était presque à l'équilibre avec un tout petit excédent de revenus, les comptes en présentent un de 39,5 millions, grâce à une maîtrise des charges et à des revenus non budgétisés. Pour rendre le tableau encore plus souriant, la dette est stabilisée et les investissements sont presque totalement autofinancés (ils le sont à 95,2%). "C'est une bonne nouvelle qui permet d'envisager sereinement les années à venir", résume la Conseillère administrative Sandrine Salerno. Une bonne nouvelle pour la Ville et ses habitants, sans doute. Mais pas pour la droite municipale, qui espère depuis des années que la situation financière de la Commune soit assez mauvaise (et que la droite cantonale l'ait rendue assez précaire) pour justifier l'usage de la hache et du rabot budgétaires auquel cette droite s'essaie. Or le 5 juin, on votera précisément sur des coupes budgétaires opérées par ladite droite, municipale et coagulée. Des coupes qui se confirment comme étant inutiles puisque les finances de la Ville sont bonnes, nuisibles puisqu'elles s'en prennent à des prestations à la population, et stupides puisqu'elles sont mécaniques, linéaires et aveugles.

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15:55 Publié dans austérité, syndicats, gauche, Genève, Politique, votations | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

jeudi, 14 avril 2016

Réforme de l'imposition des entreprises : La droite charge le bateau

RIE IIIAu Conseil National, la droite a réussi le tour de force de "charger le bateau", déjà bien alourdi, de la Réforme de l'imposition des entreprises, saison III (RIE III), en y introduisant de nouveaux cadeaux fiscaux, au point d'inquiéter même le Conseiller fédéral le plus à droite, Ueli Maurer, sur le coût de l'exercice (et le résultat final en votation populaire, après le référdum annoncé par la gauche ?) Ainsi de la "taxe au tonnage", une sorte de forfait fiscal permettant aux compagnies de fret maritime d'être imposées non sur leurs bénéfices, mais sur la capacité de charge de leurs bateaux. Ainsi également de la déduction des "intérêts optionnels", un cadeau qui coûterait un quart de milliard à la Confédération et un tiers de milliard aux cantons. Ainsi, toujours, de l'abolition du plafond des déductions liées aux produits des brevets et aux dépenses de recherche... Quant on aime (les cadeaux fiscaux), on ne compte pas. Il vaudrait mieux pourtant, quand il s'agit de fiscalité : en 2008, pour faire accepter la deuxième réforme de l'imposition des entreprises, le Conseil fédéral, la droite et le patronat avaient assuré qu'elle ne coûterait que 80 millions de francs par année. Trois ans plus tard, il s'avère qu'elle coûtera presque dix fois plus (plus de 7 milliards en dix ans). Alors quand le Conseil fédéral estime à 1,2 milliard les pertes fiscales de la seule Confédération (plus celles des cantons et des communes), dues à son projet de troisième réforme, doit-on s'attendre à ce qu'elles soient en réalité de dix milliards ?

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16:16 Publié dans Fiscalité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rie iii | |  Facebook | | | |

mercredi, 13 avril 2016

Musée d'Art et d'Histoire de Genève : Un "NON" libérateur

MAH illuminé.jpg

Le 28 février dernier, les Genevois et voises (de la Ville, puisqu'un Musée d'Art et d'Histoire n'intéresse pas le canton -au contraire du Grand Théâtre, plus décoratif sur une carte de visite politique) ont libéré le Conseil administratif, et même le MAH, d'un héritage pesant, et paralysant : le refus du projet Nouvel-Jucker de rénovation et d'extension du MAH a en effet quelque chose d'une libération en même temps que d'une remise des compteurs à zéro : on va enfin pouvoir procéder comme il aurait fallu le faire dès le départ : d'abord définir le contenu et le rôle du musée, et ensuite le contenant, le bâtiment. L'inverse de ce qui a été fait. Et ça tombe bien : le projet muséal, on l'a. Ou plutôt : on en a un -mais comme c'est le seul, c'est sur celui-là, quelque critique qu'on ait à lui faire, qu'on va pouvoir repartir. En somme, il fallait dire "non" d'abord (au projet Nouvel-Jucker) pour pouvoir, un jour, dire "oui" à un projet qui tienne la route, culturellement et politiquement, avant même que de satisfaire architecturalement et de rassurer financièrement.

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17:05 Publié dans Culture, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mah | |  Facebook | | | |