Cause toujours - Page 8

  • Il faut détruire le Plaza !

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    Plaza par Dali.jpg

    Une bonne résolution pour 2019

    Plus de 11'000 personnes ont signé une initiative, et plus encore de personnes ont signé une pétition, et des députés ont signé un projet de loi, et des conseillers municipaux un projet de motion, pour sauver la salle de cinéma "Le Plaza"... "la plus belle salle de cinéma de Genève", qu'ils disent*... Font chier les cultureux, les gauchistes et les patrimoinomaniaques, à vouloir bloquer un grand projet pour Genève, avec leur initiative à la noix que le Conseil d'Etat a bien fait d'invalider, et leurs pétitions, leurs projets de loi, leurs motions  à la mords-moi- le-béton que le Grand Conseil et le Conseil municipal ont bien fait de refuser de traiter en urgence... Parce que qu'est-ce qu'on en a à cirer du patrimoine architectural, des espaces culturels, de Saugey, de son talent, de la beauté de sa salle de cinéma, de ses innovations ? Rien, nada, nitchevo, des clous, des nèfles.

    * En 2016, la Suisse comptait environ 75 000 monuments historiques protégés. Il en manque un à l'inventaire. Un cinéma. On vous laisse deviner lequel.

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  • Feliz ano novo

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    Bolsonaro.jpgUne année 2019 qui commence comme elle peut...

    L'année a commencé sur les chapeaux de roue. Ou de chenilles de chars, on ne sait pas trop. Depuis mardi, Jair Bolsonaro préside le Brésil. Il a été élu fin octobre avec un peu plus de 55 % des suffrages (contre un peu moins de 45 % au candidat du Parti des Travailleurs, Fernando Haddad, qui avait pourtant gagné 16 millions d'électeurs supplémentaires entre le premier et le second tour, contre 8 millions pour Bolsonaro). Bolsonaro a été élu grâce, arithmétiquement à une abstention de 20 % des inscrits et à près de 10 millions de votes blancs ou nuls, et politiquement grâce au soutien des groupes agro-alimentaires exportateurs (la violence a l'égard des paysans sans terre s'est d'ailleurs accrue sitôt Bolsonaro élu), des évangéliques, des forces armées (des militaires juchés sur des tanks ont célébré son élection, et sept des 22 ministres du nouveau gouvernement -qui ne compte que deux femmes, dont une pasteure évangélique, aucun noir et aucun représentant du Nordeste- sont des militaires), de la place financière et économique, des partis de droite et des grands media. Il a de bons amis, Bolsonaro : Trump, Salvini, Orban. Et un chouette programme : exploiter les territoires indiens, autoriser les pesticides (sa ministre de l'agriculture est la créature de l'agrobusiness), déforester l'Amazonie, normaliser l'enseignement, purger politiquement la fonction publique, criminaliser les migrants (dans un pays constitué par des migrants après extermination des indigènes) et les réfugiés. Et dans deux semaines, il sera en Suisse. A Davos, bien sûr, sinon où ? à Belle-Idée ?

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  • Prêche de Frimaire

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    épithètes.jpgLe socialisme, ou comment ne pas s'en débarrasser

    En ce premier jour de l'hiver, et donc premier jour du premier mois de l'hiver, le mois de Frimaire, et avant de prendre une décade de pause parfaitement imméritée au prétexte de fêtes qu'on se plaît à snober (à quelques écarts près), on se contentera de vous gratifier d'un prêche : la conclusion de l'opuscule* que nous commîmes au début de l'année grégorienne qui s'achève -opuscule qui, soit dit en passant en en tout désintéressement, doit encore pouvoir être trouvé dans quelques librairies pas encore condamnées par le "marché", et opuscule dont nous précisions que l'auteur "est membre du Parti socialiste genevois depuis 40 ans. C'est donc qu'il y a adhéré et qu'il y est resté. Et qu'il n'en a pas été purgé, quelque effort qu'il ait pu faire pour mériter cet honneur, que ce parti accorde si pingrement".

    *Pascal Holenweg, Le socialisme, ou comment ne pas s'en débarrasser, Editions de l'Aire, 2018

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    Lien permanent Catégories : Histoire, Politique 3 commentaires
  • La COP24 accouche d'un bébé malingre

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    terre-capote.jpgTiédissement climatique

    La 24ème Conférence des Nations Unies sur le climat, dite COP 24, chargée de déterminer les règles d'application de l'Accord de Paris conclu lors de la COP 21 de 2015, en a, difficilement, accouché. Mais le bébé est malingre, quelque fierté que feint d'en tirer que le président de la conférence (qui s'est tenue à Katowice), le Secrétaire d'Etat polonais à l 'environnement. La COP 24 ne mettra pas les 197 Etats de la convention-cadre sur la voie d'une maîtrise du réchauffement climatique à 1,5°C d'ici la fin du siècle, objectif proclamé pourtant par la COP 21, car les Etats-Unis, le Brésil, l'Arabie Saoudite, le Koweït ont tout fait pour limiter la portée du texte final, formalisant les règles d'application de l'Accord de Paris de 2015. Et y ont réussi : l'accord est muet sur les droits humains et la sécurité alimentaire. Et la réforme des mécanismes d'échange de "crédits carbone" a été reportée à des jours meilleurs. Et plus chauds. Ces mécanismes intéressent bigrement la Suisse, comme tous les pays développés qui achètent grâce à eux le droit à continuer de polluer et de réchauffer le climat en payant ce droit par des investissements à l'étranger dans les énergies renouvelables.

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  • Un Pacte international sur les migrations sans la signature suisse ?

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    terre-capote.jpgCoïtus interruptus

    La Suisse ne signera pas (du moins pas pour le moment, pas avant que les Chambres fédérales en aient débattu) le Pacte sur les migrations de l'ONU. Le Conseil fédéral, qui se dit pourtant convaincu que ce pacte "correspond aux intérêts de la Suisse", puisqu'il vise à diminuer la migration "irrégulière" en organisant une migration "ordonnée", a donc courageusement décidé de ne pas décider. Après avoir annoncé qu'il signerait un texte à la rédaction duquel il avait fait participer son ambassadeur auprès de l'ONU.  La Suisse était donc absente à la signature du pacte, lundi 10 dernier à Marrakech. Comme les gouvernements "populistes" (qu'on nous pardonne cet oxymore -comme si on pouvait être "populiste" en étant au pouvoir...) des USA, de Hongrie, d'Autriche, d'Australie, de la République Tchèque, d'Israël et de Pologne. Le texte du Pacte est pourtant purement déclamatoire et sans conséquence impérative ni effet juridique : chaque Etat signataire en fait rigoureusement ce qu'il veut. S'il vise à définir des critères pour une politique mondiale ordonnant la migration, renforçant la lutte contre la traite des êtres humains et le trafic des migrants, sécurisant les frontières, veillant au respect des droits humains, organisant le rapatriement et la réintégration des migrants "irréguliers" dans leur pays d'origine et l'intégration des migrants "réguliers" dans leur pays d'accueil, il le fait en reprenant des principes déjà exprimés dans les grands textes internationaux proclamant les droits fondamentaux de la personne, et dans la plupart des constitutions nationales. Et il ne créée nullement un "droit à la migration" (comme s'il fallait créer un tel droit, alors que la migration est un  fait millénaire qui se contrefout de toute espèce de droit). Seulement voilà : parler de "migration", même "ordonnée", sans la qualifier a priori de menace et d'invasion, c'est agiter un chiffon rouge (ou jaune ?) sous le mufle des xénophobes. Et à moins d'un an des élections fédérales, la majorité de droite du Conseil fédéral, à commencer par l'acratopège ministre des Affaires Etrangères a eu peur des réactions du bestiau. D'où ce pitoyable coïtus interruptus.

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  • L'AVS a 70 ans ? Ne la mettons pas à la retraite...

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    affiche AVS Erni (2).jpg
    Un pilier à défendre...

    L'année finissante est celle du centenaire de la seule grève générale que la Suisse ait connue, et dont le cahier de revendication contenait la création d'une assurance vieillesse. Revendication satisfaite rhétoriquement en 1925, par l'inscription de l'AVS dans la constitution fédérale, puis concrètement en 1948 par sa mise en oeuvre réelle, acceptée par le peuple (masculin) avec 88 % des suffrages en 1947. Elle a été révisée dix fois en 65 ans. Le 24 septembre de l'année dernière, le peuple refusait de repousser l'âge de la retraite des femmes à 65 ans. Cette conquête sociale constitue encore aujourd'hui, non seulement le "premier pilier" du système de retraite, mais aussi l'élément principal de l'"Etat social". Or elle est menacée, d'une part par le vieillissement de la population, qui fragilise son financement en déséquilibrant le rapport entre actifs cotisants et retraités rentiers, et d'autre part par les offensives de la droite et du patronat, qui lui privilégie un "deuxième pilier" beaucoup moins solidaire, encore moins solide, mais beaucoup plus rentable pour le secteur financier : cette épargne forcée accumule en effet des centaines de milliards de francs à disposition pour des placements plus rémunérateurs pour ceux qui les gèrent que pour les cotisants...

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  • A Genève, la Ville et le canton ont un budget : "Well Done, old chap"...

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     well done old chap.jpgGenève, terre de contrastes

    Vendredi et samedi, successivement le canton et la Ville de Genève ont été dotés par leurs parlements respectifs d'un budget pour 2019. Situations contrastées et postures politiques contradictoires pour des résultats finalement assez semblables : le commentaire du "Temps" de samedi sur le budget cantonal vaut pour le budget municipal : "la sérénité au détriment des économies". Mais si c'est grâce à "Ensemble à Gauche" que le canton de Genève a un budget (refusé par le PLR, l'UDC et le PDC mais imposé par la gauche et le MCG), c'est malgré "Ensemble à Gauche" que la Ville en a un (accepté par tous les groupes sauf Ensemble à Gauche). Le canton a "le budget de la gauche", commente la "Tribune de Genève". La Ville a le budget de... euh... un budget dont la principale qualité, et la seule qui importait au fond à tout le monde, était d'être. Et d'éviter de faire appel au peuple pour rétablir un budget acceptable après que la droite ait bousillé le projet initial.

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    Lien permanent Catégories : budgets publics, Genève, Politique 1 commentaire
  • Dans un an, la Nouvelle Comédie de Genève

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    nouvelle-comedie-amenagement-construction-logement-ville-de-geneve.jpgRéponse à d'Alembert

    La Nouvelle Comédie de Genève devrait ouvrir ses portes à la fin 2019. Le Grand Conseil genevois avait difficilement accepté un crédit de 45 millions pour la construction du nuveau théâtre, le Conseil Municipal de la Ville ayant préalablement accepté un crédit de 53 millions. La condition posée par une partie de la droite pour accepter de participer financièrement à sa construction était le canton ne soit plus engagé dans son exploitation et son fonctionnement de la nouvelle institution culturelle, et n'ait plus à la subventionner. Le canton voulait donc se désengager de la Fondation d'Art Dramatique (qui chapeaute le Comédie et le Poche), et à Genève, le théâtre serait devenu une responsabilité, une charge, un enjeu purement municipaux -mais le changement de gouvernement a cependant changé cette attitude. Acceptons-en l'augure et attendons que ce changement se traduise en acte, et en un engagement réel du canton dans le fonctionnement de ce qui sera la première scène théâtrale de toute la région.

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  • Retour à nos portes du terrorisme islamiste

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    MORTOPOR.jpgDanse macabre

    Un "djihadiste" d'un modèle assez courant dans nos contrées (un délinquant de droit commun et d'habitude, condamné en France, en Suisse et en Allemagne pour près d'une vingtaine de délits divers, "radicalisé" en prison et "fiché S" comme tel) a tué deux personnes, en a blessé mortellement (elle est en mort cérébrale) une troisième et grièvement une quatrième hier, à Strasbourg, pendant le "Marché de Noël" de l'une des deux capitales européennes. Retour à nos portes (il n'avait pas cessé ailleurs, en Irak, au Pakistan, en Afghanistan, en Syrie...) du terrorisme islamiste, et des interrogations qu'il suscite -car il doit en susciter, à la fois sur sa nature et sur les réponses, ou plutôt les ripostes, autres que sécuritaires qui doivent lui être opposées.

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    Lien permanent Catégories : Politique, terrorisme 18 commentaires
  • La Suisse et le respect des droits syndicaux

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    GreveGeneraleGeneve1918.jpgUne démocratie "faux-témoin" ?

    "La Suisse, démocratie-témoin", assurait dans son titre un ouvrage de l'académicien français André Siegfried, dans les années cinquante. Le livre avait été commandité par les autorités suisses, qui avaient une image à restaurer dans cet après-guerre ou son rôle entre l'instauration et la chute du régime nazi lui valait une réputation plus fâcheuse que celle qu'elle espérait avoir (au livre de Siegfried, le leader du Rassemblement jurassien, Roland Béguelin, avait répondu par le sien : "Un faux-témoin : la Suisse"). "Démocratie-témoin", la Suisse ? Elle en tout cas en est persuadée. Du moins être un "témoin" n'est pas de la même prétention qu'être un modèle. Et dans le mouvement français des "gilets jeunes", les droits démocratiques directs que nous nous sommes nous-mêmes accordés, et dont nous usons avec régularité, font des envieux. Mais il est en tout cas un domaine et un terrain sur lesquels nos droits démocratiques sont inférieurs à ceux accordés dans les pays voisins, et restent donc à étendre et à assurer : le domaine des droits syndicaux, le terrain des combats syndicaux. Car ces droits sont aussi des droits démocratiques, et ce terrain de combat est aussi le terrain d'un combat démocratique. Et sur ce terrain, la Suisse est bel et bien un "faux-témoin"

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    Lien permanent Catégories : Suisse, syndicats 0 commentaire
  • La COP 24, la transition écologique et la justice sociale

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    dev_durable.jpgRéchauffement climatique et refroidissement politique

    La COP 24 (24ème conférence des parties sur le climat) s'est ouverte dans le contexte politique le moins favorable à la prise en compte des objectifs de l'accord de Paris de 2015 : l'ambiance avait été donnée par l'élection l'année suivante de Donald Trump à la présidence des USA, elle a été confirmée cette année par celle de Bolsonaro à la présidence du Brésil. La lutte contre le réchauffement climatique se heurte à un refroidissement politique.  La COP 24 doit, d'ici samedi prochain, accoucher d'un "livre réglementaire", base de l'application de l'accord de Paris pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2 ° centigrades. Les Etats devraient s'engager sur des règles intégrant "le respect des droits humains, de la sécurité alimentaire et de l'égalité des genres" à leurs engagements de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais s'engageront-ils ? Et lesquels s'engageront ? Et lesquels tiendront leur engagement ?

     

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  • Et ce soir, Macron parle... Mais à qui ?

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    les-gilets-jaunes-jm.jpgJupiter et les Jaunes

    Le président et le gouvernement français ont donc "cédé à la rue" (elle est en France le seul lieu de la démocratie directe) en renonçant notamment à augmenter les taxes sur le carburant, et ont ouvert une "consultation" des "corps intermédiaires" (dont les syndicats) qu'ils donnaient plutôt l'impression de solidement mépriser jusqu'alors. Mais ce recul, inévitable, sur une intention justifiée (dissuader de l'automobile traditionnelle), mais fort mal traduite en actes, et encore plus mal accompagnée pour toutes celles et tous eux qui ne peuvent aller travailler, consommer, se délasser autrement qu'en automobile faute de transports publics, ne répond en fait à aucune des causes profondes qui ont fait descendre sur les rond-point, les péages d'autoroutes et dans les rues des villes des dizaines de milliers de personnes qui n'avaient jamais manifesté de leur vie, ni jamais soutenu aucun mouvement populaire, pas plus les syndicats que d'autres organisations sociales. D'ailleurs, les "jaunes", dans l'histoire des luttes ouvrières, n'ont jamais été autre chose que des adversaires (et puis, choisi parce que c'est voyant, c'est quand même très moche, un gilet jaune...). Il n'est pas sans signification que le mouvement présent se fasse sans grèves, que les "gilets jaunes" ne s'adressent qu'au gouvernement et au président, pas au patronat, et qu'ils n'exigent pas l'abrogation des "lois Macron" sur le travail... Sauf que si le mouvement, ou plutôt la révolte des "gilets jaunes" n'a rien de "progressiste", et qu'elle semble (mais seulement "semble") refluer, elle a tout d'un révélateur, et a au moins fait descendre Jupiter de son Olympe. En dévaluant au passage la quasi totalité du personnel et des partis politiques français, pathétiques dans leurs efforts de récupération ou de désarmement d'un mouvement qui les ignore superbement. Mais tout va se dénouer : ce soir, Jupiter va parler. Mais à qui ?

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    Lien permanent Catégories : France, Politique 2 commentaires
  • Réformes de l'imposition des entreprises : rien de bien neuf

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    évasion fiscale.jpgRéformes suisse et genevoise de l'imposition des entreprises :
    Rien de bien neuf

    Le Conseil d'Etat genevois a présenté à la mi-octobre son projet de réforme de l'imposition des entreprises : il cale le taux d'imposition de leur bénéfice sur le taux vaudois (13,79 %), soit un alourdissement de celui des multinationales sous statut spécial (imposées actuellement à 11,6 %) et un allègement de celui de toutes les autres (imposées actuellement à 24 %).  Gains de l'opération cantonale pour les entreprises autres que les multinationales : nuls pour les plus petites, celles qui ne font quasiment pas, voire pas du tout, de bénéfices imposables, mais de plusieurs centaines de milliers de francs par an pour les plus grandes, sans que l'on puisse assurer qu'elles investiront ces gains dans leurs capacités de production (équipements, personnel) ou les répartiront dans les poches de leurs actionnaires. Coût minimal de l'opération pour les collectivités publiques genevoises (le canton et les communes) : 434 millions de francs par an (dont 84,5 millions pour les communes), selon les estimations cantonales -à peine moins que dans le premier projet (RIE III), 65 millions de moins que dans celui, refusé, de la PF17.  Mais les estimations de ce genre sont nimbées d'incertitudes : la RIE II ne devait coûter que 80 millions de francs aux collectivités publiques, elle leur en aura coûté plus de 2 milliards... Et ce qu'elles perdent doit être compensé. Par des réductions de prestations, ou des hausses de taxes, ou au plan suisse une hausse de la TVA -l'impôt le plus injuste, qui touche tout le monde au même taux, multi-millionnaires et sdf indistinctement. Pour faire passer la pilule, le Conseil d'Etat propose certes quelques mesures d'accompagnement, comme des places d'accueil pour la petite enfance (financées par un prélèvement sur la masse salariale), des rétrocessions aux communes ou la suspension (mais pas la suppression) du "bouclier fiscal" protégeant les hauts revenus et les grosses fortunes, mais renonce à celles qui étaient prévues pour nous faire avaler la RIE III : soutien aux transports publics, à la formation et à l'emploi des "seniors". Rien de bien neuf, donc. Et aucune raison de soutenir aujourd'hui ce qu'on refusait hier.

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    Lien permanent Catégories : Economie, Fiscalité, Genève, Politique, Suisse 1 commentaire
  • Ville de Genève : La droite s'attaque au statut du personnel

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    Ubu.jpgPrise d'otage

    Prenant les 4000 employée de la Ville en otage de l'animosité qu'elle cultive à l'égard du Conseil administratif, la droite municipale veut imposer, sans négociation, sans discussion même au Conseil Municipal, une modification du statut de ce personnel, et s'autoriser elle, et elle seule, à ne pas accorder aux salariés de la fonction publique l'indexation de leurs salaires. Et cela sans concertation, sans discussion, sans débat, sans négociation avec le personnel, sa commission et ses syndicats. Rien, strictement rien, ni financièrement, ni règlementairement, ne justifie qu'on modifie ainsi un statut résultant d'une négociation, en méprisant totalement le "partenariat social" pourtant rituellement invoqué à chaque grève (pour la condamner). Rien ne le justifie, mais une pulsion l'explique : le besoin désespéré (et désespérant) de la droite municipale genevoise d'exister face à un Exécutif de gauche.

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    Lien permanent Catégories : fonction publique, Genève, Politique 4 commentaires
  • Quand la traversée du lac continue de s'envaser

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    ECHANGEUR.jpgContourner le contournement ?

    Début mars, à Meinier, à l'appel du collectif "Les Changeurs" créé pour inciter le Conseil d'Etat et le parlement à revoir le projet de traversée routière du Petit-Lac, un débat avait permis à des habitants et à des élus municipaux des communes de la rive droite "non urbaine" de dire tout le mal qu'ils pensaient, non du principe d'une traversée routière du Petit-Lac, mais de la forme qu'elle risque de prendre (si le peuple ne la renvoie pas à ses auteurs). Le Maire de Meinier s'inquiètait de devoir accueillir un échangeur autouroutier sur le territoire communal -et qui plus est à proximité d'un site archéologique, celui de Roelbeau. Le Maire de Puplinge reprochait au projet de n'alléger le centre urbain qu'en chargeant sa périphérie. Pour finir tout de même par charger le centre urbain, puisqu'en engendrant plus de circulation à la périphérie, on aboutit toujours à en engendrer au centre. Le Maire de Saint-Cergue, sur France, estimait que ce n'est pas la ville de Genève qu'il faut contourner mais le "Grand Genève", et qu'il faut prioriser les transports en commun. Car sinon, le processus est sans fin : on crée un contournement routier, ce contournement est saturé, donc on crée un contournement du contournement. Et les milliards pleuvent. Ou plutôt, se noient. Or Genève serait seule à payer la note. Salée, la note : rien que les études coûteraient 100 millions de francs, et le projet lui-même des milliards.

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    Lien permanent Catégories : Genève, Transports 1 commentaire
  • Ouverture dominicale des magasins : on votera

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    Na!.JPGPas de convention ? Pas de loi...

    Bonne nouvelle : le référendum lancé par les syndicats et la gauche politique contre la loi imposée dans la précipitation par la droite, autorisant, sans respecter la condition pourtant votée par le peuple d'une convention collective de travail, l'ouverture des magasins trois dimanches de fin d'année, a abouti avec 7800 signatures (2500 de plus que requis). Son aboutissement suspend l'application de la loi jusqu'à la date du vote (peut-être en mai 2019) -et on espère bien que ce vote renverra la loi dans les poubelles de l'histoire locale. Les fêtes de fin d'année 2018 ne verront donc pas le personnel de la vente trimer trois dimanches sans convention collective. Y'a des limites, quand même, qu'il faut rappeler : le référendum vient de le faire -reste au peuple à le confirmer. Comme il l'a confirmé il y a une semaine à Bâle-Ville.

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  • Loi genevoise sur la laïcité : les socialistes disent "non"

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    passoire-à-thé-ancienne-en-métal-argenté-avec.jpgIte missa non est

    Le PS genevois a décidé d'appeler au refus de la loi sur la laïcité bricolée par le Grand Conseil et soumise au peuple en février prochain, puisqu'un référendum, lancé par une coalition aussi contradictoire que celle qui soutiendra la loi, a abouti. Le PS rejoint ainsi les Verts et Ensemble à Gauche dans l'opposition à la conception qu'une majorité du Grand Conseil se fait de l'application du prédicat constitutionnel : pour la gauche genevoise, mieux vaut en effet le statu quo qu'une loi qui "divise et exclut". Alors, que faire de cette loi (qui sera sans doute acceptée nonobstant l'opposition de la plus grande partie de la gauche : toute la droite est pour) ? Eh bien on hésite. Pas entre voter "oui" ou voter "non", mais entre voter blanc ou voter nul. Parce qu'il nous semble que cette loi ne mérite ni l'honneur d'être soutenue, ni l'indignité d'être combattue. Pas l'honneur d'être soutenue, tant elle ressemble à un collage de dispositions dont les unes relèvent de l'enfonçage de portes ouvertes et les autres de douteuses références -ainsi de celle à des "communautés religieuses" avec quoi l'Etat doit "entretenir des relations" (incestueuses ?), et même d'assez calamiteuses confusions -ainsi de celle entre des parlementaires et des fonctionnaires d'Etat. Et puis, on persiste à se demander pourquoi diable (ou dieu) on tient tant à pondre une loi qui érige les religions au dessus des autres faits et facteurs de culture. Après tout, une religion n'est rien d'autre qu'une philosophie farcie de divinité, et il n'y aucune raison (mais bien des déraisons) à la traiter autrement qu'une philosophie. Et il y a aussi bien des dangers à donner à l'Etat le pouvoir de trier entre les religions, celles qu'il va reconnaître et celles qu'il ignorera. Mieux vaut les ignorer toutes (ce qui évidemment ne signifie pas les combattre), faute de pouvoir les reconnaître toutes, tant il y en a. Pourquoi alors ne pas la combattre ? D'abord, parce qu'elle n'est pas assez cohérente pour être dangereuse et pas assez intelligente pour être perverse. Et puis, parce que quelque effort d'explication que l'on fasse, quelque discours que l'on tienne, quelque recours  que l'on propose à un examen rationnel du texte, appeler à voter contre une loi sur la laïcité sera pris comme un appel à voter contre la laïcité -ce que la présence dans l'opposition à la loi d'opposants religieux au principe même de laïcité semblera confirmer. Il est vrai qu'en face, dans les soutiens à la loi, on trouvera ceux, à l'extrême-droite, pour qui elle n'a de légitimité que dans la mesure où ils peuvent y trouver trace de leurs obsessions islamoxénophobes (oui, c'est un néologisme...). En vérité, en vérité, on vous le dit : il y a assez de confusion comme cela dans le débat autour de la laïcité pour qu'on évite d'en ajouter encore une louche. Ite missa non est, mais allez en paix quand même.

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  • De plus en plus de musées, de plus en plus de visiteurs -mais de quoi ?

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    musee-imaginaire-malraux.jpgLe Musée pas imaginaire

    Il y a de plus en plus de musées en Suisse, qui attirent de plus en plus de visiteurs : en 2016, les 1108 musées (publics et privés) du pays ont attiré plus de 13 millions de visiteurs, soit plus d'un million de plus en un an, grâce à de populaires expositions temporaires (et à l'ouverture de nouveaux musées (comme celui d'Ethnographie à Genève). C'est dans ce contexte que le Musée d'Art et d'Histoire de Genève entame sa propre mue, celle de son contenu autant que celle de son contenant. Ce musée est, pas seulement par son architecture, le témoin d'une époque : celle de la construction dans toutes les villes importantes d'une institution "encyclopédique" exposant un patrimoine artistique et culturel avec une ambition à la fois totalisante et paternaliste. Cette conception muséale n'est plus celle de notre temps. Elle ne sera, qu'il le veuille ou non, plus, en tout cas plus la seule celle du futur Musée d'Art et d'Histoire genevois : de cette confrontation d'un ancien musée rénové, physiquement et culturellement, avec son propre temps, dépendra le succès du projet qui sera bientôt soumis au Conseil municipal de la Ville.

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    Lien permanent Catégories : Culture, Genève 1 commentaire
  • Des gilets jaunes

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    gilet jaune.jpgGrand Jacques ou Poujade ?

    Dimanche, les "gilets jaunes" français ont pris les Champs Elysées que le gouvernement leur avait interdit. Ils étaient une dizaine de milliers. Dans l'ensemble du pays, un peu plus de 100'000. Une mobilisation en baisse, et une stratégie gouvernementale (et présidentielle) d'attente du pourrissement du mouvement. En quoi il aura été aidé à Paris par quelques centaines de militants d'extrême-droite. Mais le mouvement lui-même peut toujours compter sur la sympathie passive d'une majorité des Français sondés, même si la majorité de ces sympathisants doutent qu'il puisse aboutir à des concessions (sinon marginales) du pouvoir. Mais c'est quoi, ce mouvement qui semble surgir de nulle part (comme si un mouvement pouvait surgir de nulle part) ? Un épiphénomène ? un mouvement de colère passagère ? la renaissance du poujadisme ? La dernière jacquerie ? Une francisation tardive du "qualunquisme" italien ?

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    Lien permanent Catégories : France, Politique 3 commentaires
  • Flicage des assurés : Drôle de priorités

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    espion.jpgA presque deux contre un, les Suissesses et les Suisses ont accepté de modifier la loi sur les assurances sociales pour leur donner la base légale nécessaire à renforcer la surveillance des assurés. Seuls deux cantons l'ont refusée : Genève et le Jura. On ne regrettera pas le référendum, ni de l'avoir soutenu. Ni même sa défaite nationale. On regrettera en revanche le manque d'engagement du PS suisse dans le soutien, tardif, qu'il lui a apporté, contrastant avec le soutien acritique qu'a apporté à la loi le président socialiste de la Confédération. Là où le PS a réellement mené campagne contre la nouvelle loi, comme à Genève, elle a été refusée. Bref, les assurances, même privées, recevront pour la surveillance des assurés plus de droits que la police pour celle de possibles terroristes. Drôle de priorités.

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