Cause toujours - Page 5

  • RFFA : tièdes soutiens pour une réforme réchauffée

    Imprimer

    Affiche RFFA-RIE.jpgUn compromis sans consensus ?

    Le Président de la Confédération en titre, et Conseiller fédéral en charge des Finances (et de la campagne en Alémanie et auprès de la pour le "paquet" de la RFFA -Alain Berset s'occupant de la gauche et de la Romandie), Ueli Maurer, a, l'autre jour, quitté le plateau de la télé alémanique fâché par la présentation de l'enjeu de la votation du 19 mai, et en particulier par le reproche fait à la RFFA de n'être qu'une RIE III réchauffée. Consternation des partisans de ladite RFFA : "si on gagne le 19 mai, ce sera malgré lui" confie l'un d'eux à la "Tribune de Genève"... Et s'ils perdent, ce sera grâce à qui, ou à quoi ? On ne peut pas dire en tout cas que leur projet suscite un enthousiasme délirant dans le camp qui devrait lui être acquis : l'UDC (le parti de Maurer) n'a pas réussi à prendre position au plan suisse (et à Genève, où le projet n'est plus soutenu que par le PLR, le PDC et le MCG) elle appelle à voter "non"), et les Verts libéraux s'y opposent. Les partisans de la RFFA présentent ce projet comme un compromis capable de faire consensus -mais un consensus entre qui ? ses seuls auteurs ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Fiscalité, Politique 6 commentaires
  • "Déli de solidarité" : un pasteur jugé à Neuchâtel

    Imprimer


    geneve_cite_refuge.jpgGrüninger, Herrou, Valley, Lucano : Respect !

    La pénalisation de la solidarité envers les migrants frappe aussi la Suisse : le pasteur Valley comparaît en justice ce matin à Neuchâtel pour avoir nourri et logé un Togolais menacé d’expulsion. On ne peut pourtant pas dire qu'on soit envahis: 15'255 demandes d’asile ont été déposées en 2018 en Suisse -c'est 15,7% de moins qu’en 2017 et le chiffre le plus bas enregistré depuis 2007. Mais cela ne change rien : le «délit de solidarité» fait surface aussi chez nous -notre pays étant par ailleurs le dépositaire de la Convention de Genève sur le droit d'asile, ce qui n'empêche pas la «justice» d'y poursuivre celles et ceux qui, tels Anni Lanz, Norbert Valley. ou Lisa Bosia Mirra viennent en aide à des réfugiés ou à des migrants. Comme en son temps le fit Paul Grüninger, à Saint-Gall, lorsque, chef de la police, il fit entrer illégalement en Suisse des juifs fuyant l'Autriche annexée par l'Allemagne nazie. Lui aussi fut condamné, dégradé, révoqué. Avant, quarante ans plus tard, d'être réhabilité et honoré.

    Lire la suite

  • Elections israéliennes : A qui perd gagne ?

    Imprimer

    élections israéliennes.jpgSelon des résultats presque définitifs, la coalition "bleu et blanc" de l'ancien chef d'état-major de Tsahal, le général Benny Gantz, et le Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahou, arriveraient au coude-à-coude en tête des législatives israéliennes, avec peut-être quelques sièges de plus pour la coalition "bleu et blanc", mais gagner les élections ne garantit pas, dans le système israélienn (celui d'un parlement élu à la proportionnelle intégrale, et donc totalement fragmenté), de pouvoir prendre le gouvernement. Même battu, Netanyahou aurait plus d'alliés potentiels, à l'extrême-droite et chez les intégristes religieux, que Benny Gantz, qui, pour pouvoir constituer un gouvernement, devrait au moins pouvoir compter sur l'abstention des partis arabes et le soutien de ce qui reste de la gauche israélienne (des travaillistes laminés, un Meretz marginal). Les élections israéliennes se sont ainsi jouées entre deux droites (l'affairiste et populiste de Netanyahou et la nationaliste de Gantz), et à qui perd gagne -mais qui y gagne ? Netanyahou, sans doute. Mais lui seul : il pourrait échapper à la justice qui l'a inculpé pour corruption. Quant à la société israélienne, elle a déjà perdu. Et depuis longtemps. Quelle étrange alternative politique était-ce, d'ailleurs, que celle n'opposant que le protégé quasi mafieux de Trump et un général pas moins "sécuritaire" et arabophobe que lui... Aussi paradoxal que cela soit, cette victoire du perdant signerait la défaite du sionisme comme projet politique, sinon comme réflexe identitaire...

    Lire la suite

  • Ville de Genève : Une grève prend fin, un combat continue

    Imprimer

     

    la-ville-intervient-dans-la-greve-des-nettoyeurs-936x546.jpg

    Une question de dignité et de cohérence

    La grève des nettoyeurs des toilettes publiques de la Ville de Genève, employés par l'entreprise privée Onet et non par la Ville puisqu'elle a "externalisé" (sous-traité) ce service, durait depuis la mi-février. Elle a pris fin, les exigences des grévistes ayant été satisfaites. Le Conseil administratif propose au Conseil municipal un crédit de 158'000 francs destiné à "étoffer la prestation liée à l'entretien des toilettes publiques", afin de permettre à ceux qui assument cette prestation de pouvoir être payés à plein temps. Reste une revendication, qui est aussi la nôtre : que ce qui a été "externalisé" soit "réinternalisé", que celles et ceux qui travaillent pour la Ville soient employés par la Ville. S'agissant du nettoyage des toilettes publiques, il lui en coûterait entre un million et un million et demi de francs. En gros, un millième de son budget. Une grève prend fin, un combat continue. Pour que la Ville de Genève ne soit pas seulement l'employeur exemplaire de son directeur général mais aussi celui de ceux qui nettoient ses toilettes publiques, et qui ne demandent qu'une chose : pouvoir vivre dignement de leur travail. Une question de dignité pour les travailleurs, de cohérence pour la Ville.

    Lire la suite

  • Brexit : Theresa May change de camp

    Imprimer

    May-Corbyn.jpgLe spectre de Corbyn

    Elle y aura mis deux ans, mais Theresa May a changé de camp : elle lâche les "hard brexiters", partisans d'une rupture complète avec l'Union Européenne, pour rejoindre celui des "soft brexiters", partisans d'un arrangement avec l'Union. Et du coup, elle se met à la recherche d'un compromis avec l'opposition travailliste -mais pas avec les opposants au Brexit, partisans d'un nouveau référendum. Excluant un "no deal", une rupture sans accord, qui entrerait en vigueur vendredi prochain, elle a rencontré Jeremy Corbyn, chef eurosceptique d'un Parti travailliste opposé au Brexit pour tenter de trouver avec lui et son parti un projet crédible à présenter aux Européens mercredi, pour obtenir d'eux un nouveau report (au 22 mai, ce qui éviterait aux Britanniques de devoir organiser des élections européennes) du délai pour le départ du Royaume "Uni" de l'Union -mais pas forcément du marché unique ou de l'union douanière. Corbyn, lui, est certes partisan d'une sortie négociée de l'UE (il avait d'ailleurs voté contre l'adhésion du Royaume Uni à la Communauté européenne, en 1975), et du maintien dans une union douanière pour limiter les dégâts économiques et sociaux du Brexit et respecter les règles environnementales et sociales européennes, mais il veut surtout provoquer de nouvelles élections, qu'il pourrait gagner tant la gestion du Brexit par le gouvernement en place (mais aussi par la Chambre des Communes) est chaotique : la Première Ministre a essayé trois fois de trouver une majorité au parlement sur le projet d'accord qu'elle avait négocié avec l'UE, elle a échoué trois fois (la dernière fois le 29 mars, par 344 voix contre l'accord et 286 pour), et aucune solution "alternative" à cet accord n'a trouvé non plus de majorité, la seule majorité se dessinant étant celle constituée des "brexiters durs" trouvant l'accord trop conciliant avec l'Union et des proeuropéens voulant revenir sur le Brexit. Et comme May refuse à la fois de sortir de l'Union sans accord et d'organiser un second référendum, elle n'a d'autre solution que d'essayer une quatrième fois de trouver une majorité aux Communes -et de négocier avec l'opposition pour la trouver.  Sans quoi, il ne resterait plus que quatre solutions théoriques, mais dont aucune ne paraît pouvoir recueillir une majorité parlementaire : renoncer purement et simplement au Brexit, sortir de l'UE sans accord, l'accord déjà conclu et déjà refusé par le parlement, ou le plan de Jeremy Corbyn -que refusent les conservateurs les plus droitiers, pour qui le chef de la "très fidèle opposition de Sa Majesté" (le titre officiel de Corbyn) est un "marxiste notoire". Et donc, comme dirait Marx, "un spectre plane" sur le Royaume-Uni  : "Le spectre de Corbyn nous donnant des leçons dans une attitude ressemblant à celle d'un Premier ministre me glace le sang et me fait peut pour mon parti et mon pays", fulmine l'ancien leader conservateur Iain Duncan Smith.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Europe, Politique 1 commentaire
  • Un Grand Théâtre de Genève tout nouveau, tout beau : Qu'en faire ?

    Imprimer

    GTG Foyer.jpg

    L'Opéra genevois nouveau est arrivé. Le Grand Théâtre rénové à ouvert ses portes, l'Opéra des Nations qui le remplaçait a fermé les siennes (et a migré en Chine). La renaissance du "vaisseau amiral de la culture genevoise" (qui ne va pas tarder à être escorté par la Nouvelle Comédie et la Cité de la Musique) n'a pas été saluée par un excès de flonflons et de discours officiels (d'aucuns et d'aucune, comme Sylvie Bonier dans "Le Temps", s'en sont émus : "le public s'est installé à sa place comme si la dernière représentation datait d'hier"), mais les media en ont plus que largement rendu compte et les visiteurs de la journée "portes ouvertes" ont été "éblouis" par un opéra rajeuni aux décors lumineux : c'était, nous dit-on, le "chantier du siècle" (enfoncés, le CEVA et le "Léman Express" ?) -un chantier de 65 millions de francs (suppléments et incidents non compris). Et puis, le Grand Théâtre n'a pas seulement changé de parure : il a aussi changé de directeur : Tobias Richter, à la tête de l'opéra genevois depuis dix ans, laissera son poste à Aviel Kahn, qui présentera sa première saison en mai. Il est tout nouveau, tout beau, l'Opéra de Genève. Ne lui reste plus qu'à mériter cette parure par sa ramure.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Culture, Genève 1 commentaire
  • Au pouvoir depuis 37 ans, Bouteflika démissionne. Et après ?

    Imprimer

    Algérie manif.jpg

    Il était né en 1937. Il avait rejoint l'Armée de libération nationale et le FLN en 1956. Il était devenu en 1963 ministre des Affaires étrangères de l'Algérie indépendante. Il avait été élu une première fois à la présidence de la République en 1999, une deuxième fois en 2004, une troisième fois en 2009, une quatrième fois en 2014, chaque fois dans des conditions... particulières (fraude, boycott, concurrences fictives). Il (ou "on" à sa place) aurait bien voulu l'être une cinquième fois cette année. Mais frappé d'un AVC, impotent, aphasique, il était déjà mort s'il ne le savait pas encore. Il voulait mourir au pouvoir, quitte à ce que le pouvoir meure avec lui. Mais le pouvoir n'a pas voulu prendre ce risque. Poussé dehors par la rue d'abord, l'armée ensuite Abdelaziz Bouteflika a démissionné ipso facto hier. Comme on dit dans ces cas là : "une page de l'histoire se tourne" : Aucun chef d'Etat algérien, aucun chef de gouvernement algérien, aucun ministre algérien, n'a été aussi longtemps au pouvoir, à un titre ou un autre, qu'Abdelaziz Bouteflika. Flamboyant ministre des Affaires étrangères de Boumediène, héraut du tiers-mondisme, hissé à la présidence faute d'alternative et pour sortir des massacres de la "décennie noire" (200'000 morts et disparus) quitte à les couvrir d'un éteignoir, président pendant vingt ans ans, il sort de scène sous l'apparence d'un fantôme-si un fantôme a une apparence. Bouteflika, c'est fini. Et après, quoi ? qui ? La rue algérienne ne demandait pas seulement son départ (et celui de son frère), elle exige la fin du système qui avait produit Bouteflika et que Bouteflika faisait perdurer. Il y a deux vainqueurs en Algérie aujourd'hui : l'armée et la rue. Il n'en restera qu'un.

    Lire la suite

  • Ambiguë Byzance

    Imprimer

    kurdes.jpgElections municipales en Turquie : défaite d'Erdogan dans les villes et au Kurdistan 

    Les élections municipales en Turquie accouchent d'une défaite du Sultan : le parti du président Erdogan, l'AKP, a perdu les municipalités de la capitale, Ankara, de la métropole, Istambul. Mais cette défaite est ambiguë : l'AKP reste le premier parti de Turquie, et l'opposition n'a réussi à le vaincre dans les grandes villes qu'en agglutinant des forces politiques contradictoires : le CHP kémaliste et social-démocrate et l'Iyi ultranationaliste à Istambul, par exemple. Et il lui a fallu encore bénéficier du soutien indirect (par l'absence de candidature) du Parti démocratique des peuples (HDP), parti de gauche et bête noire du régime du fait de son fort ancrage kurde. Malgré sa criminalisation (53 de ses militants – et un candidat ont été arrêtés à la veille du scrutin, ses dirigeants, dix de ses députés, près d'une centaine de ses maires sont en prison), ce choix du HDP, principale force de gauche de Turquie, a été déterminant : ses électeurs ont donné leur voix aux candidats de l’opposition républicaine malgré son alliance avec des ultranationalistes aussi "antikurdes" qu'Erdogan. Et si l'opposition à gagné à Istambul (plus grande ville kurde du pays...), c'est grâce au vote des Kurdes. Et le HDP, vainqueur dans six provinces du sud-est, a récupéré plusieurs villes kurdes comme Diyarbakir et Van, dont les maires avaient été destitués arbitrairement par le pouvoir et remplacés par des administrateurs nommés par le gouvernement.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Politique 0 commentaire
  • Répartition des tâches entre le canton et les communes de Genève : Et les communes, bordel ?

    Imprimer

    autonomie Ville.jpgLe 28 juin 2013, le Grand Conseil genevois adoptait une motion demandant au Conseil d'Etat "de faire de la répartition des tâches entre le canton et les communes la priorité absolue de son "programme législatif" de mise en oeuvre de la nouvelle constitution", d'axer ce travail sur la "nécessité impérieuse de supprimer les doublons et de réduire l'enchevêtrement des compétences", et d'engager une "concertation étroite avec l'Association des communes genevoises". Un peu moins d'un an plus tard, la Commission des droits politiques et du règlement du Grand Conseil proposait de fixer un délai de deux ans au Conseil d'Etat pour proposer un premier train de modifications législatives pour "désenchevêtrer les tâches, supprimer les doublons, garantir l'autonomie des communes dans leurs domaines de compétences, simplifier les démarches administratives, améliorer la qualité des prestations publiques à la population, réduire les coûts financiers globaux et prévoir les mécanismes financiers adéquats permettant une répartition équilibrée et démocratique des ressources entre les collectivités publiques selon le principe du décideur-payeur". Vaste programme. Qui ne sera que très partiellement tenu -et tenu, lorsqu'il est, de manière souvent contestable, et plus souvent encore en ignorant souverainement le principe de subsidiarité (qui suppose qu'une collectivité publique n'ait de compétences que celles que lui abandonnent les collectivités publiques au territoire plus réduit, et donc que le canton n'ait de compétences que celles que lui abandonnent les communes, et que tout ce que peuvent faire les communes, séparément ou ensemble, le canton n'a pas à le faire). Et en ignorant plus encore les Conseils municipaux.

    Lire la suite

  • Elections européennes : le pire n'est jamais sûr

    Imprimer

    parlment européen.jpg

    Orwell ou Houellebecq ?

    Tirant les enseignements de son "enquête hongroise" dans les pays européens ayant instauré des régimes de "démocratie illibérale" ou d'Autoritarisme électif", le journaliste Bernard Guetta (par ailleurs candidat aux élections européennes sur la liste macronienne) ne fait pas preuve d'un grand optimisme : il se demande "si nous (ne sommes) pas à l'aube d'une ère de plusieurs siècles, qui ne sera pas forcément (...) une ère de régimes sanguinaires, mais quelque chose de tranquille, et de terne (...). Un monde étouffé, plus étroit, moins libre. Un monde sans passions, d'un ennui effroyable". Un monde qui, comme en Hongrie, en Pologne, en Autriche ou en Italie, où "les gens n'ont pas peur", où il n'y a "aucun des signes habituels des régimes policiers" mais qui est tout de même "un étouffoir". Pas un monde orwellien, mais peut-être un monde houellebecquien... Se dessinera-t-il lors des élections européennes (auxquelles les Britanniques participeront sans doute, alors qu'ils sont toujours supposés quitter l'Union) ? Le pire n'est jamais sûr..

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Europe, France 1 commentaire
  • Rentrée scolaire à Genève : "Des allocations, pas des aumônes" ?

    Imprimer

    Carte de pauvre.jpg

    On ne lâche rien...

    La Ville de Genève accorde aux familles les plus modestes de la commune une allocation de rentrée scolaire, que la droite municipale n'avait cessé de combattre et qu'il avait fallu lui imposer. Ne pouvant la supprimer, elle avait décidé de la dénaturer : l'allocation était versée sous forme monétaire, sur un compte postal ou bancaire, la droite a imposé qu'elle soit désormais versée sous forme de bons d'achat dans les commerces de ses copains. Nous avions combattu au Conseil municipal cette régression vers les aumônes intéressées du XIXe siècle, puis, après qu'elle ait été ratifiée par la droite dilatée (du MCG au PDC), lancé une pétition ("Des allocations, pas des aumônes") pour en revenir "à un mode acceptable et rationnel de versement des allocations de rentrée scolaire". Hier soir, au Conseil municipal, la même droite dilatée qui avait imposé le retour aux bons caritatifs a refusé la pétition. Comme on dit dans ces cas là : "le combat continue" -et il continuera jusqu'à ce quelques bribes de rationalité sociale se fraient, si péniblement que cela dusse se faire, dans quelques cerveaux de droite. Têtus, on est. Et optimistes, aussi...
     
     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, Politique 1 commentaire
  • L'ordre politique doit naître de l'ennui qui naît de l'uniformité

    Imprimer

    index.jpgNeutralisons !

     Le PLR municipal genevois a déposé un projet de délibération modifiant le règlement du Conseil afin d'y inscrire des règles portant sur les apparences vestimentaires et les modes d'expression des conseillères et conseillers municipaux. Le fétichisme vestimentaire est un peu une manie de la droite locale, elle nous avait déjà fait le coup avec les tenues de bain dans les piscines municipales, elle récidive avec les tenues de séance au Conseil municipal. Pour les apparences lors des séances plénières, le PLR ne s'est pas contenté de reprendre en substance une disposition de la loi cantonale sur la laïcité -celle qui, absurdement, prescrit qu'en séances plénière, "les membres du Grand Conseil et des Conseils municipaux s'abstiennent de signaler leur appartenance religieuse par des signes extérieurs", il y a ajouté une pétition de principe normalisatrice, selon quoi "il importe de clarifier explicitement les limites à l'intérieur desquelles la tenue et le comportement des conseillères et des conseillers municipaux doivent s'inscrire afin de consolider et de maintenir la sérénité des débats parlementaires". Et donc, clarification explicite : les élus et élues doivent se vêtir d'une tenue "neutre s'apparentant à une tenue de ville". Genre employé de banque des années cinquante et institutrice des années soixante ? Il s'agit de neutraliser les apparences pour normaliser le parlement. Neutraliser la forme, avant que de pouvoir neutraliser le fond. La proposition a été renvoyée pour étude en commission. On pourrait, si on était fatigués, se contenter de s'y opposer en arguant  que la loi cantonale suffit, si absurde  qu'elle soit. Mais on n'est pas fatigués. Et donc
    on se servira du projet de règlement que le PLR nous soumet comme d'un marchepied, pour aller plus loin dans son ambition : la normalisation du Conseil municipal de Genève.

    Lire la suite

  • Genève : De l'usage invocatoire de la "Séparation des pouvoirs"

    Imprimer

    Tutelle est prise sur qui croyait s'en déprendre

    Gulliver.jpg

    "Affaire Maudet", notes de frais des Conseillers administratifs de la Ville et des Conseillers d'Etat  : "Le Ministère public et la Cour des Comptes montent en puissance alors qu'ils sont des instances de contrôle et non du faire", maugrée le président du Conseil d'Etat genevois, Antonio Hodgers, dans "Le Temps" de samedi. Et l'ancien redac'chef de la "Julie", devenu chroniqueur, Pierre Ruetschi, de confirmer : "nos politiques, qu'il s'agisse de la Ville, ne contrôlent plus vraiment leur destin" (comme si en démocratie il pouvait en être autrement...), "le pouvoir a passé progressivement en d'autres mains, celles du Ministère public et de la Cour des comptes, qui déterminent la capacité de faire (ou de ne rien faire) de nos élus. Le politique est sous pression. A moins qu'il ne soit sous tutelle". Bon, et alors ? Tout dépend de qui il est sous tutelle, non ? Pourquoi a-t-on créé à Genève une Cour des comptes et en fait-on élire (activement ou tacitement) les magistrats par le peuple ? Pourquoi fait-on aussi élire le Procureur général, ses adjoints et tous les juges par le peuple ? Pour leur donner aux uns et aux autres la même légitimité démocratique que celle des députés et du Conseil d'Etat... 
     

     
     

    Lire la suite

  • Comment contourner une loi votée par le peuple

    Imprimer

    ouverture le dimanche.jpgLe 19 mai, à Genève, on votera sur une modification de la loi sur l'ouverture des magasins, modification étendant à trois dimanches par an les possibilité d'ouverture dominicale en contournant la condition posée par la loi actuelle, et ratifiée par le peuple en novembre 2016, d'une convention collective de travail étendue à l'ensemble du secteur. Le patronat du commerce de détail a instrumentalisé (avec leur accord) les partis de droite pour faire voter ce contournement par le Grand Conseil -les syndicats et la gauche ont riposté par un référendum, d'où l'inscription de l'enjeu à la votation du 19 mai. Mais le patronat ne s'en est pas tenu là : après avoir fait passer au Grand Conseil une loi contournant un vote populaire, ils tentent de faire ratifier par le Conseil d'Etat une convention collective au rabais signée par un syndicat jaune... Comment contourner une loi votée par le peuple ? en la faisant bidouiller par le parlement et en s'acoquinant avec un pseudo-syndicat...

    Lire la suite

  • La gauche genevoise unie contre les réformes fiscales

    Imprimer

    rffaNotre Surmoi et leur ça

    A Genève, comme le titrait la "Tribune" du lieu, le "front favorable à la réforme fiscale se lézarde" : à droite, l'UDC a lâché le PLR, le PDC et le MCG sur la réforme cantonale (tout en restant de leur côté sur la réforme fédérale), et à gauche, le PS a rejoint les syndicats, les Verts et "Ensemble à gauche" dans l'opposition aux deux réformes. On notera avec quelque maligne satisfaction, que le choix socialiste a mis en fureur la droite alors que celui de l'UDC l'a laissée indifférente. "Le Temps" diagnostiquait amèrement que (on ne s'en lasse pas) "les socialistes genevois ont, avec Ensemble à gauche et les Verts, un surmoi social qu'ils peinent à dépasser". Pire, ils le revendiquent, ce "surmoi social" -que partagent au sein même du PS partisans et adversaires de la réforme fiscale cantonale, s'ils l'expriment par des mots d'ordre différents. Ce "surmoi" de gauche vaut bien un "ça" de droite, non ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Genève, Politique, PS 1 commentaire
  • Plus d'un mois de grève des nettoyeurs à Genève

    Imprimer

    la-ville-intervient-dans-la-greve-des-nettoyeurs-936x546.jpgToilettes publiques, mandat privé


    Ils sont quatorze. Ils nettoient jour et nuit, la semaine et le dimanche,  les toilettes publiques de la Ville de Genève. Chacun en nettoie douze, quatorze, voire dix-sept, pour 21 francs 70 à 23 francs 60, ou même de l'heure.  Ils travaillent pour la Ville de Genève mais sont employés par une entreprise privée, Onet, à qui la Ville a sous-traité cette tâche. Et ils sont en grève depuis plus d'un mois, soutenu par leur syndicat (le SIT) et l'Assemblée générale de la fonction publique municipale, pour que leurs droits et la loi soient respectés par leur employeur. Pour qu'il leur paie le travail qu'ils font et qu'il ne leur paie pas, qu'il leur compense le travail de nuit qu'ils font et qu'il ne compense pas, qu'il leur fournisse du matériel de travail et de protection adapté, qu'il réintègre un travailleur licencié pour avoir participé au mouvement de revendication qui a abouti à la grève.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, service public, syndicats 7 commentaires
  • "Quand les femmes s'arrêtent, tout s'arrête"

    Imprimer

    feminisme.jpg1918 + 101 = 14.6.2019

    L'appel est lancé (www.14juin.ch) à la grève des femmes en Suisse, le 14 juin, 28 ans après la première grève des femmes lors de laquelle 500'000 personnes étaient descendues dans la rue et sur les places de tout le pays. Pour la grève de cette année, qui concernera le travail "professionnel" comme le travail familial et la consommation, un cahier de 17 revendication a été adopté à Bienne le 10 mars, comme il y a un siècle un cahier de revendication avait été adopté à Olten à l'appui de la première et unique grève générale de l'histoire suisse (et on retrouvera certaines de ces revendications d'il y a un siècle pour la grève de dans trois mois). 17 revendications pour une grève des femmes (les hommes qui les soutiennent ne sont évidemment pas interdits de grève) : égalité salariale, rentes sociales "dignes", valorisation des métiers dits "féminins", réduction et partage du temps de travail, congé paternité et congés pour s'occuper des enfants et des proches, régularisation des femmes migrantes, gratuité de l'avortement, suppression de la TVA sur les produits d'hygiène féminine, lutte contre les violences et les discriminations sexistes, transparence salariale dans toutes les entreprises, accès des femmes aux postes à responsabilité, soutien aux familles monoparentales, développement des crèches, interdiction des licenciements après un congé maternité... 

    Lire la suite

  • Fin du premier acte du "Grand Débat" français :

    Imprimer

    Macron, Grand Débat, Gilets JaunesJupiter regonflé...

    La première phase du "Grand Débat" national lancé par Emmanuel Macron est terminée*, place aux "conférences nationales" avec des organisations sociales (syndicats, associations), ces fameux "corps intermédiaires" que le macronisme jupitérien méprisait. De réunions locales seront faites des synthèses soumises à des citoyens tirés au sort. Et le parlement se saisira du résultat de cette vaste consultation, avant que le gouvernement y puise des propositions qui reviendront au parlement, voire des décisions qui n'auront pas besoin de l'aval parlementaire. Et peut-être un référendum pour clore le débat par des questions d'ordre institutionnel (référendum d'initiative populaire, prise en compte du vote blanc etc...) afin de donner ou redonner au président et à son gouvernement (du moins si le résultat du référendum est positif pour ses organisateurs) une légitimité qu'une dissolution de l'Assemblée nationale ne lui (re)donnerait pas. Bref, on est largement dans le flou quant aux résultats de l'exercice -sauf sur un point : il a regonflé Jupiter.

    * Sur France Culture, aujourd'hui, Jupiter regonflé débattra avec "65 personnalités de la vie de idées", dès 18 heures 20...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : France, Politique 1 commentaire
  • Changer de système, pas de climat

    Imprimer

    pollutionbagnoles.jpgChanger de système, pas de climat

    Le 18 janvier dernier, plus de 65'000 personnes ont manifesté en Suisse, et des millions dans le monde, pour exiger des "responsables" politiques qu'ils prennent sans délai les mesures nécessaires pour faire face au dérèglement climatique tel que provoqué par les activités humaines (et entretenu par les inactivités politiques). Un mois plus tard, le même mouvement à l'origine de cette première  "grève climatique" appelait dans 60 pays à de nouvelles manifestations, avec les mêmes revendications : neutralité carbone d'ici 2030 sans recours à la "séquestration carbone)" ou à la géo-ingénirerie, déclaration de l'état d'urgence climatique, défense de la justice climatique. "Pour atteindre ces objectifs, le changement de système est nécessaire", proclame le manifeste d'appel aux manifestations. Le changement de système, pas la culpabilisation individuelle -et surtout pas celle des plus pauvres ou des moins riches, qui seront les premières victimes d'un désastre environnemental s'il se produit.

    Lire la suite

  • Le PS de la Ville de Genève a désigné son candidat et sa candidate à la Municipalité

    Imprimer

    candidats PS CA.jpgUn coup de deux

    Hier soir, le Parti socialiste de la Ville de Genève, qui dispose de deux des cinq sièges de l'Exécutif municipal, y a désigné son candidat (Sami Kanaan) et sa candidate (Christina Kitsos) à l'élection du printemps 2020. C'est le premier parti de gauche à le faire. Il avait le choix entre cinq candidatures à la candidature qui toutes ont été inscrites par celui et celles qui les posaient dans une volonté de r4econquête d'une majorité de gauche au Conseil Municipal, et de maintien de celle au Conseil administratif. Mais au-delà de cette double volonté de reconquête et de maintien, il y a, également partagée, celle de défendre d'abord, d'étendre ensuite, la capacité de la Ville de Genève à mener une politique différente, alternative, à celle du canton -c'est-à-dire de la majorité politique qui la détermine (pour l'essentiel). Le PS a joué hier soir un coup de deux qui n'abolit certes pas le hasard de toute élection, mais lui permet dès aujourd'hui d'entrer en campagne.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Genève, Politique, PS 0 commentaire