vendredi, 10 février 2017

Naturalisation un peu facilitée des petits-enfants d'immigrés : Et nous, on est intégrés, vous êtes sûrs ?

naturalisation, intégration, droit du sol, droit du sang"On prend le risque d'attribuer un droit de cité à la légère, à des personnes qui ne sont pas intégrées", fulmine l'udéciste vaudois Michaël Buffat lorsqu'on lui demande ce qu'il pense de la naturalisation un tout petit peu facilitée pour les "étrangers de la troisième génération" (c'est-à-dire à 25'000 personnes nées en Suisse, dans leur très grande majorité italiennes, espagnoles ou portugaises de passeport, et dans leur très grande majorité nées de parents eux-mêmes nés en Suisse de parents immigrants en Suisse pour y travailler). Mais que fait-on d'autre qu'"attribuer le droit de cité à la légère" quand on pratique, comme en Suisse, le "droit du sang" ? Ne nous l'a-t-on pas attribué à nous, Suisses "de souche", "à la légère", à la naissance, avant même qu'on soit capable de dire un mot et de pouvoir nous intégrer à quoi que ce soit ? Et en quoi diable l'auteur de ces lignes se trouverait-il par miracle plus "intégré" qu'un employé de banque qui a voté PLR (ou UDC, ou MCG) aux dernières Municipales, qui est né en Suisse de parents nés en Suisse, qui a fait toutes ses écoles en Suisse, qui parle mieux français que la plupart des membres du Conseil Municipal ou du Grand Conseil -mais qui est encore de nationalité française (ou italienne, ou portugaise) ?

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jeudi, 09 février 2017

FORTA : Le piège

cul-de-sac2.jpgRépondre à la "pendularité" ou l'encourager ?

A quelques jours du verdict des urnes sur le projet de fonds routier FORTA (un vote dont on n'attend d'ailleurs pas qu'il complaise à nos attentes), il n'est peut-être pas inutile (et quand bien même ce serait...) de dire la raison fondamentale qui nous fera voter "non". Certes, son financement est déséquilibré (il pompe 650 millions de francs dans les caisses fédérales et ne demande qu'un effort insignifiant aux automobiles) et ce qu'il promet d'allouer à la mobilité douce est dérisoire comparé à ce qu'il allouera effectivement aux autoroutes. Mais surtout, il est la traduction concrète d'un choix politique qui porte non seulement sur la politique des transports mais aussi sur l'aménagement du territoire, la politique du logement et la politique économique, celui d'encourager à la "pendularité" entre des lieux d'habitation et des lieux de travail de plus en plus éloignés les uns des autres. On dira que la politique des transports dont témoigne FORTA répond à l'accroissement de cette "pendularité" ? En fait, elle n'y répond pas : elle la crée, l'encourage, l'étend et en allonge les temps et les distances. Elle rend possible un éloignement des lieux de travail et des lieux d'habitat, avec les coûts que cela implique, et avec la double désocialisation que cela provoque, sur chacun de ces lieux : celles et ceux qui désormais travaillent loin de là où ils habitent ne sont plus complètement socialisés dans aucun de ces lieux, et ne les connaissent plus en profondeur : "on devient mobile géographiquement, mais pas mentalement", résume le sociologue Vincent Kaufmann. Déplacé, pas inséré.

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mardi, 07 février 2017

RIE III : désolés, "la gauche bouge encore"

RIE III

Etre majoritaires, absolument

Titre de l'édito du "Temps"de jeudi dernier, à propos de la montée du "non" à la RIE III dans les sondages : "RIE III : la gauche bouge encore". On est désolés de faire de la peine au "Temps" (mais on le remercie quand même : l'édito n'était pas signé "éditorialiste masqué"), mais oui, "la gauche bouge encore" : elle (le PS en tête) a lancé le référendum contre la version de droite de la réforme de l'imposition des entreprise, l'a fait aboutir, a mené campagne (avec des moyens financiers ridicules si on les compare à ceux des partisans de la réforme), et elle peut gagner dimanche. Pas toute seule, évidemment (Ia gauche dans ce pays ne pèse qu'un petit tiers des suffrages, et il lui faut donc pour gagner une majorité détourner une partie de l'électorat de droite de son sillon), mais en ayant convaincu une partie importante de cette fameuse "classe moyenne", dont nul à vrai dire ne sait ce qu'elle est, que le projet qui lui est soumis est inacceptable. Un référendum, en effet, n'est pas une élection : on ne choisit pas un parti, on se prononce sur un texte. Et si on veut le renvoyer à son expéditeur, il ne suffit pas d'être relativement  majoritaire, il faut l'être absolument.

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lundi, 06 février 2017

Offensive générale contre l'aide sociale : Naissance du Quart Etat

pauvreté,aide sociale

Si méprisante qu'elle soit à l'égard de celles et ceux qu'elle vise et contraint, et si absurde qu'elle soit du trivial point de vue de l'efficacité, la volonté de la droite municipale genevoise de transformer une allocation sociale (celle de rentrée scolaire) en aumône accordée en bons a quelque chose d'exemplaire de la dégradation continue des politiques et des pratiques d'aide sociale, à Genève et en Suisse, depuis plus de dix ans. 13 % de la population genevoise reçoit une aide sociale,mais un tiers de celles et ceux qui pourraient en bénéficier ne la sollicitent pas. Ce taux de 13 % est stable, alors que la population augmente, ce qui signifie que le nombre de personnes vivant dans la précarité augmente et que, comme le Conseil d'Etat lui-même le reconnaît, une part de plus en plus importante de la population genevoise est menacée de pauvreté : le nombre de chômeurs en fin de droit s'accroît, celui des emplois mal rémunérés aussi (5,5 % des travailleuses et des travailleurs sont des "travailleurs pauvres" dont le salaire ne suffit pas à couvrir les besoins). L'Hospice traitait 13'000 dossiers d'aide sociale en 2015, et en 2016, ce record a été battu, le nombre de personnes bénéficiant du Vestiaire Social a doublé entre 2014 et 2015, le nombre de repas gratuits offerts par les colis du coeur est passé entre 2015 et 2016 de 80'000 à plus de 100'000... Et c'est ainsi, du Tiers Etat, naît un Quart Etat. Sans qu'un Sieyès ne s'avise de rappeler que n'étant rien, il rêve tout de même d'être quelque chose.

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vendredi, 03 février 2017

Gens de Dublin

expulsion.jpgAppel contre une politique d'asile "aveugle"

Un appel* a été lancé par des élus, des citoyens sans mandats politiques et des organisations (dont les partis de gauche et le PDC)  pour que la Suisse en général, et Genève en particulier, tiennent mieux compte des aspects humains dans l'application des fameux accords de Dublin qui sont supposés déterminer l'accueil des requérants d'asile, en posant comme principe, souvent inapplicable, celui de l'accueil dans le premier pays signataire où le requérant est arrivé. Les auteurs et signataires de l'appel ne contestent pas l'accord de Dublin, mais la manière dont il est appliqué : au nom de Dublin, la Suisse sépare des familles, renvoie des malades vers des pays  où aucun soin n'est garanti , soustrait des enfants en pleine année scolaire, renvoie des mères d'enfants en bas âge, alors même que l'accord prévoit la possibilité de déroger à ses propres critères "notamment pour des motifs humanitaires et de compassion", et d'examiner une demande d'asile "même si cet examen ne lui incombe pas". Il faut savoir lire un texte en entier, et jusqu'au bout. Et oser utiliser les possibilités qu'il offre, même celles qui font hurler la tribu.

*www.solidaritetattes.ch

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jeudi, 02 février 2017

RIE III : Vers un retour du paquet piégé à l'expéditeur ?


RIE III Retour à l'envoyeur.JPGEncore un effort !

Nous partîmes un tiers et nous voilà la moitié (si l'on en croit les sondages, qui n'annoncent jamais ce qui va être voté, mais seulement ce qu'auraient voté les sondés le jour où on les a interrogés si le vote avait lieu ce jour là) : un sondage SSR donne le "oui" à 45 % et le "non" à 44 %, un sondage Tamedia donne le "non" à 47 % et le "oui" à 45 %. Suspense... Un tiers des électeurs PDC interrogés auraient voté "non" le jour du sondage, comme plus de 40 % des électeurs UDC et Verts libéraux, et la majorité des électeurs du PBD, alors que ces trois partis appellent à voter "oui". A force de confusion, de polémiques, de manipulations, d'obscurités et de prédictions délirantes, le camp du "oui" s'est effrité. Même l'ancienne ministre (de droite) des Finances fédérales, Eveline Widmer-Schlumpf, qui avait lancé la troisième réforme de l'imposition des entreprises, en désavoue le résultat : elle le trouve "déséquilibré", alourdi par des mesures d'accompagnement contestables, comme la déduction possible d'intérêts fictifs, et éloigné de l'objectif initial et fondamental d'abolir les avantages fiscaux offerts aux sociétés à dimension internationale. Encore un effort, citoyennes et citoyens, pour renvoyer à l'expéditeur ce paquet trop bien ficelé pour ne pas cacher quelque chose qui vous explosera à la figure...

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mercredi, 01 février 2017

FORTA : "Vache à lait" écrémé

Financer les routes ou la mobilité ?

vachefolle.jpgLe 12 février, le bon peuple des villes, des banlieues, des campagnes et des montagnes -le peuple suisse, quoi- est appelé à voter sur ses routes. Ou pour être plus précis, sur un fonds routier de durée illimitée, le FORTA, dont le gouvernement assure qu'il va, d'un coup de baguette magique, quoique bétonnée, éliminer les bouchons sur les autoroutes et fluidifier le trafic dans les villes. Le fonds est doté de 3 milliards de francs par année, assurés par les moyens actuels de financement des routes nationales et par une surtaxe sur les huiles minérales (avec à la clef une  hausse de 4 centimes du prix de l'essence). Ce financement, réservé au fonds, va priver la caisse fédérale de 650 millions de francs de recettes annuelles (on prévoit de les compenser comment ? Par des zéconomies, pardi ! Et où les faire, les zéconomies ? Dans la formation, la culture, l'agriculture et la solidarité internationale). Ainsi constitué, le fonds  doit assurer le développement et l'entretien des routes (400 kilomètres de routes cantonales vont devenir fédérales). Il avait été présenté comme une alternative à l'initiative populaire du lobby automobile, l'initiative "vache à lait", qui voulait affecter à la route la totalité de l'impôt sur les carburants. L'initiative ayant été balayée par le peuple et les cantons, c'est au projet du FORTA qu'on a désormais affaire. Une sorte de "vache à lait écrémé". Le lobby automobile qui le trouvait insuffisant s'y est rallié (un tiens vaut mieux que deux tu ne l'as pas eu) après que son financement été revu. Seule la gauche (pas unanime, puisque des élus fédéraux socialistes  et verts appellent à voter "oui") est réticente, voire opposée à ce qui, tout de même, reste plus un cadeau à la route et au transport automobile individuel et privé qu'un financement de la mobilité.

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mardi, 31 janvier 2017

Naturalisation des étrangers de la "troisième génération" : Surmonter le refus Heimatstil

naturalisation, nationalitéLe 26 septembre 2004, 51,6 % des votantes et des votants (et 19 cantons et demi-cantons) refusaient de faciliter la naturalisation des "étrangers de la troisième génération". Tous les cantons romands sauf le Valais avaient accepté ce que tous les cantons alémaniques sauf Bâle-Ville et Berne avaient refusé. Le 12 février prochain, il faudra, pour revenir sur ce vote d'il y a 12 ans (et demi), obtenir non seulement un basculement de la majorité populaire (il est à portée), mais surtout (puisque là est l'obstacle) un basculement de plusieurs cantons opposants dans le camp du "oui". C'est donc en Alémanie que va se jouer le sort de la proposition soumise au vote (soutenue par tous les partis nationaux sauf l'UDC, elle est d'ailleurs déjà appliquée en Romandie). On peut préjuger d'un vote favorable des villes alémaniques. On peut aussi préjuger d'un refus "heimatstil" réitéré des cantons de Suisse centrale et des campagnes alémaniques. On ne se risquera pas à parier sur le sens du vote de ce qui n'est ni la ville, ni la campagne, mais ce pays intermédiaire entre l'une et l'autre : le pays des banlieues et des zones péri-urbaines, à forte population immigrée et à forte population étrangère (les deux termes ne sont pas synonymes : un immigré est quelqu'un qui vient d'ailleurs, même quand il est suisse; un étranger est un ressortisssant d'un Etat étranger, même quand il est né ici. Il y a donc des immigrés suisses et des indigènes étrangers -mais allez expliquer cela à un udéciste...)

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lundi, 30 janvier 2017

Large victoire de Benoît Hamon à la "primaire" socialiste : Coup de sac bienvenu

Benoit Hamon.jpgBenoît Hamon a donc été désigné comme candidat du PS à l'élection présidentielle du printemps prochain, par (en gros) 60 % des suffrages, contre 40 % à Manuels Valls. Ce résultat clair, c'est celui d'un vote contre l'appareil du PS, même si Hamon avait reçu le soutien de notables socialistes, ralliés à lui entre les deux tours de la "primaire" (ou le soutenant depuis le début), et c'est une victoire des "frondeurs" et de l'aile gauche d'un parti qui sort quasi miraculé de cette "primaire". Le "coup de sac" bienvenu de la désignation de Hamon ouvre le jeu de la présidentielle, y réinstalle le PS et réinstalle le PS à gauche (il était temps). Mais elle le condamne aussi (il y a pire pensum) à devoir rassembler autour de sa candidature plus que les forces qui lui ont permis d'être désigné. Il est en meilleure position pour le faire qu'aurait pu l'être Valls, mais il est toujours flanqué sur sa droite d'un Emmanuel Macron en pleine ascension, et sur sa gauche d'un Jean-Luc Mélenchon -qui aurait d'ailleurs préféré avoir à faire à Valls plutôt qu'à Hamon. Il faut bien reconnaître que de choix, le PS français n'en a plus guère qu'entre la recomposition ou la décomposition. Cette clarification, acquise malgré lui, et largement contre lui, sera peut-être tenue pour l'un des rares legs positifs de François Hollande.

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jeudi, 26 janvier 2017

RIE III : Le jour d'après

RIE IIIBelles promesses et lourdes menaces

Entre les belles promesses qui rendent les citoyens joyeux (genre diminuer les impôts des entreprises va en faire rentrer plus) et les lourdes menaces qui les rendent peureux, la campagne des partisans de la réforme fédérale des entreprises version III.0 a pris une étrange tournure...  On nous annonce quasiment que si le projet soumis au vote était refusé, toutes les multinationales (c'est fragile, ces petites bêtes) pourraient quitter la Suisse, que les PME qui travaillent pour elles pourraient toutes faire faillite, qu'au moins 200'000 emplois seraient supprimés, dont 50'000 rien qu'à Genève, qu'Ueli Maurer lancera un programme d'économies de plusieurs milliards de francs et que le PIB de la Suisse tombera au-dessous de celui de la Somalie. C'est comme on vous le dit : le Jour du Jugement, pas moins. On se dit alors qu'on a bien fait de garder au frais les cartes de rationnement de nos parents. Elles ont peut-être 75 ans, mais comme on nous promet quasiment le retour au rationnement (les bons pour les pauvres, c'est fait), au Plan Wahlen et au Réduit National... Sérieusement, il se passera quoi, si le "non" à la RIE III gagne le 12 février ? Sérieusement, il ne se passera rien : c'est si le "oui" gagne qu'il se passera des choses extrêmement désagréables pour tout le monde (ou presque) quand en cascade la Confédération reportera des charges sur les cantons qui reporteront des charges sur les communes qui les reporteront sur leurs habitants...

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mercredi, 25 janvier 2017

L'Hebdo au mur

presse.jpgRingier-Springer condamne l'"Hebdo" à mort

L'"Hebdo", condamné à mort dimanche soir par le groupe Ringier-Springer, cessera de paraître après son ultime numéro, le 2 février. Le journal aura vécu 35 ans. Deux ans de plus que le Christ (la comparaison s'arrêtant là, à moins que, crucifié par son éditeur, le journal ne ressuscite par la volonté de ses journalistes). La présidente de la section UDC de la Ville de Genève en est toute contente sur Face de Bouc : "un de moins en 2017. Bon début d'année"... Au moins, c'est franc. Pour le reste, on a droit à la colère impuissante des syndicats et au choeur des pleureuses de circonstance (qui nous rappellent ceux qui avaient salué en longs et lourds sanglots la disparition de "La Suisse", en 1994). "Cauchemar, stupéfaction, choc, consternation, tristesse" psalmodie en "une" la "Tribune de Genève", pour qui "La mort de "L'Hebdo" secoue la presse suisse". La secoue-t-elle, ou révèle-t-elle la fragilité d'une presse aux mains de groupes financiers ne laissant aux journaux réellement indépendants que les miettes d'un marché où les profits se raréfient ?

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mardi, 24 janvier 2017

"Primaire" de la gauche (mais pas toute) française : Tour de chauffe

valls-hamon-valls_5784063.jpgDonc, c'est Hamon (avec 36 % des suffrages) et Valls (31 %) qui sortent du (petit) chapeau de la primaire socialiste (et radicale de gauche, et un peu écolo) de dimanche. Exit Montebourg, qui ne donnait d'ailleurs pas vraiment l'impression de vouloir la gagner, cette primaire. On l'aimait bien, Montebourg. On l'aimait plus qu'on aimait ses positions politiques. Il appelle à voter Hamon au deuxième tour. Hamon et lui, cela fait une majorité si la totalité des suffrages de l'un s’additionnent à la totalité de ceux de l'autre. Et du fond de son lit d'hôpital, façon "Appel de Cochin", Martine Aubry appelle à voter Hamon. Ou à voter contre Valls, comme on veut. Dimanche, le PS aura un candidat à la présidentielle. Le troisième ou le quatrième candidat de gauche (on a déjà Macron -admettons qu'il soit de gauche- et Mélenchon Et Poutou, forcément). Coincé entre sa droite macroniste et sa gauche mélenchoniste, le PS ne joue même pas sa place au deuxième tour de la présidentielle, mais sa place au coeur de la gauche. En 1969, le candidat socialiste, Gaston Defferre terminait quatrième de la présidentielle, avec 5 % des suffrages, loin derrière le candidat gaulliste (Pompidou), le candidat centriste (Poher) et le candidat communiste (Duclos). On ne donnait plus très cher de l'avenir du parti socialiste. Deux ans plus tard, Mitterrand le prenait d'assaut, aidé par la gauche socialiste d'alors (le Ceres de Chevènement, Sarre et Motchane), s'y installait et le préparait à l'installer (et surtout à l'installer lui-même) au pouvoir. C'est résiliant, un vieux parti, et le PS, sous un nom ou un autre, a plus d'un siècle d'âge, en France, si on le fait remonter à la réunification opérée par Jaurès et Guesde, et près d'un siècle et demi si on le fait remonter à la première organisation politique socialiste...

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lundi, 23 janvier 2017

Sauver le "Plaza" : c'est pas fini

Vignette Plaza.jpgReclasser ou exproprier ?

Le cinéma "Le Plaza" n'a pas encore été démoli, mais le projet de ses propriétaire reste de le détruire pour le remplacer par un centre commercial, et sous le centre commercial un parking (et sur le centre commercial, des "logements pour étudiants" histoire de masquer un peu les objectifs purement financiers de l'exercice). Ce projet est à l'examen au Département cantonal de l'Aménagement (le DAL), à qui chacun-e peut encore adresser ses observations. Et même si le projet, malgré toutes ses tares (à commencer par celle de nécessiter, pour pouvoir être autorisé, une dérogation générale à quasiment toutes les lois qu'un projet de ce genre est supposé respecter) devait finalement être accepté, il sera encore temps de faire recours, pour autant qu'on en ait la capacité juridique, contre cette autorisation de démolir pour dénaturer. Pendant quoi, il nous faut également intervenir partout où cela peut avoir un effet, afin que la salle, dont la valeur patrimoniale a été reconnue même par les jugements qui la déclassaient, soit "reclassée", et que l'exigence de la maintenir devienne incontournable. Cette exigence suppose un projet culturel pour cette salle. S'ajoutant à la valeur patrimoniale du Plaza, seul un tel projet peut justifier l'intervention de la Ville et du canton. Mais pour que cette intervention se fasse, il n'est que deux moyens possibles : soit le reclassement de ce qui n'a été déclassé qu'au prétexte de la non-rentabilité de la salle, soit l'expropriation pour utilité publique. Cette expropriation peut être décidée par le parlement cantonal, mais aussi, par voie d'initiative législative, par le peuple. A tout cela, on travaille.

 

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vendredi, 20 janvier 2017

T'as fait ta prière ? Ben non, j'avais piscine...

piscine.jpg

L'égalité des droits prime la posture religieuse

La Cour Européenne des droits de l'Homme a confirmé au début du mois un jugement suisse qui refusait d'accorder à des élèves (musulmanes en l’occurrence) une dispense de cours de natation, dispense exigée par les parents pour des motifs religieux (ils refusaient que leurs filles prépubères participent aux cours de natation obligatoires, à Bâle, au prétexte que ces cours sont mixtes et que leur croyance religieuse leur imposerait de préparer leurs filles à respecter l'exigence religieuse de couvrir leur corps). Les parents avaient été condamnés à une amende, ils avaient fait recours en clamant que leurs droits parentaux avaient été bafoués, leur recours avait été rejeté, ils ont fait appel à la CEDH, qui a confirmé les décisions qu'ils contestaient : pour la Cour, l'égalité des chances et des sexes prime le respect de prescriptions religieuses particulières. On peut saluer ce jugement. D'abord parce qu'il est logique : soit les cours de natation sont obligatoire, et obligatoirement mixtes, soit ils ne sont pas obligatoires. S'ils sont obligatoires, parce qu'on considère que savoir nager est tout de même utile, pour des filles comme pour des garçons, ils le sont pour toutes et tous. Et s'ils ne sont pas obligatoires, il n'y a pas de raison d'en dispenser qui que ce soit pour raison religieuse, puisque n'importe qui peut s'en dispenser pour n'importe quelle raison. T'as fait ta prière ? Ben non, j'avais piscine...

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jeudi, 19 janvier 2017

Le Couronnement de Trump : Beauf Ier, Président

Trump, USADemain, vendredi, Donald Trump sera investi 45e Président des Etats Unis. Après-demain, samedi, des centaines de milliers de personnes manifesteront, non contre cette investiture, conforme au système baroque d'élection à la présidence d'un candidat ayant obtenu un moindre soutien électoral que sa concurrente, mais contre ce système, et contre le discours tenu par ce candidat élu, et contre une bonne partie de son programme*. La cérémonie d'investure elle-même sera d'ailleurs boycottée par des élus démocrates à la Chambre des Représentants, qui dénoncent les attaques de Trump contre l'un des leur, John Lewis, 76 ans, Représentant de la Géorgie, figure de la lutte pour l'égalité entre "noirs" et "blancs", co-organisateur de la fameuse Marche pour l'Egalité en 1963, accusé de n'avoir que de "belles paroles" à offrir à ses concitoyens. "Je ne veux pas contribuer à légitimer un homme qui ment à profusion, insulte quiconque n'est pas d'accord avec lui" et manque de respect pour les femmes, résume le démocrate Don Beyer (ancien ambassadeur en Suisse). Eh oui, Beauf Ier sera dès demain président des Etats-Unis...

* En Suisse, la "Marche des Femmes pour la Dignité" s'inscrira, au même moment, à Genève, dans le même refus du mépris des femmes et des minorités que la marche de Washington expérimera : Rendez-vous à 11 heures au Jardin Anglais pour une marche close par un rassemblement au Quai Wilson à 12 heures 30

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mercredi, 18 janvier 2017

Convention de mise en oeuvre cantonale de la RIE III : Tais-toi et signe ?

RIE III

Un peu plus d'une centaine de socialistes réunis en assemblée générale ont décidé lundi soir de ne pas signer la "convention" entre partis gouvernementaux favorables au projet du Conseil d'Etat de mise en oeuvre cantonale de la RIE III (ouf, ça, c'est de la phrase !). Mais on a quand même mis trois bonnes heures pour savoir si on disait NON à la convention ou NON à la signature de la convention...  Finalement on a, péniblement, dit NON à la signature de la convention. Du moins pas maintenant. On aurait évidemment préféré dire carrément NON à la Convention elle-même (et donc au projet du Conseil d'Etat), voire même qu'une majorité lui dise OUI (être minoritaires ne nous déprime pas vraiment), et avoir une position claire à défendre ou à combattre (on se serait gênél, tiens...) mais on fera avec ce simple refus de signature : comme la Convention entre partis gouvernementaux n'était supposée être valide que si tous la signaient hier, et que ni le PS ni les Verts ne l'ont signée, il ne devrait plus y avoir de convention, sauf entre le PLR, le PDC et le MCG, ce qui ne changerait pas grand-chose aux front en présence. A moins que les entreprenants auteurs du papier que le PS n'a pas signé hier (pas plus que les Verts)  ne décident finalement de la mettre au frigo en attendant le résultat du vote de février prochain sur la réforme fédérale sur laquelle s'appuie la réforme cantonale.  C 'est clair ? Bon, d'accord, ça mérite peut-être une chtite clarification...

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mardi, 17 janvier 2017

La monnaie de singe de la droite genevoise

Carte de pauvre.jpg

Y'a bons


A Genève, l'Hospice Général a traité l'an dernier un nombre record de dossiers d'aide financière (ils étaient déjà 13'000 en 2015) et 13 % de la population  bénéfice d'une aide sociale (cette proportion étant stable dans une population en augmentation, cela signifie que plus de gens vivent dans la précarité) mais selon Caritas, un tiers des personnes ayant droit à une aide sociale ne la demandent pas. Cette pauvreté se concentre dans les villes, et particulièrement dans la Ville. Sur les 71 secteurs du canton de Genève qui présentent des signes importants de précarité, et donc de risques de pauvreté, 44 sont situés en Ville de Genève : ils sont tous caractérisés par un revenu annuel median faible, une proportion importante d'enfants scolarisés d'origine sociale modeste, une forte concentration de bas revenus et de chômeurs et un pourcentage élevé de bénéficiaires de subsides sociaux -du genre de celui que la droite municipale genevoise propose de verser désormais sous forme de bons, c'est-à-dire en monnaie de singe. Le président de Caritas, Dominique Froidevaux, constate qu'en Suisse, "mesurer la pauvreté n'a jamais été une priorité politique". En revanche, pour la droite municipale, dissuader les pauvres de faire valoir leurs droits en est une.

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lundi, 16 janvier 2017

RIE III : Affliction générale

Vignette RIE III.jpgLe Parti socialiste doit tenir à Genève (en en Suisse) une forme olympique en ce moment, à rendre jaloux nos camarades français : il afflige tout le monde. Le président du PLR est affligé parce que le PS risque fort (comment pourrait-il raisonnablement faire autrement ?) de refuser de signer la convention qui l'engagerait à soutenir la réforme cantonale de l'imposition des entreprises avant même de savoir si elle pourra se faire, Pagani est affligé parce que le PS ne prend pas au sérieux les ultimatums de ce qui reste d'"Ensemble à Gauche", l'USAM est tellement affligée de l'opposition socialiste à la réforme fédérale qu'elle bidouille des déclarations de socialistes pour fait croire qu'ils soutiennent cette réforme alors qu'ils combattent... Bref, l’affliction est générale, et on en est nous-même tout affligés, d'affliger tous ces affligés. Mais on surmontera notre propre affliction. Et ce soir, en assemblée générale du PS genevois, on espère bien être une majorité confortable à refuser de poser la signature socialiste au bas d'un texte (la fameuse convention) auquel on ne peut guère comparer que l'adhésion à Exit. Encore qu'Exit ne promeuve au moins la mort que dans la dignité, quand ce texte ne nous la propose aux partis politiques que sous la forme d'une capitulation.

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vendredi, 13 janvier 2017

Naturalisation facilitée de la troisième génération d'étrangers : L'évidence contre les miasmes

vignette natu.jpgDans un mois, le 12 février, le peuple suisse et ses cantons diront "oui" ou "non" à une simplification du processus de naturalisation des étrangères et des étrangers de la troisième génération (c'est-à-dire nés et scolarisés en Suisse, enfants d'étrangers eux-mêmes nés en Suisse (ou y ayant séjourné au moins 10 ans, dont au moins cinq ans de scolarité) de parents ayant aussi entretenu des liens étroits avec la Suisse. La démarche est prudente, conditionnelle, restrictive -mais elle n'en sera pas moins difficile à faire admettre en Suisse alémanique, hors des grandes villes, et en particulier en Suisse centrale. Tous les partis (sauf évidemment l'UDC) la soutiennent pourtant, mais le précédent de 2004 (une naturalisation facilitée pour les jeunes étrangers de la 3e génération) inquiète : seuls les Romands (sauf le Valais) et les Bâlois de la Ville avaient soutenu le proposition, rejetée à 51,6 % du vote populaire. C'était la troisième fois qu'une proposition de naturalisation facilitée pour une toute petite proportion des étrangers (celles et ceux qui sont le mieux intégrés, et depuis le plus longtemps) échouait dans les urnes. Or depuis 2004, on ne peut pas dire que le climat se soit amélioré en Suisse (ni ailleurs) en ce qui concerne l'accueil et l'intégration des immigrants. Le projet soumis au vote ne concerne finalement que de jeunes hommes et de jeunes femmes déjà suisses de fait, sinon de droit ? C'est une évidence -mais une évidence peut-elle dissiper des miasmes ? Réponse dans un mois...

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16:31 Publié dans Immigration, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

jeudi, 12 janvier 2017

Partis socialistes français et suisse : Y'en a presque point comme nous.

socialisme, social-démocratieCe soir, à la télé française, sept socialistes feindront de débattre dans le cadre d'une "primaire de gauche" -qui ne concerne d'ailleurs plus qu'une partie de la gauche- au terme de laquelle sera désigné le candidat du PS à l'élection présidentielle de la fin du printemps prochain. Sept candidats, dont quatre anciens ministres (et même un ancien Premier ministre) de François Hollande, qui vont sans doute faire ce qu'ils peuvent pour se distancer du bilan d'un quinquennat jugé par une écrasante majorité de Françaises de Français comme assez calamiteux, mais dont ils ont été, pour un temps au moins (mais jusqu'au bout pour Manuel Valls) des acteurs. Autant dire que le vainqueur de la "primaire" du PS et de ses satellites ne sera pas désigné pour succéder à François Hollande, ni même, sans doute, pour se retrouver au deuxième tour de la présidentielle, mais pour tenter de maintenir au sein de la gauche française le primat d'un parti coincé entre le social-libéralisme à la Macron et la social-démocratie de gauche de Mélanchon. Certes, le PS français survivra à sa crise (il a survécu à toutes, et même à ses propres errements, depuis sa fondation par Jaurès et Guesde, il y a un siècle), et ses deux concurrences sur ses deux flans sont plus des mouvements que des partis, mais à voir l'état dans lequel le quinquennat de Hollande l'a laissé, on se sent tout de même mieux en ce moment au PS suisse qu'on se sentirait au PS français. C'est notre "y'en a point comme nous"... "Point", ou presque : n'oublions pas le Labour de Corbyn, et même le courant socialiste de Sanders.

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14:58 Publié dans Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : socialisme, social-démocratie | |  Facebook | | | |