mardi, 21 novembre 2017

Migrations : Le fond de la mer pour les morts, la géhenne pour les vivants

migrants.jpgDans les six premiers mois de 2017, 85'000 migrants ont débarqué en Italie. Dans le seul week-end de Pâques, près de 9000 personnes ont été secourues par les garde-côtes italiens ou les bateaux des organisations humanitaires.Et de janvier à la mi-août, 2300 personnes sont mortes, noyées, entre l'Afrique du nord et l'Europe du sud.  A l'appel de l'Italie, mais sans pour autant accepter toutes ses demandes, les 28 Etats de l'Union Européenne ont, début juillet, promis d'agir pour tenter d'endiguer ce flux de migrants africains qui, partant de Libye, traversent la Méditerranée pour, quand ils n'y sombrent pas, arriver sur les côtes italiennes, souvent en étant secourus en mer par les bateaux des ONG.  Mais les Etats européens qui auraient pu le faire (la France, l'Espagne, notamment) n'ont pas répondu favorablement à la demande italienne d'ouvrir l'accès de certains de leurs ports (Marseille, Barcelone, notamment) aux navires secourant les migrants en mer. Les Européens se sont contentés de décider d'un engagement accru envers la Libye et les pays de transit ou de départ des migrants (principalement le Nigeria, le Niger, le Bangladesh, la Guinée, la Côte d'Ivoire, la Gambie), et dans le catalogue de mesures de dissuasion européennes, on chercherait en vain quelque chose qui ressemble, même de loin, à un engagement commun des Etats européens de se répartir entre eux, et entre eux tous, la charge de l'accueil des migrants. On cherchait avec la même certitude de de rien trouver quelque chose qui garantisse qu'en Libye, où on veut les faire retourner, les migrants subsahariens seront traités autrement que comme du bétail : entassés dans des conditions sordides, rackettés, torturés, violés et violées, asservis.  Mais au moins n'auront-ils pas mis le pied en Europe. C'est tout ce qu'on cherche, et qu'on obtient : le fond de la mer pour les morts, la géhenne pour les vivants.

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15:41 Publié dans Droits de l'Homme, Europe, Immigration | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : migration, asile | |  Facebook | | | |

lundi, 20 novembre 2017

A l'automne tombent les feuilles des arbres. Et les augmentations de primes d'assurance-maladie. Et les initiatives populaires.

feuilles d'automne.jpgQuand LAMA fait cracher, LAMA toujours faire ainsi

A l'automne tombent les feuilles des arbres. Et les augmentations de primes d'assurance-maladie. Presque tout le monde s'en plaint (certains ont tout de même les moyens de s'en foutre), mais presque tout le monde s'y résigne : Genève est l'un des cantons où les primes d'assurance-maladie sont les plus élevées et subissent les plus fortes hausses moyennes : 5,4 % pour 2018 (4 % en moyenne nationale, mais jusqu'à 6,4 % dans le canton de Vaud). Or le niveau des primes est un facteur déterminant de paupérisation, avec le niveau des loyers. A Genève, les trois partis de l'"Alternative" (la gauche genevoise représentée au parlement cantonal), le PS, les Verts et "Ensemble à Gauche") ont lancé une initiative cantonale proposant des subsides cantonaux afin de permettre de plafonner à 10 % la part prise par les primes d'assurance-maladie sur le revenu des personnes et des familles (dans le canton de Vaud, un tel plafonnement, négocié et intégré dans les mesures d'accompagnement de la réforme de l'imposition des entreprises, va être mis en place à 12 % en 2018 et 10 % en 2019.
La récolte de signatures (il en faut 5100 valables) vient de commencer pour l'initiative cantonale genevoise*, le Parti du Travail a déposé à la mi-juillet la sienne pour une "caisse d'assurance maladie et accidents genevoise à but social"et deux autres initiatives, fédérales, sont en cours de signature : l'une contre les liens d'intérêts entre caisses-maladie et parlement fédéral, l'autre pour autoriser les cantons à créer une caisse publique : On peut télécharger des feuilles de signatures sur http://www.ps-ge.ch/wp-content/uploads/2017/11/IN10-PS.pdf

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14:19 Publié dans Assurances sociales, sécurité sociale, Suisse | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : lama, assurance-mladie | |  Facebook | | | |

vendredi, 17 novembre 2017

Ce dont Tariq est le nom...

Ramadan.jpgRamadan2.jpgL'"Affaire Tariq Ramadan" occupe depuis maintenant plusieurs semaines les media. Et elle est exemplaire, à la fois par les accusations portées et par la personnalité de l'accusé. Les faits sont triviaux, les actes sont minables, l'accusé est célèbre. S'il n'y avait que les faits et les actes, il n'y aurait pas d'"affaire".  Il y a deux Tariq dans le même Ramadan : il y a le gourou islamiste (serait-il d'une autre obédience religieuse que cela n'importerait guère), et il y a le dragueur pulsionnel. Il y a celui qui dit ce qu'il faut faire et penser, et celui qui pense avec ses génitoires. Ce qui se dévoile là, sous l'apparence de rapports de séduction, c'est un rapport de dépendance à l'égard du prédicateur, de l'enseignant, de la figure autoproclamée de l'"intellectuel musulman". Celui qui se dévoile sous Ramadan, c'est Tartuffe. Que ce Tartuffe là soit musulman quand celui de Molière était chrétien (ou que d'autres du même acabit professent quelque autre religion, ou philosophie, ou idéologie) ne change rien à sa tartufferie, sauf à confirmer qu'il n'est nul besoin d'être chrétien pour être jésuite : c'est d'abus de pouvoir qu'il s'agit. D'abus d'un pouvoir bien spécifique, car il se trouve que le prédicateur, l'intellectuel, le théologien en cause, a prétention à être une référence pour au moins une partie des musulmans -qui en font effectivement une référence- et leur représentant auprès d'instances sociales, culturelles, médiatiques, voire politiques, des sociétés non musulmanes. C'est cette prétention à jouer ce rôle que "l'affaire" devrait réduire à néant. Parce que cette prétention a un pré-requis, une exigence préalable : celle de la cohérence entre le dire et le faire, entre l'image que l'on veut donner et la réalité de ce que l'on est. Et si les actes aujourd'hui reprochés, même tardivement, à Tariq Ramadan se confirment, si les témoignages sur ces actes se vérifient, alors la contradiction entre ce que veut être Tariq Ramadan et ce qu'il est se révélera telle qu'elle tiendra de la forfaiture. Qui veut indiquer le bon chemin ne doit pas patauger dans la gadoue du fossé : cela vaut pour Tariq Ramadan comme cela valait pour Dominique Strauss-Kahn et comme cela vaut pour un Thierry Marchal-Beck, ancien président du mouvement de la Jeunesse Socialiste française.

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16:45 Publié dans religion, laïcité, églises, Société - People | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : tariq ramadan, harcèlement, féminisme | |  Facebook | | | |

mercredi, 15 novembre 2017

Budget 2018 de la Ville de Genève : Hosannah !

masques.jpgHosannah ! La droite municipale genevoise (sauf le PLR) a décidé hier soir d'étudier le projet de budget (révisé) du Conseil administratif. Le Conseil municipal va donc pouvoir faire son travail. On n'en revient pas. Bon, le premier projet de budget se soldait par un déficit de 20 millions (soit 1,7 % d'un budget de plus de 1,1 milliard...), le second efface ce déficit sans couper dans les prestations, grâce essentiellement à une hausse des rentrée fiscales (d'ailleurs prévisibles, et prévues) -mais qui ne pouvaient être intégrées au projet puisqu'il fallait attendre que le canton les confirme), il devenait difficile de refuser d'entrer en matière sur son étude quand on clamait depuis des années qu'on n'accepterait pas de budget déficitaire, mais cela ne préjuge en rien du résultat du travail (accéléré, puisqu'il devra se faire en moins de deux mois au lieu de quatre) en commission, puisque la droite s'accroche à son exigence fétiche de plusieurs millions de boni annuels, plusieurs dizaines de millions sur une législature... pour n'en rien faire. Comme si cette exigence avait un sens, quand au terme de l'exercice, les comptes affichent, obstinément, un bénéfice (55 millions par an en moyenne décennale). Et puis, de toute façon, la procédure budgétaire en Ville de Genève aboutit depuis deux ans devant le peuple lorsque la droite municipale s'attaque à la solidarité sociale, à la solidarité internationale, au pluralisme culturel...

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15:39 Publié dans budgets publics, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

mardi, 14 novembre 2017

Saison des intempéries sur le Grand Théâtre

GTG noir.jpgCoitus interruptus

Comme on le sait, le Grand Théâtre prend l'eau. Le 13 octobre dernier, le département municipal de Constructions et de l'Aménagement avait annoncé d'importantes infiltrations d'eau en sous-sol, retardant de quatre mois le chantier de rénovation du bâtiment de la place Neuve, et d'autant le retour de l'Opéra sur son site -ce qui du même coup l'empêche d'ouvrir chez lui sa saison 2018-2019, avec tout ce que cela implique de perturbations de sa programmation (exit, la Tétralogie wagnérienne prévue), de pertes de ressources et de dépenses supplémentaires à sa charge. Le PLR a d'ailleurs sauté sur l'occasion pour exiger (par voie de motion qui ne peut rien exiger, le Conseil administratif en faisant à peu près ce qu'il veut) la nomination d'un expert "indépendant". Et presque en même temps (c'est la saison des intempéries), le Conseil d'Etat annonçait qu'il renonçait à proposer au Grand Conseil que le canton prenne sa part de la "gouvernance" de la principale institution culturelle (hors l'école) de la région.

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15:33 Publié dans Culture, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grand théâtre | |  Facebook | | | |

lundi, 13 novembre 2017

Les media de service public invités au silence sur "No Billag"

museliere.jpgDébat avec muselière

En mars prochain, les Suissesses et les Suisses voteront sur une initiative populaire "No Billag", qui propose la suppression de la redevance d'accès aux programmes des media publics (la SSR). Un débat s'est donc ouvert, et va se tenir pendant quatre mois encore, sur cette initiative. Mais quel débat, dans quelles conditions ? Les dirigeants de la SSR ont édicté des règles strictes imposant à ses responsables, ses porte-paroles et ses collaborateurs, et même à ses programmes, un devoir de réserve s'appliquant à toute la période de campagne sur l'initiative. La SSR a même décidé de cesser toute campagne de promotion de ses chaînes et de ses services. Le service public de media renonce à se défendre ? c'est pousser fort loin le souci de ne pas donner aux partisans d'une initiative qui menace frontalement son existence, l'occasion de faire, à leur niveau et à leur manière, du "trumpisme" en se présentant comme les adversaires valeureux (et brimés) d'un "monopole" illégitime. En Romandie, la RTS a invité ses collaborateurs de mettre une sourdine à leur expression sur les réseaux sociaux, de n'y intervenir qu'en dehors de leur temps de travail et "d'éviter toute attaque directe et de garder leur calme". Admettre que les collaborateurs de la SSR sont aussi des citoyens, et qu'en tant que tels ils sont libres de leur opinion et de leur expression quand ils s'expriment à titre personnel, est-ce trop exiger ? Comment débattre sur les radios et télévisions de service public, et même sur les réseaux sociaux, d'une initiative qui menace le service public ? En faisant silence sur la menace ?

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16:58 Publié dans Médias, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

samedi, 11 novembre 2017

Retour sur la révolution russe et son héritage

Lisez!.jpgL'art et la culture en révolution

Retour sur la révolution russe de 1917, celle de février-mars, et son épisode final en octobre-novembre. Retour, surtout, sur son héritage.
D'entre les héritages paradoxaux de la prise du pouvoir par les bolchéviks, on citera, nées de la peur qu'inspira la Russie soviétique, la lente construction de l'Etat social dans nos propres pays, la création de la Société des Nations (dont la Russie Soviétique sera exclue, comme, longtemps, l'Union Soviétique), celle du Bureau International du Travail. Et puis, il y a l'héritage culturel -non celui de la fossilisation stalinienne dans le "réalisme socialiste" et l'instrumentalisation de la création culturelle et artistique (comme d'ailleurs de la recherche scientifique), mais celui des trois ou quatre premières années qui suivirent la rupture révolutionnaire de février-mars 1917. Un foisonnement. Une révolution, une vraie, dans les images et les mots.

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16:56 Publié dans Culture, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : révolution, russie | |  Facebook | | | |

jeudi, 09 novembre 2017

9 novembre 1932 + 85


9 novembre 1932.jpg

Chaque année, au printemps, tout au début du temps des cerises, la gauche française célèbre au Père Lachaise, devant le Mur des Fédérés, la mémoire de la Commune de Paris.
Chaque année, à l'automne, au début du temps des marrons, la gauche genevoise célèbre à Plainpalais, autour de la pierre la commémorant (ou cette année devant l'Université), la mémoire du 9 novembre 1932.
Ce n'est pas (quoique...) que nous ayons forcément en nous l'amour des rituels funéraires et des commémorations des douleurs passées , c'est que nous avons l'exigence de nous souvenir d'où nous venons. Surtout en des temps où nous ne savons plus vraiment où nous voulons aller. Ni très bien où nous sommes. Ni même toujours qui nous sommes.
Rendez-vous ce soir, à 18 heures, devant Uni Mail.

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15:08 Publié dans Genève, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

mercredi, 08 novembre 2017

Reconnaissance de religions par l'Etat : Peser Dieu dans les urnes ?

dictionnairephi15voltgoog_0013.jpgIl n'y a que deux cantons suisses, Genève et Neuchâtel, qui se réclament de la laïcité, au sens donné à ce concept dans la tradition française : la séparation des églises et de l'Etat, ou, un peu plus largement dit, des organisations religieuses et des instituions politiques. Reste à savoir ce que ces institutions font, sur le terrain, de cette référence. A Neuchâtel, le Conseil d'Etat a soumis au Grand Conseil un projet qui part certes d'un principe au coeur de la laïcité, l'égalité des religions et de leurs organisations... mais partir d'un principe ne garantit pas qu'on lui reste fidèle ensuite : ainsi le projet neuchâtelois aboutit-il à celui d'une reconnaissance par l'Etat (ce qui en soi est contradictoire de la laïcité) de certaines religions mais pas de toutes : outre celles déjà reconnues (le catholicisme romain, le catholicisme chrétien et le protestantisme traditionnel), quelques autres pourraient l'être : le protestantisme évangélique, l'islam, le judaïsme, le bouddhisme... mais devraient pour cela, répondre à des critères posés par l'Etat, et passer par l'épreuve d'une ratification parlementaire, voire d'une onction populaire, dans les urnes. Or sauf à n'être que funéraires, les urnes sont l'un des pires instruments possibles d'une séparation réelle des religions et des institutions politiques. Ne serait-ce que parce qu'elles sont utilisées pour sélectionner d'entre les premières celles qui seront reconnues par les secondes, alors qu'il ne devrait, en laïcité, n'être nullement question d'une telle reconnaissance étatique... D'ailleurs, comment un croyant pourrait-il accepter que Dieu soit pesé dans les urnes comme un vulgaire projet d'aménagement routier ?

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16:39 Publié dans religion, laïcité, églises | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : laïcité | |  Facebook | | | |

lundi, 06 novembre 2017

Foutage de gueules taille olympique

coup-pied-hockey.jpgLes JO d'hiver 2026 en Suisse ?

Le Valais, associé à Vaud, Fribourg et Berne, est candidat à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2026. Sa candidature est soutenue par "Swiss Olympic" et par le Conseil fédéral, qui prévoit d'y mettre un milliard mais ne peut exclure qu'il faudrait y mettre bien plus. Ce serait la première fois depuis 78 ans que les JO reviendraient en Helvétie. Le Valais ne pouvant assumer seul l'organisation de Jeux Olympiques, même d'hiver, il s'est associé à d'autres cantons, mais la décision d'organiser ou non les JO sera le fait d'un vote populaire dans le seul Valais, et non d'un vote dans toute la Suisse alors que toute la Suisse payerait la facture. Le Conseil fédéral, le CIO, le comité de promotion de la candidature suisse, assurent vouloir des Jeux raisonnables, modestes, "durables, à taille humaine et financièrement responsables". Et pourquoi pas respectueux de l'environnement et de l'amateurisme sportif, pendant qu'on y est ? Le Foutage de gueule, en tout cas, il l'est, lui, de taille olympique...

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13:54 Publié dans Sports, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cio, jo, sion2006 | |  Facebook | | | |

vendredi, 03 novembre 2017

Pauvreté : le retour des classes dangereuses ?

pauvreté-travail.jpgSalauds de pauvres

Au XIXe siècle, on prit coutume de désigner les "classes laborieuses" comme des "classes dangereuses". Et de fait, elles l'étaient : quelques révolutions, de plus nombreuses insurrections, d'innombrables émeutes l'attestèrent. Et puis, le qualificatif s'estompa, au fur et à mesure de la construction de ce qui deviendra l'Etat social. Mais aujourd'hui, le fantôme des classes dangereuses revient hanter les nuits des classes prospères : les pauvres sont de retour. Sans doute, ici, aujourd'hui, ne meurent-ils plus de faim. Mais on les revoit dans les rues. D'où l'on s'épuise à les vouloir chasser. Et puis, derrière les pauvres, et bien plus nombreux qu'eux, il y a les modestes, les gens de peu, ceux qu'écouta et transcrivit Pierre Bourdieu dans "La Misère du Monde". Ceux là, on ne les chasse pas. Tout au plus les contient-on dans leur modestie. Désormais, il y a les pauvres qu'on chasse et les pauvres qu'on méprise.

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mercredi, 01 novembre 2017

Naturalisations : état des lieux

natus2.jpgDeux mois pour faire le pas

L'Union Syndicale Suisse a lancé, en février dernier, un appel à tous les étrangers nés en Suisse à entamer une procédure de naturalisation, et a invité les villes et les communes à agir pour les y inciter et le leur faciliter. La présidente de l'USS estime ainsi "qu'il est dans l'intérêt d'une démocratie de convaincre autant d'habitants et d'habitantes d'un pays que possible de devenir des citoyens et des citoyennes majeurs et actifs". Dans le même camp, le Parti socialiste suisse a également lancé  un appel ("Nous voulons plus de Suisse pour toutes et tous") pour la naturalisation des personnes au bénéfice d’un permis B tant que cela leur est encore possible, c'est-à-dire jusqu'au 31 décembre de cette année. Le PSS propose à celles et ceux qui désirent acquérir la nationalité suisse d'entrer en contact avec une conseillère ou un conseiller en naturalisation (on s’inscrit ici : http://www.sp-ps.ch/fr/aide-la-naturalisation). Il reste deux mois pour faire le pas...

 

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mardi, 31 octobre 2017

Réforme du système des retraites : Désaccord à corps

chute de mots.jpgLe 27 octobre, le Conseiller fédéral Alain Berset réunissait 27 protagonistes de la campagne sur son défunt projet de réforme du système de retraite : les partisans de gauche et les opposants de gauche, les opposants de droite et les partisans de droite, ceux qui veulent repousser l'âge de la retraite et ceux qui le refusent, ceux qui veulent une réforme globale et ceux qui veulent une réforme saucissonnée. Résultat selon Alain Berset lui-même : "il y a désaccord sur presque tous les points", et selon l'ATS, un peu plus euphémique : "Il n'y a pas de convergence de vue sur les contours d'une future réforme. Le seul constat partagé à été celui de la nécessité d'agir". Faut faire quelque chose. Oui, bon, d'accord, mais quoi ? Il faut un financement additionnel pour l'AVS afin de maintenir le niveau des rentes. Oui, bon, d'accord, mais quel  financement additionnel ? une hausse des cotisations, une hausse de la TVA, un déplafonnement de l'impôt fédéral direct ? un report  à 65 ans de l'âge de la retraite des femmes ? un report de l'âge de la retraite de tout le monde à 66 ans ? à 67 ans ? Et le 2e Pilier, on en fait quoi ? On le renforce, on le renfloue, on le fusionne avec le premier ? "tous les points sont ouverts sur la table", a résumé Alain Berset. La table ? Disons : l'établi...

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14:10 Publié dans Politique, Retraites, AVS, AI, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

lundi, 30 octobre 2017

Catalogne : La tutelle contre l'indépendance

Cop de falç.jpgBon cop de falç ?

L'adoption par le parlement catalan d'une déclaration d'indépendance ne devrait surprendre personne, surtout pas à Madrid : elle n'est que le terme symbolique d'un processus engagé depuis cinq ans, et une étape dans celui, décidé par le même parlement, d'un "processus constituant" devant déboucher sur un "Etat indépendant et souverain, de droit, démocratique et social" : la République catalane. La réponse du gouvernement espagnol ne surprendra pas plus, tant elle était annoncée, et dans la droite ligne de toutes les réponses données à Madrid aux revendications catalanes depuis dix ans. La crise commence en 2006, lorsqu'un statut d'autonomie négocié entre Barcelone et Madrid, accepté par les parlements catalan et espagnol et ratifié par référendum, est saboté par une cour constitutionnelle instrumentalisée par le parti de droite aujourd'hui au pouvoir, et qui a refusé à la Catalogne ce qui avait été accordé au Pays Basque. La seule réalité qui empêche de comparer les dernières décisions du gouvernement de Rajoy (mise sous tutelle des institutions catalanes, destitution du gouvernement catalan, à commencer par son président, prise de contrôle de la police autonome, des finances, des télécommunications, des media publics, de l'enseignement... ) à celles d'Erdogan en Turquie après le putsch foireux de l'an dernier, c'est l'absence de moyens du premier de les concrétiser si les indépendantistes catalans décidaient d'y opposer une insoumission de masse, si pacifique qu'elle soit. Or c'est précisément ce à quoi ils appellent, par la voix de leur président (destitué par Madrid), Carles Puigdemont : "la meilleure manière de défendre les victoires obtenues jusqu'à ce jour est l'opposition démocratique" pour "construire un pays libre" de manière pacifique, et d'ores et déjà, des "comités de défense de la République" appellent, localement, à la "résistance pacifique" à la tutelle de l'Etat central.

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vendredi, 27 octobre 2017

Offensive udéciste contre le droit international

CEDH.jpg

On votera l'année prochaine sur une initiative de l'UDC qui, sous prétexte de privilégier le droit suisse au droit international, en invoquant (pour l'exorciser) le spectre des "juges étrangers" (et en confondant donc "juges étrangers" et juges internationaux, dont certains sont Suisses...), entend réduire la protection que le droit international et ses institutions (la Cour européenne des droits de l'homme, par exemple, institution du Conseil de l'Europe -dont la Suisse est membre) accordent ou tentent d'accorder aux droits et aux libertés des personnes, et des minorités sociales, culturelles, politiques. L'initiative udéciste remet à la fois en cause cette protection et la sécurité même du droit national, dans tous les domaines : en proposant d'empêcher le Tribunal fédéral suisse d'appliquer la Convention européenne des droits de l'homme, elle ne propose rien d'autre qu'empêcher des personnes de porter leur cause devant une Cour dont les décisions s'imposent à l'Etat. C'est un peu comme si on voulait empêcher des Suisses de porter leur cause devant le Tribunal fédéral, au nom de la suprématie des tribunaux cantonaux : la hiérarchie des normes de droit, qui pose le droit international au-dessus des droits nationaux (et le droit fédéral au dessus des droits cantonaux) est un instrument de défense des libertés individuelles et des droits de la personne face à l'Etat (ou à ses composantes régionales), pas un instrument de contrainte de la souveraineté nationale, et c'est à ce titre qu'il convient de la défendre... Ce ne sont pas les fantômatiques "juges étrangers" qui menacent les droits des Suisses, c'est la volonté de certains Suisses aux idées noueuses de priver leurs propres compatriotes de la protection du droit international, si insuffisante qu'elle soit encore.

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16:13 Publié dans Droits de l'Homme, Europe, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : droit international, cedh | |  Facebook | | | |

mercredi, 25 octobre 2017

Transparence du financement de la vie politique : initiative déposée

transparenceгласность !

L'initiative populaire "Pour plus de transparence dans le financement de la vie politique a été déposée le 10 octobre, avec un peu moins de 110'000 signatures. Essentiellement soutenue par le Parti socialiste, soutenue également par les Verts, le parti pirate, le parti évangélique le parti bourgeois démocratique (PBD), leurs organisations de jeunesse et Transparency International. l'initiative veut contraindre les partis représentés aux Chambres fédérales à rendre publics leurs comptes annuels et les dons  de plus de 10'000 francs par an et par personne qu'ils reçoivent, en argent ou en nature. Les comptes des campagnes électorales et référendaires devraient également être publiés, dès un budget de 100'000 francs. Ce que l'initiative propose, c'est, en gros, ce que plusieurs cantons (Neuchâtel, le Tessin, Genève) connaissent déjà.

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lundi, 23 octobre 2017

Vers la fin de l'impunité des multinationales ?

WORLD-CO.GIFUn vieux mot pour une idée pérenne : l'internationalisme

Dès aujourd'hui et jusqu'à vendredi, à Genève, en même temps que se réunira le Groupe de travail intergouvernemental de l'ONU chargé de préparer un traité, qui pourrait être contraignant, sur les entreprises (dont les multinationales) et les droits humains, plus de 200 organisations, associations, mouvements sociaux du monde entier appellent (https://www.stopcorporateimpunity.org/) à la mobilisation contre l'impunité totale dont jouissent les multinationales pour les violations qu'elles perpètrent des droits et des libertés individuelles et collectives : accaparement des terres, pollution des terres, des eaux et de l'air, violations des droits politiques, corruption... Ce dont il s'agit pour ces mouvements, et pour nous, est d'une ambition considérable : affirmer la primauté des droits des personnes et des peuples sur ceux des financiers et des marchés. Et pour l'affirmer, soutenir les résistances sur le terrain, et les mouvements qui les assument. Cela porte un vieux nom : l'internationalisme. Un vieux mot pour une exigence pérenne.

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13:57 Publié dans Droits de l'Homme, Economie, Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

vendredi, 20 octobre 2017

Picrocholeries et Genfereien (suite, et pas fin)

pilori.jpgPilorira bien qui pilorira le dernier...

Le Conseil d'Etat genevois a annoncé mercredi, après avoir entendu les cinq conseillères et conseillers administratifs de la Ville dans le cadre d'une instruction préalable, l'ouverture d’une procédure disciplinaire à l'encontre du Maire de Genève, Rémy Pagani, "susceptible d'avoir violé ses devoirs de fonction" dans le cadre du "processus d'établissement de la brochure électorale relative à la votation municipale du 24 septembre" sur les coupes budgétaires opérées par la majorité de droite coagulée du Conseil Municipal, votation annulée quatre jours avant le scrutin, sur demande de la droite municipale, alors que plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient déjà voté par correspondance. Rémy Pagani est passible, s'il est reconnu coupable d'avoir enfreint ses devoirs de fonction, de sanctions allant du blâme à la révocation. Les Conseillers d'Etat François Longchamp, Antonio Hodgers et Mauro Poggia, transformés en juges d'instruction, ont été chargés d'instruire la procédure et de proposer les sanctions (après avoir entendu Rémy Pagani, tout de même). Quant à la votation annulée, elle a été reporté au 4 mars, mais un recours a été déposé au Tribunal fédéral contre son annulation, par des citoyens estimant que leur liberté de vote avait été "gravement violée" et que "priver le peuple du droit de se prononcer" à temps pour que cela ait un sens est une "mesure excessive qui bafoue le fondement même de la démocratie directe".

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16:25 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : rémy pagani | |  Facebook | | | |

mercredi, 18 octobre 2017

Macron parle. Beaucoup. Mais pour dire quoi ?

Macron parle.jpgMoi Je...

Pour un président dont on pensait (et qui avait lui-même laissé croire) qu'il allait cultiver la "parole rare" qui sied à la posture jupitérienne, et en tout cas qu'il allait parler moins que son prédécesseur (qui, il est vrai, parlait trop), Macron parle beaucoup. Pas toujours clairement, et même parfois fort trivialement, mais beaucoup plus que ce qu'on attendait. Mais qu'attendait-on, au juste ?
Il y a en tout cas dans le discours macronien un fil conducteur, une revendication constante : celle d'être le chef. Le seul. Et donc, de pouvoir dire ce qu'il veut, comme il veut, quand il veut, à qui il veut. Et avec les mots qu'il veut : "foutre le bordel" ou "poudre de perlimpinpin", selon le lieu, l'humeur et l'interlocuteur, mais en assurant toujours tenir "un discours de vérité" contrairement aux "élites politiques" tenant un "discours aseptisé". Et que dit ce "discours de vérité" ? Il dit : je sais ce qu'il vous faut, quand vous même ne le savez pas; je vais réformer, même si vous ne le voulez pas ou que vous combattez les réformes que je propose. Et si vous vous opposez, c'est que vous êtes animés de "passions tristes", comme la peur ou la jalousie. On est quelque part entre le messianisme et le populisme. Et surtout, on est en pleine Ve République, plus gaulllienne encore que gaulliste. Churchill ironisait sur de Gaulle : "il se prend pour Jeanne d'Arc". Macron, lui, se prend pour plus encore : il se prend pour Macron. Et si on pouvait résumer tous ses discours en deux mots, ce serait : Moi je...

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mardi, 17 octobre 2017

Interdiction du voile "islamique" intégral : On votera. Nul. Forcément.

Disparition de la femme.jpg

Donc, l'initiative crypto-udéciste pour, formellement, l'interdiction de se cacher le visage dans l'espace public, et en motivation réelle pour l'interdiction des diverses formes de "voile islamique intégral" (d'où sa désignation désormais commune d'"initiative anti-burqa"), a abouti (grâce à un nombre exceptionnellement élevé de signatures en provenance de Suisse centrale...), a été déposée à la mi-septembre, et sera soumise au peuple, vraisemblablement en pleine campagne électorale pour les fédérales de 2019. Le Conseil des Etats avait déjà sèchement refusé une initiative parlementaire visant le même objectif, en estimant que ce n'était pas à la Confédération de légiférer sur un problème, relevant soit du symbolique (la burqa considérée comme un symbole, évidemment patent, de l'oppression des femmes ou, plus fantasmatique, de l'"islamisation de la société"), du maintien de l'ordre public, ce qui est de la compétence institutionnelle des cantons, voire des communes.

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14:32 Publié dans Femmes, Politique, religion, laïcité, églises, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : islam, burqa, voile islamique | |  Facebook | | | |