Cause toujours - Page 4

  • Hébergement des sans-abris à Genève : D'une urgence, l'autre

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    Sans-abri-dans-l-Herault-cri-d-alarme-d-acteurs-de-l-urgence-sociale.jpg

    Hier soir, au Conseil municipal, une majorité écrasante formée du Parti socialiste, du Parti démocrate-chrétien, des Verts, d'Ensemble à Gauche, du Mouvement des citoyens genevois et du PLR a voté en deuxième débat un crédit de 1,8 million pour renforcer les capacités d'hébergement d'urgence des sans-abri de toute la région. L'UDC a tenté vainement d'exclure les sans-papiers des lieux de cet hébergement d'urgence. Exclure les exclus de l'hébergement des exclus : c'est tout l'UDC, ça...
    Le Conseil municipal a également décidé, à la même majorité, de traiter en urgence une motion socialiste demandant la création d'un fonds intercommunal pour inciter à une réelle implication et une meilleure coopération entre les communes genevoises, et avec le canton, les premières et le second ayant pris l'habitude de se reposer lourdement sur la Ville pour assumer cette tâche. Le crédit voté répond à une urgence sociale, et la motion encore à voter à une urgence politique : répartir la tâche et la charge de l'urgence sociale.

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  • Il y a mieux à faire le dimanche que courir les magasins : Votez !

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    votez!.jpgLe salaire minimum dans le secteur de la vente de détail à Genève augmente de 67 francs et passe la barre des 4000 francs par mois : c'est le résultat d'une décision de la Chambre des relations collectives du travail, confirmée par le Tribunal fédéral qui a rejeté le recours déposé par les patrons contre l'augmentation (indexation) de 1,7 % des salaires dès le 1er janvier 2019. Cette adaptation salariale est prévue dans le contrat-type de travail qui supplée à l'absence de convention collective, alors qu'une convention collective est précisément la condition posée dans une loi votée par le peuple pour que les commerces soient autorisés à ouvrir trois dimanches par an. Une condition contournée par une nouvelle loi, soumise à référendum. Après une victoire syndicale devant la justice, On en espère une autre dans les urnes dimanche. Votez !

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    Lien permanent Catégories : Commerce, Genève, syndicats, votations 1 commentaire
  • Le sale goût des fraises de Huelva

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    récolte des fraises.jpg

    Fraises amères

    Le Solifonds lance une action de soutien au syndicat espagnol de la main d'oeuvre agricole, le SOC-SAT. Une main d'oeuvre essentiellement immigrée, saisonnière, féminine et marocain, surexploitée, harcelée, victime de xénophobie. Comme, par exemple, les cueilleuses de fraises de Huelva.

    Solifonds, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch,

    Compte postal 80-7761-7

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    Lien permanent Catégories : Solidarité, Travail 2 commentaires
  • La Mère de tous les votes genevois du 19 mai

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    La culture est une arme.jpgLa culture comme socle

    C'est le vote qui fait le moins débat à Genève, avant le 19 mai. Même les habitués du "y'en a que pour la culture et jamais rien pour le sport" sont inaudibles. C'est pourtant, peut-être, le plus essentiel : le vote sur l'initiative pour une politique culturelle concertée entre les communes et le canton. C'est le moment : se construisent et vont s'ouvrir à Genève quatre lieux culturels d'importance bien plus que municipale ou cantonale : un nouveau Théâtre de Carouge, une Nouvelle Comédie, un Pavillon de la Danse, une Cité de la Musique. Et le Grand Théâtre a un nouveau directeur et de nouvelles ambitions. Dans une si petite République, la politique culturelle rayonne forcément au-delà de ses frontières -elle ne peut donc reposer sur les seules épaules des quelques communes qui en ont une, à commencer par la Ville. Le canton doit donc s'impliquer -et l'initiative l'implique. Enfin. Sans doute la norme constitutionnelle qu'elle propose ne suffira-t-elle pas à faire du canton, non pas l'acteur principal de la politique culturelle genevoise, mais son arbitre, et une loi devra y pourvoir -et on voit mal comment elle pourrait ne pas entrer en contradiction celle qui actuellement fonde une "répartition des tâches" où le canton ne joue guère que les utilités, mais peu importe : il faut commencer par le commencement, poser le principe d'un "faire ensemble", canton, Ville, communes s'associant. Et n'en déplaise à l'UDC, qui ne veut pas "sanctuariser la culture" (elle n'en vaut pas la peine ?), la place d'un tel principe est bien dans la constitution.

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  • Zavez dit "transparence" ?

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    iceberg.jpg"Pour toutes et tous, sans privilèges"

    L'exigence croissante de transparence (et donc de publicité) du financement de la vie politique et de ses acteurs étant ce qu'elle est, et impliquant évidemment la transparence (et donc la publicité) de la rétribution et de l'indemnisation des élus, et des petits avantages dont ils bénéficient, et compte tenu de l'expression de cette exigence par le Conseil municipal de la Ville de Genève à l'égard du Conseil administratif, on a demandé à celui-ci de nous fournir la liste de exhaustive de toutes les prestations monétaires, indemnités et avantages, en espèces ou en nature, que la Ville accorde ès qualités aux membres de son Conseil municipal. On pourrait s'étonner de ce qu'un Conseiller municipal ne connaisse pas tout ce dont il peut bénéficier de la part de sa Municipalité... à la lecture de la liste*, puisqu'on la reçue, tout s'explique : elle tient plus d'un inventaire à la Prévert (ou d'un Cadavre Exquis à la Breton) que d'un statut rationnel. Voyons donc...

    * la liste complète est téléchargeable sur https://www.fichier-pdf.fr/2019/05/06/ie-84/

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    Lien permanent Catégories : Genève, Politique 3 commentaires
  • Appel de Conseillères et Conseillers municipaux de la Ville de Genève

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    Affiche RFFA-RIE.jpgPour la justice sociale, climatique et fiscale

    Depuis 1999, les impôts ont baissé neuf fois dans le canton de Genève, entraînant une perte fiscale de 1 milliard de francs par an. Les promesses des bienfaits de ce dumping fiscal ne se sont pas concrétisées. Au contraire, les inégalités se sont aggravées au sein de la population genevoise.

    Alors que des défis cruciaux nous attendent en termes sociaux et culturels, de vieillissement de notre population et d’urgence climatiques, la RFFA coûtera plus de 50 millions par année à la seule Ville de Genève, soit environ 250 millions de francs sur cinq ans.

    L’Exécutif a créé une réserve conjoncturelle destinée à absorber la violence du choc pour les cinq prochains exercices budgétaires. Oui, mais après ?

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    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Genève, votations 6 commentaires
  • Urgence climatique et environnementale : Et nos comportements individuels ?

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    dev_durable.jpg12'000 scientifiques du monde entier, dont 1700 Suisses, ont appelé à des actions urgentes pour protéger l'environnement. 260 scientifiques francophones ont également lancé un appel allant dans le même sens : "il y a urgence à agir pour le climat", résume le climatologue Reto Knutti, pour qui si nous avons "un problème, nous avons aussi des solutions" : remplacer les énergies fossiles par des énergies neutres du point de vue climatique, rénover tout le parc immobilier, remplacer les voitures, développer les transports publics et en particulier les chemins de fer... Or on est loin de ces engagements nécessaires : la Suisse a émis en 2016 l'équivalent de 48 millions de tonnes de CO2 en gaz à effet de serre, et le Conseil fédéral n'a donné pour objectif que celui de réduire cette production de 22 % en dix ans, et de financer le double de réduction à l'étranger, comme si le CO2 et les autres gaz à effet de serre respectaient les frontières. Les Etats signataires de l'Accord de Paris ont apparemment pris le sujet au sérieux et reconnu la responsabilité humaine dans le dérèglement climatique, mais n'ont pas mis grand chose en oeuvre pour y parer. Et en Suisse, le parlement a vidé de sa substance la loi sur le CO2... Pourquoi ? Parce que, répond Reto Knutti, "trop de personnes, en politique et dans l'économie, profitent du système actuel", et que "nos politiques placent la croissance de l'économie avant la préservation de la biodiversité", alors qu'il nous faudrait nous tenir à la quantité de ressources naturelles qu'on peut exploiter et consommer sans péjorer les conditions de vie des générations suivantes. Et il ne suffit pas qu'une minorité de la population change de comportement, il faut que ce changement soit général, et accepté par tous. Noble ambition, vaste programme, mais comment le réaliser ? Par la contrainte ? Plutôt, nous semble-t-il, par la raréfaction volontaire des capacités de consommation. Faute de quoi c'est la réalité même (la hausse du prix des ressources fossiles, leur raréfaction) qui imposera des changements plus brutaux que ceux que nous aurions pu choisir nous mêmes. Mais nos propres comportements nous opposent à nous-mêmes : nous voulons payer moins cher ce que nous consommons, mais en consommant chinois nous contribuons à licencier chez nous. Nous prônons la résistance au "toujours plus vite", mais nous communiquons par courriels urgents. Et nombre d'entre ceux se veulent écologistes sont automobilistes sans y être contraints...

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  • Ouverture dominicale des magasins genevois : Loi de la jungle ou convention collective

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    On ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc.jpg

    Souvenez-vous : en novembre 2016, en votation cantonale, le bon peuple avait accepté que les commerces genevois puissent ouvrir trois dimanches par année, plus le 31 décembre, à condition qu'une convention collective de travail soit en vigueur, étendue à toute la branche. Mais cette condition n'a pas été remplie -un contrat-type de travail a dû être édicté par le canton pour suppléer à cette carence. Ce contrat impose des salaires minimums et prévoit une augmentation du salaire (très) minimum pour le personnel non qualifié et sans expérience, qui passerait au niveau mirifique de 4007 francs par mois pour 42 heures de travail hebdomadaire. Ce contre quoi des associations patronales du commerce de détail genevois ont recouru au Tribunal fédéral. Auparavant, le patronat du secteur avait tenté de contourner la condition d'une Convention collective de travail en en signant une avec la société des employés de commerce, pratiquement absente du secteur du commerce de détail genevois et donc disposée à signer n'importe quoi avec n'importe qui pour exister dans le paysage syndical local. Sauf que son coup de surin dans le dos des syndicats représentatifs des travailleuses et des travailleurs du secteur lui a valu d'être exclue de la communauté genevoise d'action syndicale (la CGAS), qui regroupe tous les syndicats genevois -sauf, désormais, la SEC... Les associations patronales ont également instrumentalisé la majorité de droite du Grand Conseil pour contourner la condition d'une convention collective, par une loi la supprimant, ce contre quoi les syndicats ont lancé un référendum*, soutenu par la gauche. On vote le 19 mai. Et on vote, évidemment, "non". Pour rétablir l'obligation d'une convention collective si vraiment le patronat du commerce genevois tient à ouvrir le dimanche les magasins qui le peuvent. Parce que la loi de la jungle, c'est fait pour la jungle, pas pour une République où on ne cesse de nous chanter les vertus du "partenariat social". Pour mieux s'assoir dessus.

     

    * A Nyon aussi, un référendum a été lancé contre une décision politique d'élargir les horaires d'ouverture des magasins (jusqu'à 19 heures le samedi), décision prise par le Conseil communal (les horaires d'ouverture sont dans le canton de Vaud de la compétence des communes) pour complaire au patronat du commerce de détail local. Pour les référendaires (les syndicats et le PS), une prolongation des heures d'ouverture ne profitera qu'aux grands magasins. Comme à Genève.

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  • Onze questions posées aux Genevois pour les votations du 19 mai... Et alors ?

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    Bulletin de vote.jpgLe droit de vote est-il un pensum ?

    On a bien aimé le joli billet de Joëlle Kuntz dans "Le Temps" du 1er mai sur le menu gargantuesque de la votation du 19 mai à Genève (onze questions posées sur neuf enjeux). "Les autorités genevoises ont fait fort" en s'astreignant "à ne pas décider afin que l'électorat puisse exercer sa souveraineté pleine et entière", sourit Joëlle Kuntz. Au fond, ils ont fait leur boulot, les élus. Et leur boulot n'implique pas forcément qu'ils se soient mis tous d'accord, mais seulement qu'ils aient été capables de présenter des propositions à l'examen sourcilleux des citoyennes et des citoyens -à elles et à eux -du moins à celles et à ceux qui consentent à user de leurs droit de le faire- de les ratifier. Le droit de vote n'est pas un pensum. "Genève n'est pas faite pour les paresseux", est titré le billet de Joëlle Kuntz. Mais la démocratie non plus n'est pas faite pour les paresseux. La dictature ou la théocratie sont bien plus reposantes. "Qui, de nos jours, lit encore des centaines de pages papiers ?", fait mine de s'interroger Le Journaliste dans le dernier GHI... Ben, lui, sans doute, et nous...

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  • Lisez !

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    chatlivr.jpgOn n'aime pas trop, ici, les salons, mais on fera une petite, prudente, hésitante exception pour celui du livre, qui s'est ouvert hier et se clôt dimanche, à Genève (ville du livre, avec ou sans majuscule, soit dit en passant). On préfère les librairies, mais cette librairie des librairies vaut tout de même le détour. Non pour ce qu'elle est, ni évidemment pour son cadre, mais pour ce qu'elle offre : des livres,forcément, mais aussi des débats. Le livre fait salon ? Pourquoi pas.
    www.salondulivre.ch

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  • Fête internationale des travailleuses et travailleurs, pas "du travail"

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    1ER-MAI.jpgAu travail, contre le travail...

    Une fois rappelé que le premier jour de mai n'est pas la fête du travail (dans le calendrier pataphysique, ce jour est même celui de la Réprobation du Travail) mais celle des travailleuses et des travailleurs, de leurs droits et de leurs luttes, il nous reste encore deux ou trois choses à en dire -ne serait-ce que pour replacer cette célébration annuelle dans autre chose qu'un rite : dans une critique de ce que le capitalisme a fait du travail -et donc des travailleuses et des travailleurs.


    Les rendez.vous à Genève :
    10h30 Rassemblement à la Pierre du 9 novembre, au bout de la Plaine de Plainpalais, côté Uni-Mail
    13h30, Manifestation départ Bd James-Fazy
    16 heures, Fête parc des Bastions

     

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  • Quand la Ville seule assume l'hébergement d'urgence

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    soupirail.jpgOtages sans-abris

    On avait plutôt pris l'habitude, et s'était fait sinon une raison, du moins une résignation, de ce que la droite du Conseil municipal de Genève ferraille contre toute tentative de la Ville de mener une politique sociale, et toute proposition du Conseil administratif de donner des moyens (financiers et humain) à une telle politique. La droite municipale s'était opposée à ce que la Ville accorde des allocations complémentaires aux allocations cantonales versées aux retraités et aux invalides les plus modestes. Elle s'était opposée à ce que la Ville accorde une allocations de rentrée scolaire aux familles les moins argentées -puis avait réussi à transformer cette allocation, versée sur un compte postal ou bancaire comme toute allocation, en octroi d'une carte de débit valable seulement dans certains commerces. On ne boudera donc pas notre soulagement à la voir se préoccuper du sort des sans-abris vivant dans les rues, sur les places, dans les sous-sols de la ville -et ils sont des centaines. Les prochaines élections municipales n'y sont pas pour rien ? Qu'importe : on votera (après l'avoir étudiée en commission) sa proposition d'un crédit de 1,8 million de francs. Reste que cet engagement supplémentaire de la Ville dans l'hébergement des sans-abris pose un problème politique : celui du désengagement des autres communes et du canton de cette responsabilité. Un désengagement qui fait de la Ville et des sans-abris les otages d'une non-répartition de la tâche de répondre à une urgence sociale.

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  • ¡salud!'

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    Elections espagnoles : victoire des socialistes, défaite de la droite, réapparition de l'extrême-droite 
     
    "Nous ne choisissons pas le pays où nous naissons, mais en démocratie nous pouvons choisir un pays avec plus de justice sociale, d'égalité et de convivialité" : Pedro Sanchez avait, en résumant ainsi le choix offert aux électrices et aux électeurs espagnols, appelé à lui redonner une majorité parlementaire lui permettant de rester au pouvoir et de mener une politique socialement progressiste, et "nationalement" pacificatrice du conflit catalan. "Nous pouvons choisir", proclamait le Premier ministre socialiste, Pedro Sanchez. Les Espagnols ont choisi (la participation a été massive) : le PSOE de Sanchez sort largement vainqueur des élections -sans majorité absolue des sièges à la Chambre basse (les Cortes) et donc, même s'il gagne une telle majorité au Sénat,  contraint à une alliance -qui ne peut se faire qu'à gauche, avec la gauche de la gauche de Podemos (qui recule) et la gauche républicaine de Catalogne (dont le leader, Oriol Junqueras, est en prison pour sa participation au processus d'autodétermination), qui devient le premier parti "catalaniste", et peut-être même le premier parti de la région-nation. Le PSOE n'a pas la majorité absolue des sièges à lui tout seul ? Tant mieux : une alliance à gauche lui évitera de faire des conneries... Il devrait également pouvoir bénéficier du soutien du Parti nationaliste basque.  En face, aucune coalition éventuelle de droite et d'extrême-droite n'est envisageable : le Parti "populaire" (la droite conservatrice) est en chute libre, la droite libérale de Ciudadanos et l'extrême-droite de Vox (qui entre au parlement, mais avec moins de sièges que l'annonçaient les sondages, et même moins que les partis nationalistes catalans et basque) se partageant son électorat perdu. L'Espagne a donc voté à gauche, et ça fait d'autant plus de bien par où ça passe que dans le reste de l'Europe (sauf, S.E.O., en Grande-Bretagne, au Portugal et en Finlande), le vent ne souffle pas vraiment dans ce sens...

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    Lien permanent Catégories : élections, Politique, PS 1 commentaire
  • Quand l'AVS devient le hameçon de la réforme fiscale

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    funambule.jpgEquilibrisme

    "Pour le Conseil fédéral et le Parlement, le projet (de RFFA) constitue une solution équilibrée à deux problèmes pressants", nous déclarent-ils dans la brochure officielle de votation. Une solution "équilibrée" ? Il y a bien, en effet, de l'équilibrisme dans la manoeuvre : une réforme fiscale penche à droite ? On met dans l'autre plateau de la balance une réforme sociale qui penche à gauche, et, miracle ! le plateau s'équilibre. Sauf qu'il n'y a que le plateau qui s'équilibre, et que la réforme fiscale est toujours aussi lourde et, en elle-même, déséquilibrée... et déséquilibrante pour les collectivités publiques, de la Confédération aux communes... "Le financement additionnel de l'AVS compense les allègements fiscaux accordés aux entreprises", affirment nos zautorités fédérales. Mais ce n'est pas parce que le montant de ce financement additionnel est le même que celui, estimé, des pertes fiscales provoquées par RFFA, qu'il les compense. Il les accompagne, mais comme il ne va pas aux collectivités publiques que la réforme fiscale siphonne, dire qu'il les "compense" ne relève que d'une chose : de l'enfumage.

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  • La gauche au défi de l'écologie

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    consommation.jpgLa croissance comme enjeu ou comme obstacle

    Il faut bien l'avouer : la gauche n'a pas été à la pointe de l'écologie politique. Porteuse (admettons-en l'augure) d'un projet alternatif au capitalisme, elle n'en a pas moins hérité de ses prémices productivistes et industrialistes : la gauche et l'écologie, résume le philosophe Serge Audier, "c'est au fond l'histoire d'une défaite politique et idéologique", d'une perte, sur ce thème, d'hégémonie culturelle. Toute la gauche, réformiste ou révolutionnaire, ne s'est certes pas confinée dans la reprise des obsessions saint-simoniennes, mêmes traduites en marxien, en sartrien ("la nature est de droite", assène Simone de Beauvoir) ou en foucaldien (pour Michel Foucault, en effet, il convient de se méfier de tout discours "naturaliste" sur les institutions ou les individus) : les anarchistes développèrent très tôt une critique écologiste de l'industrialisme et du capitalisme, appuyant cette critique autant sur Rousseau que sur la raison scientifique. On en retrouve trace dans le discours, même manquant de cohérence interne et surtout de base sociale, d'un Benoît Hamon. Quant aux populismes de gauche, façon "France Insoumise", en insistant sur un clivage prioritaire entre "le peuple" et "les élites" (auxquelles les principales figures populistes de gauche ne sont pourtant pas étrangères), il font passer au second plan la lutte contre contre les présupposés industrialistes, productivistes et consuméristes du capitalisme, totalement incompatibles avec toute forme concevable d'"écosocialisme".

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  • Ouverture dominicale des magasins : Un cadeau inutile au patronat

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    WP_20190423_22_40_25_Rich.jpgLe 19 mai, on se prononcera à Genève sur une modification de la loi sur les horaires d'ouverture des magasins, modification imposée par la majorité du Grand Conseil sur mandat du patronat du secteur, pour l'autoriser à ouvrir les magasins qui le peuvent (c'est-à-dire les grands magasins) trois dimanches par an malgré l'absence d'une convention collective de travail, alors que l'existence d'une CCT était la condition posée par la loi, acceptée par le peuple en novembre 2017, pour une telle ouverture dominicale. Le projet de contourner cette condition a été combattu par un référendum lancé par les syndicats et la gauche. Plaidant pour ce cadeau inutile (il ne produira ni clients ni dépenses supplémentaires dans les magasins) fait par la droite au patronat du commerce, Pierre Maudet déclare dans GHI : "l'enjeu, c'est l'emploi local". Le sien ?

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  • Quelle Espagne dans une semaine ?

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    Espagne-république.jpgEntre PSOE et Vox

    Dimanche, l'Espagne aura renouvelé son parlement (les Cortes). Et si on en croit les sondages, c'est un parti socialiste (le PSOE) ressuscité qui pourrait gagner ces élections -mais sans être certain de pouvoir rester au pouvoir, et un parti fasciste, franquiste, qui pourrait entrer au parlement pour la première fois depuis plus de trente ans. Deux sondages du 17 avril donnaient entre 28,9 et 30,5 % des suffrages au PSOE, loin devant la droite conservatrice (et de plus en plus à droite et conservatrice) du Parti Populaire (entre  18,8 et 21,3 %), la droite libérale de Ciudadanos (entre 14,9 et 16 %), la gauche de la gauche (Podemos) autour de 12,7 %, et l'extrême-droite (Vox) entre 10,9 et 12,2 %, mais avec le risque d'une minimisation par les sondages de son score possible). Les formations catalanes et basques de gauche (gauche républicaine catalane, gauche nationaliste basque) et de droite (Ensemble pour la Catalogne, parti nationaliste basque) sont évaluées ensemble autour de 5 à 6 % des suffrages au plan national (alors qu'ils ne présentent en fait qu'en Catalogne et en Euzkadi).  On aurait ainsi une gauche nationale et régionale à 46 ou 47 % des suffrages, une droite (extrême-droite comprise) au même niveau, avec les nationalistes basques et catalans en arbitres (historiquement, ils penchent généralement pour un soutien à un gouvernement de gauche). Pedro Sanchez pourrait donc rester Premier ministre,  mais même si le PSOE devait, comme il est prévisible, gagner les élections, il lui faudrait gagner l'appui du reste de la gauche et des formations catalanes et basques pour obtenir une majorité parlementaire (Selon l'enquête d'opinion publiée par le journal El Pais, la gauche obtiendrait 162 sièges, la droite et l'extrême-droite 156). Mais la forte proportion d'indécis au sein du corps électoral (41 % il y a dix jours) rend toute prévision périlleuse, sauf sur un point : pour l'Espagne, et pour la démocratie en Espagne (toute l'Espagne...) ces élections sont cruciales. Et donc dangereuses.

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  • Notre Notre-Dame

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    victor-notre-dame-de-paris-1844-5-1421162057.jpg'ANAGKN

    Elle avait survécu depuis presque 900 ans à tout ce qui aurait pu la détruire, elle survivra à son incendie de ce lundi. Elle y survivra peut-être sans sa flèche -mais ce n'est pas cette flèche, que Viollet-Le-Duc lui avait accolée pour faire moyenâgeux (en remplacement d'une plus ancienne, en pierre, abattue à la révolution), qui lui donnait son identité si immédiatement reconnaissable, c'étaient ses deux tours. La Notre-Dame du père Hugo avait déjà perdu sa flèche. Et ses deux tours ont été sauvées, comme sa grande rosace et ses grandes orgues. Elle sera reconstruite. Comme elle n'a cessé de l'être depuis la pose de sa première pierre, en 1163.

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  • La fin du Plaza ?

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    Affiche Plaza61.jpg

    Putasserie des uns et complicité des autres aidant...

    Hier, Notre-Dame de Paris était en feu. Et à Genève le cinéma "Le Plaza" commençait à partir en miettes. L'une est victime du feu, l'autre est victime du fric. Notre-Dame survivra à son incendie. Elle a survécu à presque tout. Quasimodo et Esmeralda la veillent. Il n'y avait que nous pour veiller sur le Plaza, et s'il se confirme que sa démolition est entamée, rien de lui n'y survivra, sinon le souvenir que nous pouvions avoir de la plus belle salle de cinéma de Romandie. Et de la vulgarité absolue de ceux qui y auront substitué un centre commercial et un parking. Et de l'insondable pleutrerie de ceux qui auraient pu la défendre et la maintenir, et se sont couchés devant ses démolisseurs.

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  • Un projet démocratique à l'heure des objets connectés : Faire silence

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    Faire silence.jpgA l'heure où on nous serine qu'il ne sera pas possible d'éviter la 5G et la connectivité des objets, il n’y a déjà plus guère qu’à nous-mêmes que nous ne sommes pas connectés, et désormais, même les images sont bruyantes. Mais si le silence se fait rare, c’est qu’on nous a appris à en avoir peur. Or ce silence que nous fuyons n’est que l’absence de tous les bruits parasites dont nous avons fait notre accompagnement indispensable. Un chant d’oiseau, le murmure d’une rivière, ne brisent pas le silence mais l'accompagnent. Le moulin à fausses paroles qui tournent sur elles-mêmes sans plus rien transmettre que leur bruit, lui, détruit le silence sans le meubler, et en sature le monde social pour empêcher les sociétaires (qui après tout ne demandent peut-être que cela…) de trop réfléchir à eux-mêmes et à leur place dans ce monde. Nous parlerons bientôt à notre frigo, et notre four à micro-ondes nous parlera. En avions-nous vraiment besoin ?

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