mercredi, 07 décembre 2016

Ouverture des commerces genevois : L'année des quatre dimanches

consommation

Le 27 novembre dernier, à Genève, l'initiative syndicale s'opposant à l'élargissement des possibilités d'ouverture dominicale des commerces, a été refusée par les citoyens et yennes. L'initiative n'était soutenue que par la gauche, en sus des syndicats. Elle n'en a pas moins obtenu plus de 47 % des suffrages, en étant acceptée en Ville et dans les villes de la ceinture. Et si elle a été refusée, c'est que lui était opposé un contre-projet (qui, lui, a été accepté) limitant les possibilités d'ouverture dominicale des commerces à trois dimanches par an jusqu'à 17 heures (plus le 31 décembre, jour férié dans une République qui commémore ce jour là, non la fin de l'année, mais la Restauration de son Ancien Régime, en oubliant au passage de quoi il était fait et comment il fut restauré). Le contre-projet et l'initiative étaient tous deux une réponse à une  décision du Conseil fédéral, prise par ordonnance (et donc impossible à contrecarrer par un référendum) d'autoriser l'ouverture des commerces tous les dimanches de l'année dans les zones touristiques se situant à moins de 15 kilomètres à vol d'oiseau d'une frontière nationale -ce qui englobe tout le territoire genevois. Mais l'ordonnance fédérale laissant aux cantons la capacité de légiférer de manière plus restrictive qu'elle, c'est ce que Genève a fait, en posant comme condition à l'autorisation d'ouverture dominicale (ou fériée) quatre fois par an, l'application (et l'élargissement à tout le secteur) d'une convention collective de travail. L'année des quatre dimanches, en échange d'une  meilleure protection des travailleurs : le PLR et l'UDC s'y sont vainement opposés alors que le patronat du secteur l'acceptait. Les "partis de l'économie" ne sont pas tels qu'ils voudraient qu'on les considère

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16:22 Publié dans Commerce, Genève, votations | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : consommation | |  Facebook | | | |

mardi, 06 décembre 2016

Du djihadisme comme providence

i-want-you-for-djihad1.jpgLe bel ennemi que voilà...

"Expliquer, c'est déjà vouloir un peu excuser", avait déclaré Manuel Valls, à propos des auteurs des attentats djihadistes de Paris. Sonore ânerie : expliquer, c'est permettre de comprendre -et comprendre, c'est pouvoir combattre. Nous revoilà donc, au détour d'une "guerre contre le terrorisme" dont le concept même tient de l'absurdité (le terrorisme est une méthode, et on ne fait pas une guerre contre une méthode, on la fait contre un adversaire), convoqués à une resucée de "guerre de religion" par ceux qui tiennent à en mener une, ou une "guerre de civilisation" par ceux qui veulent nous faire perdre mémoire du passé (barbare, dans tous les sens du terme) de celle dont ils se réclament. L'ennemi ? L'islam. Ou plutôt que l'islam, les musulmans, parce qu'une idéologie -une religion n'est rien d'autre-, c'est pas commode, comme ennemi : l'ennemi doit avoir un corps, un visage. L'ennemi, ça doit être des gens. On en manquait ? On s'en est trouvés, qu'on pourra proclamer nous être étrangers (forcément, sinon comment pourraient-ils être nos ennemis s'il étaient, même pour une part, des nôtres ?). Un ennemi que ceux-là même qui affirment agir en son nom constituent avec tout ce qu'il faut pour le rendre à la fois haïssable et méprisable. Un bel et providentiel ennemi, pour ceux de nos maîtres qui en manquaient...

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lundi, 05 décembre 2016

Naturalisation un peu facilitée pour les petits-enfants d'immigrants : Naturalisation un peu facilitée pour les petits-enfants d'immigrants

nationalité, naturalisationSavez-vous qu'on obtenait plus vite l'équivalent de la nationalité (la « bourgeoisie ») au XVIIe siècle qu'on l'obtient aujourd'hui ? Parole de descendant d'immigrants installés à Berne au XVIe siècle et «embourgeoisés» bernois après deux générations quand il en faut, 500 ans plus tard, souvent trois pour, peut-être, éventuellement, être suissisé... Trois générations de séjour en Suisse : c'est ce qu'une proposition de la socialiste vaudoise Ada Marra, acceptée par le parlement (après avoir toutefois été revue à la baisse), suggère comme condition pour bénéficier d'une "naturalisation facilitée". La proposition de ce tout petit pas, qui ne pourrait concerner que 5000 personnes qui sont déjà Suisses de fait, est soumise au vote populaire en février prochain. Tous les partis politiques représentés au parlement fédéral soutiennent cette proposition -tous, sauf un, et on ne vous fera pas l'injure de vous demander de deviner celui pour lequel la suissitude doit continuer à ne se transmettre que par le sperme, et pour qui vous aurez beau être né en Suisse de parents nés en Suisse de parents arrivés en Suisse il y a plus d'un demi-siècle, vous devriez continuer à être considéré comme un métèque définitif.

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18:08 Publié dans Immigration, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nationalité, naturalisation | |  Facebook | | | |

vendredi, 02 décembre 2016

Tarifs des transports publics genevois : on va voter ("non")

tram2.jpgLe 23 septembre dernier, le Grand Conseil genevois avait voté une hausse des tarifs des transports publics genevois, faisant assumer par les usagers huit millions supplémentaires par an pour développer une offre que la même majorité, la direction des TPG et le Conseil d'Etat avaient préalablement réduite par refus d'augmenter la subvention cantonale à la régie publique.  Bref, le "développement de l'offre" qui est supposé justifier la hausse est en grande partie un simple rattrapage de sa réduction punitive passée. Le PS et Ensemble à Gauche avaient présenté au parlement cantonal une proposition de compromis, consistant à alléger la charge pour les usagers (sans la supprimer, mais en la faisant passer de huit à trois millions de francs par an), en échange d'une augmentation de cinq millions de francs de la subvention cantonale. Même le MCG avait soutenu cette proposition... mais pas les Verts... Et dans quelques années, une nouvelle hausse des tarifs sera proposée, justifiée par la mise en service du CEVA, mais consistant toujours à faire payer par les usagers la mise de l'offre au niveau de besoins croissants. Pendant quoi, les partisans de ces hausses continueront sans doute à se gargariser de beaux discours sur le développement des transports publics et de la mobilité douce. En attendant, un référendum a été lancé contre la dernière hausse décidée par le parlement, il a abouti, avec plus de 10'000 signatures. On votera donc, sans doute en mai 2017, pour dire ce qu'on pense d'un refus de donner aux TPG les moyens de leur développement en le finançant par le budget cantonal (voire les budgets municipaux) plutôt qu'en taxant les usagers, tout en invitant celles et ceux qui n'en usent pas encore à user des transports publics pour se déplacer en zone urbaine et péri-urbaine... comme si une augmentation des tarifs des transports publics allait les y inciter...

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20:39 Publié dans Genève, Transports, votations | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : tpg | |  Facebook | | | |

mercredi, 30 novembre 2016

Réformes fédérale et cantonale de l'imposition des entreprises: La charrue, les boeufs et le consensus

Une étrange agitation semble s'être emparée des partis politiques genevois (et du Conseil d'Etat, et même du Conseil administratif de la Ville), à propos du volet cantonal de la réforme des entreprises (RIE III), dans la version qu'en propose le Conseil d'Etat, alors même que le sort du cadre fédéral de cette réforme n'est pas encore scellé, puisqu'il ne sera que dans trois mois, le 12 février, en vote populaire après que le référendum lancé par la gauche ait (largement) abouti. Or si la réforme fédérale devait subir le sort que nous souhaitons lui réserver (un refus), la proposition de réforme cantonale faite par nos Magnifiques Seigneurs et Syndics ne reposerait plus sur rien -même pas sur du vent. Qu'importe : on négocie dans tous les coins. On parle même d'une "convention" qui lierait les partis "gouvernementaux genevois" (le PLR, le PDC, le MCG, les Verts et le PS) pendant une législature entière, et par laquelle ils s'engageraient à ne pas déposer de projets ayant des conséquences sur le budget, qu'il s'agisse de nouvelles dépenses, de nouvelles économies ou de modifications fiscales. Que vaudrait un tel engagement, dont seuls les partis gouvernementaux seraient signataires, et qui ne s'imposerait donc ni aux forces d'opposition (de droite ou de gauche), ni aux organisations sociales (patronales et syndicales, notamment), ni aux citoyens... ni même aux membres, militants, élus des partis signataires ? Rien. Du vent. Du même vent que celui sur lequel on tente de construire un consensus sur une réforme cantonale reposant sur une réforme fédérale dont on ne peut prédire le sort que le peuple lui réservera. On ne serait là pas en train de mettre une charrue (au soc douteux) avant les boeufs ?

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15:24 Publié dans Fiscalité, Genève, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : rie iii | |  Facebook | | | |

mardi, 29 novembre 2016

Sortie du nucléaire : Hâte-toi lentement

Les cantons romands (sauf les bilingues, Valais, Fribourg et le Jura bernois) ont accepté l'initiative des Verts pour une "sortie programmée du nucléaire". Les deux cantons de Bâle aussi. Mais pas le reste de la Suisse. L'initiative a donc été repoussée  -tout en faisant le meilleur score (46 %) atteint depuis longtemps par une initiative antinucléaire dans ce pays. On ne sortira donc pas du nucléaire rapidement. On attendra. On attendra que nos centrales soient en bout de course, pour ne pas les remplacer. Peut-être. Si la "stratégie énergétique" concoctée par le Conseil fédéral passe la rampe d'un référendum lancé contre elle par l'UDC. Or l'échec de l'initiative des Verts n'était pas confirmé depuis cinq minutes qu'on entendait déjà des représentants du PDC et du PLR dire qu'après tout, si l'initiative a été repoussée, c'est que les Suissesses et les Suisses ne voulaient pas abandonner la filière nucléaire de production énergétique -alors que leurs partis invoquaient la "stratégie énergétique 2050" qui implique elle aussi la sortie du nucléaire (mais à plus long terme) comme contre-projet indirect à l'initiative. Cette duplicité a fonctionné. Les masques peuvent maintenant tomber. Et le combat antinucléaire reprendre.

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18:24 Publié dans Energie, Environnement, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : centrales nucléaire, stratégie énergétique 2050 | |  Facebook | | | |

lundi, 28 novembre 2016

Turquie : le coup d'Etat réussi d'Erdogan


La Répression au Sérail

Le 4 novembre, le gouvernement Turc a fait interpeller Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, les co-présidents du Parti démocratique des peuples (HDP), ainsi que neuf autres élus de ce parti.  Principal parti d’opposition en Turquie (il a obtenu six millions de suffrages rien qu'au Kurdistan en novembre 2015), le HDP, seul à défendre les droits des Kurdes, incarne également la lutte pour l’égalité entre hommes et femmes, pour le respect des minorités et contre toutes les formes de discriminations. Muselé par le pouvoir, le HDP a annoncé le 6 novembre dernier se retirer de toute activité au parlement pour protester contre la répression le frappant et frappant toute l'opposition réelle en Turquie, qu'elle soit le fait d'organisations politiques, de media ou d'acteurs sociaux et culturels. Les arrestations d’élus kurdes surviennent en effet dans un contexte de purges et de répression généralisées à la faveur de l'état d'urgence instauré après la tentative de Coup d’Etat manqué du 15 juillet 2016, suivie d'un coup d'Etat réussi -celui du Sultan Erdogan, qui désormais contrôle tous les pouvoirs : le parlement, le gouvernement, la justice, l'armée... et en use contre toutes les oppositions, dans l'apathie généralisée des consciences démocratiques européennes.

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15:48 Publié dans Droits de l'Homme, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : turquie, kurdistan, erdogan | |  Facebook | | | |

vendredi, 25 novembre 2016

La droite municipale genevoise refuse le budget de la Ville


Au prétexte de la RIE III

La majorité de droite dilatée de la commission des Finances du Conseil municipal de la Ville de Genève (on a notre dose de génitifs, là...) a donc refusé le projet de budget 2017 présenté par le Conseil administratif. Prétexte du refus : la réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), qui va entraîner des pertes de ressources de plusieurs dizaines de millions de francs par année pour la Ville. L'ironie de la situation tient évidemment au fait que la droite qui refuse le projet de budget au nom des pertes fiscales provoquées par la réforme, soutient ladite réforme dans la version présentée par le Conseil d'Etat, appelle le Conseil municipal à la soutenir et même à soutenir la possibilité donnée aux communes d'adopter pendant cinq ans des budgets déficitaires, alors qu'elle (la droite dilatée municipale, donc)  exige en Ville un excédent budgétaire d'au moins 15 millions... Ce qui serait d'ailleurs facile à obtenir en augmentant d'un centime additionnel le taux de l'impôt communal...

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15:29 Publié dans Fiscalité, Genève, Politique, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rie iii | |  Facebook | | | |

mercredi, 23 novembre 2016

Initiative sur la sortie programmée du nucléaire : Par ici la sortie

Dimanche soir, on saura si la Suisse entend réellement "sortir du nucléaire" ou si, comme le lui recommandent benoîtement les nucléocrates, les exploitants des centrales et les partis de droite (quoique leurs électeurs paraissent divisés sur la question), on attendra encore quelques dizaines d'années pour que se concrétise une "stratégie énergétique 2050" à laquelle ils feignent de s'être ralliés alors même qu'elle propose elle aussi une "sortie du nucléaire", mais bien plus lente -et surtout, plus incertaine, puisque soumise au bon vouloir d'un parlement dont la majorité (UDC, PLR, PDC) ne témoigne pas forcément de convictions environnementales à l'épreuve des critères financiers (et des intérêts privés). L'initiative des Verts a le mérite, essentiel de la clarté  : On dit qu'on veut "sortir du nucléaire" ? Eh bien on en sort, sans barguigner, sans pinailler, sans attendre plus longtemps que nécessaire : on ferme Beznau I (le plus ancien réacteur en fonction au monde) l'année prochaine, Beznau II, Mühleberg (dont l'exploitant a annoncé la fermeture en 2019), Gösgen et Leibstadt 45 ans après leur mise en fonction (la durée moyenne de fonctionnement d'une centrale qui ne vous explose pas à la gueule), à moins que la sécurité de leur fonctionnement ne soit plus garantie, auquel cas on les arrêterait avant. Ce qui se veut vraiment s'énonce clairement : la sortie du nucléaire passe par un "oui" dimanche... Alors si vous n'avez pas encore voté, va falloir vous bouger : vous avez jusqu'à jeudi soir pour voter par correspondance. Sinon, c'est dimanche matin au local de vote...

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15:47 Publié dans Energie, Environnement, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nuicléaire | |  Facebook | | | |

mardi, 22 novembre 2016

Union des Villes Genevoises : Que peste la droite rupestre !

On se souvient que la création de l'Union des Villes Genevoises, non pas concurremment mais parallèlement à l'Association des Communes genevoises (qui regroupe les 45 communes du canton, de la plus petite à la plus grande, de la moins peuplée à la plus peuplée) avait donné des boutons à la droite (et aux droites municipales, à quelques exceptions près), qui y voyait une entreprise sournoise de la gauche pour affaiblit la vieille Association des communes genevoises, où la droite, précisément, et en particulier la droite des villages, est hégémonique. Certes, l'initiative de créer l'UVG avait été prise par des magistrates et magistrats de gauche, mais elle était ouverte (et l'est toujours) à toutes les magistrates et magistrats, de gauche, de droite, du centre ou d'ailleurs, membres des exécutifs municipaux y ayant adhéré. Les élus de droite des six exécutifs membres de l'Union y participent d'ailleurs activement, et si l'UVG ne rassemble que des exécutifs à majorité de gauche (ceux de Genève, Vernier, Lancy, Meyrin, Carouge et Onex), c'est que ceux à majorité de droite ont refusé d'y adhérer. Et c'est donc maintenant les droites municipales des villes qui demandent aux exécutifs municipaux de quitter l'Union des villes. Pour inciter les membres de ces exécutifs à créer à la place une Amicale des Conseiller-e-s Administratif-ves des Villes Genevoises ?

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lundi, 21 novembre 2016

Election de Trump : "révolution conservatrice" ou arnaque politique du siècle ?

langue de bois.jpgDonald Trump sera donc élu président des Etats-Unis, mais contre la majorité du peuple votant. Avec un million de suffrages en moins que son adversaire démocrate. Si les citoyennes et citoyens des Etats-Unis d'Amérique élisaient leur présidence au suffrage universel direct. c'est une présidente qu'ils auraient élue. Ils ne s'en retrouveront pas moins avec Trump. Beautés des élections indirectes... Cela dit, comme le relevait Daniel Warner dans "Migros Magazine" (on a de bonnes lectures), "Il y a toujours une grande différence entre un candidat et un gagnant. Pendant la campagne, les candidats doivent répondre aux caprices du public. Une fois en poste, ils deviennent plus réalistes". La paradoxale (si paradoxale qu'elle est impssible) "révolution conservatrice" que l'élection probable de Trump annoncerait (comme d'ailleurs, à sa manière, le succès de François Fillon aux "primaires" de la droite française, hier) pourrait bien être surtout l'arnaque du siècle. Il est vrai que si la carrière de Trump laisse placer un gros doute sur ses compétences de chef d'Etat, elle n'y laisse en revanche aucune place s'agissant de ses talents d'aigrefin.

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15:38 Publié dans élections, Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : usa, trump | |  Facebook | | | |

vendredi, 18 novembre 2016

Je me tue, donc je vis

Magritte2.jpgde vivre, droit de mourir, c'est tout un

Un homme voulait mourir. Il avait demandé à l'association Exit de l'y aider. Elle avait accepté. Mais deux de ses frères l'en ont empêché, en saisissant la justice et en faisant suspendre (en attente d'un jugement) l'injection létale prévue. L'homme qui voulait mourir n'a pas attendu que la justice lui en donne le droit : il se l'est donné, et se l'est donnée, elle, lui-même. Seul, sans l'accompagnement d'Exit. Qu'est-ce que cela dit de notre rapport à la mort -à notre propre mort, et à la mort des autres, celles et ceux dont on n'accepte pas la mort même s'ils ont choisi de se la donner, celles et ceux qu'on aime et qu'on aime vivants ? Qu'est-ce que cela dit de notre droit à vivre et de notre droit à cesser de vivre ?

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15:22 Publié dans Droits de l'Homme, Santé, médecine | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : mort, suicide, exit | |  Facebook | | | |

lundi, 14 novembre 2016

L'Appel de Genève, ou le renouveau du droit international humanitaire

Sortir des tranchées battues

La plupart des conflits armés d'aujourd'hui impliquent des groupes armés autres que les forces militaires ou policières des Etats : ces "groupes armés non-étatiques" (dont certains sont toutefois liés à des Etats ou à des gouvernements, ou à des forces politiques gouvernementales, qui ne reconnaissent pas ce lien). Or ces acteurs non étatiques ne sont parties d'aucun traité international : le droit international, y compris le droit international humanitaire, est un droit des Etats, et les règles qu'il pose, ce sont les Etats qui les ont posées, sont supposés les respecter et peuvent être sanctionnés s'ils ne les respectent pas -à condition, bien entendu, qu'ils ne soient pas trop puissants pour être sanctionnés.  Les groupes armés peuvent-ils être tenus pour irresponsables de leurs actes, et libres de tout engagement international ? Ce n'est pas l'avis de l'Appel de Genève, qui s'est précisément créé, sortant des tranchées battues, pour que ces groupes admettent avoir à respecter des règles dont on exige le respect par les Etats -y compris les Etats qu'ils combattent. Car si la guerre n'est plus ce qu'elle était, ses conséquences et ses victimes sont toujours les mêmes : les civils, en général, et tout particulièrement les enfants et les femmes. Victimes des forces militaires et policières gouvernementales, mais aussi des groupes armés non étatiques. Reconnu par l'ONU pour son travail, l'Appel de Genève l'a également été par la Ville de Genève, et, tout récemment, par la Fondation pour Genève, qui accordé son prix 2016 à la Fondatrice de l'Appel, Elisabeth Decrey-Warner.

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22:50 Publié dans Droits de l'Homme, Genève, Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : appel de genève, geneva call, elisabeth decrey-warner | |  Facebook | | | |

vendredi, 11 novembre 2016

Ouverture des commerces le dimanche et protection des travailleuses : Un deal défendable

On va voter à Genève, dans deux semaines, sur une initiative syndicale s'opposant à l'élargissement des possibilités d'ouverture dominicale des commerces. Cette initiative était d'abord une réponse à la décision du Conseil fédéral, prise par ordonnance et donc impossible à contrecarrer par un référendum, d'élargir ces possibilités à tous les dimanches dans les zones touristiques se situant à moins de 15 kilomètres à vol d'oiseau d'une frontière nationale -ce qui englobe tout le territoire genevois. Mais l'ordonnance fédérale laisse aux cantons la capacité de légiférer de manière plus restrictive qu'elle -ce que Genève s'apprête à faire, si l'initiative ou le contre-projet parlementaire passe le cap du vote populaire le 27 novembre prochain. Car contre-projet il y a : d'une réponse à une offensive patronale, on est passé à l'usage de l'initiative comme moyen de renforcer la protection des salariés de toute une branche, en posant comme exigence l'application (et l'élargissement à tout le secteur) d'une convention collective de travail. Cette exigence a été reprise dans le contre-projet à l'initiative (et elle explique l'opposition de la droite libérale à ce contre-projet) : le deal, c'est un peu plus d'ouverture des magasins le dimanche, en échange d'une convention élargie. Et ça se défend -on peut donc aussi voter "oui" au contre-projet... et même, si l'on privilégie la protection des travailleurs (surtout des travailleuses, en l’occurrence) , le privilégier en cas d'acceptation des deux textes.

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18:13 Publié dans Commerce, Genève, syndicats, Travail, votations | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : consommation | |  Facebook | | | |

mercredi, 09 novembre 2016

Présidentielles américaines : Trump hilare rit...

 
L'establishment, désormais, c'est lui

Malgré ses propos indignes, son comportement, ses insultes, son inculture politique, sa misogynie  et ses mensonges, malgré sa reprise d'un discours d'extrême-droite, malgré le lâchage des caciques républicains, à moins que ce soit grâce à tout cela (ce n'est tout de même pas la première fois, et ce ne sera sans doute pas la dernière, qu'on peut gagner une élection en faisant les poubelles) Donald Trump a donc gagné l'élection des électeurs de la présidence américaine, surfant sur la colère du Petit Blanc et sur le rejet d'une Hillary Clinton incarnant -à juste titre- l'establishment (ou la nomenklatura), aussi bien d'ailleurs l'establishment démocrate que républicain. L'establishment, désormais, c'est Trump et tous ceux qui, après l'avoir combattu, se rallieront à lui, quand l'"attrait de la mangeoire" est plus fort que l'adhésion politique. Trump ne pouvait gagner qu'en agrégeant les colères sociales et en mobilisant massivement les classes populaires "blanches", il y a réussi. Clinton ne pouvait gagner qu'en agrégeant les votes de celles et ceux que Trump insultait -elles et ils étaient en effet assez nombreux : femmes, noirs, mexicains, elle y a échoué, et les Américains ont peut-être moins voté pour le candidat que contre la candidate. Pour lui barrer la route. Et leur mobilisation a eu un prix jamais atteint dans aucune élection, nulle part dans le monde :  Bernie Sanders avait beau considérer que "les milliardaires ne devraient pas pouvoir acheter les élections", c'est bien ce qu'ils ont fait : pour obtenir les 270 "grands électeurs" nécessaires (sinon suffisants) à leur élection à la présidence, Hillary Clinton et Donald Trump auront dépensé, respectivement, 1,3 milliard et 800 millions de dollars.

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mardi, 08 novembre 2016

Proclamer nos villes "villes de refuge" : Plus qu'une rhétorique

geneve_cite_refuge.jpg



Un appel soutenu par 10'000 personnes a été remis le 20 juin à une représentante de la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga : il demande à la Suisse d'accueillir rapidement 50'000 réfugiés. "Les frontières ne doivent plus tuer", a proclamé la présidente du syndicat Unia, alors que, du même syndicat, Alessandro Pelizzari, à l'origine des pétitions, rappelait que la fermeture des frontières européennes avait pour conséquence des milliers de morts en mer et des dizaines de milliers de morts-vivants entassés sur terre dans des conditions inacceptables. "Nous ne serions pas ce que nous sommes devenus sans les gens venus de l'extérieur", a enfin résumé le rappeur Greis. Voila. C'est ce qui s'appelle être à contre-courant. Et c'est la preuve qu'on est vivants : le sens du courant, c'est bon pour les poissons morts. L'appel pour l'accueil de 50'000 réfugiés invite également les villes suisses à se proclamer "ville de refuge" pour accueillir concrètement les réfugiés. Et qu'est-ce qu'une ville-refuge ? A Genève, où une motion déposée au Conseil municipal demande que la Ville soit toujours ville de refuge", si on ne s'autosatisfait pas  de la nostalgie des temps héroïque du Refuge huguenot, ou d'une autoproclamation idéaliste, ce peut être l'accueil de réfugiés par des familles d'ici. Et cela se fait déjà. Et cela peut se faire plus.

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15:34 Publié dans Droits de l'Homme, Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : asile, refuge | |  Facebook | | | |

lundi, 07 novembre 2016

Les enjeux de l'élection américaine : Les couilles de Donald et les courriels d'Hillary

Alors, qui sera à la tête de l'Empire (un peu  décadent, certes, mais toujours impérial...) après Obama ? Le cinglé ou la corruptrice ? Avouons-le : cette question ne nous angoisse guère. Si nous étions frappés du même anti-américanisme pulsionnel que nombre de nos bons camarades, on prierait (mais qui ?) pour Donald  : son élection entraînerait un repli des USA sur eux-mêmes. Mais surtout, ce qui a frappé dans cette campagne, c'est son absence totale de contenu politique, de débat d'idées, de confrontation de projets. Qui, de Trump ou de Clinton, aura parlé réellement de politique sociale et de l'emploi, des enjeux géostratégiques, des défis environnementaux, de culture, de démographie (autrement qu'en proposant d'ériger un mur contre l'immigration pour en protéger un pays d'immigrants et de descendants d'immigrants) ? Aucun-e des deux. Par quoi a été dominée la campagne, dans ses dernières semaines ? par les couilles de Donald et les courriels d'Hillary. Ou pour le dire comme Vladimir Poutine (un expert en délicatesse rhétorique, et loin d'être un imbécile) l'a dit : "qui a pincé qui et qui couche avec qui"... On a certainement les campagnes électorales qu'on mérite -et si les Etats Unis ne méritent que celle qui s'y est tenue, tant pis pour eux : ils auront aussi le président ou la présidente qu'ils méritent.

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vendredi, 04 novembre 2016

Demi-millénaire des thèses de Luther : Faire la révolution sans le vouloir

Thèses de Luther.jpg

On est entré hier dans une année de commémoration de la Réforme protestante (la Réformation), lancée par l'affichage des Thèses de Luther. Une réforme qui fut une révolution, dont Luther ne voulait pas -ni religieuse, ni, et encore moins, sociale et politique. Mais qu'il a provoquée. Parce que l'Eglise romaine, dont il était, refusa de se réformer -et ne finit par accepter de le faire qu'une fois la Réforme protestante acquise dans la moitié de l'Europe occidentale -la plus grande partie de l'Allemagne, toute la Scandinavie, en Hollande, dans les cantons suisses les plus peuplés, dans une partie importante de la France... et au passage à Genève (parce que ça arrangeait les Genevois en lutte contre la Savoie très catholique). Luther n'était pas révolutionnaire, mais il a fait la révolution. Sans le vouloir, et en couvrant de son autorité morale et religieuse la répression féroce de ceux qui la voulaient, mais c'est bien le début d'une révolution que l'on commémore depuis hiers. La vieille taupe est aveugle. Elle ne voit pas où elle va, mais elle y va.

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jeudi, 03 novembre 2016

Réforme de l'imposition des entreprises : L'Etat aux côtés du patronat...

RIE III

On votera en février prochain sur la réforme fédérale de l'imposition des entreprise (RIE III, pour les intimes), fruit d'un coup de force de la droite parlementaire, qui a imposé une réforme sans négociation, sans contreparties sociales et agrémentée de plusieurs mécanismes permettant aux entreprises multinationales qui devraient payer un peu plus d'impôt de compenser ce surcroît de contribution par des déductions nouvelles. Facture pour les caisses publiques : plusieurs milliards de francs. Qu'il faudra compenser par des "économies" sur les budgets sociaux, de formation, de coopération. Autrement dit : par une réduction des prestations publiques. S'adressant à un raout des syndicats patronaux (la "Rentrée des Entreprises"), le Conseiller d'Etat Pierre Maudet leur a assuré (c'est la Feuille d'Avis Officielle qui en rend compte, le 7 octobre, c'est dire si c'est vrai) que "l'Etat est à vos côtés". Mais qui diable pouvait en douter ?

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16:19 Publié dans Fiscalité, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rie iii | |  Facebook | | | |

mardi, 01 novembre 2016

La laïcité, une et indivisible ?

laïcitéLes socialistes et la laïcité
  
Le dernier numéro du journal socialiste genevois "Causes Communes" (téléchargeable sur  http://bit.ly/2dCokCV) était consacré à la laïcité. Et il a fait quelque peu tousser (pour le moins), comme il était d'ailleurs prévisible, là où se proclame qu'il n'y a qu'une seule et  indivisible définition, une seule et indivisible conception possible de la laïcité -celle que l'on défend, et nulle autre. Toute prétention à en définir ou en en concevoir une autre ne saurait relever que d'une falsification, d'un mensonge -ou d'une ignorance crasse. Ainsi fut jugée la tentative, certes imparfaite, inaboutie et contradictoire, des socialistes genevois de faire, pour eux-mêmes d'abord, le point sur ce que peut signifier aujourd'hui, dans une société comme la société genevoise, le concept et  le projet politique laïque. Cette tentative ne pouvait évidemment, surtout venant de socialistes toujours suspects de compromissions inavouables et de calculs électoralistes douteux qu'être rejetée, en bloc et en détail, a priori et a fortiori, par les gardiens du dogme. Il n'y a qu'une seule conception, une seule définition possible de la laïcité ? Soit, jouons ce jeu là. Après tout, il est a notre portée, comme une bonne vieille mise à l'index (ou au majeur ?) de qui (les auteurs des contributions au "Causes Communes" sur la laïcité, par exemple) aurait le mauvais goût (ou la perversité) de ne pas être de notre avis. Car il n'y a qu'une seule et indivisible conception de la laïcité : la nôtre. Qu'on se le dise.

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15:57 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : laïcité | |  Facebook | | | |