samedi, 24 juin 2017

Tentatives d'émergence d'un "islam libéral" et d'un "islam européen"

réfléchir, c'est commen cer à désobéir.jpgAccouchements difficiles

L'Université de Genève lancera en septembre, avec l'aide du canton, et à l'initiative de musulmans albanais, une formation continue pour les imams : pour l'ancien porte-parole de la Mosquée de Genève, et directeur de la "Fondation de l'entre-connaissance", une telle formation "aidera les imams à mieux appréhender la société laïque au sein de laquelle ils vivent, en respectant la liberté donnée à chacun de croire ou de ne pas croire". L'Université ne formera pas théologiquement les imams, elle les formera sociologiquement. La limite qu'elle se donne ainsi fait l'impasse sur le contenu du message religieux délivré par les imams (comme si un tel message n'avait pas, aussi, un contenu politique et social), souvent formés théologiquement par des écoles coraniques wahabites, profondément réactionnaires et allergiques à tout ce que peut signifier une société à la fois laïque, multiculturelle et se refusant à considérer les convictions religieuses comme plus respectables que les convictions non-religieuses, ou irréligieuses. "Il s'agit d'une formation pour les imams, pas d'une formation des imams", résume le Conseiller d'Etat Pierre Maudet (ministre de tutelle du Bureau de l'Intégration, co-acteur du projet), pour qui il s'agit de leur rappeler "le primat absolu de la loi civile". La Faculté de Théologie de l'Université de Genève (la formation proposée implique plusieurs facultés et chaires) ne suivra donc pas l'exemple de ses consoeurs allemandes qui ont créé un cursus de théologie islamique sur le modèle de leurs cursi de théologie catholique ou protestante -mais il n'y a pas en Allemagne de séparation des églises et de l'Etat, qui finance les églises et les religions, et donc, logiquement, se reconnaît (avec leur accord) le droit d'en former prêtres, prêcheurs et pasteurs. A Genève, il ne s'agira, comme le résume l'éthicien François Dermange "que" de permettre aux imams de "mieux comprendre les institutions politiques, le contexte culturel et les valeurs suisses pour qu'ils puissent ensuite aiguiller leur communauté" -mais le voudront-ils ? Les imams wahabites accepteront-ils de jouer le rôle de "passeurs entre deux mondes différents", alors qu'ils considèrent le nôtre comme "kafr" -impie et blasphématoire ?

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14:13 Publié dans religion | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : islam, laïcité | |  Facebook | | | |

jeudi, 22 juin 2017

Pas d'"Opérations Papyrus" ailleurs qu'à Genève

Papyrus.jpgDéni ou complicité ?

Il n'y aura pas d'opération "Papyrus" à Zurich : le Conseil d'Etat y a annoncé fin mai qu'il ne comptait pas suivre l'exemple genevois et mettre en place un programme de régularisation conditionnelle des "sans-papiers", comme le lui demandait, s'inspirant précisément de l'opération genevoise, la gauche et les ONG d'entraide. Pour justifier son refus, le gouvernement zurichois a eu recours au déni : il n'y aura pas suffisamment de "sans-papiers" à Zurich pour qu'une opération genre "Papyrus" s'y justifie. Or le Secrétariat d'Etat aux migrations estime que 28'000 personnes, soit bien plus qu'à Genève, vivent à Zurich sans statut légal (la Ville de Zurich estime à 10-14'000 le nombre des travailleurs clandestins sur son seul territoire). Dans le canton de Vaud non plus, l'exemple genevois ne fait pas école : le Grand Conseil a balayé en mars l'appel de la gauche à le suivre. Ni à Zurich, ni dans le canton de Vaud les gouvernements cantonaux ne voient dans une régularisation conditionnelle des "sans-papiers" un moyen de lutter contre le travail au noir, notamment dans l'économie domestique. Genève reste donc seule (à moins que Bâle...) à ne pas se satisfaire d'un déni de réalité. Et à ne plus se rendre complice de l'exploitation de milliers de personnes dont l'absence de statut légal équivaut à une absence de droits.

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mardi, 20 juin 2017

Genève : quatre référendums municipaux contre des coupes budgétaires


On ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc.jpgPour le principe

"Ensemble à Gauche" a déposé hier un peu moins de 20'000 signatures (au total) pour les quatre référendums (nécessitant chacun 4000 signatures valables) que la coalition a lancés contre les coupes budgétaires votées par la majorité de droite du Conseil municipal de la Ville de Genève ce printemps. Ces coupes, portant pour 2,5 millions de francs sur le budget (de près de 1,2 milliard) en cours, pourraient ainsi être soumises au vote populaire en septembre prochain, si les signatures valables sont en nombre suffisant. On appellera alors, évidemment, à voter "non" aux restrictions budgétaires dans des domaines aussi essentiels que la politique culturelle (en l'occurrence, dans l'accès à la culture), la solidarité internationale ou l'aide sociale. Compte tenu de la date de la possible votation, et du montant des coupes, on peut se dire que ce vote ne sera pas le combat du siècle (ni les Verts, ni le PS, ni Culture lutte ne faisaient d'ailleurs partie du comité référendaire) -mais il s'agit surtout de réaffirmer une position qu'on veut constante : on ne lâche rien de ce qui justifie l'existence même d'une commune, ses prestations à sa population. D'ailleurs, référendums ou pas, le PS lancera deux initiatives populaires pour pérenniser l'engagement de la Ville dans l'accueil des immigrants et la formation professionnelle.

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15:10 Publié dans Genève, Politique, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budget | |  Facebook | | | |

lundi, 19 juin 2017

France : Ni VIe République, ni IIIe Empire


Napoléon III.jpgPas de Macroléon III

Jean-Luc Mélenchon faisait campagne pour une VIe République ? On est toujours dans la Ve. On craignait qu'Emmanuel Macron se dote d'un parlement au furieux air de celui du Second Empire de Louis-Napoléon (premier président de la République française élu au suffrage universel, qui voulait "éteindre le paupérisme", a fait entrer la France dans le capitalisme moderne, et Nice et la Savoie dans la France) ? La menace est écartée. Avec une majorité absolue des sièges, même obtenue avec une majorité absolue d'abstentions, le président Macron et son gouvernement n'auront certes pas besoin d'aller chercher des alliés au parlement, mais leur succès électoral même les prive de tout droit à l'erreur ("la victoire nous oblige", résume le Premier ministre). Quant aux abstentionnistes, sauf à vouloir faire dire à leur non-vote quelque chose que, par définition, il ne dit pas (une opposition à Macron, par exemple), on ne peut que leur attribuer soit un consentement a priori à la victoire du vainqueur annoncé, soit une résignation à cette victoire, soit une indifférence absolue au résultat -celles et ceux qui refusent l'alternative qui leur est proposée ne s'abstiennent pas : elles et ils votent blanc ou nul. Les abstentionnistes, eux, sont forcément du côté des vainqueurs. L'abstention a été massive (à l'aune française, pas à l'aune suisse), mais elle pourrait bien résulter d'une démobilisation d'une partie de l'électorat macronien, trop sûr de la victoire. Et que ni le PS, ni la "France insoumise", ni les "Républicains", ni le Front National n'aient été capables de mobiliser leurs propres électeurs au-delà du nécessaire pour survivre politiquement, ce n'est qu'à eux qu'en revient la responsabilité.

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15:38 Publié dans élections, France, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : macron | |  Facebook | | | |

vendredi, 16 juin 2017

Transports publics genevois : Pour en finir avec les bricolages...

ticket CGTE.jpgReparlons de gratuité !


Il avait annoncé une réduction punitive de l'offre des transports publics genevois si le peuple avait le mauvais goût de refuser la hausse des tarifs qu'il proposait (avec le Conseil d'Etat, la majorité du parlement et le Conseil d'administration des TPG), il fait marche arrière : le Conseiller d'Etat Luc Barthassat a trouvé quatre millions pour éviter de supprimer un tram sur deux aux heures creuses entre les Augustins et Carouge. Et il explique que l'annonce de la réduction de l'offre était une "stratégie pure de ma part et de mes services". La stratégie à Lulu, c'est comme la tacatacatactactique du genda-arme. On trouvera mieux ailleurs, par exemple dans la proposition annoncée à Neuchâtel par le député Vert Laurent Debrot : la gratuité des transports publics dans le canton. A Genève aussi, même si la proposition a été une première fois refusée en votation populaire, elle mériterait d'être renouvelée. Ne serait-ce que comme un bon moyen d'en finir avec les bricolages "stratégiques" à la Barthassat.

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15:34 Publié dans Genève, Transports | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : tpg | |  Facebook | | | |

mercredi, 14 juin 2017

Partage ou répartition des tâches culturelles ?


GTG noir.jpgUn opéra otage

Une majorité (PLR, UDC, MCG) de la commission des Finances du Grand Conseil s'est opposée à l'octroi en 2017 et 2018 d'une subvention cantonale au Grand Théâtre. Cette subvention devait engager le canton dans une participation pérenne au budget de l'Opéra, actuellement assumé, s'agissant des collectivités publiques, essentiellement par la Ville de Genève mais aussi, pour le complément, par les communes (via un fonds de l'Association des communes genevoises). Cette participation financière devait s'accompagner d'une entrée du canton dans le Conseil de fondation de l'institution. Bref, on allait peut-être s'engager dans un véritable partage (et non seulement une répartition) des tâches, et dans la concrétisation d'un principe de "faire ensemble", mais dont, apparemment, une majorité de députés cantonaux ne veulent pas. Et surtout, dont ils ne comprennent pas l'enjeu, pas plus qu'ils ne comprennent les enjeux de politique culturelle -ni même ne s'y intéressent. Avant d'espérer "boucler" le dossier de la répartition des tâches entre le canton, la Ville et les communes dans le domaine culturel, ne conviendrait-il pas d'ouvrir un programme d'alphabétisation des députés du Grand Conseil sur les enjeux de la politique culturelle ? A en juger par les débats, ou leur absence, au parlement cantonal  sur ces enjeux, un tel programme semble s'imposer d'urgence -à tel point qu'à comparer ces débats au parlement cantonal avec ceux, réguliers et parfois acharnés qu'on s'offre au parlement municipal, notre modestie foncière d'élus locaux s'en trouve douloureusement atteinte.

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15:36 Publié dans Culture, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grand théâtre, répartition des tâches | |  Facebook | | | |

mardi, 13 juin 2017

Elections législatives britanniques : A qui perd, gagne

8626622.jpgDes législatives, les françaises, en ont chassé d'autres, les britanniques, aux places de choix des media, mais on peut tout de même revenir à celles qui ont ouvert les feux -elles sont tout aussi intéressantes, à leur manière : en Grande-Bretagne, on a voté à qui perd gagne, quand en France on a voté pour renforcer encore les chances de victoire de ceux dont on annonçait déjà la victoire. Donc, les conservateurs de Theresa May ont perdu la majorité absolue à la Chambre des Communes et sont contraints de passer alliance avec l'extrême-droite nord-irlandaise pour rester au pouvoir, mais ils demeurent le premier parti du Royaume-Uni, avec 42,4 % des suffrages (enfoncés, les "Marcheurs" macroniens). En face, les travaillistes de Jeremy Corbyn progressent de manière spectaculaire pour atteindre plus de 40 % des suffrages et gagner 29 sièges), mais restent minoritaires (à une quarantaine de sièges des conservateurs) et ne pourraient former un gouvernement qu'en s'alliant aux nationalistes (de gauche) écossais et irlandais, et aux libéraux. Ainsi, ceux qui ont perdu les élections gardent le gouvernement, et ceux qui les ont gagnées restent dans l'opposition. Et tout cela affaiblit considérablement la Grande-Bretagne dans sa négociation avec l'Europe sur les conditions du Brexit, que Theresa May promettait "dur". Mais là, avouons-le, une certaine Schadenfreude nous titille.

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14:30 Publié dans élections, Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : grande bretagne, theresa may, jeremy corbyn, brexit | |  Facebook | | | |

lundi, 12 juin 2017

Législatives française : y'a-t-il encore une opposition ?

Macron, En Marche, MélenchonMacron passe et casse

Emmanuel marche sur les eaux, les transforme en vin, ressuscite les morts et remet les paralytiques en marche. Vers les urnes. Si les prémisses des législatives (leur premier tour, même avec un taux d'abstention très... suisse) se confirment au second, Macron disposera à l'Assemblée Nationale d'une très large majorité absolue de députés de son parti (qui n'en est d'ailleurs même pas encore un), trois jours après que Theresa May ait perdu la sienne aux Communes britanniques. En moins d'un mois, il aura triomphé à la présidentielle et aux législatives, et à celles-ci avec pour seul argument de lui "donner une majorité". Du jamais vu, du moins dans cette ampleur, depuis 1981, l'élection de Mitterrand et la "vague rose" qui s'ensuivit. Macron aura ainsi les moyens d'imposer sa ligne politique et de réaliser son programme (puisque contrairement à l'image qu'on se satisfaisait de lui avant le mois dernier, il en a une et il en a un : le "social-libéralisme", la "flexisécurité", et quelque chose qui tient à la fois du gaullisme et du bonapartisme). La question qui se pose désormais étant celle-ci : quelle opposition pourra faire face à Macron, à son gouvernement et à ses projets ?

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15:09 Publié dans élections, France, PS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : macron, en marche, mélenchon | |  Facebook | | | |

jeudi, 08 juin 2017

Quand Donald réchauffe la planète politique (USA compris) :

Trump planète.jpgTrump roule pour la Chine

Trump a donc décidé de retirer les USA de l'Accord de Paris sur le climat. Donald n'est pas seulement "climatosceptique", ou "climatonégationniste" il est carbonophile : il voit dans la relance du charbon le moyen de relancer la croissance économique et la création d'emplois. Il est donc opposé à toute imposition aux centrales thermiques (celles à charbon fournissent en gros un tiers de l'énergie consommée aux USA) de normes plafonnant leurs émissions de CO2. Et il a nommé le "climatosceptique" Scott Pruit, un proche des frères Koch, grands patrons des industries fossiles, à la tête de l'Agence de protection de l'environnement, dont il veut en outre ratiboiser le budget. Mais le charbon est en déclin inéluctable : le nombre d'emplois de l'industrie du charbon aux USA est passé de 88'000 en 2008 à 65'000 en 2015. Un coup des Chinois, sûrement : d'après Trump, ce sont eux qui ont "inventé" le "concept" de réchauffement climatique, pour empêcher l'industrie américaine d'être compétitive... En attendant, c'est à eux que sa connerie profite : on pensait qu'il était le candidat de Poutine ? Il est devenu celui du Parti communiste chinois... Et il dresse contre lui au sein même des USA des Etats, les plus grandes villes et des multinationales américaines. Beau travail : Trump nie le réchauffement climatique mais provoque un réchauffement politique jusque dans le pays qu'il est supposé présider...

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14:34 Publié dans Energie, Environnement, Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : trump, usa, chine, climat | |  Facebook | | | |

mercredi, 07 juin 2017

Commission municipale genevoise des naturalisations : Dénis de réalité et incapacité de choisir

3.singes.jpg

Commission municipale genevoise des naturalisations : Dénis de réalité et incapacité de choisir

Aujourd'hui, ou dans trois semaines, on ne sait pas au juste, le Conseil municipal de la Ville de Genève décidera, peut-être, on ne sait pas au juste, du sort d'une commission parasitaire qu'il se trimballe depuis des années : la commission des naturalisations. Cela fait trois ans que nous débattons de ce sujet, en plénière, en commission du règlement, dans nos groupes. Et trois ans que nous constatons que du côté des partisans les plus obstinés du maintien de cette commission, on passe d'un  déni de réalité à un autre, sans transition, et en les additionnant mêmes les uns aux autres : déni du rôle parfaitement secondaire de la commune dans le processus de naturalisation; déni de l'inutilité de la commission des naturalisations; déni du caractère totalement illégal de la procédure par laquelle la Ville de Genève délivre son préavis sur les dossiers de naturalisations; déni de la compétence de la Cour des Comptes lorsqu'elle a relevé l'illégalité de cette procédure; déni du rôle du Conseil d'Etat, et de sa compétence de convoquer lui-même le Conseil municipal pour traiter des dossiers de naturalisations, et de celle d'imposer un délai de trois mois pour ce traitement; déni, enfin, des conditions légales et réglementaires dans lesquelles devraient, forcément, se tenir les séances du Conseil municipal consacrées à la délivrance du préavis municipal sur les demandes de naturalisations. Cela fait beaucoup de dénis ? Certes. Mais leur liste n'est même pas forcément close.

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14:43 Publié dans Genève, Immigration, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : naturalisation, nationalité, citoyenneté | |  Facebook | | | |

mardi, 06 juin 2017

Elections cantonales genevoises 2018 : Préliminaires

sans vous rien ne se fera.jpgLes partis politiques genevois se préparent (on n'a pas dit se mettent "En Marche", quoique certains lorgnent du côté de la France) aux élections cantonales de l'année prochaine. A gauche, les Verts et les socialistes ont bouclé leurs listes pour le Conseil d'Etat (et, s'agissant des socialistes, pour le Grand Conseil) et du côté d'"Ensemble à Gauche", sa principale composante, solidaritéS a écarté, lors d'une assemblée générale rassemblant moins de cinquante personnes, le maire de Genève, Rémy Pagani, de sa liste pour le Conseil d'Etat, liste qui comprendra le secrétaire du parti, Pablo Cruchon, et la députée Jocelyne Haller. SolidaritéS explique que ce refus de présenter Rémy Pagani n'est pas une "sanction", mais un "choix stratégique de renouvellement". Rémy Pagani ne fait "aucun commentaire", mais Souhail Mouhanna, ancien député et ancien président du Cartel intersyndical de la fonction publique, considère que l'éviction de Pagani est une "erreur monumentale", car il était la "meilleure chance" pour sa formation (ou la coalition dont elle fait partie) d'obtenir un maximum de soutien des électeurs. A supposer toutefois que l'élection du Conseil d'Etat importe à solidaritéS, ce qui n'est pas évident : sa présence du Grand Conseil lui importe certainement beaucoup plus : elle y présente 36 candidatures, en respectant, comme les socialistes et les Vsrts, la parité femmes-hommes. Elle se donne pour objectif, fort optimiste, d'obtenir une quinzaine de sièges, alors que l'enjeu pour elle sera plutôt d'obtenir le quorum de 7 % nécessaire pour pouvoir rester au parlement cantonal... Enfin, les Radicaux de Gauche et La Gauche promeuvent une "liste citoyenne de large rassemblement" dont on ne connaît pas les contours, sinon qu'elle devrait porter comme titre "Liste pour Genève", ce qui après tout est assez logique (quoique politiquement peu distinctif) pour des élections genevoises. Tout cela n'étant évidemment que des préliminaires, dont on sait qu'en politique aussi on attend qu'y succède quelque chose de plus... consistant... genre alliance de toute la gauche ?

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vendredi, 02 juin 2017

Lancement d'une initiative populaire "Le Plaza ne doit pas mourir"

Je suis Le Plaza.JPGC'est un vrai chef d'oeuvre que nous voulons sauver, en le ressuscitant et en en faisant le coeur d'un lieu culturel nouveau, voué essentiellement (mais non exclusivement) au cinéma : le Plaza, que ses propriétaires veulent démolir pour installer à sa place... un centre commercial de plus. Compte tenu de la limitation formelle des possibilités données aux citoyens et aux citoyennes de faire opposition à une autorisation de démolir et de construire, même s'agissant d'un élément dont la valeur patrimoniale est reconnue, et compte tenu de la passivité, de la résignation et de l'inertie des autorités cantonales et municipales dans ce dossier, il ne reste donc que la voix populaire qui puisse être assez forte pour sauver le Plaza. C'est cette voix que nous sollicitons, par une initiative populaire législative proposant l'expropriation, pour cause d'utilité publique et au bénéfice de la Ville de Genève, de la société propriétaire de la salle.
L'initiative devra obtenir 7524 signatures valables, dans un délai de quatre mois à dater du 1er juin.
Des feuilles de signatures sont téléchargeables sur
www.fichier-pdf.fr/2017/05/24/initiative-populaire-cantonale-lEgislative-formulEe-plaza/

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jeudi, 01 juin 2017

Voile "islamique", retour d'une question idiote


laïcité,voile islamiqueRaison et mémoire garder...

La question (à supposer que cela en soit une) du port du voile, ne fût-il qu'un foulard, dit "islamique" refait régulièrement surface. A Genève, elle avait provoqué quelques échauffement dans quelques lieux politiques, et avait divisé à gauche -ce qui en soi ne lui donne guère plus d'importance qu'elle n'en a, la gauche pouvant se diviser sur à peu près tout et n'importe quoi. Là, elle se divise sur l'attitude à adopter à l'égard de la manifestation visible d'une conviction religieuse. On ne résistera pas plus longtemps au plaisir d'y mettre notre grain de seul en posant quelques questions, et en suggérant malignement la réponse qu'il nous semble devoir leur être apportées, du moins si l'on tient à quelque raison et mémoire garder.

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mardi, 30 mai 2017

De qui et de quoi Macron est-il le nom ?

Macron, complotScrutin scruté

A la comparer avec celle de ses prédécesseurs depuis 1995, l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République française a suscité à l'étranger un engouement inédit. Saluée (évidemment) par l'Union Européenne, la victoire du seul candidat dont les meetings (et la fête de victoire) étaient fleuris de drapeaux bleus à étoiles, l'a aussi été par le Parti communiste chinois. Et même Trump et Poutine ont félicité Macron, alors qu'il était de notoriété publique que le premier avait les yeux de Chimène pour Marine Le Pen et que les préférences du second hésitaient entre elle et Fillon.  "Pourquoi Macron est-il aussi important pour le monde entier ?", s'interrogeait le "Financial Times" ? Qu'est-ce qui fait qu'un scrutin dans une puissance moyenne soit aussi scruté par les puissances majeures (et pas seulement elles : 3000 journalistes étrangers s'étaient rendus en France pour le suivre -un record depuis 1981- et le résultat a fait les "unes" de tous les principaux quotidiens du monde) ? Sans doute parce qu'il avait pris l'apparence d'un "référendum sur l'Europe et la mondialisation", comme on pouvait le lire sur le site américain "Politico", et qu'il était une première défaite dans un pays important (malgré le score historique de Le Pen) du populisme nationaliste et ouvertement xénophobe, après le Brexit et le trumpisme qui semblaient avoir donné le ton politique des élections à venir... avant que l'inépuisable singularité française ne change la gamme...

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lundi, 29 mai 2017

Transports publics genevois : sortir de la logique punitive

petit train.jpgExtra(di)vagances

Poursuivant dans la logique rogneuse et punitive qui est la sienne depuis le premier vote contre les augmentations de tarifs des transports publics, et pour confier au parlement -et en dernier recours au peuple- le droit de se prononcer sur ces tarifs, le gouvernement genevois a donc décidé d'une nouvelle baisse des prestations des TPG, déjà réduites de 6 %. Alors que toutes les villes d'Europe renforcent leurs réseaux et leur offre pour favoriser à la fois leur désengorgement et une transition énergétique (que les Genevois soutenaient à trois contre un le même jour où il refusaient l'augmentation des tarifs TPG), la capitale mondiale du monde mondial réduit l'offre de ses transports publics, parce qu'il leur manque quelques millions pour équilibrer leur budget. Le président du gouvernement genevois a jugé "extravagant" le message, réitéré, du peuple. Le plus "extra(di)vagant" n'est-ce pas de refuser de l'entendre et d'en punir l'auteur ?

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mercredi, 24 mai 2017

Quatre référendums contre les coupes budgétaires en Ville de Genève : pour la cohérence du geste

Pina Bausch.jpgLes socialistes de la Ville de Genève et les Verts sont invités par leurs assemblées générales respectives à signer les quatre référendums lancés contre les coupes budgétaires opérées par la droite coagulée (PLR, PDC, UDC, MCG) dans le projet de budget du Conseil administratif, fin avril dernier*. Ce soutien des socialistes et des Verts à un quadruple référendum décidé par "Ensemble à Gauche" toute seule, sans consultation des autres formations de gauche du Conseil municipal (PS, Verts), ni des milieux culturels qui avaient été des acteurs déterminants du référendum lancé il y a un an contre les précédentes coupes budgétaires imposées par la droite coagulée, est logique : même si en l'occurrence l'arme référendaire n'est pas la plus efficace (si les référendums aboutissent, on ne votera qu'en novembre, un mois avant d'entrer dans un nouvel exercice budgétaire, ce qui relativise considérablement l'effet concret de l'exercice référendaire), elle n'exprime après tout que la même opposition que celle que les élues et élus socialistes au Conseil municipal avaient exprimée lors des débats d'avril, comme lors de ceux de l'année dernière. Un soutien pour la cohérence du geste d'opposition, en somme. Après quoi, les socialistes lanceront (nous en déciderons fin mai) des initiatives municipales pour ancrer dans la durée des allocations budgétaires auxquelles la droite a pour réflexe pavlovien de s'attaquer. Là encore, la cohérence du geste, et là encore, la sollicitation d'un arbitrage de la population, mais non plus sur le mode défensif propre aux référendums : sur le mode offensif, contenu dans la démarche même de l'initiative populaire.

* le premier référendum est lancé contre une coupe linéaire de un million de francs (sur un budget de près de 1,2 milliard) sur les dépenses de fonctionnement de chaque département municipal (y compris celui du seul magistrat de droite, Guillaume Barazzone); le deuxième contre une coupe de 340'000 francs dans la solidarité internationale, le troisième contre une coupe de 963'000 francs dans l'encouragement à la culture, le quatrième contre une coupe de 150'000 francs dans le financement de l'allocation de rentrée scolaire, que la droite tente de transformer en aumône délivrée sous forme de bons en monnaie de singe. Le délai de récolte des signatures est au 19 juin : il en faut 4000 pour chaque référendum.

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16:05 Publié dans austérité, syndicats, gauche, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budget, ville de genève, référendum | |  Facebook | | | |

lundi, 22 mai 2017

Prévoyance vieillesse : un référendum pour un débat de fond

samson.jpgUn grand malade : le 2e Pilier

Le référendum facultatif lancé contre la réforme de la prévoyance vieillesse en est à la moitié du nombre de signatures requises. Il doit aboutir d'ici fin juillet. Il a obtenu quelques soutiens supplémentaires ces derniers jours, dont celui des Verts genevois qui, comme les socialistes genevois, s'opposent ainsi au mot d'ordre du parti suisse. Il a aussi obtenu un coup de main utile, celui de deux journaux, romand et alémanique, de défense des consommateurs, au tirage total de plus d'un million d'exemplaires, et qui vont publier la feuille de récolte de signatures -sans soutenir le référendum pour autant, mais parce "tout ce qui touche le porte-monnaie des citoyens concerne nos lecteurs". Gageons donc que ce référendum facultatif aboutira, et qu'il permettra, en s'ajoutant au référendum obligatoire (sur l'augmentation de la TVA contenue dans le "paquet" de la réforme) de lancer un débat non seulement sur ce qui, à gauche, ne passe pas (ou ne passe que comme une couleuvre dans un œsophage), le relèvement de l'âge de la retraite des femmes, mais aussi sur le rapport entre les deux "piliers" de la prévoyance vieillesse, l'AVS et la prévoyance professionnelle. Un premier pilier solidaire, fondé sur la répartition, un deuxième pilier individualiste, fondé sur la capitalisation. Un premier pilier à renforcer, un deuxième qu'on ne sait comment sauver. Ni même s'il faut le sauver.

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12:37 Publié dans Politique, Retraites, AVS, AI, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

vendredi, 19 mai 2017

Transition énergétique, énergie nucléaire, énergies renouvelables : Dimanche, on sort du fossile. Ou pas.

hommes-des-cavernes.jpgLa France a désormais son ministre de la "transition écologique", dimanche la Suisse aura, si le peuple en décide ainsi, sa loi de "transition énergétique". De transition de quoi à quoi ? pour résumer : des énergies fossiles aux énergies renouvelables. L'année dernière, le peuple avait refusé une sortie rapide du nucléaire. Cette année, on lui en propose une plus lente -mais l'objectif reste d'en sortir, et de réduire le plus massivement possible la part prise par les sources fossiles (le charbon, le pétrole, et donc l'uranium) dans la production d'énergie, en augmentant la part des sources renouvelables (solaire, éolien, hydrique). "Et si c'était non à la transition énergétique ?", s'interrogeait la "Tribune de Genève"... à la proposition soumise au peuple, il y a deux alternatives : le statu quo et la fuite en avant... relancer le nucléaire et gonfler les importations de courant étranger, l'un n'excluant d'ailleurs pas l'autre. Dimanche, on saura donc quel choix aura fait le Souverain helvétique. Au fait, vous l'avez envoyé, votre bulletin de vote ? Parce que sinon, c'est avant midi au local de vote que vous pourrez exercer votre droit d'aider la Suisse à sortir de l'âge du fossile.

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18:54 Publié dans Energie, Environnement, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : nucléaire | |  Facebook | | | |

jeudi, 18 mai 2017

Politique sociale ou asociale du logement ?

masques.jpgLes masques tombent...

Il faut remercier les gens qui nous font des cadeaux. Alors on remercie la droite municipale de nous en avoir fait hier soir deux, sous forme de propositions de démantèlement de la politique du logement menée par la commune. Peut-être même n'aurait-on pas dû les refuser, ces cadeaux politiques que nous faisait cette droite-là (sans le MCG). La première proposition voulait porter à 30 % (au lieu de 5 %)I la part des loyers libres dans le total des logements loués par la Ville. La seconde voulait confier à des régies privées la gestion de 10 % du parc immobilier de la Ville. Pouvait-on mieux dire qui la droite élargie défend, pour qui elle roule, ce qu'elle défend ? Et, a contrario, qui la gauche défend, pour qui elle se bat, et ce qu'elle défend ? Les masques tombent...

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15:00 Publié dans Genève, Logement, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : gim, ville de genève | |  Facebook | | | |

mercredi, 17 mai 2017

Tarifs TPG : en attendant la gratuité, NON à la hausse !

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Dimanche, à Genève, on vote (entre autres), pour la troisième fois, sur les tarifs des TPG. Parce qu'il faut s'y reprendre à (au moins) trois fois pour faire comprendre à kidedroit que "non, c'est non !". NON à la hausse des tarifs des transports publics. En attendant de pouvoir dire, enfin, OUI à leur gratuité. Parce qu'elle devra bien finir par s'imposer, pour tout le monde, et pas seulement pour ceux qui en reçoivent le cadeau, élus du peuple qui ignorent le message réitéré du peuple : parce que les transports publics bénéficient à tout le monde, même à ceux qui n'en usent pas, et qu'un canton dont le budget est de 8 milliards peut se permettre non seulement d'augmenter la subvention à son entreprise de transports publics, mais même de la hausser au niveau nécessaire pour en financer la gratuité : les usagers couvrent directement, par les billets et les abonnements, 39 % du coût des TPG- mais les usagers sont aussi des contribuables, et ils paient donc deux fois : une fois en tant qu'usagers, une deuxième fois en tant que contribuables. La gratuité équivaudrait ainsi à ne plus les faire payer qu'une seule fois, en tant que contribuables. Et à faire économiser au passage aux TPG l'ensemble des coûts occasionnés par la prise de billets et d'abonnements, et par la répression de la resquille.

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15:38 Publié dans Genève, Transports, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tpg | |  Facebook | | | |