jeudi, 08 mars 2018

8 mars, Journée internationale de lutte des femmes : Debout, sorcières !

sorciere.jpgDepuis plus d'un siècle, le 8 mars est la journée de la lutte des femmes pour leurs droits (l'institution de cette journée remonte au congrès des femmes socialistes de 1910). Dans le calendrier pataphysique, ce jour du 8 mars est Jour de Sabbat. Ce qui tombe bien pour un jour de solidarité avec les luttes de celles qui furent si longtemps (et sont encore en quelques contrées, et quelques milieux) considérées et traitées comme des sorcières. Et qui, lasses d'attendre que les promesses des lois, des constitutions, des chartes et des déclarations universelles aient été concrétisées, pourraient (devraient) retrouver l'usage de la seule sorcellerie qui fasse bouger les choses politiques, sociales et culturelles : les mobilisations de masse, façon "Grève des Femmes" : à demi-mot, même la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga le leur recommande.  En attendant, écoutez-les chanter, les sorcières, avec les mots d'Anne Sylvestre et la voix de Pauline Julien : https://www.youtube.com/watch?v=kM8M7mGEQzM

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mercredi, 07 mars 2018

Fêtes de Genève : on prend les mêmes et on recommence. En 2019.

Une occasion perdue

La Ville de Genève n'organisera pas les Fêtes de Genève. Elle ne les subventionnera même pas. Ainsi en ont décidé, comme le leur demandaient le Conseil administratif, le Conseil municipal, le PS et le PDC, les votantes et votantes de la Ville dimanche : ils ont refusé (à 54,5 %) l'initiative populaire "pour des Fêtes de Genève plus courtes et plus conviviales". Plus courtes : une semaine. Plus conviviales : leur forme et leur contenu devait être déterminé par les habitants des quartiers du pourtour de la rade (les Pâquis et les Eaux-Vives). Le contre-projet du Conseil municipal a, lui, été accepté à 54,6 % des voix : les Fêtes dureront onze jours, dont deux week-ends. Mais après les cacades financières à répétition qui ont marqué leurs deux dernières éditions, elles se limiteront cette année, pour l'essentiel, au grand feu d'artifice de rigueur, que tout le monde voulait d'ailleurs maintenir, et au champ de foire sur les quais. Comme Ensemble à Gauche, on regrettera ici l'échec de l’initiative sur les Fêtes des Genève et l’acceptation d’un contre-projet qui n'avait pour fonction que de pérenniser les Fêtes dans leur format actuel. On notera cependant que ledit contre-projet a repris plusieurs intentions de l'initiative, et que celle-ci n'a donc pas été inutile. Sauf qu'elle était plus claire. Et obligeait à repenser complètement des festivités qui ont précisément besoin d'être complètement repensées. Une occasion perdue...

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mardi, 06 mars 2018

Rejet massif de l'initiative "No Billag" : Tabula non rasa

poubelle.jpgLa SSR ne mettra pas la clef sous la porte : les Suissesses et les Suisses, même celles et ceux dont on supposait qu'elles et ils pourraient soutenir l'initiative "No Billag" (les plus jeunes, les Tessinois...) l'ont refusée, à une majorité massive (presqu'à trois contre un) du peuple et de tous les cantons. Au final, "No Billag", soutenue par l'UDC et les Jeunes PLR, fait moins bien que l'initiative 1:12 de la JSS et que celle du GSsA pour l'abolition de l'armée. Toutefois, et même s'il est habituel qu'une initiative populaire puisse "décoller" dans les premiers sondages qui la concerne, bien avant que la campagne de votation ait démarré, le fait que cette initiative-là ait pu recueillir dans ces premiers sondages une majorité approbative signifie bien au moins un double questionnement, sur le rôle des media publics, et sur leur financement. Que cette approbation se soit affritée, pour se dissoudre, dans les mois qui suivirent son expression initiale, tient moins du grand complot médiatico-politique évoqué par ses partisans que de sa faiblesse constitutive (consubstantielle à son hypocrisie fondatrice : elle proclamait s'attaquer à la redevance alors qu'elle s'attaquait à la SSR) : en mettant l'accent sur la seule redevance, en ne tenant aucun discours crédible sur le rôle de la SSR, et en confondant le moyen de communication et ses instruments (les postes de radio et de télévision) avec le producteur du contenu communiqué (comme si regarder une émission de la SSR sur internet par un ordinateur ou un smartphone était regarder autre chose que la même émission vue sur un poste de télévision ou entendue sur un poste de radio), l'initiative a raté sa cible, et ses partisans l'ont décrédibilisée.

 

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lundi, 05 mars 2018

Genève : Les habitants de la Ville rétablissent le budget de la Ville

i-love-baffes-132145360157.jpgBudget semi-participatif

N'était le résultat regrettable de l'initiative sur les Fêtes de Genève, refusée, on a passé un bon dimanche de votations, hier. D'autant qu'à Zurich, la gauche a gagné les élections municipales (au Conseil municipal, le PS gagne 4 sièges, les Verts 2 et la liste Alternative 2… et l'uDC perd six sièges. Et la socialiste Corine Mauch est réélue Maire au premier tour). On reviendra sur la claque infligée à "No Billag" et, à Genève et Bernex (mais pas à Chêne-Bougeries) sur le refus des nostalgies pseudo-villageoises. Là, maintenant, c'est la confirmation du refus des pulsions budgétaires sécatoriales et raboteuses de la droite municipale coagulée de la Ville de Genève qui nous réjouit. Ses coupes dans les dépenses générales ont été refusées à plus de 62 % des voix, celles dans la solidarité internationale à près de 53 % (on peut voir dans la différence de force du refus la prégnance d'un réflexe xénophobe, mais on notera tout de même que c’était, sauf erreur, la première fois en Suisse qu’un budget de solidarité internationale était ratifié par un vote populaire), celles dans la culture à plus de 61 % et celle dans l'allocation de rentrée scolaire à plus de 63 % (c'est le refus le pluis net : pas touche aux prestations sociales !). On connaissait le budget participatif façon Porto Alegre : la population fait le budget municipal. On connaît désormais le budget semi-participatif façon Genève : la Municipalité (le Conseil administratif) fait le budget, la droite fait la gueule, la population ratifie le budget de la Municipalité. Et le Conseil municipal et sa commis-sion des Finances, ils servent à quoi dans cette procédure ? Qui ça ? Le quoi ? La quoi ?

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vendredi, 02 mars 2018

Votation sur les coupes budgétaires municipales : On ne lâche rien !

vignette coupes budgétaires.JPGLa Ville de Genève n'aura pas de budget avant avril, voire mai prochains. D'îci là, elle fonctionnera sous le système des "douzièmes provisionnels", c'est-à-dire en calibrant mois après mois ses dépenses sur le budget de l'année dernière. Or c'est ce budget qui a été attaqué par les quatre référendums de la gauche. Parce que le projet de budget présenté par l'exécutif municipal avait été victime d'un tronçonnage absurde (et sans justification financière puisque le projet de budget tronçonné était équilibré) opéré par la droite dans les crédits proposée pour la culture, la solidarité internationale, l'allocation de rentrée scolaire et les dépenses générales de l'administration.A quoi cela sert-il ne voter en mars 2018 le budget 2017 de la Ville ?, se demandent sans doute nombre d'électrices et d'électeurs de Genève. Cela sert à rétablir le projet de budget que la droite municipale a mis à mal. Cela sert à réitérer le refus du peuple de voir le budget de la Ville pris en otage par une majorité d'occasion pour manifester son existence. Cela sert, enfin, à dire aux membres de cette majorité qu'ils siègent au Conseil municipal pour y faire leur boulot de Conseillers municipaux et de Conseillères municipales. Un triple message déjà délivré en juin 2016, à délivrer une nouvelle fois en mars 2018, et que nous espérons n'avoir pas à faire délivrer une troisième fois, si la droite municipale devait s'obstiner à maltraiter le budget 2018 de la Ville comme elle a maltraité ceux des deux années précédentes.

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jeudi, 01 mars 2018

Votation municipale du 4 mars sur les Fêtes de Genève : Nique ta teuf ?

orageGenève.jpgLe sort des Fêtes de Genève ne sera pas scellé dimanche prochain. Mais dimanche prochain, on saura au moins à quoi elles ne ressembleront plus : à leurs dernières éditions, pilotées (si on peut dire, vu le résultat...) par "Genève Tourisme". On a le choix entre trois prononcements : l'un, le vote en faveur de l'initiative populaire "pour des fêtes plus courtes et plus conviviales", remet les compteurs à zéro et propose des fêtes sur une semaine, dont le contenu serait déterminé par un comité d'acteurs culturels et de riverains. C'est ce choix qu'on vous invite ici à faire. Le deuxième choix (dans tous les sens de l'expression), c'est celui du contre-projet du Conseil municipal : des fêtes sur onze jours, ce qui limite au moins leurs nuisances, mais qui ne sont au fond qu'une version raccourcie des Fêtes de ces dernières années. Et puis, il y a le troisième choix : le refus des deux autres, le "double non". Un choix qui n'en est pas un, qui par définition ne propose rien, et se résume à attendre qu'une idée géniale sorte d'un cerveau individuel ou collectif, privé ou public, dont le détenteur reste à ce jour inconnu.

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mardi, 27 février 2018

L'enjeu réel du vote sur "No Billag" : Ne laisser place qu'au Marché

mire TV.jpgAlors même que se déploie un peu partout une offensive contre les media publics, la Suisse est le seul pays où on envisage la suppression sur décision populaire d'une radio-télévision publique, et le désengagement total de l'Etat central des media audiovisuels. Car c'est bel et bien ce que demande l'initiative "No Billag" dont les derniers sondages nous annoncent une sèche défaite, mais qui n'en conserve pas moins encore quelque chances d'être acceptée. Quelques chances pour les initiants, mais surtout pour les groupes qui, derrière eux, lorgnent moins sur le contenu diffusé par la SSR que sur la part de marché publicitaire qu'elle réussit encore à capter.

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lundi, 26 février 2018

L'épouvantail de la "densification" plane sur les votations municipales

1602.jpgSamsuffisme ou résistance ?

La "densification" serait-elle devenue (ou re-devenue) à Genève le monstre à abattre et le fléau à combattre ? Les trois votations municipales du 4 mars, portant sur des préavis municipaux concernant des projets de construction de 860 logement à Bernex, Chêne-Bougeries et au Petit-Saconnex, en Ville de Genève, font en tout cas largement usage de ce concept comme d'un épouvantail. Oui, on densifie. Oui Genève est la ville la plus dense de Suisse. Elle l'est d'ailleurs depuis qu'elle est suisse, et déjà auparavant, elle était plus dense que les autres villes de la région. Cela tient évidemment à sa faible superficie (avec plus de 200'000 habitants sur 16 km2, Genève est deux fois et demie moins étendue que Lausanne mais abrite 50 % de population en plus...)  Mais surtout, qu'est-ce que cela signifie, concrètement, la "densité" concrètement, dans la vie des gens (parce qu'une ville, figurez-vous, c'est des gens...) ? La densité de quoi, d'ailleurs ? de population ? de constructions ?  ? le "vieux Carouge", réputé pour sa qualité de vie, est aussi "dense" que les tours de Carouge, et le quartier résidentiel des Tranchées, en Ville de Genève aussi dense que la cité de Meyrin, avec ses grandes barres d'immeubles... L'indice de densité* du projet du Petit-Saconnex est de 1.4 ? La vieille ville de Genève à une densité qui peut dépasser 3.0, les Pâquis une densité qui peut dépasser 3,8... sont-ce des enfers ? Les trois projets combattus densifient, certes, mais fort modérément, dans des quartiers où c'est possible, en assurant des logements aux loyers accessibles et en ayant obtenu l'accord des conseils municipaux. Le résultat des votes municipaux du 4 mars ne sera pas décisif puisqu'il ne porte que sur des préavis et que la décision est en mains du Conseil d'Etat (qui a produit un plan directeur prévoyant la construction de 50'000 logements d'ici 2030) mais il témoignera de la force ou de la faiblesse du "samsuffisme" et de ses nostalgies villageoises.

* Indice de densité (ID) = surface brute de plancher (SPB) divisé par la surface nette à bâtir (SNB), dans laquelle on ne tient compte ni des surfaces vouées à la circulation, ni de celles vouées aux équipements publics, ni de celles consistant en des mails des espaces verts.

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vendredi, 23 février 2018

Coupes dans le budget de coopération internationale de la Ville de Genève : Sur le dos de qui ?

brouette.jpg

55 % de la population mondiale vit sans protection sociale : ni retraite, ni indemnités de chômage, ni assurance-maladie... c'est le constat du rapport de l'OIT sur la protection sociale présenté le 30 novembre dernier à Genève. Constat à confronter à l'objectif (l'un de ceux des Nations Unies pour le développement durable) de mettre en oeuvre des systèmes nationaux de protection sociale partout et pour tous d'ici 2030. C'est dans douze ans. Et c'est pas gagné : La directrice du département de la protection sociale de l'OIT résume : "les politiques d'austérité à court terme continuent de saper les efforts de développement à long terme". Même à Genève, ces politiques sévissent : d'entre les coupes imposées par la droite coagulée dans le budget de la Ville et que la gauche propose d'annuler (on vote le 4 mars...), on notera celle (340'000 francs) opérée dans les ressources allouées à la solidarité et à la coopération internationale... Mais bon, l'essentiel est sauf : nos jetons de présence et indemnités de conseillers municipaux n'ont pas été réduits (ils équivalent précisément, en gros à ce que la droite a coupé dans la coopération internationale). Question de priorités politiques, certainement. "Les affrontements politiques municipaux ne doivent pas se dérouler sur le dos des plus pauvres", proteste la Fédération genevoise de coopération. Mais sur le dos de qui pouvait-on s'attendre à ce que la droite municipale les déroule ? celui des plus riches ?

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jeudi, 22 février 2018

Deux fois moins de réfugiés en Europe en six mois : A quel prix ?

migrants Libye.jpg

En 2017, 18 088 nouvelles demandes d’asile ont été déposées en Suisse. C’est un tiers de moins qu’en 2016. Parmi celles-ci, 885 ont été attribuées au canton de Genève. C'est moitié moins qu'en 2016, et c'est le chiffre le plus bas enregistré depuis 2010. A Genève, les personnes ayant déposé une demande d'asile sont principalement originaires d'Erythrée (182), de Syrie (110), d'Irak (54), d'Afghanistan (45), du Nigéria (40), de Guinée (39) et du Sri Lanka (39). Fin 2017, 4 155 personnes étaient à Genève  dans le processus « asile », dont 1 471 ont déposé une demande d'asile(elles disposent d’un permis N). Les 2 684 autres personnes ont vu leur demande d'asile refusée, mais bénéficient d'une admission provisoire (permis F). 2 990 personnes ont été reconnues comme réfugiées et sont sorties du processus d'asile, en ayant obtenu un permis B ou C. Depuis six mois, le nombre de migrants traversant la Méditerranée pour rejoindre l'Europe a diminué de moitié. Parce que les raisons de fuir leurs pays ont elles aussi diminué de moitié ? Non : parce que l'Europe paie ce qui tient lieu d'autorités libyennes pour qu'elles stockent, dans des conditions abominables dont l'Europe se contrefout, les milliers de réfugiés que les Européens ne veulent pas voir arriver chez eux.

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mercredi, 21 février 2018

Foisonnement de listes pour les élections genevoises : Bonne santé démocratique

elections genevoises.jpgTreize listes (six de gauche, sept de droite) en lice pour les élections cantonales genevoises d'avril et mai prochain, c'est sans nul doute un signe de bonne santé démocratique, à nuancer toutefois par le taux d'abstention, qui dépassera certainement les 50 %. Mais l'abstention est un droit, au même titre que le vote. Et pour qu'elle atteigne un tel niveau, il faut bien qu'il y ait quelque responsabilité des acteurs politiques, institutionnels ou non.
Il y a donc six listes de gauche en lice. Et toujours un quorum de 7 % des suffrages, qui en condamnera probablement la moitié ou la majorité à échouer aux portes du parlement et des milliers d'électrices et d'électeurs (potentiellement plus du quart des votants) à avoir voté pour rien et n'avoir élu personne. C'est beaucoup, 7 %. Beaucoup trop, pour une élection démocratique à la proportionnelle. Il faudra  bien qu'on s'en occupe, du quorum. Pour l'abolir, purement et simplement, par une initiative populaire, puisque la constituante a été infoutue de l'abaisser à un niveau démocratiquement supportable.

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mardi, 20 février 2018

Vaud vote le 4 mars sur la création d'une assurance publique pour frais dentaires. Genève suivra.

arracheur_de_dents92471.jpgLes dents de l'amer

Dans le canton de Vaud, le 4 mars, et à Genève plus tard, on votera sur une initiative proposant la création d'une assurance publique pour le remboursement des soins dentaires, financée essentiellement par une cotisation paritaire (payée à part égale, soit 0,5 % du salaire par l'employé et 0,5 % par l'employeur), et accessoirement par le canton, pour les personnes à l'aide sociale. Tous les soins de base seraient remboursés, la loi définissant quels soins sont "de base". Cette assurance n'est certes qu'une réponse partielle, et donc insuffisante, à la réalité d'un accès inégal aux soins (pas seulement dentaires) dans ce pays, faute d'une véritable sécurité sociale globale et c'est bien la LAMAL qu'il faudrait réformer pour qu'y soient inclus les soins bucco-dentaires que l'initiative vaudoise veut faire couvrir par une assurance supplémentaire, et spécifique. Mais la LAMAL est une loi fédérale, dont la modification suppose une majorité politique (parlementaire et populaire) au niveau fédéral, et cette majorité fédérale est aujourd'hui inexistante, alors que des majorités cantonales sont possibles en Romandie, du Tessin, et peut-être dans deux ou trois cantons alémaniques. Le "pas à pas, canton par canton" reste donc, pour le moment, la seule voie possible. Ces pas, actuellement, doivent être faits, partout où il sera possible de les faire. Sinon ? Sinon, rien. Le statu quo, l'absence de soins, ou des soins rationnés, parce qu'ils sont financièrement hors d'atteinte de celles et ceux qui en ont besoin. Et cela, dans l'un des pays les plus riches du monde.

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lundi, 19 février 2018

Vers une loi genevoise sur la laïcité ni très utile, ni très cohérente

laïcité.jpg"La loi sur la laïcité sort de commission très fragilisée", titrait la "Tribune (encore) de Genève du 5 février, à propos de l'examen d'un projet présenté par Pierre Maudet, et de deux autres projets,  tous trois étudiés par la commission des droits de l'homme du Grand Conseil genevois et tous trois portant sur le même enjeu : concrétiser le prédicat constitutionnel de la laïcité de l'Etat (la constitution genevoise actuelle étant d'ailleurs la première de l'histoire de la République à poser explicitement la laïcité comme principe), jusque dans des détails comme la perception par l'Etat d'une dîme religieuse volontaire (l'actuelle "contribution ecclésiastique" dont l'Etat assure la perception pour les trois églises chrétiennes reconnues mais pour aucune autre "communauté religieuse") ou le port de signes religieux par des agents de la fonction publique... La loi sur la laïcité sort donc de commission "très fragilisée" (le projet Maudet, amendé, n'a obtenu que 4 voix sur 9). Mais fragilisée par quoi ? par son contenu, ou par de lourds doutes sur son utilité même, voire sur la cohérence de l'exercice consistant à légiférer sur les "communautés religieuses" au nom de la laïcité de l'Etat ?

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16:05 Publié dans Genève, Politique, religion, laïcité, églises | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

jeudi, 15 février 2018

Service postal public : la "tactique du salami"

office postal fermé.jpgInconvenience formats

Le Conseil des Etats a exigé, le 30 novembre dernier, que l'accès aux services de la Poste, y compris pour les paiements, soit garanti dans toutes les régions du pays, alors que la Poste veut faire passer le nombre de ses bureaux de 1197 en décembre dernier à 800 ou 900 (avec 1200 suppressions d'emplois à la clef), en compensation de quoi le nombre des "points d'accès" basés dans des commerces privés passerait d'un millier aujourd'hui à 1200 ou 1300 dans deux ans. Or "Le Courrier" de mardi révélait qu'un document interne de La Poste, datant de mai 2016 et signé par le directeur de l'unité "réseau postal", envisageait de réduire d'un quart, dès 2020, le nombre de ces mêmes "agences postales", tout en continuant de supprimer les bureaux traditionnels ("le nombre d'offices postaux n'est pas gravé dans la pierre", avait déclaré le mois dernier le président du Conseil d'administration de la Poste, Urs Schwaller). Par quoi va-t-on alors les remplacer, les bureaux supprimés et les agences abandonnées ? par des automates (des "convenience formats"), ou par rien du tout ? Le Conseiller national PDC grison Martin Candinas dénonce la "tactique du salami" engagée par la poste : on coupe une tranche après l'autre, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Hypothèse optimiste : au moins, le salami, il aura nourri quelqu'un une fois coupé...

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mercredi, 14 février 2018

"No Billag" : des plans "B" sortis d'un chapeau claque

tvfuture-ok.jpg

Les derniers sondages donnent l'initiative "No Billag", et donc l'abolition de tout financement fédéral d'une chaîne de radio ou de télévision, qu'elle soit publique ou privée), assez largement (plus de 60 % de "non") défaite : seuls les électeurs de l'UDC seraient enclins à dire "ja". Il est vrai qu'il n'y a guère que de mauvaises raisons de voter "oui" à "No Billag". Pour autant, il faut bien admettre qu'il y en a aussi quelques unes, de mauvaises raisons, de voter "non", la première étant le maintien de la SSR telle qu'elle est. Or telle qu'elle est, elle a besoin de réformes -y compris de réforme de son financement, afin de passer de la redevance à l'impôt. Sauf que pour réformer la SSR (et son financement), il faut bien qu'il y ait encore une SSR à réformer. Et qu'après l'attilesque "No Billag", la seule question qui pourra encore se poser est celle du délai de disparition de la SSR, et de la durée de son agonie, car tous les plans "B" sortis du chapeau claque des initiants ou de leurs soutiens relèvent du pur foutage de gueule (la majorité des "sondés" Tamedia du 1er février n'y croyant d'ailleurs même pas).

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mardi, 13 février 2018

Budget municipal : Quatre NON nécessaires

vignette coupes budgétaires.JPGDans moins d'un mois, le 4 mars, les habitantes et tants de la Ville de Genève (celles et ceux qui ont le droit de vote, du moins) se prononceront sur le budget municipal. Pas celui de cette année, celui de l'année dernière. Mais comme la majorité du Conseil municipal a été infoutue d'adopter un budget 2018, et qu'elle sera toujours infoutue d'en adopter un avant le vote du 4 mars, c'est à partir du budget 2017 que la Ville fonctionne, mois après mois (c'est le système des "douzièmes provisionnels). Et donc, c'est bien, aussi, le fonctionnement de la municipalité cette année qu'il s'agit d'assurer, en rétablissant le budget de l'année dernière tel qu'il avait été proposé par le Conseil administratif, et pas tel qu'il a été salopé par la majorité du Conseil municipal (ce contre quoi la gauche avait lancé et fait aboutir un référendum, d'où le vote du 4 mars, un peu tardif du fait d'une amusante Genferei). Mais il s'agit surtout de dire clairement, une fois de plus, que les coupes mécaniques, arbitraires, inutiles et purement défoulatoires opérées désormais chaque année par une majorité (de droite et d'extrême-droite) d'occasion sont inacceptables, nuisibles et absurdes tout à la fois : les finances de la Ville sont saines, ses comptes sont excédentaires, le budget attaqué par la droite était mieux qu'équilibré... Le vote 4 x NON le 4 mars ne sera pas un vote pour rien : il est nécessaire pour rétablir un budget 2017 qui permettra à la Ville de fonctionner en 2018, et pour dire à nouveau son fait à la droite coagulée du Conseil municipal.

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lundi, 12 février 2018

Hébergement des requérants d'asile : Post Tenebras Lux ?

Après les ténèbres du sous-sol, les lumières du jour ? "Plus aucun requérant d'asile ne dort sous terre", se félicitaient fin janvier l'Hospice Général et son ministre de tutelle, Mauro Poggia, en annonçant la fermeture du dernier abri de Protection Civile utilisé pour l'hébergement des requérants, l'abri des Coudriers. Et deux semaines plus tard, ils ouvraient  à la campagne Rigot, à deux pas du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, le chantier d'un centre d'hébergement de 370 places, dont l'ouverture est prévue en 2019 etg qui devrait fonctionner pendant dix ans. L'Hospice clame son espoir de ne plus avoir besoin de recourir aux abris de protection civile pour héberger des requérants d'asile, une tâche à laquelle il ne peut se soustraire et qu'il espère pouvoir assumer en recourant à des centres, pérennes ou provisoires, pouvant assurer des conditions d'hébergement plus dignes que celles du stockage souterrain pratiqué dès octobre 2014 dans l'abri PC de Châtelaine. Ce qui était présenté alors comme une mesure provisoire rendue nécessaire par l'urgence aura duré trois ans, et aura mobilisé jusqu'à neuf abris PC. Le directeur de l'Hospice Général et son ministre reconnaissaient que cette "solution" n'en était pas une, qu'elle atteignait à la dignité de celles et ceux à qui on l'appliquait, et qu'elle coûtait en outre fort cher, mais protestaient de l'impossibilité de faire autrement, faute de lieux plus adaptés. Mauro Poggia s'engageait alors à fermer tous les abris PC d'ici fin 2016, début 2017 -à deux mois près, le délai est tenu. Mais il aura fallu pour cela trouver des terrains où implanter des hébergements provisoires, et donc faire face aux oppositions des riverains, voire des communes, comme à Thônex. Et il aura aussi fallu que le nombre d'arrivées de requérants baisse (on n'en a comptabilisé que 885 à Genève en 2017, soit deux fois moins qu'en 2016, et les nouvelles requêtes d'asile ont diminué de moitié au plan suisse), non parce que les causes de leur exil ont disparu, mais parce qu'on a multiplié les entraves et les barrières à leur migration vers l'Europe, et à leurs mouvements en Europe. Post Tenebras Lux : il n'y a plus de requérants d'asile en sous-sol de Genève. Mais il y en a toujours des milliers qui finissent au fond de la Méditerranée.

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vendredi, 09 février 2018

Elections cantonales genevoises : ouverture des festivités

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Passé les votations du 4 mars, il ne restera guère qu'un mois et demi aux partis politiques genevois pour remobiliser un électorat que happe pour encore un mois le débat sur "No Billag" (et les enjeux municipaux genevois) : Les Genevois et voises n'auront pas beaucoup de temps pour souffler : le 15 avril, ils éliront leur parlement cantonal, et procéderont au premier tour de l'élection de leur gouvernement. Les partis se sont mis en ordre ou en désordre de bataille et ont désigné leurs candidates et candidats au Conseil d'Etat (31 candidates et candidats pour 7 sièges) et au Grand Conseil (397 candidats et 224 candidates pour 100 sièges 145 candidatures de plus qu'il y a cinq ans). Record, aussi, de listes elles sont treize, dont six à gauche : les trois listes de l'Alternative (PS, Verts, Ensemble à Gauche), la liste "pour Genève" des radicaux de gauche et de La Gauche, une "Liste Femmes" et une liste anticapitaliste "Egalité et Equité". A la droite de la droite, la concurrence sera rude entre l'UDC, le MCG et le nouveau parti d'Eric Stauffer, "Genève en Marche" (qui compte bien marcher sur son ancien parti, le MCG), et les Verts libéraux et le PBD vont grignoter l'électorat de l'Entente PDC-PLR... Un champ politique fragmenté que vont labourer ces onze listes, dont seules quatre sont à l'abri du couperet d'un quorum maintenu au niveau excessivement haut de 7 % des suffrages... mais les apparentements vont manifester la persistance de trois blocs politiques : la gauche, avec les trois listes de l'Alternative (mais sans les trois autres listes), la droite, avec l'Entente PLR-PDC, les Verts libéraux et le PBD, et la droite de la droite qui n'aime pas qu'on la qualifie d'extrême-droite, avec l'UDC et le MCG (mais sans "Genève en Marche").

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jeudi, 08 février 2018

« Le socialisme, ou comment NE PAS s'en débarrasser »

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mercredi, 07 février 2018

Pétition au Conseil Municipal de la Ville de Genève : Des allocations ne sont pas des aumônes

Carte de pauvre.jpgFort mal inspirée par un mélange assez consternant de mépris social et de clientélisme corporatiste, la majorité de droite et d'extrême-droite du Conseil municipal de la Ville de Genève a, l'année dernière, décidé d'imposer le versement de l'allocation de rentrée scolaire accordée aux familles qui y ont droit (parce qu'elles en ont besoin), sous forme de bons valables uniquement dans les commerces de la Ville de Genève acceptant de se prêter à cet exercice. Or cette limitation a été considérée par la Commission fédérale de la concurrence comme contraire aux lois fédérales. Du coup, le règlement municipal relatif aux aides financières se retrouve, s'agissant du versement de l'allocation de rentrée scolaire, invalide, et doit être à nouveau modifié. Ce serait l'occasion pour le Conseil municipal d'en revenir à un système d'allocation simple, efficace et respectueux de ceux à qui il s'applique. Nous lui avons proposé hier soir d'au moins en étudier la possibilité, il l'a refusé, on passe donc à la vitesse supérieure, et on lance une pétition réitérant cette demande.
La pétition est téléchargeable sur https://www.fichier-pdf.fr/2018/02/06/petition-allocs/ et y attend votre signature, pour rappeler aux élus municipaux qu'une allocation n'est pas une aumône, et que celle-là est, pour autant qu'on en remplisse les conditions, un droit.

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14:57 Publié dans Genève, pauvreté, exclusion, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : allocations | |  Facebook | | | |