Cause toujours - Page 2

  • Désobéissance civile et responsabilité individuelle :

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    JugeRoyBean.jpegVive le Juge !

    Le Tribunal de police de Renens a acquitté les activistes de "Lausanne Action Climat" coupables d'avoir joué une partie de tennis dans les locaux du Crédit Suisse pour dénoncer les investissements de la banque dans les énergies fossiles. Ils avaient été condamnés par ordonnance pénale et avaient fait appel. Finalement, le juge a certes reconnu contre eux la violation de domicile et l'insoumission aux ordres de la police, mais il a reconnu la "nécessité licite" de leur action par ailleurs illégale, en estimant que " telle que conçue par les prévenus (elle) a constitué le seul moyen efficace pour faire réagir la banque", qui n'avait, avant l'action des militants, jamais répondu à leurs sollicitations, pas plus qu'à celles de Greenpeace, et que Crédit Suisse n'a exprimé son soutien à la "finance durable" (bel oxymore, soit dit en passant) qu'après avoir servi de théâtre à la performance des écolos. Par ailleurs, le temps de l'action politique institutionnelle étant ce qu'il est, il est incompatible avec l'urgence climatique, ce qui légitime d'autres modes d'action, d'autant que les interventions des parlementaires fédéraux sur ce thème depuis des années n'ont eu pour réponse que "des déclarations d'intention inoffensives, voire lénifiantes". En clair, le juge légitime la "désobéissance civile" lorsqu'elle est la réponse à un "état de nécessité". Vive le Juge ! Du coup, la télé est allée chercher un vieux jeune politicien, le PLR valaisan Nanternod, pour qu'il dénonce une "justice suisse qui rend maintenant des jugements politique" et s'en prend au droit (sacré) à la propriété privée. Sur quoi le procureur vaudois fait appel de la décision du juge de Renens, qu'il trouve "surprenante". Mais ça, c'est pas de la "politique". Juste une rogne de mauvais perdant. Parce qu'il faut être clair : qu'est-ce qu'une "justice politique" ? une justice qui rend un verdict qui déplaît aux vieux jeunes radelibes valaisan...

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  • Conseil municipal de la Ville de Genève : D'une majorité à l'autre...

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    Ides de mars

    La majorité du Conseil municipal de la Ville de Genève a refusé hier soir, avec obstination, les propositions de la gauche pour concrétiser la transition écologique (rénover les bâtiments, renforcer la mobilité douce, protéger les sols, replanter des arbres, favoriser des projets innovants par le fonds G’innove, etc.), et tout aussi systématiquement les propositions socialistes destinées à rendre plus transparents le financement des groupes politiques et la rétribution des élus au Conseil municipal, renforcer l'efficacité du fonctionnement même de cet illustre parlement et rationaliser l'octroi d'une aide sociale et le règlement des piscines... Et pourquoi diable cette majorité a-t-elle refusé des propositions qui relèvent pour les unes de l'urgence, pour d'autres de la logique, pour d'autres encore de l'urgence et de la logique ? La réponse est simple : parce que cette majorité est de droite (elle va du PDC au MCG en passant par l'UDC et le PLR). La nécessité d'une majorité de gauche ? Cette droite hétéroclite, distendue, incohérente, devrait à elle seule vous en convaincre...

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  • "Nouvelles censures... nouvelles dictatures"

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    Cinq ans après le massacre de "Charlie Hebdo"

    La semaine dernière, "Charlie Hebdo" sortait un numéro revenant, cinq ans après, sur le massacre dont sa rédaction fut la victime. Ce numéro, l'hebdo l'a titré "Nouvelles censures... nouvelles dictatures". "Charlie Hebdo" peut légitimement nous parler de la censure : il en a été la cible sous sa pire forme, celle du meurtre.  Et c'est pour nous, ici, qui n'avons jamais rien risqué qui y ressemble, fût-ce de très loin, l'occasion de revenir sur ce qui se développe à la faveur du des réseaux "sociaux" (asociaux, en l’occurrence) comme entraves nouvelles aux libertés d'expression, de création, de représentation. Il ne s'agit pas de poser comme principe l'irresponsabilité des artistes, intellectuels, journalistes, de leurs actes, de leurs paroles, de leurs oeuvres, mais de s'interroger sur la propension de plus en plus généralisée de groupes minoritaires ("trente personnes organisées sur les réseaux sociaux peuvent suffire", observe le professeur Laurent Dubreuil) d'empêcher que ces paroles soient dites ou écrites et que ces œuvres soient représentées. Céline avait à répondre de son antisémitisme et l'éditeur de Sade de l'apologie par le Divin Marquis du "tout m'est permis", mais pour qu'ils en répondent, il fallait que Céline et Sade fussent édités et lus... Et s'il n'était certainement pas nécessaire qu'un Matzneff soit édité, il l'est encore moins de faire l'honneur à ce médiocre égocentrique de pilonner ses médiocres écrits.

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    Lien permanent Catégories : De tout un peu, libertés 9 commentaires
  • Politique de la santé et de l'assurance-maladie : Quand est-ce qu'on change ?

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    lobotomie.jpg"Révolution au parlement" titrait "Le Temps" de samedi... quelle "révolution" nous avait donc échappé ? la réduction du nombre de représentants des groupes de pression du secteur de la santé, à commencer par celui des caisses-maladie, dans les deux commissions de la santé du Conseil National et du Conseil des Etats... "Révolution", c'est donc beaucoup dire pour une réduction des risques de conflits d'intérêt, grâce au renoncement des partis de droiteà présenter ou à représenter des hommes (ou des femmes)-liges des caisses maladioe ou des associations professionnelle des médecins. Un renoncement facilité par les échecs électoraux du PLR et de l'UDC : le président de l'association faîtière des caisses-maladie ("Santésuisse"), l'udéciste Heinz Brand, n'a en effet pas été réélu dans les Grisons. Des cinq udécistes liés aux caisses-maladie qui siégeaient dans la commission du Conseil national sortant, il n'en reste plus qu'un. Ce petit nettoyage d'hiver, cette perte de pouvoir direct des caisses-maladie (qui gardent un pouvoir indirect considérable), et le renforcement de la présence des représentants des prestataires de soins, notamment des hôpitaux, annonce-t-il un changement plus ambitieux de politique de la santé et de la protection sociale contre la maladie ? On se gardera bien de l'annoncer -on se contentera de l'espérer, sans grande illusion : la majorité du parlement est toujours à droite, celle du gouvernement aussi, le ministre de la santé est toujours ligoté par le cadre "libéral" du système d'assurance-maladie... et même les propositions de réformes avancées par la gauche se gardent de remettre fondamentalement en cause ce cadre...

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  • Avions de combat : NON à un chèque en blanc

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    avion de combat 001.jpgLe jeu de l'avion lasse

    Le Parti socialiste, les Verts et le Groupe pour une suisse sans armée, soutenus par Greenpace et d'autres organisations,  ont lancé mercredi le référendum contre l'achat dispendieux de nouveaux avions de combat dont on ne connaît même pas le type, seulement le coût : six milliards, à multiplier par quatre pour tenir compte de la maintenance, de l'exploitation, des accidents possibles et des mises à niveau inévitables... Ce jeu de l'avion, dont le dernier épisode fut le rejet de la proposition d'achat de Gripen suédois pour un coût moitié moins élevé que la proposition actuelle, et qui a débuté en 1964 avec l'"Affaire des Mirage", commence à lasser sérieusement.  Nous avons cent jours (pas de ceux qui ne mène qu'à Waterloo) pour récolter 50'000 signatures valables, pour provoquer un vote populaire qui pourrait avoir lieu le 27 septembre. Commençons donc dès maintenant à signer et faire signer le référendum : on peut télécharger le formulaire de signatures sur https://www.fichier-pdf.fr/2020/01/09/referendum-avions-de-combat/

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  • Un vote d'utilité publique

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    bandeau logement.jpg

    Soutenir l'initiative "Davantage de logements abordables"

    L'initiative populaire fédérale de l'Asloca pour "davantage de logements abordables", déposée  avec 125'000 signatures récoltées en un an., sera soumise au vote du peuple et des cantons le 9 février. Elle veut encourager la construction de logements à loyers modérés, en fixant un minimum de 10 % de logements d'utilité publique dans les logements nouvellement construits (soit une proportion double de l'actuelle, qu'aucune disposition légale ou constitutionnelle n'impose), par des maîtres d'ouvrages (collectivités publiques, coopératives) œuvrant précisément à la construction de logements d'utilité publique.  Ces 10 % représentent une proportion tout à fait atteignable : à Zurich, par exemple, l'objectif de la Ville est de 33 % de logements d'utilité publique sur son territoire. L'initiative propose aussi un droit de préemption des cantons et des communes, c'est-à-dire la possibilité pour elles d'acheter en priorité des terrains ou des immeubles mis en vente pour y construire, ou les affecter, à du logement "social", c'est-à-dire aux logements qui échappent à la spéculation, dont les loyers ne sont pas soumis à la loi du rendement maximum et à celle du profit à court terme. Le parlement fédéral et le gouvernement combattent (évidemment) l'initiative, mais selon un sondage Tamedia d'avant Noël, 63 % des Suissesses et des Suisses pourraient la soutenir . Une proportion encourageante, mais qu'il s'agit de maintenir jusqu'au moment du vote, face à une droite qui se met en ordre de bataille contre l'initiative.

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  • Réveil de la gauche française ? 

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    grève SNCF.jpgQuand la grève remet la question sociale au centre de la politique

    Aujourd'hui, la France en est à son 34ème jour de grève, essentiellement dans les transports, contre la réforme du système de retraite proposée par le gouvernement, appliquant en l’occurrence  une promesse du candidat Macron à la dernière élection présidentielle. Cette mobilisation pour la défense du système de retraite contre la volonté gouvernementale de le réformer a d'abord cette vertu qu'elle réinstalle la question sociale, et la question des droits sociaux, au centre de la politique -et du clivage politique que Macron voulait dissoudre pour le recomposer à sa manière et dans l'intérêt de son maintien au pouvoir. A l'agenda politique du président et du gouvernement français, il y avait certes la réforme du système de retraite, mais il y avait aussi des débats sur l'immigration et la laïcité, dont on peut sans grands risque de s'égarer considérer qu'ils étaient là pour conforter la substitution macronienne  d'un clivage entre "ouverture" et "fermeture" au clivage gauche-droite. Cette substitution est précisément ce qui avait fait élire Macron contre Le Pen -un duel auquel il tient à réduire le choix des Français.  Or la mobilisation autour (ou plutôt contre) la réforme des retraites opère le mouvement inverse : on retrouve en effet, dans la rue et l'opinion publique, le clivage gauche-droite,  avec une droite qui soutient la réforme face à une gauche qui la combat, et qui  tente de s'y ressourcer.

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  • Famille, je ne vous hais plus

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    David_and_Jonathan.jpgDe quelques mouvements qui déplacent les lignes

    Le "parlement" de l'église protestante de Genève a décidé que les couples de même sexe devaient avoir le même accès à la bénédiction de leur union que les couples de sexes différents, et que cette bénédiction (le mariage religieux protestant, quoi) devait être la même que celle accordée aux mariés hétéros (contrairement au canton de Vaud, où l'Eglise protestante n'accorde aux couples homos qu'une "cérémonie"). On saluera donc en toute laïcité ce petit pas religieux vers l'égalité des droits entre couples, qu'ils soient de même sexe ou de sexes différents. Non sans rappeler que le pas de l'église protestante genevoise, l'église catholique romaine, les églises orthodoxes et les protestants "évangéliques" sont loin de l'avoir fait, confits qu'ils sont encore dans une homophobie bibliquement ordinaire. l'Eglise genevoise reconnaît aujourd'hui, enfin, que "l'homosexualité n'est pas un péché", et que la Bible n'est pas un code pénal. Il faut bien laisser du temps au temps : : après tout, David et Jonathan n'auront guère attendu qu'un peu plus de 2000 ans avant de pouvoir convoler à Genève...

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    Lien permanent Catégories : Famille, moeurs 5 commentaires
  • Pour un nouveau millésime moins navrant que le précédent

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    ane-qui-rit.jpgBonne ânée

    Nous sommes le jour de la Fête des Rois dans le calendrier grégorien, celui de l'an nouveau dans le calendrier julien, celui de la marne (le 17 Nivôse) dans le calendrier républicain et celui de la Dormition de Jacques Vaché (le 9 Décervelage) dans le calendrier pataphysique. Qu'est ce que cela nous dit ? qu'ayant le choix de nos calendriers, nous avons celui de nos festivités et de nos références. Et de nos échéances, de nos agendas, des défis que nous avons à relever ? c'est plus incertain. Nous avons en tout cas une échéance électorale en tête -non qu'elle nous obsède, mais comme notre vision politique s'arrête à la Versoix (au-delà de quoi vivent les rupestres) et à la Seymaz (au-delà de quoi sévissent les racailles), cette échéance est celle des élections municipales genevoises.  "L'heure de vérité pour la politique genevoise" titrait la dernière "Tribune de Genève" de l'an désormais passé. Est-ce-à-dire que jusqu'à ces élections nous égrainions  des heures de mensonges ? C'est en tout cas dire qu'on peut espérer de l'année qui vient de s'ouvrir qu'elle soit politiquement moins navrante que celle dont le passage du temps nous a débarrassés...

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  • PS genevois : du bon usage d'une crise(tte)

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    roses en carré.jpgPour toutes et tous, sans états d'âmes

    Il y a un bon usage possible des crises (le capitalisme nous l'enseigne avec suffisamment d'éloquence). Même les petites crisettes du genre de celle que traverse le PS genevois en ce moment peuvent être utiles. D'autant que depuis bientôt 140 ans qu'il existe, il devrait être accoutumé à la fois à ses crises internes et au bon usage qu'il peut en faire -non pour régler des comptes personnels, mais pour définir une ligne politique claire, à laquelle on puisse tout aussi clairement s'opposer. Car il vaut certainement mieux une ligne politique durable avec laquelle on est en désaccord mais à laquelle on puisse s'opposer durablement qu'une ligne politique imperceptible, social-démocrate le vendredi, social-libérale le samedi et (rhétoriquement, qu'on se rassure...) socialiste révolutionnaire le dimanche.
    Et avec tout ça, Bonnes fêtes de fin d'année à toutes et tous. Sans états d'âmes.

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    Lien permanent Catégories : Genève, Politique, PS 8 commentaires
  • La COP est vide

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    centrale à charbon.jpgUne conférence incapable de surmonter ses contradictions

    La COP 25, celle de Madrid, qui devait mettre en oeuvre l'accord de Paris, s'est close sur une accumulation de contradictions sans synthèse -et donc sans accord qui vaille la peine d'être mentionné : contradictions entre les Etats (en particulier entre les gros producteurs de nuisances climatiques et les plus vulnérables à ces nuisances), entre l'économie et la politique, entre les châteaux et la rue, entre les discours et les actes. Les COP réunissent des représentants d'Etats -leurs dirigeants ou leurs sous-fifres. Mais les Etats ne se préoccupent ni du sort de l'humanité, de la vie ou de planète, ils se préoccupent de leur propre sort. Le pouvoir pense au pouvoir, pas au climat. Sa survie l'obsède. Sans doute la plus grande partie des représentants des Etats dans une conférence comme la COP 25 (et les précédentes, et les suivantes) sont-ils sincères -mais le sont-ils au point de risquer leur chefferie ? de s'émanciper de leurs idéologies respectives ? par idéologie, on entend un ensemble d'idées structurées autour d'une idée centrale, première, fondamentale : la liberté pour les uns, l'égalité pour les autres, la fraternité pour d'autres encore, et la liberté, l'égalité, la fraternité pour les plus radicaux, les plus ambitieux...

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  • Mise en service du "Léman Express" : Effacer la frontière

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    train Annemasse.jpegDepuis dimanche, le "Léman Express" circule autour du Léman, et passe la frontière (certes pas plus loin qu'Annemasse, puisque grève il y a -et aura encore- en France). La nouvelle ligne 17 reprend en outre la liaison transfrontalière en tram interrompue depuis 80 ans Toute la journée du dimanche, l'ambiance fut festive dans les trains et dans les gares genevoises du réseau -signe que les Genevois, au moins, n'ont pas attendu qu'il fonctionne au plus fort de ses capacités pour se l'approprier. Déjà une belle revanche sur les corvidés qui coassaient que le CEVA allait nous amener à G'nêêêêve la racaille d'Annemasse : c'était, vous en souvenez-vous, l'avertissement angoissé des opposants UDC et MCG au CEVA (et donc au Léman Express), qui oubliaient opportunément que ce réseau va aussi nous amener des Vaudois et même des Valaisans. Des rupestres qu'il ne valait pas la peine de mentionner ? Peut-être pour rassurer ces opposants, le parcours franco-genevois de la ligne reliant Cornavin à Annemasse sera truffé de caméras (il y en aura des centaines dans les gares et les terrains), arpenté par des patrouilles policières franco-suisses... et on a même prévu une cellule dans la gare des Eaux-Vives."Le Léman Express n'est pas un aboutissement mais plutôt le début d'une nouvelle ère", assure le Conseiller d'Etat Dal Busco. Il a raison : Grèves ou pas grèves, le train et le tram se foutent des frontières et les effacent. Et ce ne sont pas les moindres de leurs qualités.

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  • Ahmed Gaïd Tebboune ou Abdelmadjid Salah ?

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    Capture.JPGAutoreproduction d'un système

    Le système algérien s'est auto-reproduit. Abdelmadjid Tebboune a été "élu" jeudi président de l'Algérie, officiellement par 58,15 des voix, au premier tour d'une élection qui n'a, toujours officiellement, compté qu'une participation de 39,83 % de l'électorat, et sans doute bien moins en réalité, alors qu'il suffisait de présenter sa carte d'identité pour pouvoir voter : rien qu'à Alger, des dizaines de milliers de personnes sont manifesté en proclamant "nous n'avons pas voté" et en Kabylie, des émeutes ont éclaté et des dizaines de bureaux de vote ont été fermés par des manifestants, urnes et bulletins de vote jetés dans les rues. Abdelmadjid Tebboune, ancien Premier ministre, c'est l'homme du système, élu par le système -et conspué par la rue à peine élu. Il fut (et donc reste) le plus proche collaborateur de l'homme fort du régime, le général Ahmed Gaïd Salah.

     

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  • Elections britanniques : une majorité pour Johnson ?

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    Boris Johnson.jpgUn seul programme : rester au pouvoir


    Qui sera Premier ministre de Grande-Bretagne après les élections d'aujourdhui ? Boris Johnson ou Jeremy Corbyn ? Et avec quelle majorité ? Et quel programme ? Celui de Corbyn est résolument à gauche, à l'image de celui qui lui avait permis de presque gagner les élections de 2017, et en tout cas de priver les Conservateurs de la majorité absolue aux Communes en les contraignant à une alliance toxique avec les unionistes nord-irlandais. Mais pour les élections présentes, son indécision sur le Brexit l'affaiblit : il ne s'est que tardivement prononcé en faveur d'un nouveau référendum, pour ratifier un nouvel accord qu'il promet de conclure avec l'Union européenne. Résultat : dans les sondages pré-électoraux (à prendre avec des pincettes, le mode de scrutin uninominal à un seul tour rendant toute prévision très aléatoire), les travaillistes ont dix points de retard sur les conservateur et les libéraux démocrates quinze points sur les travaillistes. Boris Johnson voulait être Premier ministre, il l'est devenu. Il veut le rester, il semble bien parti pour le rester : c'est le seul programme qui lui vaille.

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  • De la place du vert dans les couleurs gouvernementales

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    Capture.JPGLa nuit des petits couteaux à éplucher

    Cette semaine va être assez chargée en élections diverses (et diversement démocratiques) : demain, les Britanniques éliront leur parlement et les Algériens laisseront les partisans du régime élire leur Président. Et aujourd'hui, le parlement fédéral suisse élit le gouvernement fédéral -c'est l'une des part de démocratie représentative de notre système de démocratie "semi-directe". Mais quand on écrit que le parlement fédéral va "élire" le gouvernement fédéral, on pèche par prudence et mieux vaudrait sans doute écrire que le parlement fédéral va "réélire" le gouvernement fédéral sortant : aucun de ses membres n'est démissionnaire et aucun parti qui y est représenté ne veut céder un siège au petit nouveau qui en revendique un -les Verts. On a accoutumé de qualifier la nuit qui précède l'élection du Conseil fédéral de "nuit des longs couteaux" ? Gageons que celle-là sera celle de petits couteaux à éplucher. Le parlement issu des élections est plus jeune, plus féminin, plus vert et plus à gauche que le précédent, mais tout suggère que le gouvernement, lui, restera le même. Question de rapports de force -et peut-être aussi d'impréparation des Verts à leurs propres ambitions gouvernementales : eux-mêmes ont été surpris par un résultat électoral bien meilleur que celui qu'ils attendaient et qui, d'une certaine manière, les contrats à revendiquer un siège gouvernemental.

     

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  • France : les syndicats tentent de reprendre la main

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    mouvement socialRéforme et contre-réforme

    Les syndicats français ont réussi leur pari : Plus de 800'000 personnes (le double selon les syndicats)sont descendues dans la rue jeudi dernier pour la première journée de grève des transports (et d'autres secteurs publics : plus de la moitié des écoles primaires ont été fermées, un quart des agents de la fonction publique étaient en grève, la majorité du personnel de la SNCF, plus de 85 % des conducteurs de train...). Et aujourd'hui est un autre grand jour de cette grève reconductible du secteur public. Pour autant, les syndicats français ont-ils "repris la main" dans le mouvement social, alors que celui des "gilets jaunes" les avait totalement surpris, qu'ils n'avaient jamais réussi à s'y greffer, moins encore de le contrôler, et qu'ils sont de tous les pays développés de ceux qui rassemblent la plus faible proportion de travailleurs ? Face à la réforme proposée par Macron, qu'ils qualifient de contre-réforme, ils vont en tout cas devoir proposer leur propre réforme...

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  • Droits des femmes : La longue route de l'égalité

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    feminisme2.jpgIl aura fallu aux femmes suisses attendre 1996 pour qu'une loi fédérale instaure l'égalité entre femmes et hommes et 2018 pour que les moyennes et grosses entreprises rendent compte de leurs pratiques salariales, 2002 pour que l'interruption de grossesse soit légalisée, 2004 pour que la violence conjugale devienne un délit, 2005 pour obtenir un congé-maternité, 2014 pour que l'autorité parentale conjointe devienne la norme... Il aura aussi fallu attendre 1969 pour qu'à Genève le Collège devienne mixte, et qu'on en finisse avec une filière spécifiquement féminine -et dévalorisée pour cette seule raison : on formait l'élite masculine de la République au Collège, et ses bonnes épouses à l'Ecole Supérieure de Jeunes Filles... ou à l'Ecole Ménagère. Sans doute la mixité n'est-elle pas encore l'égalité, mais cette condition insuffisante n'en fut pas moins nécessaire. Et aujourd'hui, le mouvement des femmes les fait passer du statut de victimes à celui de combattantes : elle les rend capables de se faire respecter. Par lui, elles refusent désormais de subir. Elles ne sont plus vulnérables, elles sont dangereuses. Et c'est une conquête -d'autant plus importante qu'un peu partout, ce qui a été conquis reste menacé. Comme l'est leur droit à choisir d'enfanter ou non.

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    Lien permanent Catégories : Femmes 0 commentaire
  • De la cohérence en milieu municipal

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    transparence.jpg

    Petite polémique picrocholine (à forte composante électoraliste) sur un rapport d'audit que l'Exécutif de la Ville de Genève avait commandé, et qu'il a longtemps refusé de rendre public. La droite tempête (forcément : l'Exécutif est de gauche...) et exige la publication de l'audit dont la "Tribune de Genève" avait dévoilé des extraits en bénéficiant de "fuites" qui avaient valu à trois conseillers municipaux d'être auditionnée par la police sur dénonciation du Conseil administratif, à la demande du président UDC du Conseil municipal. Appelé à la rescousse, le préposé cantonal à la transparence estime que la publication de l'audit serait "utile à la formation de l'opinion et à la participation des citoyens à la vie publique". Et tout cela, donc, sur fonds d'invocation du principe de "transparence". Ce qui fait doucement rigoler, puisque cette transparence que la droite demande sur un audit, elle refuse d'envisager d'en débattre quand on la propose sur les rémunérations, les indemnités, les remboursements, les avantages, les privilèges, les prébendes des Conseillers municipaux...

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  • Genève : l'Opéra en débat

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    GTGnuit.jpgOn tourne en rond...

    On dit que le temps s'accélère, au gré des progrès technologiques. On a pourtant eu l'impression, à suivre et participer aux débats sur le Grand Théâtre au Conseil municipal de Genève, que le temps a quelque chose d'immobile, de révolutionnaire au sens astronomique du terme : en clair, on tourne en rond, on refait, ou on poursuit, un débat entamé depuis au moins vingt ans, et qui porte sur les conséquence de choix politiques initiaux dont nous héritons, mais que nous n'avons jusqu'à présent jamais contestés et que nous nous contraignons nous-mêmes à assumer, sauf à faire d'autres choix les révoquant. Nous héritons donc du choix de Genève de se doter d'un opéra, d'un opéra public, municipal, payé par la Ville mais géré par une fondation autonome. A qui, hier soir, le Conseil municipal a accordé deux subvention, une extraordinaire de 1,9 millions pour combler le déficit de la saison passée, et une ordinaire de 10,8 millions, qui doit être confirmée lors du vote du budget de la Ville, de pour assurer le budget de la saison présente.

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    Lien permanent Catégories : Culture, Genève, Politique 4 commentaires
  • Comment va le monde ? Comme d'hab'

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    Etat des choses

    Vous voulez vous casser le moral politique ? Voyez les titres du "Monde Diplomatique" de ce mois : "la gauche en quête d'un supplément d'âme", "En Bolivie, un coup d'Etat trop facile", "le casse-tête nord-irlandais", "lutte contre le terrorisme, une aubaine", "le réveil du volcan algérien", "nettoyage ethnique en Papouasie", "changement de régime clés en main", "Chili, l'oasis asséchée"... Comment va le monde ? il va comme il va depuis toujours. Les calendriers de l'avent sont aussi ceux de l'après. Il vient quand, le temps de changer le monde, faute de pouvoir changer de monde ?

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    Lien permanent Catégories : Politique 3 commentaires