mardi, 30 mai 2017

De qui et de quoi Macron est-il le nom ?

Macron, complotScrutin scruté

A la comparer avec celle de ses prédécesseurs depuis 1995, l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République française a suscité à l'étranger un engouement inédit. Saluée (évidemment) par l'Union Européenne, la victoire du seul candidat dont les meetings (et la fête de victoire) étaient fleuris de drapeaux bleus à étoiles, l'a aussi été par le Parti communiste chinois. Et même Trump et Poutine ont félicité Macron, alors qu'il était de notoriété publique que le premier avait les yeux de Chimène pour Marine Le Pen et que les préférences du second hésitaient entre elle et Fillon.  "Pourquoi Macron est-il aussi important pour le monde entier ?", s'interrogeait le "Financial Times" ? Qu'est-ce qui fait qu'un scrutin dans une puissance moyenne soit aussi scruté par les puissances majeures (et pas seulement elles : 3000 journalistes étrangers s'étaient rendus en France pour le suivre -un record depuis 1981- et le résultat a fait les "unes" de tous les principaux quotidiens du monde) ? Sans doute parce qu'il avait pris l'apparence d'un "référendum sur l'Europe et la mondialisation", comme on pouvait le lire sur le site américain "Politico", et qu'il était une première défaite dans un pays important (malgré le score historique de Le Pen) du populisme nationaliste et ouvertement xénophobe, après le Brexit et le trumpisme qui semblaient avoir donné le ton politique des élections à venir... avant que l'inépuisable singularité française ne change la gamme...

Lire la suite

20:43 Publié dans France, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : macron, complot | |  Facebook | | | |

lundi, 29 mai 2017

Transports publics genevois : sortir de la logique punitive

petit train.jpgExtra(di)vagances

Poursuivant dans la logique rogneuse et punitive qui est la sienne depuis le premier vote contre les augmentations de tarifs des transports publics, et pour confier au parlement -et en dernier recours au peuple- le droit de se prononcer sur ces tarifs, le gouvernement genevois a donc décidé d'une nouvelle baisse des prestations des TPG, déjà réduites de 6 %. Alors que toutes les villes d'Europe renforcent leurs réseaux et leur offre pour favoriser à la fois leur désengorgement et une transition énergétique (que les Genevois soutenaient à trois contre un le même jour où il refusaient l'augmentation des tarifs TPG), la capitale mondiale du monde mondial réduit l'offre de ses transports publics, parce qu'il leur manque quelques millions pour équilibrer leur budget. Le président du gouvernement genevois a jugé "extravagant" le message, réitéré, du peuple. Le plus "extra(di)vagant" n'est-ce pas de refuser de l'entendre et d'en punir l'auteur ?

Lire la suite

14:34 Publié dans Genève, Politique, Transports | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : tpg | |  Facebook | | | |

mercredi, 24 mai 2017

Quatre référendums contre les coupes budgétaires en Ville de Genève : pour la cohérence du geste

Pina Bausch.jpgLes socialistes de la Ville de Genève et les Verts sont invités par leurs assemblées générales respectives à signer les quatre référendums lancés contre les coupes budgétaires opérées par la droite coagulée (PLR, PDC, UDC, MCG) dans le projet de budget du Conseil administratif, fin avril dernier*. Ce soutien des socialistes et des Verts à un quadruple référendum décidé par "Ensemble à Gauche" toute seule, sans consultation des autres formations de gauche du Conseil municipal (PS, Verts), ni des milieux culturels qui avaient été des acteurs déterminants du référendum lancé il y a un an contre les précédentes coupes budgétaires imposées par la droite coagulée, est logique : même si en l'occurrence l'arme référendaire n'est pas la plus efficace (si les référendums aboutissent, on ne votera qu'en novembre, un mois avant d'entrer dans un nouvel exercice budgétaire, ce qui relativise considérablement l'effet concret de l'exercice référendaire), elle n'exprime après tout que la même opposition que celle que les élues et élus socialistes au Conseil municipal avaient exprimée lors des débats d'avril, comme lors de ceux de l'année dernière. Un soutien pour la cohérence du geste d'opposition, en somme. Après quoi, les socialistes lanceront (nous en déciderons fin mai) des initiatives municipales pour ancrer dans la durée des allocations budgétaires auxquelles la droite a pour réflexe pavlovien de s'attaquer. Là encore, la cohérence du geste, et là encore, la sollicitation d'un arbitrage de la population, mais non plus sur le mode défensif propre aux référendums : sur le mode offensif, contenu dans la démarche même de l'initiative populaire.

* le premier référendum est lancé contre une coupe linéaire de un million de francs (sur un budget de près de 1,2 milliard) sur les dépenses de fonctionnement de chaque département municipal (y compris celui du seul magistrat de droite, Guillaume Barazzone); le deuxième contre une coupe de 340'000 francs dans la solidarité internationale, le troisième contre une coupe de 963'000 francs dans l'encouragement à la culture, le quatrième contre une coupe de 150'000 francs dans le financement de l'allocation de rentrée scolaire, que la droite tente de transformer en aumône délivrée sous forme de bons en monnaie de singe. Le délai de récolte des signatures est au 19 juin : il en faut 4000 pour chaque référendum.

Lire la suite

16:05 Publié dans austérité, syndicats, gauche, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budget, ville de genève, référendum | |  Facebook | | | |

lundi, 22 mai 2017

Prévoyance vieillesse : un référendum pour un débat de fond

samson.jpgUn grand malade : le 2e Pilier

Le référendum facultatif lancé contre la réforme de la prévoyance vieillesse en est à la moitié du nombre de signatures requises. Il doit aboutir d'ici fin juillet. Il a obtenu quelques soutiens supplémentaires ces derniers jours, dont celui des Verts genevois qui, comme les socialistes genevois, s'opposent ainsi au mot d'ordre du parti suisse. Il a aussi obtenu un coup de main utile, celui de deux journaux, romand et alémanique, de défense des consommateurs, au tirage total de plus d'un million d'exemplaires, et qui vont publier la feuille de récolte de signatures -sans soutenir le référendum pour autant, mais parce "tout ce qui touche le porte-monnaie des citoyens concerne nos lecteurs". Gageons donc que ce référendum facultatif aboutira, et qu'il permettra, en s'ajoutant au référendum obligatoire (sur l'augmentation de la TVA contenue dans le "paquet" de la réforme) de lancer un débat non seulement sur ce qui, à gauche, ne passe pas (ou ne passe que comme une couleuvre dans un œsophage), le relèvement de l'âge de la retraite des femmes, mais aussi sur le rapport entre les deux "piliers" de la prévoyance vieillesse, l'AVS et la prévoyance professionnelle. Un premier pilier solidaire, fondé sur la répartition, un deuxième pilier individualiste, fondé sur la capitalisation. Un premier pilier à renforcer, un deuxième qu'on ne sait comment sauver. Ni même s'il faut le sauver.

Lire la suite

12:37 Publié dans Politique, Retraites, AVS, AI, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

vendredi, 19 mai 2017

Transition énergétique, énergie nucléaire, énergies renouvelables : Dimanche, on sort du fossile. Ou pas.

hommes-des-cavernes.jpgLa France a désormais son ministre de la "transition écologique", dimanche la Suisse aura, si le peuple en décide ainsi, sa loi de "transition énergétique". De transition de quoi à quoi ? pour résumer : des énergies fossiles aux énergies renouvelables. L'année dernière, le peuple avait refusé une sortie rapide du nucléaire. Cette année, on lui en propose une plus lente -mais l'objectif reste d'en sortir, et de réduire le plus massivement possible la part prise par les sources fossiles (le charbon, le pétrole, et donc l'uranium) dans la production d'énergie, en augmentant la part des sources renouvelables (solaire, éolien, hydrique). "Et si c'était non à la transition énergétique ?", s'interrogeait la "Tribune de Genève"... à la proposition soumise au peuple, il y a deux alternatives : le statu quo et la fuite en avant... relancer le nucléaire et gonfler les importations de courant étranger, l'un n'excluant d'ailleurs pas l'autre. Dimanche, on saura donc quel choix aura fait le Souverain helvétique. Au fait, vous l'avez envoyé, votre bulletin de vote ? Parce que sinon, c'est avant midi au local de vote que vous pourrez exercer votre droit d'aider la Suisse à sortir de l'âge du fossile.

Lire la suite

18:54 Publié dans Energie, Environnement, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : nucléaire | |  Facebook | | | |

jeudi, 18 mai 2017

Politique sociale ou asociale du logement ?

masques.jpgLes masques tombent...

Il faut remercier les gens qui nous font des cadeaux. Alors on remercie la droite municipale de nous en avoir fait hier soir deux, sous forme de propositions de démantèlement de la politique du logement menée par la commune. Peut-être même n'aurait-on pas dû les refuser, ces cadeaux politiques que nous faisait cette droite-là (sans le MCG). La première proposition voulait porter à 30 % (au lieu de 5 %)I la part des loyers libres dans le total des logements loués par la Ville. La seconde voulait confier à des régies privées la gestion de 10 % du parc immobilier de la Ville. Pouvait-on mieux dire qui la droite élargie défend, pour qui elle roule, ce qu'elle défend ? Et, a contrario, qui la gauche défend, pour qui elle se bat, et ce qu'elle défend ? Les masques tombent...

Lire la suite

15:00 Publié dans Genève, Logement, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : gim, ville de genève | |  Facebook | | | |

mercredi, 17 mai 2017

Tarifs TPG : en attendant la gratuité, NON à la hausse !

CarteTPGgratuits.jpg

Dimanche, à Genève, on vote (entre autres), pour la troisième fois, sur les tarifs des TPG. Parce qu'il faut s'y reprendre à (au moins) trois fois pour faire comprendre à kidedroit que "non, c'est non !". NON à la hausse des tarifs des transports publics. En attendant de pouvoir dire, enfin, OUI à leur gratuité. Parce qu'elle devra bien finir par s'imposer, pour tout le monde, et pas seulement pour ceux qui en reçoivent le cadeau, élus du peuple qui ignorent le message réitéré du peuple : parce que les transports publics bénéficient à tout le monde, même à ceux qui n'en usent pas, et qu'un canton dont le budget est de 8 milliards peut se permettre non seulement d'augmenter la subvention à son entreprise de transports publics, mais même de la hausser au niveau nécessaire pour en financer la gratuité : les usagers couvrent directement, par les billets et les abonnements, 39 % du coût des TPG- mais les usagers sont aussi des contribuables, et ils paient donc deux fois : une fois en tant qu'usagers, une deuxième fois en tant que contribuables. La gratuité équivaudrait ainsi à ne plus les faire payer qu'une seule fois, en tant que contribuables. Et à faire économiser au passage aux TPG l'ensemble des coûts occasionnés par la prise de billets et d'abonnements, et par la répression de la resquille.

Lire la suite

15:38 Publié dans Genève, Transports, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tpg | |  Facebook | | | |

mardi, 16 mai 2017

Emmanuel, Roi thaumaturge

Emmanuel Ier.JPGLe sacre et le Messie

La République laïque a des nostalgies de monarchie catholique : Dimanche, c'était le sacre de Macron. Pompes et circonstances. On est dans un pays historiquement monarchique (même s'il est devenu une république) et catholique (même si désormais la majorité de sa population est soit d'une autre religion, soit sans religion, soit d'un catholicisme sans pratique religieuse). La République sacre ses présidents comme la monarchie sacrait ses rois, et leur accorde plus de pouvoir qu'aucune monarchie protestante à ses monarques. Il ne manquait qu'à Emmanuel Ier que de recevoir les saintes huiles et de devoir toucher les écrouelles, Roi Thaumaturge, qui va sauver l'Europe et la France. Et la gauche française -mais en l'ayant préalablement liquéfiée. D'ailleurs, gageons qu'on ne l'évoquera bientôt plus qu'en "Emmanuel" tout court, comme on n'évoque le pape qu'en François. Après tout, Emmanuel, de l’hébreu ancien עמנואל, imanu'él (« Dieu est avec nous »), n'est-ce pas le nom du Messie ?

Lire la suite

15:21 Publié dans France, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : macron | |  Facebook | | | |

lundi, 15 mai 2017

Trois candidatures socialistes au Conseil d'Etat genevois

votez sportif, votez PS.jpgChoisir ou ne pas choisir, that is the question

Le PS genevois a donc décidé de présenter deux candidates (Anne Emery Torracinta et Sandrine Salerno) et un candidat (Thierry Apothéloz) au gouvernement de la Parvulissime République (où il ne dispose plus que d'un siège).Trois candidatures au premier tour, qui pourront être maintenues toutes les trois au deuxième tour. Sont-ce les candidatures que nous avons soutenues par nos votes ? Peu importe : ce sont celles qui ont été choisies, et qu'on va donc soutenir. Pas par discipline, mais par ce qui nous tient lieu de cohérence : on ne peut pas défendre (même sans la défendre tout en la défendant) une liste de trois candidatures pour ne pas les soutenir ensuite. Il faut au passage saluer la modestie et la retenue du Comité directeur du PSG : il aurait pu nous proposer de présenter les six candidates et candidats disponibles, il nous a proposé de n'en présenter que quatre, comme en 2013 -et donc d'en virer deux. Mais présenter quatre candidates et candidats participe de la même logique qu'en présenter six : c'est renoncer à faire nous-mêmes le choix déterminant, et le laisser à l'électorat du premier tour -y compris à l'électorat de droite.  En somme, des "primaires" qui n'osent pas dire leur nom, mais qui aboutissent, comme celles qui osent dire leur nom, à ce que qu'un parti politique renonce à désigner lui-même celles et ceux qui, finalement, vont le représenter. On vous fait grâce de l'évocation de l'état dans lequel ce processus d'abandon a conduit le PS français -mais aussi, y'a une justice, la droite française.

Lire la suite

13:44 Publié dans élections, Genève, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

vendredi, 12 mai 2017

Le coup de pied Macron dans la fourmilière politique française : Roboratif !

L'élection de Macron, même acquise contre Le Pen et grâce à Le Pen, a tout de même un puissant effet roboratif : celui d'un grand coup de pied dans la fourmilière. ça écrase des fourmis, mais ça oblige celles qui restent à reconstruire leur monde, si elles ne veut pas crever. Et il y a du boulot. Parce que la défaite de toutes les forces politiques que Macron décrédibilise, fragmente, émiette et ringardise -c'est à dire à peu près toutes les forces politiques présentes dans les institutions, elles en sont tout de même les premières responsables. Or il ne semble pas évident qu'elles en aient pris conscience : pour nous en tenir à la gauche, c'est, le soir de l'élection de Macron, un Mélenchon lugubre en appelant à la contagion du bonheur en donnant l'impression de vouloir avaler une chope de cigüe, et ce sont les éléphants socialistes, les Cambadélis, les Dray, arrivés au PS dans les années septante maigres et fiévreux et qu'on retrouve quarante ans plus tard gras à lard faisant la tournée des popotes médiatiques pour nier l'évidence de leur propre décrépitude politique... Entrer en politique en Saint-Just et en sortir en Louis XVIII, le parcours est édifiant.

Lire la suite

14:59 Publié dans élections, France, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : macron | |  Facebook | | | |

jeudi, 11 mai 2017

Des musées, pourquoi ? y faire quoi, et leur faire dire quoi ?

Musees-XXI.jpgExposition, colloque et statistiques sur les musées :
Des musées, pourquoi ? y faire quoi, et leur faire dire quoi ?

Du 11 mai au 20 août se tiendra au MAH une exposition sur le thème des "Musées du XXIe siècle - visions, ambitions, défis", avec, les 1er et 2 juin, un colloque consacré à l'avenir des musées (programme : www.mah-geneve.ch) dont débattront architectes, sociologues, directeurs de musées et muséologues. "Musées du XXIe siècle", au pluriel. Au pluriel aussi, "visions, ambitions, défis". L'exposition passe en revue seize musées, choisis au sein de 200 nouveaux musées, déjà réalisés ou en projet. Le pluriel s'impose, parce que LE  musée du XXIe siècle n'existe pas, ni comme référence unique, ni comme Idealtype. Mais LES musées du XXIe siècle, eux, existent, différents, voire contradictoires dans leurs projets, leurs rôles, leur matérialité. Quant aux musées des siècles précédents, la première statistique suisse sur ce qu'ils représentent, quantitativement, en fait les premiers lieux et les premières institutions culturelles du pays, loin devant les lieux de concerts et de spectacles musicaux, les salles de cinéma, les théâtres. Exposition, colloque et statistiques ont de quoi nourrir les débats genevois sur l'avenir du Musée d'Art et d'Histoire -et les nourrir avec une interrogation judicieuse, comme première question à se poser : un "grand musée" pour y faire quoi, et pour dire quoi ?

Lire la suite

14:58 Publié dans Culture, Genève | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : musées | |  Facebook | | | |

mardi, 09 mai 2017

Stratégie énergétique 2050 : Sortir du nucléaire ou y rester ? telle est la question

centrale nucléaire.jpg2050, pas 1984...

"Que nous apporte la nouvelle loi sur l'énergie ?", font mine de se demander dans une annonce publicitaire ses opposants de droite (il n'y en a pas de gauche). Réponse : moins de sécurité, une baisse de la qualité de la vie, des douches froides à 3200 francs, une hausse massive des coûts, la destruction du paysage par les éoliennes (les centrales nucléaires, en revanche, ne détruisent pas le paysage, elles l'agrémentent, si, si), la surveillance par l'Etat de la consommation d'énergie des particuliers, plus de bureaucratie et d'économie planifiée. 1984, quoi, avec une génération de retard. On est dans la "vérité alternative" à la Trump ou à la Le Pen : dire n'importe quoi pourvu que cela fasse effet. Restons sérieux  : la question à laquelle on répondra le 21 mai prochain, en votation populaire sur la "stratégie énergétique 2050", est de savoir si on veut rester dans un mode de production énergétique dominé par les énergies fossiles (dont le nucléaire) ou promouvoir, pour les remplacer, les économies de consommation et les énergies renouvelables : photovoltaïque, éolienne, géothermique, hydroélectrique (la liste n'est pas close). Ces modes de production énergétique ont certes, tous, des inconvénients -mais ils sont dérisoires si on les compare à ceux basés sur le charbon, le pétrole, l'uranium ou le plutonium. On ne va pas couvrir la Suisse de milliers d'éoliennes (même le chiffre de 1000 avancés par les opposants relève de la "vérité alternative") massacrant 100'000 oiseaux chaque année. On va revanche fermer les centrales nucléaires, et laisser disparaître les petites centrales hydroélectriques qui perturbent l'équilibre des rivières (et de leur faune) sans produire assez d'énergie pour que cela soit utile.

Lire la suite

14:58 Publié dans Energie, Environnement, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

lundi, 08 mai 2017

Présidentielle française : Macron élu sans surprise et sans enthousiasme

pas de victoire sans lutte.jpgLe vent du boulet

Au terme de la pire campagne électorale qu'ait connu la Ve République française, et de la plus faible participation électorale à une présidentielle depuis 1969 (quoiqu'une participation de 75 % ailleurs qu'en France, ce serait un tsunami électoral...) Emmanuel Macron a été élu à sa présidence. A une majorité très large, mais en trompe-l’œil : il n'obtient pas une majorité absolue du corps électoral (les 47 millions d'électrices et d'électeurs inscrit-e-s), compte tenu de l'abstention, des votes nuls et des votes blancs. Il atteint certes une majorité de presque deux tiers des suffrages exprimés, mais parce qu'en face, il y avait Le Pen. Ni contre Fillon, ni contre Mélenchon Macron n'aurait gagné avec une telle marge -peut-être même n'aurait-il d'ailleurs même pas gagné contre Mélenchon. Et n'importe lequel des "grands" candidats éliminés au premier tour aurait gagné contre Le Pen -mais sans doute avec une majorité moindre. L'élection de Macron est évidemment une défaite pour Le Pen ("une bonne claque aux mauvaises odeurs"), mais c'est qu'elle a fait campagne pour Macron : plus on la voyait et l'entendait, mieux on comprenait à qui et quoi on avait affaire. Elle a elle-même (était-ce involontaire ?) construit sa propre défaite. Il suffisait de la montrer pour qu'elle tombe, il suffisait pour éloigner la menace de son élection de laisser remonter, jusqu'au spectacle de l'ultime débat télévisé (où elle aura tout de même réussi à faire pire que Trump), tout le refoulé de l'extrême-droite française, submergeant la stratégie de "dédiabolisation" et la prétention de l'héritière d'être "la candidate du peuple". Au soir de sa défaite à la présidentielle, Le Pen s'est posée en cheffe de l'opposition à Macron ? Ce sera là encore le meilleur service qu'elle puisse lui rendre.
Reste que l'extrême-droite n'a jamais été à un niveau aussi élevé lors d'une élection présidentielle française, et qu'il y tout de même de quoi s'interroger, et s'interroger sérieusement, rationnellement, politiquement, sur ce qui peut bien pousser un tiers des citoyennes et des citoyens d'un pays comme la France, avec l'histoire qu'elle a et la passion du politique qu'elle cultive, à voter pour ça... Le Pen était un boulet pour elle-même, mais on en a quand même senti le vent.

Lire la suite

15:54 Publié dans élections, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : macron, le pen | |  Facebook | | | |

vendredi, 05 mai 2017

A propos de la mondialisation et de ses faux ennemis

internationalisme.jpgL'alternative ? L'internationalisme !

L'élection présidentielle française se jouera-t-elle dimanche sur l'affrontement théâtral des partisans d'une "mondialisation" peinte en rose et des faux ennemis réactionnaires de la mondialisation réelle (dont la France est un acteur considérable depuis les premiers temps du colonialisme ? "J'ai entendu pendant toute la campagne (...) l'incompréhension sur la mondialisation. Je vais la prendre en compte" assure Emmanuel Macron. Merci, Sire, mais il faudrait peut-être commencer à s'entendre sur le concept mème de "mondialisation", devenue une sorte de totem, de tabou ou de monstre, quand elle n’est rien d’autre que l’extension à l’ensemble de la planète d’activités, de normes et de processus de décisions auparavant limités à un espace géographique et social : le "monde occidental développé". En tant que telle, la mondialisation est à la fois un projet et un processus. Comme processus, elle est dans la logique du capitalisme, et comme projet, elle est constitutive de la capacité du capitalisme à s’imposer aux formes anciennes de rapporte de production, en levant les obstacles nationaux à la circulation du capital. La mondialisation est la condition même de la pérennité du capitalisme, et de sa maîtrise du politique : une poignée de financiers peuvent, en quelques clics, transférer des fonds en telle masse qu’ils sont en mesure de décider des politiques économiques et sociales des Etats. Mais il y a dans l’usage même du terme de « mondialisation » pour désigner la forme actuelle du capitalisme quelque chose qui relève d’un détournement de sens : la mondialisation devrait viser à l’unité (non à l’unicité) de l’humanité et à l’ouverture de tous sur tous, vieil horizon socialiste, alors que la mondialisation capitaliste ne vise qu’à la mainmise de quelques-uns sur tout et sur tous. Dès lors, s'étant entendus sur le sens du concept de "mondialisation", on peut essayer de s'entendre sur ce qui peut en être l'alternative, et qui est aussi une mondialisation -la nôtre : l'internationalisme.

 

Lire la suite

15:52 Publié dans élections, Histoire, Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : internationalisme, mondialisation | |  Facebook | | | |

jeudi, 04 mai 2017

Tarifs des transports publics genevois : On re-re-revote...

bandeauTPG.jpg

Le 21 mai, on votera à Genève sur les tarifs des transports publics.On commence à en avoir l'habitude, après tout ça ne fera que la troisième fois en trois ans, la quatrième en neuf ans si on compte le vote (qu'on avait perdu) sur la gratuité. En septembre, le parlement cantonal a voté, par une majorité PLR, UDC, PDC et Verts contre le PS, Ensemble à Gauche et le MCG, une hausse de 4 %  (en gros) du prix des billets et des abonnements TPG pour compenser la perte de recettes dues à la baisse des tarifs imposée par le peuple en 2013, et confirmée en 2014. Or cette compensation peut se faire autrement qu'en faisant payer les seuls usagers : en augmentant la subvention cantonale aux TPG, c'est-à-dire en faisant payer tout le monde par l'impôt, en partant du principe que tout le monde, même ceux qui ne les utilisent pas, bénéficie d'un réseau de transports publics efficace. On votera donc,. pour la troisième fois, NON à la hausse des tarifs -en attendant le moment d'imposer la gratuité. Gratuité dont bénéficient d'ailleurs déjà les députés qui votent les hausses de tarifs (pour les autres) au parlement...

Lire la suite

18:34 Publié dans Genève, Transports, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tpg | |  Facebook | | | |

mercredi, 03 mai 2017

PV 2020 : C'est NON quand même

vignetteAVS.JPGLes socialistes suisses adoubent la réforme des retraites... comme prévu

Lundi, le 1er mai avait notamment pour thème, en Suisse romande du moins, la défense des retraites et le renforcement de l'AVS. La veille, le PSS annonçait le résultat du vote général de ses membres sur le projet "Prévoyance vieillesse 2020" : La direction du parti voulait un "mandat clair", c'est un plébiscite : par 11’061 OUI contre 1’153 non, soit 90,6 % de OUI, le projet adopté par le parlement et soutenu par le groupe parlementaire, la direction du parti et les Femmes socialistes a été adoubé par la base. La participation au vote a été de 39 %, en augmentation de 7 % par rapport au dernier vote général de 1995. Toutes les sections cantonales ont approuvé la réforme : les résultats se situent entre 66,7 % de OUI à Genève (où l'assemblée générale du parti a adopté le mot d'ordre du "non" et du soutien au référendum) et 97,6 % de OUI à Obwald et Nidwald. On savait même pas qu'il y avait des socialistes à Nidwald, dis-donc... Seuls les Romands et Bâlois (de la ville) ont voté NON à plus de 10 % . On espérait mieux, mais on fera avec -de toute façon, minoritaires, on savait qu'on le serait avant même qu'on en ait la confirmation par le résultat du vote général, et le référendum, on l'a déjà signé, alors ça sera NON quand même.

Lire la suite

15:45 Publié dans Politique, PS, Retraites, AVS, AI, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

mardi, 02 mai 2017

Macron-Le Pen, kif kif ?

Capture.JPGQuand les états d'âme de la gauche française nous gonflent grave

Il faut bien l'avouer : les états d'âme de la gauche française (et circonvoisine) face au choix électoral entre Macron et Le Pen commencent à nous gonfler grave. Il n'y aura donc pas vraiment de "front républicain" contre la candidate du FN au deuxième tour de la présidentielle française, dimanche. Certes, les principaux candidats ont tous appelé à "faire barrage à l'extrême-droite", Fillon et Hamon appelant clairement à, pour cela, voter pour Emmanuel Macron, et les principaux partis (la "France insoumise" ne se concevant pas comme un parti) à "battre Marine Le Pen" (les "Républicains" ne se résolvant pas à prononcer le nom de Macron). Mais après le premier tour déjà une bonne partie de l'électorat de François Fillon et de celui de Nicolas Dupont-Aignan partait grossir les rangs de celui de la candidate d'extrême-droite, pendant qu'une autre bonne partie de ces deux électorats, mais aussi de celui de Jean-Luc Mélenchon, menaçait de s'abstenir ou de voter blanc. C'était déjà le mot d'ordre du PCF en 1969 -mais lui refusait de choisir ("blanc bonnet, bonnet blanc") entre Pompidou et Poher, c'est-à-dire entre deux candidats de la droite démocratique, pas ("blanc bonnet, bonnet brun") entre un candidat centriste et une candidate d'extrême-droite. Et en 2002, toute la gauche, de son aile la plus centriste à la gauche révolutionnaire, avait avec la droite démocratique appelé à voter  contre Le Pen, pour Chirac, quitte à se contenter du "contre" et à ne le traduire en"pour" qu'après s'être bouché le nez. Serait-on passé du "tous contre Le Pen" à "tous contre Macron" ? O tempora, o mores, comme disait Ciceron...

Lire la suite

12:33 Publié dans élections, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : macron, le pen, mélenchon, gauche | |  Facebook | | | |

lundi, 01 mai 2017

1er mai : Fête du Travail ? Non : Fête des luttes des travailleurs et travailleuses

1ER-MAI.JPGOn ne commémore pas, on se mobilise

Dissipons d'emblée un brouillard : le 1er Mai n'est pas plus la Fête du Travail que le 8 mars n'est celle des Femmes. Le 1er Mai est la Fête des travailleurs et des travailleuses, la journée de soutien à leurs luttes. Même que dans le calendrier pataphysique, le 1er mai est le jour de la Réprobation du travail...) La "Fête du Travail", c'est ce que les fascistes ont voulu faire de la Fête des travailleurs (en France, c'est le régime de Vichy qui se charge de cette dénaturation), histoire de bien enfoncer dans les têtes laborieuses qu'elles ne sont pas là pour revendiquer, mais pour bosser, en obéissant aux chefs.
A part ça, on est le premier mai partout, même en France, mais les syndicats français sont infoutus de manifester ensemble quand on ne sait pas qui présidera la France dans un mois : l'héritière de son père, de Vichy et de l'OAS ou l'ancien banquier "social-libéral" ? Parce que, au cas où vous n'auriez pas encore compris, quels que soient vos états d'âmes printaniers, ce sera, forcément, l'un-e ou l'autre...

Lire la suite

14:52 Publié dans Histoire, Politique, syndicats | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1er mai | |  Facebook | | | |

samedi, 29 avril 2017

Budget 2017 de la Ville de Genève : Vive le quatrième débat !

normal_gauche-droite.jpgLe budget municipal genevois a donc été voté. Huit mois pour ça ? Il aura fallu huit mois, du dépôt du projet de budget du Conseil administratif à l'adoption (quatre mois après le début de l'année budgétaire) par le Conseil municipal de ce qui va tenir lieu de budget à la Ville de Genève. Huit mois et trois jours. Et trois débats. On aurait même pu en rajouter un quatrième, comme l'année dernière, dans une campagne référendaire close par un vote populaire rétablissant un budget qui ait un sens. Compte tenu du délai référendaire, des dates de votations déjà agendées, on pouvait se retrouver à voter le budget de la Ville de Genève pour 2017... juste avant noël 2017... A vrai dire, le jeu n'en valait pas la chandelle. En revanche, relancer par voie d'initiatives populaires municipales le combat pour renforcer les engagements solidaires de la Ville, sa politique culturelle, sa politique sociale, malgré la droite coagulée qui sévit au Conseil municipal, ça a du sens politique*. Finalement, c'est tout de même dans les urnes, dans la rue et dans les têtes que se régleront comme il se doit, dans un quatrième débat démocratique, les comptes politiques sur ce qui importe.

Lire la suite

16:29 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

mercredi, 26 avril 2017

Il y a 80 ans, à Gernika

Guernica2.jpg

Le lundi 26 avril 1937, jour de marché, quatre escadrilles de la Légion Condor allemande accompagnées par des bombardiers italiens et escortées par des avions de chasse allemands bombardent la petite ville basque de Gernika. L'attaque commence à 17 h 30 à la mitrailleuse puis aux bombes explosives et enfin aux bombes incendiaires. La ville est en flammes. Le bilan officiel par le gouvernement basque, fait état de 1 654 morts et de plus de 800 blessés. Le journaliste britannique George Steer, correspondant à l'époque du Times, estime qu'entre 800 et 3 000 des 7 000 habitants de Guernica périrent. Les archives russes mentionnent 800 morts. Ces chiffres ne prennent en compte ni les personnes retrouvées ultérieurement sous les décombres, ni celles décédées plus tard de leurs blessures, ni celles victimes des mitraillages des réfugiés de Guernica par les avions de chasse à l'extérieur des limites de la ville.
Ce bombardement a souvent été considéré comme un des premiers raids de l'histoire de l'aviation militaire moderne sur une population civile sans défense, le premier tapis de bombes et le premier bombardement alternant bombes explosives et incendiaires. Pourquoi bombarder Gernika ? La ville n'avait pas d'importance stratégique, mais une importance symbolique : l'autonomie juridique et fiscale était représentée par l'arbre de Guernica où les rois de Castille allaient prêter serment de respecter les libertés basques. Et le Pays Basque et son gouvernement autonome, pourtant politiquement largement dominés par des forces conservatrices, s'étaient immédiatement opposé  au pronunciamiento franquiste, en mobilisant leurs milices et en affirmant leur soutien au gouvernement républicain espagnol.
Le dernier exilé de la guerre d'Espagne y revenait en 1981 : le « Guernica » de Picasso. Picasso avait refusé que son oeuvre gagne l'Espagne avant que la démocratie l'ait gagnée.

Lire la suite

14:50 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne, guernica, gernika | |  Facebook | | | |