jeudi, 23 mars 2017

Politique d'asile : le flux de réfugiés diminue

geneve_cite_refuge.jpgL'invasion migratoire : un fantasme qui peut se soigner ou se cultiver

Après la fermeture partielle au mois de mars 2016 de la route des Balkans, le nombre d’arrivées de réfugiés sur le continent européen a nettement baissé. En 2016, sur 65 millions de personnes chassées de chez elles, seules 1,3 millions ont demandé l'asile en Europe (soit moins de 0,5 % de la population européenne). Et d'entre toutes les personnes qui ont demandé l'asile en Europe, seules 2 % l'ont fait en Suisse, où le nombre de demandes d'asile déposées a reculé de 31,2 % entre 2015 et 2016 (alors qu'il avait augmenté de 66 % en 2015). Parmi les 27'207 demandes enregistrées en Suisse, 1'656 ont été attribuées au canton de Genève (2'184 en 2015), au cinquième rang des cantons suisses. A Genève, les personnes ayant déposé une demande d'asile sont principalement originaires d'Érythrée, de Syrie, d'Afghanistan, du Nigéria, de Somalie et de Guinée. 7'741 personnes relèvent du domaine de l'asile à Genève, à la fin 2016 (7'241 à fin 2015). Parmi elles, on compte 2'051 requérants d'asile titulaires d'un permis N, 2'342 bénéficiaires d'une admission provisoire (permis F) et 2'566 personnes reconnues comme réfugiées (permis B ou C). Pour les 782 personnes restantes, qui bénéficient d'un soutien à l'exécution du renvoi, la procédure d'asile est terminée. D'entre les 4'393 personnes qui se trouvent dans le processus d’asile (permis N et F), seules 270 exercent une activité lucrative dans le canton. Bref, l'"invasion de réfugiés" est un fantasme. Qui a la vie dure, comme tous les fantasmes. Un fantasme, ça peut se soigner, mais aussi se cultiver. Celui-là se cultive : ceux qui l'entretiennent doivent y trouver intérêt.

Lire la suite

14:29 Publié dans Immigration, Suisse | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : asile | |  Facebook | | | |

mardi, 14 mars 2017

Régularisation des sans-papiers genevois : L'UDC, un Papyrus dans le nez

Papyrus.jpgL'UDC a un Papyrus dans le nez : les deux udécistes genevois du Conseil National, Céline Amaudruz et Yves Nidegger, ont déposé une initiative parlementaire pour ôter aux cantons toute autonomie dans l'application de la loi fédérale sur le séjour des étrangers. But de l'exercice : empêcher Genève de régulariser des sans-papiers, comme le canton a commencé de le faire en initiant avec l'opération "Papyrus" une procédure, dans le cadre de la loi, avec les organisations d'entraide et les syndicats. Céline Amaudruz se désolait : "Pierre Maudet a trouvé une astuce pour contourner la loi". Foutaise : il ne s'agit que de l'appliquer dans les limites qu'elle donne, en régularisant celles et ceux qui peuvent l'être, au cas par cas, en fonction de critères objectifs et rigoureux. Faut pas confondre les conseillers d'Etat PLR avec des automobilistes UDC bourrées zigzagant pour éviter la police. Reste que la question se pose, insidieuse : pourquoi diable l'UDC (mais pas elle seule : la majorité des députés vaudois a refusé de tenter une démarche comparable à la genevoise) tient-elle à ce point à ce que des dizaines de milliers de travailleuses et de travailleurs dans ce pays soient sous-payés, sous-protégés, incontrôlés, et ne paient ni cotisations sociales ni impôts ?

Lire la suite

14:43 Publié dans Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : papyrus, sans-papiers | |  Facebook | | | |

vendredi, 10 mars 2017

Naturalisations : La fabrique genevoise d'Helvètes

nationalité,naturalisationsSuisses de souche et Suisses de choix

La population résidente (les "sans-papiers" n'en faisant évidemment pas partie, et ils sont au moins 13'000...) du canton de Genève a augmenté de 3128 habitants en 2016, contre 8000 en 2015. Elle s'établissait il y a deux mois et des poussières à 493'706 habitants, dont 40,5 % d'étrangers, un pourcentage bas du fait des plus nombreuses naturalisations effectuées en 2016, par une "véritable volonté politique" d'accélérer les procédures et de rattraper les dossiers en attente. Le Conseiller d'Etat Pierre Maudet, en charge des naturalisations, s'est félicité d'avoir "fait beaucoup de Suisses". Moins d'étrangers sont venus s'installer (légalement) à Genève, plus d'étrangers installés se sont fait Suisses ? les xénophobes locaux vont peut-être moins hurler contre les étrangers, mais ce ne sera que pour couiner un peu plus contre les nouveaux Suisses pas vraiment Suisses, contre les Suisses de choix et pas de souche, ou pas de souche assez ancienne. Et contre les étrangers "sans-papiers" qui vont devenir des étrangers "avec papiers" (enfer...), et peut-être même, un jour, être naturalisés genevois et suisses (enfer et damnation...). D'ailleurs, les deux udécistes genevois du Conseil national, Yves Nidegger et Céline Amaudruz, se sont empressés de déposés une initiative parlementaire pour priver les cantons en général et Genève en particulier de toute autonomie dans l'application de la loi fédérale sur le séjour des étrangers...

 

Lire la suite

15:21 Publié dans Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : nationalité, naturalisations | |  Facebook | | | |

lundi, 27 février 2017

"Opération Papyrus" de régularisation des sans-papiers : Une Genferei comme on les aime

sans-papiers"Opération Papyrus" de régularisation des sans-papiers : Une Genferei comme on les aime

Les "sans-papiers" sont des personnes, ces personnes ont des droits, et Genève a décidé de reconnaître ces droits et ces personnes. Pas inconditionnellement, pas automatiquement, au cas par cas -mais en posant des critères objectifs, égalitaires à cette reconnaissance. L'"opération papyrus", conçue entre le canton, la Confédération et les organisations sociales (notamment le SIT, le Centre social protestant, le Centre de contacts Suisses-immigrés, le Collectif de soutien aux sans-papiers) actives dans la défense de ces milliers de travailleuses et de travailleurs de l'ombre (13'000 rien qu'à Genève), sous-payés, privés de droits sociaux et pourtant indispensables, ouvre la voie à la prise en compte, à Genève, et peut-être ailleurs, là où on pourrait s'inspirer de l'opération genevoise (un appel en ce sens vient d'être lancé dans le canton de Vaud) d'une réalité encore largement occultée ailleurs en Suisse. Ce n'est ni une régularisation collective (à laquelle cependant il faudra bien que l'on vienne), ni l'application du principe selon lequel "qui travaille ici a le droit de résider ici", mais c'est déjà la fin d'un déni de réalité et d'un déni de droits. Deux semaines après l'acceptation de la naturalisation facilitée des petits-enfants d'immigrants, c'est une nouvelle éclaircie et l'UDC, seul parti à condamner l'opération, a bien raison, dans son amour du renfermé, de dénoncer un "appel d'air". Un air printanier, même. Une Genferei comme on les aime.

Une grande soirée d'information sur l'opération "Papyrus" et les conditions posées à la régularisation des travailleuses et travailleurs sans titre de séjour est organisée par les syndicats SIT et UNIA mardi 28 février au Palladium (rue du Stand), dès 20 heures. Une permanence sera en outre ouverte tous les matins par le Bureau des étrangers, à l'Office cantonal de la population.

Lire la suite

15:58 Publié dans Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sans-papiers | |  Facebook | | | |

mercredi, 22 février 2017

Mobilisations pour le droit d'asile : "volem acollir"

casa nostra casa vostra.jpg160'000 personnes (selon la police) manifestant dans une grande ville européenne pour l'accueil des réfugiés, ça nous change : c'est ce qui s'est produit samedi dernier à Barcelone, à l'appel de la Maire de gauche de la capitale catalane, Ada Colau. Cette foule exigeait de l'Espagne qu'elle tienne "dès maintenant" son engagement de 2015, d'accueillir des milliers de réfugiés, déjà admis comme candidats à l'asile dans d'autres pays, et de ne pas sen tenir aux 1100 arrivés depuis que l'engagement d'en admettre 16'000 a été pris. En catalan dans le texte, cela se dit "volem acollir". Et cela n'a besoin d'aucune traduction en français, même fédéral. La présidente de la députation provinciale de Barcelone, Mercè Conesa, a, avec des maires de villes catalanes, demandé à la Commission européenne de sanctionner les Etats membres ne respectant pas leurs engagements d'accueil de réfugiés. Est-ce que le printemps s'annoncerait aussi politiquement, éthiquement ? Décidément, elle mérite nos hommages, la Catalogne (https://www.youtube.com/watch?v=aX4eZ1fpYwA&app=desktop). Mais il n'y a pas qu'elle qui bourgeonne de solidarités : dans les Etats désunis de Donald aussi, on résiste aux frimas...

Lire la suite

14:58 Publié dans Immigration, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : asile politique | |  Facebook | | | |

mardi, 14 février 2017

Naturalisation facilitée des petits-enfants d'immigrés : Un peu d'air frais

Capture.JPGPar plus de 60 % des suffrages, et par 19 cantons contre cinq (et deux demi-cantons), les Suissesses et les Suisses ont accepté la proposition de faciliter un peu la naturalisation des petits-enfants d'immigrés. Une proposition prudente, pour un vote net. Le premier vote d'"ouverture" depuis des décennies -même si l'ouverture en question ne l'a été à des gens déjà entrés nés dans un "chez nous" qui est aussi chez eux. Ce vote ne renverse pas le droit de la nationalité, il l'aménage -et dans l'ambiance actuelle, c'est déjà beaucoup.  "Bien sûr que nous aurions aimé plus" que ce qui a été finalement proposé, reconnaît Ada Marra, mais l'aurions-nous obtenu, quand on mesure la difficulté qu'il y eut déjà à faire admettre ce qui était déjà beaucoup trop pour les chamanes de la tribu. Il était temps que la Suisse cesse de fabriquer ses propres étrangers ? Pour eux, il sera toujours temps de croire que la Suissitude se transmet par le sperme, que seuls ceux qui veulent être suisses ont à prouver leur intégration à la Suisse, même quand ils sont nés, qu'ils y ont toujours vécu, que leurs parents aussi y sont nés et y ont toujours vécu. Et que la seule question qui se pose, puisqu'ils ne partiront pas, est de savoir s'ils y resteront comme les Suisses qu'ils sont, ou comme les étrangers en quoi la tribu persiste à les voir. N'empêche : dimanche, même si le vote ne portait que sur un principe constitutionnel qui implique une loi d'application (déjà prête, mais pas encore adoptée, et qui sera soumise à référendum)on a ouvert un peu la fenêtre, et un peu d'air frais est entré. On respire un peu mieux. Merci, Ada...

Lire la suite

15:50 Publié dans Immigration, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : naturalisation | |  Facebook | | | |

vendredi, 10 février 2017

Naturalisation un peu facilitée des petits-enfants d'immigrés : Et nous, on est intégrés, vous êtes sûrs ?

naturalisation, intégration, droit du sol, droit du sang"On prend le risque d'attribuer un droit de cité à la légère, à des personnes qui ne sont pas intégrées", fulmine l'udéciste vaudois Michaël Buffat lorsqu'on lui demande ce qu'il pense de la naturalisation un tout petit peu facilitée pour les "étrangers de la troisième génération" (c'est-à-dire à 25'000 personnes nées en Suisse, dans leur très grande majorité italiennes, espagnoles ou portugaises de passeport, et dans leur très grande majorité nées de parents eux-mêmes nés en Suisse de parents immigrants en Suisse pour y travailler). Mais que fait-on d'autre qu'"attribuer le droit de cité à la légère" quand on pratique, comme en Suisse, le "droit du sang" ? Ne nous l'a-t-on pas attribué à nous, Suisses "de souche", "à la légère", à la naissance, avant même qu'on soit capable de dire un mot et de pouvoir nous intégrer à quoi que ce soit ? Et en quoi diable l'auteur de ces lignes se trouverait-il par miracle plus "intégré" qu'un employé de banque qui a voté PLR (ou UDC, ou MCG) aux dernières Municipales, qui est né en Suisse de parents nés en Suisse, qui a fait toutes ses écoles en Suisse, qui parle mieux français que la plupart des membres du Conseil Municipal ou du Grand Conseil -mais qui est encore de nationalité française (ou italienne, ou portugaise) ?

Lire la suite

16:06 Publié dans Immigration, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : naturalisation, intégration, droit du sol, droit du sang | |  Facebook | | | |

vendredi, 03 février 2017

Gens de Dublin

expulsion.jpgAppel contre une politique d'asile "aveugle"

Un appel* a été lancé par des élus, des citoyens sans mandats politiques et des organisations (dont les partis de gauche et le PDC)  pour que la Suisse en général, et Genève en particulier, tiennent mieux compte des aspects humains dans l'application des fameux accords de Dublin qui sont supposés déterminer l'accueil des requérants d'asile, en posant comme principe, souvent inapplicable, celui de l'accueil dans le premier pays signataire où le requérant est arrivé. Les auteurs et signataires de l'appel ne contestent pas l'accord de Dublin, mais la manière dont il est appliqué : au nom de Dublin, la Suisse sépare des familles, renvoie des malades vers des pays  où aucun soin n'est garanti , soustrait des enfants en pleine année scolaire, renvoie des mères d'enfants en bas âge, alors même que l'accord prévoit la possibilité de déroger à ses propres critères "notamment pour des motifs humanitaires et de compassion", et d'examiner une demande d'asile "même si cet examen ne lui incombe pas". Il faut savoir lire un texte en entier, et jusqu'au bout. Et oser utiliser les possibilités qu'il offre, même celles qui font hurler la tribu.

*www.solidaritetattes.ch

Lire la suite

15:58 Publié dans Immigration, Suisse | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : asile, dublin | |  Facebook | | | |

mardi, 31 janvier 2017

Naturalisation des étrangers de la "troisième génération" : Surmonter le refus Heimatstil

naturalisation, nationalitéLe 26 septembre 2004, 51,6 % des votantes et des votants (et 19 cantons et demi-cantons) refusaient de faciliter la naturalisation des "étrangers de la troisième génération". Tous les cantons romands sauf le Valais avaient accepté ce que tous les cantons alémaniques sauf Bâle-Ville et Berne avaient refusé. Le 12 février prochain, il faudra, pour revenir sur ce vote d'il y a 12 ans (et demi), obtenir non seulement un basculement de la majorité populaire (il est à portée), mais surtout (puisque là est l'obstacle) un basculement de plusieurs cantons opposants dans le camp du "oui". C'est donc en Alémanie que va se jouer le sort de la proposition soumise au vote (soutenue par tous les partis nationaux sauf l'UDC, elle est d'ailleurs déjà appliquée en Romandie). On peut préjuger d'un vote favorable des villes alémaniques. On peut aussi préjuger d'un refus "heimatstil" réitéré des cantons de Suisse centrale et des campagnes alémaniques. On ne se risquera pas à parier sur le sens du vote de ce qui n'est ni la ville, ni la campagne, mais ce pays intermédiaire entre l'une et l'autre : le pays des banlieues et des zones péri-urbaines, à forte population immigrée et à forte population étrangère (les deux termes ne sont pas synonymes : un immigré est quelqu'un qui vient d'ailleurs, même quand il est suisse; un étranger est un ressortisssant d'un Etat étranger, même quand il est né ici. Il y a donc des immigrés suisses et des indigènes étrangers -mais allez expliquer cela à un udéciste...)

Lire la suite

15:18 Publié dans Immigration, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : naturalisation, nationalité | |  Facebook | | | |

vendredi, 13 janvier 2017

Naturalisation facilitée de la troisième génération d'étrangers : L'évidence contre les miasmes

vignette natu.jpgDans un mois, le 12 février, le peuple suisse et ses cantons diront "oui" ou "non" à une simplification du processus de naturalisation des étrangères et des étrangers de la troisième génération (c'est-à-dire nés et scolarisés en Suisse, enfants d'étrangers eux-mêmes nés en Suisse (ou y ayant séjourné au moins 10 ans, dont au moins cinq ans de scolarité) de parents ayant aussi entretenu des liens étroits avec la Suisse. La démarche est prudente, conditionnelle, restrictive -mais elle n'en sera pas moins difficile à faire admettre en Suisse alémanique, hors des grandes villes, et en particulier en Suisse centrale. Tous les partis (sauf évidemment l'UDC) la soutiennent pourtant, mais le précédent de 2004 (une naturalisation facilitée pour les jeunes étrangers de la 3e génération) inquiète : seuls les Romands (sauf le Valais) et les Bâlois de la Ville avaient soutenu le proposition, rejetée à 51,6 % du vote populaire. C'était la troisième fois qu'une proposition de naturalisation facilitée pour une toute petite proportion des étrangers (celles et ceux qui sont le mieux intégrés, et depuis le plus longtemps) échouait dans les urnes. Or depuis 2004, on ne peut pas dire que le climat se soit amélioré en Suisse (ni ailleurs) en ce qui concerne l'accueil et l'intégration des immigrants. Le projet soumis au vote ne concerne finalement que de jeunes hommes et de jeunes femmes déjà suisses de fait, sinon de droit ? C'est une évidence -mais une évidence peut-elle dissiper des miasmes ? Réponse dans un mois...

Lire la suite

16:31 Publié dans Immigration, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

mercredi, 11 janvier 2017

Exode mondial et accueil (?) helvétique

harragas.jpgAsile : Tenir les promesses

Il y a actuellement au moins 65 millions de personnes déplacées et réfugiées dans le monde : un record depuis la Guerre Mondiale. Et ce sont les pays les plus pauvres qui accueillent la plus grande part de ces migrants forcés et de ces réfugiés -les pays les plus riches, eux, manifestent une absence totale de volonté de résoudre cette crise, tout en fignant de croire qu'elle les frappe principalement, alors qu'elle ne les frappe que subsidiairement, voire, comme la Suisse, que marginalement (la Suisse ne reçoit que 3 % de l'ensemble des réfugiés arrivant en Europe, et des milliers d'entre eux n'y restent pas : entre janvier et fin novembre de l'année dernière, 8166 requérants d'asile enregistrés à leur arrivée en Suisse ont disparu dans la nature sans annoncer leur départ* (c'est presque deux fois plus que les années précédentes).
Une dizaine de pays totalisant ensemble moins de 2,5 du PIB mondial accueillent, parce qu'ils sont voisins de pays en crise ou en guerre, la majorité de tous les réfugiés de la planète. Ils n'ont pas les moyens de cet accueil, pas les forces de cette responsabilité -mais on la leur laisse, parce que les pays les plus riches y trouvent le moyen de ne pas assumer, eux qui en ont les moyens, cette responsabilité. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, 1,20 million de réfugiés et de réfugiées particulièrement vulnérables (des femmes, des enfants, des vieillards, des malades, des handicapés et des blessés) devront être relocalisés dans un autre pays que celui dans lequel ils ont trouvé un asile précaire, dans des conditions souvent indignes. Moins d'un dixième des places d'accueil nécessaires ont été accordées par une trentaine d'autres pays que ceux de ce premier accueil, qui tient le plus souvent de l'entassement. Même en Europe, des milliers de réfugiés sont bloqués en Grèce et en Italie par la fermeture des frontières des autres pays, au mépris de leurs engagements internationaux.
En Suisse, Amnesty International a adressé au Conseil fédéral une pétition lui demandant d'accueillir en Suisse plus de réfugiés, en respectant au moins deux promesses faites en 2015 : soulager la Grèce et l'Italie de 1500 requérants d'asile, et accueillir 1500 réfugiés syriens particulièrement vulnérables. Promesses non encore tenues.

* Le Secrétariat d'Etat aux Migrations estime que la plupart d'entre eux (dont une grande partie sont des ressortissants africains) ont quitté la Suisse (le nombre de sans-papiers vivant en Suisse n'aurait donc pas augmenté) après avoir abandonné la procédure d'asile sans l'en informer, parce qu'ils ne lui donnent aucune chance d'aboutir, ou qu'ils veulent rejoindre des proches dans un autre pays, notamment en Allemagne.

Lire la suite

20:09 Publié dans Immigration, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

lundi, 05 décembre 2016

Naturalisation un peu facilitée pour les petits-enfants d'immigrants : Naturalisation un peu facilitée pour les petits-enfants d'immigrants

nationalité, naturalisationSavez-vous qu'on obtenait plus vite l'équivalent de la nationalité (la « bourgeoisie ») au XVIIe siècle qu'on l'obtient aujourd'hui ? Parole de descendant d'immigrants installés à Berne au XVIe siècle et «embourgeoisés» bernois après deux générations quand il en faut, 500 ans plus tard, souvent trois pour, peut-être, éventuellement, être suissisé... Trois générations de séjour en Suisse : c'est ce qu'une proposition de la socialiste vaudoise Ada Marra, acceptée par le parlement (après avoir toutefois été revue à la baisse), suggère comme condition pour bénéficier d'une "naturalisation facilitée". La proposition de ce tout petit pas, qui ne pourrait concerner que 5000 personnes qui sont déjà Suisses de fait, est soumise au vote populaire en février prochain. Tous les partis politiques représentés au parlement fédéral soutiennent cette proposition -tous, sauf un, et on ne vous fera pas l'injure de vous demander de deviner celui pour lequel la suissitude doit continuer à ne se transmettre que par le sperme, et pour qui vous aurez beau être né en Suisse de parents nés en Suisse de parents arrivés en Suisse il y a plus d'un demi-siècle, vous devriez continuer à être considéré comme un métèque définitif.

Lire la suite

18:08 Publié dans Immigration, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nationalité, naturalisation | |  Facebook | | | |

mardi, 08 novembre 2016

Proclamer nos villes "villes de refuge" : Plus qu'une rhétorique

geneve_cite_refuge.jpg



Un appel soutenu par 10'000 personnes a été remis le 20 juin à une représentante de la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga : il demande à la Suisse d'accueillir rapidement 50'000 réfugiés. "Les frontières ne doivent plus tuer", a proclamé la présidente du syndicat Unia, alors que, du même syndicat, Alessandro Pelizzari, à l'origine des pétitions, rappelait que la fermeture des frontières européennes avait pour conséquence des milliers de morts en mer et des dizaines de milliers de morts-vivants entassés sur terre dans des conditions inacceptables. "Nous ne serions pas ce que nous sommes devenus sans les gens venus de l'extérieur", a enfin résumé le rappeur Greis. Voila. C'est ce qui s'appelle être à contre-courant. Et c'est la preuve qu'on est vivants : le sens du courant, c'est bon pour les poissons morts. L'appel pour l'accueil de 50'000 réfugiés invite également les villes suisses à se proclamer "ville de refuge" pour accueillir concrètement les réfugiés. Et qu'est-ce qu'une ville-refuge ? A Genève, où une motion déposée au Conseil municipal demande que la Ville soit toujours ville de refuge", si on ne s'autosatisfait pas  de la nostalgie des temps héroïque du Refuge huguenot, ou d'une autoproclamation idéaliste, ce peut être l'accueil de réfugiés par des familles d'ici. Et cela se fait déjà. Et cela peut se faire plus.

Lire la suite

15:34 Publié dans Droits de l'Homme, Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : asile, refuge | |  Facebook | | | |

lundi, 17 octobre 2016

Naturalisations : les choses bougent... à petits pas...

Faiseurs de Suisse.jpgPendant qu'en Ville de Genève rechigne toujours à supprimer un appendice parasitaire (la commission municipale des naturalisations) qui allonge le délai et renchérit le traitement des demandes de naturalisation (et fonctionne même dans l'illégalité en transmettant directement ses rapports au Conseil administratifs), les choses bougent, à Berne et à Genève, s'agissant de l'acquisition de la nationalité suisse par des étrangers. Le 1er janvier prochain, la loi fédérale change, et les conditions d'accès à la nationalité suisse se durciront, notamment en rendant impossible (sauf exceptions dûment validées) de se faire naturaliser suisse si on ne dispose que d'un  permis de séjour B : 650'000 personnes sont concernées. Genève et Vaud encouragent donc ceux de leurs résidents étrangers qui remplissent les conditions actuelles d'une naturalisation, mais ne rempliront plus les conditions exigées dans deux mois, à déposer leur demande avant la fin de l'année. Et puis, à Berne, les deux chambres du parlement ont (prudemment) entrouvert la porte à une naturalisation (un peu) facilitée des étrangers de la "troisième génération" : les fils et filles né-e-s en Suisse de parent nés en Suisse de parents immigrants. C'est ce qu'on appelle la "politique des petits pas". Des tout petits pas même -mais dans le bon sens, pour une fois dans ce domaine...

Lire la suite

00:01 Publié dans Immigration, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nationalité, naturalisation | |  Facebook | | | |

lundi, 10 octobre 2016

Héberger des réfugiés menacés d'expulsion : La fronde de David et la loi de Goliath

david-and-goliath-shane-robinson.jpgLe Municipal (membre de l'exécutif communal) POP (Parti du Travail) de Lausanne, David Payot, ayant déclaré. qu'il était prêt à héberger chez lui un réfugié menacé d'expulsion, le PLR local (suivi par l'UDC) est monté sur ses grands hongres en déposant au Conseil communal une résolution demandant "La Municipalité parraine-t-elle un hors-la-loi ?", doublée d'une demande de révocation de l'élu popiste, coupable de faire passer la légitimité avant la légalité. Comme naguère le Conseiller d'Etat PDC genevois Dominique Föllmi, accompagnant à l'école une petite turque en situation irrégulière. Comme il y a quelques jours la députée socialiste tessinoise Lise Bosia Mirra, arrêtée pour avoir fait passer la frontière à quatre mineurs africains. On rappellera au passage au PLR lausannois, que David Payot n'est pas "parrainé" par la Municipalité, mais qu'il y a été élu par le peuple, comme le candidat du POP et non de l'UDC, sans jamais avoir caché ses engagements ni ses convictions solidaires. De ceux qui "obéissent à la loi" quelle qu'elle soit et de ceux qui y désobéissent quand elle est injuste, on honore d'ailleurs désormais les désobéissants plutôt que les obéissants.  Les Justes plutôt que les carpettes. La fronde de David plutôt que la loi de Goliath.


 
 

Lire la suite

14:05 Publié dans Immigration, Politique, Solidarité, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile | |  Facebook | | | |

lundi, 29 août 2016

L'impensé et le non-dit de la rentrée : L'apolitique de l'asile

 Elle n'est pas au menu des votations fédérales du mois prochain, elle ne fait plus les gros titres des journaux, recouverte qu'elle est fort opportunément (mais pas entièrement, tant la polémique sur ces vêtures d'emballage fleure la xénophobie la plus ordinaire) par une burqa ou un burkini. Elle est devenue l'impensé, le non-dit, de la rentrée. Pourtant, elle est toujours l'un des enjeux, ou même l'enjeu continental le plus lourd, le plus décisif pour les décennies à venir, et donc celui qu'il serait le plus urgent de relever, en même temps que celui qu'on s'acharne à ne pas vouloir relever : c'est de la politique d'asile qu'on parle ici. Des politiques nationales d'asile, de la politique européenne, de la politique internationale d'asile : "Le déplacement forcé atteint un niveau sans précédent", constate le rapport annuel du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR), qui a recensé plus de 65 millions de personnes déplacées en 2015 (cinq millions de plus en un an), dont 3,2 millions en attente d'asile dans nos pays industrialisés, 21,3 millions de réfugiés dans le monde (dont la moitié viennent de Syrie, d'Afghanistan et de Somalie) 40,8 millions de déplacés forcés à l'intérieur de leur pays (dont 13,5 millions en Colombie, en Irak et au Yemen). Les réfugiés constituent 18,3 % de la population du Liban.  Un humain sur 113 est aujourd'hui un humain déplacé : demandeur d'asile, réfugié ou déplacé interne, et leur nombre total dépasse la population totale de la France (ou de la Grande-Bretagne ou de l'Italie).   A ce nombre s'ajoutent chaque minute 24 personnes, alors que, constate le HCR, "le rythme auquel des solutions sont trouvées pour les réfugiés et les déplacés internes est en baisse depuis la guerre froide", époque du triomphe (en "Occident") du droit d'asile de masse pour les victimes des régimes du camp adverse.

Lire la suite

13:10 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : asile, migration, xénophobie | |  Facebook | | | |

lundi, 27 juin 2016

Commission municipale des naturalisations : Parasitaire... et illégale...


Vous aimez les audits ? Vous voulez des audits ? Eh bien, en voilà un, qui n'a rien coûté à la Ville -mais qui pourrait lui permettre de faire quelque centaines de milliers de francs d'économies, si elle en suit les conclusions explicites et implicites : le rapport de la Cour des Comptes sur le processus genevois de naturalisation. Le rapport révèle ou confirme moult insuffisances, contradictions réglementaires, incohérences et lacunes dans ce processus, mais la seule illégalité qu'il relève est à mettre au passif de la Commission des naturalisations du Conseil municipal de la Ville de Genève. Ses conclusions (des recommandations) seront-elles prises en compte ?  Le Conseil administratif de la Ville les a acceptées -mais c'est le Conseil municipal qui va devoir se prononcer. Et on ne se fait évidemment pas trop d'illusions sur la cohérence de celles et ceux qui, à longueur d'années, prônent les serrages de ceintures, les réductions de voilures et les restrictions de dépenses, mais maintiennent depuis des lustres une commission parasitaire -mais rémunérée, et dont la seule justification n'est plus désormais que le plaisir, tarifé, que prennent à y siéger ceux qui en défendent l'existence.

Lire la suite

14:58 Publié dans Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : naturalisations, commission des naturalisations | |  Facebook | | | |

lundi, 13 juin 2016

La loi, et après ?

Bandeau asile.jpg

ça n'a pas traîné : le lendemain du vote largement favorable à la nouvelle loi sur l'asile (à plus de deux contre un, aucun canton ne manquant à l'appel du "oui"), la droite démocratique se vautrait sur les plate-bandes de l'UDC pour exiger une application la plus stricte (pour ne pas écrire : la plus aveugle) possible des dispositions les plus restrictives de la loi, la mise en oeuvre la plus rapide et la plus effective possible des renvois, et l'application la plus prudente (pour ne pas écrire : la plus insignifiante) possible des avancées contenues dans la loi. Sur quoi, le jour suivant, la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga rappelait à l'ordre le canton de Vaud, coupable de ne pas exécuter assez promptement les décisions fédérales de renvoi... Alors bien sûr que la situation serait pire encore (pas pour nous : pour les réfugiés) si la loi avait été refusée, puisque même en ne menant pas vraiment campagne, c'était le parti xénophobe et tribal qui constituait le coeur de l'opposition à la loi soumise au peuple... et qui geint en attribuant sa défaite à la "machine de propagande" créée par le Conseil fédéral pour "duper le peuple"...  A l'inverse, la socialiste Cesla Amarelle se félicite que le peuple ait "saisi les réels enjeux  cette votation" et de ce que l'on puisse désormais aborder la question de l'asile "plus sereinement". Bel optimisme. Démenti toutefois par l'offensive de la droite sitôt le vote acquis. Le "front commun" des partis gouvernementaux en faveur de la loi n'était pas un "front républicain" contre la xénophobie -seulement une alliance contre l'UDC. Une alliance de circonstance, ne présageant rien dont on puisse se réjouir. Et ne répondant pas à la question : la loi a été approuvée, qu'en faire ?

Lire la suite

15:28 Publié dans Immigration, Solidarité, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile, réfugiés | |  Facebook | | | |

lundi, 09 mai 2016

Loi sur l'asile : Non à la loi ou à Non à Simonetta Sommaruga ?

A Genève, « Stop Exclusion » a, difficilement, opté pour un appel à voter « non » à la réforme de la loi sur l'asile. Un «  non idéologique », par opposition au « oui stratégique » du PS, des Verts ou d'Amnesty, qui « espèrent obtenir quelques avancées, notamment avec la gratuité des avocats ». Or sur cette «  avancée », «  Stop Exclusion » voit planer trop d'incertitudes pour pouvoir s'en contenter, et craint en outre que l'accélération des procédures se fasse au détriment des droits des requérants. «Stop Exclusion », ralliant le camp du « non de gauche », espère que « ce non de gauche soit crédible et entendu ». «  Crédible » , il l'est, assurément. Mais « Entendu », c'est une autre affaire dans une campagne dominée par l'affrontement de l'UDC et de la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, que les blochériens, à l'instar de Roger Köppel et de la Weltwoche, exècrent au point qu'on se convainc que cette exécration est au fond la seule motivation de leur référendum... en même temps qu'en retour, elle est sans doute la principale motivation du soutien du PS suisse à la révision de la loi portée par "sa" Conseillère fédérale.

Lire la suite

15:08 Publié dans Immigration, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : asile, accord de dublin | |  Facebook | | | |

mercredi, 27 avril 2016

Commission municipale des naturalisations en Ville de Genève : Respecter les textes et les personnes ? Plus tard...

3.singes.jpg

16 communes genevoises ont décidé de ne pas ou plus avoir recours à une commission des naturalisations. La majorité du Conseil municipal Ville de Genève a fait quand à elle le choix de la maintenir, mais sans pour autant accorder à ladite commission le droit de fonctionner au mépris du règlement du Conseil Municipal, de la Loi sur l'administration des Communes et des règles les plus élémentaires de respect des personnes dont les dossiers lui sont transmis.

La question du maintien ou non d'une commission municipale des naturalisations en Ville de Genève se reposera. Mais quelle que soit la réponse qui sera alors donnée par le Conseil Municipal, la commission encore existante se doit, d'ici-là, de respecter les textes qui l'encadrent, et surtout les personnes dont elle examine les requêtes en naturalisation. Or tel n'est pas le cas.

Bien que l'on ne puisse attendre de conseiller-ère-s municipaux-ales l’objectivité, l’impartialité et la distance que l’on exige d’un-e professionnel-le, on est toutefois en droit d'attendre des membres d'une commission municipale des naturalisations d'être capables de faire abstraction de leurs préjugés. Or des témoignages nombreux et crédibles font état de prises de positions xénophobes voire racistes, homophobes ou sexistes, de la part de membres de la commission, sur les conformations physiques ou encore sur le niveau de revenu et de salaire des candidat-e-s à la citoyenneté genevoise.

A cela s'ajoute le fait que la commission persiste à ne pas respecter le règlement du Conseil Municipal, qui lui impose de décider de ses préavis par des votes à bulletins secrets et non à main levée, ce qui rend ces préavis formellement contestables. De plus,  la loi sur l'administration des communes n'autorise pas une commission du Conseil municipal à transmettre directement ses rapports au Conseil administratif, comme le fait la commission des naturalisations. Bref, à l'initiative du PS, la gauche a déposé hier au Conseil municipal de la Ville une résolution demandant à la commission municipales des naturalisations de respecter les textes et les personnes. Plus tard, le plus tard possible, a répondu la majorité de droite coagulée pour qui l'important est de punir les lanceurs d'alerte qui rendent publiques les dérives de la commission -pas de faire respecter par celle-ci le règlement et la loi auxquels elle est soumise, et qui lui indifférent.

Un élément de plus dans le dossier à charge de cette instance parasitaire.

Lire la suite

15:45 Publié dans Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : naturalisation, nationalité, commission municipale | |  Facebook | | | |