vendredi, 31 mars 2017

Russie, 1917-2017 : Centenaire d'une défaite

révolution, Russie, URSS, communismeIl y a un siècle, en mars 1917, la Russie entrait en révolution. Huit mois et un putsch plus tard, la révolution accouchait d'un monstre. L’instauration en Russie, après la contre-révolution bolchevik, du mode de production collectiviste d’Etat est sans doute la plus écrasante défaite du mouvement révolutionnaire dans les temps « modernes » une défaite plus considérable encore que celles subies ensuite face aux fascismes : après tout, ceux-ci étaient les ennemis du mouvement révolutionnaire, s’avançant et agissant comme tels. Les bolcheviks, eux, se revendiquaient du mouvement révolutionnaire, jusqu’à s’en prétendre les seuls héritiers. Leur victoire est le couronnement des défaites du projet révolutionnaire des XIXème et XXème siècles, parce qu’il est l’écrasement de la révolution au nom de la révolution elle-même.

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dimanche, 01 janvier 2017

Fin (enfin) d'une année de merde


De Profundis

On ne regrettera pas l'an de disgrâce 2016. Et on ne changera pas non plus de calendrier pour l'extirper de nos mémoires embuées par le champagne et embourbées dans le foie gras des libations de fin d'année. 2016, année de Trump, de Poutine, du Brexit, de la Syrie exsangue... Dies Irae ? Dies, on a comme un doute, mais irae, certainement. De Profundis, en tout cas. Et puis quoi ? Cette année morte n'est ni la première ni la dernièr, que scandent nos défaites. Nous avons survécu aux autres, nous survivrons à celle-là. Nous ne sommes pas résignés, nous sommes patients. Et nous avons de la mémoire.

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vendredi, 04 novembre 2016

Demi-millénaire des thèses de Luther : Faire la révolution sans le vouloir

Thèses de Luther.jpg

On est entré hier dans une année de commémoration de la Réforme protestante (la Réformation), lancée par l'affichage des Thèses de Luther. Une réforme qui fut une révolution, dont Luther ne voulait pas -ni religieuse, ni, et encore moins, sociale et politique. Mais qu'il a provoquée. Parce que l'Eglise romaine, dont il était, refusa de se réformer -et ne finit par accepter de le faire qu'une fois la Réforme protestante acquise dans la moitié de l'Europe occidentale -la plus grande partie de l'Allemagne, toute la Scandinavie, en Hollande, dans les cantons suisses les plus peuplés, dans une partie importante de la France... et au passage à Genève (parce que ça arrangeait les Genevois en lutte contre la Savoie très catholique). Luther n'était pas révolutionnaire, mais il a fait la révolution. Sans le vouloir, et en couvrant de son autorité morale et religieuse la répression féroce de ceux qui la voulaient, mais c'est bien le début d'une révolution que l'on commémore depuis hiers. La vieille taupe est aveugle. Elle ne voit pas où elle va, mais elle y va.

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mercredi, 19 octobre 2016

La gauche en Europe : D'où viens-je, où cours-je ?

Excellent documentaire français, sur la deuxième chaîne télé romande, dimanche soir : une histoire de l'anarchisme. Toujours bon à prendre, un travail de mémoire, surtout quand il porte sur l'un des courants fondateurs du socialisme, que les autres courants non moins, mais pas plus, fondateurs n'ont eu de cesse de faire oublier. On a donc vu passer les incontournables (Proudhon, Bakounine, Kropotkine, Malatesta), les maudits (Ravachol, Bonnot), les héroïques (Durutti, Makhno), de grandes figures révolutionnaires au féminin (Louise Michel, Emma Goldman), et tous et toutes les autres. Et surtout, un formidable mouvement à la fois politique et social. Dont il semblait pourtant qu'il ne subsistait plus grand chose, sinon quelques nostalgies et quelques irréductibles. Mais de le voir passer sans qu'il ait trépassé, increvable, ça fait du bien. Surtout en un moment où, réfugié ou non dans des organisations (et même des partis) traditionnels de gauche, on contemple avec consternation l'état de la gauche en Europe... Avec consternation, mais sans renoncement : ce qui qui défaille peut être ranimé. Et de savoir d'où l'on vient aide à savoir où l'on est, et à décider où on veut aller.

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jeudi, 29 septembre 2016

150ème anniversaire du premier congrès de l'Internationale

Naissance (et renaissance ?) de l'internationalisme

1er Congrès AIT.JPG

 

Il y a 150 ans naissait à Genève le mouvement ouvrier international :  du 3 au 8septembre 1866 s'est tenu aux Eaux-.Vives, à la Brasserie Treiber, le premier Congrès de l'Association Internationale des Travailleurs, fondée deux ans plus tôt. La "Première Internationale". Ou l'Internationale tout court et tout simplement -les suivantes, la Deuxième (social-démocrate), la Troisième (communiste), les Quatrièmes (marxistes révolutionnaires -trotskystes, quoi) n'étant au fond que des surgeons, ou des héritières (et des héritières ingrates et traîtresses) de cette Première, unique en son genre et en ses ambitions, et en tout cas fondatrice. Sa naissance sera commémorée ce soir jeudi, à l'Université Ouvrière, (place des Grottes) à 18 heures 30. On commémorera, donc*. Plus discrètement qu'en 1866, pour le centenaire. On commémorera et on se souviendra. Et si on s'inspirait ?

JEUDI 29 SEPTEMBRE, GENEVE
*Quel internationalisme ouvrier pour le XXIe siècle ? Commémoration du Premier Congrès de l'Association Internationale des Travailleurs (1ère Internationale), avec Marc Vuilleumier, Marianne Enckell, Bernard Thibault, Julia Gousseva
Université Ouvrière, place des Grottes, 18 heures 30

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14:50 Publié dans Genève, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : internationale, internationalisme, socialisme, ait, première internationale | |  Facebook | | | |

lundi, 01 août 2016

Koikonchante, keskonfête aujourd'hui ?

drapeau-suisse rupestre.jpgSur nos monts quand le soleil...

La vice-présidente de l'UDC, Céline Amaudruz, et le vice-président du PDC, Yannick Buttet, ont sonné la charge contre les paroles, pourtant assez insignifiantes, proposée par la société suisse d'utilité publique (la SSUP) pour être celles, nouvelles, de l'hymne national suisse. Qu'est-ce qu'elle disent, ces paroles pleines de bons sentiments (à chanter sur la musique de l'hymne actuel) : "Sur fond rouge la croix blanche, symbole de notre alliance, signe de paix et d'indépendance, ouvrons notre coeur à l'équité et respectons nos diversités, à chacun la liberté, dans la solidarité, chantons d'une même voix sur fond rouge la blanche croix". Ouala. Et qu'est-ce qu'elle a entendu, Amaudruz ? "une nouvelle attaque contre notre passé, contre ce que nous sommes, menée une fois de plus par les tenants du cosmopolitisme triomphant". Et "le programme politique de la gauche". Un hymne socialiste, rien que ça. Et Buttet, alors, il a entendu quoi, lui ? Une volonté d'extirper Dieu de l'hymne national. Et d'accuser la Société suisse d'utilité publique de "nuire à la Suisse" et de "nier l'existence de la patrie". Des traîtres gauchistes, quoi. Et déicides. Bref, la SSUP est pleine, y'a un complot  et on va faire chanter aujourd'hui cette chose antipatriotique à Meinier (du coup le MCG a appelé à boycotter la fête) et même sur le Grütli (par le "choeur suisse des jeunes chanteurs", en quatre langues). Le PDC Butter et l'UDC Keller ont donc appelé en rétorsion à ce que la gestion du Grütli soit retiré à la SSUP.  Pour la confier en partenariat à l'ASIN et au Séminaire d'Ecône ?)...

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14:49 Publié dans Histoire, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1er août, hymne national | |  Facebook | | | |

jeudi, 14 juillet 2016

14 juillet, 26 Messidor, jour du Père Ubu...

épithètes.jpgQue reste-t-il des révolutions passées ?
Nous sommes aujourd'hui, 14 juillet, le 26 Messidor, et nous devrions célébrer ce jour comme celui du Père Ubu, dans le calendrier pataphysique qui nous est aussi cher que le calendrier républicain. Le 14 juillet, devenu fête "nationale" (autrement dit : de la récupération de la Nation par l'Etat, défilé militaire à la clef) fut d'abord une fête révolutionnaire. Qu'elle célébrât la prise de la Bastille ou la Fête de la Fédération, peu importe : c'est la Révolution qu'elle célébrait -la révolution française, archétype de toutes les révolutions qui suivirent, ou la Révolution majuscule, la Révolution en soi et pour soi. Encore faut-il s'entendre sur ce mot, "révolution". Et sur ce qu'il signifie, politiquement, historiquement -et pas astronomiquement. Et sur ce qui reste de cette signification, et du vieux dur désir de révolution, pour la révolution elle-même, non pour sa victoire -ou ce que l'on crut être sa victoire.

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jeudi, 16 juin 2016

Il y a 200 ans naissaient à Genève Frankenstein et sa créature

créature de Frankenstein-statue.jpg Immortels...

Le 16 juin 1816, quatre Anglais s'emmerdaient ferme à Genève, dans la villa Diodati, juste-au-dessus du lac. Il faisait un temps de chien. Un volcan, le Tambora, avait fait des siennes en Indonésie, un an avant, et avait chargé l'atmosphère de soufre et de cendres, à détraquer le temps jusqu'en Europe. A cinq jours du début de l'été, il faisait 14 ° à Genève. Comme maintenant, deux siècles plus tard ? Ouais, il faut se méfier des étés pourris à Genève : il peut en sortir des monstres. Bref, Mary Godwin (future Mary Shelley), Georges Byron, Percy Shelley et John Polidori s'emmerdent. Byron a une idée : "chacun d'entre nous va inventer une histoire de fantôme". Shelley et lui évoquent la réanimation d'un cadavre. Mary Godwin en écrira un chef d'oeuvre : "Frankenstein, ou le Prométhée moderne". Un homme y crée la vie en assemblant des morceaux de mort. La Créature et son Créateur ont aujourd'hui 200 ans (mais le livre ne paraîtra que deux ans plus tard, en 1818, et d'abord en français). Elle comme lui sont immortels. Et genevois -ceci n'expliquant en rien cela, puisque, selon Mary Shelley,"à Genève, on ne trouve rien qui vaille la peine que l'on prend à marcher sur ses rudes pavés".
Jusqu'au 9 octobre, à la Fondation Bodmer, à Cologny, à deux pas du lieu de naissance du docteur Frankenstein (la villa Diodati est toujours là), une exposition, des conférences, des événements, retraceront la genèse du roman de Mary Shelley, son contexte, sa signification aujourd'hui... 

 

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vendredi, 01 avril 2016

Ne plus penser à l'avenir, oublier le passé, ne plus avoir à l'esprit que le présent ?

Manifeste Incertain, Frédéric Pajak  L'ordre de ne plus penser qu'à rien

On  ne le connait pas personnellement, Frédéric Pajak. On le reprend, de son "Manifeste Incertain"*, sans lui demander son autorisation. Parce qu'on a aimé ce livre. Parce qu'en nous racontant Ezra Pound et Walter Benjamin, il nous dit d'où nous venons : "Nous sommes les héritiers malgré nous des idéologies du XXe siècle. Nous ressemblons à leurs pensionnaires hébétés, croupissant dans le déni de leurs illusions encore tièdes. Nous ne voulons rien accepter de ces croyances périmées, car nous savons assez le fléau qu'elles ont été, toutes sans exception -nationalistes, communistes, fascistes"... Nous disant d'où nous venons, Pajak nous dit où nous sommes, et quand il écrit de l'idéologie moderne qu'elle "omet sciemment le passé pour mieux se vautrer dans le présent", alors que les idéologies du XXe siècle "se sont acharnées à oublier le présent pour s'oublier dans l'avenir", il écrit d'une impasse, celle dans laquelle nous végétons. Ne plus penser à l'avenir, oublier le passé, ce à quoi l'"idéologie moderne" nous enjoint, c'est de ne plus avoir à l'esprit que le présent. Or il n'y a pas de présent. ll n'y a que le passé et l'avenir. Le présent n'est rien que le moment imperceptible où ce qui était de l'avenir devient, sans délai, du passé. Ne plus penser qu'au présent, c'est ne plus penser qu'à rien. C'est cela qu'on attend de nous ? C'est cela qu'il nous faut refuser.


*(Frédéric Pajak, Manifeste Incertain, Noir et Blanc, Lausanne, 2014)

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lundi, 08 février 2016

Centenaire d'une révolte culturelle : Dada m'a (pas) tuer

Le 5 février 1916 naissait à Zurich le Cabaret Voltaire, et peu de temps après, Dada, dans un îlot au coeur d'une Europe ravagée par la guerre et la connerie chauvine (si la Suisse échappa à la première, elle n'échappa pas à la seconde), à laquelle Dada n'avait à opposer qu'un  ricanement souverain, un mépris absolu des convenances et des disciplines, un irréductible irrespect des maîtres. Il peut convenir de prendre un peu de hauteur -à moins qu'il s'agisse de profondeur ?- en célébrant  le centenaire d'une révolte culturelle qui remit en cause tout ce qui faisait la culture de son temps, tout ce que la culture de son temps faisait et tous les lieux où elle se célébrait. Y compris les musées. Une petite prise de distance s'imposw, comme une respiration, avec un simulacre de débat (d'autant qu'on y participe) : le débat foireux sur le projet de rénovation-extension du Musée d'Art et d'Histoire de Genève, débat qui, "culturellement" se réduit, à un affrontement entre la sacralisation du patrimoine (nous chantions naguère"du passé faisons table rase"...) et le fétichisme d'une modernité aussi bruyante, parce qu'aussi creuse, qu'un tambour.

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jeudi, 31 décembre 2015

Mort d'un Juste : Hocine Aït Ahmed, Presente !

ait-ahmed-anaaf.jpg

L'homme qui est décédé le 23 décembre à Lausanne était un Juste. Un résistant irréductible à l'oppression et à l'injustice. Un combattant inlassable contre le colonialisme, et contre le vol d'une révolution et d'une libération par la bureaucratie d'un parti unique et d'un syndicat unique, par une armée et une police politique. Cet opposant constant ne l'était que parce qu'étaient constants les maux qu'il dénonçait et les crimes commis au nom des espérances trahies. Hocine Aït Ahmed sera inhumé dans son  village natal de Haute Kabylie, demain. On aurait voulu y être. Nos camarades latinos ont tradition, lorsque l'un des leurs disparaît, de lui rendre hommage et de le saluer en l'annonçant "presente !". Salvador Allende, presente ! Pablo Neruda, presente !
Hocine Aït Ahmed, presente !

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lundi, 23 novembre 2015

A propos de Staline, de Lénine, de Trotsky et des autres...

Retour sur une défaite

Et si on parlait d'autre chose que de l'islam et de ses dérives ? Si on parlait de nous -ou de qui fut une part de nous, naguère ? Il y a quelques semaines, la télé (France 2) nous gratifiait d'une soirée entière dédiée à Staline, sa vie, son oeuvre, ses crimes. On était dans la vulgarisation, dans le spectacle, le résumé hasardeux, les raccourcis simpliste et les images colorisées... Mais aussi dans un rappel utile, au travers du Petit Père des Peuples, de la plus lourde défaite historique du mouvement socialiste : l'Union Soviétique. Celle de Staline, bien sûr -mais cet arbre qui cache la forêt est un coupable trop idéal pour être le seul : celle de Lénine aussi, et celle de Trotsky. Celle d'une conception de la révolution, du pouvoir, du socialisme qui fut une défaite de la révolution, une captation du pouvoir, une trahison du socialisme. Une défaite plus considérable encore que celles subies face aux fascismes  -après tout, ceux-ci étaient les ennemis du mouvement révolutionnaire, s’avançant et se disant tels et agissant comme tels. Les bolcheviks, eux, se revendiquaient du mouvement révolutionnaire, jusqu’à s’en prétendre les seuls héritiers légitimes. Comme les djihadistes pour l'islam ? Comparaison n'est pas raison, sans doute -mais n'est-ce pas le sommeil de la raison qui engendre ces monstres ?

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vendredi, 04 septembre 2015

Il y a un siècle, à Zimmerwald...

"Guerre à la guerre" !

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Le 5 septembre 1915, un an après le déclenchement de la Grande Guerre, une quarantaine de militants de la gauche socialiste européenne, drôles d'oiseaux se présentant pour l’occasion comme des « ornithologues », tiennent conférence dans la pension Indermühle à Zimmerwald, dans le Mitelland bernois, accueillis par le socialiste bernois Robert Grimm et par Lénine (alors membre du PS suisse...) Venus de onze pays (de France, de Suède, de Roumanie, de Russie, de Norvège, des Pays-Bas, de Bulgarie, d’Italie, d’Allemagne, de Suisse, ces 38 personnages représentent en fait l’avant-garde du mouvement socialiste européen : Lénine, Trotsky, Zinoviev, Martov, Rakovsky, Angelica Balabanova en sont, et avec eux les syndicalistes révolutionnaires français Bourderon et Merrheim, et les députés sociaux-démocrates allemands Ledebour et Hoffmann. Thème de la conférence : la stratégie à opposer à la guerre impérialiste. Et ce week-end, à Berne, on commémorera (http://www.zimmerwald1915.ch/) ce réveil de l'internationalisme socialiste, auquel les socialistes suisses prirent une part notable, puisqu'ils furent, souterrainement, les organisateurs...

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jeudi, 23 avril 2015

Centenaire du génocide arménien : quand les Kurdes donnent l'exemple

Arménie, génocide. négationnismeDemain, on commémorera le centenaire du génocide arménien. On le commémorera à Erevan, on le commémorera à Berne, et à Diyarbakir, au Kurdistan turc. En Suisse, la négation de ce génocide, et la complaisance à l'égard des négationnistes (celle, par exemple, du gouvernement genevois et du gouvernement suisse, dans la navrante polémique sur le lieu d'installation d'un mémorial de ce génocide -et  de tous les autres) perdure, faisant insulte aux Arméniens, aux victimes du génocide, aux rescapés, à leurs descendants, mais aussi au peuple turc, que l'on considère comme incapable de regarder sa propre histoire en face, et au peuple suisse lui-même, et aux Genevois, rendus complices d'une lâcheté intellectuelle et politique inacceptable (dans une ville qui fut l'un des foyers de la naissance du mouvement national arménien). Aux côtés d'intellectuels, d'artistes, de journalistes turcs, aux côtés d'Arméniens qui se rendent en Turquie sur les lieux où vivait leur peuple et où il a été massacré, le peuple kurde de Turquie, lui, avec ses organisations et ses porte-paroles, regarde désormais en face, et assume, son histoire, avec tout ce qu'elle contient. Demain vendredi, à 17 heures à Berne (Casinoplatz), une manifestation exigera du Conseil fédéral et de la Turquie la reconnaissance du génocide arménien. Comme les Kurdes de Turquie, aujourd'hui, en donnent l'exemple, et la leçon à nos propres gouvernants.

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mardi, 31 mars 2015

Toilettes historiques à la turque

"Réverbères de la mémoire" et Centenaire du génocide arménien
       
Il y a deux semaines, au Grand Conseil, on a eu droit, à propos de l'édification dans un parc de la Ville de Genève d'un mémorial du génocide arménien, dont on commémorera le centième anniversaire le 24 avril prochain. à une véritable concours d'applaventrissements successifs : Le Conseil fédéral s'est couché devant le gouvernement turc, le Conseil d'Etat genevois devant le Conseil fédéral et le Grand Conseil devant le Conseil d'Etat. Une motion du PDC, soutenue par la gauche, demandait au Conseil d'Etat de favoriser (au lieu que d'entraver, comme il le fait actuellement) l'édification de ce mémorial. A une voix de majorité (et avec trois abstentions dont on se demande ce qu'elles peuvent bien signifier sur une question pareille), cette motion  a été refusée par le PLR, l'UDC et le MCG. Avec des arguments du genre "la Suisse doit respecter la neutralité sur le territoire de l'ONU" (François Longchamp, courageux conseiller d'Etat PLR) -or le mémorial devait être installé sur un parc de la Ville de Genève, hors du "territoire de l'ONU... Pour le soucieux député PLR Patrick Saudan, le mémorial serait "contreproductif" à la reprise du dialogue entre l'Arménie et la Turquie, pour l’œcuménique député UDC Michel Amaudruz, il ne faut pas "discriminer les souffrances" et pour le carrément faux derche Conseiller d'Etat Longchamp, il faut trouver "une solution cette année encore pour pouvoir commémorer le centenaire du génocide", alors qu'il a tout fait pour empêcher qu'une telle solution se trouve et que cette commémoration soit la plus "consensuelle" possible. Qu'est-ce que cela veut dire, au juste, un "consensus" sur un génocide, avec ceux qui le nient ?

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vendredi, 12 décembre 2014

Genève, an 1602 : « Ah la Belle Escalade... »

Le battement d'aile d'un papillon

Le battement d’aile d’un papillon en Chine peut provoquer un typhon en Californie, nous suggère la théorie du chaos. Dans la nuit du solstice d’hiver 1602, un papillon a battu de l’aile. Il n’a pas provoqué de typhon, il a seulement réveillé quelques veilleurs endormis. Le sort d’une République tenait à ce réveil : Des envahisseurs furent repoussés, la République survécut, 18 de ses défenseurs furent tués et 72 de ses assaillants (dont 13 exécutés après avoir été fait prisonniers)... Ville de marchands devenue République de pasteurs et d’imprimeurs, cité de diplomates et de conspirateurs, refuge de potentats chassés de leurs trônes par des révolutionnaires qui avant eux avaient ici trouvé le même refuge, Genève n’a pu l’être que parce que le battement de l’aile du papillon, au solstice d’hiver 1602, tira de leur sommeil quelques bourgeois et quelques réfugiés assoupis.  Jusqu'à dimanche, c'est leur réveil que Genève commémore.

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jeudi, 11 décembre 2014

Message de Berne à Genève : Il n'y a pas eu de génocide des Arméniens en 1915...

De la pleutrerie au négationnisme

Le Ministre suisse des Affaires étrangères, et par ailleurs encore président de la Confédération, Didier Burkhalter, s'est fendu d'une lettre au Conseil d'Etat genevois pour lui recommander de ne pas accorder à la Ville de Genève l'autorisation d'ériger dans un parc de la Ville, à proximité du Palais des Nations un mémorial des génocides du XXe siècle, et en particulier (mais seulement en particulier, parce qu'il n'a pas été reconnu par les héritiers de ses auteurs) du génocide des Arméniens -qu'on commémorera en avril prochain, un siècle après qu'il fût commis. Le Conseil fédéral suisse se fait ainsi le commis d'un gouvernement turc (et de ses porte.valises et porte-plumes locaux, dont, détail amuant, le MCG...), au prétexte que le mémorial des génocides, prévu pour être installé à proximité des organisations internationales, pourrait gêner quelques diplomates et fonctionnaires internationaux. Ainsi la pleutrerie conforte-t-elle le négationnisme.

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mercredi, 05 novembre 2014

Retrouver l'inspiration d'un renouveau de l'internationalisme ? L'an prochain à Zimmerwald...

 

socialisme, internationalisme, Zimmerwald

La Jeunesse Socialiste suisse réfléchit à une commémoration du centenaire de la conférence de Zimmerwald, qui avait réuni en septembre 1915, dans la campagne bernoise, à l'inititiative de socialistes suisses et italiens, des représentants de la gauche socialiste européenne, opposée aux « unions sacrées » passées dans les Etats en guerre entre les partis socialistes et sociaux-démocrates, les partis de droite, les gouvernements et les armées au nom de la « défense nationale », deux ans après que le congrès de Bâle de l'Internationale ait solennellement proclamé que si la guerre éclatait en Europe, les partis socialistes et les syndicats y répondraient par une grève générale à l'échelle du continent. On conviendra donc que pour trouver en 2015 l'inspiration nécessaires à un renouveau de l'internationalisme et de la lutte contre les nationalismes, le centenaire de Zimmerwald vaut mieux que le demi-millénaire de Marignan...

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15:52 Publié dans Armée, défense nationale, Histoire, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : socialisme, internationalisme, zimmerwald | |  Facebook | | | |

vendredi, 01 août 2014

Sur nos monts quand le soleil...

Lanceur_de_drapeau1.jpgOn fête quoi, le 1er août ?

Sur la prairie du Grütli, la Société Suisse d'Utilité Publique organise chaque année une cérémonie pour la Fête Nationale, faisant mine de croire qu'il s'y était passé quelque chose le 1er août 1291 et que ce quelque chose était l'acte de naissance de la Confédération suisse (pardon : de la Confédération Helvétique, puis tel est son nom officiel -en latin dans le texte- peu important qu'il n'y ait plus un Helvète vivant depuis un millénaire et demi sur le sol sacrée du Heimat). On sait bien que tout cela relève du mythe, fondateur non de la Suisse, et moins encore d'un Etat suisse (il faudra attendre 1798 pour qu'il en naisse un, à coups de pieds français dans le cul des cantons souverains), mais fondateur de la Suisse "moderne", née de la révolution radicale quarante-huitarde et de la défaite des conservateurs du Sonderbund. Mais après tout, il y a du mythe et de la réécriture de l'histoire dans tout discours patriotique et dans toute idéologie nationale, et un Guillaume Tell mythologique vaut bien un Vercingétorix réécrit par Cesar.. Reste qu'on ne sait pas très bien ce que l'on fête, en Suisse, chaque 1er août... et que sur la Prairie Sacrée du Grütli, on peut faire n'importe quoi : le salut nazi, par exemple, pour lequel, condamné par un tribunal uranais, un néonazi a été acquitté par le Tribunal fédéral, et sera même dédommagé...

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lundi, 02 juin 2014

Genève suisse : célébration d'une réécriture de l'histoire...

1814Mektoub ?

C'est parti, samedi, pour quasiment deux ans de commémoration (« avec chaleur et convivialité ») de l'entrée de la République de Genève dans la Confédération Helvétique. De commémoration, ou plutôt de célébration : si on commémore un événement, on célèbre la signification qu'on lui donne : « Et Genève épousa la Confédération », titre « Le Temps ». On va donc faire comme si, Mektoub !, il était écrit que Genève devait être suisse, comme si le Grand Dugong qui fait l'Histoire tapi dans les plis du temps en avait ainsi décidé, de toute éternité. Or ce n'était pas écrit, ce fut un choix de la Genève officielle, de la Suisse et des monarchies européennes coalisées contre la France. Ce choix arrangeait tout le monde -quoique la Suisse sans doute moins que Genève. L'année prochaine, nous annonce Pierre Maudet, un bus sillonnera les grandes villes suisses pour leur « présenter la cité de Calvin » : deux siècles après qu'elle soit devenue suisse, il faut donc encore la présenter aux Suisses...

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