mardi, 16 janvier 2018

Commission municipale des naturalisations : Appendicectomie bienvenue

natus2.jpgCes derniers mois se sont succédés, un peu partout en Suisse, les épisodes les plus navrants de l'activité des commissions municipales de naturalisation : des candidates et candidats refusés parce qu'il ne fréquentaient pas l'épicerie du coin mais la Migros de la commune d'à côté, ou parce qu'ils n'aimaient pas le bruit des cloches des vaches, ou parce qu'ils ne connaissaient pas les noms des trois suisses du mythe grutléen, ce genre d'âneries... A Genève, même si on arrive aussi d'y entendre des énormités, les commissions municipales des naturalisations sont évidemment moins nuisibles qu'ailleurs : la faute, ou plutôt la grâce, à la cantonalisation plus poussée qu'ailleurs de la procédure de naturalisation. Est-ce une raison suffisante pour maintenir à toute force, et sous n'importe quel prétexte, une instance inutile, qui ne décide de rien, n'enquête sur rien (sauf à sortir de ses compétences légales), ralentit et renchérit la procédure ? Le Conseil municipal de la Ville de Genève devrait en décider aujourd'hui ou demain, pour sa commune. Une décision qui n'aura de toute façon, quelle qu'elle soit rien de définitif. Il n'aura pas fallu moins de sept séances, avec ou sans auditions, à la commission du réglement  pour accoucher des propositions de sa majorité (maintien de la commission) et de sa minorité (substitution d'une commission de l'intégration à la commission des naturalisations) alors que sur le fond du débat, les positions des unes, des uns et des autres étaient connues et affirmées du début à la fin des discussions en commission du règlement. On ne préjugera pas le sort que réservera le Conseil municipal à sa commission des naturalisations, on notera seulement qu'après tout, vu son utilité dans le processus de naturalisation, la supprimer ne serait pas plus une amputation que ne l'est une appendicectomie.

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mardi, 09 janvier 2018

Initiative populaire «Pour une politique culturelle cohérente à Genève» : En revenir à la loi

culture.jpgInitiative populaire «Pour une politique culturelle cohérente à Genève» : En revenir à la loi

Le 2 janvier, le comité d’initiative «Pour une politique culturelle cohérente à Genève» a déposé 14’205 signatures (il en fallait 10'263 valables) au service des votations et élections. Sa démarche, soutenue par les milieux culturels (notamment l'Action intermittents, Aropa, La Culture Lutte, Fonction:Cinéma, Les Rencontres Professionnelles de Danses) et le SIT – Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs est présentée par le comité d'initiative comme une "remise en question des options récemment prises en matière de gouvernance culturelle". Son texte propose d’instaurer une collaboration active entre les communes, les villes et le canton pour élaborer et mettre en œuvre une politique culturelle publique cohérente. Il demande en outre un engagement renforcé du canton en matière de cofinancement de la création artistique et des institutions culturelles. Au fond, l’initiative demande d'inscrire dans la constitution le principe du "faire ensemble"que la loi sur la culture prévoyait déjà, et que le processus de répartition des tâches culturelles entre le canton et les communes, particulièrement la Ville, avait faussé, dérouté et réduit à un marchandage. l'initiative, si elle est acceptée par le peuple, devrait permettre de hausser le canton à la hauteur des responsabilités que la loi lui donne, et que sa majorité parlementaire refuse d'assumer. Les deux magistrats en charge de la culture pour la Ville et pour le canton, Sami Kanaan et Anne Emery Torracinta, ont d'ailleurs salué son aboutissement : elle et lui sont confrontés à des parlements où la droite et l'extrême-droite majoritaires n'ont, ni au Grand Conseil ni au Conseil municipal le moindre début d'amorce de projet culturel.

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mercredi, 20 décembre 2017

Fêtes de Genève : "Genève Tourisme" soutient l'initiative populaire

Jetdeautordu.jpgDes artifices sans feux...

Les commerçants et les forains s'étaient dits satisfaits de la nouvelle formule des Fêtes de Genève, imposée par le Conseil administratif à "Genève-Tourisme". On est bien contents pour les commerçants et les forains, mais le bilan financier de l'édition 2017 affiche un déficit de 3,2 millions de francs (sur un budget de quatre millions et demi, ça doit tenir du record...), s'ajoutant au déficit de l'édition 2016 : 6 millions (sur un budget de 7,5 millions).  La participation populaire a certes été importante (1,2 million de présences cumulées sur 10 jours), mais elle tient surtout (300'000 à 350'000 personnes, sans cumul) au grand feu d'artifice. Les millions des déficits successifs, et la grogne populaire face à ce que sont devenues ces Fêtes, brièvement rebaptisées "Geneva Lake Festival", viennent de coûter leur poste à deux fusibles : le directeur général de "Genève Tourisme", Philippe Vignon, viré sans délai, et l'organisateur des Fêtes, Christian Kupferschmid, dont le mandat prendra fin dans six mois. Cet artifice (sans feu) donne le ton d'un débat : le 4 mars prochain, les habitants de la Ville voteront sur une initiative populaire qui recalibre les festivités et les recentre, et permettrait de les confier non plus à "Genève Tourisme", qui d'ailleurs n'en veut plus vraiment, mais à la Ville. En somme, "Genève Tourisme" vient d'appeler à voter pour l'initiative. Et sur ce point, on est d'accord avec elle.

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mardi, 19 décembre 2017

Assurance-maladie : floraison d'initiative

lobotomie.jpgSoignons, Signons !

Sur le front de la lutte pour une véritable sécurité sociale, et donc une réforme du système d'assurance-maladie, les initiatives désormais s'additionnent, à Genève. La gauche genevoise vient de lancer la sienne, "pour des primes d'assurance-maladie plafonnées à 10 % du revenu du ménage", qui exige que le canton adapte les subsides d'assurance-maladie afin de ramener la charge de la prime au maximum à 10% du revenu. Pour les initiants, cette mesure bénéficiera avant tout aux personnes (retraité-e-s seul-e-s ou en couple) et aux familles (couples sans enfants, familles de la "classe moyenne") qui ne sont pas ou peu aidées par le système actuel des subsides à l'assurance-maladie, versés principalement aux personnes et aux familles les plus modestes.
On signe ici : http://www.ps-ge.ch/in-10pourcent/
Même le nouveau parti du fondateur du MCG, Eric Stauffer, s'y est mis (le thème, il est vrai, est porteur, en proportion du poids des primes versées aux caisses) : il annonce le lancement d'une initiative pour une caisse cantonale publique... et sans primes, mais financées par l'impôt.
Enfin, le Parti du Travail a déposé à la mi-juillet 14'400 signatures au bas de son initiative populaire cantonale pour une "caisse d'assurance maladie et accidents genevoise à but social". Le projet de l'initiative est celui d'une caisse garantissant à toute personne domiciliée dans le canton une complète couverture des soins.

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16:27 Publié dans Assurances sociales, sécurité sociale, Genève, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : assurance-maladie | |  Facebook | | | |

lundi, 18 décembre 2017

Commissions municipales de naturalisations : Pas de Roestigraben pour l'arbitraire.

natus.jpgLa commission municipale des naturalisations de la Ville de Nyon a refusé la nationalité suisse (en la refusant en même temps à son épouse et à ses trois enfants) à un Italien de passeport né en Suisse il y a 45 ans, qui maîtrisait parfaitement le français (sans doute même mieux que nombre de ses "examinateurs") et était parfaitement intégré dans sa commune et son canton... mais avait confondu deux conseillères d'Etat vaudoises lors de son interrogatoire par la commission.  Une semaine avant lui, une jeune Française avait aussi été recalée, parce qu'elle n'avait pas pu dire si le poisson du blason de la commune nageait vers la gauche ou vers la droite. Même le président de la Confédération, Alain Berset, en est resté pantois, au point d'adresser un message de solidarité personnelle à Salvatore Scanio : "J'ai été touché par la situation que vous vivez face à votre procédure de naturalisation". Et si le président de la Confédération ne peut, en tant que tel, rien faire pour effacer les âneries des "faiseurs de Suisses" nyonnais, Alain Berset a pu, en tant qu'Alain Berset, exprimer son espoir que le déjà Suisse de fait voulant le devenir aussi de droit ait "le courage et la force (...) de dépasser cette épreuve et de continuer". On avait pris l'habitude, de ce côté de la limite entre la tribu et la société, de considérer qu'il n'y avait guère que dans la Suisse alémanique profonde qu'on pouvait refuser à un habitant ou une habitante de ce pays, né-e dans ce pays, éduqué-e dans ce pays, ayant fondé une famille dans ce pays, travaillant dans ce pays, le droit d'avoir la nationalité de ce pays parce qu'elle ou il ne faisait pas ses courses à la Migros du coin mais à la Coop de la commune d'à côté, ou n'aime pas le bruit des cloches de vaches, ou ne cite pas l'Inn au nombre des fleuves qui prennent leur source en Suisse, ou considère que le ski est un sport national suisse, ou ne connaît pas Arnold von Melchtal... il faut se résoudre à admettre qu'en Romandie aussi, on peut faire usage de critères aussi imbéciles pour prendre une décision aussi navrante. Et qu'il n'y a pas de Roestigraben pour l'arbitraire. Hélas

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16:14 Publié dans Genève, Immigration, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : naturalisations, nationalité, citoyenneté | |  Facebook | | | |

jeudi, 14 décembre 2017

Recyclage de la réforme de l'imposition des entreprises : Bis Repetita

On ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc.jpgLa Communauté genevoise d'action syndicale, qui réunit tous les syndicats genevois, jusqu'à celui de la police, est très claire : que le projet fédéral ou cantonal de réforme de l'imposition des entreprise ait changé de nom, passant de "RIE III" à "PF17", importe peu : si son contenu ne change pas profondément, la CGAS lancera les référendums contre le recyclage du projet fédéral et contre son volet cantonal, tant qu'ils entraîneront des pertes fiscales pour les collectivités publiques et une détérioration des prestations à la population. C'était déjà la raison pour laquelle les syndicats avaient été, avec le PS suisse, en première ligne du combat, victorieux, contre la RIE III fédérale le 12 février dernier. Le nouveau projet fédéral et son volet cantonal risquent donc fort de se retrouver face à une opposition tout aussi déterminée que celle qui mit à bas leurs premières moutures, d'autant que s'il a été revu sur certains points (il renonce par exemple à la "déduction des intérêts notionnels", le projet fédéral contient toujours des éléments (la "patent box", les déductions fiscales pour la recherche et le développement, par exemple) contestables, et que le volet cantonal proposé par le Conseil d'Etat fixe le nouveau taux d'imposition des entreprises à un niveau "vaudois" trop bas (13,8 %). Les syndicats ne contestent nullement l'objectif avoué de la réforme, c'est-à-dire l'établissement d'un taux d'imposition unique pour toutes les entreprises, et donc la fin du privilège jusqu'alors accordé aux multinationales. Mais ils contestent fermement l'usage de cet objectif comme un prétexte pour faire de nouveaux cadeaux à toutes les entreprises, pouvant aller jusqu'à 70 % d'allègements fiscaux, au détriment des finances et des prestations publiques -et donc de l'ensemble de la population, mais surtout de sa part économiquement la plus modeste.

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15:22 Publié dans budgets publics, Fiscalité, Genève, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : rie iii, pf 17 | |  Facebook | | | |

mercredi, 13 décembre 2017

"Le Plaza ne doit pas être démoli et doit rester un cinéma" : D'une pétition à une initiative

Vignette Plaza.jpgOn a failli oublier de vous le dire : le Conseil Municipal de la Ville de Genève a accepté samedi matin la pétition "LE PLAZA NE DOIT PAS ETRE DEMOLI ET DOIT RESTER UN CINEMA", lancée en avril 2015 et signée par 1700 personnes, qui demandent à l'exécutif de la Ville de tout faire pour empêcher la démolition du cinéma. Et donc, le Conseil municipal a décidé sans même en débattre (elle lui paraissait sans doute d'une telle évidence qu'un débat eût été superfétatoire) de la soutenir... Comme s'il ne s'agissait plus que d'une formalité... Le Plaza n'est pourtant pas encore sauvé -il s'en faut même de beaucoup, et la pétition tombait un peu comme la grêle après les vendanges, en demandant une intervention que la Ville ne peut plus faire (l'opposition à l'autorisation de démolition et à l'autorisation de construire), et en demandant d'entreprendre des démarches que l'aboutissement  de l'initiative populaire qui propose l'expropriation par l'Etat, pour la Ville, de la société propriétaire de l'immeuble semblait rendre inutiles. Pourtant, le soutien du Conseil municipal à la pétition a une utilité : celle d'exprimer l'avis du parlement de la Ville, celle de prendre une position d'opposition à la démolition de la plus belle salle de cinéma de Genève, celle de donner un signal de disponibilité à la réanimer, à en refaire un cinéma, cette position, publique, pesant tout de même dans le débat que la pétition voulait ouvrir, qui s'est ouvert sans elle, et qui va s'élargir autour de l'initiative populaire. En somme, le renvoi de la pétition au Conseil Administratif de la Ville la transforme en une résolution, disant simplement, et demandant simplement au Conseil administratif de dire ce que plus de 11'300 personnes ont dit en ayant signé l'initiative populaire cantonale, après la pétition municipale : "Le Plaza ne doit pas être démoli", la Ville doit prendre sa part de sa sauvegarde et de sa renaissance.

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14:40 Publié dans Culture, Genève, Patrimoine, urbanisme, votations | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : plaza, cinéma | |  Facebook | | | |

mardi, 05 décembre 2017

Le genou de la baigneuse ? c'est Verdun !

burkini.jpgCombats de fantômes en burkinis dans les piscines genevoises

Clapotis dans les bassins : le règlement municipal sur les installations sportives de la Ville de Genève a été modifié :  le nouveau règlement se contente de poser des règles générales, applicables aux femmes comme aux hommes, avec comme règle de base que les tenues autorisées dans ces lieux de bain doivent être des tenues de bain. Comme les tenues autorisées sur les pistes de skis devraient être des tenues de ski, si un règlement municipal genevois avait quelque pertinence dans la poudreuse. Etre en tenue de bain dans un lieu de bains, à un esprit simple comme celui de l'auteur de ces lignes, cela paraît à la fois logique et suffisant. Mais pas à la droite et à l'extrême-droite du Conseil municipal, qui s'en sont étouffées d'indignation et ont brandi la menace d'un déferlement de "burkinis" (des tenues de bain couvrant le corps), parce que le nouveau règlement ose l'impensable : il n'oblige plus les femmes à se découvrir les bras, les genoux, les chevilles et les pieds. Ni même à se couvrir les seins. Il ne les oblige plus qu'à se baigner en tenue de bain. Comme les hommes. Et il les autorise à choisir leur tenue de bain. Comme les hommes peuvent la choisir. Invraisemblable laxisme, tout fout le camp, Il est urgent de réagir, de restaurer les vraies valeurs. Exhumant un "avis" anonyme supposé être celui du Service des Sports, la droite et l'extrême-droite municipales genevoise proposent donc  de réintroduire l'interdiction de la couverture des bras des femmes et des genoux de tout le monde, en même temps d'ailleurs que l'interdiction de la découverture des seins des femmes (on notera toutefois deux lacunes : aucune couleur n'est prescrite, aucune texture non plus. Tant qu'à faire, la droite aurait pu y penser). Ainsi l'essentiel est-il sauf : les hommes pourront aller à la piscine en short et les bras couverts, les femmes ne pourront pas y aller en maillot une pièce couvrant les bras et les genoux (burkini ou non), à supposer qu'elles en aient l'intention : le cas ne s'est d'ailleurs produit que deux fois. Mais  c'est deux fois de trop, c'est une brèche, une percée, la prise de Douaumont. Car c'est au nom de la lutte contre l'intégrisme religieux islamique qu'on veut faire prendre le genou des femmes  pour Verdun. Et le bras des dames, pour le chemin des Dames. Et elles ne passeront pas ! Elles, pas ils : eux, ils passeront toujours : comme d'habitude, c'est aux femmes qu'on impose en réalité ces normes, pas aux hommes.

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15:00 Publié dans Femmes, Genève | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : piscines, burkini | |  Facebook | | | |

lundi, 04 décembre 2017

Budget 2018 de la Ville de Genève : Donner du temps perdu au temps déja perdu ?

Temps perdu.JPGMardi, à l'heure de se sustenter (et pour certains de s'abreuver), le Conseil municipal de la Ville de Genève votera (il n'a guère le choix : s'il ne le fait pas, le Conseil d'Etat le fera pour lui) l'entrée dans l'année budgétaire 2018 sous le régime des "douzièmes provisionnels". Faute d'avoir été capable d'adopter un budget. Car faute il y a : la Ville n'aura pas de budget pendant sans doute les premiers mois de 2018, ce qui aura pour son fonctionnement, mais aussi pour celui des associations et institutions subventionnées, des conséquences négatives. Et cela parce qu'une majorité du Conseil municipal, issue de la coagulation de la droite et de l'extrême-droite, a commencé par refuser de faire son boulot d'examen du projet de budget déposé fin août par le Conseil administratif, pour ensuite ne condescendre à le faire, le mois dernier, qu'en prenant bien soin de s'empêcher elle-même de le faire dans les temps (au cas où, par inadvertance, elle en aurait eu l'intention), en expédiant le nouveau projet de budget dans toutes les commissions spécialisées au lieu que de confier cette tâche à la seule commission des finances, en charge de rendre le rapport final soumis au vote du Conseil municipal. Ainsi le parlement de la Ville a-t-il commencé par perdre trois mois pour pouvoir en perdre encore deux ensuite. On cite toujours Mitterrand : "il faut donner du temps au temps". Donner du temps au temps ? oui, mais pour réfléchir, pas pour le perdre et le faire perdre.

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vendredi, 01 décembre 2017

"Sauver le Plaza" : les choses sérieuses commencent

Affiche Plaza57.jpgImpossible n'est pas genevois

Mercredi, le Conseil d'Etat a, dans un arrêté publié aujourd'hui dans la Feuille d'Avis Officielle, constaté l'aboutissement de l'initiative populaire cantonale législative "Le Plaza ne doit pas mourir", qui avait été déposée avec 11'316 signatures. Il en fallait 7697 valable pour que l'initiative aboutisse, le Service des votations et élections en a trouvé 7701 valables en ne vérifiant que 8455 de celles rendues, l'initiative a donc abouti. Les choses sérieuses vont donc commencer : le gouvernement a jusqu'au 1er avril 2018 pour se prononcer sur la validité de l'initiative et transmettre au Grand Conseil un rapport sur sa prise en considération, le Grand Conseil a jusqu'au 1er décembre 2018 pour décider sur cette prise en considération et d'un éventuel contre-projet, et jusqu'au 1er décembre 2019 pour l'adopter. Après quoi, c'est au Conseil d'Etat de fixer la date de mise en votation de l'initiative et du contre-projet. Un parcours encore semé de quelques traîtresses embûches, mais pour les surmonter les défenseurs de ce qui fut la plus belle salle de cinéma genevois ne sont plus la demie-douzaine d'irreductibles à gueules d'alternatifs qui s'opposent depuis plus de deux ans à son saccage et sa destruction (Plus d'infos sur http://fb.me/PlazaCitta) : ils ont plus de 10'000 citoyennes et citoyens genevois avec eux. Impossible n'est pas genevois.

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jeudi, 23 novembre 2017

Hommage genevois à Violeta Parra vendredi 24 novembre (demain)

Violeta Parra.jpgGRACIAS A LA VIOLETA

Le 28 mars dernier, la présidente chilienne Michelle Bachelet inaugurait à Genève, au collège Voltaire, une plaque rendant hommage à Violeta Parra, sur les lieux (démolis depuis lors) où elle vécut entre 1963 et 1964 avec son compagnon, Gilbert Favre. Soeur d'un grand poète (Nicanor Parra), mère de deux grands chanteurs (Angel et Isabel) emblématiques (avec Victor Jara, supplicié par les soudards de Pinochet) de la nueva canción chilena, accompagnant les luttes du peuple chilien, mais héritière aussi de la chanson populaire chilienne, la Lira Popular et de ses auteurs anonymes, Violeta Parra est devenue une incarnation du "Chili d'en bas". Luis Sepulveda dit d'elle  : "un de ses grands mérites a été celui d'assumer une identité contradictoire comme peut être l'identité métisse, mais cette femme ne voulait pas être la moitié de rien. Elle ne voulait pas être "moitié indienne", "moitié mapuche". La Violeta se sentait d'une identité volcanique qui la faisait être indienne à 100 %, rebelle à 100 % et à 100 % européenne quand elle vivait en France et en Suisse".

VENDREDI 24 NOVEMBRE, GENEVE
Hommage à Violeta Parra
Dès 17 h. 45, Salle Frank Martin
(Collège Calvin)
Hommages a Violeta Parra, souvenirs de ses passages à Genève dès 17 h. 50
Concert "Gracias a la vida" dès 20 heures

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mercredi, 15 novembre 2017

Budget 2018 de la Ville de Genève : Hosannah !

masques.jpgHosannah ! La droite municipale genevoise (sauf le PLR) a décidé hier soir d'étudier le projet de budget (révisé) du Conseil administratif. Le Conseil municipal va donc pouvoir faire son travail. On n'en revient pas. Bon, le premier projet de budget se soldait par un déficit de 20 millions (soit 1,7 % d'un budget de plus de 1,1 milliard...), le second efface ce déficit sans couper dans les prestations, grâce essentiellement à une hausse des rentrée fiscales (d'ailleurs prévisibles, et prévues) -mais qui ne pouvaient être intégrées au projet puisqu'il fallait attendre que le canton les confirme), il devenait difficile de refuser d'entrer en matière sur son étude quand on clamait depuis des années qu'on n'accepterait pas de budget déficitaire, mais cela ne préjuge en rien du résultat du travail (accéléré, puisqu'il devra se faire en moins de deux mois au lieu de quatre) en commission, puisque la droite s'accroche à son exigence fétiche de plusieurs millions de boni annuels, plusieurs dizaines de millions sur une législature... pour n'en rien faire. Comme si cette exigence avait un sens, quand au terme de l'exercice, les comptes affichent, obstinément, un bénéfice (55 millions par an en moyenne décennale). Et puis, de toute façon, la procédure budgétaire en Ville de Genève aboutit depuis deux ans devant le peuple lorsque la droite municipale s'attaque à la solidarité sociale, à la solidarité internationale, au pluralisme culturel...

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15:39 Publié dans budgets publics, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

mardi, 14 novembre 2017

Saison des intempéries sur le Grand Théâtre

GTG noir.jpgCoitus interruptus

Comme on le sait, le Grand Théâtre prend l'eau. Le 13 octobre dernier, le département municipal de Constructions et de l'Aménagement avait annoncé d'importantes infiltrations d'eau en sous-sol, retardant de quatre mois le chantier de rénovation du bâtiment de la place Neuve, et d'autant le retour de l'Opéra sur son site -ce qui du même coup l'empêche d'ouvrir chez lui sa saison 2018-2019, avec tout ce que cela implique de perturbations de sa programmation (exit, la Tétralogie wagnérienne prévue), de pertes de ressources et de dépenses supplémentaires à sa charge. Le PLR a d'ailleurs sauté sur l'occasion pour exiger (par voie de motion qui ne peut rien exiger, le Conseil administratif en faisant à peu près ce qu'il veut) la nomination d'un expert "indépendant". Et presque en même temps (c'est la saison des intempéries), le Conseil d'Etat annonçait qu'il renonçait à proposer au Grand Conseil que le canton prenne sa part de la "gouvernance" de la principale institution culturelle (hors l'école) de la région.

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jeudi, 09 novembre 2017

9 novembre 1932 + 85


9 novembre 1932.jpg

Chaque année, au printemps, tout au début du temps des cerises, la gauche française célèbre au Père Lachaise, devant le Mur des Fédérés, la mémoire de la Commune de Paris.
Chaque année, à l'automne, au début du temps des marrons, la gauche genevoise célèbre à Plainpalais, autour de la pierre la commémorant (ou cette année devant l'Université), la mémoire du 9 novembre 1932.
Ce n'est pas (quoique...) que nous ayons forcément en nous l'amour des rituels funéraires et des commémorations des douleurs passées , c'est que nous avons l'exigence de nous souvenir d'où nous venons. Surtout en des temps où nous ne savons plus vraiment où nous voulons aller. Ni très bien où nous sommes. Ni même toujours qui nous sommes.
Rendez-vous ce soir, à 18 heures, devant Uni Mail.

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vendredi, 20 octobre 2017

Picrocholeries et Genfereien (suite, et pas fin)

pilori.jpgPilorira bien qui pilorira le dernier...

Le Conseil d'Etat genevois a annoncé mercredi, après avoir entendu les cinq conseillères et conseillers administratifs de la Ville dans le cadre d'une instruction préalable, l'ouverture d’une procédure disciplinaire à l'encontre du Maire de Genève, Rémy Pagani, "susceptible d'avoir violé ses devoirs de fonction" dans le cadre du "processus d'établissement de la brochure électorale relative à la votation municipale du 24 septembre" sur les coupes budgétaires opérées par la majorité de droite coagulée du Conseil Municipal, votation annulée quatre jours avant le scrutin, sur demande de la droite municipale, alors que plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient déjà voté par correspondance. Rémy Pagani est passible, s'il est reconnu coupable d'avoir enfreint ses devoirs de fonction, de sanctions allant du blâme à la révocation. Les Conseillers d'Etat François Longchamp, Antonio Hodgers et Mauro Poggia, transformés en juges d'instruction, ont été chargés d'instruire la procédure et de proposer les sanctions (après avoir entendu Rémy Pagani, tout de même). Quant à la votation annulée, elle a été reporté au 4 mars, mais un recours a été déposé au Tribunal fédéral contre son annulation, par des citoyens estimant que leur liberté de vote avait été "gravement violée" et que "priver le peuple du droit de se prononcer" à temps pour que cela ait un sens est une "mesure excessive qui bafoue le fondement même de la démocratie directe".

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16:25 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : rémy pagani | |  Facebook | | | |

mardi, 10 octobre 2017

Genève : Pauvreté visible, pauvreté invisible

mendiant.jpgLes trous du filet social

A Genève, il n'y a guère que les mendiants et quelques sdf récalcitrants à être hébergés dans les abris PC ou à l'Armée du Salut, qui témoignent visiblement de la présence d'une population pauvre dans une ville riche. Il y a certes une pauvreté volontaire, assumée, revendiquée, proclamée : c'est celle de l'ascète, celle de Diogène, celle du mendiant. Celle du refus de l'aliénation laborieuse et marchande. Celle du refus de la norme sociale. Celle-là n'est pas méprisée, elle est crainte. Parce qu'elle est subversive. Or la plus grande part de la population genevoise pauvre ne se voit pas comme telle, ne serait-ce que parce qu'elle ne se montre pas comme telle. Ou qu'on la cache, parce qu'elle fait tache, et qu'elle montre à la Cité les trous de son filet social. Cette pauvreté-là est celle de dizaines de milliers de personnes. Ainsi, le canton détient-il le record de la rente AVS moyenne la plus basse, et de la plus haute proportion de retraités ayant besoin de prestations complémentaires à l'AVS pour survivre : ils et elles sont un-e sur trois dans ce cas. Et les dépenses consenties par le canton pour ces prestations ont augmenté de 15 % entre 2010 et 2016, et vont continuer d'augmenter, si suspicieuses et tatillonnes que soient les vérifications du droit à les demander. En Suisse, 14 % des retraités sont en situation de pauvreté. S'y ajoutent, dans la même situation, les centaines de milliers de "travailleurs pauvres" et de familles monoparentales recevant (ou non) une aide sociale. Dans le canton de Vaud, par exemple, une personne sur vingt âgées de 26 à 65 ans est en situation de pauvreté. Une pauvreté invisible, mais, à l'aune de cantons et d'un pays riches, considérable, dans tous les sens du terme, à commencer par le premier : est considérable ce qui doit être considéré.

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15:47 Publié dans Genève, pauvreté, exclusion | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sdf | |  Facebook | | | |

mercredi, 04 octobre 2017

Solidarité internationale, coopération au développement : Le prix d'une coupe budgétaire

Le report en 2018 de la votation municipale sur les coupes opérées par la droite dans le budget 2017 de la Ville de Genève va laisser ces coupes exercer leurs méfaits. Il y a un domaine sur lequel ces méfaits sont particulièrement inacceptables, et auraient du, et pu, être évités c'est la coopération au développement : 340'000 francs ont été supprimés de la contribution de la Ville de Genève à une solidarité internationale qui ne se contente pas de rhétorique, mais qui a l'ambition de se traduire le plus concrètement possible sur le terrain. La Ville de Genève célébrait cette année les cinquante ans de son engagement solidaire -la droite coagulée (PDC, PLR, UDC, MCG) de son Conseil municipal a choisi de célébrer ce cinquantenaire d'engagement par une réduction des moyens qui lui sont alloués, et sont alloués à des projets que la Ville soutient directement comme à des projets soutenus par la Fédération Genevoise de Coopération, soutenue par la Ville

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jeudi, 28 septembre 2017

L'"Affaire Pagani" à Picrochole : Les exploiteurs et les réparateurs (fable genevoise)

Dahu.jpgIl y a un dommage politique incontestable au feuilleton navrant qui nourrit les pages de la presse genevoise (et circonvoisine) depuis des jours, et qui rappelle furieusement, à ceux pour qui ces picrocholineries disent encore quelques choses, les "affaires" du 25 rue du Stand ou, sur le mode plus dérisoire, des amendes à Dédé. Quelles qu'en furent les causes, l'annulation d'un scrutin (sur le budget municipal) à quatre jours de sa clôture prévue, est ce dommage politique considérable, fait à l'exercice concret, réel, par les habitants de la Ville de leurs droits politiques. Au moment où ce scrutin a été annulé, plus de 25'000 personnes avaient déjà voté. Dans les trois jours qui ont suivi, plusieurs milliers de personnes ont encore voté. Le dimanche matin, nous étions quelques uns devant quelques bureaux de vote à faire signer une initiative, et nous avons vu arriver des gens, l'enveloppe de vote municipal à la main. Ce sont ces dizaines de milliers de personnes privées du droit de se prononcer sur l'objet d'un vote, qui sont les victimes de l'"affaire" -pas les conseillers municipaux (de droite ou de gauche). Et face à ce dommage politique, il y avait au Conseil Municipal, hier soir, ceux qui voulaient l'exploiter et ceux qui voulaient le réparer. Nous fûmes de ceux-là.

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15:35 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : genferei | |  Facebook | | | |

lundi, 25 septembre 2017

Initiative "Le Plaza ne doit pas mourir" : A bout touchant...

Je suis Le Plaza.JPGOn nous disait que c'était impossible, on a décidé quand même de le faire, et on peut y arriver : dans une semaine échoit le délai de remise des signatures au bas de l'initiative populaire législative "Le Plaza ne doit pas mourir", et on a déjà assez de signatures pour espérer pouvoir la déposer, avec la petite marge de sécurité nécessaire entre le nombre de signatures exigées et le nombre de signatures remises. On est donc à bout touchant -reste à le toucher vraiment. Pour cela : si vous ne l'avez pas encore fait, signez et faites signer l'initiative, et si vous l'avez déjà fait, renvoyez les listes de signatures avant jeudi soir.
Pour plus d'information : http://fb.me/PlazaCitta
Pour télécharger des listes de signatures http://www.fichier-pdf.fr/2017/05/29/initiative-populaire...

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14:58 Publié dans Culture, Genève, votations | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

vendredi, 15 septembre 2017

«Pour une politique culturelle cohérente à Genève» : Une évidence à imposer

La culture est une arme.jpgUne initiative populaire cantonale «Pour une politique culturelle cohérente à Genève» a été lancée par un groupe d'acteurs culturels, le 30 août dernier. Elle  propose d'inscrire dans la constitution genevoise les conditions d’une nouvelle politique culturelle, fondée sur une collaboration active entre les communes, les villes et le canton. Les initiants souhaitent que le canton coordonne, en concertation avec les communes, une politique culturelle dans les domaines de la création artistique (production et diffusion), du patrimoine, de l’accès à la culture et des appuis aux institutions et co-finance la création artistique et les institutions culturelles. Cette initiative s'inscrit, évidemment, dans le débat sur la "nouvelle répartition des tâches", après que le mouvement "Culture Lutte", pour qui les acteurs culturels se sont "fait avoir" par une négociation qui s'est faite"dans leur dos", ait diffusé une lettre ouverte, signée par 400 acteurs et actrices culturels genevois, alertant sur les conséquences du pseudo "désenchevêtrement" des tâches et actions culturelles entre les communes (à commencer par la Ville) et le canton.  Pour les initiants comme pour "Culture Lutte" et comme pour la gauche genevoise, il conviendrait à Genève que la politique culturelle se mène en assumant le  "faire ensemble" plutôt que le "chacun chez soi". Une évidence ? Sans doute. Mais on est à Genève, où les évidences ont parfois quelque peine à s'imposer. Alors si une initiative peut y concourir... Des listes de signatures peuvent être téléchargées sur http://prenonslinitiative.ch/

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15:08 Publié dans Culture, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |