jeudi, 13 septembre 2018

Trois hectares de zone piétonne en surface contre six niveaux de parking en sous-sol

bagnole-en-ville.jpgBon deal ou marché de dupes ?

Le Conseil administratif de la Ville propose au Conseil Municipal un crédit de 28 millions de francs pour piétonniser une partie du quartier de Rive, dans le cadre d'un accord avec le promoteur privé d'un parking qui recevrait un droit de superficie pour installer sur six niveaux souterrains son aspirateur à bagnoles (500 places) et à motos (390 places). La proposition a été renvoyée mardi en commission. Trois hectares de zone piétonne contre six niveaux de parking : Bon deal ou marché de dupes ? Enterrer les véhicules individuels motorisés, après tout, ça se défend si c'est pour laisser toute place en surface aux piétons, aux cyclistes et aux transports publics. Sauf que les bagnoles et les motos, il faut bien qu'elles y arrivent, dans leur silo souterrain. Et elles y arrivent par la surface. Et ce ne sont, sauf exceptions, pas des habitants du quartier (à qui 100 places seraient réservées dans le parking) qui les conduisent, vu que des habitants du quartier de Rive, on peine à en trouver beaucoup.. Sans surprise, la droite soutient la proposition, les Verts et Ensemble à Gauche la combattent, le PS hésite : accepter le parking pour obtenir la zone piétonne, ou renoncer à la zone piétonne pour éviter le parking ? Une méthode, en tout cas s'impose : dissocier les deux propositions, séparer la carpe et le lapin, déficeler le paquet...

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lundi, 03 septembre 2018

Comment dire qu'on n'en a rien à foutre de l'"Affaire Maudet" sans passer pour un traître à la cause ?

balle dans le pied.jpgEt la politique, bordel ?

Donc, selon le Ministère public genevois, le président du gouvernement genevois, Pierre Maudet, a menti : son voyage à Abu Dhabi n'était pas un voyage privé, cadeau d'un ami, mais un voyage officiel, à l'invitation du prince héritier, dont la Maison a pris à sa charge le vol en classe affaire et l'hébergement du Conseiller d'Etat, de sa petite famille et de son chef de cabinet ("des sociétés actives à Genève dans l'immobilier, en contact régulier avec Pierre Maudet (...) ont activement pris part à la mise sur pied de ce voyage", ajoute le Ministère public). Soit "un montant de plusieurs milliers de francs" selon le Ministère public, qui demande au Grand Conseil la levée de l'immunité du président du Conseil d'Etat, pour pouvoir le mettre en prévention d'"acceptation d'un avantage". Pas encore l'en inculper (comme il a été fait de son ancien chef de cabinet), mais presque. "La faute", titre la "Tribune de Genève", dont le nouveau rédacteur en chef (Pierre Ruestchi ayant été dégommé par les tamédiacrates), Frédéric Julliard, est "abasourdi" par la maladresse du premier de classe. A force d'être sacré "surdoué de la politique", Maudet a énervé tout ceux qui se fatiguent à ramer pour qu'enfin on les prenne au sérieux. C'est la malédiction du premier de classe : tant qu'il ne commet aucune "faute" (ou qu'il arrive à les celer), on en chante les louange. Mais au premier faux pas (par exemple avoir tenté de dissimuler la véritable source de financement de son équipée) gare à lui. Nous, les cancres, on peut faire toutes les conneries sans que personne ne nous en fasse grief. Mais au fond de la classe, près du radiateur, on attend quand même qu'on nous parle politique.

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mardi, 28 août 2018

Rentrée scolaire à Genève, "ville sociale et solidaire" : Zavez demandé votre Carte de pauvre ?

Carte de pauvre.jpg

C'est la rentrée scolaire. En Ville de Genève, les familles les moins friquées (2571 familles en 2016, pour 3838 enfants) reçoivent une modeste allocation de rentrée scolaire (130 francs par an par enfant à l'école primaire, 180 francs par enfant au Cycle d'Orientation). Cette allocation, la droite n'en voulait pas, la gauche l'avait imposée, la droite, donc la sabote : Au Conseil municipal, une majorité formée des élus du PDC, du PLR, de l'UDC et du MCG a décidé de ne plus la verser sous forme monétaire, par virement bancaire ou postal, mais de la faire distribuer sous forme de bons valables chez les commerçants de la Ville de Genève qui condescendent à les accepter. Manque de pot, la méthode choisie (les bons valables seulement dans des commerces de la Ville) pour réduire une allocation en aumône ne pouvait être appliquée : de l'avis de la Commission de la concurrence (COMCO), la restriction aux commerces de la Ville de Genève de la validité des bons (ou des cartes) que le Conseil municipal avait décidé de substituer aux versements était contraire au droit fédéral. Du coup, le prétexte du soutien aux commerces genevois, allégué par les auteurs de la modification du règlement relatif aux aides financières du service social, se retrouvait dissout dans sa propre insignifiance. Il ne reste donc comme motivation de cette modification que celle de bien faire comprendre aux bénéficiaires de ces aides en quel mépris on les tient.

 

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jeudi, 28 juin 2018

Le projet de nouveau Musée d'Art et d'Histoire de Genève : Tout est possible. Ou presque.

nouveau-mah-a-ville-geneve.jpgLa commission d'experts chargée par le Conseil administratif de Genève de présenter un projet culturel pour le futur "nouveau Musée d'Art et d'Histoire" (et qui assumera toujours un rôle de "suivi du projet") a rendu son rapport final. Le projet qu'elle propose ("un campus muséal au coeur de la cité") a été avalisé par le Conseil administratif, et c'est donc sur cette base que les propositions précises (et les demandes de crédits) seront présentées au Conseil municipal (un proposition de crédit de "pré-étude" lui sera présentée à la rentrée).  Créer un "campus muséal au coeur de la cité" à partir du bâtiment historique (Charles Galland), rénové et augmenté du bâtiment de l'HEAD et d'excavations sous la butte de l'Observatoire, sous le MAH et sous les Casemates, rassembler toutes les activités du muséle dans le même périmètre, renforcer le rôle scientifique du musée, le doter de crédits d'acquisition suffisants, inventer "un usage novateur des collections" : le projet, tel qu'il nous a été présenté, n'est certes pas révolutionnaire (on ne l'attendait pas, et on ne l'avait pas demandé, de la commission d'experts), mais il est séduisant. Pour la raison qu'il n'exclut rien et permet tout. Et accessoirement qu'il nous donne raison de nous nêtre opposés au précédent projet, contenant sans contenu.Il faudra cependant, pour le réaliser sans le réduire a posteriori à un bel exercice intellectuel, tenir compte de deux données d'évidence, et d'un impératif non moins évident. Les deux données sont d'abord que si le MAH est un musée municipal, la Ville de Genève n'est pas tout Genève à elle seule, et ensuite que si le MAH est le musée central (et dont le projet de la commission d'expert veut renforcer la centralité) de Genève, il n'en est ni le seul musée, ni le seul musée public. Et l'impératif est de ne rien faire sans, et surtout contre, le personnel.

Le rapport est téléchargeable sur http://www.ville-geneve.ch/fileadmin/public/Departement_3/Rapports/rapport-mah-180621-ville-geneve.pdf

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lundi, 25 juin 2018

Politique culturelle genevoise : Heureux frémissements

culture.jpgLes Maires, conseillères administratives et conseillers administratifs chargés de la culture de 12 villes et communes genevoises, de gauche et de droite*, rassemblant ensemble une grande majorité de la population genevoise,  ont adressé au Conseil d'Etat une "Déclaration en faveur d'un nouvel esprit de concertation et de partenariat en matière culturelle" : rappelant les "défis majeurs concernant un certain nombre de grandes institutions culturelles existantes ou planifiées", exprimant "la nécessité d'effectuer un bilan concerté de la pertinence du dispositif culturel issu de la Loi sur la répartition des tâches" (ce qui nous suggère qu'elles et ils nourrissent quelques doutes sur cette pertinence)  et, prenant acte de l'aboutissement de l'initiative "pour une politique culturelle cohérente à Genève", elles et ils demandent au nouveau gouvernement genevois de s'engager dans la "mise en place d'un véritable partenariat entre collectivités publiques autour des enjeux culturels", la "reprise des négociations autour des grandes institutions culturelles", l'"adaptation planifiée du dispositif d'application de la LRT (répartition des tâches) au domaine culturel" et à "contribuer de manière concrète" au soutien aux institutions et manifestations" culturelles d'importance régionale. Que de bonnes et justes demandes, qu'on soutient pleinement, d'autant qu'elles émanent des principaux acteurs de la politique culturelle genevoise : les villes, les communes...  et qu'elles font comme un écho à l'initiative populaire "pour une politique culturelle cohérente", qui a non seulement abouti, mais que le Conseil d'Etat soutient et propose au Grand Conseil de soutenir...
On trouvera le texte de la lettre des villes et des communes sur :
https://www.fichier-pdf.fr/2018/06/07/declaration-des-com...

* Carouge, Cologny, Confignon, Genève, Grand-Saconnex, Lancy, Meyrin, Onex, Plan-les-Ouates, Satigny, Vernier, Versoix

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17:25 Publié dans Culture, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : répartition des tâches | |  Facebook | | | |

vendredi, 22 juin 2018

La loi genevoise sur la laïcité sera soumise au peuple : Quel débat possible ?

signes religieux ostentatoires.jpgLes référendums contre la loi cantonale genevoise sur la laïcité ont abouti, et largement : lancés par quatre comités distincts, soutenus par les syndicats, la Jeunesse socialiste et les Verts (mais pas par le PS, opposé à la loi mais divisé sur l'opportunité des référendums) ils ont recueilli (au total) plus de 8300 signatures alors qu'il leur en fallait 3000 de moins. On votera donc, probablement en 2019, contre une loi si médiocre, bureaucratique et péremptoire qu'on se permettra de douter qu'elle méritait l'honneur d'être soumise au peuple -les recours annoncés par les Verts et les évangéliques suffisaient, mais ils ne seront pas traités avant la votation, qui portera donc sur une loi dont on ne saura même pas au moment de voter si son contenu ne sera pas partiellement invalidé.  Pour le comité référendaire de gauche, qui défend une laïcité démocratique dans laquelle l’État s’interdit d’intervenir dans les affaires religieuses, c’est la liberté la plus étendue d’opinion, d’expression, d’association, de manifestation, soit les libertés publiques et droits « ordinaires » qui sont à appliquer dans ce domaine, comme dans les autres". Certes. Mais que restera-t-il de ces protestations de principe dans le débat d'avant votation ? "un débat est possible autour de la laïcité", assure Pierre Vanek. Sans doute, mais quel genre de débat ? Le genre de débat pourri où la laïcité est transformée en croisade contre l'islam  et les libertés religieuse à de la complaisance envers l'islamisme ?

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22:10 Publié dans Genève, religion, laïcité, églises, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : laïcité | |  Facebook | | | |

jeudi, 14 juin 2018

Les socialistes genevois et le cumul des mandats : Genferei hors-délai

quidautre.jpgLe Parti socialiste genevois a, comme d'autre (en fait, la plupart des partis politiques de la République) adopté comme règle celle du non-cumul des mandats politiques électifs : on ne peut, en principe, être à la fois député, conseiller ou magistrat municipal ou parlementaire fédéral. Une règle simple -qui a frappé mardi soir deux élues (le féminin n'est pas sans importance...) socialistes, et non des moindres : la présidente du parti et Conseillère administrative d'Onex Carole-Anne Kast et la Conseillère administrative de Genève Sandrine Salerno. La règle socialiste en effet contient en elle-même la possibilité d'y déroger, mais à une condition draconienne : qu'une assemblée générale du parti accepte cette dérogation à la majorité des deux tiers des membres présents. A trois voix près, les deux députées et magistrates, qui avaient lié leur sort, ont raté cette majorité qualifiée, tout en obtenant une large majorité simple (74 voix sur 115). Une catastrophe ? Non. Mais une connerie, certainement. Commise trop tard pour permettre au PS de concourir à la Genferei 2018, mais qui doit fort réjouir la droite parlementaire, débarrassée par les socialistes eux-mêmes de deux fortes têtes socialistes.

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15:20 Publié dans Genève, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cumul des mandats | |  Facebook | | | |

lundi, 11 juin 2018

Et PAV (dans la gueule) !

doigt pointillé.jpg

"62 % de logements sociaux, c'est trop", qu'ils disaient, les arracheurs de dents. Et 62 % de "oui" au PAV, alors, vous les avez aimés ?
A force de prétendre que le projet d'aménagement du PAV comportait "62 % de logements sociaux", les milieux immobiliers et les partis de droite ont réussi à mobiliser presque 62 % de votants en désir ou en besoin (insatisfait), et en tout cas en (longue) attente, de logements sociaux. Sauf que ces fameux "62 % de logements sociaux" brandis comme un épouvantail par la droite, c'était du flan, de l'enfumage. En revanche, les 61,4 % de votes en faveur du projet que la droite combattait sont bien réels, eux... Et ils n'aurait sans doute pas été atteints si la droite la plus bête de Suisse (pas du monde, quand même...) n'avait pas agité comme une menace ("trop de logements sociaux") ce qui est une revendication de la majorité de la population ("plus de logements sociaux". Amusant, non ? Réjouissant, même.

Quelque chose comme la sanction morale d'un mensonge

Il y aura donc, si tout va bien, Les 62 % de logements d'utilité publique sur les terrains du PAV en mains de l'Etat. 62 % de logements d'utilité publique, pas 62 % de logements sociaux. Les LUP, ce sont soit des HBM (habitations bon marché), c'est-à-dire de vrais logements sociaux, soit des HM (habitations mixtes), c'est-à-dire des logements destinés à la classe moyenne. Le projet soumis au vote permet 24 % de ces logements sociaux. C'est presque trois fois moins que ce que la droite proclamait sur ses affiches, dans ses tracts et ses annonces publicitaires. Et la limite supérieure pour pouvoir obtenir un HBM, c'est 102'500 francs par an pour une famille de quatre personnes, dans un cinq pièces (la règle, c'est une pièce de plus que le nombre de personnes), qu'elle devra quitter si son revenu dépasse ensuite 174'000 francs par an. Autrement dit, si elle rentre dans la classe moyenne, à qui les HBM ne sont en effet pas destinés, mais à qui sont destinés les HM, soit 38 % des logements prévus, avec une limite de revenu de 248'000 francs pour une famille de quatre personnes dans un cinq pièces. Qui pourra rester dans son logement (avec une augmentation de loyer) si son revenu dépasse cette limite. Et la classe moyenne aura en outre accès à deux autres types de logements prévus au PAV : ceux en loyer libre (26 % de tous les logements prévus sur les terrains en mains de l'Etat, plus ceux prévus sur les terrain s en mains privées) et les logements en propriété par étage en droit de superficie (12 % du total sur le périmètre public, plus ceux sur le périmètre privé). Ces chiffres, ces proportions, étaient évidemment connues des milieux immobiliers. En faisant campagne contre "trop de logements sociaux", ils ne se sont donc pas trompés, ils ont trompé. En clair, ils ont menti. Sciemment, forcément, puisqu'on ment toujours sciemment. De ce point de vue, et quelque critique qu'on puisse faire au projet soumis au vote par Antonio Hodgers (qui n'y était pas obligé), à la réduction de la proportion de logements d'utilité publique dans le total des logements réalisables, à l'intégration de la propriété par étage (fût-elle en droit de superficie) dans le périmètre en mains publiques, son approbation à presque deux contre un par le corps électoral a quelque chose d'une sanction morale d'un mensonge.

Et maintenant, ce projet, adopté après que la droite immobilière ait réussi à faire croire qu'il comportait 62 % de ces logements sociaux dont les Genevois ont besoin, il va bien falloir avancer dans sa réalisation, sans cultiver l'illusion qu'à lui seul, il pourra résoudre la crise du logement à Genève.  Le président du Conseil d'Etat sortant, François Longchamp, était d'ailleurs inquiet : les Genevois qui se sont installés côté français de la frontière faute de pouvoir se loger correctement côté genevois, pourraient revenir, chassés de Gaule par divers changements légaux (assurance-maladie, droits de succession, imposition des plus-value). Et ils sont 20'000, ces exilés. Ce qui correspond grosso-modo à 10'000 logements. Un peu moins que le nombre de logements prévus au PAV -qui pourraient, si l'hypothèse se confirmait du retour massif des Genevois exilés côté français de la Grande Genève, n'être qu'un rattrapage de tout le retard accumulé dans la construction de logements accessibles à la majorité de la population. Il va donc y avoir d'autres projets d'aménagement à défendre parce qu'ils créent de tels logements, et qu'ils les créent en zone urbaine ou péri-urbaine, sans attenter ni aux espaces naturels, ni aux espaces agricoles.
Mais là encore, il va falloir les imposer à la droite immobilière (et aux propriétaires de villas...), ces projets. Et nul doute qu'elle nous le resservira, le mythe de "trop de logements sociaux", et qu'elle nous en regratifiera, de l'invocation à la "classe moyenne".
Parce qu'on ne change pas un discours qui perd.

 

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jeudi, 07 juin 2018

Votation cantonale genevoise du 10 juin : Relancer le PAV, ou l'ensabler ?

ville-fantome.jpgOn saura dimanche à midi et des poussières ce que les Genevois et voises auront décidé quant au destin du projet d'aménagement du périmètre Praille-Acacias-Vernets (le PAV) : le statu quo, c'est-à-dire la loi issue en 2010 d'un accord entre tous les partis, les milieux immobiliers et ceux de défense des locataires, ou le projet de la modifier, en augmentant la proportion de logements, en diminuant celle de logements subventionnés (dits d'"utilité publique", dont un petite part de logements sociaux, et en introduisant la propriété par étage sur des terrains en mains de l'Etat. Si on reste au statu quo, tous les risques sont réunis d'un ensablement du projet. Si on accepte la proposition soumise au peuple, on pourra le relancer. Avec 2000 logements de plus que les milliers déjà prévus. Ce projet, le plus important projet d'aménagement urbain et de création de logements à Genève depuis cinquante ans, est stratégique, essentiel quantitativement et qualitativement. Quantitativement, par le nombre de logements nouveaux qu'il propose, qualitativement, parce qu'il construit réellement la ville en ville, dans un périmètre déjà urbain.

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mardi, 05 juin 2018

"Discours de Saint-Pierre" du président du gouvernement genevois : Fumeux"contrat de législature"

fumée.jpg"Débattons sereinement, avançons conjointement, agissons résolument", a prêché le Maire de Champignac... euh... non, le président du Conseil d'Etat genevois, en un lieu idéal pour un prêche : non un désert mais un temple (celui de Saint-Pierre). Et ce fut prédication de consensus : "Le peuple nous demande de chercher l'entente et le dialogue. Il est fatigué des luttes stériles. Les illusionnistes ne font plus recettes" (ce qui explique sans doute l'absence totale de la fumeuse traversée routière du lac dans le discours du président du gouvernement). Et Maudet d'appeler les partis à passer entre eux (entre eux tous ? du MCG à Ensemble à Gauche) un contrat de législature pour permettre à l'Exécutif de concrétiser ses projets, notamment de réforme de l'imposition des entreprises. Alors, sur quoi le passer, ce "contrat de législature" ? et entre qui ? et avec quel contenu ? Disons que pour le moment, et sans doute pour un assez long moment, les réponses à ces questions sont.... comment dire... assez fumeuses...

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vendredi, 01 juin 2018

Opération "Papyrus", bilan d'étape

Papyrus.jpgSorties de l'ombre

Entre octobre 2015 et décembre 2017, 1093 personnes, travailleurs et (surtout) travailleuses à Genève sans statut légal, mais aussi 412 de leurs enfants eux aussi sans statut légal, ont été régularisées dans le cadre de l'opération "Papyrus", lancée par les syndicats (principalement le SIT), le Centre social protestant, le centre de contact Suisses-immigrés et le Conseil d'Etat -à la sourde colère de l'extrême-droite locale. 42 % des personnes régularisées à fin décembre dernier sont sud-américaines (surtout boliviennes et colombiennes). Pour pouvoir obtenir un permis B (renouvelable), les candidates et candidats à la régularisation doivent avoir séjourné sans interruption à Genève pendant au moins cinq ans s'ils ont des enfants scolarisés ou dix ans s'ils n'en ont pas, être financièrement indépendants, maîtriser le français oral (sur 790 tests passés, 88 % ont été réussis) et n'avoir jamais été condamnés. Les associations et les syndicats ayant pris garde de ne pas déposer de dossiers fragiles, seuls quatre dossiers ont été refusés par les autorités cantonales ou fédérales ("cela veut dire l'expulsion", a déclaré le Conseiller d'Etat Pierre Maudet).

 

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jeudi, 31 mai 2018

Sous le PAV, la rage ?

pavL'étrange campagne de la droite

La droite genevoise appelle à voter NON à la modification de la loi sur le périmètres Praille-Acacias-Vernets (PAV), avec d'étranges arguments. Elle refuse la loi au prétexte qu'elle prévoit 62 % de "logements sociaux" et que "c'est trop". Sauf que si la modification est refusée, c'est la loi actuelle qui restera s'imposer. Et qu'elle prévoit 65 % de ce que la droite appelle des "logements sociaux". Le comité de droite reproche aussi à la modification de la loi de ne prévoir de propriété par étages qu'en droit de superficie. Sauf que si la modification de la loi est refusée, de la propriété par étage, il n'y en aura plus du tout. Donc le comité qui trouve que 62 % de "logements sociaux", c'est trop et que la propriété par étage telle que proposée est "restrictive", se bat en fait contre ses propres critères, pour plus de "logements sociaux" et pas de propriété par étage du tout. Et une densité de logements moindre, puisque le projet soumis au vote double la proportion de logements nouveaux par rapport à celle d'emplois nouveaux ou importés. En fait, il n'est pas un argument des opposants de droite au nouveau projet PAV qui ne se puisse être retourné contre ses auteurs. Et pas un, non plus, qui ne puisse s'expliquer par la rage des milieux immobiliers de ne pas maîtriser le plus ambitieux projet urbanistique de ce début de siècle.

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lundi, 28 mai 2018

Budget tardif, budget apéritif (proverbe municipal)

pentecotesinaiviie.jpgPentecôte en Ville de Genève

On est fin mai 2018. Et le Conseil municipal de la Ville de Genève va (peut-être) voter les jours prochains un budget 2018 pour la Ville, presque cinq mois après le début de l'année budgétaire. La Commission des Finances a rendu sa proposition : elle propose d'accepter le projet de budget du Conseil administratif -vote acquis par une majorité faite de la gauche et du MCG, contre la droite traditionnelle (PLR, PDC, UDC). Laquelle a renoncé à présenter un rapport de minorité. Après deux votes populaires rétablissant contre elle les projets qu'elle refusait, puis dans lesquels elle avait coupé au petit malheur la malchance, c'était plus prudent. On s'amusera tout de même de cet effet d'une Pentecôte tardive. Et on saluera les vertus pédagogiques de l'appel au peuple auquel il nous a fallu recourir les deux dernières années pour rétablir un budget qui ait un sens.

 

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mercredi, 23 mai 2018

Nouveau gouvernement genevois : Pas maudit, Maudet

Le président du PDC genevois se posait "la question de la désignation de Pierre Maudet" à la présidence du Conseil d'Etat, le président des Verts se posait la question de la présence même de Maudet au Conseil d'Etat, la présidente du PS considérait que Maudet ne pouvait plus conserver la tutelle politique de la justice et de la police, le syndicat de la police judiciaire assurait que les policiers ont "perdu toute confiance et tout respect" en/pour Maudet... Résultat des courses ? Pierre Maudet prend comme prévu la présidence du Conseil d'Etat tout en gardant la sécurité et l’aéroport. Serge Dal Busco lâche les Finances mais reprend les transports, Thierry Apothéloz hérite de la culture, des sports etdu social que lâche Poggia, Nathalie Fontanet se retrouve aux Finances, Anne Emery-Torracinta se concentre sur la formation et l'instruction publique, Antonio Hodgers élargit son champ à l'environnement, l'agriculture, le nature et le développement durable, Mauro Poggia lâche le social mais gagne l'inspection et les relations du travail... Chaque camp politique est dans son écosystème : Les finances et la sécurité à la droite, l'environnement, la culture et le social à la gauche, les infrastructures et les transports au centre. On change les noms des départements, on s'échange les services et les offices, on redéfinit les champs, mais on ne bouleverse rien : on réorganise. Un peu. Une sorte de Genferei molle...

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mardi, 22 mai 2018

Le PAV en votation populaire le 10 juin : Un bon gros "oui" s'impose

PAV.jpgLe 10 juin, à Genève, en votation cantonale, on se prononcera sur une loi modifiant les limites de zone du quartier "Praille-Acacias-Vernets" (le fameux PAV), 130 hectares à cheval sur trois communes (Genève, Carouge, Lancy). Plus fondamentalement, il s'agit, en modifiant une loi de 2011, de savoir si on accepte ou non de doubler la part de nouveaux logements par rapport à celle de nouveaux emplois (1900 logements supplémentaires sont prévus, pour arriver à un total de 12'400 logements) et si on ouvre ou non la possibilité de réaliser des logements en propriété par étages, tout en maintenant la part de logements d'utilité publique et en augmentant le nombre de HBM (les logements sociaux aux loyers les plus bas). Toute la gauche (PS, Verts, Ensemble à Gauche, Egalité & Equité, PC, PRG, syndicats), plus le MCG, accepte le projet, toute la droite (PLR, PDC, UDC, Chambre de commerce, Syndicats patronaux, PBD, Verts libéraux -et même "AgriGenève, dont on se demande ce qu'elle vient foutre là-dedans) le refuse (quoique des personnalités de droite le soutiennent, comme Mark Muller, Claude Haegi, Pierre-François Unger, Michel Balestra), en proclamant que "62 % de logements sociaux, c'est trop" (alors que c'est 5 % de moins que dans la loi actuelle), qu'il n'y a "pas assez de PPE" et que celles qui sont possibles ne sont pas de "vraies PPE" (alors qu'il n'y en a pas du tout dans la loi actuelle)...

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vendredi, 18 mai 2018

Politique des transports à Genève : Maudite mobilité ?

embouteillage.jpgEt le petit monde politique genevois de s'interroger gravement : mais à quel (ou quelle) Conseiller (ou Conseillère) d'Etat confier le dossier de la "mobilité" (de la politique des transports, pour être clair), après la débâcle de son précédent titulaire, Luc Barthassat ? : Depuis la fin du mandat du socialiste Bernard Ziegler, ce dossier, ce département, serait maudit. Foutaise.Si quelque chose est "maudit", c'est la tentative de mener une politique des transports qui ne fasse pas de choix entre les différents modes de transports. Qui refuse de prioriser réellement les transports publics, qui croit pouvoir faire circuler (et se parquer) tout le monde partout, de toutes les manières possibles : à pied, à vélo, en scooter, en bagnole, en bus, en tram, en train. Sur la voirie ordinaire, sur les trottoirs, sur les pistes cyclables, dans les zones piétonnes. Pour ne fâcher personne. Résultat : Les TPG sont les transports publics urbains les plus lents de Suisse. Et Genève est la ville la plus embouteillée de Suisse. Et les cyclistes continuent de risquer leur peau dans une ville en queue de classement suisse des aménagements les concernant.

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mardi, 15 mai 2018

Elections genevoises : Du canton à la commune

autonomie Ville.jpgLe résultat des élections cantonales genevoises a des effets directs, immédiats (ou presque) sur les instances municipales (Conseils municipaux et conseils administratifs) : Un magistrat communal, Thierry Apothéloz, a été élu au Conseil d'Etat, trois autres, Sandrine Salerno, Carole-Anne Kast et Yvan Rochat, au Grand Conseil, où ont également été élus des conseillers municipaux (une dizaine rien qu'en Ville de Genève -mais ils étaient quarante conseillères  municipales et conseillers municipaux de la Ville à se présenter au Grand Conseil). Si les règles en vigueur dans les partis politiques excluent le cumul des mandats (sauf au MCG), elles permettent tout aussi généralement des dérogations au moins temporaires à ce principe (le temps par exemple de terminer un mandat en cours -les élections municipales étant prévues dans deux ans) : en Ville, Rémy Pagani en a obtenu une, Sandrine Salerno devrait également en obtenue une, l'un et l'autre pouvant ainsi terminer leur dernier mandat au Conseil administratif de la Ville (on ne voit pas pourquoi on le leur refuserait). Mais plus fondamentalement que cette petite cuisine, l'élection d'un nouveau parlement et d'un nouveau gouvernement pourrait être, avant les élections municipales de 2020, l'occasion de reposer la question de l'autonomie communale, dans un canton qui l'a toujours eu en horreur (surtout, mais pas exclusivement, s'il devait s'agir de celle de la Ville de Genève...)...

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mercredi, 09 mai 2018

Conseil d'Etat genevois : qui fera quoi ?

Capture.JPGLe message et le messager


Les sept élues et élus au Conseil d'Etat genevois ont jusqu'à la fin mai pour présenter au Grand Conseil la répartition entre eux des départements. Et le Grand Conseil se prononcera sur cette répartition. Et s'il la refuse, il faudra lui en proposer une nouvelle. Hier, la "Tribune (encore) de Genève" titrait : "Comment composer le Conseil d'Etat idéal". On pourrait évidemment répondre qu'il n'y a pas de Conseil d'Etat "idéal", qu'il n'y a que des Conseils d'Etat réels, et qu'ils ont le plus souvent assez peu de rapports l'un avec les autres. Ou alors que le Conseil d'Etat idéal, c'est forcément celui qui a été élu. Et que ce n'est pas la presse qui le compose mais le peuple (ou plutôt la part minoritaire de celles et ceux qui y disposent du droit d'élire : le mieux élu du second tour, Mauro Poggia, ne l'a été que par un peu plus de 10 % de la population genevoise...). Quant à savoir qui fera quoi dans le nouveau gouvernement genevois, ce n'est certes pas sans importance, mais ce n'est pas cela qui devra déterminer la position de la gauche face aux propositions du collège gouvernemental, mais le contenu de ces propositions. Le message, plus que le messager.

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mardi, 08 mai 2018

Une loi idiote mérite-elle un référendum ?

signes religieux ostentatoires.jpg

Petits énervement sur la laïcité

Les Verts genevois ont annoncé qu'ils allaient faire recours devant la Chambre constitutionnelle de la Cour de Justice contre l'interdiction faite par la nouvelle loi cantonale genevoise sur la laïcité aux membres et élus du Grand Conseil et des Conseils municipaux (les communes n'ayant pas été consultées, rappelle Carole-Anne Kast...) d'arborer des signes religieux "ostentatoires". Ils ont également fait savoir qu'ils étaient "a priori favorables aux objectifs d'un référendum" contre la loi -laquelle n'est d'ailleurs pas encore entrée en vigueur (elle ne le sera qu'au terme du délai référendaire si aucun référendum n'a été lancé ou n'a abouti, ou après un vote populaire qui lui serait favorable si référendum valide il y a eu), et ne peut donc être invoquée contre quelque élu ou quelque élue que ce soit. D'autant qu'elle a été votée par le précédent parlement, à écrasante majorité de droite et d'extrême-droite, et qu'il n'est pas du tout exclu que le nouveau parlement, où l'Alternative forme le "bloc" le plus important, finisse par la réviser, ne serait-ce que pour s'éviter le ridicule d'avoir à sévir contre tel ou telle de ses membres pour un bout de tissu, un crucifix en collier, une kippa ou une passoire athée. En attendant, la seule question qu'on se pose est de savoir si des dispositions aussi idiotes que celles qui ont été votées par le défunt parlement cantonal genevois méritent plutôt l'honneur d'un référendum ou l'indignité de n'en tenir aucun compte.

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lundi, 07 mai 2018

Election du Conseil d'Etat genevois : Normalisation

avuedenezilestcinqheures.jpgElection du Conseil d'Etat genevois : Normalisation

Genève n'a pas fait la révolution, hier. D'ailleurs, elle ne voulait pas la faire, et même la gauche avait calibré ses ambitions à l'aune du possible : gagner un siège. Objectif atteint. On ne révolutionne pas, on rééquilibre. Mauro Poggia peut être satisfait, qui espérait se retrouver dans un Conseil d'Etat dont il serait le "médiateur" -entendez : le pivot, le faiseur de majorité entre trois élue et élus de gauche et trois élue et élus de droite, ce qui serait "logique avec le parlement en présence" où ni l'Entente ni l'Alternative ne sont majoritaires, ni peuvent l'être sans l'apport de ce qui reste du MCG. Il faut bien avouer que la gauche de la gauche n'a pas manifesté une envie contagieuse d'êtrepartie prenante d'une majorité gouvernementale  : Sa candidate, Jocelyne Haller, ne fait qu'un peu plus de la moitié des suffrages de Thierry Apothéloz, et est même distancée par Luc Barthassat. A défaut de morale, il y a là une logique : si l'envie d'être élu ne suffit pas à l'être (sinon Barthassat l'aurait été), l'absence d'envie de l'être suffit à ne pas l'être...

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