Genève

  • On ne reporte pas, on confirme...

    Imprimer

    Bulletin de vote.jpgLe deuxième tour est second : il suit le premier pas à pas


    Comme ils l'avaient annoncé, le MCG et SolidaritéS ont déposé recours contre la décision du Conseil d'Etat de maintenir le deuxième tour de l'élection des Conseils administratifs le 5 avril. Et comme le temps presse, ils ont demandé que l'élection soit suspendue avant même que le recours soit examiné. On est jamais trop prudent. Les deux partis expliquent qu'il est impossible de mener campagne en temps de confinement, même relatif, et que les citoyennes et les citoyens sont en ces temps incapables de se former une opinion. Même s'ils se l'étaient déjà formée pour le premier tour et que les candidats du deuxième l'étaient déjà au premier ? même. Et que la campagne se fasse malgré tout, que les candidates et candidats s'expriment dans les media et sur les réseaux sociaux, que leurs tracts soient distribués dans les boîtes aux lettres, ça ne permet pas aux  citoyennes et aux citoyens de se forger une opinion ? ils en sont incapables par eux-mêmes, il faut qu'on leur explique et réexplique tout sur des stands ou au porte-à-porte ?  A quoi ça tient, quand même, la démocratie...

    Lire la suite

  • La Démocratie, malgré tout...

    Imprimer

    masques grippe espagnole.jpgFallait-il maintenir le 5 avril deuxième tour des Municipales genevoises ?

    Le deuxième tour de l'élection des exécutifs municipaux genevois aura lieu malgré le COVID-19 : le Conseil d'Etat a en effet refusé les demandes de le repousser, dont celle de SolidaritéS ,qui ne s'intéresse gère qu'à l'élection de l'exécutif de la seule commune  de Genève. On était d'ailleurs surpris de la modération de la demande initiale : Solidarités auait pu carrément demander au Conseil d'Etat de déclarer son candidat au Conseil administratif de la Ville, Pierre Bayenet élu sans élection. Mais comme sa demande consistait aussi à "prolonger par arrêté le mandat des magistrats en place dans les communes où le deuxième tour doit se tenir", elle impliquait le maintien de Rémy Pagani à son poste jusqu'à nouvel ordre. Ce serait toujours ça de pris. Il a bon dos, le coronavirus. Etait-il même possible, légalement, constitutionnellement, de repousser la date de l'élection du CA, sachant qu'il doit obligatoirement entrer en fonction le 1er juin ?  SolidaritéS  a annoncé qu'elle fera recours contre la décision de maintenir la date du 5 avril pour le deuxième tour des Municipales genevoises -mais on voit mal pourquoi on devrait renoncer à cette date : rien n'empêche ni l'exercice du droit démocratique d'élire, ni l'exercice préalable du débat politique, ces exercices prendront simplement d'autres formes -il n'ont cessé de se réformer, depuis qu'ils se sont imposés. On a pu à Genève voter en temps de guerre. On pourra voter en temps d'épidémie (on a d'ailleurs voté à Schwytz, dimanche, pour les élections cantonales). On votera, par correspondance (il n'y aura pas de local de vote), comme 95 % des votants le font déjà en temps normal (c'est ce qui différencie l'élection municipale genevoise de la française, qui se fait au local de vote). Même dans son expression la plus normative et rituelle, le vote, la démocratie peut ne pas céder devant un virus...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Genève, Politique 6 commentaires
  • Coronamajorité

    Imprimer

    Conseil municipal.jpg

    Une nouvelle ère en Ville de Genève :

    Gauche : 53,07 % des suffrages, 44 sièges

    Droite : 46,93 % des suffrages, 36 sièges

    Pangolin : 68 % d'abstention, 123 lits


    Etranges élections municipales genevoises : pendant des mois, avant, pendant et après les élections fédérales, on avait vécu sous le signe de deux mobilisations sociales considérables -celle pour l'urgence climatique, celle pour les droits des femmes. On s'attendait à pouvoir continuer sur cette lancée, mais un coronavirus intempestif a brouillé les cartes. Il a même dissipé les derniers relents de la picrocholine "affaire des notes de frais".  La participation (32 % en Ville de Genève) est minable, mais elle n'est guère qu'à quelques points de celle de 2015, et plus de 100'000 électrices et électeurs ont usé dans le canton (40'000 en Ville) de leur droit d'élire. En temps de pandémie, on pouvait craindre une abstention plus massive encore.  On comptait pouvoir donner au Conseil municipal une majorité de gauche, c'est fait. La gauche progresse, mais la droite, si elle recule, ne s'effondre pas. Du moins perd-elle en Ville de Genève une majorité dont elle n'a jamais rien su faire d'utile, ni même d'intelligent.Voilà une bonne chose de faite -ne reste plus qu'à transformer l'essai au deuxième tour de l'élection du Conseil administratif -à quelque date qu'il se tienne.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Genève, Politique 4 commentaires
  • Municipales : participation faiblarde

    Imprimer

    local de vote.jpgAux urnes ! (avec ou sans masque)

    25 % de participation (au plan cantonal, et sans doute moins encore en Ville) mercredi soir pour les Municipales genevoises : c'est bien peu, même si c'est grosso modo au niveau des Municipales précédentes, celles de 2015... Et comme il est trop tard pour voter par correspondance, il ne vous reste que la solution de vous rendre dans votre local de vote dimanche matin, de 10 heures à midi. A l'ancienne. Avec ou sans masque : de toute façon, si vous êtes malade, vous devez rester chez vous, et si vous ne l'êtes pas, le masque ne vous protégera pas. Que vous ayez voté ou non, votre commune aura élu son Conseil municipal dimanche à midi. Et contrairement au vote blanc ou nul, l'abstention n'est pas une opposition, même pas une marque de défiance -seulement le choix, car c'en est un, de laisser choisir les autres. Subversive, l'abstention ? Si elle l'était, elle serait interdite et les abstentionnistes en seraient punis...

    Lire la suite

  • La gauche et les exonérations fiscales : Ethiques contradictoires

    Imprimer

    janus.jpgLa gauche et les exonérations fiscales : Ethiques contradictoires

    Le Conseil administratif de la Ville de Genève a donc  récemment donné au canton un préavis favorable à une exonération fiscale sur dix ans, au bénéfice d'une société (Komgo SA), créée par un consortium de banques et de sociétés actives dans le commerce des matières premières et dont les actionnaire vont de Shell à Paribas. Les deux magistrats socialistes ont soutenu ce préavis. Le Parti socialiste, municipal comme cantonal, a réaffirmé sa position, d'opposition à ce type d'exonérations fiscales, fussent-elles partielles et temporaires, surtout pour ce type d'entreprises. Les autres forces de gauche (les Verts, SolidaritéS, le Parti du Travail) ont défendu la même position. Et on se retrouve là, avec ces positions antagoniques prises par des magistrats et leur parti, dans une vieille contradiction : celle de l'éthique de vérité avec l'éthique de responsabilité. Sandrine Salerno  résume sa position (moins sa position politique personnelle que, sa position, son rôle, de magistrate municipale) ainsi : "Je dois appliquer la loi" -or un parti politique, non plus d'ailleurs qu'un Conseiller municipal, n'est pas tenu par une telle exigence, puisque n'étant ni l'un, ni l'autre, un agent de l'Etat. Ils peuvent donc dire "non" quand leurs magistrats disent "oui". L'auteur de ces lignes étant structurellement, pulsionnellement, oppositionnel, il choisira forcément l'éthique de vérité contre l'éthique de responsabilité. En étant cependant, en vieux lecteur (et praticien) du Droit à la Paresse, parfaitement conscient de ce que ce choix a de confortable. Et qu'il vaut mieux pour tout le monde qu'il puisse se draper fièrement dans la proclamation des fondamentaux du socialisme plutôt qu'avoir à gérer les finances de la capitale mondiale du monde mondial.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Genève, Politique 2 commentaires
  • Elections municipales genevoises : ébauche d'un bilan des sortants

    Imprimer

    Mairie.jpgPoursuivre, renforcer, radicaliser

    On sait bien qu'une élection ne se joue jamais principalement sur le bilan des personnes ou des équipes sortantes, mais il n'est tout de même pas inutile de tenter d'en établir un, en raison ou au prétexte des élections municipales genevoises. Si, en Ville de Genève, le bilan du Conseil municipal est pour le moins incertain (la droite élargie, aléatoirement majoritaire, a voté d’un front commun des coupes budgétaires, s’attaquant aux prestations publiques et à la qualité de vie, et multiplié pour le surplus les votes sur des propositions illégales, cassées par le Bailli cantonal), on pourrait, si le funeste George Marchais n'avait utilisé cette expression pour porter un jugement sur l'Union Soviétique, estimer "globalement positif" le bilan du Conseil administratif -quoi qu'il en soit des comportements individuels de certains de ses membres. Tout n'a certes pas été fait de ce qui pouvait être fait, et de ce qui a été fait, tout n'est évidemment ni parfait, ni définitif. Il convient donc de poursuivre et de renforcer les efforts engagés, et s'agissant de la justice sociale et de l'urgence climatique, de les radicaliser. C'est pour cela que la gauche a besoin d'une double, voire d'une triple majorité : au Conseil municipal (où la droite élargie du PDC au MCG a été majoritaire pendant cinq ans), au Conseil administratif (où la gauche est majoritaire, et doit le rester -pour le moins), et au sein du peuple (où les majorités changent selon les objets). La Municipalité de gauche n'a pas fait la révolution ? elle ne le pouvait guère -et de toute façon une vraie révolution ne vient pas des gouvernements, ne fussent-ils que municipaux... Mais de n'avoir pas constaté la révolution ne justifie pas la résignation à la réaction...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Genève, Politique 0 commentaire
  • La Ligue islamique mondiale cherche à fourguer sa mosquée genevoise

    Imprimer

    Sous-traitance mosquée de Genève.jpgou émancipation ?

    Le Secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, Mohammad Abdulkarim Alissa, aimerait bien débarrasser la Ligue d'un boulet : la mosquée de Genève (celle du Petit-Saconnex), construite par la Ligue -laquelle est une organisation saoudienne. La mosquée. suspecte d'avoir été, ou même d'être encore, un bastion intégriste, voire un lieu de recrutement djihadiste,  est actuellement gérée par la Fondation culturelle islamique de Genève, directement liée à la Ligue islamique mondiale (même si elle est une fondation de droit suisse). Bref, la mosquée genevoise est en réalité saoudienne et ce dont il s'agirait, en la confiant un un "organe représentatif de tous les musulmans genevois", est de faire de cette mosquée saoudienne une mosquée genevoise gérée par "une entité irréprochable et approuvée par les autorités locales et nationales", genevoises et suisses. Sauf que Genève est supposée être une république laïque, et que, sans le dire, et tout en plaçant sa constitution fédérale sous l'autorité de "Dieu Tout-Puissant", la Suisse, de fait, l'est aussi. En tout cas,s'en approche en tapinois. Et que donc, les autorités politiques n'ont pas à "approuver" une "entité" religieuse, si irréprochable qu'elle puisse être. Et dont on ne sait pas vraiment si elle serait le moyen d'une émancipation de la mosquée genevoise ou l'instrument saoudien d'une simple sous-traitance.

    Lire la suite

  • "Papyrus", un succès "individuel et collectif"...

    Imprimer

    Papyrus2.jpgLa bonne Genferei

    Une Genferei dont Genf peut-être fière : le Conseil d'Etat, les syndicats, les mouvements de soutien aux sans-papiers, ont tiré la semaine dernière un bilan très positif de l'opération "Papyrus", lancée en février 2017 à Genève, et qui a permis la régularisation de 2390 sans-papiers (dont 727 enfants), 744 dossiers étant encore en cours de traitement. L'opération, qui a pris fin le 31 décembre 2018, en catimini, sans Pierre Maudet qui en était la caution politique avec Simonetta Sommaruga, devrait donc au final permettre de régulariser 3000 personnes, en majorité des femmes employées dans l'économie domestique. Seuls 47 dossiers sur 3380 ont été refusés par le canton ou la Confédération parce qu'ils ne répondaient pas aux conditions posées pour une régularisation. Les autorités confirment que, contrairement à ce qu'annonçait l'UDC, "Papyrus"n'a provoqué aucun "appel d'air" (c'est-à-dire l'arrivée de nouveaux clandestins remplaçant celles et ceux régularisés), ni recours à l'aide sociale des personnes régularisées (seules 0,8 % des personnes régularisées, interrogées dans le cadre d'une enquête de l'Université de Genève, ont eu recours à l'aide sociale, et c'était pour des problèmes de santé).. En outre, elle a permis aux assurances sociales d'encaisser 5,7 millions de francs de cotisations sociales supplémentaires, puisque les sans-papiers n'en payaient pas, ni leurs employeurs, et que la régularisation des premiers et leur déclaration par les seconds les engagent désormais à s'en acquitter. Un succès "individuel et collectif", constatent autorités, associations et syndicats.  Reste à s'en inspirer pour le rééditer ailleurs qu'à Genève et l'élargir à des sans-papiers qui ne répondaient pas aux conditions posées dans l'opération qui s'achève après quinze années de lutte. Le résultat, pas l'aboutissement :  il reste 10'000 "sans-papiers" à Genève, et, d'près le Secrétariat d'Etat aux migrations, 76'000 en Suisse dans une semi-clandestinité ("semi", puisque toutes les administrations publiques con cernées savent qu'elles sont là). A Genève, des milliers de personnes, de ménages, de familles emploient encore comme domestique ou garde d'enfant une personne sans statut légal, pour quelques heures, à temps partiel ou à plein temps. A Zurich, des dizaines de milliers de foyers en font autant.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, Immigration, Travail 2 commentaires
  • 2019, année la plus chaude depuis 170 ans...

    Imprimer

    deforestation_01.jpgUne rafraichissante indifférence

    2019 a été a deuxième année la plus chaude (après 2016, l'année d'"El Niño) depuis 1850, a annoncé l'Organisation météorologique mondiale. Qui ajoute que depuis quarante ans, chaque décennie a été plus chaude que la précédente, que la température moyenne à la surface de la terre a augmenté de 1,1° depuis l'époque préindustrielle, et de 1,9 ° en Arctique par rapport à la moyenne 1981-2010, que la chaleur accumulée par les océans a atteint un sommet, que les dix dernières années ont été les plus chaudes enregistrées dans les océans (qui absorbent 93 % de la chaleur mondiale. Au rythme actuel, on se dirige vers une augmentation de la température de 3 à 5 ° d'ici la fin du siècle selon l'OMM, voire de 6,5° à 7 ° selon d'autres projections. Le niveau de la mer s'élève, la banquise recule, les calottes glaciaires et les glaciers continentaux fondent, les océans s'acidifient, les feux forêts s'aggravent, l'activité cyclonique se renforce, la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère a augmenté de près de 50 % depuis l'ère préindustrielle.  Et par quoi se traduisent déjà, et vont se traduire plus encore, ces effets du réchauffement climatique ? par le déplacement de millions de personnes. Mais qu'on se rassure : ce sont les plus pauvres qui seront les plus frappés. D'où sans doute dans nos pays comme une rafraichissante indifférence.

    Lire la suite

  • Vers le droit de vote et d'éligibilité des "étrangers"

    Imprimer

    urne.jpgVive le suffrage universel !

    Le 24 avril 2005, les Genevois et voises accordaient le droit de vote (mais pas d'éligibilité), d'initiative et de référendum municipaux, aux étrangers résidant en Suisse depuis au moins huit ans. Comme cinq autres cantons romands. Trois cantons alémaniques (les Rhodes intérieures d'Appenzell, les Grisons et Bâle-Ville) ont accordé à leurs communes le droit d'accorder le droit de vote à leurs habitants étrangers. Le Jura leur a en outre accordé le droit de vote cantonal, Vaud le droit d'éligibilité municipale. Genève est donc en retard (le Valais aussi, d'ailleurs) sur le reste de la Romandie, s'agissant des droits démocratiques. Un pas supplémentaire pourrait cependant être fait si le Grand Conseil d'abord, le peuple ensuite (du moins sa part adulte, de nationalité suisse et électoralement active), y consentent : le droit de vote et d'éligibilité des étrangers aux plans communal et cantonal. Une extension légitime et bienvenue à l'élection et au canton d'un droit encore contenu à celui de voter dans les communes. Une commission du Grand Conseil a en effet adopté en ce sens un projet de modification de la constitution : déposé par la députée d'"Ensemble àé Gauche" Jocelyne Haller, le projet a évidemment  été soutenu par les socialistes et les Verts, mais aussi par le PDC, le PLR rejoignant (c'est son tropisme, en ce moment) l'UDC et le MCG dans un refus obsidional de quelque droit politique que ce soit aux métèques. Dont on rappellera qu'ils constituent plus de 40 % de la population du canton, ce qui fait de Genève de tous les cantons suisses celui qui prive encore la plus grande part de sa population des droits politiques fondamentaux de voter, d'élire et de siéger.

    Lire la suite

  • Quand Genève veut des logements, mais pas les construire

    Imprimer

    Metropolis 01.jpgDensifier ou étaler ?

    Genève, terre de contrastes : on y vote massivement (comme dans les trois autres plus grandes villes de Suisse) pour construire plus de logements (d'utilité publique, certes, mais ils n'en sont pas pour autant sans emprise sur l'espace), et contre la densification d'une zone urbaine (à Cointrin) occupée par des villas. Les résultats de Meyrin et de Vernier, les communes où les deux déclassements soumis au vote étaient prévus, est exemplaire : 64 et 69 % pour l'initiative demandant plus de logements abordables, 64 et 60 % pour ne pas en construire dans la commune. Les deux projets de déclassement de zones villas à Cointrin ont été refusés à 55,7 et 55,3 %.  En Ville de Genève, qui a de peu refusé les deux projets de densification, ce sont les quartiers les plus friqués et les plus à droite (Champel, Florissant) qui ont fait pencher la balance pour le non, les quartiers populaires et de gauche votant en faveur des deux projets dans le même proportion que le canton les refusait. Résumé par le Conseiller d'Etat Antonio Hodgers, le résultat du vote genevois sur les deux projets de déclassement à Cointrin  sonne ainsi : "les électeurs ont accepté l'initiative de l'Asloca pour des logements abordables, mais ne veulent pas les construire" (il en était prévu 2400). Le choix, pourtant, est simple : la densification ou l'étalement urbain. Construire la ville en ville ou étendre la ville dans l'espace rurbain et rural. Mais si on accepte de densifier, il faut bien le faire là où la densité peut encore être accrue : on ne peut plus densifier aux Pâquis, on ne peut pas le faire en zone agricole, mais on peut encore le faire dans les zones villas. Mais pour cela, il faut les déclasser... Or commentant le résultat des votations de dimanche, Antonio Hodgers annonce que les déclassements prévus vont être suspendus, puisque "les Genevois ont choisi de renforcer la crise du logement".

     

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, Logement, urbanisme 1 commentaire
  • Politique genevoise du parcage des bagnoles : Clé de Ville

    Imprimer

    épaves.jpgLe référendum municipal lancé par l'Alternative (PS, Verts, SolidaritéS, Parti du Travail), Pro Velo et l’Association transports et environnement contre le projet anachronique du parking "Clé de Rive" a largement abouti -les signatures nécessaires avaient déjà été obtenues avant noël. Un autre référendum, cantonal celui-là, et lancé en sens inverse par le TCS et une organisation patronale, a aussi abouti : il conteste l'assouplissement décidé par le Grand Conseil, sur proposition du Conseiller d'Etat PDC Serge Dal Busco, de l'obligation de compenser par une nouvelle place de parking toute place de parking supprimée en surface. Dans la "Tribune de Genève", un candidat PLR se plaint de l'aboutissement du référendum contre le parking Clé-de-Rive. Nous ne nous plaindrons pas de l'aboutissement de celui contre la compensation des places de parking supprimées. Le peuple de la Ville et celui du canton vont donc pouvoir se prononcer sur la politique genevoise du parcage des bagnoles et c'est une excellente chose : Les Genevoises et les Genevois peuvent, s'ils le veulent, se donner les clés-de-ville...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, Transports 2 commentaires
  • Conseil municipal de la Ville de Genève : D'une majorité à l'autre...

    Imprimer

    balayeuse.jpg

    Ides de mars

    La majorité du Conseil municipal de la Ville de Genève a refusé hier soir, avec obstination, les propositions de la gauche pour concrétiser la transition écologique (rénover les bâtiments, renforcer la mobilité douce, protéger les sols, replanter des arbres, favoriser des projets innovants par le fonds G’innove, etc.), et tout aussi systématiquement les propositions socialistes destinées à rendre plus transparents le financement des groupes politiques et la rétribution des élus au Conseil municipal, renforcer l'efficacité du fonctionnement même de cet illustre parlement et rationaliser l'octroi d'une aide sociale et le règlement des piscines... Et pourquoi diable cette majorité a-t-elle refusé des propositions qui relèvent pour les unes de l'urgence, pour d'autres de la logique, pour d'autres encore de l'urgence et de la logique ? La réponse est simple : parce que cette majorité est de droite (elle va du PDC au MCG en passant par l'UDC et le PLR). La nécessité d'une majorité de gauche ? Cette droite hétéroclite, distendue, incohérente, devrait à elle seule vous en convaincre...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Genève, Politique 2 commentaires
  • Pour un nouveau millésime moins navrant que le précédent

    Imprimer

    ane-qui-rit.jpgBonne ânée

    Nous sommes le jour de la Fête des Rois dans le calendrier grégorien, celui de l'an nouveau dans le calendrier julien, celui de la marne (le 17 Nivôse) dans le calendrier républicain et celui de la Dormition de Jacques Vaché (le 9 Décervelage) dans le calendrier pataphysique. Qu'est ce que cela nous dit ? qu'ayant le choix de nos calendriers, nous avons celui de nos festivités et de nos références. Et de nos échéances, de nos agendas, des défis que nous avons à relever ? c'est plus incertain. Nous avons en tout cas une échéance électorale en tête -non qu'elle nous obsède, mais comme notre vision politique s'arrête à la Versoix (au-delà de quoi vivent les rupestres) et à la Seymaz (au-delà de quoi sévissent les racailles), cette échéance est celle des élections municipales genevoises.  "L'heure de vérité pour la politique genevoise" titrait la dernière "Tribune de Genève" de l'an désormais passé. Est-ce-à-dire que jusqu'à ces élections nous égrainions  des heures de mensonges ? C'est en tout cas dire qu'on peut espérer de l'année qui vient de s'ouvrir qu'elle soit politiquement moins navrante que celle dont le passage du temps nous a débarrassés...

    Lire la suite

  • PS genevois : du bon usage d'une crise(tte)

    Imprimer

    roses en carré.jpgPour toutes et tous, sans états d'âmes

    Il y a un bon usage possible des crises (le capitalisme nous l'enseigne avec suffisamment d'éloquence). Même les petites crisettes du genre de celle que traverse le PS genevois en ce moment peuvent être utiles. D'autant que depuis bientôt 140 ans qu'il existe, il devrait être accoutumé à la fois à ses crises internes et au bon usage qu'il peut en faire -non pour régler des comptes personnels, mais pour définir une ligne politique claire, à laquelle on puisse tout aussi clairement s'opposer. Car il vaut certainement mieux une ligne politique durable avec laquelle on est en désaccord mais à laquelle on puisse s'opposer durablement qu'une ligne politique imperceptible, social-démocrate le vendredi, social-libérale le samedi et (rhétoriquement, qu'on se rassure...) socialiste révolutionnaire le dimanche.
    Et avec tout ça, Bonnes fêtes de fin d'année à toutes et tous. Sans états d'âmes.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, Politique, PS 8 commentaires
  • Mise en service du "Léman Express" : Effacer la frontière

    Imprimer

    train Annemasse.jpegDepuis dimanche, le "Léman Express" circule autour du Léman, et passe la frontière (certes pas plus loin qu'Annemasse, puisque grève il y a -et aura encore- en France). La nouvelle ligne 17 reprend en outre la liaison transfrontalière en tram interrompue depuis 80 ans Toute la journée du dimanche, l'ambiance fut festive dans les trains et dans les gares genevoises du réseau -signe que les Genevois, au moins, n'ont pas attendu qu'il fonctionne au plus fort de ses capacités pour se l'approprier. Déjà une belle revanche sur les corvidés qui coassaient que le CEVA allait nous amener à G'nêêêêve la racaille d'Annemasse : c'était, vous en souvenez-vous, l'avertissement angoissé des opposants UDC et MCG au CEVA (et donc au Léman Express), qui oubliaient opportunément que ce réseau va aussi nous amener des Vaudois et même des Valaisans. Des rupestres qu'il ne valait pas la peine de mentionner ? Peut-être pour rassurer ces opposants, le parcours franco-genevois de la ligne reliant Cornavin à Annemasse sera truffé de caméras (il y en aura des centaines dans les gares et les terrains), arpenté par des patrouilles policières franco-suisses... et on a même prévu une cellule dans la gare des Eaux-Vives."Le Léman Express n'est pas un aboutissement mais plutôt le début d'une nouvelle ère", assure le Conseiller d'Etat Dal Busco. Il a raison : Grèves ou pas grèves, le train et le tram se foutent des frontières et les effacent. Et ce ne sont pas les moindres de leurs qualités.

    Lire la suite

  • De la cohérence en milieu municipal

    Imprimer

    transparence.jpg

    Petite polémique picrocholine (à forte composante électoraliste) sur un rapport d'audit que l'Exécutif de la Ville de Genève avait commandé, et qu'il a longtemps refusé de rendre public. La droite tempête (forcément : l'Exécutif est de gauche...) et exige la publication de l'audit dont la "Tribune de Genève" avait dévoilé des extraits en bénéficiant de "fuites" qui avaient valu à trois conseillers municipaux d'être auditionnée par la police sur dénonciation du Conseil administratif, à la demande du président UDC du Conseil municipal. Appelé à la rescousse, le préposé cantonal à la transparence estime que la publication de l'audit serait "utile à la formation de l'opinion et à la participation des citoyens à la vie publique". Et tout cela, donc, sur fonds d'invocation du principe de "transparence". Ce qui fait doucement rigoler, puisque cette transparence que la droite demande sur un audit, elle refuse d'envisager d'en débattre quand on la propose sur les rémunérations, les indemnités, les remboursements, les avantages, les privilèges, les prébendes des Conseillers municipaux...

    Lire la suite

  • Genève : l'Opéra en débat

    Imprimer

    GTGnuit.jpgOn tourne en rond...

    On dit que le temps s'accélère, au gré des progrès technologiques. On a pourtant eu l'impression, à suivre et participer aux débats sur le Grand Théâtre au Conseil municipal de Genève, que le temps a quelque chose d'immobile, de révolutionnaire au sens astronomique du terme : en clair, on tourne en rond, on refait, ou on poursuit, un débat entamé depuis au moins vingt ans, et qui porte sur les conséquence de choix politiques initiaux dont nous héritons, mais que nous n'avons jusqu'à présent jamais contestés et que nous nous contraignons nous-mêmes à assumer, sauf à faire d'autres choix les révoquant. Nous héritons donc du choix de Genève de se doter d'un opéra, d'un opéra public, municipal, payé par la Ville mais géré par une fondation autonome. A qui, hier soir, le Conseil municipal a accordé deux subvention, une extraordinaire de 1,9 millions pour combler le déficit de la saison passée, et une ordinaire de 10,8 millions, qui doit être confirmée lors du vote du budget de la Ville, de pour assurer le budget de la saison présente.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Culture, Genève, Politique 4 commentaires
  • Aménagement, urbanisme, logement, développement : Les deux Genève

    Imprimer

    vote dimanche.JPG

    Deux Genève se sont confrontées dimanche dans les urnes : celle pour qui le "développement", mesuré quantitativement, est la priorité des priorités, et celle pour qui il n'est soutenable qu'à des conditions qualitatives. On a finalement refusé, à six voix près, de déclasser un espace vert (12,8 hectares de terres agricoles) pour permettre à un promoteur privé d'y construire des bureaux, et, refusé, à un peu plus de 130 voix près, d'aménager un quartier de la Ville pour construire des logements... Exemplairement, le projet d'aménagement du Petit-Saconnex a été refusé dans un vote cantonal alors qu'il avait été bien plus largement accepté dans un vote communal. Arithmétiquement, dans des votes aussi serrés, quelques dizaines de propriétaires de villas à Anières ou Vandoeuvres peuvent ainsi imposer leurs intérêts à l'intérêt collectif : il y aurait là quelque chose qui ressemble à un vote censitaire -comme d'ailleurs pour le projet du Pré-du-Camp, au Grand-Saconnex, qui a failli être imposé à la commune (qui l'a refusé à deux votants contre un), à la Ville et aux villes par les communes résidentielles de la rive gauche friquée, et n'a finalement été refusé qu'à neuf voix près. Neuf voix qui pèsent lourd. Et qui, au passage, constatent l'utilité de faire usage de son droit de vote...

    Lire la suite

  • Pré-du-Stand : Grosses ficelles

    Imprimer

    foot.jpgUn Cycle, des stades, des bureaux... ou rien ?


    Faut-il ou non déclasser un terrain agricole, celui du Pré-du-Camp au Grand-Saconnex, pour l'affecter à un centre d'entraînement du Servette FC et à des bureaux ? La question est posée aux Genevois et voises, qui en décideront dimanche. L'opération du Pré-du-Camp doit en outre permettre de libérer l'espace actuellement occupé par les installations du Servette FC à Balexert pour y construire un nouveau Cycle d'Orientation remplaçant celui, vétuste, du Renard. Comme s'il fallait forcément installer des stades et des bureaux sur un terrain agricole du Grand-Saconnex pour construire à Balexert un nouveau Cycle d'Orientation. Cette pratique du paquet ficelé (on vous propose en un seul vote des stades, un cycle d'orientation, des bureaux, des logements, à des endroits différents sans que vous puissiez choisir ce que vous soutenez et ce que vous refusez de ce que contient le paquet) commence à être... comment dire en restant poli ? fatigante ? énervante ? insupportable ? Rien que pour cela, on dirait NON au projet du Pré-du-Camp. Mais notre NON a tout de même quelques autres raisons...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, urbanisme, votations 1 commentaire