mardi, 15 janvier 2019

"Affaire Maudet" : Décervelage, pirates, flibustiers et thaumaturges

Maudet De Senarclens 2018.jpgDans le calendrier pataphysique, ce 15 janvier est le 18ème jour du mois de Décervelage, et c'est le jour des Sts Pirates et Flibustiers, thaumaturges. Et il est à Genève un homme politique dont c'est le grand jour -on ne dira pas le grand soir, aucune révolution n'étant prévue, juste, peut-être, un petit putsch ou un gros règlement de compte. Cet homme politique, c'est Pierre Maudet. Et ce jour est celui d'une Assemblée générale de son parti, le PLR (parti libéral-radical, au cas où ce sigle vous serait inconnu), qui va devoir choisir entre soutenir Maudet ou l'appeler à démissionner de son mandat de Conseiller d'Etat. Faut-il vous rappeler pourquoi le PLR et son ministre de choc en sont arrivés là ? vous rappeler l'"Affaire Maudet" ? Comment ça, quelle affaire ? vous suivez pas l'actu genevoise ou quoi ? Vous savez pas qui est l'"Homme de l'Année" ? Depuis huit mois vous ne lisez pas les journaux, n'écoutez pas les radios, ne regardez pas les télés, ne suivez pas les réseaux sociaux de Romandie ?

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vendredi, 11 janvier 2019

Révocation des élus : réveil d'un vieille revendication démocratique

1794.JPGGenevois, encore un effort pour être démocrates...

L'"Affaire Maudet" (on suppose que vous savez de quoi il est question...) a déjà eu deux mérites avouables ici : celui de geler le projet d'une prison supplémentaire à Genève, celle des Dardelles, et celui de réveiller une vieille revendication démocratique (et révolutionnaire) : celle d'un droit populaire de révocation des élus. Et pas seulement de Pierre Maudet -il ne s'agirait plus alors d'un droit démocratique, mais d'un droit de vindicte. La première constitution genevoise, celle de 1794, le prévoyait (avec une définition restrictive du "peuple", réduit aux hommes protestants) et la proposition avait été faite (on y avait même contribué) à la Constituante genevoise (dont on n'était pas membre) auteure de la Constitution en vigueur depuis 2012. Mais réveillée aujourd'hui à partir des fautes d'un Conseiller d'Etat, la revendication du droit de révocation des élus ne l'est encore qu'à moitié, ou au quart : on hésite à donner ce droit au peuple et on préférerait le réserver au parlement, et on hésite à l'étendre au parlement (ce qui impliquerait alors qu'on le donne au peuple)... Genevois, encore un effort pour être démocrates...

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15:28 Publié dans Démocratie, droits politiques, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

jeudi, 10 janvier 2019

Caisse-maladie publique et assurance soins dentaires : Oui et Oui

caisse-maladie.jpgDans un mois, le 10 février, on votera à Genève sur deux initiatives populaires lancées par le Parti du Travail, et qui ont largement abouti : l'une pour l'instauration d'une assurance cantonale de soins dentaires, l'autre pour la création d'une caisse cantonale publique d'assurance-maladie. Ces deux initiatives ont le même mérite : celui de proposer une alternative concrète et réalisable au système qui règne sur la politique de la santé. Ainsi, le projet d'une caisse cantonale publique est de garantir à toute personne domiciliée dans le canton une complète couverture des soins. Les primes de cette assurance devraient être abordables pour tous, peut-être (s'il est légalement possible) proportionnelles aux revenus, mais les initiants précisent que cette assurance s'adresserait d'abord aux personnes ne disposant que de bas revenus. La caisse serait un établissement public autonome, comme les Services Industriels ou les Transports Publics. Elle offrirait les prestations de base garanties par le droit fédéral. Quant à l'initiative pour une assurance de soins dentaires obligatoire, financée pour moitié par l'Etat et pour moitié par un prélèvement paritaire (deux fois 0,5 %) sur les salaires, elle permettrait à toutes les personnes qui actuellement renoncent à ces soins faute de pouvoir les payer d'y accéder. Deux propositions de justice sociale, auxquelles il convient de dire deux fois OUI.

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mardi, 08 janvier 2019

Il faut détruire le Plaza !

Plaza par Dali.jpg

Une bonne résolution pour 2019

Plus de 11'000 personnes ont signé une initiative, et plus encore de personnes ont signé une pétition, et des députés ont signé un projet de loi, et des conseillers municipaux un projet de motion, pour sauver la salle de cinéma "Le Plaza"... "la plus belle salle de cinéma de Genève", qu'ils disent*... Font chier les cultureux, les gauchistes et les patrimoinomaniaques, à vouloir bloquer un grand projet pour Genève, avec leur initiative à la noix que le Conseil d'Etat a bien fait d'invalider, et leurs pétitions, leurs projets de loi, leurs motions  à la mords-moi- le-béton que le Grand Conseil et le Conseil municipal ont bien fait de refuser de traiter en urgence... Parce que qu'est-ce qu'on en a à cirer du patrimoine architectural, des espaces culturels, de Saugey, de son talent, de la beauté de sa salle de cinéma, de ses innovations ? Rien, nada, nitchevo, des clous, des nèfles.

* En 2016, la Suisse comptait environ 75 000 monuments historiques protégés. Il en manque un à l'inventaire. Un cinéma. On vous laisse deviner lequel.

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15:35 Publié dans Culture, Genève, Plaza, cinéma, patrimoine | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | |

lundi, 17 décembre 2018

A Genève, la Ville et le canton ont un budget : "Well Done, old chap"...

 well done old chap.jpgGenève, terre de contrastes

Vendredi et samedi, successivement le canton et la Ville de Genève ont été dotés par leurs parlements respectifs d'un budget pour 2019. Situations contrastées et postures politiques contradictoires pour des résultats finalement assez semblables : le commentaire du "Temps" de samedi sur le budget cantonal vaut pour le budget municipal : "la sérénité au détriment des économies". Mais si c'est grâce à "Ensemble à Gauche" que le canton de Genève a un budget (refusé par le PLR, l'UDC et le PDC mais imposé par la gauche et le MCG), c'est malgré "Ensemble à Gauche" que la Ville en a un (accepté par tous les groupes sauf Ensemble à Gauche). Le canton a "le budget de la gauche", commente la "Tribune de Genève". La Ville a le budget de... euh... un budget dont la principale qualité, et la seule qui importait au fond à tout le monde, était d'être. Et d'éviter de faire appel au peuple pour rétablir un budget acceptable après que la droite ait bousillé le projet initial.

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vendredi, 14 décembre 2018

Dans un an, la Nouvelle Comédie de Genève

nouvelle-comedie-amenagement-construction-logement-ville-de-geneve.jpgRéponse à d'Alembert

La Nouvelle Comédie de Genève devrait ouvrir ses portes à la fin 2019. Le Grand Conseil genevois avait difficilement accepté un crédit de 45 millions pour la construction du nuveau théâtre, le Conseil Municipal de la Ville ayant préalablement accepté un crédit de 53 millions. La condition posée par une partie de la droite pour accepter de participer financièrement à sa construction était le canton ne soit plus engagé dans son exploitation et son fonctionnement de la nouvelle institution culturelle, et n'ait plus à la subventionner. Le canton voulait donc se désengager de la Fondation d'Art Dramatique (qui chapeaute le Comédie et le Poche), et à Genève, le théâtre serait devenu une responsabilité, une charge, un enjeu purement municipaux -mais le changement de gouvernement a cependant changé cette attitude. Acceptons-en l'augure et attendons que ce changement se traduise en acte, et en un engagement réel du canton dans le fonctionnement de ce qui sera la première scène théâtrale de toute la région.

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vendredi, 07 décembre 2018

Réformes de l'imposition des entreprises : rien de bien neuf

évasion fiscale.jpgRéformes suisse et genevoise de l'imposition des entreprises :
Rien de bien neuf

Le Conseil d'Etat genevois a présenté à la mi-octobre son projet de réforme de l'imposition des entreprises : il cale le taux d'imposition de leur bénéfice sur le taux vaudois (13,79 %), soit un alourdissement de celui des multinationales sous statut spécial (imposées actuellement à 11,6 %) et un allègement de celui de toutes les autres (imposées actuellement à 24 %).  Gains de l'opération cantonale pour les entreprises autres que les multinationales : nuls pour les plus petites, celles qui ne font quasiment pas, voire pas du tout, de bénéfices imposables, mais de plusieurs centaines de milliers de francs par an pour les plus grandes, sans que l'on puisse assurer qu'elles investiront ces gains dans leurs capacités de production (équipements, personnel) ou les répartiront dans les poches de leurs actionnaires. Coût minimal de l'opération pour les collectivités publiques genevoises (le canton et les communes) : 434 millions de francs par an (dont 84,5 millions pour les communes), selon les estimations cantonales -à peine moins que dans le premier projet (RIE III), 65 millions de moins que dans celui, refusé, de la PF17.  Mais les estimations de ce genre sont nimbées d'incertitudes : la RIE II ne devait coûter que 80 millions de francs aux collectivités publiques, elle leur en aura coûté plus de 2 milliards... Et ce qu'elles perdent doit être compensé. Par des réductions de prestations, ou des hausses de taxes, ou au plan suisse une hausse de la TVA -l'impôt le plus injuste, qui touche tout le monde au même taux, multi-millionnaires et sdf indistinctement. Pour faire passer la pilule, le Conseil d'Etat propose certes quelques mesures d'accompagnement, comme des places d'accueil pour la petite enfance (financées par un prélèvement sur la masse salariale), des rétrocessions aux communes ou la suspension (mais pas la suppression) du "bouclier fiscal" protégeant les hauts revenus et les grosses fortunes, mais renonce à celles qui étaient prévues pour nous faire avaler la RIE III : soutien aux transports publics, à la formation et à l'emploi des "seniors". Rien de bien neuf, donc. Et aucune raison de soutenir aujourd'hui ce qu'on refusait hier.

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15:40 Publié dans Economie, Fiscalité, Genève, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rffa, pf17 | |  Facebook | | | |

mercredi, 05 décembre 2018

Ville de Genève : La droite s'attaque au statut du personnel

Ubu.jpgPrise d'otage

Prenant les 4000 employée de la Ville en otage de l'animosité qu'elle cultive à l'égard du Conseil administratif, la droite municipale veut imposer, sans négociation, sans discussion même au Conseil Municipal, une modification du statut de ce personnel, et s'autoriser elle, et elle seule, à ne pas accorder aux salariés de la fonction publique l'indexation de leurs salaires. Et cela sans concertation, sans discussion, sans débat, sans négociation avec le personnel, sa commission et ses syndicats. Rien, strictement rien, ni financièrement, ni règlementairement, ne justifie qu'on modifie ainsi un statut résultant d'une négociation, en méprisant totalement le "partenariat social" pourtant rituellement invoqué à chaque grève (pour la condamner). Rien ne le justifie, mais une pulsion l'explique : le besoin désespéré (et désespérant) de la droite municipale genevoise d'exister face à un Exécutif de gauche.

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mardi, 04 décembre 2018

Quand la traversée du lac continue de s'envaser

ECHANGEUR.jpgContourner le contournement ?

Début mars, à Meinier, à l'appel du collectif "Les Changeurs" créé pour inciter le Conseil d'Etat et le parlement à revoir le projet de traversée routière du Petit-Lac, un débat avait permis à des habitants et à des élus municipaux des communes de la rive droite "non urbaine" de dire tout le mal qu'ils pensaient, non du principe d'une traversée routière du Petit-Lac, mais de la forme qu'elle risque de prendre (si le peuple ne la renvoie pas à ses auteurs). Le Maire de Meinier s'inquiètait de devoir accueillir un échangeur autouroutier sur le territoire communal -et qui plus est à proximité d'un site archéologique, celui de Roelbeau. Le Maire de Puplinge reprochait au projet de n'alléger le centre urbain qu'en chargeant sa périphérie. Pour finir tout de même par charger le centre urbain, puisqu'en engendrant plus de circulation à la périphérie, on aboutit toujours à en engendrer au centre. Le Maire de Saint-Cergue, sur France, estimait que ce n'est pas la ville de Genève qu'il faut contourner mais le "Grand Genève", et qu'il faut prioriser les transports en commun. Car sinon, le processus est sans fin : on crée un contournement routier, ce contournement est saturé, donc on crée un contournement du contournement. Et les milliards pleuvent. Ou plutôt, se noient. Or Genève serait seule à payer la note. Salée, la note : rien que les études coûteraient 100 millions de francs, et le projet lui-même des milliards.

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lundi, 03 décembre 2018

Ouverture dominicale des magasins : on votera

Na!.JPGPas de convention ? Pas de loi...

Bonne nouvelle : le référendum lancé par les syndicats et la gauche politique contre la loi imposée dans la précipitation par la droite, autorisant, sans respecter la condition pourtant votée par le peuple d'une convention collective de travail, l'ouverture des magasins trois dimanches de fin d'année, a abouti avec 7800 signatures (2500 de plus que requis). Son aboutissement suspend l'application de la loi jusqu'à la date du vote (peut-être en mai 2019) -et on espère bien que ce vote renverra la loi dans les poubelles de l'histoire locale. Les fêtes de fin d'année 2018 ne verront donc pas le personnel de la vente trimer trois dimanches sans convention collective. Y'a des limites, quand même, qu'il faut rappeler : le référendum vient de le faire -reste au peuple à le confirmer. Comme il l'a confirmé il y a une semaine à Bâle-Ville.

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samedi, 01 décembre 2018

Loi genevoise sur la laïcité : les socialistes disent "non"

passoire-à-thé-ancienne-en-métal-argenté-avec.jpgIte missa non est

Le PS genevois a décidé d'appeler au refus de la loi sur la laïcité bricolée par le Grand Conseil et soumise au peuple en février prochain, puisqu'un référendum, lancé par une coalition aussi contradictoire que celle qui soutiendra la loi, a abouti. Le PS rejoint ainsi les Verts et Ensemble à Gauche dans l'opposition à la conception qu'une majorité du Grand Conseil se fait de l'application du prédicat constitutionnel : pour la gauche genevoise, mieux vaut en effet le statu quo qu'une loi qui "divise et exclut". Alors, que faire de cette loi (qui sera sans doute acceptée nonobstant l'opposition de la plus grande partie de la gauche : toute la droite est pour) ? Eh bien on hésite. Pas entre voter "oui" ou voter "non", mais entre voter blanc ou voter nul. Parce qu'il nous semble que cette loi ne mérite ni l'honneur d'être soutenue, ni l'indignité d'être combattue. Pas l'honneur d'être soutenue, tant elle ressemble à un collage de dispositions dont les unes relèvent de l'enfonçage de portes ouvertes et les autres de douteuses références -ainsi de celle à des "communautés religieuses" avec quoi l'Etat doit "entretenir des relations" (incestueuses ?), et même d'assez calamiteuses confusions -ainsi de celle entre des parlementaires et des fonctionnaires d'Etat. Et puis, on persiste à se demander pourquoi diable (ou dieu) on tient tant à pondre une loi qui érige les religions au dessus des autres faits et facteurs de culture. Après tout, une religion n'est rien d'autre qu'une philosophie farcie de divinité, et il n'y aucune raison (mais bien des déraisons) à la traiter autrement qu'une philosophie. Et il y a aussi bien des dangers à donner à l'Etat le pouvoir de trier entre les religions, celles qu'il va reconnaître et celles qu'il ignorera. Mieux vaut les ignorer toutes (ce qui évidemment ne signifie pas les combattre), faute de pouvoir les reconnaître toutes, tant il y en a. Pourquoi alors ne pas la combattre ? D'abord, parce qu'elle n'est pas assez cohérente pour être dangereuse et pas assez intelligente pour être perverse. Et puis, parce que quelque effort d'explication que l'on fasse, quelque discours que l'on tienne, quelque recours  que l'on propose à un examen rationnel du texte, appeler à voter contre une loi sur la laïcité sera pris comme un appel à voter contre la laïcité -ce que la présence dans l'opposition à la loi d'opposants religieux au principe même de laïcité semblera confirmer. Il est vrai qu'en face, dans les soutiens à la loi, on trouvera ceux, à l'extrême-droite, pour qui elle n'a de légitimité que dans la mesure où ils peuvent y trouver trace de leurs obsessions islamoxénophobes (oui, c'est un néologisme...). En vérité, en vérité, on vous le dit : il y a assez de confusion comme cela dans le débat autour de la laïcité pour qu'on évite d'en ajouter encore une louche. Ite missa non est, mais allez en paix quand même.

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jeudi, 29 novembre 2018

De plus en plus de musées, de plus en plus de visiteurs -mais de quoi ?

musee-imaginaire-malraux.jpgLe Musée pas imaginaire

Il y a de plus en plus de musées en Suisse, qui attirent de plus en plus de visiteurs : en 2016, les 1108 musées (publics et privés) du pays ont attiré plus de 13 millions de visiteurs, soit plus d'un million de plus en un an, grâce à de populaires expositions temporaires (et à l'ouverture de nouveaux musées (comme celui d'Ethnographie à Genève). C'est dans ce contexte que le Musée d'Art et d'Histoire de Genève entame sa propre mue, celle de son contenu autant que celle de son contenant. Ce musée est, pas seulement par son architecture, le témoin d'une époque : celle de la construction dans toutes les villes importantes d'une institution "encyclopédique" exposant un patrimoine artistique et culturel avec une ambition à la fois totalisante et paternaliste. Cette conception muséale n'est plus celle de notre temps. Elle ne sera, qu'il le veuille ou non, plus, en tout cas plus la seule celle du futur Musée d'Art et d'Histoire genevois : de cette confrontation d'un ancien musée rénové, physiquement et culturellement, avec son propre temps, dépendra le succès du projet qui sera bientôt soumis au Conseil municipal de la Ville.

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jeudi, 15 novembre 2018

Haroun El Poussah et Iznogoud sont dans un bateau...

Iznogoud.jpgScandale (planétaire) des notes de frais des magistrats de la Ville de Genève : Haroun El Poussah et Iznogoud sont dans un bateau...

On a passé, entre postures de virginité politique et gesticulations d'exemplarité, dix heures de séances de Conseil Municipal genevois à prêcher, gloser, vitupérer, dénoncer à propos du rapport de la Cour des Comptes sur les notes de frais des magistrats de la Ville, avec au bout du compte quasiment rien de décisif au chapitre des réponses à ce scandale planétaire. De ces magistrats, il y en a un de droite et quatre de gauche. Ils sont de quatre partis (le PS, les Verts, Ensemble à Gauche et le PDC). Il y a donc trois partis (l'UDC, le MCG, le PLR) et une des deux composantes d'"Ensemble à Gauche" (le Parti du Travail) qui ne sont pas représentés à l'Exécutif de la capitale mondiale du monde mondial. Et donc l'assaut est donné par ces trois partis et cette composante contre les quatre autres partis et l'autre composante. Les heures passent. Les discours aussi.  La morale à deux balles s'abat sur le parlement municipal comme la vérole sur le bas-clergé breton. Une petite manif bat le perron à l'appel d'un petit parti en mal d'existence. On regarde sa montre. On bouquine un peu (on avait pris les "Mille et une Nuits" avec soi). On attend la fin. Elle vient. On a décidé quoi ? Rien, ou presque : on a renvoyé toutes les propositions qui supposaient une décision à l'examen en commission des Finances. Mais on a été nourris et payés. Par la Ville. Et donc ses contribuables. Au nom de l'exemplarité et de la transparence.

 

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lundi, 12 novembre 2018

Frais professionnels des magistrats de la Ville de Genève : "Tous pourris (sauf moi)" ?

avuedenezilestcinqheures.jpgDernière nouvelle du front (on va faire semblant de croire que c'en est un) de la polémique sur les notes de frais des conseillers administratifs de la Ville de Genève : une procédure pénale est ouverte contre inconnu pour "gestion déloyale des intérêts publics" (cette procédure pénale suspend toute procédure disciplinaire), les bureaux de quatre Conseillers administratifs ont été perquisitionnés, le Conseil administratif a publié les notes de frais de tous ses membres depuis dix ans (y compris Manuel Tornare, Patrice Mugny et Pierre Maudet...) et le Conseil d'Etat annonce qu'il "sera transparent sur ses notes de frais". "Sera"... il ne l'était donc pas ? Enfin, ne boudons pas notre plaisir de constater que tout le petit monde politique genevois réclame désormais la transparence du financement des activités politiques. Même la droite ? même. On ne doute donc pas qu'elle finira par soutenir l'initiative populaire pour "plus de transparence dans la vie politique", que, comme le Conseil fédéral, elle rejette actuellement totalement...

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mercredi, 07 novembre 2018

Politique genevoise des transports : changements de paradigme et de magistrat...

embouteillage.jpgElu de droite, politique de gauche ?

La politique genevoise des transports est-elle en train de changer ? Le changement du magistrat en charge politique de la mener semble en tout cas correspondre à l'acceptation d'un "changement de paradigme" (comme on dit en langue de bois) qu'il est le premier depuis Bernard Ziegler à prendre en compte, à la grande inquiétude d'une bonne partie de son camp : s'il se dit "centriste", le démochrétien Serge Dal Busco est en effet un élu de la droite, soupçonné par la droite de mener une politique de gauche. Et Dal Busco d'aggraver encore son cas, déjà pendable aux yeux des bagnolards, en proposant de fiscaliser les parkings d'entreprises, en renonçant, plus ou moins explicitement, à faire de la traversée routière du Petit-lac la priorité des priorités prioritaires et en mettant fin à l'autorisation donnée aux deux-roues motorisés d'utiliser les voies de bus... On comprendra donc, mais sans trop y compatir, l'inquiétude qui commence à régner à droite : aurions-nous porté au pouvoir non le continuateur de Luc Barthassat mais celui de Michèle Künzler ?

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mardi, 06 novembre 2018

Ouverture des magasins genevois le dimanche, sans convention collective ?

dimanche

 

Ouverture des magasins genevois le dimanche, sans convention collective ?
Décidément, c'est NON

En novembre 2016, les Genevois et voises ont accepté (en vote populaire) l'ouverture des magasins trois dimanches par année à condition que le personnel soit protégé par une convention collective de travail. La droite du Grand Conseil a décidé d'ignorer cette condition et de faire passer un projet de loi autorisant l'ouverture dominicale alors même qu'il n'y plus de convention collective du commerce de détail genevois depuis juillet 2017. En septembre de l'année dernière, les associations patronales du secteur en ont bien signé une, mais bidon, en contournant les deux syndicats représentatifs des travailleuses et travailleurs du secteur genevois, Unia et le SIT et en signant avec la seule Société suisse des Employés de commerce (même pas sa section genevoise mais la faîtière suisse), qui ne pèse pas grand chose à Genève (et a d'ailleurs été exclue de la Communauté genevoise d'action syndicale). On est donc dans un vide conventionnel. Or sans convention collective, les employé-e-s sont bien moins protégés. La loi imposée par la droite devrait être soumise au vote populaire. Et on lui dira NON. Parce qu'elle ne mérite rien d'autre.

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lundi, 05 novembre 2018

Frais privés et vertus publiques

escalade.jpgLa Cour des Comptes et les frais professionnels des magistrats municipaux de Genève

S'autosaisissant (comme elle en a le droit) de la "problématique de la prise en charge des frais professionnels des conseillers administratifs et des membres de la direction de la Ville de Genève" (directeur général, directeur général adjoint, directeurs et codirecteurs des départements, directeur du contrôle financier), la Cour des Comptes a produit et rendu public la semaine dernière un  rapport dévastateur qui relève "d'importantes lacunes du cadre réglementaire ainsi qu'un manque d'exemplarité et de jugement (des magistrats et des plus hauts fonctionnaires municipaux) en matière de frais professionnels". Elle estime "impératif que le Conseil administratif prenne conscience du caractère inapproprié de ses pratiques en matière de frais professionnels". Elle met notamment en cause l'absence de contrôle du bien-fondé des demandes de remboursement des dépenses des Conseillers administratifs, l'absence de plafond pour le remboursement de certaines d'entre elles,  les activités militantes (au sein de leurs partis) et les activités professionnelles des magistrats. la confusion, pour certains d'entre eux, entre leurs dépenses personnelles et celles liées à leur mandat... Et elle émet onze recommandations, dont huit ont été acceptées par le Conseil administratif. En reste donc trois -il refuse notamment d'être le seul exécutif genevois à devoir rendre public chaque année le montant (et le détail) des frais forfaitaires et effectifs des élus à l'exécutif municipal de la seule Ville de Genève.

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jeudi, 01 novembre 2018

Le Plaza, le pognon, le patrimoine et le gouvernement

Affiche Plaza57.jpgIndifférence ou complicité ?

Les autorités genevoises célèbrent à leur manière l'année européenne du patrimoine : en le laissant détruire chez elles.  Le chantier de démolition du cinéma "Plaza" s'est ouvert mercredi 24 octobre. La démolition réelle de la plus belle salle de cinéma genevoise (pour faire place à un centre commercial de plus et un parking de plus) a donc commencé. Malgré une motion et une pétition (signée par 1700 personnes) approuvées par le Conseil Municipal, une initiative populaire avec plus de 11'000 signatures, une pétition en cours (plus de 6000 signatures hier soir), et qu'on peut encore signer sur https://www.change.org/p/antonio-hodgers-ne-laissez-pas-mourir-le-plaza), des interventions de partis politiques, de défenseurs du patrimoine, d'architectes et de milliers de citoyennes et de citoyens, le Conseil d'Etat laisse faire.  Indifférent ou complice ?

La pétition NE LAISSEZ PAS MOURIR LE PLAZA, ANTONIO HODGERS a recueilli des milliers de signatures. Malgré l'annonce de la démolition, les signatures n'ont cessé d'affluer. Ses auteurs vous invitent toutes et tous aujourd'hui 1er novembre pour son dépôt à 16 h 30 au Grand Conseil de Genève, à l'UIT,  2 rue de Varembé, Immeuble Montbrillant, et à la remettre en main propre à Monsieur le Conseiller d'Etat Vert en charge du Département du Territoire, et accessoirement de la présidence du Conseil d'Etat, Antonio Hodgers. S'il  est là.

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vendredi, 26 octobre 2018

Loi genevoise sur la laïcité : Sacraliser l'Etat ?

sacre.jpgLe 10 février prochain, à Genève, on votera sur une loi cantonale sur la laïcité de l'Etat, attaquée par un référendum qui a obtenu 8300 signatures (6500 étaient nécessaires pour qu'il aboutisse). La Constitution cantonale pose (c'est la première à le faire à Genève) la laïcité comme principe fondamental de la République. Le Grand Conseil a jugé que cette proclamation ne suffisait pas, qu'il fallait une loi et en a donc bricolé une, qui enfonce quelques portes ouvertes et profère quelques truismes, exercices absurdes qui ne justifient pas que l'on appelle à refuser la loi. Mais on ne peut non plus l'accepter : elle sombre en effet dans une confusion parfaitement réactionnaire en confondant le rôle, le statut, la légitimité des élus et celle des fonctionnaires, en prétendant neutraliser les lieux politiques au point d'imposer aux parlementaires l'obligation, parfaitement hypocrite, de s'interdire toute exposition visible de leurs convictions religieuses, voire même politiques, et finalement en érigeant religieusement l'Etat en totem tout en plaçant la religion au-dessus des autres faits de culture, comme si le premier devait être sacralisé en même temps que la seconde, et chacun des deux préservé de l'autre. Que faire d'une loi qui ne mérite ni l'honneur d'un soutien ni l'indignité d'un refus ? On n'en fera rien : on votera blanc, ou nul. Parce que cette loi ne mérite rien de plus. Elle sera sans doute acceptée, et nous interdira de porter un "signe religieux ostentatoire" en séance du Conseil Municipal. Peu importe : passoire-à-thé-ancienne-en-métal-argenté-avec.jpgnotre "signe iréligieux ostentatoire", on l'arborera quand même : une passoire athée (à porter en sautoir ou en collier)...

 

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jeudi, 25 octobre 2018

Vers un nouveau Musée d'Art et d'Histoire à Genève

MAH escalier.jpgUn musée, ça sert à quoi ?

Au printemps dernier avait fleuri le rapport du groupe d'experts chargé par le Conseil administratif de Genève plancher sur le futur du Musée d'Art et d'Histoire, et d'en proposer les grandes lignes. Pas de rupture dans ces propositions, mais une sorte de mise du musée au niveau des moyens que la Ville lui accorde (35 millions par an) -une mise à niveau qui serait un rehaussement des ambitions de l'institution, couplé à une extension matérielle. Le concours pour le poste de directeur du MAH a été lancé (le directeur actuel prendra sa retraite en 2019), le concours d'architecture pour la nouvelle enveloppe du musée est prévu pour le printemps 2020, le choix des lauréats pour le fin 2020 ou le début 2021. Mais la réflexion sur le contenu muséal (la fonction du musée) a précédé le choix du contenant architectural : c'était la logique même, mais il fallut la rétablir -le précédent projet de rénovation du musée avait fonctionné à l'inverse. Et donc, on va pouvoir débattre de l'idée force du projet élaboré par la commission d'expert : raconter Genève "dans toutes ses dimensions" (historique, artistique, scientifique...). Et répondre à la question première : un musée, et ce musée-là, ça sert à quoi ?

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15:03 Publié dans Culture, Genève | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : mah, musée | |  Facebook | | | |