Genève

  • "Pour une politique culturelle cohérente à Genève" : Faire ensemble, enfin...

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    culture.jpgAvec 83,18 % des suffrages, c'est un véritable triomphe qu'à obtenu l'initiative "pour une politique culturelle cohérente à Genève". Il est vrai qu'elle n'était combattue que par la droite de la droite (l'UDC, le MCG), mais même une partie de son électorat l'a soutenue. Le canton est donc proclamé par la constitution grand coordinateur de la politique culturelle genevoise, en concertation permanente avec les communes.Ce qui va forcément impliquer, sauf à vider la nouvelle disposition constitutionnelle de toute substance, sa représentation dans les instances dirigeantes des grandes institutions actuellement en mains de la Ville et des communes (le Grand Théâtre, la Nouvelle Comédie, le Théâtre de Carouge... et pourquoi pas les grands musées municipaux ?), mais aussi sa participation financière au fonctionnement de ces institutions. Le débat politique va maintenant se déplacer au niveau de la mise en oeuvre de la disposition votée par le peuple. Et il va être serré, ce débat -les premières déclarations de la droite, en tout cas, le laissent présager. Il n'empêche : ce que le vote populaire a adoubé, c'est un principe qui nous est cher : "faire ensemble", entre le canton, la Ville et les 44 autres communes, une politique culturelle digne de Genève.

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  • Ouverture dominicale des magasins genevois : Une "victoire de la tactique du salami"

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    salami.jpgC'est à l'usure que le patronat du commerce genevois de détail a gagné dimanche, par 52,1 % de "oui" dans un vote noyé dans neuf autres,  le droit d'ouvrir ses magasins trois dimanche par année. Une "victoire de la tactique du salami", résume le Comité unitaire qui avait lancé le référendum contre cette proposition. Les Genevoises et vois ont ainsi annulé par leur vote leur propre décision, prise lors d'un vote précédent, de lier ce droit à l'obligation de conclure une convention collective. On notera tout de même que les arrondissements de gauche ont refusé cette proposition patronale, qui n'a été acceptée en Ville de Genève que du fait du différentiel de participation électorale entre les quartiers populaires et les parcs à bourges.

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  • Réformes de la fiscalité des entreprises : L'amer de toutes les batailles ?

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    normal_gauche-droite.jpg

    On gagne sur les armes, la culture et la caisse de retraite de la fonction publique cantonale, on perd sur la fiscalité et les ouvertures dominicales des magasins, on gagne à moitié et perd à moitié sur les primes d'assurance-maladie : les résultats des votations de ce dimanche ne poussent ni au désespoir, ni à l'euphorie. Et tout cela, finalement, est très suisse... Même la participation qui, à Genève, a atteint un niveau normal (45 %), alors qu'on craignait qu'elle plonge dans des bas fonds peuplés de l'indifférence des uns, de la méfiance des autres (après l'"affaire" dégonflée de possibles "fraudes électorales") et de l'incompréhension de quelques uns face à l'inflation des questions posées (onze, à Genève). Alors bien sûr, on peut se dire que si le PS n'avait pas dansé le tango et les Verts la valse, le "non" à la réforme fiscale cantonale aurait pu l'emporter... comme il l'a emporté dans la majorité des arrondissements de la Ville (sans toutefois emporter la Ville), et que le "non" à l'ouverture dominicale des magasins sans convention collective aurait aussi pu l'emporter, comme il l'a emporté en Ville et dans les villes. Le différentiel de participation entre les arrondissements et les communes de gauche et celles de droite (53 % de participation à Florissant-Malagnou, moins de 40 % aux Acacias. par exemple) explique en grande partie l'échec de la gauche sur ces deux objets -mais il n'y a aucune nouveauté dans ce constat. Globalement, la droite est majoritaire dans ce canton, et si la gauche n'arrive pas à mobiliser ses électeurs là où elle est majoritaire (dans les villes), c'est bien elle qui en est responsable... On est toujours responsable de ses défaites, si on ne l'est jamais complètement de ses victoires. Nous sommes donc responsables des nôtres.

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  • Réforme fiscale cantonale : NON à CETTE réforme-là

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    Affiche RFFA-RIE.jpgRéforme fiscale cantonale : NON à CETTE réforme-là

    Le patronat genevois panique : et si Genève refusait dimanche la réforme fiscale cantonale ? Et la Chambre de commerce sonne le tocsin. Et publie une recommandation de vote sous forme d'un bulletin de vote fictif. Décidément... Jeudi, le taux de participation, à quatre jours de la clôture du vote, plafonnait à 29 %. A ce rythme, on sera au final autour de 40 %. Moins que lors de tous les scrutins de 2018 et 2019 (sauf celui de juin 2018). Pas terrible, vu les enjeux. "J'en appelle à la mobilisation de tous", tocsinne le directeur de la Chambre de commerce. Nous aussi, on en appelle à la mobilisation de tous, Et de toutes : « le droit de vote, certains meurent pour l'obtenir », rappelle la députée (Ensemble à Gauche) Jocelyne Haller). Et nous, on rappelle que si l'abstention était subversive, les abstentionnistes seraient en tôle. Donc, si vous n'avez pas envoyé votre bulletin, prenez votre bulletin à vous, et rendez-vous au local de vote dimanche matin, pour voter NON à cette réforme-là. Et donner mandat à nos Magnifiques Seigneurs d'en présenter une autre. C'est à leur portée. Et si ce n'est pas dans leurs intentions, il convient de leur forcer (un peu) la main. Gentiment. Démocratiquement.

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  • Hébergement des sans-abris à Genève : D'une urgence, l'autre

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    Sans-abri-dans-l-Herault-cri-d-alarme-d-acteurs-de-l-urgence-sociale.jpg

    Hier soir, au Conseil municipal, une majorité écrasante formée du Parti socialiste, du Parti démocrate-chrétien, des Verts, d'Ensemble à Gauche, du Mouvement des citoyens genevois et du PLR a voté en deuxième débat un crédit de 1,8 million pour renforcer les capacités d'hébergement d'urgence des sans-abri de toute la région. L'UDC a tenté vainement d'exclure les sans-papiers des lieux de cet hébergement d'urgence. Exclure les exclus de l'hébergement des exclus : c'est tout l'UDC, ça...
    Le Conseil municipal a également décidé, à la même majorité, de traiter en urgence une motion socialiste demandant la création d'un fonds intercommunal pour inciter à une réelle implication et une meilleure coopération entre les communes genevoises, et avec le canton, les premières et le second ayant pris l'habitude de se reposer lourdement sur la Ville pour assumer cette tâche. Le crédit voté répond à une urgence sociale, et la motion encore à voter à une urgence politique : répartir la tâche et la charge de l'urgence sociale.

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  • Il y a mieux à faire le dimanche que courir les magasins : Votez !

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    votez!.jpgLe salaire minimum dans le secteur de la vente de détail à Genève augmente de 67 francs et passe la barre des 4000 francs par mois : c'est le résultat d'une décision de la Chambre des relations collectives du travail, confirmée par le Tribunal fédéral qui a rejeté le recours déposé par les patrons contre l'augmentation (indexation) de 1,7 % des salaires dès le 1er janvier 2019. Cette adaptation salariale est prévue dans le contrat-type de travail qui supplée à l'absence de convention collective, alors qu'une convention collective est précisément la condition posée dans une loi votée par le peuple pour que les commerces soient autorisés à ouvrir trois dimanches par an. Une condition contournée par une nouvelle loi, soumise à référendum. Après une victoire syndicale devant la justice, On en espère une autre dans les urnes dimanche. Votez !

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  • La Mère de tous les votes genevois du 19 mai

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    La culture est une arme.jpgLa culture comme socle

    C'est le vote qui fait le moins débat à Genève, avant le 19 mai. Même les habitués du "y'en a que pour la culture et jamais rien pour le sport" sont inaudibles. C'est pourtant, peut-être, le plus essentiel : le vote sur l'initiative pour une politique culturelle concertée entre les communes et le canton. C'est le moment : se construisent et vont s'ouvrir à Genève quatre lieux culturels d'importance bien plus que municipale ou cantonale : un nouveau Théâtre de Carouge, une Nouvelle Comédie, un Pavillon de la Danse, une Cité de la Musique. Et le Grand Théâtre a un nouveau directeur et de nouvelles ambitions. Dans une si petite République, la politique culturelle rayonne forcément au-delà de ses frontières -elle ne peut donc reposer sur les seules épaules des quelques communes qui en ont une, à commencer par la Ville. Le canton doit donc s'impliquer -et l'initiative l'implique. Enfin. Sans doute la norme constitutionnelle qu'elle propose ne suffira-t-elle pas à faire du canton, non pas l'acteur principal de la politique culturelle genevoise, mais son arbitre, et une loi devra y pourvoir -et on voit mal comment elle pourrait ne pas entrer en contradiction celle qui actuellement fonde une "répartition des tâches" où le canton ne joue guère que les utilités, mais peu importe : il faut commencer par le commencement, poser le principe d'un "faire ensemble", canton, Ville, communes s'associant. Et n'en déplaise à l'UDC, qui ne veut pas "sanctuariser la culture" (elle n'en vaut pas la peine ?), la place d'un tel principe est bien dans la constitution.

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  • Zavez dit "transparence" ?

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    iceberg.jpg"Pour toutes et tous, sans privilèges"

    L'exigence croissante de transparence (et donc de publicité) du financement de la vie politique et de ses acteurs étant ce qu'elle est, et impliquant évidemment la transparence (et donc la publicité) de la rétribution et de l'indemnisation des élus, et des petits avantages dont ils bénéficient, et compte tenu de l'expression de cette exigence par le Conseil municipal de la Ville de Genève à l'égard du Conseil administratif, on a demandé à celui-ci de nous fournir la liste de exhaustive de toutes les prestations monétaires, indemnités et avantages, en espèces ou en nature, que la Ville accorde ès qualités aux membres de son Conseil municipal. On pourrait s'étonner de ce qu'un Conseiller municipal ne connaisse pas tout ce dont il peut bénéficier de la part de sa Municipalité... à la lecture de la liste*, puisqu'on la reçue, tout s'explique : elle tient plus d'un inventaire à la Prévert (ou d'un Cadavre Exquis à la Breton) que d'un statut rationnel. Voyons donc...

    * la liste complète est téléchargeable sur https://www.fichier-pdf.fr/2019/05/06/ie-84/

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  • Appel de Conseillères et Conseillers municipaux de la Ville de Genève

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    Affiche RFFA-RIE.jpgPour la justice sociale, climatique et fiscale

    Depuis 1999, les impôts ont baissé neuf fois dans le canton de Genève, entraînant une perte fiscale de 1 milliard de francs par an. Les promesses des bienfaits de ce dumping fiscal ne se sont pas concrétisées. Au contraire, les inégalités se sont aggravées au sein de la population genevoise.

    Alors que des défis cruciaux nous attendent en termes sociaux et culturels, de vieillissement de notre population et d’urgence climatiques, la RFFA coûtera plus de 50 millions par année à la seule Ville de Genève, soit environ 250 millions de francs sur cinq ans.

    L’Exécutif a créé une réserve conjoncturelle destinée à absorber la violence du choc pour les cinq prochains exercices budgétaires. Oui, mais après ?

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  • Ouverture dominicale des magasins genevois : Loi de la jungle ou convention collective

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    On ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc.jpg

    Souvenez-vous : en novembre 2016, en votation cantonale, le bon peuple avait accepté que les commerces genevois puissent ouvrir trois dimanches par année, plus le 31 décembre, à condition qu'une convention collective de travail soit en vigueur, étendue à toute la branche. Mais cette condition n'a pas été remplie -un contrat-type de travail a dû être édicté par le canton pour suppléer à cette carence. Ce contrat impose des salaires minimums et prévoit une augmentation du salaire (très) minimum pour le personnel non qualifié et sans expérience, qui passerait au niveau mirifique de 4007 francs par mois pour 42 heures de travail hebdomadaire. Ce contre quoi des associations patronales du commerce de détail genevois ont recouru au Tribunal fédéral. Auparavant, le patronat du secteur avait tenté de contourner la condition d'une Convention collective de travail en en signant une avec la société des employés de commerce, pratiquement absente du secteur du commerce de détail genevois et donc disposée à signer n'importe quoi avec n'importe qui pour exister dans le paysage syndical local. Sauf que son coup de surin dans le dos des syndicats représentatifs des travailleuses et des travailleurs du secteur lui a valu d'être exclue de la communauté genevoise d'action syndicale (la CGAS), qui regroupe tous les syndicats genevois -sauf, désormais, la SEC... Les associations patronales ont également instrumentalisé la majorité de droite du Grand Conseil pour contourner la condition d'une convention collective, par une loi la supprimant, ce contre quoi les syndicats ont lancé un référendum*, soutenu par la gauche. On vote le 19 mai. Et on vote, évidemment, "non". Pour rétablir l'obligation d'une convention collective si vraiment le patronat du commerce genevois tient à ouvrir le dimanche les magasins qui le peuvent. Parce que la loi de la jungle, c'est fait pour la jungle, pas pour une République où on ne cesse de nous chanter les vertus du "partenariat social". Pour mieux s'assoir dessus.

     

    * A Nyon aussi, un référendum a été lancé contre une décision politique d'élargir les horaires d'ouverture des magasins (jusqu'à 19 heures le samedi), décision prise par le Conseil communal (les horaires d'ouverture sont dans le canton de Vaud de la compétence des communes) pour complaire au patronat du commerce de détail local. Pour les référendaires (les syndicats et le PS), une prolongation des heures d'ouverture ne profitera qu'aux grands magasins. Comme à Genève.

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  • Onze questions posées aux Genevois pour les votations du 19 mai... Et alors ?

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    Bulletin de vote.jpgLe droit de vote est-il un pensum ?

    On a bien aimé le joli billet de Joëlle Kuntz dans "Le Temps" du 1er mai sur le menu gargantuesque de la votation du 19 mai à Genève (onze questions posées sur neuf enjeux). "Les autorités genevoises ont fait fort" en s'astreignant "à ne pas décider afin que l'électorat puisse exercer sa souveraineté pleine et entière", sourit Joëlle Kuntz. Au fond, ils ont fait leur boulot, les élus. Et leur boulot n'implique pas forcément qu'ils se soient mis tous d'accord, mais seulement qu'ils aient été capables de présenter des propositions à l'examen sourcilleux des citoyennes et des citoyens -à elles et à eux -du moins à celles et à ceux qui consentent à user de leurs droit de le faire- de les ratifier. Le droit de vote n'est pas un pensum. "Genève n'est pas faite pour les paresseux", est titré le billet de Joëlle Kuntz. Mais la démocratie non plus n'est pas faite pour les paresseux. La dictature ou la théocratie sont bien plus reposantes. "Qui, de nos jours, lit encore des centaines de pages papiers ?", fait mine de s'interroger Le Journaliste dans le dernier GHI... Ben, lui, sans doute, et nous...

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  • Quand la Ville seule assume l'hébergement d'urgence

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    soupirail.jpgOtages sans-abris

    On avait plutôt pris l'habitude, et s'était fait sinon une raison, du moins une résignation, de ce que la droite du Conseil municipal de Genève ferraille contre toute tentative de la Ville de mener une politique sociale, et toute proposition du Conseil administratif de donner des moyens (financiers et humain) à une telle politique. La droite municipale s'était opposée à ce que la Ville accorde des allocations complémentaires aux allocations cantonales versées aux retraités et aux invalides les plus modestes. Elle s'était opposée à ce que la Ville accorde une allocations de rentrée scolaire aux familles les moins argentées -puis avait réussi à transformer cette allocation, versée sur un compte postal ou bancaire comme toute allocation, en octroi d'une carte de débit valable seulement dans certains commerces. On ne boudera donc pas notre soulagement à la voir se préoccuper du sort des sans-abris vivant dans les rues, sur les places, dans les sous-sols de la ville -et ils sont des centaines. Les prochaines élections municipales n'y sont pas pour rien ? Qu'importe : on votera (après l'avoir étudiée en commission) sa proposition d'un crédit de 1,8 million de francs. Reste que cet engagement supplémentaire de la Ville dans l'hébergement des sans-abris pose un problème politique : celui du désengagement des autres communes et du canton de cette responsabilité. Un désengagement qui fait de la Ville et des sans-abris les otages d'une non-répartition de la tâche de répondre à une urgence sociale.

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  • Ouverture dominicale des magasins : Un cadeau inutile au patronat

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    WP_20190423_22_40_25_Rich.jpgLe 19 mai, on se prononcera à Genève sur une modification de la loi sur les horaires d'ouverture des magasins, modification imposée par la majorité du Grand Conseil sur mandat du patronat du secteur, pour l'autoriser à ouvrir les magasins qui le peuvent (c'est-à-dire les grands magasins) trois dimanches par an malgré l'absence d'une convention collective de travail, alors que l'existence d'une CCT était la condition posée par la loi, acceptée par le peuple en novembre 2017, pour une telle ouverture dominicale. Le projet de contourner cette condition a été combattu par un référendum lancé par les syndicats et la gauche. Plaidant pour ce cadeau inutile (il ne produira ni clients ni dépenses supplémentaires dans les magasins) fait par la droite au patronat du commerce, Pierre Maudet déclare dans GHI : "l'enjeu, c'est l'emploi local". Le sien ?

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  • La fin du Plaza ?

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    Putasserie des uns et complicité des autres aidant...

    Hier, Notre-Dame de Paris était en feu. Et à Genève le cinéma "Le Plaza" commençait à partir en miettes. L'une est victime du feu, l'autre est victime du fric. Notre-Dame survivra à son incendie. Elle a survécu à presque tout. Quasimodo et Esmeralda la veillent. Il n'y avait que nous pour veiller sur le Plaza, et s'il se confirme que sa démolition est entamée, rien de lui n'y survivra, sinon le souvenir que nous pouvions avoir de la plus belle salle de cinéma de Romandie. Et de la vulgarité absolue de ceux qui y auront substitué un centre commercial et un parking. Et de l'insondable pleutrerie de ceux qui auraient pu la défendre et la maintenir, et se sont couchés devant ses démolisseurs.

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  • Ville de Genève : Une grève prend fin, un combat continue

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    Une question de dignité et de cohérence

    La grève des nettoyeurs des toilettes publiques de la Ville de Genève, employés par l'entreprise privée Onet et non par la Ville puisqu'elle a "externalisé" (sous-traité) ce service, durait depuis la mi-février. Elle a pris fin, les exigences des grévistes ayant été satisfaites. Le Conseil administratif propose au Conseil municipal un crédit de 158'000 francs destiné à "étoffer la prestation liée à l'entretien des toilettes publiques", afin de permettre à ceux qui assument cette prestation de pouvoir être payés à plein temps. Reste une revendication, qui est aussi la nôtre : que ce qui a été "externalisé" soit "réinternalisé", que celles et ceux qui travaillent pour la Ville soient employés par la Ville. S'agissant du nettoyage des toilettes publiques, il lui en coûterait entre un million et un million et demi de francs. En gros, un millième de son budget. Une grève prend fin, un combat continue. Pour que la Ville de Genève ne soit pas seulement l'employeur exemplaire de son directeur général mais aussi celui de ceux qui nettoient ses toilettes publiques, et qui ne demandent qu'une chose : pouvoir vivre dignement de leur travail. Une question de dignité pour les travailleurs, de cohérence pour la Ville.

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  • Un Grand Théâtre de Genève tout nouveau, tout beau : Qu'en faire ?

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    L'Opéra genevois nouveau est arrivé. Le Grand Théâtre rénové à ouvert ses portes, l'Opéra des Nations qui le remplaçait a fermé les siennes (et a migré en Chine). La renaissance du "vaisseau amiral de la culture genevoise" (qui ne va pas tarder à être escorté par la Nouvelle Comédie et la Cité de la Musique) n'a pas été saluée par un excès de flonflons et de discours officiels (d'aucuns et d'aucune, comme Sylvie Bonier dans "Le Temps", s'en sont émus : "le public s'est installé à sa place comme si la dernière représentation datait d'hier"), mais les media en ont plus que largement rendu compte et les visiteurs de la journée "portes ouvertes" ont été "éblouis" par un opéra rajeuni aux décors lumineux : c'était, nous dit-on, le "chantier du siècle" (enfoncés, le CEVA et le "Léman Express" ?) -un chantier de 65 millions de francs (suppléments et incidents non compris). Et puis, le Grand Théâtre n'a pas seulement changé de parure : il a aussi changé de directeur : Tobias Richter, à la tête de l'opéra genevois depuis dix ans, laissera son poste à Aviel Kahn, qui présentera sa première saison en mai. Il est tout nouveau, tout beau, l'Opéra de Genève. Ne lui reste plus qu'à mériter cette parure par sa ramure.

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  • Répartition des tâches entre le canton et les communes de Genève : Et les communes, bordel ?

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    autonomie Ville.jpgLe 28 juin 2013, le Grand Conseil genevois adoptait une motion demandant au Conseil d'Etat "de faire de la répartition des tâches entre le canton et les communes la priorité absolue de son "programme législatif" de mise en oeuvre de la nouvelle constitution", d'axer ce travail sur la "nécessité impérieuse de supprimer les doublons et de réduire l'enchevêtrement des compétences", et d'engager une "concertation étroite avec l'Association des communes genevoises". Un peu moins d'un an plus tard, la Commission des droits politiques et du règlement du Grand Conseil proposait de fixer un délai de deux ans au Conseil d'Etat pour proposer un premier train de modifications législatives pour "désenchevêtrer les tâches, supprimer les doublons, garantir l'autonomie des communes dans leurs domaines de compétences, simplifier les démarches administratives, améliorer la qualité des prestations publiques à la population, réduire les coûts financiers globaux et prévoir les mécanismes financiers adéquats permettant une répartition équilibrée et démocratique des ressources entre les collectivités publiques selon le principe du décideur-payeur". Vaste programme. Qui ne sera que très partiellement tenu -et tenu, lorsqu'il est, de manière souvent contestable, et plus souvent encore en ignorant souverainement le principe de subsidiarité (qui suppose qu'une collectivité publique n'ait de compétences que celles que lui abandonnent les collectivités publiques au territoire plus réduit, et donc que le canton n'ait de compétences que celles que lui abandonnent les communes, et que tout ce que peuvent faire les communes, séparément ou ensemble, le canton n'a pas à le faire). Et en ignorant plus encore les Conseils municipaux.

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  • Rentrée scolaire à Genève : "Des allocations, pas des aumônes" ?

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    On ne lâche rien...

    La Ville de Genève accorde aux familles les plus modestes de la commune une allocation de rentrée scolaire, que la droite municipale n'avait cessé de combattre et qu'il avait fallu lui imposer. Ne pouvant la supprimer, elle avait décidé de la dénaturer : l'allocation était versée sous forme monétaire, sur un compte postal ou bancaire, la droite a imposé qu'elle soit désormais versée sous forme de bons d'achat dans les commerces de ses copains. Nous avions combattu au Conseil municipal cette régression vers les aumônes intéressées du XIXe siècle, puis, après qu'elle ait été ratifiée par la droite dilatée (du MCG au PDC), lancé une pétition ("Des allocations, pas des aumônes") pour en revenir "à un mode acceptable et rationnel de versement des allocations de rentrée scolaire". Hier soir, au Conseil municipal, la même droite dilatée qui avait imposé le retour aux bons caritatifs a refusé la pétition. Comme on dit dans ces cas là : "le combat continue" -et il continuera jusqu'à ce quelques bribes de rationalité sociale se fraient, si péniblement que cela dusse se faire, dans quelques cerveaux de droite. Têtus, on est. Et optimistes, aussi...
     
     

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  • L'ordre politique doit naître de l'ennui qui naît de l'uniformité

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    index.jpgNeutralisons !

     Le PLR municipal genevois a déposé un projet de délibération modifiant le règlement du Conseil afin d'y inscrire des règles portant sur les apparences vestimentaires et les modes d'expression des conseillères et conseillers municipaux. Le fétichisme vestimentaire est un peu une manie de la droite locale, elle nous avait déjà fait le coup avec les tenues de bain dans les piscines municipales, elle récidive avec les tenues de séance au Conseil municipal. Pour les apparences lors des séances plénières, le PLR ne s'est pas contenté de reprendre en substance une disposition de la loi cantonale sur la laïcité -celle qui, absurdement, prescrit qu'en séances plénière, "les membres du Grand Conseil et des Conseils municipaux s'abstiennent de signaler leur appartenance religieuse par des signes extérieurs", il y a ajouté une pétition de principe normalisatrice, selon quoi "il importe de clarifier explicitement les limites à l'intérieur desquelles la tenue et le comportement des conseillères et des conseillers municipaux doivent s'inscrire afin de consolider et de maintenir la sérénité des débats parlementaires". Et donc, clarification explicite : les élus et élues doivent se vêtir d'une tenue "neutre s'apparentant à une tenue de ville". Genre employé de banque des années cinquante et institutrice des années soixante ? Il s'agit de neutraliser les apparences pour normaliser le parlement. Neutraliser la forme, avant que de pouvoir neutraliser le fond. La proposition a été renvoyée pour étude en commission. On pourrait, si on était fatigués, se contenter de s'y opposer en arguant  que la loi cantonale suffit, si absurde  qu'elle soit. Mais on n'est pas fatigués. Et donc
    on se servira du projet de règlement que le PLR nous soumet comme d'un marchepied, pour aller plus loin dans son ambition : la normalisation du Conseil municipal de Genève.

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  • Genève : De l'usage invocatoire de la "Séparation des pouvoirs"

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    Tutelle est prise sur qui croyait s'en déprendre

    Gulliver.jpg

    "Affaire Maudet", notes de frais des Conseillers administratifs de la Ville et des Conseillers d'Etat  : "Le Ministère public et la Cour des Comptes montent en puissance alors qu'ils sont des instances de contrôle et non du faire", maugrée le président du Conseil d'Etat genevois, Antonio Hodgers, dans "Le Temps" de samedi. Et l'ancien redac'chef de la "Julie", devenu chroniqueur, Pierre Ruetschi, de confirmer : "nos politiques, qu'il s'agisse de la Ville, ne contrôlent plus vraiment leur destin" (comme si en démocratie il pouvait en être autrement...), "le pouvoir a passé progressivement en d'autres mains, celles du Ministère public et de la Cour des comptes, qui déterminent la capacité de faire (ou de ne rien faire) de nos élus. Le politique est sous pression. A moins qu'il ne soit sous tutelle". Bon, et alors ? Tout dépend de qui il est sous tutelle, non ? Pourquoi a-t-on créé à Genève une Cour des comptes et en fait-on élire (activement ou tacitement) les magistrats par le peuple ? Pourquoi fait-on aussi élire le Procureur général, ses adjoints et tous les juges par le peuple ? Pour leur donner aux uns et aux autres la même légitimité démocratique que celle des députés et du Conseil d'Etat... 
     

     
     

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