jeudi, 20 avril 2017

Qui a peur du Grand Mélenchon Loup ?

couteau_entre_les_dents-5101d.jpgAu secours, la gauche revient !

Dans les intentions de vote à la présidentielle française, la gauche pèse un petit tiers des suffrages, si on additionne ceux qui se porteraient sur Mélenchon, Hamon (qui fera probablement le meilleur score jamais réalisé par un-e candidat-e écologiste à une présidentielle...), Poutou et Arthaud, et qu'on fait l'impasse sur la part de suffrages de gauche qui se porteront sur Macron. Un tiers des suffrages, ce serait largement assez pour que la gauche se retrouve au deuxième tour, si elle était représentée au premier par un seul candidat. Comme on le sait, ce ne sera pas le cas -mais la montée, sinon en puissance, du moins en espérance, de Mélenchon ne rend plus l'hypothèse d'une candidature de gauche présente au deuxième tour totalement invraisemblable. Mais contre qui se retrouverait-il alors ? contre Le Pen ? contre Macron ? contre Fillon ? Toujours est-t-il que dans le temps même où le Grand Mélenchon Loup se goinfrait l'életorat du Petit Chaperon rose et où le vote pour Mélenchon devenait le "vote utile" pour la gauche, il devenait le vote dangereux pour la droite et ce qu'il est convenu d'appeler "le centre" -et que dans les assemblées de la Révolution, on appelait plus significativement "le marais".

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mardi, 11 avril 2017

Présidentielle française : De la politique, enfin !

Bonnet phrygien.jpgAprès des mois de pré-campagne et de campagne, des "primaires" de gauche et de droite à hier, les choses sérieuses commencent : elles ont quinze jours pour accoucher d'un premier choix. Et comme on vous le jaspinait il y a quelques jours, elle est finalement passionnante, cette élection présidentielle française, par sa dramaturgie, par ses incertitudes, par ses enjeux et par les programmes, les projets, les cultures (et les incultures) politiques qui s'y affrontent, et enfin par le retour de quelques "fondamentaux", à commencer par le vieux clivage gauche-droite, dont de sagaces analystes proclamaient un peu vite l'obsolescence -à vrai dire, de campagne présidentielle française, on n'a pas souvenir d'en avoir connu -et, comme témoin, vécu- d'aussi passionnante depuis... bah... 36 ans...

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mardi, 04 avril 2017

Hamenchon et Mélhamon sont dans un bateau

melenchon-hamon_5791751.jpgLe Valls a mis le temps

Pour la gauche, l'élection présidentielle française est d'ores et déjà perdue. Du moins en tant qu'élection. En tant qu'étape d'une indispensable recomposition politique, c'est autre chose. Mais même dans l'hypothèse du retrait de l'un ou l'autre des deux principaux candidats de gauche (et lequel, en fonction de quel critère ? les sondages ?), ce camp ne pourrait rêver mieux qu'une troisième place.
Après s'être éreintés pendant des mois pour être candidats, avoir déjà, l'un et l'autre, claqué pour leur campagne des millions qu'ils ne se feront rembourser que s'ils obtiennent 5 % des voix et donné plus que l'impression, la certitude, que ni ni l'un, ni l'autre n'ont la présidence de la République pour objectif, mais la recomposition de la gauche, peut-on vraiment croire, à trois semaines du scrutin, que l'un ou l'autre (mais lequel ? Hamenchon ou Mélhamon ?) se retirera pour l'autre ou l'un ? Que Hamon, pris dans le "casse-noix" (l'expression est méluchienne) entre le marteau de droite (Macron) et l'enclume de gauche (Mélenchon) fera à Valls (qui a mis le temps pour se décider à se rallier à Macron) le cadeau de se retirer pour Mélenchon ? Que Mélenchon fera à ce qu'il reste du  PS le cadeau de se retirer pour Hamon ? Et pour faire quoi ensuite du PS (ou de ce qui en restera) ?

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mardi, 28 mars 2017

François Fillon, le cabinet noir et les casseroles

fillon,cabinet noir,démocratiePinocchio président ?

Donc, selon les fillonistes, à la recherche desespérée de contre-feux aux révélations sur la personnalité et les pratiques de leur candidat à la présidentielle, il y aurait un "cabinet noir" à l'Elysée, qui piloterait ces révélations pour couler Fillon. Un cabinet noir ? Décidément, ça sent la fin de règne : y'a même plus de personnel pour nettoyer les chiottes...  Toute plaisanterie mise à part, malgré la batterie de cuisine qu'il traîne derrière lui, François Fillon n'est pas encore politiquement et électoralement mort, et toujours installé, à en croire les sondages, à la troisième place des intentions de vote, pas assez loin de Macron et Le Pen pour qu'on puisse jurer qu'il ne sera pas au deuxième tour et être élu (du moins contre Le Pen, dont la seule chance d'être élue est d'ailleurs de se retrouver au deuxième tour... contre François Fillon, les deux ayant donc un adversaire commun : Emmanuel Macron). Pinocchio peut encore rêver de la présidence.

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jeudi, 16 mars 2017

Présidentielle française : Pas Dumas, Molière...

gaucheOn a cru, il y a quelques jours, pouvoir résumer la campagne présidentielle française en une sorte de succédané des "Trois Mousquetaires". C'était improbable : on faisait déjà beaucoup d'honneur à Fillon en lui attribuant le personnage d'Athos, et on n'avait trouvé personne pour incarner Porthos. En fait, on est peut-être moins dans un succédané de Dumas que dans un ersatz de Molière. Avec au moins un Avare (mis en examen), et sans doute aussi un Misanthrope, un Bourgeois Gentilhomme, une portée de Tartuffe, quelques Scapin, beaucoup de malades pas imaginaires du tout, de précieux ridicules, de femmes pas savantes et de médecins malgré la médecine. On n'est en tout cas pas dans le rendez-vous politique que devrait être une présidentielle française, dans le régime républicano-monarchique de la Ve République. Il est vrai que De Gaulle, insoupçonnable quant à son honnêteté (mais pas quant à son cynisme : le SAC et les barbouzes faisaient le sale boulot) se l'était taillé à sa stature, pas à celle des pignoufs qui se réclament encore de lui, ni à celle des héritiers, avoués ou non, de Mitterrand.

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lundi, 06 mars 2017

Election présidentielle française : Et à la fin, ils sont (presque) tous morts

Trois Mousquetaires.jpgVous voulez comprendre le souk de l'élection présidentielle française ? Relisez Alexandre Dumas et sa trilogie des trois mousquetaires :  tout y est, même si le "un pour tous, tous pour un" est devenu "chacun pour moi". Mais on voit bien Méluche en d'Artagnan, Fillon en Athos, Macron en Aramis (mais qui pour Porthos, et quel rôle pour Hamon ? on sèche)... et Le Pen en Milady. Et Hollande en Richelieu. On rappellera tout de même qu'à la fin, dans le "Vicomte de Bragelonne", ils sont tous morts, sauf Aramis (le seul personnage totalement imaginaire, soit dit en passant) qui finit en Général des Jésuites... Même que d'Artagnan, il se fait tuer à Maastricht...

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mardi, 28 février 2017

Gauche française : la conjuration des ego


Ah, que la défaite sera belle...

On est bien contents : Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon vont cesser de s'insulter. Du moins en public. Mélenchon : "À cinquante jours du premier tour, il n’est pas possible de régler la différence qui par exemple nous sépare sur la question essentielle de l’Europe. Je n’ai pas été surpris qu’il me confirme sa candidature et il ne l’a pas été que je lui confirme la mienne. Nous sommes convenus d’un code de respect mutuel dans la campagne". Voila. Evidemment, ça n'engage qu'eux-mêmes. Pas leurs lieutenants, leurs porte-paroles, leurs spadassins et leurs partisans. Celui qui veut maintenir un parti socialiste en le tirant à gauche et celui qui veut faire disparaître le PS pour le remplacer par autre chose ne pouvaient évidemment pas tomber d'accord sur la candidature unique de l'un des deux. Il faut savoir se contenter de peu dans cette conjuration des egos : Hamon et Mélenchon ont promis de cesser de se traiter mutuellement et publiquement de tous les noms. En somme, ils sont passés de l'enfance à l'adolescence. Pour l'âge adulte, on verra dans cinq ans. Quand Macron se représentera pour un deuxième mandat, le spectre de Marine suffisant d'ici là à la majorité des électrices et électeurs de gauche pour les conduire à voter Macron au deuxième tour (et même, pour une partie non négligeable d'entre eux, dès le premier tour, pour éliminer Fillon. Le vote utile, en se bouchant le nez, en se fermant les yeux et en s'obturant les oreilles. Avant que chaque composante de la gauche rende les autres responsables d'une défaite non seulement annoncée par les augures, mais organisée par la gauche elle-même.

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lundi, 20 février 2017

Présidentielle française : sac de nœuds et dilemme de gauche

gauche Gagner quoi, contre qui ?

A deux mois de l'élection présidentielle française, la seule hypothèse dont on puisse être à peu près certain qu'elle se réalisera est celle de la présence de Marine Le Pen au tour décisif -le second. Pour le reste, c'est-à-dire pour ce qui est de son compétiteur, plus rien n'est sûr, alors qu'il y a quelques mois encore tous les commentateurs et sagaces analystes se disaient assurés qu'en désignant son candidat, la droite démocratique désignait de fait le prochain président. Aujourd'hui, son candidat, François Fillon, n'occupe plus dans les intentions de vote que la troisième place, éliminatoire. Quant à la gauche, elle présente pas moins de quatre candidatures. Dont deux, celles de Hamon et de Mélenchon, se tiennent la barchichette à dix ou quinze points d'intentions de vote de Le Pen et Macron, et même encore derrière Fillon. Un candidat de gauche a-t-il encore la moindre chance d'être présent au deuxième tour de l'élection ? Et lequel ? Et sur quel projet ? Et pour quoi faire ? Etre élu ou mobiliser toute la droite contre lui, et derrière la candidate du Front National ?

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lundi, 30 janvier 2017

Large victoire de Benoît Hamon à la "primaire" socialiste : Coup de sac bienvenu

Benoit Hamon.jpgBenoît Hamon a donc été désigné comme candidat du PS à l'élection présidentielle du printemps prochain, par (en gros) 60 % des suffrages, contre 40 % à Manuels Valls. Ce résultat clair, c'est celui d'un vote contre l'appareil du PS, même si Hamon avait reçu le soutien de notables socialistes, ralliés à lui entre les deux tours de la "primaire" (ou le soutenant depuis le début), et c'est une victoire des "frondeurs" et de l'aile gauche d'un parti qui sort quasi miraculé de cette "primaire". Le "coup de sac" bienvenu de la désignation de Hamon ouvre le jeu de la présidentielle, y réinstalle le PS et réinstalle le PS à gauche (il était temps). Mais elle le condamne aussi (il y a pire pensum) à devoir rassembler autour de sa candidature plus que les forces qui lui ont permis d'être désigné. Il est en meilleure position pour le faire qu'aurait pu l'être Valls, mais il est toujours flanqué sur sa droite d'un Emmanuel Macron en pleine ascension, et sur sa gauche d'un Jean-Luc Mélenchon -qui aurait d'ailleurs préféré avoir à faire à Valls plutôt qu'à Hamon. Il faut bien reconnaître que de choix, le PS français n'en a plus guère qu'entre la recomposition ou la décomposition. Cette clarification, acquise malgré lui, et largement contre lui, sera peut-être tenue pour l'un des rares legs positifs de François Hollande.

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mardi, 24 janvier 2017

"Primaire" de la gauche (mais pas toute) française : Tour de chauffe

valls-hamon-valls_5784063.jpgDonc, c'est Hamon (avec 36 % des suffrages) et Valls (31 %) qui sortent du (petit) chapeau de la primaire socialiste (et radicale de gauche, et un peu écolo) de dimanche. Exit Montebourg, qui ne donnait d'ailleurs pas vraiment l'impression de vouloir la gagner, cette primaire. On l'aimait bien, Montebourg. On l'aimait plus qu'on aimait ses positions politiques. Il appelle à voter Hamon au deuxième tour. Hamon et lui, cela fait une majorité si la totalité des suffrages de l'un s’additionnent à la totalité de ceux de l'autre. Et du fond de son lit d'hôpital, façon "Appel de Cochin", Martine Aubry appelle à voter Hamon. Ou à voter contre Valls, comme on veut. Dimanche, le PS aura un candidat à la présidentielle. Le troisième ou le quatrième candidat de gauche (on a déjà Macron -admettons qu'il soit de gauche- et Mélenchon Et Poutou, forcément). Coincé entre sa droite macroniste et sa gauche mélenchoniste, le PS ne joue même pas sa place au deuxième tour de la présidentielle, mais sa place au coeur de la gauche. En 1969, le candidat socialiste, Gaston Defferre terminait quatrième de la présidentielle, avec 5 % des suffrages, loin derrière le candidat gaulliste (Pompidou), le candidat centriste (Poher) et le candidat communiste (Duclos). On ne donnait plus très cher de l'avenir du parti socialiste. Deux ans plus tard, Mitterrand le prenait d'assaut, aidé par la gauche socialiste d'alors (le Ceres de Chevènement, Sarre et Motchane), s'y installait et le préparait à l'installer (et surtout à l'installer lui-même) au pouvoir. C'est résiliant, un vieux parti, et le PS, sous un nom ou un autre, a plus d'un siècle d'âge, en France, si on le fait remonter à la réunification opérée par Jaurès et Guesde, et près d'un siècle et demi si on le fait remonter à la première organisation politique socialiste...

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11:07 Publié dans France, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

mardi, 16 février 2016

Hollande et Valls : Dérive avec l'opinion

Glissements progressifs du déplaisir politique

droite-gauche.jpgEn France, Hollande et Valls semblent avoir définitivement fait leur deuil des "valeurs de la gauche" et, le nez sur les enquêtes d'opinion (et l'agenda électoral présidentiel), partant de l'hypothèse dont il font un constat, celui d'une "dérive de la société française vers la droite" dont la progression du Front National ne serait que l'un des symptômes, ont décidé d'accompagner cette évolution, de dériver avec l'opinion plutôt que ramer à contre-courant d'elle -ce que la gauche, naguère, savait faire. Résultat : plus grand chose ne les distingue d'une droite démocratique qui resterait fidèle à elle-même (on ne parle donc évidemment pas, en posant ce critère, de Sarkozy...). Or ce qui justifie et légitime une mouvement politique est bien ce qui le différencie des autres -et ce qui vaut pour un mouvement vaut pour celles et ceux qui le personnifient. Pourquoi, en en fonction de quoi, préférer Hollande à Juppé ou Valls à Bayrou ? Eux au moins ne se sont jamais fait passer pour des hommes de gauche...

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jeudi, 04 février 2016

Taubira, la "gauche morale" et les "murmures à la jeunesse" : Cent pages utiles

Il y a deux jours est arrivé dans les librairies françaises un petit livre d'une centaine de pages. Son titre, poétique : "Murmures à la jeunesse". Son auteure : Christiane Taubira -dont le murmure, pourtant, n'est pas la forme la plus habituelle de son éloquence. Son propos ? Un peu le même que celui de Stéphane Hessel en 2010 ("Indignez-vous !). "Il faut refuser, malgré les intimidations, de capituler intellectuellement". Et on ajoutera "politiquement". Un propos qui tombe à pic, en plein débat sur la proposition du gouvernement Valls d'inscrire dans la constitution la possibilité de déchoir des binationaux de leur nationalité française (et des mononationaux des droits civiques attachés à leur unique nationalité française). Une proposition qui, en soi, pose moins de problème que l'argumentation développée pour la justifier. 

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lundi, 01 février 2016

Démission de Christiane Taubira : Hollande et Valls à poil

 
Taubira, Hollande, Valls, PS"Je quitte le gouvernement sur un désaccord majeur" (le projet d'inscrire dans la Constitution la possibilité de déchoir des Français de leur nationalité), a résumé Christiane Taubira, ministre de la Justice du gouvernement de Manuel Valls, et ultime caution de gauche de ce gouvernement, après les départs successifs des socialistes Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filipetti, et des Verts. "Je choisis d'être fidèle à moi-même, à mes engagements, mes combats, mon rapport aux autres, à nous tels que je nous comprends", a-t-elle ponctué après sa démission. Les députés de gauche l'ont ovationnée. C'est beau. Il eût peut-être mieux valu qu'ils la soutinssent tout uniment  dans sa confrontation avec les tenants du virage à droite (toute) opéré par le président de la République et son Premier ministre. Le départ de Christiane Taubira laisse politiquement Hollande et Valls à poil. Et politiquement c'est pas beau à voir.
 

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vendredi, 08 janvier 2016

Déchéance de la nationalité ou de la politique ?

 Etrange débat...

Etrange débat que celui qui s'est engagé en France (et, collatéralement, dans les pays voisins, dont le nôtre) sur la proposition du président Hollande d'étendre la possibilité de déchoir de leur nationalité française des condamnés pour faits de terrorisme. Etrange débat, d'abord parce que la loi française (comme d'ailleurs la loi suisse, depuis 1952, pour les personnes dont la "conduite porte atteinte aux intérêts et au renom de la Suisse") permet déjà (depuis 1804...) une telle déchéance pour "le Français qui se comporte en fait comme le national d'un pays étranger"), si la loi internationale l'exclut pour les personnes ne possédant que la nationalité française (ou suisse). Etrange débat ensuite, qui voit un président élu comme candidat de la gauche reprendre une proposition de la droite sarkozyste et de l'extrême-droite frontiste, contre une majorité de parlementaires socialistes, plusieurs ministres, le Premier secrétaire du PS, Cambadélis, des personnalités socialistes de référence (Martine Aubry, Pierre Joxe), un ancien Premier ministre socialiste (Ayrault) et la Maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo... Etrange débat, disions-nous ? Et si ce n'était qu'une gesticulation ?

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jeudi, 17 décembre 2015

Elections régionales françaises : Au bal des perdants

 Si le premier tour des élections régionales françaises avait vu une victoire incontestable du Front National, le deuxième tour, dimanche dernier, a vu, lui, une victoire non moins incontestable, avec ou sans "front républicain" à l'appui, du "tout sauf le FN"  : des treize nouvelles régions dont les conseils et les exécutifs étaient renouvelés, le FN n'a conquis aucune, pas même celles où ses têtes de listes, Tati Marine dans le Nord et Nièce Marion dans le sud, avaient réussi à capter plus de 40 % des suffrages au premier tour. Et finalement, sur treize régions, la droite démocratique en a récupéré sept alors qu'elle en espérait dix, et le PS en a gardé cinq (la Corse passe aux nationalistes...) alors qu'il craignait devoir se contenter (en Europe...) de deux, voire la seule Bretagne. Avec un taux de participation de 58 %, en hausse de huit points entre les deux tours, le résultat est difficilement contestable. Pour autant, il n'est une victoire pour personne, pas même (ou surtout pas) pour ceux qui clament être vainqueurs, et ne tranche aucun des choix stratégiques et programmatiques en jeu dans les trois camps en présence.

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lundi, 07 décembre 2015

Premier tour des élections régionales françaises : Sans surprise, et sans excuse...


Extrême-droite, Front National, RégionalesComme prévu par les sondages, le premier tour des Régionales françaises voit le Front National devancer la droite démocratique et le PS. Ce n'était sans doute que le premier tour d'une élection qui se joue en  deux tours, et si le Front National devance la gauche et la droite démocratique dans presque la moitié des régions, il n'est lui-même majoritaire dans aucune, et ne devrait l'emporter au deuxième tour qu'en l'absence de "front républicain", mais tout de même : la gauche française à l'étiage de la gauche suisse, et le FN à celui de l'UDC, il y a de quoi s'inquiéter. Sans d'ailleurs être en mesure de donner des leçons à une gauche française qui ne fait pas pire que nous. Et on ne consolera même pas en se disant que si le FN fait 30 % des suffrages, cela signifie qu'il y a tout de même 70 % des électrices et des électeurs qui ne votent pas FN (dont une majorité d'électeurs de gauche, si on additionne les listes sur lesquelles se sont portées leurs voix, plus nombreux au plan national -mais aussi plus divisés...- que leurs adversaires frontistes) : ce n'est pas une consolation (ou alors fort maigre) d'abord parce que la moitié de l'électorat n'a pas voté; ensuite parce que dans le vote "non-FN", il reste une part de votes d'extrême-droite à ajouter à ceux récoltés par le FN : les votes pour des listes d'extrêmes-droite dissidentes, ou pour des listes de la droite dite "démocratique" qui ne diffèrent, dans leur discours politique, du FN que par leur adhésion au libéralisme économique -pour tout le reste, de la xénophobie au conservatisme social en passant par le culte de la frontière, pas grand chose ne les sépare du FN... Il faut un microscope pour déceler la différence entre un Estrosi et une Maréchal-Le Pen qui vont s'affronter en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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jeudi, 19 novembre 2015

"La France est en guerre"... mais quelle guerre, contre qui ?


Drôle de guerre...

La France est en guerre", ont proclamé tous les dirigeants politiques français, de gauche et de droite, au pouvoir ou dans l'opposition. "En guerre" contre qui, ou contre quoi ? L'"Etat islamique" (Daech) ? l'islamisme armé ?  l'islamisme radical, l'islamisme, l'islam ? Et dans cette guerre, que vaut l'alliance avec les pétromonarchies du Golfe qui soutiennent l'islamisme sunnite, mais avec qui la France, "en guerre" contre l'islamisme armé, fait des affaires et à qui elle vend armes et avions ? "Qu'est-ce qu'une guerre ? C'est quand des pauvres qui ne se connaissent pas se massacrent pour des riches qui se connaissent et ne se massacrent pas", écrivaient les socialistes libertaires français en août 1914, à propos des guerres entre Etats... On n'en est plus là. Enfin plus tout à fait. Ce n'est pas qu'on soit foncièrement non-violents, ni obstinément pacifistes (contre la "bête immonde", quelle autre solution que l'écraser ?). mais on aime bien savoir contre qui et quoi une guerre se mène, quand, même si on n'est pas français, on est conviés à la soutenir comme étant aussi la nôtre...

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16:45 Publié dans Droits de l'Homme, France, Politique, terrorisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : daech, djihadisme, guerre | |  Facebook | | | |

lundi, 16 novembre 2015

PARIS, 13 novembre 2015 : "NI RIRE NI PLEURER, MAIS COMPRENDRE"

DjihadFN.jpg

Vendredi, nous nous sommes retrouvés dans la situation qui fut déjà la nôtre lors d'un certain 11 septembre, puis en janvier dernier, lors du carnage de "Charlie Hebdo" : celle du voyeur, du spectateur de l'horreur, et dans cette autre situation déjà vécue d'entendre, de sur-entendre, de réentendre, sur toutes les chaînes de télé et de radio, les mêmes "commentaires", souvent par les mêmes "commentateurs" meublant le temps entre les images en scandant le spectacle de l'épouvante par l'exorcisme du monstre tapi dans l'ombre syrienne, irakienne... ou banlieusarde. Chacun est aujourd'hui sommé de dire quelque chose, même si cela a déjà été dit cinquante fois; chaque acteur politique ou social, si modeste soit-il, est tenu  de réagir, même si sa réaction est sans autre contenu que toutes les réactions qui l'ont précédée. Et celui qui ne dit rien, parce qu'il n'a rien de neuf à dire, parce qu'il préfère se taire plutôt que dire n'importe quoi, ou qu'il n'est pas certain que ce qu'il a à dire ait quelque intérêt, sera suspect d'indifférence, voire de pactiser avec les terroristes. Disons donc ce que nous croyons avoir à dire, en tentant, comme nous y invite Spinoza, de ne "ni rire ni pleurer mais comprendre". Et d'abord, comprendre à qui, et à quoi, nous avons affaire.

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mercredi, 01 avril 2015

Elections départementales française : la gauche fait gagner la droite

front contre Front

101 Conseils généraux devenant Conseils départementaux (un par département sauf pour Paris et Lyon) ont été renouvelés (sauf en outre-mer), par une élection tenue dans 2054 cantons (deux fois moins qu'en 2013), chacun ayant deux représentants, obligatoirement un homme et une femme (présentés en binôme sur la même liste, ce qui a forcé les partis à présenter des candidates, alors que les femmes n'occupent que 13 % des sièges des actuels Conseils généraux). Pour les 4108 sièges disponibles dans les conseils départementaux, plus de 18'000 candidats se sont présentés.  Au premier tour (celui où l'on choisit, le deuxième tour étant celui de l'élimination...), la droite démocratique (UMP et alliés) était sortie en tête, devant le Front National et le PS, qui avait certes limité les dégâts mais ne pouvait guère se prévaloir que de cela. Dans environ 500 cantons, la gauche (au sens large) avait été éliminée au premier tour, et devait se résoudre à appeler soutenir les candidates et candidats de l'UMP ou d'une autre formation de droite, pour éviter l'élection d'un "binôme" frontiste. Dès lors, Naboléon a beau sauter (comme un cabri) sur tous les micros pour proclamer que l'"alternance est en marche et que rien ne pourra l'arrêter", ni elle, lui, le succès de sa formation (qu'il récupère à son profit exclusif) est dû en grande partie au "vote républicain" de la gauche, comme lors de la rééelection triomphale de Chirac devant Papy Le Pen... Ce fut donc front (républicain) contre Front (national). 
    

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lundi, 23 mars 2015

1er tour des élections départementales françaises : coups de mou

gluant.jpgMolle victoire et moindre défaite

Une droite démocratique (centre compris) autour de 37,5 % des suffrages (dont un peu moins de 30 % pour l'UMP de Sarkozy), une gauche (au sens large) autour de 36 % (dont un peu plus de 20 % pour le PS), une extrême-droite  autour de 24,5 % : tel est (selon des résultats pas encore définitifs) le rapport des forces électorales en France au soir du premier tour des Départementales. La droite démocratique devance la gauche, mais n'est majoritaire que si on lui adjoint l'extrême-droite, le Front National n'atteint pas son objectif de sortir en tête (alors que c'est lui qui présentait le plus de candidats dans le plus grand nombre de  cantons) et le PS fait un moins mauvais (mais mauvais tout de même) résultat qu'annoncé : « les candidats de la majorité ont réalisé des scores honorables », a estimé Manuel Valls -étranges définitions des mots « majorité » et « honorable », s'agissant d'une «majorité» qui ne rassemble plus qu'un tiers des suffrages, et d'un parti au pouvoir qui n'en rassemble plus qu'un cinquième. En face, même résultat mitigé : la victoire de la droite est molle comme est molle la défaite d'une gauche minoritaire mais où le PS ne subit pas la « déroute » annoncée.

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