mercredi, 15 août 2012

15 août, de lui

Vous essayez de me comprendre, c'est bien. Vous essayez aussi de m'utiliser, c'est encore mieux. Vous voulez agir, je veux agir, fort bien... mais répéter comme un moulin à prières « il faut faire quelque chose », ce n'est pas agir, c'est prier, comme les dévots quand ils se retrouvent confrontés à quelque chose qu'ils ne comprennent pas, à une situation qu'ils ne maîtrisent pas... agissons ! Prions !

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lundi, 13 août 2012

La Pierre et le Vent, 14 août

14 août, de lui

La horde primitive ? Après tout, pourquoi pas ? Elle a bien fait tomber Rome...

 

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Le Pierre et le Vent, 12 août

12 août, d’elle

Les « hommes bons » dont tu parles ne sont pas au faîte du pouvoir, s'ils en hantent les antichambres. Ce n'est pas à eux que nous en voulons, c'est à ceux qui sont au-dessus d'eux. Et cela ne vaut pas seulement pour eux, cela vaut pour tous les servants de l'ordre. Les « hommes bons », et les « hommes mauvais », sans qui cet ordre ne tiendrait pas un jour.

 

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samedi, 11 août 2012

11 août, de lui

Les « puissants », dis-tu... et si c'était affaire de classes ? Je ne veux pas me faire passer pour un disciple de l'Allemand, mais il n'a peut-être pas tort de faire de « toute l'histoire l'histoire de la lutte des classes »... C’est si simple, au fond : il y a les gens de peu, les gens d’assez, les gens des beaucoup et les gens de trop. Les gens de peu sont beaucoup, et j’en suis, ou j'en étais avant que de ne plus être que des gens de rien, les gens de trop sont peu. Ils ont trop, et sont de trop. Et toi, de quelles gens es-tu ?

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vendredi, 10 août 2012

10 août, d'elle

Je te le répète, puisque tu sembles ne pas vouloir l’entendre : nous savons bien ou nous mène le chemin que nous avons pris. Mais que nous prêches-tu ? La prise du pouvoir sur nos frères ? Cela même que tu ne cessas de tenter, et à quoi, fort heureusement, tu échouas ?

Nous ne sommes pas hommes et femmes de pouvoir. Nous savons que le pouvoir rend fou –penser à toi nous le rappellerait si nous l’avions oublié- et que les fous de pouvoir n’ont plus, au bout de leurs mécomptes, que cette folie-là, qui a tué, étouffé, toutes les autres.

Mais dans quelle faille s’engouffre cette folie ? Dans quel manque ? Dans quelle incertitude sur ce que l’on est, ce que l’on voudrait être, ce qu’on est inconsolable de ne pouvoir être… que cherche le hiérarque qui contraint sa servante à lui céder ? la même chose peut-être que toi lorsque tu contraignais tes camarades à te suivre jusqu’au meurtre de l’un d’eux ? Le plaisir de contraindre, et seulement ce plaisir-là ? prouver qu’on est le plus fort ? qu’on peut exiger, et obtenir, n’importe quoi de n’importe qui ?

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jeudi, 09 août 2012

La Pierre et le Vent, 9 août

 

9 août, de lui

 

Nous usons de la violence parce que rien d’autre ne peut faire bouger la pierre de notre sépulcre. En avez-vous fait, de la propagande pacifique dans les campagnes… En avez-vous mené, des campagnes d’alphabétisation… et pour quel résultat ? Pour vous faire cracher dessus par ceux que vous vouliez tirer de leur soue… ils y étaient bien, dans leur soue, pourquoi vouliez-vous les en sortir ? ils y ont leurs habitudes, ils y ont fait leur vie, ils en connaissent l’odeur, la texture…

 

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mercredi, 25 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 25 juillet

25 juillet, d'elle

 

N'aurions-nous que le choix d'être loups ou moutons, bouchers ou veaux ? Et si nous essayions, nous au moins, et même toi si tu y consentais, d'être tout simplement des humains ? Je sais que même là où tu es, ou surtout là où tu es, ce mot, « humains », te fera soutire -si tu sais encore sourire... des humains, ni couchés, ni agenouillés, mais debout, et pas le pied posé sur le corps de l'autre : la main vers lui tendue...

 

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lundi, 23 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 23 juillet

23 juillet, de lui

Les autres, tous les autres, me sont-ils de trop ? Il me semble, parfois, en effet... Mais je ne suis plus si sûr que vous soyez, vous, de ces « autres », de ce « trop », de cette partie de moi dont je ne veux pas parce qu'elle est faite de ces mêmes sentiments qui font de vous des meurtriers trop délicats pour être des terroristes...

 

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samedi, 21 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 21 juillet

21 juillet, d’elle

Te souviens-tu (tu étais, je crois, déjà en prison) de ce ministre que nous avions tenté d’assassiner, que nous avions manqué, et qui pourtant put dire de nous, ensuite, que nous étions le meilleur de ce peuple ? Si même nos ennemis nous louent, et même après nous avoir échappé, ne serait-ce pas que nous valons quelque chose ? A moins que les louanges de nos ennemis ne soient, pour toi, que les pires des insultes… Mais si nous valons quelque chose, sans prétendre tout valoir et en déduire que les autres ne valent rien, c’est bien que tu t’es trompé, et lourdement, avec ton « tout ou rien »…

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vendredi, 20 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 20 juillet

20 juillet, de lui

Le peuple, quel peuple ? Je le connais, le peuple. J’en suis, du peuple. Et de tout en bas, du peuple, du tout bas-peuple… Mais toi, qu’en connais-tu ?

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jeudi, 19 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 19 juillet

19 juillet, d’elle


Tu es donc toujours aussi infiniment outrecuidant et despotique, la prison ne t’a donc pas changé. Ou t’a-t-elle encore endurci, comme un fer que l’on martèle ? Nous reconnaissons en toi ce qu’il nous arrive de vouloir être, et à quoi nous ne renonçons que pour ne pas renoncer à ce que nous sommes… et que tu n’aimes pas...
Nous sommes les enfants de cette société que tu hais, nous sommes encore liés à elle par des liens plus fort que ceux de la force, de la répression, de l’ordre des choses… des liens qui ne t’enserrent pas… Nous sommes encore portés à aimer plus qu’à haïr… Toi, tu es d’abord une haine, ensuite un mépris, enfin un désespoir, et par tout cela, une force que nous ne sommes pas, que nous n’avons pas. Mais c’est toujours la même question, à la fin des fins, : de cette force, que fais-tu ?


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mardi, 17 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 17 juillet

17 juillet, d’elle


Nous veillons, oui, mais pas ensemble : notre veille à nous est faite d’actions, présentes ou à venir. La tienne est-elle autre qu’une longue insomnie ?



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lundi, 16 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 16 juillet

Netchaev.jpg 16 juillet, de lui

Des mots, des mots... tu me parles de liberté, sachant où je suis ? Mais peu importe, après tout : je te le redis, je suis plus libre ici que bien des vôtres là où ils sont.

Et il n'y a pas que cela, pas que les murs qui nous séparent... Comme le disait un autre enfermé : Un monde ancien meurt, un monde nouveau peine à naître, et entre l'un et l'autre rôdent des monstres, et des espérances. Je suis de ces monstres, tu portes ces espérances. Ta résistance naît de ton indignation. La mienne, de ma haine. Tu résistes en t'insoumettant, je résiste en détruisant. Nous sommes la nuit et le jour. Je suis la nuit, tu es le jour. Et la nuit et le jour ne se rencontrent qu'à l'aube ou au crépuscule, quand l'une dissout l'autre. Nous ne nous rencontrerons jamais, même si je devais choisir des deux projets que tu me soumets celui de me libérer. Que ferions nous ensemble ? La révolution ? Nous ne donnons pas le même sens à ce mot. L'amour ? Je suis un piètre amant, juste bon pour les putes quand j'avais de quoi m'en offrir une, pour me vider en elle.

Le monde appartient à ceux qui ne se couchent pas. Il nous faut veiller. Nous avons toute la mort pour dormir. Là où je suis, je veille. Là où tu es, tu veilles, aussi. Deux veilles valent mieux qu'une...

S

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vendredi, 13 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 13 juillet

13 juillet, d'elle


On les examinera, les « comment ». Nous te soumettrons nos plans lorsque nous les aurons parfaits. Nous savons comment faire, si nous ne savons pas encore, de deux choses que nous pouvons faire, laquelle nous choisirons. Ou plutôt : laquelle TU choisiras. C'est là que le « pourquoi » nous importe. Parce que c'est cela qui te fera choisir.

 


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jeudi, 12 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 12 juillet

Netchaev.jpg12 juillet, de lui

Le Vieux, oui... au début, il me soutenait... je crois même qu'il m'admirait... et puis, je lui ai fait peur... Parce que moi, je voulais aller jusqu'au bout... lui, il était comme toi, il se laissait guider par son cœur, il n'avait pas assez de haine... peut-être en ai-je de trop, mais c'est elle qui me tient debout... Qu'est-il, aujourd'hui, le Vieux ? Une vieille ruine... Moi, je lui étais apparu comme une force pure, nette. Lui, il avait son âge, il était malade, et il était amoureux... l'imbécile...

Je ne m'en dédis pas : notre mission -ou si ce mot tout fardé de religion te déplaît, disons : notre tâche- est de détruire, non de construire. Et il faut tuer et mourir pour être ce que nous voulons être, puisque l'histoire que nous voulons faire, à notre tour, naît du meurtre et du sacrifice. La révolution, c'est vie contre vie. Tu as raison, je suis hégélien...

Et si nous laissions les « pourquoi » de côté pour examiner les « comment » ? Le tuer, oui, mais comment ? Me libérer, oui, mais comment ?


S.

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mercredi, 11 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 11 juillet

11 juillet, d'elle


Nous ne renonçons à aucun de nos projets : ni de le tuer, ni de te libérer. Mais c'est toujours à toi de choisir l'un ou l'autre. Et puisqu'à ta manière, tu es hégélien, dis-toi que c'est le vainqueur qui a raison. Moi, je préfère les vaincus, puisque c'est pour eux que je me bat, mais en cela aussi nous différons... Et si tu te dis que c'est le vainqueur qui a raison, dis-toi aussi que tu a été vaincu. Et souviens-toi que nous ne te proposons que d'avoir enfin raison. Sans avoir besoin de devenir cette machine à détruire que tu voulais être, et qui n'a finalement détruit que l'un de ses camarades, s'est détruite elle-même, et a failli détruire tout le mouvement qui naissait.

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mardi, 10 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 10 juillet

10 juillet, de lui

Alors quoi ? J'en suis toujours au même point d'interrogation...
Me faire sortir, il faut que cela en vaille la peine, sinon, autant rester là où je suis. Non que j'y sois bien -mais où pourrais-je être « bien » ?

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lundi, 09 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 9 juillet

Zassoulitch.jpg9 juillet, d'elle


Je te l'ai dit : nous avons besoin de toi. Et donc, nous t'acceptons tel que tu es, même si nous te voudrions autre. Nous n'aimons pas ce que tu es, nous n'approuvons pas ce que tu dis, nous n'oublions pas ce que tu as fait, et ne le passons pas par pertes et profits.
Mais nous ne voyons que toi pour nous aider à faire ce que nous voulons faire.


Alors ?
V.

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vendredi, 06 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 6 juillet

6 juillet, d'elle


Zassoulitch.jpgIl est vrai, nous fûmes soulagés d'apprendre ta fuite, après le meurtre du frère. Ton acte était odieux, et il nous était pesant. Mais le temps a passé : le temps de ton exil, de ton arrestation, de ta livraison fers aux pieds à nos maîtres, le temps de ton enterrement vivant... Si nous étions encore chrétiens, puisque nous le fûmes dans une autre vie, un autre monde, un autre temps, nous dirions que tu a expié.
Peu importe aujourd'hui ce que tu as fait : c'est ce que tu peux encore faire qui importe.
Peu importe ce que tu étais, c'est ce que tu peux être demain qui importe. Et ce que nous pouvons t'aider à être.
Te satisfais-tu donc de ce que tu as fait de toi, et de ce que nos ennemis en ont parfait ? D'être une ombre dans un trou ?
Choisis...
V.

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jeudi, 05 juillet 2012

La Pierre et le Vent, 5 juillet

5 juillet, de lui

Me civiliser ? Vous aider ? Avez-vous oublié mes hauts faits, que vous semblez tant attendre de moi ? Je vous les rappelle.

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