Femmes

  • Les femmes de Colombie se mobilisent contre les violences

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    Capture.JPG¡Basta Ya!

    Dans le monde entier, les femmes se sont levées, pour l'égalité des droits, contre les violences dont elles sont les victimes. Dans le monde entier, en Suisse comme ailleurs : la grève du 14 juin a été un moment d'une force incontestable -et d'ailleurs presque incontestée. Dans le monde entier, en Colombie aussi. A Cabidjo (sud-ouest), l'agression violente subie par une militante a suscité la mobilisation de femmes (paysannes, autochtones, africolombiennes, urbaines et rurales), et donné naissance à mouvement de lutte contre toutes les violences sexistes, violences homophobes et transphobes comprises, largement répandues en Colombie. Le Solifonds vous invite à soutenir ce mouvement, et en particulier la plate-forme d'information alternative Columbia Informa (http://www.colombiainforma.info/):
    http://www.solifonds.ch, mail@solifonds.ch, PC 80-7761-7

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  • En finir avec le machisme en politique ?

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    balayeuse.jpgDe la grève aux urnes

    Une grève nationale dans un pays qui cultive le mythe de la "paix du travail" n'est certainement pas un événement anodin : la grève féministe du 14 juin a été bien plus importante que les mobilisations syndicales depuis des décennies -sans doute, depuis 1918... plus importante en nombre de participantes à la grève, et de participantes et participants aux manifestations, et plus large dans les revendications -et là encore, elle ne peut se comparer qu'à la Grève Générale de 1918 : les enjeux étaient certes les enjeux traditionnels (salaires, retraites, conditions et temps de travail), mais ils étaient aussi tous ceux concernant la place des femmes dans la société, les rôles sociaux, la définition sociale des genres, les droits des migrantes, les normes sexuelles, la violence faite aux femmes... Ces enjeux font programme -et nous sommes précisément en un moment d'élections -et tant que nous sommes dans un système démocratique "semi-direct" fondé sur une part de "représentation", les élections sont un moment où se jugent, se jaugent et se confrontent les programmes. En passant de la grève aux urnes, c'est bien la capacité des partis politiques à tenir compte des revendications portées dans la rue le 14 juin qui est en cause.

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  • 14 juin 2019 : La plus grande grève de l'histoire suisse

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    Manif14juin.jpgDans "grève", il y a "rêve"

    A en croire un sondage Tamedia réalisé avant la grève des femmes - grève féministe de vendredi, une forte majorité de la population (63,5 % des 19'000 personnes interrogées, 57 % des hommes, 70 % des femmes) la soutenait. Et selon un autre sondage (de "20 Minutes"), 18 % des femmes comptaient faire grève.  A voir, et avoir vécu, ce que ce pays a vécu vendredi, ces sondages voyaient juste : aucune grève, pas même la Grège Générale de 1918, n'a jamais été aussi suivie en Suisse. Et aucunes manifestations jamais été aussi massives depuis fort longtemps que celles de vendredi. Sans oublier que cette journée ne fut pas que celle de la grève et des manifs : elle fut aussi celle de centaines d'actions et de moments dans tout le pays, toute la journée (à Genève, ça a duré jusqu'à samedi, même sous l'orage et la grêle...), notamment, partout, à 15 heures 24 : c'est l'heure à partir de laquelle, en moyenne et compte tenu de l'inégalité salariale, les femmes salariées travaillent pour des prunes.

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  • Manifeste pour la grève féministe et des femmes* du 14 juin

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    Femme bras croisés.jpgDe la parole à la grève

    Manifeste rédigé par les Collectifs romands pour la grève féministe et des femmes - 13.12.2018

    Un peu partout dans le monde, nous assistons à un renouveau des mouvements féministes: #metoo a contribué à diffuser et libérer la parole des femmes* et, grâce aux réseaux sociaux, a eu un écho planétaire. Un exemple: l’extraordinaire grève des femmes * de l’Etat espagnol le 8 mars 2018.

    En Suisse aussi, le sexisme, les inégalités et les violences à l’encontre des femmes* persistent, malgré un discours politiquement correct sur l’égalité et bien que l’égalité soit inscrite dans la Constitution fédérale depuis 1981.

    Au pays de la prétendue paix du travail, les femmes ont déjà fait une grève qui a mobilisé 500'000 personnes ! C’était le 14 juin 1991, dix ans après l’entrée en vigueur de l’article constitutionnel sur l’égalité. Ce jour-là, les femmes ont croisé les bras: la grève a eu lieu non seulement sur les lieux de travail, mais aussi dans les foyers, où elles ont arrêté de faire le ménage, ont suspendu leurs balais aux fenêtres, n’ont pas cuisiné ni pris en charge les enfants.

    La grève des femmes de 1991 avait surpris tout le monde. Un immense élan vers l’égalité avait secoué le pays: nous avons depuis lors obtenu des résultats concrets comme une Loi fédérale sur l’égalité entre femmes et hommes, un congé maternité, le splitting et le bonus éducatif dans l’AVS, la solution dite des délais en matière d’avortement, des mesures de lutte contre les violences domestiques.

    Aujourd’hui, nous avons besoin d’un nouvel élan ! Le 22 septembre 2018, 20'000 femmes* et hommes solidaires ont manifesté à Berne pour l’égalité et contre les discriminations. Le début d’une mobilisation que nous voulons poursuivre jusqu’à la grève féministe et des femmes* le 14 juin 2019 !

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  • Grève des Femmes, J-11

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    grève des femmes, grève, 14 juinBis repetita necesse est

    28 ans après la première grève des femmes de Suisse, il leur faut donc remettre ça : les revendications de 1991 ne sont toujours pas, dans la réalité, sur le terrain, satisfaites. Certes, il aura bien fallu des décennies pour que celles de la Grève Générale de 1918 le soient, mais ne nous assure-t-on pas que depuis un siècle, l'histoire s'accélère ? les femmes doivent pourtant refaire grève pour les mêmes revendications que celles portées lors de la grève de leurs mères et de leurs grand-mères... 38 ans après l'inscription dans la Constitution fédérale du principe de l'égalité entre femmes et hommes, ce principe reste à concrétiser. L'Union Syndicale Suisse le résume en trois mots, qui font slogan : "Salaire. Temps. Respect". C'est revendiquer plus, et plus profond, au fondement des inégalités, qu'une parité dans les lieux apparents du pouvoir -mais cela n'exclut pas cette revendication-là. Que le Grand Conseil neuchâtelois vient de repousser (il est vrai que le projet de loi qui lui était présenté était assez mal foutu). Comme si ce quota-là (la parité n'est rien d'autre qu'un quota) était plus douloureux que tous ceux que les élections connaissent déjà (quotas cantonaux pour les élections fédérales, régionaux pour certaines élections cantonales, de partis politiques dans les conseils d'administration etc...)

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  • "Quand les femmes s'arrêtent, tout s'arrête"

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    feminisme.jpg1918 + 101 = 14.6.2019

    L'appel est lancé (www.14juin.ch) à la grève des femmes en Suisse, le 14 juin, 28 ans après la première grève des femmes lors de laquelle 500'000 personnes étaient descendues dans la rue et sur les places de tout le pays. Pour la grève de cette année, qui concernera le travail "professionnel" comme le travail familial et la consommation, un cahier de 17 revendication a été adopté à Bienne le 10 mars, comme il y a un siècle un cahier de revendication avait été adopté à Olten à l'appui de la première et unique grève générale de l'histoire suisse (et on retrouvera certaines de ces revendications d'il y a un siècle pour la grève de dans trois mois). 17 revendications pour une grève des femmes (les hommes qui les soutiennent ne sont évidemment pas interdits de grève) : égalité salariale, rentes sociales "dignes", valorisation des métiers dits "féminins", réduction et partage du temps de travail, congé paternité et congés pour s'occuper des enfants et des proches, régularisation des femmes migrantes, gratuité de l'avortement, suppression de la TVA sur les produits d'hygiène féminine, lutte contre les violences et les discriminations sexistes, transparence salariale dans toutes les entreprises, accès des femmes aux postes à responsabilité, soutien aux familles monoparentales, développement des crèches, interdiction des licenciements après un congé maternité... 

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  • Journée internationale des droits des femmes

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    feminisme.jpgAvant la grève...

    Aujourd'hui est une Journée internationale des droits des femmes*. Et dans trois mois, le 14 juin, ce sera en Suisse la deuxième grève nationale des femmes. Outre des revendications sociales qu'on se désole de devoir réitérer (l'égalité salariale, notamment), et des oppositions à des propositions péjorant la situation des femmes (le report de l'âge de leur droit à la retraite, par exemple), la réponse à donner aux violences spécifiquement faites aux femmes sera au centre du mouvement. "nous avons d'abord un problème de violence masculine dans une société patriarcale", résume la présidente de la Jeunesse Socialiste, Tamara Funiciello, et ce qui explique la forte implication d'immigrés dans des actes de violence conjugale, ce n'est pas leur qualité d'immigrés, mais le force du patriarcat dans leur société d'origine. Ce qui ne signifie nullement que dans la société suisse toute trace de comportements patriarcaux se soit miraculeusement effacée, comme si des hommes suisses ne se rendaient plus coupables d'actes violents sur des femmes, à commencer par leurs compagnes ou leurs filles...

    *A Genève, deux rendez-vous :  de 16 à 18 heures, goûter féministe au Rond-Point de Plainpalais et à 19 heures, marche pour des féminismes révolutionnaires, départ devant la  Poste du Mont-Blanc

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  • 60 millions de travailleuses domestiques sans droit

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    balayeuse.jpgSortir du servage

    A Genève, l'opération "Papyrus" -dont nous persistons à savoir gré à Pierre Maudet de l'avoir rendue possible- a permis à des centaines de travailleuses domestiques sans statut légal d'en trouver un, et avec lui d'obtenir les protections légales auxquelles elles ont droit -en même temps que les obligations qui leur sont liées. Mais dans le monde, 90% des travailleuses domestiques (et elles sont plus de 60 millions) restent privées de sécurité sociale, de rente de retraite, d'indemnités de chômage, travaillent sept jours sur sept, et souvent plus de douze heures par jour. Les syndicats d'employées de maison ont réussi à faire adopter en 2011 par l'Organisation internationale du travail une convention (N° 189) protégeant travailleurs et travailleuses domestiques et définissant leurs droits. Ce texte toutefois n'a pas été ratifié par tous les Etats, et nombre de ceux qui l'ont ratifié mne l'appliquent pas. Les syndicats de travailleurs et travailleuses domestiques luttent dans des conditions extrêmement précaires. Le SOLIFONDS lance une campagne pour les soutenir, et soutenir ainsi l'accession de dizaines de millions de travailleuses et travailleuses à des droits humains minimaux, et pour que le travail domestique cesse d'être un servage.

    SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, CCP 80-7761-7

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  • 8 mars, Journée internationale de lutte des femmes : Debout, sorcières !

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    sorciere.jpgDepuis plus d'un siècle, le 8 mars est la journée de la lutte des femmes pour leurs droits (l'institution de cette journée remonte au congrès des femmes socialistes de 1910). Dans le calendrier pataphysique, ce jour du 8 mars est Jour de Sabbat. Ce qui tombe bien pour un jour de solidarité avec les luttes de celles qui furent si longtemps (et sont encore en quelques contrées, et quelques milieux) considérées et traitées comme des sorcières. Et qui, lasses d'attendre que les promesses des lois, des constitutions, des chartes et des déclarations universelles aient été concrétisées, pourraient (devraient) retrouver l'usage de la seule sorcellerie qui fasse bouger les choses politiques, sociales et culturelles : les mobilisations de masse, façon "Grève des Femmes" : à demi-mot, même la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga le leur recommande.  En attendant, écoutez-les chanter, les sorcières, avec les mots d'Anne Sylvestre et la voix de Pauline Julien : https://www.youtube.com/watch?v=kM8M7mGEQzM

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  • Initiative "antiburqa" : vers un contre-projet indirect

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    burqa-fondue.jpgQuand le fétichisme désarme la raison

    Le Conseil fédéral, estimant que l'Etat n'a pas à dire à ses citoyennes et citoyens comment ils doivent s'habiller (ce avec quoi nous sommes parfaitement d'accord, soit écrit en passant), propose un contre-projet indirect (le PS aurait préféré un contre-projet direct) à l'initiative "antiburqa" du  comité crypto-l'UDC qui avait déjà commis l'initiative "anti-minarets". Le gouvernement se dit conscient du malaise suscité par la présence, même rare et fugace, de femmes entièrement voilée ("aucune femme ne devrait porter la burqa" résume Simonetta Sommaruga), mais ne tient ni à ce qu'une prescription vestimentaire soit inscrite dans la constitution fédérale, ni à imposer une prescription légale à tous les cantons, le phénomène mis en exergue par l'initiative étant de réalité fort différente d'un canton à l'autre (jusqu'à l'irréalité totale dans certains cantons -lesquels seront certainement ceux qui donneront la plus forte majorité à l' l'initiative). Certains cantons ont déjà interdit le voilage des visages (St-Gall, le Tessin), d'autres s'y sont explicitement refusés (Zurich, Soleure, Schwytz et Glaris, où ce refus a été prononcé par la Landsgemeinde). Ce que le Conseil fédéral pourrait proposer, c'est une disposition pénale réprimant la contrainte exercée sur une personne pour se dissimuler le visage (la contrainte étant déjà, quelle qu'elle soit, punie par le code pénal sans qu'il y ait besoin d'une plainte) et une obligation d'être à visage découvert dans tout rapport avec les autorités. Deux mesures de bon sens, la première permettant en outre de sanctionner les responsables d'une d'une contrainte imposée aux femmes, sans qu'elles aient besoin de porter plainte (il y a poursuite d'office), plutôt que les victimes de cette contrainte. Sauf que le gouvernement lui-même ne se faire sans doute pas beaucoup d'illusions sur la capacité de sa réponse, purement rationnelle, à l'initiative de dissuader le peuple et les cantons d'"interdire la burqa" comme ils ont interdit les minarets (76 % des personnes interrogées dans un sondage effectué en décembre dernier étaient prêtes à voter l'initiative). Le fétichisme, il est vrai, et cela vaut pour celui qui impose le voile ou la burqa comme pour celui qui veulent les prohiber, est assez imperméable à la raison...

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  • Le genou de la baigneuse ? c'est Verdun !

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    burkini.jpgCombats de fantômes en burkinis dans les piscines genevoises

    Clapotis dans les bassins : le règlement municipal sur les installations sportives de la Ville de Genève a été modifié :  le nouveau règlement se contente de poser des règles générales, applicables aux femmes comme aux hommes, avec comme règle de base que les tenues autorisées dans ces lieux de bain doivent être des tenues de bain. Comme les tenues autorisées sur les pistes de skis devraient être des tenues de ski, si un règlement municipal genevois avait quelque pertinence dans la poudreuse. Etre en tenue de bain dans un lieu de bains, à un esprit simple comme celui de l'auteur de ces lignes, cela paraît à la fois logique et suffisant. Mais pas à la droite et à l'extrême-droite du Conseil municipal, qui s'en sont étouffées d'indignation et ont brandi la menace d'un déferlement de "burkinis" (des tenues de bain couvrant le corps), parce que le nouveau règlement ose l'impensable : il n'oblige plus les femmes à se découvrir les bras, les genoux, les chevilles et les pieds. Ni même à se couvrir les seins. Il ne les oblige plus qu'à se baigner en tenue de bain. Comme les hommes. Et il les autorise à choisir leur tenue de bain. Comme les hommes peuvent la choisir. Invraisemblable laxisme, tout fout le camp, Il est urgent de réagir, de restaurer les vraies valeurs. Exhumant un "avis" anonyme supposé être celui du Service des Sports, la droite et l'extrême-droite municipales genevoise proposent donc  de réintroduire l'interdiction de la couverture des bras des femmes et des genoux de tout le monde, en même temps d'ailleurs que l'interdiction de la découverture des seins des femmes (on notera toutefois deux lacunes : aucune couleur n'est prescrite, aucune texture non plus. Tant qu'à faire, la droite aurait pu y penser). Ainsi l'essentiel est-il sauf : les hommes pourront aller à la piscine en short et les bras couverts, les femmes ne pourront pas y aller en maillot une pièce couvrant les bras et les genoux (burkini ou non), à supposer qu'elles en aient l'intention : le cas ne s'est d'ailleurs produit que deux fois. Mais  c'est deux fois de trop, c'est une brèche, une percée, la prise de Douaumont. Car c'est au nom de la lutte contre l'intégrisme religieux islamique qu'on veut faire prendre le genou des femmes  pour Verdun. Et le bras des dames, pour le chemin des Dames. Et elles ne passeront pas ! Elles, pas ils : eux, ils passeront toujours : comme d'habitude, c'est aux femmes qu'on impose en réalité ces normes, pas aux hommes.

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  • Interdiction du voile "islamique" intégral : On votera. Nul. Forcément.

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    Disparition de la femme.jpg

    Donc, l'initiative crypto-udéciste pour, formellement, l'interdiction de se cacher le visage dans l'espace public, et en motivation réelle pour l'interdiction des diverses formes de "voile islamique intégral" (d'où sa désignation désormais commune d'"initiative anti-burqa"), a abouti (grâce à un nombre exceptionnellement élevé de signatures en provenance de Suisse centrale...), a été déposée à la mi-septembre, et sera soumise au peuple, vraisemblablement en pleine campagne électorale pour les fédérales de 2019. Le Conseil des Etats avait déjà sèchement refusé une initiative parlementaire visant le même objectif, en estimant que ce n'était pas à la Confédération de légiférer sur un problème, relevant soit du symbolique (la burqa considérée comme un symbole, évidemment patent, de l'oppression des femmes ou, plus fantasmatique, de l'"islamisation de la société"), du maintien de l'ordre public, ce qui est de la compétence institutionnelle des cantons, voire des communes.

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  • Voile "islamique", retour d'une question idiote

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    laïcité,voile islamiqueRaison et mémoire garder...

    La question (à supposer que cela en soit une) du port du voile, ne fût-il qu'un foulard, dit "islamique" refait régulièrement surface. A Genève, elle avait provoqué quelques échauffement dans quelques lieux politiques, et avait divisé à gauche -ce qui en soi ne lui donne guère plus d'importance qu'elle n'en a, la gauche pouvant se diviser sur à peu près tout et n'importe quoi. Là, elle se divise sur l'attitude à adopter à l'égard de la manifestation visible d'une conviction religieuse. On ne résistera pas plus longtemps au plaisir d'y mettre notre grain de seul en posant quelques questions, et en suggérant malignement la réponse qu'il nous semble devoir leur être apportées, du moins si l'on tient à quelque raison et mémoire garder.

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  • Journée internationale DES DROITS des femmes : Une longue, longue marche

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    Man_Ray_Noire_et_blanche.jpgEntre la Journée internationale de la radio et de la télévision pour les enfants (avant-hier) et la Journée internationale de l'audition (après-demain), il y a, aujourd'hui la Journée internationale des Femmes, dans le titre que lui donnent les Nations-Unies, la Journée internationale des Droits des Femmes dans celui que lui donnent la gauche et les féministes. Dans le calendrier républicain, c'est le jour du mouron. Et dans le calendrier pataphysique, le jour du Sabbat. Tirez-en les conclusions que vous voudrez : ici, on en tirera celle d'un jour dédié à un combat permanent, à une longue, longue marche, avec des arrêts, des errances, des détours, des retours en arrière, des impasses. En Suisse, les femmes ne votent nationalement que depuis 1971, 53 ans après qu'une Grève Générale ait revendiqué ce droit pour elles aussi (il fallut d'ailleurs une autre grève, celle des femmes en 1991, pour que le prédicat constitutionnel de l'égalité, vieux de dix ans, accouche d'une loi), ne peuvent voter cantonalement et communalement dans toute la Suisse que depuis 1990 (à Genève même, il fallut s'y prendre à cinq fois pour qu'un vote des hommes ouvre le vote aux femmes), et ne peuvent ouvrir un compte en banque sans avoir à demander l'autorisation de leur mari que depuis 35 ans...

    voir aussi le numéro du journal socialiste genevois "Causes Communes", consacré au féminisme : http://www.ps-geneve.ch/causes-communes/

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  • L'indigence à la une

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    burkini.jpgLe tube de l'été : burqa, burkinis et ramdam
     
    L'été, le ridicule ne tue pas. Ni sur les plages, ni dans les media. Depuis les années soixante, les "tubes de l'été" se caractérisent par leur totale indigence. Celui de cette année en nos contrées ne faillit pas à la règle. Or donc, on votera en Suisse sur une initiative populaire lancée depuis l'extrême-droite par un comité (le même qui avait fait aboutir l'initiative interdisant les minarets) où se mélangent harmonieusement udécistes, intégristes catholiques et fondamentalistes protestants, unis pour proposer d'inscrire dans la constitution fédérale une norme relevant de règlements municipaux : l'interdiction de se masquer le visage dans l'espace public. Une interdiction de principe, qui permet de rendre conforme à la légalité ce qui est l'intention initiale des auteurs de l'initiative :  l'interdiction de l'empaquetage à prétexte religieux (la burqa ou le niqab) des femmes musulmanes. La récolte de signatures pour cet texte n'est pas terminée, mais vu l'ambiance générale, il ne fait aucun doute qu'il obtiendra facilement et largement les 100'000 signatures valides nécessaires et que dans deux ans, on pourra se lancer dans un débat de derrière les fagots des bûchers pour hérétiques et infidèles. Ajoutez-y la polémique délirante lancée en France par quelques municipalité (de droite de la droite, pour ne pas dire pire) sur la présence de femmes en "burkini" sur les plages publiques ("d'un fait divers, on a fait une affaire d'Etat", résume la sénatrice écolo Esther Benbassa), et vous aurez le tableau presque achevé (pour la touche finale, voyez la question fondamentale du porc dans les menus des cantines scolaires) de nos ramdams (de l'arabe "Ramadan") estivaux.

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  • Alors quoi, encore une journée des femmes ?

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    feminisme2.jpgVingt ans après...

    Il y a trente-cinq ans, le 14 juin 1981, la Constitution fédérale accueillait avec l'onction populaire l'expression du principe d'égalité entre femmes et hommes. Il y a vingt-cinq ans, le 14 juin 1991, 500'000 femmes se mettaient en grève ("les femmes bras croisés, le pays  perd pied") et manifestaient dans la rue contre la mauvaise volonté du législateur, rechignant à traduire en actes concrets le beau principe voté dix ans plus tôt. Il y a vingt ans, en 1996, une loi sur l'égalité était adoptée. Ce sont les vingt ans de cette loi que l'on va célébrer en Suisse aujourd'hui, 14 juin. Les vingt ans de la loi, pas les vingt ans de l'égalité. Parce que de la célébration d'un texte au constat de sa traduction dans la réalité, il y a encore toute la distance des luttes à mener. Sur tous les fronts, dans tous les domaines. Alors quoi, encore une journée des femmes ? Non, aujourd'hui, c'est une journée des luttes des femmes. Et ce n'est pas vraiment, et même pas du tout, la même chose.

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  • Diagnostic préimplantatoire : mettre fin à une hypocrisie

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    DPI.jpgEn 2015, le peuple avait accepté (avec 62 % de "oui") l'inscription dans la constitution du principe de l'accès au diagnostic préimplantatoire (DPI, c'est-à-dire de l'analyse génétique et de la sélection, avant leur implantation dans l'utérus de la mère, des embryons provenant d'une fécondation in vitro). Mais ce principe constitutionnel en restait précisément au stade du principe, sans précision sur qui pouvait y avoir accès, et à quelles conditions. Ce sont ces précisions que la loi soumise au vote le 5 juin propose -le principe, lui, est acquis, quel que soit le résultat du vote populaire. Si ce résultat devait être négatif (les sondages prévoient le contraire), le parlement reprendra la main -et les couples qui souhaitent avoir accès à ces tests devront continuer à se rendre à l'étranger, où ils sont, en Europe, presque partout autorisés. Comme les femmes désireuses de mettre fin à leur grossesse devaient, si elles résidaient dans les Etats qui criminalisaient l'avortement, se rendre à l'étranger pour y recourir. Si elles en avaient les moyens.  C'est à ce genre d'hypocrisie qu'il convient de mettre fin, s'agissant du DPI comme il s'était agi de l'IVG.

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  • Désir d'enfant ou droit à l'enfant parfait ?

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    Ogre.jpgLe fantôme de l'eugénisme

    Le 5 juin, on votera sur la révision de la loi sur la procréation médicalement assistée, qui découle de l'inscription dans la constitution fédérale de la  possibilité d'un diagnostic préimplantatoire (DPI), autrement dit avant l'implantation d'un embryon lors d'une fécondation in vitro. Une opposition s'était déjà dessinée alors contre cette possibilité même -elle avait donc été largement battue, puisque le principe du DPI avait été accepté par 62 % des votants. L'opposition de l'année dernière, défaite sur le principe, s'est reformée pour combattre la loi qui le concrétise, et elle s'est élargie à certains des partisans du principe, tel le socialiste valaisan Mathias Reynard, qui reprochent à la loi d'aller trop loin en rendant accessible le DPI aux couples infertiles naturellement, et pas seulement aux couples porteurs d'une maladie génétique grave. Mais le coeur de l'opposition à la loi est le même que celui de l'opposition à l'article constitutionnel : ce sont les milieux chrétiens conservateurs (catholiques et protestants). Et ces milieux, aujourd'hui, brandissent le spectre de l'"eugénisme", et opposées avec eux à la loi, des associations de défense des handicapés proclament que la société doit "intégrer les handicapés, pas les éliminer". Nous pouvons le proclamer avec elles -mais le diagnostic préimplantatoire ne va "éliminer" personne, et il n'y a pas plus d'"eugénisme" dans le diagnostic préimplantatoire qu'il y en a dans une échographie ou une amniocentèse, qui elles aussi permettent de prédire ce que sera l'enfant non encore né, et qui, elles, peuvent conduire à des avortements -ce à quoi ne conduit pas le DPI.

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  • La laïcité par et pour les nuls

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    feminisme.jpgQue voile le voile ?

    Surfant sur un épisode parfaitement marginal et insignifiant (une employée de la Ville ayant porté un voile supposé "islamique" pendant son temps de travail), le PLR de la Ville de Genève a déposé au Conseil municipal, en invoquant le principe de laïcité (et sans avoir consulté le moins du monde les représentants de ce personnel, ce qui en dit plus sur la conception radelibe du "dialogue social" que sur sa compréhension du principe de laïcité) une proposition de modification du statut du personnel de la Ville, imposant à ses membres de s'abstenir de "signaler leur appartenance religieuse par des propos ou des signes extérieurs lorsqu'ils sont en contact avec le public". On souhaite bonne chance à celles et ceux qui auraient à faire appliquer cette disposition (qui n'a finalement pas été votée, la proposition ayant été renvoyée en commission après l'un de ces épisode dont nous avons à Genève le secret), voire à sanctionner ceux et celles qui ne l'auraient pas respectées : ce voile est-il un signe religieux ou social ? Porter une croix ou d'une étoile de David autour du cou, est-ce signaler son appartenance religieuse par un signe extérieur ? Et souhaiter Joyeuses Pâques, ou Joyeux Noël, signaler son appartenance religieuse par un propos ? Disons en tout cas que la laïcité, comme principe institutionnel (et désormais constitutionnel) mérite mieux que ce à quoi on est en train de la réduire... et de la voiler...
         

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  • 8 mars : Une journée internationale de qui et de quoi ?

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    LA femme ? non : LES femmes...

    L'a-t-on assez entendu, ces jours derniers, cette annonce que ce 8 mars était le "jour de la femme"... On commencera donc par rappeler que nous célébrons aujourd'hui la Journée Internationale DES droits DES femmes, non la journée de LA Femme. De la femme essentielle, ontologique, fantasmatique. Ce jour n'est pas le jour de la femme en soi, il est le jour de la femme pour soi. De la femme réelle dans le monde réel. Et le jour de ses droits, conquis et non concédés. Le jour d'un combat pour l'égalité -pas une égalité éthérée, rhétorique, mais une égalité concrète, à ras le terrain social. Et là où elle peut faire mal. Et pas dans la "moitié du ciel", mais sur la totalité de la terre... En Suisse, par exemple, où les femmes sont majoritaires dans la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté, où les inégalités salariales persistent (les femmes sont payées en moyenne 20 % de moins que les hommes, et jusqu'à 30 % de moins dans des secteurs à hauts salaires), vingt ans après l'adoption d'une loi sur l'égalité salariale. En Suisse, par exemple, où une femme sur cinq est victime de violences de la part de son compagnon (voire de sa compagne). En Suisse et partout ailleurs dans le monde, où les femmes effectuent la majeure partie du travail effectué dans la société, et la plus majeure encore partie du travail non rémunéré.

    A Genève, rendez-vous (pour celles et ceusses qui ne pioncent pas jusqu'à des heures que la morale militante réprouve) à midi, place Bel-Air, pour rappeler aux passantes et aux passants qui passent en quel jour et quel monde ils vivent...

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