lundi, 24 octobre 2016

Quand la Wallonie fait hoqueter l'Europe...

 tigre.jpgTigre de papier...

On connait l'antienne (depuis le temps qu'on l'entend, il faudrait être sourd pour ne pas la connaître...) : l'Union Européenne est un monstre bureaucratique, un Léviathan totalitaire au service de la mondialisation capitaliste, un roc de mépris des peuples et de la démocratie... Et puis voilà qu'un accord de "libre-échange", le CETA,  négocié depuis sept ans (mais négocié par qui, au nom de qui et de quoi ?) entre le Canada et l'Union Européenne, et que tous les Etats membres de l'Union Européenne sont prêts à accepter, pourrait finalement être balancé dans les poubelles de l'histoire parce qu'une région de l'un des 28 Etats membres de l'UE refuse de l'accepter (du moins en son contenu sorti des négociations) et que dans l'Etat dont cette région est constitutive, l'accord des parlements régionaux est une condition de la signature d'un tel traité. Cet Etat, c'est la Belgique. Cette région, c'est la Wallonie. C'est pas gigantesque, la Wallonie. C'est trois millions et demi d'habitants  (deux fois la Romandie...), sur les 500 millions d'habitants des 28 Etats de l'Union Européenne. La Wallonie, c'est un caillou dans la chaussure, un grain de sable dans la machine -mais ça suffit pour faire claudiquer, et pour bloquer la machine. Peut-être bien que la Wallonie finira par céder aux pressions extraordinaire qu'elle subit de presque toutes parts (presque, puisque Attac, les Verts, la gauche de la gauche et les altermondialistes la soutiennent) pour qu'elle lève son veto. Mais même si elle devait finalement céder, elle aura au moins démontré par sa résistance une chose : Le Léviathan européen n'est qu'un tigre de papier...

 

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20:54 Publié dans Europe, Politique, Résistance | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : wallonie, ceta, mondialisation, libre-échange, tisa, ttip | |  Facebook | | | |

mardi, 11 octobre 2016

La Grande-Bretagne après le Brexit : Labour, toujours Labour

La Première ministre conservatrice britannique, Theresa May, proclamant que "le Brexit veut dire le Brexit" (elle n'y était pas favorable, mais elle l'assume) a annoncé que le procesus de retrait du Royaume Uni (s'il est encore uni...) de l'Union Européenne sera enclenché au plus tard fin mars de l'année prochaine. Sans que ni l'Ecosse, ni l'Irlande du Nord, qui avaient voté contre le Brexit, ni le Pays de Galles, qui l'avait accepté de justesse, ne soient conviés à participer en tant que tels aux négociations avec l'UE. La Première Ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a néanmoins proclamé que l'"Ecosse était déterminée à rester dans l'Union Européenne". Ses interlocuteurs européens se sont bien gardés de prendre position sur cette volonté écossaise, à l'exception du Premier Ministre espagnol, Mariano Rajoy, qui s'est opposé à ce que l'Ecosse soit partie prenante des négociations sur les modalités du "Brexit", puisque ce serait lui reconnaître au moins implicitement un droit à l'autodétermination que le même Rajoy nie à la Catalogne qui le revendique comme l'Ecosse... En attendant, c'est surtout à gauche qu'il y a du nouveau -et le nouveau, c'est le "vieux" Jeremy Corbyn, et sa volonté de refaire du Parti Travailliste un parti socialiste (social-démocrate, au plein sens historique du terme), et un parti de masse. Et il est en passe de réussir. Malgré le Brexit, ou grâce au Brexit, on ne sait. Mais à cause (entre autres) du Brexit, certainement.

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15:08 Publié dans Europe, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : corbyn, brexit, labour | |  Facebook | | | |

mardi, 30 août 2016

Après le "Brexit", quoi ?

chapeau-cerveau.jpgBoucher les trous de la construction européenne...
  
Un peu de temps passé depuis le vote populaire sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne permet d'y voir un peu plus clair sur les raisons de ce vote, mais pas vraiment sur ses conséquences. Sinon qu'il n'y aura pas de nouveau vote pour éventuellement annuler celui d'il y a deux mois : ainsi a a décidé la nouvelle cheffe du gouvernement, Theresa May, qui s'opposait au Brexit mais a déclaré qu'il fallait en assumer les conséquences : "Brexit signifie Brexit", et pas sortie à moitié et maintien à moitié : vous avez voulu sortir, nous sortirons. Quand, comment, à quel prix ? Nul n'en sait rien : ni ceux qui voulaient sortir, ni ceux qui voulaient rester, ni l'Union Européenne elle-même. Alors, après le Brexit, quoi ?  "Il faut arrêter de pleurer" plaide Daniel Cohn-Bendit, qui considère qu'il faut utiliser l'opportunité du départ du Royaume-Uni pour relancer la construction européenne sur des bases démocratiques, avec un contenu et des ambitions plus larges que celui d'un marché et celle de son extension. Bel enjeu, car l'UE telle qu'elle est n'est pas défendable (d'où le vote "europhobe" d'une partie importante des classes populaires), mais elle ne prend pas le chemin de sa réforme : 27 gouvernements, dont chacun dispose d'un droit de veto, vont négocier entre eux et avec le Royaume-Uni les modalités du Brexit. Le résultat de ces négociations sera forcément un compromis, plus ou moins solide ou boîteux, mais faisant l'impasse sur les questions de fond. On va donc assister à une gigantesque distribution de rustines pour boucher les trous de la construction européenne, sur fond de montée des populismes europhobes.

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14:59 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brexit, grande-bretagne | |  Facebook | | | |

mercredi, 29 juin 2016

Châteaux électoraux en Espagne : Tous perdants

Espagne, gauche, Podemos, PSOETous perdants, à un titre ou un autre, même ceux qui se croient gagnants : tel est le résultat des élections espagnoles. La droite (le Parti "Populaire" du Premier ministre Rajoy), avec 137 sièges, reste loin de la majorité absolue (176 sièges), même si elle regagne cinq des sièges perdus lors des précédentes élections; le centre (Ciudadamos) n'obtient que 32 sièges et ne peut prendre part à une coalition majoritaire qu'avec la gauche, à condition que celle-ci accepte de se coaliser elle-même -or si le PSOE, avec 85 sièges, reste la première force de gauche, il  recule encore, alors que la coalition "Unidos Podemos" (71 sièges) des deux forces de "gauche de la gauche" (Podemos et Izquierda Unida) perd un million d'électeurs, le total des deux forces de gauche n'atteignant pas non plus la majorité absolue, et la division restant profonde entre le PSOE et "Unidos Podemos", alors même que leurs programmes sont plus convergents qu'eux-mêmes ne l'admettent. Bref, ces élections anticipées sont un coup pour rien. Et signent à la fois l'échec de la tentative de la "gauche de la gauche" de rééditer l'exploit grec de Syriza (renvoyer la social-démocratie dans les poubelles de l'histoire, mais en prenant sa place), l'échec du "centre" de se poser en interlocuteur indispensable de la droite, l'échec de la droite de gagner une majorité parlementaire absolue et l'échec du PSOE de sortir de sa propre crise...

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17:40 Publié dans élections, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne, gauche, podemos, psoe | |  Facebook | | | |

samedi, 25 juin 2016

Brexit : ils sortent. Sans jamais vraiment être entrés.

brexit,grande bretagne,angleterre,ecosse,union européenneBrexcitation

-Alors comme ça, ils partent...
- qui c'est qui part, et d'où ?
- ben les Anglais, de l'Europe, tu suis l'actu ou quoi ? parait que c'est un séisme...
- ah, parce qu'ils étaient en Europe, les Anglais ?
- ben faut croire, puisqu'ils en partent......
- et ils vont où ?
- chais pas... en Amérique, peut-être...
- et ils partent tout seuls ?
- non, avec les Gallois...
- ah. Et les Ecossais et les Irlandais ?
- eux, ils veulent rester...
- ah bon, Alors les Anglais et les Gallois partent, les Ecossais et les Irlandais restent... c'est comment le nom officiel de l'Etat, déjà ? ah oui, "Royaume Uni"...

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mardi, 21 juin 2016

L'extrême-droite aux portes du pouvoir ?

Groupes-folkloriques.jpg Prélude autrichien

Il s'en est fallu de peu, d'un souffle, il y a quelques semaines, pour que les Autrichiennes et les Autrichiens élisent à leur présidence le candidat d'un parti d'extrême-droite, qui aurait été le premier chef d'Etat européen à être issu de cette soue depuis la fin de la Guerre Mondiale. Mais avec presque 50 % des suffrages (tout étant dans ce "presque"), Norbert Hofer, le candidat du fort mal nommé "Parti autrichien de la liberté" (FPOe), qui a d'ailleurs fait recours contre le résultat,  et demandé l'annulation du scrutin, se retrouve porteur d'une symbolique plus menaçante que la réalité du pouvoir qu'il aurait pu avoir en tant que président de l'Autriche : la symbolique d'une possible accession de l'extrême-droite à la tête d'un Etat européen. Car il y a, en Europe, aujourd'hui, une réelle dynamique de l'extrême-droite (ou de la "droite radicale, si on préfère cet euphémisme), qu'aucune "grande coalition" à l'autrichienne (alliant sociaux-démocrates du SPOe et chrétiens conservateurs du OevP), ni aucun "front républicain" à la française, n'arrive à entraver. Au contraire : ces coalitions et ces fronts permettent à l'extrême-droite, du moins quand elle n'a jamais réussi à se faire démocratiquement confier le pouvoir, de se présenter comme une alternative, quand elle n'est qu'une résurgence.

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14:50 Publié dans Europe, Politique | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook | | | |

lundi, 20 juin 2016

Brexit ? dhol air adhart !

Brexit, Union Européenne, UE, EcosseComment sortir de l'Union Européenne sans jamais y être vraiment entré ?
  

Il paraît (c'est en tout cas ce que tous les media du continent s'acharnent à nous en convaincre) que le 23 juin, jour du vote des britanniques (et des nord-irlandais) sur la "sortie" ou non de l'Union Européenne, est un rendez-vous avec l'Histoire. Pas moins. En Grande-Bretagne, en tout cas, on y croit. Ou on feint d'y croire. Au point qu'une députée travailliste, partisane du statu-quo (le maintien du Royaume-Uni dans l'Union Européenne, pour autant que l'on considère qu'il y soit), vient d'être assassinée par un trépané d'extrême-droite. Mais que changerait, fondamentalement, le "Brexit" ? Ses partisans (essentiellement anglais, essentiellement de droite, voire d'extrême-droite, et dont le discours "souverainiste" s'alimente plus à la source de la xénophobie qu'à celle de l'autodétermination nationale) affirment qu'il faut quitter l'Union Européenne pour restaurer la souveraineté du Royaume-Uni. Mais quelle souveraineté, quand depuis septante ans, le Royaume est sous la coupe des Etats-Unis, et que ce qui le fait en différer tient désormais plus du folklore que de l'indépendance ? Et puis,  que signifie vouloir quitter un ensemble (l'Union Européenne) dont on n'est concrètement qu'à moitié membre (la Grande-Bretagne n'est membre ni de la zone euro, ni de l'espace Schengen) ? Brexit ? Chiche...

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mercredi, 13 janvier 2016

Trente ans d'"Espace Schengen" : si jeune et déjà sénile...

En juin dernier, l'"Espace Schengen" a eu trente ans. On ne peut pas dire que cet anniversaire d'un espace européen sans passeport ait été célébré dans la joie et l’allégresse. Il l'a plutôt été par la restauration des contrôles aux frontières intérieures, par un manque absolu de solidarité entre les 26 Etats inclus dans l'Espace (22 Etats de l'Union européenne, et les quatre de l'AELE, dont la Suisse), et une montée brutale de la xénophobie sous sa forme la plus paranoïaque dans les Etats de l'est de l'Espace -ceux-là même qui ont le plus bénéficié de la "liberté de circulation" de leurs propres ressortissants, et qui s'acharnent le plus à renvoyer les migrants le plus loin possible de leur pré carré.  On en vient dès lors à proposer une sorte d'"Espace Schengen réduit" à quelques Etats de l'Europe de l'ouest et du nord, excluant les mauvais élèves de l'est et du sud. Un Espace Schengen ou un Club Rotary ?

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16:58 Publié dans Europe, Immigration | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : espace schengen, frontières | |  Facebook | | | |

mardi, 03 novembre 2015

Elections turques : la victoire du pompier pyromane

Des urnes pleines de peur

Nos copains turcs (il est vrai qu'ils sont presque tous Kurdes) faisaient plus que grise mine, hier. Ils étaient abasourdis, comme assommés par le résultat des élections législatives anticipées convoquées fin août par le Président-Sultan Erdogan, tout seul, comme un grand -mais "si Dieu le veut" tout de même. Dieu, et lui : la constitution turque prévoit, en cas d'échec du principal parti à former un gouvernement, la transmission de cette tâche, au principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (social-démocrate et kémaliste), mais le Sultan n'a que faire de la constitution : il a donc décidé tout seul de dissoudre le parlement né des élections précédentes lors desquelles son parti n'avait pas obtenu de majorité absolue, et d'organiser de nouvelles élections avec, précisément, pour objectif d'obtenir cette majorité absolue. Et il l'a obtenue, alors que peu nombreux étaient les observateurs qui le prédisaient. Il l'a obtenue dans un climat de violence et de peur dénoncé par les observateurs internationaux, qui ont fait état de nombreuses attaques contre les candidates et les candidats, les partisans et les locaux du parti de gauche HDP, dont la base est majoritairement kurde. Qui veut la fin veut les moyens est aussi un proverbe ottoman. Le Président-Sultan, en tout cas, l'applique depuis 13 ans.    

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16:14 Publié dans élections, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : erdogan, akp, turquie, kurdistan | |  Facebook | | | |

mercredi, 14 octobre 2015

Migration mondiale et illusions nationales : Une Suisse exorbitée ?

La "question de l'asile" et la panique, réelle ou feinte (ou, pour le dire autrement, pathologique ou calculatrice) face à la "plus grande vague migratoire en Europe depuis la Deuxième Guerre Mondiale") ne pouvait pas ne pas s'inviter dans la campagne électorale : selon le "baromètre électoral" de la SSR, en septembre, la migration serait même le problème le plus urgent que les élus de dimanche prochain, et les élus de ces élus lorsqu'il s'agira pour le parlement fédéral de déterminer la composition du gouvernement, auront à traiter. On sait déjà comment l'UDC entend traiter le problème : en piétinant le droit d'asile et en dégradant les conditions d'accueil et d'hébergement des requérants -elle a d'ailleurs lancé un référendum contre la révision de la loi d'asile, pour le seul motif qu'au terme de cette révision, dont plusieurs points sont d'ailleurs contestables du point de vue de la défense du droit d'asile, les requérants auraient droit à une assistance juridique gratuite. Pour le reste, l'UDC demande que la Suisse sorte du système des accords de Schengen et de Dublin, c'est-à-dire mène une politique migratoire solitaire dans un contexte de migration mondiale. Les blochériens ne croyant pas eux-mêmes à la pertinence de leurs propres propositions, on devrait se dire qu'aucun poisson, si stupide que puisse être un poisson, ne le serait au point de mordre à un tel hameçon -mais le "pessimisme de la raison" balançant l'"optimisme de la volonté", on se dit aussi que rien n'est impossible dans un pays où près d'un-e citoyen-ne sur trois est persuadé que la Suisse est une exoplanète exorbitée, voire une galaxie, à elle toute seule.

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16:03 Publié dans Europe, Immigration, Monde, Suisse | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : asile, réfugiés. migration | |  Facebook | | | |

mardi, 06 octobre 2015

Scoop : Le Portugal n'est pas la Grèce. Ni la Suisse...

   
Saudade...

Une droite gouvernementale à moins de 40 % des suffrages, en recul de plus de dix points depuis les précédentes législatives) , un PS à 32 %, une gauche alternative à 10 %, des communistes et des Verts ensemble à 8 %, et au final une gauche majoritaire dans les urnes et au parlement : on signe tout de suite. Sauf que c'est le résultat des élections législatives de dimanche au Portugal,  pas celui des élections fédérales de dans deux semaines en Suisse (où la gauche pèse autour du tiers des suffrages et des sièges, et l'extrême-droite autant), et qu'on aurait préféré non seulement un PS plus à gauche (mais ça, on le préfère partout) et plus fort que la droite gouvernementale, mais surtout une gauche capable d'un peu plus d'unité que celle dont le défaut va permettre à la droite de rester au pouvoir en étant minoritaire, mais unie, contre des adversaires majoritaires s'ils étaient ensemble, mais tous minoritaires puisqu'ils sont divisés. Saudade...

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lundi, 28 septembre 2015

On tot comença...

Catalogne : (re)naissance d'une nation ou coup politique ?

Catalogne, Espagne, séparatisme

     Les partis en faveur de l'indépendance de la Catalogne (la coalition Junts Pel Si et la gauche alternative de la Cup) ont donc obtenu la majorité des sièges au Parlement catalan, et il ne leur manque que deux pourcents des suffrages pour obtenir la majorité des suffrages dans les urnes (en novembre 2014, un référendum symbolique avait donné 80 % des suffrages à l'indépendance, mais avec plus de 60 % d'abstention -hier, on a dépassé les 80 % de participation). A Madrid, à Bruxelles et ailleurs, on tente de minimiser et on assure qu'on se démènera pour que le choix indépendantiste ne se traduise. institutionnellement, par rien, ou par des miettes. C'est que ce choix est fort subversif du dogme de l'intangibilité des frontières internes de l'Union Européenne (il y eut d'autres sécession en Europe, d'autres éclatements, mais ils concernaient des pays qui n'étaient pas membres de l'UE - : la Tchécoslovaquie, l'Union Soviétique, la Yougoslavie...) : Pour la première fois dans un Etat membre de l'Union Européenne. un vote populaire ratifie un projet de sécession, et derrière les Catalans, il y a, en embuscade sur un projet indépendantiste, les Basques et, à nouveau, les Ecossais. Et d'autres encore, un peu ou beaucoup plus loin.  "On tot commença" (tout commence)...

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lundi, 21 septembre 2015

Grèce : la victoire désenchantée de Syriza

Tsipras, par défaut 

On les avait enterrés un peu vite sous les pelletées d'"austérité" du mémorandum européen, Alexis Tsipras, et son parti avec lui... or ce sont eux (lui, surtout) qui viennent de gagner largement les élections législatives anticipées, avec une marge qu'aucun sondage n'avait prévue. Et c'est leur troisième victoire électorale, après celles des législatives de janvier et du référendum de juillet. Il y avait pourtant de la résignation et du désenchantement dans la campagne électorale. De la résignation à un "vote utile" pour Syriza, un vote par défaut d'un autre choix pour éviter le retour de la droite au pouvoir ("la restauration de l'ordre ancien", dénonçait Tsipras) et du partage du pouvoir entre la "Nouvelle Démocratie" et le Pasok, la première étant aussi nouvelle que le second est socialiste, et du désenchantement à l'égard  de Syriza, même si Alexis Tsipras est l'homme politique le plus respecté par les citoyennes et les citoyens. Ces élections se jouaient entre Syriza et la "Nouvelle Démocratie", les petits partis ne pouvant au mieux (comme celui des "Grecs Indépendants") que jouer un rôle d'appoint à l'un ou l'autre des deux grands, pour lui permettre d'obtenir une majorité parlementaire : le PASOK (socialiste d'étiquette, clanique de réalité) est toujours moribond, l'"Unité Populaire" issue de la gauche de Syriza n'a pas eu le temps de rassembler plus qu'une petite minorité des déçus de la gauche gouvernementale, le Potami (centriste europhile) est sans implantation populaire, les communistes sont fossilisés dans leur sectarisme et les néonazis d'"Aube Dorée" (qui restent tout de même la troisième force politique du pays) sont infréquentables... Dès lors, le choix était simple : Tsipras, qui d'autre ?

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vendredi, 18 septembre 2015

Convention et Cour européennes des droits de l'homme : Des juges ou des droits étrangers ?

CEDH, Conseil de l'EuropeLe 28 novembre de l'année dernière, on a (ou aurait du) célébrer le 40e anniversaire de la ratification par la Suisse de la Convention Européenne des droits de l'Homme -une ratification qui impliquait l'acceptation de la juridiction obligatoire de la Cour européenne de Strasbourg. L'UDC avait, à sa manière, célébré cet anniversaire, en remettant en cause cette juridiction, en annonçant le lancement d'une initiative inscrivant dans la Constitution fédérale le principe (à rebours de toute l'évolution du droit depuis 1945...) la primauté du droit de l'Etat sur le droit international (celui de la Cour européenne, en l'occurrence). La Cour européenne a en effet un rôle, une fonction, insupportable aux udécistes : celle de faire respecter les libertés individuelles (et collectives) proclamées dans la convention européenne. Et dans la constitution suisse : "Tout comme la démocratie directe ou le fédéralisme, les droits de l'homme sont indissociables de la Suisse", déclare (optimiste) Simonetta Sommaruga. Dès lors, "un juge qui veille à la défense des droits de l'homme peut-il vraiment nous être étranger ?", s'interroge la présidente de la Confédération. A nous étranger, certainement pas -du moins pas plus que n'importe quel juge indigène. Mais à l'UDC, apparemment oui. Mais ce n'est pas tant ce juge qui lui est étranger que  la Convention européenne des droits de l'homme elle-même... et l'idée même de droits plus fondamentaux que les décisions d'une majorité électorale ou référendaire.

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14:30 Publié dans Droits de l'Homme, Europe, Justice, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cedh, conseil de l'europe | |  Facebook | | | |

mardi, 15 septembre 2015

Election de Jeremy Corbyn à la tête du Parti travailliste britannique : Fin (enfin) du blairisme ?

 

Corbyn, Blair, Labour, Grande-Bretagne

 

Au risque, parfaitement assumé, d'une déperdition électorale, et convaincus qu'il vaut mieux, pour exister politiquement, affirmer ce qu'on est au risque de perdre, que de se perdre soi-même pour ne pas effrayer le "centre", les membres et les sympathisants du Parti Travailliste britannique ont élu triomphalement (au premier tour, avec près de 60 % des suffrages, quarante points devant son plus proche concurrent) Jeremy Corbyn, représentant emblématique de l'aile gauche du parti à leur tête. Toute la "gauche de la gauche" européenne a chaleureusement salué la victoire du "gauchiste" britannique... en oubliant opportunément que ce n'est pas en créant un  nouveau parti, ou en rassemblant dans une coalition fragile, forcément fragile, les morceaux épars d'une "gauche radicale" toujours plus prompte à la division qu'à l'unité, que Jeremy Corbyn et ses partisans ont renforcé cette fameuse "alternative de gauche à la social-démocratie"... mais en prenant la tête de la social-démocratie, au nom de ce qu'elle était et avait renoncé à être pour se liquéfier dans le "social-libéralisme" à la Tony Blair.

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jeudi, 03 septembre 2015

Alexis Tsipras sur le bûcher de la gauche

Retour sur la Grèce

Dans "Le Monde" du 28 août, l'économiste Maria Negreponti-Delivanis excommunie Alexis Tsipras et son gouvernement pour ce qu'elle même qualifie de "sacrilège" : "le premier gouvernement de gauche radicale en Grèce aura donné sa bénédiction à la poursuite d'une dictature financière étouffante"... "sacrilège", "bénédiction" : est-on encore dans un débat politique ou est-on passé à la prédication religieuse (après avoir, tout aussi religieusement, brûlé le héros qu'on adorait) ? Il est vrai que l'enthousiasme de la gauche de la gauche (y compris de la gauche des partis socialistes et sociaux-démocrates) après la victoire électorale de Syriza et les attentes qui étaient nées de la formation du gouvernement présidé par Alexis Tsipras, étaient exorbitantes de la réalité, c'est-à-dire des possibilités mêmes de ce gouvernement, et de ce pays, d'être l'étincelle mettant le feu à toute la plaine. C'était oublier un peu vite les rapports de force, mais c'était aussi, de la part de nombre de ceux qui collaient à Tsipras comme une bernicle à son rocher et ne s'en sont détachés que pour se coller à Varoufakis,  oublier qu'avant sa victoire déjà, et après elle, Tsipras, Syriza, et même Varoufakis, situaient leur mouvement dans le champ du socialisme démocratique  : "il y a une tradition réformiste de la gauche démocratique, nous nous y inscrivons", déclarait ainsi Varoufakis, même si les mots "réformiste"  et "démocratique" ne prennent pas pour lui le sens, détourné et dévalué, que lui donnent les sociaux-libéraux...

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lundi, 31 août 2015

Quand la frontière tue

Quelle « liberté » de circulation ?
     
La liberté de circulation, en Europe, aujourd'hui (et la Suisse est en Europe, quelque rêve qu'elle cultive de n'être nulle part), c'est un camion frigorifique hongrois immatriculé en Slovaquie (ou l'inverse), conduit par un chauffeur roumain, et qu'on retrouve en Autriche contenant les cadavres de septante immigrants syriens (hommes, femmes, enfants)... C'est l'effet magique de la « forteresse Europe » et de la multiplication des restrictions à l'immigration « non-européenne » : elles ne réduisent pas cette immigration mais tuent, massivement, des immigrants sur les routes, dans les déserts, dans la mer. Or nous préférerons toujours des immigrants légaux à des immigrants illégaux. Et des immigrants illégaux vivants à des immigrants illégaux morts.


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jeudi, 09 juillet 2015

MAUVAISE GRECE

(ce texte est paru dans "Le Courrier" du mercredi 8 juillet)

Font chier, les Grecs. On leur explique posément,  sagement, qu'il faut qu'ils écoutent ceux qui savent (et qui ont la clef du coffre), qu'ils fassent ce qu'on leur dit de faire s'ils veulent rester dans la famille, et qu'est-ce qu'ils font, les Grecs ? Ils n'en font qu'à leur mauvaise tête de Grecs. Sous prétexte de démocratie. Et sous prétexte qu'ils l'auraient même inventée, la démocratie, alors que tout le monde sait que la démocratie, elle a été inventée le 1er août 1291 sur une prairie à vache au bord du lac des Quatre Cantons. Même que la démocratie, les Grecs, au long de leur histoire récente, ils en ont plus souvent payé l'absence (sous Metaxas, puis sous l'occupation allemande, puis lors de la guerre civile, puis sous le régime des colonels...) que célébré la présence.    

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mardi, 12 mai 2015

Elections britanniques : la gauche au nord du mur, la droite au sud...

Mémoires d'Hadrien

Un parti travailliste qui souffre, non sans qu'il y ait quelque justice à l'en faire souffrir, des années de dérives blairistes et de son alignement sur les conservateurs lors du référendum écossais, et un parti conservateur qui triomphe, mais dont la base électorale se concentre de plus en plus dans une partie congrue de la Grande-Bretagne, laissant l'Ecosse, le Pays de Galles, le nord ouvrier et la plupart des grandes villes à l'opposition travailliste ou "séparatiste" écossaise ou galloise : Le Mur d'Hadrien est un mur politique -la gauche au nord du mur (le parti national écossais est le plus à gauche des grands partis en lice), la droite au sud du mur (et même au sud du sud). Et les travaillistes ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes de leur défaite, et de la victoire, non pas conjointe, ni partagée, mais parallèle, de leurs adversaires conservateurs et de leurs concurrents écossais : ils n'ont pas convaincu de leur capacité d'être redevenus une alternative de gauche aux premiers, et ils paient leur opposition aux seconds lors du référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, gagné par Londres grâce au Labour. Résultat : le grand vainqueur des élections est le Parti National Ecossais, le Premier ministre conservateur est reconduit dans ses fonctions sans majorité populaire et les chefs des trois partis défaits, les travaillistes, les libéraux et les europhobes, ont rendu leur tablier, chargé de trop de vestes...

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mardi, 03 mars 2015

Y'a bon immigrants européens, y'a pas bon immigrants africains : quand le Nomes s'emmêle dans les contingents

Une proposition de plus pour réparer les dégâts du 9 février 2014 vient de tomber. On avait déjà l'initiative populaire Rasa, qui veut biffer l'article constitutionnel accepté avec l'initiative de l'UDC contre l'« immigration de masse », une initiative parlementaire PDC/PBD qui veut ancrer les «bilatérales» dans la constitution, plus les probables référendums, de droite ou de gauche suivant le cas, contre la loi d'application de l'article constitutionnel, plus un éventuel référendum contre l'extension de la « libre » circulation à la Croatie, on a maintenant la proposition du « Nouveau Mouvement européen suisse », le Nomes, qui veut amender l'article constitutionnel udéciste en y ajoutant la réserve des relations entre la Suisse et l'Union Européenne, de manière à soustraire (comme c'est déjà le cas) les ressortissants des 28 Etats membres de l'Union au contingentement de l'immigration. Commentaire de l'udéciste genevois Nidegger : «c'est plus crétin que tout ce qui s'est dit jusqu'à maintenant». Et pour une fois, on est d'accord avec lui. Non seulement c'est crétin, mais en plus et pour le même prix, celui d'une « insulte à l'intelligence », c'est hypocrite et ethnocentriste : en résumé : Y'a bon immigrants européens, y'a pas bon immigrants africains.

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14:23 Publié dans Europe, Immigration, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nomes | |  Facebook | | | |