mercredi, 19 avril 2017

Stratégie énergétique 2050" (SE2050) : Une opposition paranolithique

hommes-des-cavernes.jpgSoumise au vote le 21 mai prochain la "Stratégie énergétique 2050" (SE2050 pour les intimes) était approuvée par 56 %  des personnes (69 % des Romands, 62 % des Tessinois, 51 % des Alémaniques) interrogées les 6 et 7 avril dans un sondage en ligne Tamedia auprès de 11'000 personnes. Les sympathisants Verts, Verts libéraux, socialistes et PDC soutiennent massivement le projet Du côté de ses opposants, les trois quarts des sympathisants de l'UDC suivent le mot d'ordre négatif du parti, ainsi qu'une majorité des sympathisants PLR (alors même que le parti appelle à voter "oui"). Un étrange comité "environnemental" s'est en outre formé pour combattre cette "stratégie" de développement des énergies renouvelables. On y retrouve le président de la Fondation suisse pour la protection du paysage, le PLR Kurt Fluri, et l'ancien directeur de l'Office fédéral de l'environnement, le PDC Philippe Roch. D'autres opposants s'y ajoutent, comme l'ancien Conseiller fédéral PLR Pascal Couchepin, lequel explique que, "comme libéral, je suis opposé aux subventions en général" et donc, en particulier, à celles que le SE2050 propose d'accorder aux barrages et aux énergies douces. Couchepin refuse également le concept même de "sortie du nucléaire", au coeur de la proposition du Conseil fédéral et du parlement : "on ne peut pas diaboliser le nucléaire du futur". Comme s'il s'agissait de cela, quand ce sont précisément les opposants à la "stratégie énergétique 2050" qui la diabolisent en annonçant qu'elle ruinerait tout à la fois les finances publiques, les budgets des ménages, leur confort, le paysage et l'ordre juridique. Pour commencer. Avant de nous faire revenir au paléolithique. Mais au paranolithique, cette opposition y est déjà.

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15:37 Publié dans Energie, Environnement, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

mardi, 29 novembre 2016

Sortie du nucléaire : Hâte-toi lentement

Les cantons romands (sauf les bilingues, Valais, Fribourg et le Jura bernois) ont accepté l'initiative des Verts pour une "sortie programmée du nucléaire". Les deux cantons de Bâle aussi. Mais pas le reste de la Suisse. L'initiative a donc été repoussée  -tout en faisant le meilleur score (46 %) atteint depuis longtemps par une initiative antinucléaire dans ce pays. On ne sortira donc pas du nucléaire rapidement. On attendra. On attendra que nos centrales soient en bout de course, pour ne pas les remplacer. Peut-être. Si la "stratégie énergétique" concoctée par le Conseil fédéral passe la rampe d'un référendum lancé contre elle par l'UDC. Or l'échec de l'initiative des Verts n'était pas confirmé depuis cinq minutes qu'on entendait déjà des représentants du PDC et du PLR dire qu'après tout, si l'initiative a été repoussée, c'est que les Suissesses et les Suisses ne voulaient pas abandonner la filière nucléaire de production énergétique -alors que leurs partis invoquaient la "stratégie énergétique 2050" qui implique elle aussi la sortie du nucléaire (mais à plus long terme) comme contre-projet indirect à l'initiative. Cette duplicité a fonctionné. Les masques peuvent maintenant tomber. Et le combat antinucléaire reprendre.

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mercredi, 23 novembre 2016

Initiative sur la sortie programmée du nucléaire : Par ici la sortie

Dimanche soir, on saura si la Suisse entend réellement "sortir du nucléaire" ou si, comme le lui recommandent benoîtement les nucléocrates, les exploitants des centrales et les partis de droite (quoique leurs électeurs paraissent divisés sur la question), on attendra encore quelques dizaines d'années pour que se concrétise une "stratégie énergétique 2050" à laquelle ils feignent de s'être ralliés alors même qu'elle propose elle aussi une "sortie du nucléaire", mais bien plus lente -et surtout, plus incertaine, puisque soumise au bon vouloir d'un parlement dont la majorité (UDC, PLR, PDC) ne témoigne pas forcément de convictions environnementales à l'épreuve des critères financiers (et des intérêts privés). L'initiative des Verts a le mérite, essentiel de la clarté  : On dit qu'on veut "sortir du nucléaire" ? Eh bien on en sort, sans barguigner, sans pinailler, sans attendre plus longtemps que nécessaire : on ferme Beznau I (le plus ancien réacteur en fonction au monde) l'année prochaine, Beznau II, Mühleberg (dont l'exploitant a annoncé la fermeture en 2019), Gösgen et Leibstadt 45 ans après leur mise en fonction (la durée moyenne de fonctionnement d'une centrale qui ne vous explose pas à la gueule), à moins que la sécurité de leur fonctionnement ne soit plus garantie, auquel cas on les arrêterait avant. Ce qui se veut vraiment s'énonce clairement : la sortie du nucléaire passe par un "oui" dimanche... Alors si vous n'avez pas encore voté, va falloir vous bouger : vous avez jusqu'à jeudi soir pour voter par correspondance. Sinon, c'est dimanche matin au local de vote...

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15:47 Publié dans Energie, Environnement, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nuicléaire | |  Facebook | | | |

mercredi, 26 octobre 2016

Production nucléaire d'électricité : C'est quand qu'on sort ?

Goesgen.JPGSelon deux sondages, l'un effectué par l'institut Gfs l'autre par Tamedia, l'initiative des Verts "pour la sortie programmée de l'énergie nucléaire" s'attire actuellement la sympathie d'une majorité d'électrices et d'électeurs (respectivement 57 et 55 % de "oui"), surtout en Romandie et à gauche (mais également chez les Verts libéraux, au PBD et au PDC, dont le groupe parlementaire l'avait pourtant rejetée à l'unanimité, et dont la Conseillère fédérale Doris Leuthard fait campagne pour le "non". Rien toutefois n'est acquis un mois avant le vote : en septembre, une initiative pour une "économie verte", qui avait recueilli jusqu'à 61 % d'avis favorable dans les premiers sondages, était écrasée par 63,6 % des suffrages, et Genève était le seul canton à l'accepter. Sans surprise, c'est l'électorat du PLR et de l'UDC qui est le plus opposé à l'initiative antinucléaire -et ce sont d'ailleurs le PLR et l'UDC, avec les milieux patronaux et, évidemment, les exploitants des centrales existantes et le lobby nucléaire, qui mènent la campagne la plus ardente contre la fermeture programmée des centrales nucléaires suisses. Dont la plus vieille encore en service dans le monde : le réacteur 1 de la centrale nucléaire argovienne de Beznau a été raccordé au réseau il y a plus de 46 ans, et la Suisse est le seul pays où une centrale en activité ait atteint un âge aussi avancé.... Dis Tonton, c'est quand qu'on en sort, de la production nucléaire d'électricité... ben, le plus vite sera le mieux...

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14:42 Publié dans Développement durable, Environnement, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : écologie, énergie, centrales nucléaires | |  Facebook | | | |

mardi, 27 septembre 2016

Initiative pour une "Economie Verte" : Un vote du râble

 En août, 61 % des citoyennes et citoyens interrogés par sondage exprimaient leur soutien à l'initiative des écolos pour une "économie verte". Quelques semaines plus tard, ils étaient encore 51 % à la soutenir. Mais dimanche dernier, l'initiative était refusée par 63,6 % des suffrages et par tous les cantons, sauf le promontoire occidental du bout du lac (mais Lausanne et La Chaux de Fonds acceptent également l'initiative). La proposition des Verts a ainsi perdu en un peu plus de deux mois presque la moitié de ses soutiens. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est passé que, comme le résume le PLR Benoît Genecand, le vote majoritaire en Suisse (et minoritaire à Genève) a été un vote pour le porte-monnaie et pour le confort. Un vote pour, en toute bonne conscience, ne pas changer de mode et de niveau de vie, tout en êtant "écologiquement responsable". Face à la proposition d'"économie durable", les Suisses ont ainsi émis un vote du râble. 

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15:45 Publié dans Développement durable, Economie, Environnement, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

mercredi, 21 septembre 2016

Après nous, le déluge ?

nord-sud2.jpgMon confort, ma planète

De tous les textes soumis au vote populaire dimanche prochain, l'initiative des Verts pour une "économie verte" est sans conteste le plus ambitieux. Mais ce n'est pourtant pas lui qui fait le plus débat : l'initiative syndicale "AVS+", sa défense, sa contestation, prend plus de place dans les media, suscite une controverse plus mobilisatrice. Il est vrai qu'elle repose sur une perception plus aigüe de l'urgence sociale -mais un débat largement relayé n'est pas forcément voué à en éclipser un autre, ni une urgence sociale à reléguer une urgence environnementale. Comme toute la gauche, nous soutenons les deux initiatives en lice : celle pour une assurance vieillesse qui respecte le mandat constitutionnel d'assurer un revenu suffisant pour vivre dignement sans aide sociale, et celle pour une économie qui ne salope et ne bousille pas l'environnement planétaire sur lequel, forcément, elle repose puisqu il n'y a pas d'autre à sa disposition -et à la nôtre. Face à cette initiative-là, celle des Verts, le discours des tenants du statu quo (plus ou moins fardé de bonnes intentions) est simple : on fait déjà tout ce qu'on peut, l'initiative menace notre confort, elle est donc à refuser. Parce que notre confort passe avant notre planète. Après nous (nos consommations, nos modes de vie, nos privilèges), le déluge. Pour les autres. Les pauvres, et les générations futures.

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15:33 Publié dans Développement durable, Environnement, Monde, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : economie verte, écologie | |  Facebook | | | |

vendredi, 16 septembre 2016

Initiative pour une "économie verte" : Mettre la "COP 21" en oeuvre...

stationservice.jpgLancée par les Verts et déposée en 2012, soumise au vote dans dix jours, l'initiative pour une "économie verte" (de son vrai titre : "pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources") propose de réduire l'impact écologique de l'économie à un niveau supportable pour la nature, en inscrivant dans la constitution fédérale l'objectif d'une économie "durable" d'ici 2050, par une production écologique, la réutilisation, la réparation, le recyclage et l'élimination sans dommage environnemental des biens produits. Par économie "durable", on entend une économie et des modes de vie ne laissant pas une empreinte écologique supérieure, en un an, à celle que l'écosystème planétaire est capable d'absorber. Or il faudrait trois planètes Terre pour absorber l'activité humaine si tous les habitants du globe utilisaient (et gaspillaient) autant de ressources naturelles que les Suisses. L'initiative demande donc que d'ici 2050, l'empreinte écologique de la Suisse soit réduite des deux tiers. Et c'est possible, en conjuguant protection climatique, utilisation efficace des ressources (lutte contre le gaspillage), production et importations "propres". Tous engagements qui permettraient d'atteindre celui pris à la COP 21, en novembre 2015, pour réduire le réchauffement climatique. En somme, l'initiative des Verts est une sorte d'initiative de "mise en oeuvre" des engagements pris alors par la Suisse.

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00:14 Publié dans Environnement, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : economie verte, cop 21 | |  Facebook | | | |

lundi, 11 janvier 2016

Changer le monde ou changer l'image des maîtres du monde ?

A propos de l'accord conclu à la "COP 21"
 "Vive la planète, vie l'humanité, vie la vie !", s'exaltait Laurent Fabius, au terme de la Conférence mondiale sur le climat, la fameuse COP 21 de Paris. Et François Hollande faisait écho à son ministre des Affaires étrangères : "l'Histoire arrive, l'Histoire est là". Certes, l'Histoire est là -mais elle est toujours là, l'Histoire. Quant au jugement qu'elle portera sur le "jour historique" de la signature de l'accord sur le climat, il devra tenir compte de la concrétisation (ou non) des bonnes intentions, des belles promesses et des grands objectifs contenus dans les 39 pages et les 29 articles du texte. On s'est donc mis d'accord sur la nécessité de plafonner le plus vite possible les émissions de gaz à effet de serre, de telle manière que le réchauffement global de la planète ne dépasse pas 2°, et si possible 1,5°. Mais le calendrier, les dates, les échéances sont dans le flou, et l'accord ne souffle mot des principaux responsables de la dégradation climatique à laquelle il entend mettre fin : l'utilisation des énergies fossiles, l'agriculture intensive, l'élevage industriel, le trafic aérien, le trafic maritime... "il est rare dans une vie d'avoir l'occasion de changer le monde", a ponctué François Hollande... l'a-t-on vraiment saisie, à Paris, en décembre, cette occasion de changer le monde, ou l'a-t-on ratée pour ne changer que l'image des maîtres du monde ?

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16:30 Publié dans Développement durable, Economie, Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cop21, multinationales | |  Facebook | | | |

mercredi, 02 décembre 2015

"COP 21" : "sauver la planète" ou nous sauver nous-mêmes ?

dugongs en famille.jpgDe notre instinct de survie

Combien sont-ils, ces chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Paris pour la 21e Conférence mondiale sur le climat ("COP 21" dans son acronyme anglais), au chevet du climat terrien ? 195 Etats, plus l'Union Européenne, sont parties à la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques, et plus  de 180 d'entre eux se sont déjà engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre dès 2020. L'enjeu est crucial : s'il ne s'agit pas de "sauver la planète" comme il est parfois fort bêtement proclamé (elle survivra à nos conneries et à tout le reste, la planète, jusqu'à ce qu'elle se fasse bouffer par son étoile), il s'agit tout de même de sauver les conditions d'existence d'une grande partie des espèces vivantes qui la peuplent. Dont la nôtre, d'espèce. La "COP 21" tient ainsi de l'instinct de survie de l'humanité elle-même. Le réchauffement climatique menace déjà directement l'existence de millions de personnes -toutes celles, d'abord, qui vivent sur les côtes ou des îles faiblement haussée au-dessus du niveau de la mer. Il va pousser à des affrontements pour l'eau et pour les ressources naturelles, végétales et minières. Il a déjà commencé à pousser des millions de personnes à fuir leur lieu d'habitat. Et dans la mesure même où il est provoqué par l'activité humaine, seul un changement radical des modalités de cette activité peut le freiner, puis le stopper. Il est là, l'enjeu. Et il est encore plus vital que celui de juguler les délires djihadistes.

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mercredi, 10 décembre 2014

Développement durable ou décroissance ?

Quelle réponse à un « schéma de consommation et de production non viable » ?

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14:19 Publié dans Développement durable, Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : décroissance, agenda 21 | |  Facebook | | | |

mardi, 02 décembre 2014

Débâcle d'Ecopop ? Xénophobie pas morte pour autant

Le résultat d'Ecopop est finalement conforme aux prévisions (il est même plus mauvais que prévu) -mais il est néanmoins en trompe-l'oeil : si la gauche a massivement voté contre l'initiative écoxénophobe, la droite démocratique en a fait autant, et même une partie de sa propre droite (de l'UDC, du MCG, de la Lega...), pour le même type de raisons que celles la poussant à défendre les forfaits fiscaux : parce qu'on en a « besoin », qu'on a «  besoin » d'immigrants pour faire tourner la machine économique et sociale comme on a besoin des picaillons que laissent les forfaitaires dans les caisses publiques. Au final, le score d'Ecopop correspond grosso modo à celui de la droite de la droite et de l'extrême-droite en Suisse : un gros quart de l'électorat. C'est beaucoup, et cela relativise l'«écoflop» de la votation de dimanche : il tient probablement à la défection de l'UDC et de ses satellites cantonaux, genre Lega ou MCG, qui ont refusé de soutenir une initiative qui pourtant ne disait rien d'autre que ce qu'ils disent, et continueront de proférer  « c'est tout de la faute aux étrangers ».

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16:59 Publié dans Environnement, Suisse | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : ecopop, développement durable, démographie | |  Facebook | | | |

lundi, 10 novembre 2014

OPA arnaqueuse sur l'écologie : Ecopop, ou la catatonie environnementale

dev_durable.jpgC'est-y pas plus clair comme ça ? Dans la « Tribune de Genève » du 6 novembre, c'était l'avocat d'extrême-droite Pascal Junod qui était commis à la défense de l'initiative « Ecopop » et à l'attaque des écolos qui ne la soutiennent pas. Il semble bien pourtant que certains prennent encore ce projet xénophobe pour un manifeste de la décroissance... Or de quoi nous parle Ecopop, non dans son exposé apologétique (et apodictique), mais dans le texte soumis au vote populaire ? De population ? oui, mais de population immigrante. De planning familial ? Oui, mais de familial ailleurs, et le plus loin possible. Et en Suisse, et au comportement des Suisses (de souche, de résidence ou d'importation), quels changements propose-t-elle ? Aucun. Ecopop ne dit rien de l'aménagement du territoire, rien de la politique des transports, rien de la consommation intérieure, rien de la production et de la consommation d'énergie : hors de son obsession démographique, Ecopop est catatonique.          

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mardi, 21 octobre 2014

« Ecopop » : Brouillard vert sur la xénophobie ordinaire, ou l'écologie à la mode bunker

propriété privée.jpgEcolo fondamentaliste encarté au PDC, Philippe Roch ne voit pas ce que l'initiative « Ecopop » qu'il soutient peut bien avoir de xénophobe. L'a-t-il lue avant de la soutenir au seul motif qu'elle « lance le débat sur la démographie » ? L'initiative ne s'en prend pas à la consommation individuelle des ressources (et des espaces) par la population résidente, ni au gaspillage de ces ressources et de ces espaces par les Suisses eux-mêmes -elle s'en prend à l'immigration; elle ne s'en prend pas au vieillissement de la population résidente (un vieillissement lui-même fauteur d'immigration) mais à la natalité dans les pays bénéficiaire de l'aide suisse au développement... Elle ne « lance pas le débat » sur la démographie, elle le rabaisse au niveau d'un seul et unique prédicat : la dégradation de l'environnement, le bétonnage, le gaspillage, « c'est la faute des autres ». La faute des immigrants, la faute des pauvres du Sud. Et on serait bien chez nous, entre nous seuls, sans ces importuns... Bref, de l'écologie à la mode bunker : « propriété privée, défense d'entrer, chien méchant »...

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14:31 Publié dans Développement durable, Environnement, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : ecopop, démographie | |  Facebook | | | |

mercredi, 23 janvier 2013

Vote du 3 mars sur l'aménagement du territoire : A la hauteur de l'enjeu ?

Le 3 mars, on votera sur la révision de la loi fédérale sur l'aménagement du territoire, contre-projet indirect à une initiative populaire « pour la protection du paysage » imposant aux cantons un moratoire de vingt ans des zones à bâtir. Si la révision de la loi, combattue par un référendum lancé par l'organisation patronale des PME (l'Union Suisse des Arts & métiers)  passe, l'initiative sera retirée. Si elle est refusée, l'initiative sera soumise au peuple. Le Conseil fédéral, la majorité du parlement (dont la gauche), les villes, la majorité des communes et la quasi totalité des cantons (le Valais faisant bande à part), l'Asloca, soutiennent la nouvelle loi. Mais est-elle à la hauteur de l'enjeu ?

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mardi, 24 novembre 2009

Ouverture dans dix jours du Salon du Capitalisme vert

Conférence de Copenhague sur le changement climatique :
Ouverture dans dix jours du Salon du Capitalisme vert


Le Sommet de l'Onu sur le climat, à Copenhague du 3 au 18 décembre prochain, a été présenté comme une mobilisation mondiale pour nous sauver du réchauffement de la planète. Nous sauver tous ? Disons : sauver ceux qui en valent la peine. Ceux qui ont les moyens d'être sauvés. Pas les clochards du sud. C'est fou ce qu'on veut nous sauver, d'ailleurs, en ce moment : du terrorisme, de l'immigration, de l'islam, de la crise. Et donc, à Copenhague, du réchauffement de la planète. Mais c'est curieux, aussi, comme à chaque fois que s'organise un grand raout pour nous sauver, ce sont précisément les responsables de ce dont on veut nous sauver qui y sont conviés : le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a encouragé jeudi tous les chefs d'Etat et de gouvernement à participer aux derniers jours du Sommet de Copenhague les 17 et 18 décembre, affirmant que leur implication personnelle était cruciale pour conclure un accord " juste, ambitieux et efficace ". Il croit, à ce qu'il dit, Ban, ou comme presque tous ceux qu'il convie à Copenhague, il se fout de la gueule du monde ?

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mardi, 09 décembre 2008

Ni une, ni deux. Ni trois. Aucune.

Projets de nouvelles centrales nucléaires :
Ni une, ni deux. Ni trois. Aucune.


Les Forces motrices bernoises et Axpo, le 4 décembre, Atel en juin dernier, ont déposé des projets de nouvelles centrales nucléaires, pour remplacer en 2020 celles de Mühleberg, de Beznau et de Gösgen. Argument des promoteurs de cocotte-minutes (à sept milliards la cocotte-minute) : les anciennes centrales vont fermer, il faut compenser la production ainsi perdue, la fin des importations de courant nucléaire français, en 2018, et la hausse attendue (c'est-à-dire espérée) de la consommation. Arguments fallacieux, rétorquent les Verts, les socialistes et la gauche de la gauche, plus Ecologie libérale, le Parti chrétien-social, l'alliance " Non au nucléaire ", la Fondation suisse de l'énergie et Greenpeace : en conjuguant développement des énergies propres (éolienne, solaire, biomasse) et économies d'énergie, on peut se passer de nouvelles centrales. Et le Conseiller fédéral Leuenberger de tenter un compromis : trois nouvelles centrales, c'est trop, une seule suffit. Compromis inutile : trois c'est trop, deux c'est encore trop, et même une seule.

Fuite en avant, droit dans le mur

Les promoteurs de centrales nucléaires sont sortis du bois, on entre en campagne… D'ici une génération, il manquera un tiers de la future consommation d'électricité, argumente le patron du plus gros producteur d'électricité du pays, Axpo. Parce que non seulement il sait, le patron d'Axpo, ce que sera la consommation d'électricité dans vingt-cinq ans, mais surtout, il n'est pas question pour lui d'admettre que l'on puisse la réduire, cette consommation. Il en vend, de l'électricité, il ne va pas se battre pour en vendre moins, son boulot, c'est d'en vendre le plus possible, le plus cher possible. La " société à 2000 watts ", c'est pas son objectif, au patron d'Axpo. Pas plus que ça n'est l'objectif du patron des Forces motrices bernoises ou d'Atel. Ou d'EOS, pour rester dans notre coin de pays. Seulement voilà, la société à 2000 watts, c'est l'objectif affirmé des plus importantes collectivités publiques de Suisse -les cinq villes principales, et les principaux cantons, et même la Confédération. Et atteindre cet objectif suppose que l'on réduise par trois la consommation actuelle, et par quatre la consommation espérée par les fournisseurs d'électricité -lesquels tablent sur une hausse de la consommation de 0,5 à 2 % par an. Autant dire que leurs trois centrales, ceux-ci devraient se les garder à l'état de projets, ou de jolies maquettes : construire trois nouvelles centrales nucléaires pour assurer un niveau de consommation quatre fois supérieur à celui qu'on voudrait atteindre, ce serait à peu près aussi intelligent que de subventionner l'achat par des particuliers de bagnoles capables de rouler à 300 à l'heure dans des zones piétonnes.

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vendredi, 28 novembre 2008

Recours toujours…

Les radicaux zurichois veulent museler les organisations de défense de l'environnement ?

Le retour des "Maquereaux des cimes blanches"


L'un des objets fédéraux soumis au vote le 30 novembre est une initiative des radicaux zurichois, mollement soutenue par les radicaux suisses, visant à restreindre le droit de recours des associations et organisations de défense de l'environnement en matière de projets de construction. Le parlement a refusé de soutenir cette initiative et le Conseil fédéral, après une valse hésitation, a dû se rallier à cette position. L'initiative anti-écolos est, sans surprise, soutenue par les syndicats patronaux genevois, et par la droite de la droite, mais pas par tous les radicaux : lancée par les radicaux zurichois et soutenue par leurs copains valaisans, arrimés aux " maquereaux des cimes blanches " (propriétaires de remontées mécaniques et promoteurs de stations de ski) que dénonçait Chappaz, l'initiative a certes été avalisée par le parti suisse, mais elle est combattue par des " figures " du parti (Thierry Béguin, Gilles Petitpierre, René Rhinow, Christine Egerszegi, Dick Marty) et plusieurs sections cantonales, d'autres refusant de prendre position

Silence, on bétonne !

Le droit de recours contre des projets de construction et d'aménagement, ce droit que l'initiative radicale veut restreindre, n'est pas tombé du ciel : il est le produit de la lutte des organisations de défense de l'environnement, mais aussi de quelques somptueuses conneries des promoteurs et bétonneurs. Ce droit n'est d'ailleurs pas utilisé aveuglément : le Tribunal fédéral donne le plus souvent raison aux recourants. Les " recours abusifs " brandis par les initiants pour justifier leur volonté de restreindre le droit de recours sont exceptionnels. Devant le Tribunal fédéral, la grande majorité (61,2 %) des recours déposés entre 1996 et 2007 par des organisations de défense de l'environnement ont été gagnants lorsqu'ils sont allés jusqu'au bout de la procédure, d'autres étant retirés après accord entre les recourants et les promoteurs de projets contestés. Les organisations de protection de l'environnement ne se lancent pas au hasard, tête baissée et par pur esprit de sabotage, dans des recours hasardeux : lorsqu'elles recourent, c'est qu'elles ont de bonnes raisons de le faire et de bonnes raisons d'attendre une victoire juridique -autrement dit lorsque les projets qu'elles combattent sont illégaux. Et le plus souvent nuisibles.

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