vendredi, 15 mars 2019

Changer de système, pas de climat

pollutionbagnoles.jpgChanger de système, pas de climat

Le 18 janvier dernier, plus de 65'000 personnes ont manifesté en Suisse, et des millions dans le monde, pour exiger des "responsables" politiques qu'ils prennent sans délai les mesures nécessaires pour faire face au dérèglement climatique tel que provoqué par les activités humaines (et entretenu par les inactivités politiques). Un mois plus tard, le même mouvement à l'origine de cette première  "grève climatique" appelait dans 60 pays à de nouvelles manifestations, avec les mêmes revendications : neutralité carbone d'ici 2030 sans recours à la "séquestration carbone)" ou à la géo-ingénirerie, déclaration de l'état d'urgence climatique, défense de la justice climatique. "Pour atteindre ces objectifs, le changement de système est nécessaire", proclame le manifeste d'appel aux manifestations. Le changement de système, pas la culpabilisation individuelle -et surtout pas celle des plus pauvres ou des moins riches, qui seront les premières victimes d'un désastre environnemental s'il se produit.

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mardi, 05 mars 2019

Anthropocène (de crime)

centrale à charbon.jpgCharbon actif

Pour tenter, sans même être certains d'y parvenir, de maîtriser le dérèglement climatique, on doit parvenir en un peu plus d'une génération (d'ici 2050) à la "neutralité carbone", c'est-à-dire à des émissions de CO2 ne dépassant pas ce que le milieu naturel (les océans, les forêts) et les puits artificiels (stockage géologique, produits manufacturés et industriels) peuvent absorber.  Mais la consommation de charbon, énergie fossile qui contribue le plus au changement climatique avec 40 %  des émissions totale de CO2, repart à la hausse depuis 2017. Les nouvelles semblaient pourtant pouvoir porter à un optimisme mesuré : l'Allemagne (cinquième plus gros consommateur de charbon au monde) prévoit un arrêt total en vingt ans de la production d'électricité à partir du charbon, la France va fermer ses quatre dernières centrales à charbon d'îci 2022 et aux USA, où Trump fait le forcing pour soutenir l'industrie charbonnière, sa production ne cesse de décliner (non en raison d'un choix politique, mais en raison des "lois du marché" : le gaz est moins cher grâce aux forages de schiste) et la moitié des 1400 mines américaines ont fermé. Or la part (38 %) du charbon dans la production mondiale d'électricité ne se réduit pas alors que cette production globale explose, cette production à partir du charbon croît ainsi de 0,5 % par an et les émissions de CO2 dues à la combustion du charbon correspondent toujours à 40 % des missions totales. Parce que la production d'électricité à partir du charbon est moins onéreuse que les autres modes de production énergétique et qu'elle peut être mise en oeuvre rapidement. Du coup, un pays comme la Chine, dont les besoins en électricité explosent (+ 8,5 % par an), concentre à lui seul 48 % de la consommation totale d'énergie produite à partir du charbon, brûle 25 % du charbon utilisé dans le monde pour produire de l'électricité et construit des centrales dans toute sa région alors même qu'elle investit massivement dans les énergies renouvelables, éoliennes et solaires . Et dans toute l'Asie du sud-est (mais aussi en Pakistan et au Bangladesh) la consommation de charbon augmente, alors qu'elle se réduit en Europe et aux USA.

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vendredi, 18 janvier 2019

"Grève suisse du climat" : Justice climatique, justice sociale

deforestation_01.jpgAujourd'hui, en Suisse (à Genève, la manifestation débutera à 14h sur la Place Neuve pour se rendre à la Place des Nations), des milliers de collégiens et d'étudiants seront en grève des cours pour exiger de la Confédération et des cantons, du gouvernement et du parlement, mais aussi du peuple, des mesures immédiates et radicales contre le réchauffement climatique. C'est-à-dire exactement le contraire de ce que le Conseil national a fait en décembre dernier lorsqu'il a torpillé la révision de la loi sur le CO2, après que la droite l'ait vidée de sa substance. Et en France, plus de deux  millions de personnes ont signé une pétition en ligne, "l'affaire du siècle", dans le cadre d'une campagne pour la "justice climatique". La pétition, française, soutient l'action en justice de quatre organisations (la Fondation pour la nature et l'homme, Oxfam, Greenpeace et Notre affaire à tous) qui, dénonçant l'inaction de l'Etat français en matière de lutte contre le réchauffement climatique, ont saisi le Tribunal administratif pour qu'il contraigne l'Etat, sous astreinte de 100'000 euros par jours, à respecter ses engagements en la matière -alors qu'il vient, sous pression des "gilets jaunes", de renoncer à augmenter la taxe sur le carburant. Présidente de "Notre affaire à tous", Marie Toussaint explique que cette augmentation a été le "détonateur d'une mobilisation ayant pour cibles principales l'injustice sociale et fiscale", contre laquelle les défenseurs de l'environnement luttent également : "il serait simpliste et réducteur d'opposer fin de mois et fin du monde", car l'injustice sociale "nourrit la dégradation de l'environnement, les plus riches détruisent la planète, 10 % de l'humanité émet 50 % des émissions de gaz à effet de serre et seulement 25 firmes et leurs filiales sont responsables de 71 % des émissions à effet de serre depuis 1988". Or "le réchauffement climatique accroît les inégalités et les injustices" : les plus pauvres sont effet les plus frappés par la dégradation de l'environnement : crise alimentaire et crise migratoire les frappent eux. Dès lors, "combattre pour la justice sociale, c'est aussi œuvrer en faveur de la justice climatique". Les deux combats ne s'excluent ni ne s'opposent, mais se complètent et se renforcent.

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jeudi, 20 décembre 2018

La COP24 accouche d'un bébé malingre

terre-capote.jpgTiédissement climatique

La 24ème Conférence des Nations Unies sur le climat, dite COP 24, chargée de déterminer les règles d'application de l'Accord de Paris conclu lors de la COP 21 de 2015, en a, difficilement, accouché. Mais le bébé est malingre, quelque fierté que feint d'en tirer que le président de la conférence (qui s'est tenue à Katowice), le Secrétaire d'Etat polonais à l 'environnement. La COP 24 ne mettra pas les 197 Etats de la convention-cadre sur la voie d'une maîtrise du réchauffement climatique à 1,5°C d'ici la fin du siècle, objectif proclamé pourtant par la COP 21, car les Etats-Unis, le Brésil, l'Arabie Saoudite, le Koweït ont tout fait pour limiter la portée du texte final, formalisant les règles d'application de l'Accord de Paris de 2015. Et y ont réussi : l'accord est muet sur les droits humains et la sécurité alimentaire. Et la réforme des mécanismes d'échange de "crédits carbone" a été reportée à des jours meilleurs. Et plus chauds. Ces mécanismes intéressent bigrement la Suisse, comme tous les pays développés qui achètent grâce à eux le droit à continuer de polluer et de réchauffer le climat en payant ce droit par des investissements à l'étranger dans les énergies renouvelables.

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16:41 Publié dans Développement durable, Environnement, climat, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : décroissance, cop 21, cop 24 | |  Facebook | | | |

mardi, 11 décembre 2018

La COP 24, la transition écologique et la justice sociale

dev_durable.jpgRéchauffement climatique et refroidissement politique

La COP 24 (24ème conférence des parties sur le climat) s'est ouverte dans le contexte politique le moins favorable à la prise en compte des objectifs de l'accord de Paris de 2015 : l'ambiance avait été donnée par l'élection l'année suivante de Donald Trump à la présidence des USA, elle a été confirmée cette année par celle de Bolsonaro à la présidence du Brésil. La lutte contre le réchauffement climatique se heurte à un refroidissement politique.  La COP 24 doit, d'ici samedi prochain, accoucher d'un "livre réglementaire", base de l'application de l'accord de Paris pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2 ° centigrades. Les Etats devraient s'engager sur des règles intégrant "le respect des droits humains, de la sécurité alimentaire et de l'égalité des genres" à leurs engagements de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais s'engageront-ils ? Et lesquels s'engageront ? Et lesquels tiendront leur engagement ?

 

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21:26 Publié dans Environnement, climat | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cop 21. cop 24, écologie, réchauffement, climat | |  Facebook | | | |

mercredi, 17 janvier 2018

Traversée du petit-lac de Genève : tunnel-pont-tunnel ad libitum

La Pêche miraculeuse.jpgCrédulité, foi et résignation

Le Conseil d'Etat genevois a annoncé qu'il avait « missionné » le Conseil consultatif de la traversée du lac sur deux nouvelles thématiques retenues suite aux recommandations énoncées dans le rapport du Conseil du 25 septembre 2017. Le gouvernement de la Parvulissime République s'était déjà prononcé, sous la forme d'une recommandation, en faveur de l'option "tunnel-pont-tunnel" consistant en des accrochages souterrains sur les berges, puis en un pont émergeant à une distance des rives supposée permettre "le respect des normes de bruit". Les communes friquées de la rive droite du lac auraient préféré un tunnel, mais se rallient à cette option "tunnel-pont-tunnel" en voulant croire qu'elle éloignera les nuisances. On ne sait si cette crédulité relève de la foi ou de la résignation. Après tout, dans sa "pêche miraculeuse" Conrad Witz fait bien marcher Jesus sur les eaux du petit-lac... mais là où il a encore pied, quand même...

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20:30 Publié dans Environnement, climat, Genève, Transports | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : traversée du lac | |  Facebook | | | |

jeudi, 08 juin 2017

Quand Donald réchauffe la planète politique (USA compris) :

Trump planète.jpgTrump roule pour la Chine

Trump a donc décidé de retirer les USA de l'Accord de Paris sur le climat. Donald n'est pas seulement "climatosceptique", ou "climatonégationniste" il est carbonophile : il voit dans la relance du charbon le moyen de relancer la croissance économique et la création d'emplois. Il est donc opposé à toute imposition aux centrales thermiques (celles à charbon fournissent en gros un tiers de l'énergie consommée aux USA) de normes plafonnant leurs émissions de CO2. Et il a nommé le "climatosceptique" Scott Pruit, un proche des frères Koch, grands patrons des industries fossiles, à la tête de l'Agence de protection de l'environnement, dont il veut en outre ratiboiser le budget. Mais le charbon est en déclin inéluctable : le nombre d'emplois de l'industrie du charbon aux USA est passé de 88'000 en 2008 à 65'000 en 2015. Un coup des Chinois, sûrement : d'après Trump, ce sont eux qui ont "inventé" le "concept" de réchauffement climatique, pour empêcher l'industrie américaine d'être compétitive... En attendant, c'est à eux que sa connerie profite : on pensait qu'il était le candidat de Poutine ? Il est devenu celui du Parti communiste chinois... Et il dresse contre lui au sein même des USA des Etats, les plus grandes villes et des multinationales américaines. Beau travail : Trump nie le réchauffement climatique mais provoque un réchauffement politique jusque dans le pays qu'il est supposé présider...

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14:34 Publié dans Energie, Environnement, climat, Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : trump, usa, chine, climat | |  Facebook | | | |

vendredi, 19 mai 2017

Transition énergétique, énergie nucléaire, énergies renouvelables : Dimanche, on sort du fossile. Ou pas.

hommes-des-cavernes.jpgLa France a désormais son ministre de la "transition écologique", dimanche la Suisse aura, si le peuple en décide ainsi, sa loi de "transition énergétique". De transition de quoi à quoi ? pour résumer : des énergies fossiles aux énergies renouvelables. L'année dernière, le peuple avait refusé une sortie rapide du nucléaire. Cette année, on lui en propose une plus lente -mais l'objectif reste d'en sortir, et de réduire le plus massivement possible la part prise par les sources fossiles (le charbon, le pétrole, et donc l'uranium) dans la production d'énergie, en augmentant la part des sources renouvelables (solaire, éolien, hydrique). "Et si c'était non à la transition énergétique ?", s'interrogeait la "Tribune de Genève"... à la proposition soumise au peuple, il y a deux alternatives : le statu quo et la fuite en avant... relancer le nucléaire et gonfler les importations de courant étranger, l'un n'excluant d'ailleurs pas l'autre. Dimanche, on saura donc quel choix aura fait le Souverain helvétique. Au fait, vous l'avez envoyé, votre bulletin de vote ? Parce que sinon, c'est avant midi au local de vote que vous pourrez exercer votre droit d'aider la Suisse à sortir de l'âge du fossile.

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mardi, 09 mai 2017

Stratégie énergétique 2050 : Sortir du nucléaire ou y rester ? telle est la question

centrale nucléaire.jpg2050, pas 1984...

"Que nous apporte la nouvelle loi sur l'énergie ?", font mine de se demander dans une annonce publicitaire ses opposants de droite (il n'y en a pas de gauche). Réponse : moins de sécurité, une baisse de la qualité de la vie, des douches froides à 3200 francs, une hausse massive des coûts, la destruction du paysage par les éoliennes (les centrales nucléaires, en revanche, ne détruisent pas le paysage, elles l'agrémentent, si, si), la surveillance par l'Etat de la consommation d'énergie des particuliers, plus de bureaucratie et d'économie planifiée. 1984, quoi, avec une génération de retard. On est dans la "vérité alternative" à la Trump ou à la Le Pen : dire n'importe quoi pourvu que cela fasse effet. Restons sérieux  : la question à laquelle on répondra le 21 mai prochain, en votation populaire sur la "stratégie énergétique 2050", est de savoir si on veut rester dans un mode de production énergétique dominé par les énergies fossiles (dont le nucléaire) ou promouvoir, pour les remplacer, les économies de consommation et les énergies renouvelables : photovoltaïque, éolienne, géothermique, hydroélectrique (la liste n'est pas close). Ces modes de production énergétique ont certes, tous, des inconvénients -mais ils sont dérisoires si on les compare à ceux basés sur le charbon, le pétrole, l'uranium ou le plutonium. On ne va pas couvrir la Suisse de milliers d'éoliennes (même le chiffre de 1000 avancés par les opposants relève de la "vérité alternative") massacrant 100'000 oiseaux chaque année. On va revanche fermer les centrales nucléaires, et laisser disparaître les petites centrales hydroélectriques qui perturbent l'équilibre des rivières (et de leur faune) sans produire assez d'énergie pour que cela soit utile.

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mercredi, 19 avril 2017

Stratégie énergétique 2050" (SE2050) : Une opposition paranolithique

hommes-des-cavernes.jpgSoumise au vote le 21 mai prochain la "Stratégie énergétique 2050" (SE2050 pour les intimes) était approuvée par 56 %  des personnes (69 % des Romands, 62 % des Tessinois, 51 % des Alémaniques) interrogées les 6 et 7 avril dans un sondage en ligne Tamedia auprès de 11'000 personnes. Les sympathisants Verts, Verts libéraux, socialistes et PDC soutiennent massivement le projet Du côté de ses opposants, les trois quarts des sympathisants de l'UDC suivent le mot d'ordre négatif du parti, ainsi qu'une majorité des sympathisants PLR (alors même que le parti appelle à voter "oui"). Un étrange comité "environnemental" s'est en outre formé pour combattre cette "stratégie" de développement des énergies renouvelables. On y retrouve le président de la Fondation suisse pour la protection du paysage, le PLR Kurt Fluri, et l'ancien directeur de l'Office fédéral de l'environnement, le PDC Philippe Roch. D'autres opposants s'y ajoutent, comme l'ancien Conseiller fédéral PLR Pascal Couchepin, lequel explique que, "comme libéral, je suis opposé aux subventions en général" et donc, en particulier, à celles que le SE2050 propose d'accorder aux barrages et aux énergies douces. Couchepin refuse également le concept même de "sortie du nucléaire", au coeur de la proposition du Conseil fédéral et du parlement : "on ne peut pas diaboliser le nucléaire du futur". Comme s'il s'agissait de cela, quand ce sont précisément les opposants à la "stratégie énergétique 2050" qui la diabolisent en annonçant qu'elle ruinerait tout à la fois les finances publiques, les budgets des ménages, leur confort, le paysage et l'ordre juridique. Pour commencer. Avant de nous faire revenir au paléolithique. Mais au paranolithique, cette opposition y est déjà.

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mardi, 29 novembre 2016

Sortie du nucléaire : Hâte-toi lentement

Les cantons romands (sauf les bilingues, Valais, Fribourg et le Jura bernois) ont accepté l'initiative des Verts pour une "sortie programmée du nucléaire". Les deux cantons de Bâle aussi. Mais pas le reste de la Suisse. L'initiative a donc été repoussée  -tout en faisant le meilleur score (46 %) atteint depuis longtemps par une initiative antinucléaire dans ce pays. On ne sortira donc pas du nucléaire rapidement. On attendra. On attendra que nos centrales soient en bout de course, pour ne pas les remplacer. Peut-être. Si la "stratégie énergétique" concoctée par le Conseil fédéral passe la rampe d'un référendum lancé contre elle par l'UDC. Or l'échec de l'initiative des Verts n'était pas confirmé depuis cinq minutes qu'on entendait déjà des représentants du PDC et du PLR dire qu'après tout, si l'initiative a été repoussée, c'est que les Suissesses et les Suisses ne voulaient pas abandonner la filière nucléaire de production énergétique -alors que leurs partis invoquaient la "stratégie énergétique 2050" qui implique elle aussi la sortie du nucléaire (mais à plus long terme) comme contre-projet indirect à l'initiative. Cette duplicité a fonctionné. Les masques peuvent maintenant tomber. Et le combat antinucléaire reprendre.

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mercredi, 23 novembre 2016

Initiative sur la sortie programmée du nucléaire : Par ici la sortie

Dimanche soir, on saura si la Suisse entend réellement "sortir du nucléaire" ou si, comme le lui recommandent benoîtement les nucléocrates, les exploitants des centrales et les partis de droite (quoique leurs électeurs paraissent divisés sur la question), on attendra encore quelques dizaines d'années pour que se concrétise une "stratégie énergétique 2050" à laquelle ils feignent de s'être ralliés alors même qu'elle propose elle aussi une "sortie du nucléaire", mais bien plus lente -et surtout, plus incertaine, puisque soumise au bon vouloir d'un parlement dont la majorité (UDC, PLR, PDC) ne témoigne pas forcément de convictions environnementales à l'épreuve des critères financiers (et des intérêts privés). L'initiative des Verts a le mérite, essentiel de la clarté  : On dit qu'on veut "sortir du nucléaire" ? Eh bien on en sort, sans barguigner, sans pinailler, sans attendre plus longtemps que nécessaire : on ferme Beznau I (le plus ancien réacteur en fonction au monde) l'année prochaine, Beznau II, Mühleberg (dont l'exploitant a annoncé la fermeture en 2019), Gösgen et Leibstadt 45 ans après leur mise en fonction (la durée moyenne de fonctionnement d'une centrale qui ne vous explose pas à la gueule), à moins que la sécurité de leur fonctionnement ne soit plus garantie, auquel cas on les arrêterait avant. Ce qui se veut vraiment s'énonce clairement : la sortie du nucléaire passe par un "oui" dimanche... Alors si vous n'avez pas encore voté, va falloir vous bouger : vous avez jusqu'à jeudi soir pour voter par correspondance. Sinon, c'est dimanche matin au local de vote...

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mercredi, 26 octobre 2016

Production nucléaire d'électricité : C'est quand qu'on sort ?

Goesgen.JPGSelon deux sondages, l'un effectué par l'institut Gfs l'autre par Tamedia, l'initiative des Verts "pour la sortie programmée de l'énergie nucléaire" s'attire actuellement la sympathie d'une majorité d'électrices et d'électeurs (respectivement 57 et 55 % de "oui"), surtout en Romandie et à gauche (mais également chez les Verts libéraux, au PBD et au PDC, dont le groupe parlementaire l'avait pourtant rejetée à l'unanimité, et dont la Conseillère fédérale Doris Leuthard fait campagne pour le "non". Rien toutefois n'est acquis un mois avant le vote : en septembre, une initiative pour une "économie verte", qui avait recueilli jusqu'à 61 % d'avis favorable dans les premiers sondages, était écrasée par 63,6 % des suffrages, et Genève était le seul canton à l'accepter. Sans surprise, c'est l'électorat du PLR et de l'UDC qui est le plus opposé à l'initiative antinucléaire -et ce sont d'ailleurs le PLR et l'UDC, avec les milieux patronaux et, évidemment, les exploitants des centrales existantes et le lobby nucléaire, qui mènent la campagne la plus ardente contre la fermeture programmée des centrales nucléaires suisses. Dont la plus vieille encore en service dans le monde : le réacteur 1 de la centrale nucléaire argovienne de Beznau a été raccordé au réseau il y a plus de 46 ans, et la Suisse est le seul pays où une centrale en activité ait atteint un âge aussi avancé.... Dis Tonton, c'est quand qu'on en sort, de la production nucléaire d'électricité... ben, le plus vite sera le mieux...

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mardi, 27 septembre 2016

Initiative pour une "Economie Verte" : Un vote du râble

 En août, 61 % des citoyennes et citoyens interrogés par sondage exprimaient leur soutien à l'initiative des écolos pour une "économie verte". Quelques semaines plus tard, ils étaient encore 51 % à la soutenir. Mais dimanche dernier, l'initiative était refusée par 63,6 % des suffrages et par tous les cantons, sauf le promontoire occidental du bout du lac (mais Lausanne et La Chaux de Fonds acceptent également l'initiative). La proposition des Verts a ainsi perdu en un peu plus de deux mois presque la moitié de ses soutiens. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est passé que, comme le résume le PLR Benoît Genecand, le vote majoritaire en Suisse (et minoritaire à Genève) a été un vote pour le porte-monnaie et pour le confort. Un vote pour, en toute bonne conscience, ne pas changer de mode et de niveau de vie, tout en êtant "écologiquement responsable". Face à la proposition d'"économie durable", les Suisses ont ainsi émis un vote du râble. 

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mercredi, 21 septembre 2016

Après nous, le déluge ?

nord-sud2.jpgMon confort, ma planète

De tous les textes soumis au vote populaire dimanche prochain, l'initiative des Verts pour une "économie verte" est sans conteste le plus ambitieux. Mais ce n'est pourtant pas lui qui fait le plus débat : l'initiative syndicale "AVS+", sa défense, sa contestation, prend plus de place dans les media, suscite une controverse plus mobilisatrice. Il est vrai qu'elle repose sur une perception plus aigüe de l'urgence sociale -mais un débat largement relayé n'est pas forcément voué à en éclipser un autre, ni une urgence sociale à reléguer une urgence environnementale. Comme toute la gauche, nous soutenons les deux initiatives en lice : celle pour une assurance vieillesse qui respecte le mandat constitutionnel d'assurer un revenu suffisant pour vivre dignement sans aide sociale, et celle pour une économie qui ne salope et ne bousille pas l'environnement planétaire sur lequel, forcément, elle repose puisqu il n'y a pas d'autre à sa disposition -et à la nôtre. Face à cette initiative-là, celle des Verts, le discours des tenants du statu quo (plus ou moins fardé de bonnes intentions) est simple : on fait déjà tout ce qu'on peut, l'initiative menace notre confort, elle est donc à refuser. Parce que notre confort passe avant notre planète. Après nous (nos consommations, nos modes de vie, nos privilèges), le déluge. Pour les autres. Les pauvres, et les générations futures.

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vendredi, 16 septembre 2016

Initiative pour une "économie verte" : Mettre la "COP 21" en oeuvre...

stationservice.jpgLancée par les Verts et déposée en 2012, soumise au vote dans dix jours, l'initiative pour une "économie verte" (de son vrai titre : "pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources") propose de réduire l'impact écologique de l'économie à un niveau supportable pour la nature, en inscrivant dans la constitution fédérale l'objectif d'une économie "durable" d'ici 2050, par une production écologique, la réutilisation, la réparation, le recyclage et l'élimination sans dommage environnemental des biens produits. Par économie "durable", on entend une économie et des modes de vie ne laissant pas une empreinte écologique supérieure, en un an, à celle que l'écosystème planétaire est capable d'absorber. Or il faudrait trois planètes Terre pour absorber l'activité humaine si tous les habitants du globe utilisaient (et gaspillaient) autant de ressources naturelles que les Suisses. L'initiative demande donc que d'ici 2050, l'empreinte écologique de la Suisse soit réduite des deux tiers. Et c'est possible, en conjuguant protection climatique, utilisation efficace des ressources (lutte contre le gaspillage), production et importations "propres". Tous engagements qui permettraient d'atteindre celui pris à la COP 21, en novembre 2015, pour réduire le réchauffement climatique. En somme, l'initiative des Verts est une sorte d'initiative de "mise en oeuvre" des engagements pris alors par la Suisse.

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lundi, 11 janvier 2016

Changer le monde ou changer l'image des maîtres du monde ?

A propos de l'accord conclu à la "COP 21"
 "Vive la planète, vie l'humanité, vie la vie !", s'exaltait Laurent Fabius, au terme de la Conférence mondiale sur le climat, la fameuse COP 21 de Paris. Et François Hollande faisait écho à son ministre des Affaires étrangères : "l'Histoire arrive, l'Histoire est là". Certes, l'Histoire est là -mais elle est toujours là, l'Histoire. Quant au jugement qu'elle portera sur le "jour historique" de la signature de l'accord sur le climat, il devra tenir compte de la concrétisation (ou non) des bonnes intentions, des belles promesses et des grands objectifs contenus dans les 39 pages et les 29 articles du texte. On s'est donc mis d'accord sur la nécessité de plafonner le plus vite possible les émissions de gaz à effet de serre, de telle manière que le réchauffement global de la planète ne dépasse pas 2°, et si possible 1,5°. Mais le calendrier, les dates, les échéances sont dans le flou, et l'accord ne souffle mot des principaux responsables de la dégradation climatique à laquelle il entend mettre fin : l'utilisation des énergies fossiles, l'agriculture intensive, l'élevage industriel, le trafic aérien, le trafic maritime... "il est rare dans une vie d'avoir l'occasion de changer le monde", a ponctué François Hollande... l'a-t-on vraiment saisie, à Paris, en décembre, cette occasion de changer le monde, ou l'a-t-on ratée pour ne changer que l'image des maîtres du monde ?

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16:30 Publié dans Développement durable, Economie, Environnement, climat | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cop21, multinationales | |  Facebook | | | |

mercredi, 02 décembre 2015

"COP 21" : "sauver la planète" ou nous sauver nous-mêmes ?

dugongs en famille.jpgDe notre instinct de survie

Combien sont-ils, ces chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Paris pour la 21e Conférence mondiale sur le climat ("COP 21" dans son acronyme anglais), au chevet du climat terrien ? 195 Etats, plus l'Union Européenne, sont parties à la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques, et plus  de 180 d'entre eux se sont déjà engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre dès 2020. L'enjeu est crucial : s'il ne s'agit pas de "sauver la planète" comme il est parfois fort bêtement proclamé (elle survivra à nos conneries et à tout le reste, la planète, jusqu'à ce qu'elle se fasse bouffer par son étoile), il s'agit tout de même de sauver les conditions d'existence d'une grande partie des espèces vivantes qui la peuplent. Dont la nôtre, d'espèce. La "COP 21" tient ainsi de l'instinct de survie de l'humanité elle-même. Le réchauffement climatique menace déjà directement l'existence de millions de personnes -toutes celles, d'abord, qui vivent sur les côtes ou des îles faiblement haussée au-dessus du niveau de la mer. Il va pousser à des affrontements pour l'eau et pour les ressources naturelles, végétales et minières. Il a déjà commencé à pousser des millions de personnes à fuir leur lieu d'habitat. Et dans la mesure même où il est provoqué par l'activité humaine, seul un changement radical des modalités de cette activité peut le freiner, puis le stopper. Il est là, l'enjeu. Et il est encore plus vital que celui de juguler les délires djihadistes.

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mercredi, 10 décembre 2014

Développement durable ou décroissance ?

Quelle réponse à un « schéma de consommation et de production non viable » ?

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mardi, 02 décembre 2014

Débâcle d'Ecopop ? Xénophobie pas morte pour autant

Le résultat d'Ecopop est finalement conforme aux prévisions (il est même plus mauvais que prévu) -mais il est néanmoins en trompe-l'oeil : si la gauche a massivement voté contre l'initiative écoxénophobe, la droite démocratique en a fait autant, et même une partie de sa propre droite (de l'UDC, du MCG, de la Lega...), pour le même type de raisons que celles la poussant à défendre les forfaits fiscaux : parce qu'on en a « besoin », qu'on a «  besoin » d'immigrants pour faire tourner la machine économique et sociale comme on a besoin des picaillons que laissent les forfaitaires dans les caisses publiques. Au final, le score d'Ecopop correspond grosso modo à celui de la droite de la droite et de l'extrême-droite en Suisse : un gros quart de l'électorat. C'est beaucoup, et cela relativise l'«écoflop» de la votation de dimanche : il tient probablement à la défection de l'UDC et de ses satellites cantonaux, genre Lega ou MCG, qui ont refusé de soutenir une initiative qui pourtant ne disait rien d'autre que ce qu'ils disent, et continueront de proférer  « c'est tout de la faute aux étrangers ».

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16:59 Publié dans Environnement, climat, Suisse | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : ecopop, développement durable, démographie | |  Facebook | | | |