lundi, 15 mai 2017

Trois candidatures socialistes au Conseil d'Etat genevois

votez sportif, votez PS.jpgChoisir ou ne pas choisir, that is the question

Le PS genevois a donc décidé de présenter deux candidates (Anne Emery Torracinta et Sandrine Salerno) et un candidat (Thierry Apothéloz) au gouvernement de la Parvulissime République (où il ne dispose plus que d'un siège).Trois candidatures au premier tour, qui pourront être maintenues toutes les trois au deuxième tour. Sont-ce les candidatures que nous avons soutenues par nos votes ? Peu importe : ce sont celles qui ont été choisies, et qu'on va donc soutenir. Pas par discipline, mais par ce qui nous tient lieu de cohérence : on ne peut pas défendre (même sans la défendre tout en la défendant) une liste de trois candidatures pour ne pas les soutenir ensuite. Il faut au passage saluer la modestie et la retenue du Comité directeur du PSG : il aurait pu nous proposer de présenter les six candidates et candidats disponibles, il nous a proposé de n'en présenter que quatre, comme en 2013 -et donc d'en virer deux. Mais présenter quatre candidates et candidats participe de la même logique qu'en présenter six : c'est renoncer à faire nous-mêmes le choix déterminant, et le laisser à l'électorat du premier tour -y compris à l'électorat de droite.  En somme, des "primaires" qui n'osent pas dire leur nom, mais qui aboutissent, comme celles qui osent dire leur nom, à ce que qu'un parti politique renonce à désigner lui-même celles et ceux qui, finalement, vont le représenter. On vous fait grâce de l'évocation de l'état dans lequel ce processus d'abandon a conduit le PS français -mais aussi, y'a une justice, la droite française.

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vendredi, 12 mai 2017

Le coup de pied Macron dans la fourmilière politique française : Roboratif !

L'élection de Macron, même acquise contre Le Pen et grâce à Le Pen, a tout de même un puissant effet roboratif : celui d'un grand coup de pied dans la fourmilière. ça écrase des fourmis, mais ça oblige celles qui restent à reconstruire leur monde, si elles ne veut pas crever. Et il y a du boulot. Parce que la défaite de toutes les forces politiques que Macron décrédibilise, fragmente, émiette et ringardise -c'est à dire à peu près toutes les forces politiques présentes dans les institutions, elles en sont tout de même les premières responsables. Or il ne semble pas évident qu'elles en aient pris conscience : pour nous en tenir à la gauche, c'est, le soir de l'élection de Macron, un Mélenchon lugubre en appelant à la contagion du bonheur en donnant l'impression de vouloir avaler une chope de cigüe, et ce sont les éléphants socialistes, les Cambadélis, les Dray, arrivés au PS dans les années septante maigres et fiévreux et qu'on retrouve quarante ans plus tard gras à lard faisant la tournée des popotes médiatiques pour nier l'évidence de leur propre décrépitude politique... Entrer en politique en Saint-Just et en sortir en Louis XVIII, le parcours est édifiant.

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lundi, 08 mai 2017

Présidentielle française : Macron élu sans surprise et sans enthousiasme

pas de victoire sans lutte.jpgLe vent du boulet

Au terme de la pire campagne électorale qu'ait connu la Ve République française, et de la plus faible participation électorale à une présidentielle depuis 1969 (quoiqu'une participation de 75 % ailleurs qu'en France, ce serait un tsunami électoral...) Emmanuel Macron a été élu à sa présidence. A une majorité très large, mais en trompe-l’œil : il n'obtient pas une majorité absolue du corps électoral (les 47 millions d'électrices et d'électeurs inscrit-e-s), compte tenu de l'abstention, des votes nuls et des votes blancs. Il atteint certes une majorité de presque deux tiers des suffrages exprimés, mais parce qu'en face, il y avait Le Pen. Ni contre Fillon, ni contre Mélenchon Macron n'aurait gagné avec une telle marge -peut-être même n'aurait-il d'ailleurs même pas gagné contre Mélenchon. Et n'importe lequel des "grands" candidats éliminés au premier tour aurait gagné contre Le Pen -mais sans doute avec une majorité moindre. L'élection de Macron est évidemment une défaite pour Le Pen ("une bonne claque aux mauvaises odeurs"), mais c'est qu'elle a fait campagne pour Macron : plus on la voyait et l'entendait, mieux on comprenait à qui et quoi on avait affaire. Elle a elle-même (était-ce involontaire ?) construit sa propre défaite. Il suffisait de la montrer pour qu'elle tombe, il suffisait pour éloigner la menace de son élection de laisser remonter, jusqu'au spectacle de l'ultime débat télévisé (où elle aura tout de même réussi à faire pire que Trump), tout le refoulé de l'extrême-droite française, submergeant la stratégie de "dédiabolisation" et la prétention de l'héritière d'être "la candidate du peuple". Au soir de sa défaite à la présidentielle, Le Pen s'est posée en cheffe de l'opposition à Macron ? Ce sera là encore le meilleur service qu'elle puisse lui rendre.
Reste que l'extrême-droite n'a jamais été à un niveau aussi élevé lors d'une élection présidentielle française, et qu'il y tout de même de quoi s'interroger, et s'interroger sérieusement, rationnellement, politiquement, sur ce qui peut bien pousser un tiers des citoyennes et des citoyens d'un pays comme la France, avec l'histoire qu'elle a et la passion du politique qu'elle cultive, à voter pour ça... Le Pen était un boulet pour elle-même, mais on en a quand même senti le vent.

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vendredi, 05 mai 2017

A propos de la mondialisation et de ses faux ennemis

internationalisme.jpgL'alternative ? L'internationalisme !

L'élection présidentielle française se jouera-t-elle dimanche sur l'affrontement théâtral des partisans d'une "mondialisation" peinte en rose et des faux ennemis réactionnaires de la mondialisation réelle (dont la France est un acteur considérable depuis les premiers temps du colonialisme ? "J'ai entendu pendant toute la campagne (...) l'incompréhension sur la mondialisation. Je vais la prendre en compte" assure Emmanuel Macron. Merci, Sire, mais il faudrait peut-être commencer à s'entendre sur le concept mème de "mondialisation", devenue une sorte de totem, de tabou ou de monstre, quand elle n’est rien d’autre que l’extension à l’ensemble de la planète d’activités, de normes et de processus de décisions auparavant limités à un espace géographique et social : le "monde occidental développé". En tant que telle, la mondialisation est à la fois un projet et un processus. Comme processus, elle est dans la logique du capitalisme, et comme projet, elle est constitutive de la capacité du capitalisme à s’imposer aux formes anciennes de rapporte de production, en levant les obstacles nationaux à la circulation du capital. La mondialisation est la condition même de la pérennité du capitalisme, et de sa maîtrise du politique : une poignée de financiers peuvent, en quelques clics, transférer des fonds en telle masse qu’ils sont en mesure de décider des politiques économiques et sociales des Etats. Mais il y a dans l’usage même du terme de « mondialisation » pour désigner la forme actuelle du capitalisme quelque chose qui relève d’un détournement de sens : la mondialisation devrait viser à l’unité (non à l’unicité) de l’humanité et à l’ouverture de tous sur tous, vieil horizon socialiste, alors que la mondialisation capitaliste ne vise qu’à la mainmise de quelques-uns sur tout et sur tous. Dès lors, s'étant entendus sur le sens du concept de "mondialisation", on peut essayer de s'entendre sur ce qui peut en être l'alternative, et qui est aussi une mondialisation -la nôtre : l'internationalisme.

 

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mardi, 02 mai 2017

Macron-Le Pen, kif kif ?

Capture.JPGQuand les états d'âme de la gauche française nous gonflent grave

Il faut bien l'avouer : les états d'âme de la gauche française (et circonvoisine) face au choix électoral entre Macron et Le Pen commencent à nous gonfler grave. Il n'y aura donc pas vraiment de "front républicain" contre la candidate du FN au deuxième tour de la présidentielle française, dimanche. Certes, les principaux candidats ont tous appelé à "faire barrage à l'extrême-droite", Fillon et Hamon appelant clairement à, pour cela, voter pour Emmanuel Macron, et les principaux partis (la "France insoumise" ne se concevant pas comme un parti) à "battre Marine Le Pen" (les "Républicains" ne se résolvant pas à prononcer le nom de Macron). Mais après le premier tour déjà une bonne partie de l'électorat de François Fillon et de celui de Nicolas Dupont-Aignan partait grossir les rangs de celui de la candidate d'extrême-droite, pendant qu'une autre bonne partie de ces deux électorats, mais aussi de celui de Jean-Luc Mélenchon, menaçait de s'abstenir ou de voter blanc. C'était déjà le mot d'ordre du PCF en 1969 -mais lui refusait de choisir ("blanc bonnet, bonnet blanc") entre Pompidou et Poher, c'est-à-dire entre deux candidats de la droite démocratique, pas ("blanc bonnet, bonnet brun") entre un candidat centriste et une candidate d'extrême-droite. Et en 2002, toute la gauche, de son aile la plus centriste à la gauche révolutionnaire, avait avec la droite démocratique appelé à voter  contre Le Pen, pour Chirac, quitte à se contenter du "contre" et à ne le traduire en"pour" qu'après s'être bouché le nez. Serait-on passé du "tous contre Le Pen" à "tous contre Macron" ? O tempora, o mores, comme disait Ciceron...

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lundi, 24 avril 2017

1er tour de la Présidentielle française : Dégagismes en vrac

bris de verre.jpgEt la surprise, c'est qu'il n'y a pas de surprise : les deux favoris des intentions de vote depuis deux mois se retrouveront au deuxième tour, la grenouille de bénitier retourne dans son bénitier (la gueule tirée par ses partisans a illuminé notre soirée, dès lors qu'on ne pouvait considérer le fait que Le Pen ne sorte pas en tête comme une consolation suffisante de l'absence d'un candidat de gauche dans deux semaines) et Mélanchon capitalise l'essentiel des votes de gauche (dont l'essentiel des votes socialistes). Contre la "PRAF attitude" (pour "plus rien à foutre" de la politique), et la prédiction d'un taux d'abstention record, dépassant celui du deuxième tour de 1969 (30 %, mais le PCF, dont le candidat, Jacques Duclos, était arrivé troisième avec 21 %  des suffrages, avait appelé à l'abstention), les Français se sont déplacés en masse pour voter. En râlant, mais en y allant. Ce qui confirme l'intérêt, même fort critique, pour la présidentielle au sein d'une population dont moins de 1 % est membre d'un parti politique, et où le taux de syndicalisation des travailleurs est l'un des plus bas d'Europe. Certes, le niveau de confiance des citoyennes et des citoyens à l'égard des "politiques" (qu'il s'agisse de la confiance en leur honnêteté et leur sincérité ou de la confiance en leur compétence) est fort bas (il est tout de même au-dessus de celui, rachitique, qu'on constate en Italie, en Espagne ou en Grèce), mais en même temps, l'attente à l'égard de la politique reste assez exceptionnellement élevée -à preuve, l'affluence aux meetings des cinq principaux candidats. Quant au résultat de ce premier tour, on en dira pour le moment que ceci : l'appel de Mélenchon au "dégagisme" a été entendu -mais au-delà de ses espérances, puisqu'il en a lui-même été victime. Il n'y aura donc, au second tour de la présidentielle, pour la première fois sous la Ve République,  aucun candidat issu d'un parti traditionnel de gouvernement, même si les candidats qui en étaient issus (Hamon, Fillon) ont fait de Macron leur candidat -mais par défaut.

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jeudi, 20 avril 2017

Qui a peur du Grand Mélenchon Loup ?

couteau_entre_les_dents-5101d.jpgAu secours, la gauche revient !

Dans les intentions de vote à la présidentielle française, la gauche pèse un petit tiers des suffrages, si on additionne ceux qui se porteraient sur Mélenchon, Hamon (qui fera probablement le meilleur score jamais réalisé par un-e candidat-e écologiste à une présidentielle...), Poutou et Arthaud, et qu'on fait l'impasse sur la part de suffrages de gauche qui se porteront sur Macron. Un tiers des suffrages, ce serait largement assez pour que la gauche se retrouve au deuxième tour, si elle était représentée au premier par un seul candidat. Comme on le sait, ce ne sera pas le cas -mais la montée, sinon en puissance, du moins en espérance, de Mélenchon ne rend plus l'hypothèse d'une candidature de gauche présente au deuxième tour totalement invraisemblable. Mais contre qui se retrouverait-il alors ? contre Le Pen ? contre Macron ? contre Fillon ? Toujours est-t-il que dans le temps même où le Grand Mélenchon Loup se goinfrait l'életorat du Petit Chaperon rose et où le vote pour Mélenchon devenait le "vote utile" pour la gauche, il devenait le vote dangereux pour la droite et ce qu'il est convenu d'appeler "le centre" -et que dans les assemblées de la Révolution, on appelait plus significativement "le marais".

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mercredi, 12 avril 2017

Nos zélections à nous

roseraie.jpgLes noms de la rose

Faut pas croire que l'avidité avec laquelle nous suivons les péripétie feuilletonesques de la présidentielle française nous fait oublier que nous aussi, dans nos coins de pays, nous avons quelques enjeux électoraux à relever : les Vaudois sont en pleine campagne électorale, les Genevois vont y entrer dans pas longtemps, les Neuchâtelois et les Valaisans viennent d'en sortir. Le 13 mai, le Parti socialiste genevois désignera ses candidates et candidats au Conseil d'Etat et au Grand Conseil, pour les élections cantonales de l'année prochaine. Le Comité directeur propose une liste de 45 candidates et candidats au Grand Conseil et de 4 candidates et candidats au Conseil d'Etat. Or pas moins de six socialistes ont annoncé leur candidature à la candidature au gouvernement : la Conseillère d'Etat Anne Emery-Torracinta, ainsi que Thierry Apothéloz, Carole-Anne Kast, Romain de Sainte Marie, Sandrine Salerno, Carlo Sommaruga. Dilemme : le PS genevois va devoir choisir lui-même ou laisser ce choix à son électorat. Heure du choix, leurre du non-choix...

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mardi, 11 avril 2017

Présidentielle française : De la politique, enfin !

Bonnet phrygien.jpgAprès des mois de pré-campagne et de campagne, des "primaires" de gauche et de droite à hier, les choses sérieuses commencent : elles ont quinze jours pour accoucher d'un premier choix. Et comme on vous le jaspinait il y a quelques jours, elle est finalement passionnante, cette élection présidentielle française, par sa dramaturgie, par ses incertitudes, par ses enjeux et par les programmes, les projets, les cultures (et les incultures) politiques qui s'y affrontent, et enfin par le retour de quelques "fondamentaux", à commencer par le vieux clivage gauche-droite, dont de sagaces analystes proclamaient un peu vite l'obsolescence -à vrai dire, de campagne présidentielle française, on n'a pas souvenir d'en avoir connu -et, comme témoin, vécu- d'aussi passionnante depuis... bah... 36 ans...

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mardi, 04 avril 2017

Hamenchon et Mélhamon sont dans un bateau

melenchon-hamon_5791751.jpgLe Valls a mis le temps

Pour la gauche, l'élection présidentielle française est d'ores et déjà perdue. Du moins en tant qu'élection. En tant qu'étape d'une indispensable recomposition politique, c'est autre chose. Mais même dans l'hypothèse du retrait de l'un ou l'autre des deux principaux candidats de gauche (et lequel, en fonction de quel critère ? les sondages ?), ce camp ne pourrait rêver mieux qu'une troisième place.
Après s'être éreintés pendant des mois pour être candidats, avoir déjà, l'un et l'autre, claqué pour leur campagne des millions qu'ils ne se feront rembourser que s'ils obtiennent 5 % des voix et donné plus que l'impression, la certitude, que ni ni l'un, ni l'autre n'ont la présidence de la République pour objectif, mais la recomposition de la gauche, peut-on vraiment croire, à trois semaines du scrutin, que l'un ou l'autre (mais lequel ? Hamenchon ou Mélhamon ?) se retirera pour l'autre ou l'un ? Que Hamon, pris dans le "casse-noix" (l'expression est méluchienne) entre le marteau de droite (Macron) et l'enclume de gauche (Mélenchon) fera à Valls (qui a mis le temps pour se décider à se rallier à Macron) le cadeau de se retirer pour Mélenchon ? Que Mélenchon fera à ce qu'il reste du  PS le cadeau de se retirer pour Hamon ? Et pour faire quoi ensuite du PS (ou de ce qui en restera) ?

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mardi, 28 mars 2017

François Fillon, le cabinet noir et les casseroles

fillon,cabinet noir,démocratiePinocchio président ?

Donc, selon les fillonistes, à la recherche desespérée de contre-feux aux révélations sur la personnalité et les pratiques de leur candidat à la présidentielle, il y aurait un "cabinet noir" à l'Elysée, qui piloterait ces révélations pour couler Fillon. Un cabinet noir ? Décidément, ça sent la fin de règne : y'a même plus de personnel pour nettoyer les chiottes...  Toute plaisanterie mise à part, malgré la batterie de cuisine qu'il traîne derrière lui, François Fillon n'est pas encore politiquement et électoralement mort, et toujours installé, à en croire les sondages, à la troisième place des intentions de vote, pas assez loin de Macron et Le Pen pour qu'on puisse jurer qu'il ne sera pas au deuxième tour et être élu (du moins contre Le Pen, dont la seule chance d'être élue est d'ailleurs de se retrouver au deuxième tour... contre François Fillon, les deux ayant donc un adversaire commun : Emmanuel Macron). Pinocchio peut encore rêver de la présidence.

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jeudi, 16 mars 2017

Présidentielle française : Pas Dumas, Molière...

gaucheOn a cru, il y a quelques jours, pouvoir résumer la campagne présidentielle française en une sorte de succédané des "Trois Mousquetaires". C'était improbable : on faisait déjà beaucoup d'honneur à Fillon en lui attribuant le personnage d'Athos, et on n'avait trouvé personne pour incarner Porthos. En fait, on est peut-être moins dans un succédané de Dumas que dans un ersatz de Molière. Avec au moins un Avare (mis en examen), et sans doute aussi un Misanthrope, un Bourgeois Gentilhomme, une portée de Tartuffe, quelques Scapin, beaucoup de malades pas imaginaires du tout, de précieux ridicules, de femmes pas savantes et de médecins malgré la médecine. On n'est en tout cas pas dans le rendez-vous politique que devrait être une présidentielle française, dans le régime républicano-monarchique de la Ve République. Il est vrai que De Gaulle, insoupçonnable quant à son honnêteté (mais pas quant à son cynisme : le SAC et les barbouzes faisaient le sale boulot) se l'était taillé à sa stature, pas à celle des pignoufs qui se réclament encore de lui, ni à celle des héritiers, avoués ou non, de Mitterrand.

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lundi, 06 mars 2017

Election présidentielle française : Et à la fin, ils sont (presque) tous morts

Trois Mousquetaires.jpgVous voulez comprendre le souk de l'élection présidentielle française ? Relisez Alexandre Dumas et sa trilogie des trois mousquetaires :  tout y est, même si le "un pour tous, tous pour un" est devenu "chacun pour moi". Mais on voit bien Méluche en d'Artagnan, Fillon en Athos, Macron en Aramis (mais qui pour Porthos, et quel rôle pour Hamon ? on sèche)... et Le Pen en Milady. Et Hollande en Richelieu. On rappellera tout de même qu'à la fin, dans le "Vicomte de Bragelonne", ils sont tous morts, sauf Aramis (le seul personnage totalement imaginaire, soit dit en passant) qui finit en Général des Jésuites... Même que d'Artagnan, il se fait tuer à Maastricht...

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mardi, 28 février 2017

Gauche française : la conjuration des ego


Ah, que la défaite sera belle...

On est bien contents : Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon vont cesser de s'insulter. Du moins en public. Mélenchon : "À cinquante jours du premier tour, il n’est pas possible de régler la différence qui par exemple nous sépare sur la question essentielle de l’Europe. Je n’ai pas été surpris qu’il me confirme sa candidature et il ne l’a pas été que je lui confirme la mienne. Nous sommes convenus d’un code de respect mutuel dans la campagne". Voila. Evidemment, ça n'engage qu'eux-mêmes. Pas leurs lieutenants, leurs porte-paroles, leurs spadassins et leurs partisans. Celui qui veut maintenir un parti socialiste en le tirant à gauche et celui qui veut faire disparaître le PS pour le remplacer par autre chose ne pouvaient évidemment pas tomber d'accord sur la candidature unique de l'un des deux. Il faut savoir se contenter de peu dans cette conjuration des egos : Hamon et Mélenchon ont promis de cesser de se traiter mutuellement et publiquement de tous les noms. En somme, ils sont passés de l'enfance à l'adolescence. Pour l'âge adulte, on verra dans cinq ans. Quand Macron se représentera pour un deuxième mandat, le spectre de Marine suffisant d'ici là à la majorité des électrices et électeurs de gauche pour les conduire à voter Macron au deuxième tour (et même, pour une partie non négligeable d'entre eux, dès le premier tour, pour éliminer Fillon. Le vote utile, en se bouchant le nez, en se fermant les yeux et en s'obturant les oreilles. Avant que chaque composante de la gauche rende les autres responsables d'une défaite non seulement annoncée par les augures, mais organisée par la gauche elle-même.

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lundi, 20 février 2017

Présidentielle française : sac de nœuds et dilemme de gauche

gauche Gagner quoi, contre qui ?

A deux mois de l'élection présidentielle française, la seule hypothèse dont on puisse être à peu près certain qu'elle se réalisera est celle de la présence de Marine Le Pen au tour décisif -le second. Pour le reste, c'est-à-dire pour ce qui est de son compétiteur, plus rien n'est sûr, alors qu'il y a quelques mois encore tous les commentateurs et sagaces analystes se disaient assurés qu'en désignant son candidat, la droite démocratique désignait de fait le prochain président. Aujourd'hui, son candidat, François Fillon, n'occupe plus dans les intentions de vote que la troisième place, éliminatoire. Quant à la gauche, elle présente pas moins de quatre candidatures. Dont deux, celles de Hamon et de Mélenchon, se tiennent la barchichette à dix ou quinze points d'intentions de vote de Le Pen et Macron, et même encore derrière Fillon. Un candidat de gauche a-t-il encore la moindre chance d'être présent au deuxième tour de l'élection ? Et lequel ? Et sur quel projet ? Et pour quoi faire ? Etre élu ou mobiliser toute la droite contre lui, et derrière la candidate du Front National ?

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lundi, 30 janvier 2017

Large victoire de Benoît Hamon à la "primaire" socialiste : Coup de sac bienvenu

Benoit Hamon.jpgBenoît Hamon a donc été désigné comme candidat du PS à l'élection présidentielle du printemps prochain, par (en gros) 60 % des suffrages, contre 40 % à Manuels Valls. Ce résultat clair, c'est celui d'un vote contre l'appareil du PS, même si Hamon avait reçu le soutien de notables socialistes, ralliés à lui entre les deux tours de la "primaire" (ou le soutenant depuis le début), et c'est une victoire des "frondeurs" et de l'aile gauche d'un parti qui sort quasi miraculé de cette "primaire". Le "coup de sac" bienvenu de la désignation de Hamon ouvre le jeu de la présidentielle, y réinstalle le PS et réinstalle le PS à gauche (il était temps). Mais elle le condamne aussi (il y a pire pensum) à devoir rassembler autour de sa candidature plus que les forces qui lui ont permis d'être désigné. Il est en meilleure position pour le faire qu'aurait pu l'être Valls, mais il est toujours flanqué sur sa droite d'un Emmanuel Macron en pleine ascension, et sur sa gauche d'un Jean-Luc Mélenchon -qui aurait d'ailleurs préféré avoir à faire à Valls plutôt qu'à Hamon. Il faut bien reconnaître que de choix, le PS français n'en a plus guère qu'entre la recomposition ou la décomposition. Cette clarification, acquise malgré lui, et largement contre lui, sera peut-être tenue pour l'un des rares legs positifs de François Hollande.

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lundi, 12 décembre 2016

Et s'il fallait Trump pour nous réveiller ?

coupdepied.jpgDe la coup-de-pied-au-cul-thérapie

Et s'il fallait Trump pour réveiller la gauche, quitte à la réveiller par un grand coup de pied au cul ? Comme Prince Charmant éveillant la Belle au Bois Dormant, on aurait évidemment pu trouver mieux que Trump -il est vrai que comme Belle au Bois Dormant, on pourrait aussi trouver mieux que la gauche américaine (ou européenne) dans son état présent, mais on fait avec ce qu'on a. Ce qui n'empêche pas, mais au contraire enjoint, de vouloir mieux, et de faire ce qu'on peut, là où "l'histoire nous surprend", pour faire advenir ce mieux. A fragmenter son discours et ses programmes en autant de composantes sociales qu'elle en reconnaît à la société dans laquelle elle agit (et au risque, patent, d'en oublier toujours : après tout, le "blanc chrétien de la classe moyenne" qui a voté Donald pour faire chier Minnie pourrait se revendiquer lui aussi être d'une "communauté" disposant de son droit fondamental à être reconnue au nom de la "diversité"...), et à cultiver la "diversité" d'identité fragmentées, distinctes et qui finissent toujours, forcément, par devenir concurrentes, la gauche en a oublié ce qui, depuis un petit quart de millénaire qu'elle existe, la structurait et la légitimait : le principe et le projet de l'égalité.

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lundi, 21 novembre 2016

Election de Trump : "révolution conservatrice" ou arnaque politique du siècle ?

langue de bois.jpgDonald Trump sera donc élu président des Etats-Unis, mais contre la majorité du peuple votant. Avec un million de suffrages en moins que son adversaire démocrate. Si les citoyennes et citoyens des Etats-Unis d'Amérique élisaient leur présidence au suffrage universel direct. c'est une présidente qu'ils auraient élue. Ils ne s'en retrouveront pas moins avec Trump. Beautés des élections indirectes... Cela dit, comme le relevait Daniel Warner dans "Migros Magazine" (on a de bonnes lectures), "Il y a toujours une grande différence entre un candidat et un gagnant. Pendant la campagne, les candidats doivent répondre aux caprices du public. Une fois en poste, ils deviennent plus réalistes". La paradoxale (si paradoxale qu'elle est impssible) "révolution conservatrice" que l'élection probable de Trump annoncerait (comme d'ailleurs, à sa manière, le succès de François Fillon aux "primaires" de la droite française, hier) pourrait bien être surtout l'arnaque du siècle. Il est vrai que si la carrière de Trump laisse placer un gros doute sur ses compétences de chef d'Etat, elle n'y laisse en revanche aucune place s'agissant de ses talents d'aigrefin.

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mercredi, 09 novembre 2016

Présidentielles américaines : Trump hilare rit...

 
L'establishment, désormais, c'est lui

Malgré ses propos indignes, son comportement, ses insultes, son inculture politique, sa misogynie  et ses mensonges, malgré sa reprise d'un discours d'extrême-droite, malgré le lâchage des caciques républicains, à moins que ce soit grâce à tout cela (ce n'est tout de même pas la première fois, et ce ne sera sans doute pas la dernière, qu'on peut gagner une élection en faisant les poubelles) Donald Trump a donc gagné l'élection des électeurs de la présidence américaine, surfant sur la colère du Petit Blanc et sur le rejet d'une Hillary Clinton incarnant -à juste titre- l'establishment (ou la nomenklatura), aussi bien d'ailleurs l'establishment démocrate que républicain. L'establishment, désormais, c'est Trump et tous ceux qui, après l'avoir combattu, se rallieront à lui, quand l'"attrait de la mangeoire" est plus fort que l'adhésion politique. Trump ne pouvait gagner qu'en agrégeant les colères sociales et en mobilisant massivement les classes populaires "blanches", il y a réussi. Clinton ne pouvait gagner qu'en agrégeant les votes de celles et ceux que Trump insultait -elles et ils étaient en effet assez nombreux : femmes, noirs, mexicains, elle y a échoué, et les Américains ont peut-être moins voté pour le candidat que contre la candidate. Pour lui barrer la route. Et leur mobilisation a eu un prix jamais atteint dans aucune élection, nulle part dans le monde :  Bernie Sanders avait beau considérer que "les milliardaires ne devraient pas pouvoir acheter les élections", c'est bien ce qu'ils ont fait : pour obtenir les 270 "grands électeurs" nécessaires (sinon suffisants) à leur élection à la présidence, Hillary Clinton et Donald Trump auront dépensé, respectivement, 1,3 milliard et 800 millions de dollars.

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lundi, 07 novembre 2016

Les enjeux de l'élection américaine : Les couilles de Donald et les courriels d'Hillary

Alors, qui sera à la tête de l'Empire (un peu  décadent, certes, mais toujours impérial...) après Obama ? Le cinglé ou la corruptrice ? Avouons-le : cette question ne nous angoisse guère. Si nous étions frappés du même anti-américanisme pulsionnel que nombre de nos bons camarades, on prierait (mais qui ?) pour Donald  : son élection entraînerait un repli des USA sur eux-mêmes. Mais surtout, ce qui a frappé dans cette campagne, c'est son absence totale de contenu politique, de débat d'idées, de confrontation de projets. Qui, de Trump ou de Clinton, aura parlé réellement de politique sociale et de l'emploi, des enjeux géostratégiques, des défis environnementaux, de culture, de démographie (autrement qu'en proposant d'ériger un mur contre l'immigration pour en protéger un pays d'immigrants et de descendants d'immigrants) ? Aucun-e des deux. Par quoi a été dominée la campagne, dans ses dernières semaines ? par les couilles de Donald et les courriels d'Hillary. Ou pour le dire comme Vladimir Poutine (un expert en délicatesse rhétorique, et loin d'être un imbécile) l'a dit : "qui a pincé qui et qui couche avec qui"... On a certainement les campagnes électorales qu'on mérite -et si les Etats Unis ne méritent que celle qui s'y est tenue, tant pis pour eux : ils auront aussi le président ou la présidente qu'ils méritent.

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16:01 Publié dans élections, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : usa, trump, clinton | |  Facebook | | | |