mardi, 17 avril 2018

Election du Conseil d'Etat genevois, deuxième Round : un choix clair

savate.jpgDans une Assemblée générale compacte, le PS genevois a décidé, sans coup férir et sans débat, de présenter la double candidature d'Anne Emery-Torracinta et de Thierry Apothéloz au Conseil d'Etat, Sandrine Salerno s'étant retirée (respect...) pour renforcer les chances d'élection des deux candidats socialistes, et donc de la reconquête d'un siège perdu, alors même qu'elle avait obtenu plus de voix que le PDC Barthassat, figurant pourtant sur la liste unique de l'Entente. En même temps, le PS a confirmé, sans vote, son choix d'une liste unique avec les Verts (et Antonio Hodgers) et "Ensemble à Gauche", (et Jocelyne Haller). Ainsi, la gauche genevoise revendique-t-elle une majorité gouvernementale, face à un parlement sans majorité, où la gauche détient un siège de plus que la droite démocratique, et où la droite populiste suisse (UDC) et genevoise (MCG) a perdu douze de ses 31 sièges... Excellentes choses, pour un choix clair, le 6 mai : la droite, en effet, revendique elle aussi une majorité gouvernementale, sur la base d'un programme de casse sociale revendiquée -elle a obtenu pour cela le soutien d'Eric Stauffer. Et de ses sponsors brésilien et thaïlandais ?

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lundi, 16 avril 2018

Elections cantonales genevoises : Normalisation ?

elephant-rose-01.jpgNos craintes étaient infondées, nos espoirs aussi, d'ailleurs (mais ils étaient plus ténus) : les élections genevoises de ce week-end ont un peu "normalisé" le parlement de Piogre, et présagé d'un rééquilibrage de son gouvernement. Au Grand Conseil, La gauche gagne sept sièges, la droite démocratique gagne cinq sièges, l'extrême droite perd douze sièges. A gauche les Verts effacent leur défaite de 2013, le PS continue de se réinstaller, petit à petit, à son niveau "normal" et "Ensemble à Gauche" se maintient au parlement. A droite, le PLR efface lui aussi sa défaite de 2015 (c'était l'effet de la fusion entre radicaux et libéraux) et le PDC résiste à l'érosion. A la droite de la droite, le MCG paie cash la scission staufférienne et l'UDC, très faible à Genève, recule. On retrouve ainsi une gauche à 40 % des suffrages (et 41 sièges), une droite démocratique presque au même niveau (38 % et 40 sièges) et une droite populiste, avec une composante d'extrême-droite, à 17 % et 19 sièges. Franchement, ça aurait pu être pire.

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vendredi, 13 avril 2018

Genève : Petite campagne, petit vote, programme de casse

droite-gauche.jpgA droite toute ?

ça vote petitement, pour les élections genevoises de ce week-end : mercredi soir, le taux de participation se traînait à 22,9% (soit 60'268 votes enregistrés). C'est bien peu, même si c'est à hauteur des élections cantonales précédentes. Il ne reste plus que dimanche, de 10 heures à midi, pour voter, dans les locaux de vote. A midi, les Genevoises et Genevois auront élu leur nouveau parlement. Les Genevois, les Genevoises ? Disons plutôt autour de 40 % de celles et ceux qui ont le droit de vote et qui ne constituent pas même la moitié de la population. On reviendra ailleurs sur ce que cela signifie de l'état d'une démocratie et de la représentativité de l'une de ses institutions (le parlement). On se contentera ici de rappeler que la droite, qui a su s'unir pour l'élection du Conseil d'Etat alors que la gauche en a été infoutue, a un vrai programme de casse sociale, dont l'énoncé devrait suffire à réveiller l'instinct unitaire de l'électorat de gauche...

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mercredi, 11 avril 2018

Quand on GeM, on ne compte pas

veau d'or.jpgDes électeurs en or

Le veau d'or bourrera-t-il les urnes genevoises, qu'on finira de remplir dimanche à midi pour l'élection du Grand Conseil et le premier tour de celle du Conseil d'Etat ? L'électeur de "Genève en Marche", ou de l'un ou l'autre (ou des deux ensemble) de ses candidats au Conseil d'Etat, Eric Stauffer et Ronald Zacharias, cet électeur en tout cas vaut de l'or (et du coup, celui du MCG aussi, puisque l'ancien parti de Stauffer claque lui aussi un pognon fou pour éviter de se faire lourder du parlement par le nouveau parti du même Stauffer -sans même que celui ait pour cela besoin d'y entrer à sa place). A eux deux, GeM et MCG auront dépensé pour leur campagne électorale plus que tous les autres partis réunis. On ne sait pas si ça leur donnera à tous les deux (ou à l'un des deux aux dépens de l'autre) de pouvoir former un groupe parlementaire, mais leur prodigalité électorale aura au moins eu un heureux bénéficiaire : la presse genevoise, qui n'aura jamais été autant arrosée de pleines pages quadrichromiques que par ces deux partis, ensemble et séparément...

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mardi, 10 avril 2018

Les élections genevoises sous le couperet du quorum

VignetteElections6.jpgSévèrement urnés

Dans cinq jours, Genève aura renouvelé son parlement et sélectionné, d'entre toutes les candidates et candidats à son gouvernement, celles et ceux qui seront présentes et présents au second tour de son élection. Si vus n'avez pas encore voté, il vous reste jusqu'à jeudi soit pour le faire par correspondance. Et dimanche matin pour le faire au local de vote. Bien malin, ou bien imprudent, qui se risquera à prédire les résultats de ce scrutin : d'abord parce qu'avec un taux de participation qui devrait être inférieur à 50 % du corps électoral, et donc une abstention majoritaire, toute prédiction tient du pari hasardeux. Ensuite parce que la barrière du quorum menace la plupart des listes déposées pour le parlement : 7 %, c'est énorme, et dans le pire des cas, cela peut priver un quart des citoyennes et citoyens ayant voté de toute représentation conforme à leur choix, et en tout cas produire un parlement où les rapports de force seront décalés de ceux qui se seront exprimés dans les urnes : concrètement, un parti ayant reculé en suffrages peut ainsi progresser en sièges...

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lundi, 12 mars 2018

Qu'arrive-t-il à l'Italie qui ne lui soit déjà arrivé ?

5 Etoiles.jpgQualunquismo ?

Qu'arrive-t-il à l'Italie, qui fut l'un des lieux d'invention, de Machiavel à Gramsci, de la politique ? Avec le résultat des législatives italiennes d'il y a une semaine, on croit être revenus septante ans en arrière, au temps du "qualunquisme" et du "Fronte dell'Uomo Qualunque" (Front de l'Homme quelconque), créé fin 1944 par Guglielmo Giannini. Il y a en effet bien des points communs entre les "Cinque Stelle" de Beppe Grillo et Luigi Di Maio, quelques soient par ailleurs leurs divergences, et le Front Qualunquiste de Giannini : la défiance envers les institutions, les partis, la classe politique... Aucun parti, aucune coalition n'a obtenu la majorité des sièges au parlement, et n'est donc en mesure de former le prochain gouvernement, mais arrivé en tête de tous les partis concourant aux élections législatives italienne d'il y a huit jours, c'est au Mouvement des Cinq Etoiles que le président de la République devrait, logiquement, confier les rênes de l'Etat. Et un parti foncièrement antigouvernemental et pour le moins eurosceptique formant le gouvernement d'un des Etats fondateurs de l'Europe, grâce à une loi électorale concoctée précisément contre les Cinq Etoiles par un Premier ministre victime de sa propre loi, le paradoxe serait bien dans le droit fil de la tumultueuse histoire italienne, et de son inventivité politique. Pour le pire et le meilleur.

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mercredi, 21 février 2018

Foisonnement de listes pour les élections genevoises : Bonne santé démocratique

elections genevoises.jpgTreize listes (six de gauche, sept de droite) en lice pour les élections cantonales genevoises d'avril et mai prochain, c'est sans nul doute un signe de bonne santé démocratique, à nuancer toutefois par le taux d'abstention, qui dépassera certainement les 50 %. Mais l'abstention est un droit, au même titre que le vote. Et pour qu'elle atteigne un tel niveau, il faut bien qu'il y ait quelque responsabilité des acteurs politiques, institutionnels ou non.
Il y a donc six listes de gauche en lice. Et toujours un quorum de 7 % des suffrages, qui en condamnera probablement la moitié ou la majorité à échouer aux portes du parlement et des milliers d'électrices et d'électeurs (potentiellement plus du quart des votants) à avoir voté pour rien et n'avoir élu personne. C'est beaucoup, 7 %. Beaucoup trop, pour une élection démocratique à la proportionnelle. Il faudra  bien qu'on s'en occupe, du quorum. Pour l'abolir, purement et simplement, par une initiative populaire, puisque la constituante a été infoutue de l'abaisser à un niveau démocratiquement supportable.

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vendredi, 09 février 2018

Elections cantonales genevoises : ouverture des festivités

Constituante_1848_par_Cham.JPG

Passé les votations du 4 mars, il ne restera guère qu'un mois et demi aux partis politiques genevois pour remobiliser un électorat que happe pour encore un mois le débat sur "No Billag" (et les enjeux municipaux genevois) : Les Genevois et voises n'auront pas beaucoup de temps pour souffler : le 15 avril, ils éliront leur parlement cantonal, et procéderont au premier tour de l'élection de leur gouvernement. Les partis se sont mis en ordre ou en désordre de bataille et ont désigné leurs candidates et candidats au Conseil d'Etat (31 candidates et candidats pour 7 sièges) et au Grand Conseil (397 candidats et 224 candidates pour 100 sièges 145 candidatures de plus qu'il y a cinq ans). Record, aussi, de listes elles sont treize, dont six à gauche : les trois listes de l'Alternative (PS, Verts, Ensemble à Gauche), la liste "pour Genève" des radicaux de gauche et de La Gauche, une "Liste Femmes" et une liste anticapitaliste "Egalité et Equité". A la droite de la droite, la concurrence sera rude entre l'UDC, le MCG et le nouveau parti d'Eric Stauffer, "Genève en Marche" (qui compte bien marcher sur son ancien parti, le MCG), et les Verts libéraux et le PBD vont grignoter l'électorat de l'Entente PDC-PLR... Un champ politique fragmenté que vont labourer ces onze listes, dont seules quatre sont à l'abri du couperet d'un quorum maintenu au niveau excessivement haut de 7 % des suffrages... mais les apparentements vont manifester la persistance de trois blocs politiques : la gauche, avec les trois listes de l'Alternative (mais sans les trois autres listes), la droite, avec l'Entente PLR-PDC, les Verts libéraux et le PBD, et la droite de la droite qui n'aime pas qu'on la qualifie d'extrême-droite, avec l'UDC et le MCG (mais sans "Genève en Marche").

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mardi, 23 janvier 2018

Campagne électorale genevoise : Fisc fisc rage...

danger de tomber de haut.jpgPeut-on construire une campagne électorale sur des projets fiscaux ? C'est en tous cas ce que semblent ou veulent croire les radelibes genevois (le PLR), qui à trois mois des élections cantonales déposent trois projets de loi de baisse des impôts : le premier pour baisser de 5 % l'impôt direct sur les personnes physiques, le second et le troisième pour augmenter les déductions. Pertes totales de ressources pour les caisses publiques : plus de 100 millions de francs par an. Bon, les socialistes aussi ont leurs projets fiscaux (ils en ont déposé neuf, "pour une plus juste imposition"). -mais au moins n'y réduisent-ils pas leur credo programmatique. Et ne dénoncent-ils pas obsessionnellement le déficit budgétaire et la dette du canton, tout en déposant des projets qui vont accroître le premier et alourdit la seconde.

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vendredi, 22 décembre 2017

Election de la Generalitat de Catalogne : Bones festes, Rajoy !

elections catalanes.jpgUne majorité de sièges pour les indépendantistes, mais pas une majorité de suffrages pour l'indépendance : les Catalans ont le sens de la contradiction et de la dialectique; leurs élections régionales, convoquées par le Premier ministre Rajoy (dont le parti subit une véritable déculottée) font apparaître trois "blocs" (qui n'en sont d'ailleurs pas vraiment) : les indépendantistes (de gauche et de droite) autour de 45 % des suffrages et une majorité absolue de sièges, les unionistes (de droite) non seulement opposés à l'indépendance mais également à plus d'autonomie, à 30 % des suffrages et un petit tiers des sièges, et les fédéralistes (de gauche), partisans d'une plus grande autonomie et de la fin du centralisme, mais opposés à l'indépendance, autour de 25 % des suffrages et d'un cinquième des sièges. Mais on retrouve aussi, et toujours, une gauche et une droite, certes traversées l'une et l'autre par le clivage sur l'indépendance, mais dont la distinction n'a pas pour autant disparu : la gauche (indépendantistes et fédéralistes additionnés) est à un peu plus de 50 %, la droite (unioniste et indépendantistes additionnés) à un peu moins. Quelle que soit la clef de décryptage utilisée pour tenter de tirer quelque conclusion que ce soit de ces résultats, deux choses semblent claires : aucune majorité "unioniste" n'est possible, et le chef du gouvernement espagnol s'est pris une double baffe : d'abord, son camp "unioniste" de droite est largement dépassé par le camp "indépendantiste". Ensuite, son parti à lui, Rajoy (le PP) plonge dans le tréfond des urnes, et n'aura même pas assez d'élus pour pouvoir former un groupe...

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mercredi, 06 septembre 2017

2018, année électorale genevoise : L'enjeu unitaire

affiche PS2,jpg.jpgPour l'élection, l'année prochaine, du gouvernement cantonal, les partis politiques genevois semblent avoir adopté une "règle de trois" Les Verts présentent trois candidatures, les socialistes présentent trois candidatures, "Ensemble à Gauche" présente trois candidatures, le PLR présente trois candidatures (Pierre Maudet -à moins que Berne l'avale, Nathalie Fontanet, Alexandre de Senarclens). Ce qui nous fait déjà douze candidatures (dont neuf de gauche) pour les sept sièges du Conseil d'Etat. Et on attend la liste des candidates et candidats de l'UDC, du MCG et de la liste "pour Genève". Voire des Verts libéraux, s'ils existent encore dans notre écosystème politique. Pour autant, l'élection du gouvernement est-elle l'enjeu principal d'un scrutin qui désignera aussi le parlement ? Et quoi qu'il en soit, ces enjeux peuvent-ils être remporté par quelque camp que ce soit sans que ses composantes fassent preuve d'un minimum (on ne demande pas la lune, si on la montre du doigt) d'unité ?

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lundi, 19 juin 2017

France : Ni VIe République, ni IIIe Empire


Napoléon III.jpgPas de Macroléon III

Jean-Luc Mélenchon faisait campagne pour une VIe République ? On est toujours dans la Ve. On craignait qu'Emmanuel Macron se dote d'un parlement au furieux air de celui du Second Empire de Louis-Napoléon (premier président de la République française élu au suffrage universel, qui voulait "éteindre le paupérisme", a fait entrer la France dans le capitalisme moderne, et Nice et la Savoie dans la France) ? La menace est écartée. Avec une majorité absolue des sièges, même obtenue avec une majorité absolue d'abstentions, le président Macron et son gouvernement n'auront certes pas besoin d'aller chercher des alliés au parlement, mais leur succès électoral même les prive de tout droit à l'erreur ("la victoire nous oblige", résume le Premier ministre). Quant aux abstentionnistes, sauf à vouloir faire dire à leur non-vote quelque chose que, par définition, il ne dit pas (une opposition à Macron, par exemple), on ne peut que leur attribuer soit un consentement a priori à la victoire du vainqueur annoncé, soit une résignation à cette victoire, soit une indifférence absolue au résultat -celles et ceux qui refusent l'alternative qui leur est proposée ne s'abstiennent pas : elles et ils votent blanc ou nul. Les abstentionnistes, eux, sont forcément du côté des vainqueurs. L'abstention a été massive (à l'aune française, pas à l'aune suisse), mais elle pourrait bien résulter d'une démobilisation d'une partie de l'électorat macronien, trop sûr de la victoire. Et que ni le PS, ni la "France insoumise", ni les "Républicains", ni le Front National n'aient été capables de mobiliser leurs propres électeurs au-delà du nécessaire pour survivre politiquement, ce n'est qu'à eux qu'en revient la responsabilité.

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mardi, 13 juin 2017

Elections législatives britanniques : A qui perd, gagne

8626622.jpgDes législatives, les françaises, en ont chassé d'autres, les britanniques, aux places de choix des media, mais on peut tout de même revenir à celles qui ont ouvert les feux -elles sont tout aussi intéressantes, à leur manière : en Grande-Bretagne, on a voté à qui perd gagne, quand en France on a voté pour renforcer encore les chances de victoire de ceux dont on annonçait déjà la victoire. Donc, les conservateurs de Theresa May ont perdu la majorité absolue à la Chambre des Communes et sont contraints de passer alliance avec l'extrême-droite nord-irlandaise pour rester au pouvoir, mais ils demeurent le premier parti du Royaume-Uni, avec 42,4 % des suffrages (enfoncés, les "Marcheurs" macroniens). En face, les travaillistes de Jeremy Corbyn progressent de manière spectaculaire pour atteindre plus de 40 % des suffrages et gagner 29 sièges), mais restent minoritaires (à une quarantaine de sièges des conservateurs) et ne pourraient former un gouvernement qu'en s'alliant aux nationalistes (de gauche) écossais et irlandais, et aux libéraux. Ainsi, ceux qui ont perdu les élections gardent le gouvernement, et ceux qui les ont gagnées restent dans l'opposition. Et tout cela affaiblit considérablement la Grande-Bretagne dans sa négociation avec l'Europe sur les conditions du Brexit, que Theresa May promettait "dur". Mais là, avouons-le, une certaine Schadenfreude nous titille.

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lundi, 12 juin 2017

Législatives française : y'a-t-il encore une opposition ?

Macron, En Marche, MélenchonMacron passe et casse

Emmanuel marche sur les eaux, les transforme en vin, ressuscite les morts et remet les paralytiques en marche. Vers les urnes. Si les prémisses des législatives (leur premier tour, même avec un taux d'abstention très... suisse) se confirment au second, Macron disposera à l'Assemblée Nationale d'une très large majorité absolue de députés de son parti (qui n'en est d'ailleurs même pas encore un), trois jours après que Theresa May ait perdu la sienne aux Communes britanniques. En moins d'un mois, il aura triomphé à la présidentielle et aux législatives, et à celles-ci avec pour seul argument de lui "donner une majorité". Du jamais vu, du moins dans cette ampleur, depuis 1981, l'élection de Mitterrand et la "vague rose" qui s'ensuivit. Macron aura ainsi les moyens d'imposer sa ligne politique et de réaliser son programme (puisque contrairement à l'image qu'on se satisfaisait de lui avant le mois dernier, il en a une et il en a un : le "social-libéralisme", la "flexisécurité", et quelque chose qui tient à la fois du gaullisme et du bonapartisme). La question qui se pose désormais étant celle-ci : quelle opposition pourra faire face à Macron, à son gouvernement et à ses projets ?

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mardi, 06 juin 2017

Elections cantonales genevoises 2018 : Préliminaires

sans vous rien ne se fera.jpgLes partis politiques genevois se préparent (on n'a pas dit se mettent "En Marche", quoique certains lorgnent du côté de la France) aux élections cantonales de l'année prochaine. A gauche, les Verts et les socialistes ont bouclé leurs listes pour le Conseil d'Etat (et, s'agissant des socialistes, pour le Grand Conseil) et du côté d'"Ensemble à Gauche", sa principale composante, solidaritéS a écarté, lors d'une assemblée générale rassemblant moins de cinquante personnes, le maire de Genève, Rémy Pagani, de sa liste pour le Conseil d'Etat, liste qui comprendra le secrétaire du parti, Pablo Cruchon, et la députée Jocelyne Haller. SolidaritéS explique que ce refus de présenter Rémy Pagani n'est pas une "sanction", mais un "choix stratégique de renouvellement". Rémy Pagani ne fait "aucun commentaire", mais Souhail Mouhanna, ancien député et ancien président du Cartel intersyndical de la fonction publique, considère que l'éviction de Pagani est une "erreur monumentale", car il était la "meilleure chance" pour sa formation (ou la coalition dont elle fait partie) d'obtenir un maximum de soutien des électeurs. A supposer toutefois que l'élection du Conseil d'Etat importe à solidaritéS, ce qui n'est pas évident : sa présence du Grand Conseil lui importe certainement beaucoup plus : elle y présente 36 candidatures, en respectant, comme les socialistes et les Vsrts, la parité femmes-hommes. Elle se donne pour objectif, fort optimiste, d'obtenir une quinzaine de sièges, alors que l'enjeu pour elle sera plutôt d'obtenir le quorum de 7 % nécessaire pour pouvoir rester au parlement cantonal... Enfin, les Radicaux de Gauche et La Gauche promeuvent une "liste citoyenne de large rassemblement" dont on ne connaît pas les contours, sinon qu'elle devrait porter comme titre "Liste pour Genève", ce qui après tout est assez logique (quoique politiquement peu distinctif) pour des élections genevoises. Tout cela n'étant évidemment que des préliminaires, dont on sait qu'en politique aussi on attend qu'y succède quelque chose de plus... consistant... genre alliance de toute la gauche ?

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lundi, 15 mai 2017

Trois candidatures socialistes au Conseil d'Etat genevois

votez sportif, votez PS.jpgChoisir ou ne pas choisir, that is the question

Le PS genevois a donc décidé de présenter deux candidates (Anne Emery Torracinta et Sandrine Salerno) et un candidat (Thierry Apothéloz) au gouvernement de la Parvulissime République (où il ne dispose plus que d'un siège).Trois candidatures au premier tour, qui pourront être maintenues toutes les trois au deuxième tour. Sont-ce les candidatures que nous avons soutenues par nos votes ? Peu importe : ce sont celles qui ont été choisies, et qu'on va donc soutenir. Pas par discipline, mais par ce qui nous tient lieu de cohérence : on ne peut pas défendre (même sans la défendre tout en la défendant) une liste de trois candidatures pour ne pas les soutenir ensuite. Il faut au passage saluer la modestie et la retenue du Comité directeur du PSG : il aurait pu nous proposer de présenter les six candidates et candidats disponibles, il nous a proposé de n'en présenter que quatre, comme en 2013 -et donc d'en virer deux. Mais présenter quatre candidates et candidats participe de la même logique qu'en présenter six : c'est renoncer à faire nous-mêmes le choix déterminant, et le laisser à l'électorat du premier tour -y compris à l'électorat de droite.  En somme, des "primaires" qui n'osent pas dire leur nom, mais qui aboutissent, comme celles qui osent dire leur nom, à ce que qu'un parti politique renonce à désigner lui-même celles et ceux qui, finalement, vont le représenter. On vous fait grâce de l'évocation de l'état dans lequel ce processus d'abandon a conduit le PS français -mais aussi, y'a une justice, la droite française.

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vendredi, 12 mai 2017

Le coup de pied Macron dans la fourmilière politique française : Roboratif !

L'élection de Macron, même acquise contre Le Pen et grâce à Le Pen, a tout de même un puissant effet roboratif : celui d'un grand coup de pied dans la fourmilière. ça écrase des fourmis, mais ça oblige celles qui restent à reconstruire leur monde, si elles ne veut pas crever. Et il y a du boulot. Parce que la défaite de toutes les forces politiques que Macron décrédibilise, fragmente, émiette et ringardise -c'est à dire à peu près toutes les forces politiques présentes dans les institutions, elles en sont tout de même les premières responsables. Or il ne semble pas évident qu'elles en aient pris conscience : pour nous en tenir à la gauche, c'est, le soir de l'élection de Macron, un Mélenchon lugubre en appelant à la contagion du bonheur en donnant l'impression de vouloir avaler une chope de cigüe, et ce sont les éléphants socialistes, les Cambadélis, les Dray, arrivés au PS dans les années septante maigres et fiévreux et qu'on retrouve quarante ans plus tard gras à lard faisant la tournée des popotes médiatiques pour nier l'évidence de leur propre décrépitude politique... Entrer en politique en Saint-Just et en sortir en Louis XVIII, le parcours est édifiant.

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lundi, 08 mai 2017

Présidentielle française : Macron élu sans surprise et sans enthousiasme

pas de victoire sans lutte.jpgLe vent du boulet

Au terme de la pire campagne électorale qu'ait connu la Ve République française, et de la plus faible participation électorale à une présidentielle depuis 1969 (quoiqu'une participation de 75 % ailleurs qu'en France, ce serait un tsunami électoral...) Emmanuel Macron a été élu à sa présidence. A une majorité très large, mais en trompe-l’œil : il n'obtient pas une majorité absolue du corps électoral (les 47 millions d'électrices et d'électeurs inscrit-e-s), compte tenu de l'abstention, des votes nuls et des votes blancs. Il atteint certes une majorité de presque deux tiers des suffrages exprimés, mais parce qu'en face, il y avait Le Pen. Ni contre Fillon, ni contre Mélenchon Macron n'aurait gagné avec une telle marge -peut-être même n'aurait-il d'ailleurs même pas gagné contre Mélenchon. Et n'importe lequel des "grands" candidats éliminés au premier tour aurait gagné contre Le Pen -mais sans doute avec une majorité moindre. L'élection de Macron est évidemment une défaite pour Le Pen ("une bonne claque aux mauvaises odeurs"), mais c'est qu'elle a fait campagne pour Macron : plus on la voyait et l'entendait, mieux on comprenait à qui et quoi on avait affaire. Elle a elle-même (était-ce involontaire ?) construit sa propre défaite. Il suffisait de la montrer pour qu'elle tombe, il suffisait pour éloigner la menace de son élection de laisser remonter, jusqu'au spectacle de l'ultime débat télévisé (où elle aura tout de même réussi à faire pire que Trump), tout le refoulé de l'extrême-droite française, submergeant la stratégie de "dédiabolisation" et la prétention de l'héritière d'être "la candidate du peuple". Au soir de sa défaite à la présidentielle, Le Pen s'est posée en cheffe de l'opposition à Macron ? Ce sera là encore le meilleur service qu'elle puisse lui rendre.
Reste que l'extrême-droite n'a jamais été à un niveau aussi élevé lors d'une élection présidentielle française, et qu'il y tout de même de quoi s'interroger, et s'interroger sérieusement, rationnellement, politiquement, sur ce qui peut bien pousser un tiers des citoyennes et des citoyens d'un pays comme la France, avec l'histoire qu'elle a et la passion du politique qu'elle cultive, à voter pour ça... Le Pen était un boulet pour elle-même, mais on en a quand même senti le vent.

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vendredi, 05 mai 2017

A propos de la mondialisation et de ses faux ennemis

internationalisme.jpgL'alternative ? L'internationalisme !

L'élection présidentielle française se jouera-t-elle dimanche sur l'affrontement théâtral des partisans d'une "mondialisation" peinte en rose et des faux ennemis réactionnaires de la mondialisation réelle (dont la France est un acteur considérable depuis les premiers temps du colonialisme ? "J'ai entendu pendant toute la campagne (...) l'incompréhension sur la mondialisation. Je vais la prendre en compte" assure Emmanuel Macron. Merci, Sire, mais il faudrait peut-être commencer à s'entendre sur le concept mème de "mondialisation", devenue une sorte de totem, de tabou ou de monstre, quand elle n’est rien d’autre que l’extension à l’ensemble de la planète d’activités, de normes et de processus de décisions auparavant limités à un espace géographique et social : le "monde occidental développé". En tant que telle, la mondialisation est à la fois un projet et un processus. Comme processus, elle est dans la logique du capitalisme, et comme projet, elle est constitutive de la capacité du capitalisme à s’imposer aux formes anciennes de rapporte de production, en levant les obstacles nationaux à la circulation du capital. La mondialisation est la condition même de la pérennité du capitalisme, et de sa maîtrise du politique : une poignée de financiers peuvent, en quelques clics, transférer des fonds en telle masse qu’ils sont en mesure de décider des politiques économiques et sociales des Etats. Mais il y a dans l’usage même du terme de « mondialisation » pour désigner la forme actuelle du capitalisme quelque chose qui relève d’un détournement de sens : la mondialisation devrait viser à l’unité (non à l’unicité) de l’humanité et à l’ouverture de tous sur tous, vieil horizon socialiste, alors que la mondialisation capitaliste ne vise qu’à la mainmise de quelques-uns sur tout et sur tous. Dès lors, s'étant entendus sur le sens du concept de "mondialisation", on peut essayer de s'entendre sur ce qui peut en être l'alternative, et qui est aussi une mondialisation -la nôtre : l'internationalisme.

 

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mardi, 02 mai 2017

Macron-Le Pen, kif kif ?

Capture.JPGQuand les états d'âme de la gauche française nous gonflent grave

Il faut bien l'avouer : les états d'âme de la gauche française (et circonvoisine) face au choix électoral entre Macron et Le Pen commencent à nous gonfler grave. Il n'y aura donc pas vraiment de "front républicain" contre la candidate du FN au deuxième tour de la présidentielle française, dimanche. Certes, les principaux candidats ont tous appelé à "faire barrage à l'extrême-droite", Fillon et Hamon appelant clairement à, pour cela, voter pour Emmanuel Macron, et les principaux partis (la "France insoumise" ne se concevant pas comme un parti) à "battre Marine Le Pen" (les "Républicains" ne se résolvant pas à prononcer le nom de Macron). Mais après le premier tour déjà une bonne partie de l'électorat de François Fillon et de celui de Nicolas Dupont-Aignan partait grossir les rangs de celui de la candidate d'extrême-droite, pendant qu'une autre bonne partie de ces deux électorats, mais aussi de celui de Jean-Luc Mélenchon, menaçait de s'abstenir ou de voter blanc. C'était déjà le mot d'ordre du PCF en 1969 -mais lui refusait de choisir ("blanc bonnet, bonnet blanc") entre Pompidou et Poher, c'est-à-dire entre deux candidats de la droite démocratique, pas ("blanc bonnet, bonnet brun") entre un candidat centriste et une candidate d'extrême-droite. Et en 2002, toute la gauche, de son aile la plus centriste à la gauche révolutionnaire, avait avec la droite démocratique appelé à voter  contre Le Pen, pour Chirac, quitte à se contenter du "contre" et à ne le traduire en"pour" qu'après s'être bouché le nez. Serait-on passé du "tous contre Le Pen" à "tous contre Macron" ? O tempora, o mores, comme disait Ciceron...

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12:33 Publié dans élections, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : macron, le pen, mélenchon, gauche | |  Facebook | | | |