jeudi, 18 octobre 2018

Une gauche socialiste à reconstruire

quidautre.jpgPercées vertes et déroutes socialistes dans trois élections en Europe

Dimanche, en Bavière, en Flandre belge et au Luxemburg, des élections régionales, municipales et législative (selon les cas) ont vu la montée en puissance des Verts au détriment, surtout, des sociaux-démocrates. Ce "dimanche vert" et ce quasi "désastre rose" ne peuvent s'expliquer par la seule actualité climatique : ils s'expliquent aussi par la perte par les socialistes de leur boussole politique, entre ralliement plus ou moins honteux au libéralisme (disons : le "social-libéralisme" survivant à ses inventeurs, Blair et Schroeder) et volonté de retrouver les racines idéologiques et programmatiques du socialisme. En Bavière, le SPD tombe au-dessous de 10 % des suffrages, est même dépassé par l'extrême-droite de l'AFD alors que les Verts, avec près de 18 % des suffrages, deviennent la deuxième force politique du Land, derrière la CSU catho-conservatrice (qui elle aussi a subi une lourde défaite électorale à force de courir après l'extrême-droite en reprenant quasiment son programme xénophobe). En Belgique, les socialistes ne résistent qu'en Wallonie et à Bruxelles (où les Verts deviennent aussi, derrière le PS, la deuxième force politique), mais s'effondrent en Flandre. Qu'est-ce que cette déroute socialiste et cette percée verte disent de l'état de la gauche (et particulièrement de la social-démocratie) en Europe ? Pour le moins, qu'elle est en reconstruction...

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mardi, 26 juin 2018

Réelection d'Erdogan par la moitié de la Turquie : D'un "Atatürk" à l'autre ?

Atatürk Erdogan.jpg

Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis quinze ans, a donc été réélu dès le premier tour pour cinq ans à la présidence de la Turquie  avec 52,5 % des suffrages exprimés. Le social-démocrate Muharrem Ince, qui portait les couleurs du Parti républicain du peuple (CHP, kémaliste), a obtenu 30,64 % des voix, et le candidat (emprisonné) du HDP (gauche kurde) 8 %. Il ne faisait guère de doute que le Sultan serait resultanisé, la seule question étant de savoir si ce serait au premier tour ou au second. Ce fut donc au premier tour, mais sans triomphe : pour obtenir 52,5 % des suffrages, il a quand même fallu bourrer un peu les urnes, écarter des observateurs, dissuader des électeurs (notamment au Kurdistan) et accessoirement, maintenir en prison un des candidats à la présidence...
Aux législatives qui se tenaient en même temps que la présidentielle, la coalition formée par l’AKP, le parti de M. Erdogan, et le parti ultranationaliste MHP a récolté quelque 53,6 % des voix (le MHP faisant un score de 11 %) et la majorité absolue des sièges (mais pas la majorité qualifiée pour pouvoir modifier la constitution). L’alliance hétéroclite de plusieurs partis d’opposition (social-démocrate kémaliste, nationaliste de droite, islamiste) récolte 34 %. Le parti de gauche HDP (Parti démocratique des peuples), favorable à la cause kurde, obtient 11 % des suffrages, et siégera donc, avec 68 sièges, à l'Assemblée nationale -un parlement dépouillé de l'essentiel de ses pouvoirs (même budgétaires) par la présidentialisation du régime imposée par Erdogan. Dans cinq ans, le nouveau Sultan pourra célébrer en tant que président le centenaire de l'instauration de la République de Turquie. Par Mustapha Kemal. D'un "Père des Turcs" ("Atatürk") à un autre ?

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jeudi, 21 juin 2018

Selahattin Demirtas : « Je continuerai à lutter »

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Election présidentielle turque :
Selahattin Demirtas : « Je continuerai à lutter »


Incarcéré depuis le 4 novembre 2016 au Centre pénitentiaire de haute sécurité d’Edirne en Turquie, Selahattin Demirtas a écrit ce texte mardi 12 juin et l’a transmis au « Monde ». En attente d’un procès, il risque une peine de prison de cent quarante-deux ans, selon le code pénal turc. Turc d’origine kurde, il préside le Parti démocratique des peuples et a depuis sa prison présenté sa candidature à l’élection présidentielle turque du 24 juin.

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mercredi, 09 mai 2018

Conseil d'Etat genevois : qui fera quoi ?

Capture.JPGLe message et le messager


Les sept élues et élus au Conseil d'Etat genevois ont jusqu'à la fin mai pour présenter au Grand Conseil la répartition entre eux des départements. Et le Grand Conseil se prononcera sur cette répartition. Et s'il la refuse, il faudra lui en proposer une nouvelle. Hier, la "Tribune (encore) de Genève" titrait : "Comment composer le Conseil d'Etat idéal". On pourrait évidemment répondre qu'il n'y a pas de Conseil d'Etat "idéal", qu'il n'y a que des Conseils d'Etat réels, et qu'ils ont le plus souvent assez peu de rapports l'un avec les autres. Ou alors que le Conseil d'Etat idéal, c'est forcément celui qui a été élu. Et que ce n'est pas la presse qui le compose mais le peuple (ou plutôt la part minoritaire de celles et ceux qui y disposent du droit d'élire : le mieux élu du second tour, Mauro Poggia, ne l'a été que par un peu plus de 10 % de la population genevoise...). Quant à savoir qui fera quoi dans le nouveau gouvernement genevois, ce n'est certes pas sans importance, mais ce n'est pas cela qui devra déterminer la position de la gauche face aux propositions du collège gouvernemental, mais le contenu de ces propositions. Le message, plus que le messager.

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lundi, 07 mai 2018

Election du Conseil d'Etat genevois : Normalisation

avuedenezilestcinqheures.jpgElection du Conseil d'Etat genevois : Normalisation

Genève n'a pas fait la révolution, hier. D'ailleurs, elle ne voulait pas la faire, et même la gauche avait calibré ses ambitions à l'aune du possible : gagner un siège. Objectif atteint. On ne révolutionne pas, on rééquilibre. Mauro Poggia peut être satisfait, qui espérait se retrouver dans un Conseil d'Etat dont il serait le "médiateur" -entendez : le pivot, le faiseur de majorité entre trois élue et élus de gauche et trois élue et élus de droite, ce qui serait "logique avec le parlement en présence" où ni l'Entente ni l'Alternative ne sont majoritaires, ni peuvent l'être sans l'apport de ce qui reste du MCG. Il faut bien avouer que la gauche de la gauche n'a pas manifesté une envie contagieuse d'êtrepartie prenante d'une majorité gouvernementale  : Sa candidate, Jocelyne Haller, ne fait qu'un peu plus de la moitié des suffrages de Thierry Apothéloz, et est même distancée par Luc Barthassat. A défaut de morale, il y a là une logique : si l'envie d'être élu ne suffit pas à l'être (sinon Barthassat l'aurait été), l'absence d'envie de l'être suffit à ne pas l'être...

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vendredi, 04 mai 2018

Election du gouvernement genevois : Deux tiers d'abstention ?

votez!.jpgMercredi soir à minuit, à quatre jour du scrutin, le taux de participation au deuxième tour de l'élection du Conseil d'Etat stagnait misérablement à 16,7%. Parti comme c'est parti, on devrait avoir deux tiers d'abstention. Il est désormais trop tard pour voter par correspondance. Si comme apparemment beaucoup de Genevois vous n'avez reçu votre bulletin de vote qu'aujourd'hui, il va falloir vous rendre au local de vote de votre quartier ou de votre commune, dimanche matin de dix heures à midi. Et si vous ne l'avez pas reçu du tout, ce matériel, comme l'auteur de ces lignes à l'heure où il les écrit ? Vous revêtez une robe de bure, vous prenez un cierge, vous vous couverez la tête de cendres et vous vous rendez au service des votations et élections supplier qu'on vous donne le moyen d'exercer votre droit de vote -après vous être platement excusé de vouloir l'exercer, ce droit ?

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mercredi, 02 mai 2018

Elections genevoises : eine Grosse Koalition ?

Bandeau Conseil d'Etat.jpg


Lieber eine Linksmehreit

En édito, lundi, "Le Temps" plaide pour une "Grosse Koalition" à Genève : "Le Conseil d'Etat sorti des urnes doit s'inspirer de l'exemple allemand" d'un accord entre la démocratie-chrétienne et la social-démocratie. Avec Pierre Maudet dans le rôle d'Angela Merkel pour "faire travailler les ministres sur un programme de gouvernement où l'intérêt partisan cède devant celui du canton". Concrètement, ça veut dire quoi ? Faire avaler à la gauche la traversée du lac ou un taux d'imposition des entreprises calibré sur la concurrence avec Vaud ? C'est ça, "l'intérêt du canton ?". D'ailleurs, on rappellera que ce qui a provoqué la "Grosse Koalition" allemande, c'est surtout la crainte d'un retour, faute de gouvernement, à de nouvelles élections que l'extrême-droite pourrait gagner... Or à Genève, elle vient de les perdre, les élections... Alors, plutôt qu'une Koalition, il siérait de donner à Genf eine Mehreit. Lieber eine Linksmehreit... Et on peut le faire...

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lundi, 30 avril 2018

Elections : Un spectre hante Genève :

Bandeau Conseil d'Etat.jpg

Petites peurs entre amis

On a vu, samedi soir, au Téléjournal,, une assemblée de l'Entente genevoise (le PDC et le PLR, donc) exorciser cette menace spectrale : "deux socialistes au Conseil d'Etat ?"... Et l'auditoire, bouleversé par cette évocation cataclysmique, de clamer un "noooon !" horrifié. Deux socialistes (et un Vert) dans un Conseil d'Etat de sept membres, c'est quoi, où, quand ? Le début de la révolution à Petrograd il y a un siècle ? Pas vraiment : c'est le deuxième tour de l'élection d'un gouvernement cantonal de la Confédération Helvétique en 2018. Et ils y présentent qui, à ce gouvernement, les socialistes ? Rosa Luxemburg et Ernesto "Che" Guevara ? Non : Anne Emery-Torracinta et Thierry Apothéloz... Alors bon, d'accord, entre le premier et le deuxième tour d'une élection, il convient de mobiliser l'électorat. Mais on dit bien : de le mobiliser, pas de lui faire prendre un glissement à gauche pour la chevauchée des cavaliers de l'Apocalypse...

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lundi, 23 avril 2018

Election du Conseil d'Etat genevois : Clarifications

normal_gauche-droite.jpgLe premier tour de l'élection du Conseil d'Etat a joué son rôle : il a clarifié les enjeux, personnels et collectifs. A droite, le PLR Alexandre de Senarclens, arrivé en dixième position, s'est retiré de la course -ce qui a pour conséquence l'abandon par le PLR de tout espoir de gagner un siège (quitte à le prendre à l'allié PDC) : pour lui, l'enjeu, désormais, c'est de garder son deuxième siège, le trône de Maudet ayant été pourvu par Maudet. Pour le PS, en revanche, l'enjeu est de récupérer son deuxième siège et de faire élire Thierry Apothéloz aux côtés d'Anne Emery-Torraccinta, Sandrine Salerno s'étant effacée, malgré son bon résultat personnel (elle devance le sortant Barthassat et talonne la PLR Fontanet), pour ne pas diviser l'électorat socialiste.

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vendredi, 20 avril 2018

La gauche genevoise invente l'unité duale

votez!.jpg16 % d'unité

Pour l'élection du Conseil d'Etat, la gauche genevoise se présente sur deux "listes" : une socialiste et verte, et une autre d'"Ensemble à Gauche", chaque liste appelant à voter pour l'autre en plus de voter pour elle. On a donc Anne Emery-Torracinta, Thierry Apothéloz et Antonio Hodgers sur la première liste, Jocelyne Haller sur la deuxième. "Ensemble à Gauche" voulait que les socialistes et les Verts s'engagent à défendre un taux d'imposition des entreprises de 16 %, en a fait une condition, mais le PS et les Verts ont décidé de s'en tenir au principe de "zéro pertes fiscales", d'ailleurs porté par une initiative lancée par toute la gauche politique et syndicale, y compris "Ensemble à Gauche". ça valait la peine de renoncer à la force symbolique d'une liste unitaire dans une campagne qui offre quelques possibilités de prendre, un, voire deux sièges (et donc une majorité au Conseil d'Etat) à la droite, et d'y renoncer sous prétexte d'une divergence sur un taux ?

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mardi, 17 avril 2018

Election du Conseil d'Etat genevois, deuxième Round : un choix clair

savate.jpgDans une Assemblée générale compacte, le PS genevois a décidé, sans coup férir et sans débat, de présenter la double candidature d'Anne Emery-Torracinta et de Thierry Apothéloz au Conseil d'Etat, Sandrine Salerno s'étant retirée (respect...) pour renforcer les chances d'élection des deux candidats socialistes, et donc de la reconquête d'un siège perdu, alors même qu'elle avait obtenu plus de voix que le PDC Barthassat, figurant pourtant sur la liste unique de l'Entente. En même temps, le PS a confirmé, sans vote, son choix d'une liste unique avec les Verts (et Antonio Hodgers) et "Ensemble à Gauche", (et Jocelyne Haller). Ainsi, la gauche genevoise revendique-t-elle une majorité gouvernementale, face à un parlement sans majorité, où la gauche détient un siège de plus que la droite démocratique, et où la droite populiste suisse (UDC) et genevoise (MCG) a perdu douze de ses 31 sièges... Excellentes choses, pour un choix clair, le 6 mai : la droite, en effet, revendique elle aussi une majorité gouvernementale, sur la base d'un programme de casse sociale revendiquée -elle a obtenu pour cela le soutien d'Eric Stauffer. Et de ses sponsors brésilien et thaïlandais ?

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lundi, 16 avril 2018

Elections cantonales genevoises : Normalisation ?

elephant-rose-01.jpgNos craintes étaient infondées, nos espoirs aussi, d'ailleurs (mais ils étaient plus ténus) : les élections genevoises de ce week-end ont un peu "normalisé" le parlement de Piogre, et présagé d'un rééquilibrage de son gouvernement. Au Grand Conseil, La gauche gagne sept sièges, la droite démocratique gagne cinq sièges, l'extrême droite perd douze sièges. A gauche les Verts effacent leur défaite de 2013, le PS continue de se réinstaller, petit à petit, à son niveau "normal" et "Ensemble à Gauche" se maintient au parlement. A droite, le PLR efface lui aussi sa défaite de 2015 (c'était l'effet de la fusion entre radicaux et libéraux) et le PDC résiste à l'érosion. A la droite de la droite, le MCG paie cash la scission staufférienne et l'UDC, très faible à Genève, recule. On retrouve ainsi une gauche à 40 % des suffrages (et 41 sièges), une droite démocratique presque au même niveau (38 % et 40 sièges) et une droite populiste, avec une composante d'extrême-droite, à 17 % et 19 sièges. Franchement, ça aurait pu être pire.

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vendredi, 13 avril 2018

Genève : Petite campagne, petit vote, programme de casse

droite-gauche.jpgA droite toute ?

ça vote petitement, pour les élections genevoises de ce week-end : mercredi soir, le taux de participation se traînait à 22,9% (soit 60'268 votes enregistrés). C'est bien peu, même si c'est à hauteur des élections cantonales précédentes. Il ne reste plus que dimanche, de 10 heures à midi, pour voter, dans les locaux de vote. A midi, les Genevoises et Genevois auront élu leur nouveau parlement. Les Genevois, les Genevoises ? Disons plutôt autour de 40 % de celles et ceux qui ont le droit de vote et qui ne constituent pas même la moitié de la population. On reviendra ailleurs sur ce que cela signifie de l'état d'une démocratie et de la représentativité de l'une de ses institutions (le parlement). On se contentera ici de rappeler que la droite, qui a su s'unir pour l'élection du Conseil d'Etat alors que la gauche en a été infoutue, a un vrai programme de casse sociale, dont l'énoncé devrait suffire à réveiller l'instinct unitaire de l'électorat de gauche...

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mercredi, 11 avril 2018

Quand on GeM, on ne compte pas

veau d'or.jpgDes électeurs en or

Le veau d'or bourrera-t-il les urnes genevoises, qu'on finira de remplir dimanche à midi pour l'élection du Grand Conseil et le premier tour de celle du Conseil d'Etat ? L'électeur de "Genève en Marche", ou de l'un ou l'autre (ou des deux ensemble) de ses candidats au Conseil d'Etat, Eric Stauffer et Ronald Zacharias, cet électeur en tout cas vaut de l'or (et du coup, celui du MCG aussi, puisque l'ancien parti de Stauffer claque lui aussi un pognon fou pour éviter de se faire lourder du parlement par le nouveau parti du même Stauffer -sans même que celui ait pour cela besoin d'y entrer à sa place). A eux deux, GeM et MCG auront dépensé pour leur campagne électorale plus que tous les autres partis réunis. On ne sait pas si ça leur donnera à tous les deux (ou à l'un des deux aux dépens de l'autre) de pouvoir former un groupe parlementaire, mais leur prodigalité électorale aura au moins eu un heureux bénéficiaire : la presse genevoise, qui n'aura jamais été autant arrosée de pleines pages quadrichromiques que par ces deux partis, ensemble et séparément...

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mardi, 10 avril 2018

Les élections genevoises sous le couperet du quorum

VignetteElections6.jpgSévèrement urnés

Dans cinq jours, Genève aura renouvelé son parlement et sélectionné, d'entre toutes les candidates et candidats à son gouvernement, celles et ceux qui seront présentes et présents au second tour de son élection. Si vus n'avez pas encore voté, il vous reste jusqu'à jeudi soit pour le faire par correspondance. Et dimanche matin pour le faire au local de vote. Bien malin, ou bien imprudent, qui se risquera à prédire les résultats de ce scrutin : d'abord parce qu'avec un taux de participation qui devrait être inférieur à 50 % du corps électoral, et donc une abstention majoritaire, toute prédiction tient du pari hasardeux. Ensuite parce que la barrière du quorum menace la plupart des listes déposées pour le parlement : 7 %, c'est énorme, et dans le pire des cas, cela peut priver un quart des citoyennes et citoyens ayant voté de toute représentation conforme à leur choix, et en tout cas produire un parlement où les rapports de force seront décalés de ceux qui se seront exprimés dans les urnes : concrètement, un parti ayant reculé en suffrages peut ainsi progresser en sièges...

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lundi, 12 mars 2018

Qu'arrive-t-il à l'Italie qui ne lui soit déjà arrivé ?

5 Etoiles.jpgQualunquismo ?

Qu'arrive-t-il à l'Italie, qui fut l'un des lieux d'invention, de Machiavel à Gramsci, de la politique ? Avec le résultat des législatives italiennes d'il y a une semaine, on croit être revenus septante ans en arrière, au temps du "qualunquisme" et du "Fronte dell'Uomo Qualunque" (Front de l'Homme quelconque), créé fin 1944 par Guglielmo Giannini. Il y a en effet bien des points communs entre les "Cinque Stelle" de Beppe Grillo et Luigi Di Maio, quelques soient par ailleurs leurs divergences, et le Front Qualunquiste de Giannini : la défiance envers les institutions, les partis, la classe politique... Aucun parti, aucune coalition n'a obtenu la majorité des sièges au parlement, et n'est donc en mesure de former le prochain gouvernement, mais arrivé en tête de tous les partis concourant aux élections législatives italienne d'il y a huit jours, c'est au Mouvement des Cinq Etoiles que le président de la République devrait, logiquement, confier les rênes de l'Etat. Et un parti foncièrement antigouvernemental et pour le moins eurosceptique formant le gouvernement d'un des Etats fondateurs de l'Europe, grâce à une loi électorale concoctée précisément contre les Cinq Etoiles par un Premier ministre victime de sa propre loi, le paradoxe serait bien dans le droit fil de la tumultueuse histoire italienne, et de son inventivité politique. Pour le pire et le meilleur.

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mercredi, 21 février 2018

Foisonnement de listes pour les élections genevoises : Bonne santé démocratique

elections genevoises.jpgTreize listes (six de gauche, sept de droite) en lice pour les élections cantonales genevoises d'avril et mai prochain, c'est sans nul doute un signe de bonne santé démocratique, à nuancer toutefois par le taux d'abstention, qui dépassera certainement les 50 %. Mais l'abstention est un droit, au même titre que le vote. Et pour qu'elle atteigne un tel niveau, il faut bien qu'il y ait quelque responsabilité des acteurs politiques, institutionnels ou non.
Il y a donc six listes de gauche en lice. Et toujours un quorum de 7 % des suffrages, qui en condamnera probablement la moitié ou la majorité à échouer aux portes du parlement et des milliers d'électrices et d'électeurs (potentiellement plus du quart des votants) à avoir voté pour rien et n'avoir élu personne. C'est beaucoup, 7 %. Beaucoup trop, pour une élection démocratique à la proportionnelle. Il faudra  bien qu'on s'en occupe, du quorum. Pour l'abolir, purement et simplement, par une initiative populaire, puisque la constituante a été infoutue de l'abaisser à un niveau démocratiquement supportable.

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vendredi, 09 février 2018

Elections cantonales genevoises : ouverture des festivités

Constituante_1848_par_Cham.JPG

Passé les votations du 4 mars, il ne restera guère qu'un mois et demi aux partis politiques genevois pour remobiliser un électorat que happe pour encore un mois le débat sur "No Billag" (et les enjeux municipaux genevois) : Les Genevois et voises n'auront pas beaucoup de temps pour souffler : le 15 avril, ils éliront leur parlement cantonal, et procéderont au premier tour de l'élection de leur gouvernement. Les partis se sont mis en ordre ou en désordre de bataille et ont désigné leurs candidates et candidats au Conseil d'Etat (31 candidates et candidats pour 7 sièges) et au Grand Conseil (397 candidats et 224 candidates pour 100 sièges 145 candidatures de plus qu'il y a cinq ans). Record, aussi, de listes elles sont treize, dont six à gauche : les trois listes de l'Alternative (PS, Verts, Ensemble à Gauche), la liste "pour Genève" des radicaux de gauche et de La Gauche, une "Liste Femmes" et une liste anticapitaliste "Egalité et Equité". A la droite de la droite, la concurrence sera rude entre l'UDC, le MCG et le nouveau parti d'Eric Stauffer, "Genève en Marche" (qui compte bien marcher sur son ancien parti, le MCG), et les Verts libéraux et le PBD vont grignoter l'électorat de l'Entente PDC-PLR... Un champ politique fragmenté que vont labourer ces onze listes, dont seules quatre sont à l'abri du couperet d'un quorum maintenu au niveau excessivement haut de 7 % des suffrages... mais les apparentements vont manifester la persistance de trois blocs politiques : la gauche, avec les trois listes de l'Alternative (mais sans les trois autres listes), la droite, avec l'Entente PLR-PDC, les Verts libéraux et le PBD, et la droite de la droite qui n'aime pas qu'on la qualifie d'extrême-droite, avec l'UDC et le MCG (mais sans "Genève en Marche").

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mardi, 23 janvier 2018

Campagne électorale genevoise : Fisc fisc rage...

danger de tomber de haut.jpgPeut-on construire une campagne électorale sur des projets fiscaux ? C'est en tous cas ce que semblent ou veulent croire les radelibes genevois (le PLR), qui à trois mois des élections cantonales déposent trois projets de loi de baisse des impôts : le premier pour baisser de 5 % l'impôt direct sur les personnes physiques, le second et le troisième pour augmenter les déductions. Pertes totales de ressources pour les caisses publiques : plus de 100 millions de francs par an. Bon, les socialistes aussi ont leurs projets fiscaux (ils en ont déposé neuf, "pour une plus juste imposition"). -mais au moins n'y réduisent-ils pas leur credo programmatique. Et ne dénoncent-ils pas obsessionnellement le déficit budgétaire et la dette du canton, tout en déposant des projets qui vont accroître le premier et alourdit la seconde.

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vendredi, 22 décembre 2017

Election de la Generalitat de Catalogne : Bones festes, Rajoy !

elections catalanes.jpgUne majorité de sièges pour les indépendantistes, mais pas une majorité de suffrages pour l'indépendance : les Catalans ont le sens de la contradiction et de la dialectique; leurs élections régionales, convoquées par le Premier ministre Rajoy (dont le parti subit une véritable déculottée) font apparaître trois "blocs" (qui n'en sont d'ailleurs pas vraiment) : les indépendantistes (de gauche et de droite) autour de 45 % des suffrages et une majorité absolue de sièges, les unionistes (de droite) non seulement opposés à l'indépendance mais également à plus d'autonomie, à 30 % des suffrages et un petit tiers des sièges, et les fédéralistes (de gauche), partisans d'une plus grande autonomie et de la fin du centralisme, mais opposés à l'indépendance, autour de 25 % des suffrages et d'un cinquième des sièges. Mais on retrouve aussi, et toujours, une gauche et une droite, certes traversées l'une et l'autre par le clivage sur l'indépendance, mais dont la distinction n'a pas pour autant disparu : la gauche (indépendantistes et fédéralistes additionnés) est à un peu plus de 50 %, la droite (unioniste et indépendantistes additionnés) à un peu moins. Quelle que soit la clef de décryptage utilisée pour tenter de tirer quelque conclusion que ce soit de ces résultats, deux choses semblent claires : aucune majorité "unioniste" n'est possible, et le chef du gouvernement espagnol s'est pris une double baffe : d'abord, son camp "unioniste" de droite est largement dépassé par le camp "indépendantiste". Ensuite, son parti à lui, Rajoy (le PP) plonge dans le tréfond des urnes, et n'aura même pas assez d'élus pour pouvoir former un groupe...

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