jeudi, 20 avril 2017

Qui a peur du Grand Mélenchon Loup ?

couteau_entre_les_dents-5101d.jpgAu secours, la gauche revient !

Dans les intentions de vote à la présidentielle française, la gauche pèse un petit tiers des suffrages, si on additionne ceux qui se porteraient sur Mélenchon, Hamon (qui fera probablement le meilleur score jamais réalisé par un-e candidat-e écologiste à une présidentielle...), Poutou et Arthaud, et qu'on fait l'impasse sur la part de suffrages de gauche qui se porteront sur Macron. Un tiers des suffrages, ce serait largement assez pour que la gauche se retrouve au deuxième tour, si elle était représentée au premier par un seul candidat. Comme on le sait, ce ne sera pas le cas -mais la montée, sinon en puissance, du moins en espérance, de Mélenchon ne rend plus l'hypothèse d'une candidature de gauche présente au deuxième tour totalement invraisemblable. Mais contre qui se retrouverait-il alors ? contre Le Pen ? contre Macron ? contre Fillon ? Toujours est-t-il que dans le temps même où le Grand Mélenchon Loup se goinfrait l'életorat du Petit Chaperon rose et où le vote pour Mélenchon devenait le "vote utile" pour la gauche, il devenait le vote dangereux pour la droite et ce qu'il est convenu d'appeler "le centre" -et que dans les assemblées de la Révolution, on appelait plus significativement "le marais".

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mercredi, 12 avril 2017

Nos zélections à nous

roseraie.jpgLes noms de la rose

Faut pas croire que l'avidité avec laquelle nous suivons les péripétie feuilletonesques de la présidentielle française nous fait oublier que nous aussi, dans nos coins de pays, nous avons quelques enjeux électoraux à relever : les Vaudois sont en pleine campagne électorale, les Genevois vont y entrer dans pas longtemps, les Neuchâtelois et les Valaisans viennent d'en sortir. Le 13 mai, le Parti socialiste genevois désignera ses candidates et candidats au Conseil d'Etat et au Grand Conseil, pour les élections cantonales de l'année prochaine. Le Comité directeur propose une liste de 45 candidates et candidats au Grand Conseil et de 4 candidates et candidats au Conseil d'Etat. Or pas moins de six socialistes ont annoncé leur candidature à la candidature au gouvernement : la Conseillère d'Etat Anne Emery-Torracinta, ainsi que Thierry Apothéloz, Carole-Anne Kast, Romain de Sainte Marie, Sandrine Salerno, Carlo Sommaruga. Dilemme : le PS genevois va devoir choisir lui-même ou laisser ce choix à son électorat. Heure du choix, leurre du non-choix...

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mardi, 11 avril 2017

Présidentielle française : De la politique, enfin !

Bonnet phrygien.jpgAprès des mois de pré-campagne et de campagne, des "primaires" de gauche et de droite à hier, les choses sérieuses commencent : elles ont quinze jours pour accoucher d'un premier choix. Et comme on vous le jaspinait il y a quelques jours, elle est finalement passionnante, cette élection présidentielle française, par sa dramaturgie, par ses incertitudes, par ses enjeux et par les programmes, les projets, les cultures (et les incultures) politiques qui s'y affrontent, et enfin par le retour de quelques "fondamentaux", à commencer par le vieux clivage gauche-droite, dont de sagaces analystes proclamaient un peu vite l'obsolescence -à vrai dire, de campagne présidentielle française, on n'a pas souvenir d'en avoir connu -et, comme témoin, vécu- d'aussi passionnante depuis... bah... 36 ans...

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mardi, 04 avril 2017

Hamenchon et Mélhamon sont dans un bateau

melenchon-hamon_5791751.jpgLe Valls a mis le temps

Pour la gauche, l'élection présidentielle française est d'ores et déjà perdue. Du moins en tant qu'élection. En tant qu'étape d'une indispensable recomposition politique, c'est autre chose. Mais même dans l'hypothèse du retrait de l'un ou l'autre des deux principaux candidats de gauche (et lequel, en fonction de quel critère ? les sondages ?), ce camp ne pourrait rêver mieux qu'une troisième place.
Après s'être éreintés pendant des mois pour être candidats, avoir déjà, l'un et l'autre, claqué pour leur campagne des millions qu'ils ne se feront rembourser que s'ils obtiennent 5 % des voix et donné plus que l'impression, la certitude, que ni ni l'un, ni l'autre n'ont la présidence de la République pour objectif, mais la recomposition de la gauche, peut-on vraiment croire, à trois semaines du scrutin, que l'un ou l'autre (mais lequel ? Hamenchon ou Mélhamon ?) se retirera pour l'autre ou l'un ? Que Hamon, pris dans le "casse-noix" (l'expression est méluchienne) entre le marteau de droite (Macron) et l'enclume de gauche (Mélenchon) fera à Valls (qui a mis le temps pour se décider à se rallier à Macron) le cadeau de se retirer pour Mélenchon ? Que Mélenchon fera à ce qu'il reste du  PS le cadeau de se retirer pour Hamon ? Et pour faire quoi ensuite du PS (ou de ce qui en restera) ?

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mardi, 28 mars 2017

François Fillon, le cabinet noir et les casseroles

fillon,cabinet noir,démocratiePinocchio président ?

Donc, selon les fillonistes, à la recherche desespérée de contre-feux aux révélations sur la personnalité et les pratiques de leur candidat à la présidentielle, il y aurait un "cabinet noir" à l'Elysée, qui piloterait ces révélations pour couler Fillon. Un cabinet noir ? Décidément, ça sent la fin de règne : y'a même plus de personnel pour nettoyer les chiottes...  Toute plaisanterie mise à part, malgré la batterie de cuisine qu'il traîne derrière lui, François Fillon n'est pas encore politiquement et électoralement mort, et toujours installé, à en croire les sondages, à la troisième place des intentions de vote, pas assez loin de Macron et Le Pen pour qu'on puisse jurer qu'il ne sera pas au deuxième tour et être élu (du moins contre Le Pen, dont la seule chance d'être élue est d'ailleurs de se retrouver au deuxième tour... contre François Fillon, les deux ayant donc un adversaire commun : Emmanuel Macron). Pinocchio peut encore rêver de la présidence.

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jeudi, 16 mars 2017

Présidentielle française : Pas Dumas, Molière...

gaucheOn a cru, il y a quelques jours, pouvoir résumer la campagne présidentielle française en une sorte de succédané des "Trois Mousquetaires". C'était improbable : on faisait déjà beaucoup d'honneur à Fillon en lui attribuant le personnage d'Athos, et on n'avait trouvé personne pour incarner Porthos. En fait, on est peut-être moins dans un succédané de Dumas que dans un ersatz de Molière. Avec au moins un Avare (mis en examen), et sans doute aussi un Misanthrope, un Bourgeois Gentilhomme, une portée de Tartuffe, quelques Scapin, beaucoup de malades pas imaginaires du tout, de précieux ridicules, de femmes pas savantes et de médecins malgré la médecine. On n'est en tout cas pas dans le rendez-vous politique que devrait être une présidentielle française, dans le régime républicano-monarchique de la Ve République. Il est vrai que De Gaulle, insoupçonnable quant à son honnêteté (mais pas quant à son cynisme : le SAC et les barbouzes faisaient le sale boulot) se l'était taillé à sa stature, pas à celle des pignoufs qui se réclament encore de lui, ni à celle des héritiers, avoués ou non, de Mitterrand.

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lundi, 06 mars 2017

Election présidentielle française : Et à la fin, ils sont (presque) tous morts

Trois Mousquetaires.jpgVous voulez comprendre le souk de l'élection présidentielle française ? Relisez Alexandre Dumas et sa trilogie des trois mousquetaires :  tout y est, même si le "un pour tous, tous pour un" est devenu "chacun pour moi". Mais on voit bien Méluche en d'Artagnan, Fillon en Athos, Macron en Aramis (mais qui pour Porthos, et quel rôle pour Hamon ? on sèche)... et Le Pen en Milady. Et Hollande en Richelieu. On rappellera tout de même qu'à la fin, dans le "Vicomte de Bragelonne", ils sont tous morts, sauf Aramis (le seul personnage totalement imaginaire, soit dit en passant) qui finit en Général des Jésuites... Même que d'Artagnan, il se fait tuer à Maastricht...

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mardi, 28 février 2017

Gauche française : la conjuration des ego


Ah, que la défaite sera belle...

On est bien contents : Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon vont cesser de s'insulter. Du moins en public. Mélenchon : "À cinquante jours du premier tour, il n’est pas possible de régler la différence qui par exemple nous sépare sur la question essentielle de l’Europe. Je n’ai pas été surpris qu’il me confirme sa candidature et il ne l’a pas été que je lui confirme la mienne. Nous sommes convenus d’un code de respect mutuel dans la campagne". Voila. Evidemment, ça n'engage qu'eux-mêmes. Pas leurs lieutenants, leurs porte-paroles, leurs spadassins et leurs partisans. Celui qui veut maintenir un parti socialiste en le tirant à gauche et celui qui veut faire disparaître le PS pour le remplacer par autre chose ne pouvaient évidemment pas tomber d'accord sur la candidature unique de l'un des deux. Il faut savoir se contenter de peu dans cette conjuration des egos : Hamon et Mélenchon ont promis de cesser de se traiter mutuellement et publiquement de tous les noms. En somme, ils sont passés de l'enfance à l'adolescence. Pour l'âge adulte, on verra dans cinq ans. Quand Macron se représentera pour un deuxième mandat, le spectre de Marine suffisant d'ici là à la majorité des électrices et électeurs de gauche pour les conduire à voter Macron au deuxième tour (et même, pour une partie non négligeable d'entre eux, dès le premier tour, pour éliminer Fillon. Le vote utile, en se bouchant le nez, en se fermant les yeux et en s'obturant les oreilles. Avant que chaque composante de la gauche rende les autres responsables d'une défaite non seulement annoncée par les augures, mais organisée par la gauche elle-même.

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lundi, 20 février 2017

Présidentielle française : sac de nœuds et dilemme de gauche

gauche Gagner quoi, contre qui ?

A deux mois de l'élection présidentielle française, la seule hypothèse dont on puisse être à peu près certain qu'elle se réalisera est celle de la présence de Marine Le Pen au tour décisif -le second. Pour le reste, c'est-à-dire pour ce qui est de son compétiteur, plus rien n'est sûr, alors qu'il y a quelques mois encore tous les commentateurs et sagaces analystes se disaient assurés qu'en désignant son candidat, la droite démocratique désignait de fait le prochain président. Aujourd'hui, son candidat, François Fillon, n'occupe plus dans les intentions de vote que la troisième place, éliminatoire. Quant à la gauche, elle présente pas moins de quatre candidatures. Dont deux, celles de Hamon et de Mélenchon, se tiennent la barchichette à dix ou quinze points d'intentions de vote de Le Pen et Macron, et même encore derrière Fillon. Un candidat de gauche a-t-il encore la moindre chance d'être présent au deuxième tour de l'élection ? Et lequel ? Et sur quel projet ? Et pour quoi faire ? Etre élu ou mobiliser toute la droite contre lui, et derrière la candidate du Front National ?

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lundi, 30 janvier 2017

Large victoire de Benoît Hamon à la "primaire" socialiste : Coup de sac bienvenu

Benoit Hamon.jpgBenoît Hamon a donc été désigné comme candidat du PS à l'élection présidentielle du printemps prochain, par (en gros) 60 % des suffrages, contre 40 % à Manuels Valls. Ce résultat clair, c'est celui d'un vote contre l'appareil du PS, même si Hamon avait reçu le soutien de notables socialistes, ralliés à lui entre les deux tours de la "primaire" (ou le soutenant depuis le début), et c'est une victoire des "frondeurs" et de l'aile gauche d'un parti qui sort quasi miraculé de cette "primaire". Le "coup de sac" bienvenu de la désignation de Hamon ouvre le jeu de la présidentielle, y réinstalle le PS et réinstalle le PS à gauche (il était temps). Mais elle le condamne aussi (il y a pire pensum) à devoir rassembler autour de sa candidature plus que les forces qui lui ont permis d'être désigné. Il est en meilleure position pour le faire qu'aurait pu l'être Valls, mais il est toujours flanqué sur sa droite d'un Emmanuel Macron en pleine ascension, et sur sa gauche d'un Jean-Luc Mélenchon -qui aurait d'ailleurs préféré avoir à faire à Valls plutôt qu'à Hamon. Il faut bien reconnaître que de choix, le PS français n'en a plus guère qu'entre la recomposition ou la décomposition. Cette clarification, acquise malgré lui, et largement contre lui, sera peut-être tenue pour l'un des rares legs positifs de François Hollande.

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lundi, 12 décembre 2016

Et s'il fallait Trump pour nous réveiller ?

coupdepied.jpgDe la coup-de-pied-au-cul-thérapie

Et s'il fallait Trump pour réveiller la gauche, quitte à la réveiller par un grand coup de pied au cul ? Comme Prince Charmant éveillant la Belle au Bois Dormant, on aurait évidemment pu trouver mieux que Trump -il est vrai que comme Belle au Bois Dormant, on pourrait aussi trouver mieux que la gauche américaine (ou européenne) dans son état présent, mais on fait avec ce qu'on a. Ce qui n'empêche pas, mais au contraire enjoint, de vouloir mieux, et de faire ce qu'on peut, là où "l'histoire nous surprend", pour faire advenir ce mieux. A fragmenter son discours et ses programmes en autant de composantes sociales qu'elle en reconnaît à la société dans laquelle elle agit (et au risque, patent, d'en oublier toujours : après tout, le "blanc chrétien de la classe moyenne" qui a voté Donald pour faire chier Minnie pourrait se revendiquer lui aussi être d'une "communauté" disposant de son droit fondamental à être reconnue au nom de la "diversité"...), et à cultiver la "diversité" d'identité fragmentées, distinctes et qui finissent toujours, forcément, par devenir concurrentes, la gauche en a oublié ce qui, depuis un petit quart de millénaire qu'elle existe, la structurait et la légitimait : le principe et le projet de l'égalité.

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lundi, 21 novembre 2016

Election de Trump : "révolution conservatrice" ou arnaque politique du siècle ?

langue de bois.jpgDonald Trump sera donc élu président des Etats-Unis, mais contre la majorité du peuple votant. Avec un million de suffrages en moins que son adversaire démocrate. Si les citoyennes et citoyens des Etats-Unis d'Amérique élisaient leur présidence au suffrage universel direct. c'est une présidente qu'ils auraient élue. Ils ne s'en retrouveront pas moins avec Trump. Beautés des élections indirectes... Cela dit, comme le relevait Daniel Warner dans "Migros Magazine" (on a de bonnes lectures), "Il y a toujours une grande différence entre un candidat et un gagnant. Pendant la campagne, les candidats doivent répondre aux caprices du public. Une fois en poste, ils deviennent plus réalistes". La paradoxale (si paradoxale qu'elle est impssible) "révolution conservatrice" que l'élection probable de Trump annoncerait (comme d'ailleurs, à sa manière, le succès de François Fillon aux "primaires" de la droite française, hier) pourrait bien être surtout l'arnaque du siècle. Il est vrai que si la carrière de Trump laisse placer un gros doute sur ses compétences de chef d'Etat, elle n'y laisse en revanche aucune place s'agissant de ses talents d'aigrefin.

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mercredi, 09 novembre 2016

Présidentielles américaines : Trump hilare rit...

 
L'establishment, désormais, c'est lui

Malgré ses propos indignes, son comportement, ses insultes, son inculture politique, sa misogynie  et ses mensonges, malgré sa reprise d'un discours d'extrême-droite, malgré le lâchage des caciques républicains, à moins que ce soit grâce à tout cela (ce n'est tout de même pas la première fois, et ce ne sera sans doute pas la dernière, qu'on peut gagner une élection en faisant les poubelles) Donald Trump a donc gagné l'élection des électeurs de la présidence américaine, surfant sur la colère du Petit Blanc et sur le rejet d'une Hillary Clinton incarnant -à juste titre- l'establishment (ou la nomenklatura), aussi bien d'ailleurs l'establishment démocrate que républicain. L'establishment, désormais, c'est Trump et tous ceux qui, après l'avoir combattu, se rallieront à lui, quand l'"attrait de la mangeoire" est plus fort que l'adhésion politique. Trump ne pouvait gagner qu'en agrégeant les colères sociales et en mobilisant massivement les classes populaires "blanches", il y a réussi. Clinton ne pouvait gagner qu'en agrégeant les votes de celles et ceux que Trump insultait -elles et ils étaient en effet assez nombreux : femmes, noirs, mexicains, elle y a échoué, et les Américains ont peut-être moins voté pour le candidat que contre la candidate. Pour lui barrer la route. Et leur mobilisation a eu un prix jamais atteint dans aucune élection, nulle part dans le monde :  Bernie Sanders avait beau considérer que "les milliardaires ne devraient pas pouvoir acheter les élections", c'est bien ce qu'ils ont fait : pour obtenir les 270 "grands électeurs" nécessaires (sinon suffisants) à leur élection à la présidence, Hillary Clinton et Donald Trump auront dépensé, respectivement, 1,3 milliard et 800 millions de dollars.

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lundi, 07 novembre 2016

Les enjeux de l'élection américaine : Les couilles de Donald et les courriels d'Hillary

Alors, qui sera à la tête de l'Empire (un peu  décadent, certes, mais toujours impérial...) après Obama ? Le cinglé ou la corruptrice ? Avouons-le : cette question ne nous angoisse guère. Si nous étions frappés du même anti-américanisme pulsionnel que nombre de nos bons camarades, on prierait (mais qui ?) pour Donald  : son élection entraînerait un repli des USA sur eux-mêmes. Mais surtout, ce qui a frappé dans cette campagne, c'est son absence totale de contenu politique, de débat d'idées, de confrontation de projets. Qui, de Trump ou de Clinton, aura parlé réellement de politique sociale et de l'emploi, des enjeux géostratégiques, des défis environnementaux, de culture, de démographie (autrement qu'en proposant d'ériger un mur contre l'immigration pour en protéger un pays d'immigrants et de descendants d'immigrants) ? Aucun-e des deux. Par quoi a été dominée la campagne, dans ses dernières semaines ? par les couilles de Donald et les courriels d'Hillary. Ou pour le dire comme Vladimir Poutine (un expert en délicatesse rhétorique, et loin d'être un imbécile) l'a dit : "qui a pincé qui et qui couche avec qui"... On a certainement les campagnes électorales qu'on mérite -et si les Etats Unis ne méritent que celle qui s'y est tenue, tant pis pour eux : ils auront aussi le président ou la présidente qu'ils méritent.

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mercredi, 29 juin 2016

Châteaux électoraux en Espagne : Tous perdants

Espagne, gauche, Podemos, PSOETous perdants, à un titre ou un autre, même ceux qui se croient gagnants : tel est le résultat des élections espagnoles. La droite (le Parti "Populaire" du Premier ministre Rajoy), avec 137 sièges, reste loin de la majorité absolue (176 sièges), même si elle regagne cinq des sièges perdus lors des précédentes élections; le centre (Ciudadamos) n'obtient que 32 sièges et ne peut prendre part à une coalition majoritaire qu'avec la gauche, à condition que celle-ci accepte de se coaliser elle-même -or si le PSOE, avec 85 sièges, reste la première force de gauche, il  recule encore, alors que la coalition "Unidos Podemos" (71 sièges) des deux forces de "gauche de la gauche" (Podemos et Izquierda Unida) perd un million d'électeurs, le total des deux forces de gauche n'atteignant pas non plus la majorité absolue, et la division restant profonde entre le PSOE et "Unidos Podemos", alors même que leurs programmes sont plus convergents qu'eux-mêmes ne l'admettent. Bref, ces élections anticipées sont un coup pour rien. Et signent à la fois l'échec de la tentative de la "gauche de la gauche" de rééditer l'exploit grec de Syriza (renvoyer la social-démocratie dans les poubelles de l'histoire, mais en prenant sa place), l'échec du "centre" de se poser en interlocuteur indispensable de la droite, l'échec de la droite de gagner une majorité parlementaire absolue et l'échec du PSOE de sortir de sa propre crise...

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mardi, 17 mai 2016

Financement des partis et des campagnes politiques : Qui paie qui, et pour quoi ?

Une coalition de partis de gauche (le PS, les Verts), de quelques petits partis de droite (le PBD, les Evangéliques) ou d'ailleurs (les Pirates) a lancé le 26 avril une initiative populaire fédérale "pour plus de transparence dans le financement de la vie politique". Exiger plus de transparence dans la vie politique suisse n'est pas une revendication maximaliste : encore moins de transparence que ce n'est le cas en Suisse serait difficile pour une démocratie... Et savoir qui paie qui et pour quoi n'est après tout qu'une exigence légitime -que selon un sondage sur internet, trois Suisses-ses sur quatre partageraient. L'initiative ne demande pas la lune -seulement ce qui se pratique déjà à Genève et Neuchâtel, et qui pourrait se pratiquer à Fribourg : la publication, avant une votation ou une élection, de la liste des principaux donateurs aux partis et comités de campagne, et l'interdiction des dons anonymes.

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lundi, 21 décembre 2015

Espagne : vers la "deuxième transition"...

Espagme, Podemos, PSOEUne "nouvelle Espagne" ?

Soyons sérieux : l'événement politique du week-end, ce n'est pas la manif de diversion casseuse de samedi, à Genève (on vous en écrira demain, tout de même), mais les élections en Espagne, où comme annoncé par les sondages, les législatives ont accouché d'un parlement sans majorité. Le Parti Populaire (droite) arrive certes en tête, mais, avec 122 sièges, loin de la majorité absolue de 176 sièges, et en faisant l'un de ses plus mauvais résultat historique, tout comme le Parti socialiste (PSOE), lui aussi en lourd recul. A eux deux, PP et PSOE, qui ont dominé la vie politique espagnole et alterné au pouvoir depuis des décennies, ne totalisent plus que la moitié des suffrages (28,6 % pour le PP, 22,3 % pour le PSOE). Les deux formations nouvelles, Podemos (20,6 % des suffrages et 69 sièges) à gauche et Ciudadanos (13,7 % des suffrages 40 sièges) à droite, leur taillent des croupières électorales et s'affirment comme indispensables à toute coalition gouvernementale, qu'elle soit de gauche ou de droite. Les gauches régionalistes ou indépendantistes basque et catalane obtiennent quant à elles 11 sièges. La "deuxième transition espagnole", pour reprendre l'expression du "Manifesto", est ainsi ouverte (la première était celle du franquisme à la démocratie selon les canons européens), sur fonds de crise institutionnelle, sociale et économique.

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jeudi, 17 décembre 2015

Elections régionales françaises : Au bal des perdants

 Si le premier tour des élections régionales françaises avait vu une victoire incontestable du Front National, le deuxième tour, dimanche dernier, a vu, lui, une victoire non moins incontestable, avec ou sans "front républicain" à l'appui, du "tout sauf le FN"  : des treize nouvelles régions dont les conseils et les exécutifs étaient renouvelés, le FN n'a conquis aucune, pas même celles où ses têtes de listes, Tati Marine dans le Nord et Nièce Marion dans le sud, avaient réussi à capter plus de 40 % des suffrages au premier tour. Et finalement, sur treize régions, la droite démocratique en a récupéré sept alors qu'elle en espérait dix, et le PS en a gardé cinq (la Corse passe aux nationalistes...) alors qu'il craignait devoir se contenter (en Europe...) de deux, voire la seule Bretagne. Avec un taux de participation de 58 %, en hausse de huit points entre les deux tours, le résultat est difficilement contestable. Pour autant, il n'est une victoire pour personne, pas même (ou surtout pas) pour ceux qui clament être vainqueurs, et ne tranche aucun des choix stratégiques et programmatiques en jeu dans les trois camps en présence.

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lundi, 07 décembre 2015

Premier tour des élections régionales françaises : Sans surprise, et sans excuse...


Extrême-droite, Front National, RégionalesComme prévu par les sondages, le premier tour des Régionales françaises voit le Front National devancer la droite démocratique et le PS. Ce n'était sans doute que le premier tour d'une élection qui se joue en  deux tours, et si le Front National devance la gauche et la droite démocratique dans presque la moitié des régions, il n'est lui-même majoritaire dans aucune, et ne devrait l'emporter au deuxième tour qu'en l'absence de "front républicain", mais tout de même : la gauche française à l'étiage de la gauche suisse, et le FN à celui de l'UDC, il y a de quoi s'inquiéter. Sans d'ailleurs être en mesure de donner des leçons à une gauche française qui ne fait pas pire que nous. Et on ne consolera même pas en se disant que si le FN fait 30 % des suffrages, cela signifie qu'il y a tout de même 70 % des électrices et des électeurs qui ne votent pas FN (dont une majorité d'électeurs de gauche, si on additionne les listes sur lesquelles se sont portées leurs voix, plus nombreux au plan national -mais aussi plus divisés...- que leurs adversaires frontistes) : ce n'est pas une consolation (ou alors fort maigre) d'abord parce que la moitié de l'électorat n'a pas voté; ensuite parce que dans le vote "non-FN", il reste une part de votes d'extrême-droite à ajouter à ceux récoltés par le FN : les votes pour des listes d'extrêmes-droite dissidentes, ou pour des listes de la droite dite "démocratique" qui ne diffèrent, dans leur discours politique, du FN que par leur adhésion au libéralisme économique -pour tout le reste, de la xénophobie au conservatisme social en passant par le culte de la frontière, pas grand chose ne les sépare du FN... Il faut un microscope pour déceler la différence entre un Estrosi et une Maréchal-Le Pen qui vont s'affronter en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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lundi, 09 novembre 2015

Le Conseil des Etats, bastion de la résistance à la droite : Kilukru ?

Bob et Liliane.jpg

On ne va certes pas hurler d'euphorie, mais ça fait du bien par où ça passe (et les sanglots longs de la droite ajoutent encore à notre plaisir coupable) : la très nette réélection du "ticket" de gauche à Genève et du président du PSS à Fribourg, la première place de la socialiste dans le canton de Vaud (mais, hélas, suivie non pas de son colistier Vert, apparemment lâché par une partie de l'électorat socialiste, mais d'un candidat PLR que l'UDC ne concurrençait pas), les bouillons udécistes (et èmecégiste) dans les trois cantons romands, ont fait de ce deuxième tour de l'élection du Conseil des Etats une sorte de correction des résultats d'il y a trois semaines, pour le Conseil national -une correction bienvenue, d'autant qu'hier, on était, dans notre calendrier à nous, le 18 Brumaire, et que ce n'était pas le jour idéal pour des succès de la gauche. Le Conseil des Etats, naguère honni de la gauche, devenu bastion de la résistance à la droite : Kilukru ?

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