Economie

  • Réformes de l'imposition des entreprises : rien de bien neuf

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    évasion fiscale.jpgRéformes suisse et genevoise de l'imposition des entreprises :
    Rien de bien neuf

    Le Conseil d'Etat genevois a présenté à la mi-octobre son projet de réforme de l'imposition des entreprises : il cale le taux d'imposition de leur bénéfice sur le taux vaudois (13,79 %), soit un alourdissement de celui des multinationales sous statut spécial (imposées actuellement à 11,6 %) et un allègement de celui de toutes les autres (imposées actuellement à 24 %).  Gains de l'opération cantonale pour les entreprises autres que les multinationales : nuls pour les plus petites, celles qui ne font quasiment pas, voire pas du tout, de bénéfices imposables, mais de plusieurs centaines de milliers de francs par an pour les plus grandes, sans que l'on puisse assurer qu'elles investiront ces gains dans leurs capacités de production (équipements, personnel) ou les répartiront dans les poches de leurs actionnaires. Coût minimal de l'opération pour les collectivités publiques genevoises (le canton et les communes) : 434 millions de francs par an (dont 84,5 millions pour les communes), selon les estimations cantonales -à peine moins que dans le premier projet (RIE III), 65 millions de moins que dans celui, refusé, de la PF17.  Mais les estimations de ce genre sont nimbées d'incertitudes : la RIE II ne devait coûter que 80 millions de francs aux collectivités publiques, elle leur en aura coûté plus de 2 milliards... Et ce qu'elles perdent doit être compensé. Par des réductions de prestations, ou des hausses de taxes, ou au plan suisse une hausse de la TVA -l'impôt le plus injuste, qui touche tout le monde au même taux, multi-millionnaires et sdf indistinctement. Pour faire passer la pilule, le Conseil d'Etat propose certes quelques mesures d'accompagnement, comme des places d'accueil pour la petite enfance (financées par un prélèvement sur la masse salariale), des rétrocessions aux communes ou la suspension (mais pas la suppression) du "bouclier fiscal" protégeant les hauts revenus et les grosses fortunes, mais renonce à celles qui étaient prévues pour nous faire avaler la RIE III : soutien aux transports publics, à la formation et à l'emploi des "seniors". Rien de bien neuf, donc. Et aucune raison de soutenir aujourd'hui ce qu'on refusait hier.

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  • Initiative pour des "multinationales responsables" et contre-projet : Parer le vote populaire ?

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    L'initiative populaire "pour des multinationales responsables", portée par 80 ONG et soutenue par la gauche, demande que les multinationales basées en Suisse assument devant des tribunaux suisses leurs responsabilités dans le respect des droits humains et de l'environnement, et répondent de leur violation, même copmmise à l'étranger par des filiales à l'étranger. Elle pourrait, si elle est maintenue par ses auteurs, être soumise au peuple en 2019. Discutée une première fois au sein des Commissions des affaires juridiques du Conseil national et du Conseil des Etats, elle sera traitée par le Parlement l'année prochaine. En attendant, le Conseil national lui a accolé (malgré l'UDC) un contre-projet indirect (qui ne lui serait donc pas opposé) qui intègre, en les affadissant, quelques unes de ses exigences dans le Code des Obligations, ce qui suffit à ses auteurs pour envisager de la retirer. Les syndicats patronaux ("Economie suisse" en tête) ont combattu de toutes leurs forces la proposition d'en lancer un, mais le Groupement des Entreprises Multinationales (rassemblant 93 firmes) et de grandes entreprises comme Migros ou Ikea le soutenaient, en échange d'un retrait de l'initiative, dont les partisans du contre-projet craignent qu'elle soit acceptée par le peuple (en novembre, un sondage lui accordait 77 % d'opinions favorables) : elle pourrait bien en effet lui être soumise juste avant ou juste après une réforme de l'imposition des entreprises qui contiendra forcément une proposition de baisser leur charge fiscale. Il ne serait alors pas facile d'expliquer aux citoyens pourquoi on se refuse à demander, poliment, aux multinationales de respecter un peu les droits fondamentaux, tout en leur faisant un beau cadeau fiscal... Dans ces conditions, le contre-projet tient du pare-feu... ou plutôt : du pare-vote populaire.

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  • Initiative "Monnaie Pleine", soumise au vote le 10 juin : OUI à une assurance...

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    francs suisses.jpg

    Souvenez-vous (c'est pas si vieux) : il y a dix ans, en 2018, la Confédération et la Banque Nationale (BNS) balançaient des milliards dans une opération de sauvetage d'UBS, menacée de disparaître dans les tourbillons de la crise financière mondiale, et "trop grande pour faillir" (to big to fail) sans risquer de casser toute l'économie suisse. La crise qui avait failli engloutir UBS avait en fait été créée par les imprudences systématiques (systémiques, même)des banques, qui avaient accordé des crédits non garantis par les débiteurs, ni couverts par les fonds propres des créditeurs. L'initiative "monnaie pleine" soumise au vote populaire le mois prochain est une forme de réponse à cette crise : elle prévoit que les banques ne pourront plus accorder de prêts au-delà des fonds dont elles disposent réellement (et qui aujourd'hui ne couvrent que 1 % des dépôts en banque). Autrement dit,. qu'elles ne pourront plus créer de la "monnaie scripturale" (qui représente actuellement 90 % de la masse monétaire dans un pays comme la Suisse). Une forme d'assurance, en somme, chaque prêt étant garanti par les fonds propres de la banque, celle-ci ne risquant plus de se retrouver dans la situation d'UBS, et la Confédération et la BNS dans l'obligation de sauver une banque "trop grande pour faillir".

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  • 82 % de la richesse à 1 % de la population : Bienvenue dans le meilleur des mondes

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    inegalites.jpg82% de la richesse créée l'an dernier dans le monde a fini dans les mains du 1% le plus riche de la population de la planète, les femmes payant le prix fort de ces inégalités, a dénoncé lundi l'ONG Oxfam, lors de la publication, à la veille de l'ouverture du World Economic Forum (WEF) à Davos, de son rapport intitulé "Récompenser le travail, pas la richesse". Et si 1 % de la population mondiale a accaparé 82 % de la richesse crée, la moitié de la population mondiale, soit 3,7 milliard de personne, n'en a rien touché du tout. Reste 18 % de cette richesse, que se partage (inégalement) 49 % de la population. Dont nous, ici. Bienvenue dans le meilleur des mondes : le nôtre.

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  • Vers la fin de l'impunité des multinationales ?

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    WORLD-CO.GIFUn vieux mot pour une idée pérenne : l'internationalisme

    Dès aujourd'hui et jusqu'à vendredi, à Genève, en même temps que se réunira le Groupe de travail intergouvernemental de l'ONU chargé de préparer un traité, qui pourrait être contraignant, sur les entreprises (dont les multinationales) et les droits humains, plus de 200 organisations, associations, mouvements sociaux du monde entier appellent (https://www.stopcorporateimpunity.org/) à la mobilisation contre l'impunité totale dont jouissent les multinationales pour les violations qu'elles perpètrent des droits et des libertés individuelles et collectives : accaparement des terres, pollution des terres, des eaux et de l'air, violations des droits politiques, corruption... Ce dont il s'agit pour ces mouvements, et pour nous, est d'une ambition considérable : affirmer la primauté des droits des personnes et des peuples sur ceux des financiers et des marchés. Et pour l'affirmer, soutenir les résistances sur le terrain, et les mouvements qui les assument. Cela porte un vieux nom : l'internationalisme. Un vieux mot pour une exigence pérenne.

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  • Apu RIE III, coucou PF17 !

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    bonneteau.jpgLe Conseil fédéral découvre les villes

    Le Département fédéral des Finances et le Conseil fédéral découvrent les villes : ils avaient promis que les cantons et les villes seraient "étroitement associés aux travaux" de conception de la nouvelle mouture de réforme fédérale de l'imposition des entreprises, après le refus de la précédente (l'illustre RIE III). Une RIE IIIbis ? Non : superstitieuses, les zautorités fédérales ont débaptisé l'objet maudit, et lui donnent désormais le nom de "Projet fiscal 17". Sur lequel les villes donc seront consultées (mieux vaut tard que jamais), sur la base des propositions du Conseil fédéral et des cantons, présentées en juin et soumises à consultation jusqu'au 6 décembre. Rien de tel qu'une baffe référendaire pour revenir aux réalités : comme le proclamait la Municipale des Finances lausannoise Florence Germond (et son homologue genevoise, socialiste comme elle, Sandrine Salerno exprimait la même conviction) : "On a l'habitude de dire qu'on ne peut pas gagner une votation sans les cantons. Il faudra désormais ajouter : sans l'appui des villes". Le 12 février, cet appui avait manqué à la RIE III -et pour de bonnes raisons : le projet de réforme fédérale vidait les caisses des villes. Pour amadouer les cantons et leur faire soutenir le RIE III, la droite avait porté de 17 % à 21,2 % la part de l'impôt fédéral direct qui leur reviendra. Manoeuvre réussie : les cantons, contrairement aux grandes villes, ne s'opposaient plus à la réforme. En oubliant que la baisse des ressources fiscales fédérales aura forcément des répercussions négatives sur ceux des engagements financiers de la Confédération dont les cantons bénéficient (dans le domaine de la formation, ou de l'assurance-maladie, par exemple).

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  • Affres budgétaires et phynancières genevoises : Beautés de la langue de bois

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     Interrogé par le mensuel "Affaires Publiques", le ministre genevois des Phynances, Serge dal Busco, décrit en ces termes la situation financière genevoises : "Du côté des revenus, il est très difficile de dégager de nouveaux moyens" (il a en effet été plus facile de priver le canton d'un milliard de recettes annuelles en faisait se succéder 13 réductions d'impôts en quinze ans), "les projets que nous présentons pour tirer profit de certaines niches fiscales spécifiques se heurtent à de très fortes résistances politiques" (là, un traducteur est demandé), et comme il va falloir d'une part investir et que d'autre part "nous allons devoir assumer, à court terme, un manque à gagner fiscal temporaire lié à la réforme de l'imposition des entreprises" (on appréciera le "à court terme" et le "temporaire"...), "nous devons agir sur la part des dépenses publiques sur lesquelles le Conseil d'Etat et le Grand Conseil ont la main. Réduire les dépenses sans nuire aux prestations, avec notamment des gains d'efficience, voilà l'enjeu". Nous voilà pleinement rassurés et précisément informés. Rien de tel qu'une bonne dose de langue de bois pour donner l'impression qu'on dit quelque chose, quand ce qu'on dit ne dit rien de ce qui est, et moins que rien de ce qui sera.

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  • Consommer 7 jours sur 7, pourquoi ?

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    supermarche.jpegOuverture dominicale des magasins : on vote (contre) à Genève
     
    Le 27 novembre, on votera à Genève sur une initiative populaire interdisant toute ouverture dominicale des magasins (sinon celles déjà autorisées dans les gares, les aéroports, les stations-service ou dans les zones dites touristiques), initiative à laquelle est opposé un contre-projet autorisant une ouverture trois dimanches jusqu'à 17 heures, avec l'obligation de respecter une convention collective, étendue à l'ensemble du secteur (si la convention est résiliée, l'autorisation d'ouverture dominicale tombe). Le contre-projet autorise également, et sans autre restriction que celle, minimale, du respect des usages professionnels, l'ouverture des magasins le 31 décembre (jour férié à Genève). Ce compromis, négocié entre le Conseil d'Etat et les syndicats, et amendé par le PS et le MCG, la droite n'en voulait pas : pour elle, il allait trop loin en direction des exigences syndicales (et s'éloigne donc trop des exigences patronales). Ici, on soutient l'initiative et on ne refuse pas un compromis qui forcerait au respect d'une convention collective. Mais surtout, on persiste à se poser la question : à quel besoin, et même à quelle utilité, répondrait une ouverture dominicale plus fréquente des magasins ? A une irrépressible pulsion consumériste ?

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  • Sarawak : quand les palmiers détruisent la forêt

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    SADIA Sarawak.jpgHuile lourde

    De l'huile de palme et de ses dérivés, on en trouve dans une variété impressionnante de produits de toute nature : dans l'alimentation, les cosmétiques, les détergents, les agrocarburants (jusqu'à trois fois plus polluants que les carburants conventionnels). Cette huile est lourde : pour la produire, on déforeste massivement, on remplace tout aussi massivement les cultures qui nourrissent les populations par la culture qui nourrit les actionnaires. Au Sarawak (Malaisie), la déforestation a pris un rythme délirant : la destruction de la forêt vierge y est trois fois et demi plus rapide que dans le reste de l'Asie. Or le Sarawak n'est pas une terre vierge, ni sa forêt une sylve inhabitée : les communautés autochtones, victimes de la destruction de leur cadre de vie et du vol de leurs terres, résistent à cette destruction, à leur spoliation et leur expulsion. L'association SADIA, par exemple, les aide à faire valoir leurs droits, à les manifester, à agir en justice contre les producteurs d'huile de palme, et les autorités qu'ils corrompent. à résister aux intimidations et aux violences . Le SOLIFONDS* appelle au soutien à cette résistance.
    *SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, CP 80-7761-7

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  • Initiative pour une "Economie Verte" : Un vote du râble

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     En août, 61 % des citoyennes et citoyens interrogés par sondage exprimaient leur soutien à l'initiative des écolos pour une "économie verte". Quelques semaines plus tard, ils étaient encore 51 % à la soutenir. Mais dimanche dernier, l'initiative était refusée par 63,6 % des suffrages et par tous les cantons, sauf le promontoire occidental du bout du lac (mais Lausanne et La Chaux de Fonds acceptent également l'initiative). La proposition des Verts a ainsi perdu en un peu plus de deux mois presque la moitié de ses soutiens. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est passé que, comme le résume le PLR Benoît Genecand, le vote majoritaire en Suisse (et minoritaire à Genève) a été un vote pour le porte-monnaie et pour le confort. Un vote pour, en toute bonne conscience, ne pas changer de mode et de niveau de vie, tout en êtant "écologiquement responsable". Face à la proposition d'"économie durable", les Suisses ont ainsi émis un vote du râble. 

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  • RIE III : On passe aux choses sérieuses

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    danger de tomber de haut.jpgRéformes fédérale et cantonale de l'imposition des entreprises :
    On passe aux choses sérieuses...

    "La mère de toutes les batailles" : reprenant l'expression utilisée par Saddam Hussein pour qualifier sa guerre (perdue) contre les Etats-Unis et leurs alliés, le président du Conseil d'Etat genevois l'a utilisée pour qualifier l'enjeu du projet gouvernemental de réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), c'est-à-dire du volet genevois de la réforme fédérale. Un projet gouvernemental qui sera d'abord soumis au Grand Conseil, puis au peuple, référendum oblige (et s'agissant essentiellement de lois fiscales, il suffit de 500 signatures pour ce référendum). Le projet genevois est d'imposer toutes les entreprises au taux unique de 13,49 %, soit 0,3 % de moins que le taux adopté par les Vaudois -quoi que s'en récrie le Conseil d'Etat, on est bien dans la concurrence fiscale entre cantons. Pur les caisses publiques cantonale et municipales genevoises, ce taux correspond à une perte brute de ressources de 570 millions de francs (dont 111 millions pour les communes), ramenée à une perte nette de 440 millions grâce à une compensation fédérale et à diverses mesures cantonales. Genève a-t-elle les moyens de se priver de 440 millions de recettes fiscales ? Son gouvernement, incapable de maintenir le financement nécessaires aux services publics, s'en dit persuadé. La "mère de toutes les batailles" commence comme toutes les batailles, par faire une première victime : la vérité...

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  • Les socialistes genevois soutiennent l'initiative revenu de base inconditionnel

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    chut je rêve.jpgRBI : un "oui" socialiste

    C'est sous le slogan "avec le RBI, je choisis ma vie" que les partisans de l'initiative proposant d'instaurer en Suisse un revenu de base inconditionnel vont faire campagne. Leur initiative n'est pour l'instant soutenue que par les Verts, quelques personnalités (dont Guy-Olivier Segond) et quelques élus fédéraux (19 conseillères nationales et conseillers nationaux, toutes et tous de gauche, dont les trois socialistes et la verte genevois-e ) et, depuis hier soir, par le Parti socialiste genevois. C'est peu. Mais c'est déjà cela. L'initiative est simple, et radicale : elle demande à la Confédération d'instaurer un revenu de base inconditionnel, à destination de toute la population permettant à chacun-e de vivre dignement. Elle ne précise ni le délai de concrétisation de sa revendication, ni le montant du RBI qu'elle propose, tous éléments de concrétisation qu'elle laisse à la responsabilité du parlement, comme il sied pour un principe constitutionnel. ça prendra du temps, comme pour l'AVS, mais le jeu en vaut la chandelle

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  • Réforme de l'imposition des entreprise, version III : Référendum il y aura

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    digestion.jpgLe président du Parti socialiste suisse l'a annoncé le 31 mars : "ce n'est plus une menace mais un  fait", il y aura référendum contre la réforme de l'imposition des entreprise, troisième du genre. Pourquoi n'avoir pas attendu la fin des débats aux Chambres fédérales pour l'annoncer ? Parce qu'on sait déjà que la majorité de droite du parlement, en alignant les cadeaux fiscaux comme des noix sur un bâton, va rendre le coût de cette réforme insupportable pour les caisses publiques : fédérales, cantonales, municipales (celles des villes). La réforme est inévitable (c'est l'Union Européenne qui contraint la Suisse à modifier sa législation fiscale pour mettre toutes les entreprises sur pied d'égalité en abolissant les privilèges fiscaux accordés à certaines d'entre elles, étrangères. D'où d'ailleurs un léger ricanement de notre part à voir l'UDC appeler à exécuter un ordre de l'Union Européenne...),mais pas le prix dont la droite entend la faire payer. La "RIE III", c'est tout de même le plus gros cadeau fait au patronat (grand ou petit, mais le cadeau est d'autant plus gros que l'entreprise l'est...) depuis la fin de la Guerre Mondiale. Et on voudrait qu'il soit fait dans l'indifférence, sans résistance, sans débat, dans le "consensus" ? Pour qu'après la RIE III, on nous balance une RIE IV, puis une RIE V, et ainsi de suite romainement chiffrée jusqu'à la chute finale ?

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  • "Panama Papers" : Quai des Brumes Offshore

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    Quai des Brumes2.jpgAu bout du Quai des Brumes de Carné et Prévert, il y a un rade minable où viennent s'échouer solitaires et paumés : un déserteur que suit un chien perdu, un peintre maudit qui malgré lui peint toujours les choses qui sont derrière les choses, une orpheline autour de qui rôdent quelques malfaisants. Ce rade, c'est celui de "Panama". Un rescapé d'on ne sait trop quoi, et de quelques fièvres reçues des bords du canal. Dans les pages de nos quotidiens, depuis hier, et pendant plusieurs jours encore, il y a un rapport sur 11 millions et demi de documents qui comme le peintre maudit, dépeignent les choses qui sont derrière les choses. Le fric qui est derrière les sociétés "offshore" et les potentats qui sont derrière ce fric. Et la Suisse, et Genève, qui sont au coeur de ce système. Dans le rade de "Panama", venaient s'échouer solitaires et paumés. Dans les "Panama Papers", on trouve des puissants, des célèbres, des bourrés de pognon, laissant les autres, les modestes, ceux qui ne peuvent se payer ni société "offshore" ni avocats d'affaire, payer à leur place les impôts auxquels ils échappent. Le "Quai des Brumes" pouvait faire pleurer. Les "Panama Papers" font vomir.

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  • Parce que la Suisse est ce qu'elle est...

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    Initiative contre la spéculation sur les denrées alimentaires : Parce que la Suisse est ce qu'elle est...
     
    L'initiative de la Jeunesse Socialiste contre la spéculation sur les denrées alimentaires, soutenue par toute la gauche, ainsi que par des organisations agricoles, syndicales (comme l'USS), environnementales, d'entraide et de solidarité internationale, exige que les denrées alimentaires soient exclues des opérations spéculatives effectuées en Suisse (mais elle autorise le recours à des instruments financiers par des producteurs ou des négociants cherchant à se prémunir des aléas du marché), et que la Suisse s'engage à lutter contre la spéculation alimentaire au niveau mondial. Une exigence prétentieuse ? La Suisse n'est pas n'importe quel pays, dans le jeu financier international : elle est, dans le commerce des matières premières alimentaires, une plate-forme importante, et le lieu d'installation d'acteurs importants de ce commerce. C'est précisément parce que la Suisse est ce qu'elle est que l'initiative socialiste y est importante...

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  • Changer le monde ou changer l'image des maîtres du monde ?

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    A propos de l'accord conclu à la "COP 21"
     "Vive la planète, vie l'humanité, vie la vie !", s'exaltait Laurent Fabius, au terme de la Conférence mondiale sur le climat, la fameuse COP 21 de Paris. Et François Hollande faisait écho à son ministre des Affaires étrangères : "l'Histoire arrive, l'Histoire est là". Certes, l'Histoire est là -mais elle est toujours là, l'Histoire. Quant au jugement qu'elle portera sur le "jour historique" de la signature de l'accord sur le climat, il devra tenir compte de la concrétisation (ou non) des bonnes intentions, des belles promesses et des grands objectifs contenus dans les 39 pages et les 29 articles du texte. On s'est donc mis d'accord sur la nécessité de plafonner le plus vite possible les émissions de gaz à effet de serre, de telle manière que le réchauffement global de la planète ne dépasse pas 2°, et si possible 1,5°. Mais le calendrier, les dates, les échéances sont dans le flou, et l'accord ne souffle mot des principaux responsables de la dégradation climatique à laquelle il entend mettre fin : l'utilisation des énergies fossiles, l'agriculture intensive, l'élevage industriel, le trafic aérien, le trafic maritime... "il est rare dans une vie d'avoir l'occasion de changer le monde", a ponctué François Hollande... l'a-t-on vraiment saisie, à Paris, en décembre, cette occasion de changer le monde, ou l'a-t-on ratée pour ne changer que l'image des maîtres du monde ?

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  • La Ville de Genève, "zone hors Tisa"

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    Stop Tisa.jpgMercredi, le Conseil Municipal de la Ville a voté une résolution proposée par les partis de gauche (et soutenue... par le MCG et l'UDC...) proclamant Genève "zone hors Tisa", exigeant la transparence sur les négociations de l'accord TISA (Accord sur le commerce des services), s'opposant à toute obligation de privatiser les biens et les services publics et enjoignant le Conseil administratif (qui accepte de le faire : "les services publics ne sont pas des biens comme les autres" et doivent être défendus contre la volonté d'en faire des marchandises, a résumé la Conseillère administrative Sandrine Salerno) d'intervenir auprès du Conseil. fédéral pour l'inciter à ne pas engager la Suisse dans la voie dessinée par TISA. La Ville de Genève rejoint ainsi les communes romandes qui se sont déjà déclarées "hors TISA", comme, à Genève, celles de Carouge, Meinier, Puplinge et Plan-les-Ouates, et dans le canton de Vaud celles de Lausanne et Renens. En face, le PDC a estimé qu'en adoptant cette résolution, le Conseil Municipal "outrepassait les compétences communales", et le PLR a cru y voir une "alliance entre l'UDC et les socialistes pour fermer les frontières"... Mauvaise foi ou myopie ? Les deux, mon colonel...

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  • Alexis Tsipras sur le bûcher de la gauche

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    Retour sur la Grèce

    Dans "Le Monde" du 28 août, l'économiste Maria Negreponti-Delivanis excommunie Alexis Tsipras et son gouvernement pour ce qu'elle même qualifie de "sacrilège" : "le premier gouvernement de gauche radicale en Grèce aura donné sa bénédiction à la poursuite d'une dictature financière étouffante"... "sacrilège", "bénédiction" : est-on encore dans un débat politique ou est-on passé à la prédication religieuse (après avoir, tout aussi religieusement, brûlé le héros qu'on adorait) ? Il est vrai que l'enthousiasme de la gauche de la gauche (y compris de la gauche des partis socialistes et sociaux-démocrates) après la victoire électorale de Syriza et les attentes qui étaient nées de la formation du gouvernement présidé par Alexis Tsipras, étaient exorbitantes de la réalité, c'est-à-dire des possibilités mêmes de ce gouvernement, et de ce pays, d'être l'étincelle mettant le feu à toute la plaine. C'était oublier un peu vite les rapports de force, mais c'était aussi, de la part de nombre de ceux qui collaient à Tsipras comme une bernicle à son rocher et ne s'en sont détachés que pour se coller à Varoufakis,  oublier qu'avant sa victoire déjà, et après elle, Tsipras, Syriza, et même Varoufakis, situaient leur mouvement dans le champ du socialisme démocratique  : "il y a une tradition réformiste de la gauche démocratique, nous nous y inscrivons", déclarait ainsi Varoufakis, même si les mots "réformiste"  et "démocratique" ne prennent pas pour lui le sens, détourné et dévalué, que lui donnent les sociaux-libéraux...

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  • 6-10 juillet 2015, Genève : SEMAINE DE MOBILISATION CONTRE LES SOCIÉTÉS TRANSNATIONALES

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    Stop Tisa.jpgDes dizaines de délégués de mouvements sociaux, d'organisations paysannes, de syndicats et de communautés en résistance convergent vers Genève pour défendre la nécessité d'un nouveau traité international contraignant pour mettre fin à l'impunité des violations de droits humains commises par les sociétés transnationales et faire entendre leurs propositions par rapport à son contenu lors de la première réunion du groupe de travail intergouvernemental du Conseil des droits de l'homme créé à cet effet.
    Or au même moment se tient à la Mission d'Australie un nouveau round de négociations de l'Accord sur le commerce des services (TiSA) qui menace de provoquer une nouvelle vague de dérégulation, de libéralisation et de privatisation, notamment dans les services publics, et d'étendre encore l'emprise des entreprises transnationales sur notre société.
    Il est temps que cela cesse!
    Mobilisons-nous maintenant contre TISA et l'impunité des sociétés transnationales!

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  • Une bonne idée neuve vieille de 500 ans : le revenu de base inconditionnel

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    Même si la gauche renâcle...

    Cette année encore peut-être, plus vraisemblablement l'année prochaine, on se prononcera en votation populaire sur l'initiative populaire pour un  revenu de base inconditionnel, déposée en octobre 2013 avec plus de 125'000 signatures. Et les citoyens et yennes de notre beau pays seront les premiers et les premières au monde à pouvoir voter sur une proposition qui se trouve sans doute être la plus subversive de toutes celles faites depuis quelques décennies, du moins à ce niveau du processus légal de décision politique, dans le champ social -une proposition qui rencontre des soutiens, et affronte des oppositions, qui transcendent le clivage gauche-droite (sans que cela remette en question la prégnance politique de ce clivage). On ne vous cachera pas plus longtemps que le revenu de base inconditionnel, ou dont la seule condition est l'existence de son bénéficiaire, on est pour. Et qu'à l'initiative proposant de l'instaurer, on votera donc « oui« ». Même si la gauche renâcle,  à ce qui fait, dans le bon sens, bouger les lignes.
      

     

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