mercredi, 18 avril 2018

Turquie : défendre la liberté d'expression et le droit à l'information

Le 15 juillet 2016, des militaires factieux tentent un coup d'Etat en Turquie. Ce putsch échoue, non sans avoir fait plusieurs centaines de victimes, mais un autre réussit -celui, civil, organisé et mis en oeuvre, massivement, par le président Erdogan et son parti, l'AKP : instauration de l'état d'urgence, arrestation de 50'000 personnes, licenciement ou suspension de 150'000 fonctionnaires, purges dans l'armée, la justice et l'université, fermeture d'écoles et de media (150 en un an), poursuites contre des journalistes, inculpations de 55 des 59 députés du parti d'opposition HDP (gauche kurde),arrestations et détention de 13 d'entre eux, dont les co-présidents du parti et le chef du groupe parlementaire, condamnation de députés de l'opposition, révocation de maires kurdes. Depuis deux ans règnent en Turquie la délation, l'arbitraire, les procès bâclés.

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mercredi, 14 mars 2018

Droit international, droits humains, juges "étrangers" : Affaiblir encore l'arme des faibles ?

CEDH.jpgJusqu'au 18 mars se tient à Genève le festival annuel du fil et forum international des droits humains, le FIFDH. Et hier, au Conseil des Etats, une initiative de l'UDC dite "le droit suisse au lieu des juges étrangers", mais dont la cible est le droit international des droits humains, subissait son examen de passage parlementaire et était clairement rejetée -seuls les six udécistes l'ont soutenue. Déposée en août 2016, l'initiative de l'UDC propose de contraindre les traités internationaux à la constitution nationale, sinon à les dénoncer. Seuls les traités internationaux soumis à référendum continueraient d'être appliqués tels quels s'ils n'ont pas été refusés par le peuple. En clair, l'UDC propose de violer la plupart des traités internationaux signés et ratifiés par la Suisse. Au-delà de la simple opportunité politicienne (les élections fédérales, c'est l'année prochaine, le vote sur l'initiative aussi, et il faut caresser son électorat dans le sens du poil), et de la rogne de voir des textes d'initiatives votés par une majorité populaire se heurter, lorsqu'il s'agit de les appliquer, à des normes de droit supérieur, ce qui suscite l'ire de l'UDC dans la primauté du droit international sur le droit national n'est rien moins que les textes internationaux garantissant les droits humains fondamentaux,  individuels et collectifs. Des textes qui, précisément, pour autant que la Suisse respecte ses propres engagements et sa propre signature (ce que l'UDC trouve superfétatoire) empêchent de faire n'importe quoi au nom du "peuple souverain". Et permettent à chaque personne de ce peuple (suisse) de se défendre contre "son" Etat (la Suisse), ou son canton, ou sa commune... Ce moyen pour les plus faibles de se défendre contre les plus forts, va-t-on l'affaiblir alors qu'il faudrait le renforcer ?

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16:06 Publié dans Droits de l'Homme, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

mercredi, 31 janvier 2018

Initiative udéciste pour le primat du droit national : Vive mon droit à moi tout seul

hommes-des-cavernes.jpg

Déposée en août 2016, l'initiative de l'UDC intitulée à la manière typique du parti "le droit suisse au lieu de juges étrangers" (le qualificatif "musulman" manque pour que les quotas rhétoriques udécistes soient remplis, mais ce ne doit être qu'un oubli), sera sans doute soumise au vote populaire en 2019. Elle propose de plier les traités internationaux à la constitution fédérale, et de dénoncer ceux qui contraindraient la Suisse à des obligations contradictoires de sa constitution. Seuls les traités internationaux soumis à référendum continueraient d'être appliqués tels quels s'ils n'ont pas été refusés par le peuple. En clair, l'UDC propose de violer la plupart des traités internationaux signés et ratifiés par la Suisse. Lancera-t-on pour y répondre une initiative "le droit genevois au lieu de juges suisses-allemands", qui proposerait de traiter le droit fédéral comme l'extrême-droite propose de traiter le droit international ? La démarche procéderait de la même logique : mon droit à moi tout seul vaut plus que le droit de tous. Une caricature de stirnerianisme. C'est en quoi l'acceptation de l'initiative affaiblirait la protection des droits fondamentaux en Suisse même, et, que ce texte "menace la démocratie", comme le dénoncent, après le Commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe,  une centaine d'associations et d'ONG (de Caritas à Amnesty International en passant par Swissaid) regroupées dans la coalition "Facteur de protection D".

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20:45 Publié dans Droits de l'Homme, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : droit international | |  Facebook | | | |

lundi, 27 novembre 2017

Le peuple contre le droit ? Foutaise...

Droit, UDCDroit international et droits démocratiques : Le peuple contre le droit ? Foutaise...

L'UDC ayant fait aboutir son initiative "le droit suisse au lieu de juges étrangers", l'initiative sera soumise au peuple et aux cantons l'année prochaine. Elle prétend imposer soit l'adaptation, soit la dénonciation des traités internationaux conclus par la Suisse, et qui seraient contraires à la constitution fédérale -et donc à des initiatives populaires la modifiant, et ayant été acceptées. Quatre initiatives populaires ont été ces dernières années dans ce cas, d'avoir été approuvées par le peuple et le canton, alors que leur contenu, inscrit désormais dans la constitution, était contraire à des dispositions importantes du droit international, contenues dans des traités signés et ratifiés par la Suisse : les initiatives pour l'internement à vie des criminels considérés comme dangereux, pour le renvoi des délinquants étrangers, pour l'interdiction des minarets et contre l'"immigration de masse".  On est là au coeur de la contradiction entre deux principes également fondamentaux : celui de la primauté du droit international (et de la valeur de la signature de la Suisse au bas d'un texte), d'une part, celui de la primauté du prononcement populaire en droit national, d'autre part. Et on ne cessera à ce propos de le rappeler : contrairement à ce qu'un vieux truisme affirme, la démocratie n'est pas un système où "le peuple a toujours raison", mais un système où le peuple a le pouvoir. Ce qui n'est évidemment pas, mais alors pas du tout, la même chose.

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17:04 Publié dans Droits de l'Homme, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : droit, udc | |  Facebook | | | |

mardi, 21 novembre 2017

Migrations : Le fond de la mer pour les morts, la géhenne pour les vivants

migrants.jpgDans les six premiers mois de 2017, 85'000 migrants ont débarqué en Italie. Dans le seul week-end de Pâques, près de 9000 personnes ont été secourues par les garde-côtes italiens ou les bateaux des organisations humanitaires.Et de janvier à la mi-août, 2300 personnes sont mortes, noyées, entre l'Afrique du nord et l'Europe du sud.  A l'appel de l'Italie, mais sans pour autant accepter toutes ses demandes, les 28 Etats de l'Union Européenne ont, début juillet, promis d'agir pour tenter d'endiguer ce flux de migrants africains qui, partant de Libye, traversent la Méditerranée pour, quand ils n'y sombrent pas, arriver sur les côtes italiennes, souvent en étant secourus en mer par les bateaux des ONG.  Mais les Etats européens qui auraient pu le faire (la France, l'Espagne, notamment) n'ont pas répondu favorablement à la demande italienne d'ouvrir l'accès de certains de leurs ports (Marseille, Barcelone, notamment) aux navires secourant les migrants en mer. Les Européens se sont contentés de décider d'un engagement accru envers la Libye et les pays de transit ou de départ des migrants (principalement le Nigeria, le Niger, le Bangladesh, la Guinée, la Côte d'Ivoire, la Gambie), et dans le catalogue de mesures de dissuasion européennes, on chercherait en vain quelque chose qui ressemble, même de loin, à un engagement commun des Etats européens de se répartir entre eux, et entre eux tous, la charge de l'accueil des migrants. On cherchait avec la même certitude de de rien trouver quelque chose qui garantisse qu'en Libye, où on veut les faire retourner, les migrants subsahariens seront traités autrement que comme du bétail : entassés dans des conditions sordides, rackettés, torturés, violés et violées, asservis.  Mais au moins n'auront-ils pas mis le pied en Europe. C'est tout ce qu'on cherche, et qu'on obtient : le fond de la mer pour les morts, la géhenne pour les vivants.

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15:41 Publié dans Droits de l'Homme, Europe, Immigration | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : migration, asile | |  Facebook | | | |

vendredi, 27 octobre 2017

Offensive udéciste contre le droit international

CEDH.jpg

On votera l'année prochaine sur une initiative de l'UDC qui, sous prétexte de privilégier le droit suisse au droit international, en invoquant (pour l'exorciser) le spectre des "juges étrangers" (et en confondant donc "juges étrangers" et juges internationaux, dont certains sont Suisses...), entend réduire la protection que le droit international et ses institutions (la Cour européenne des droits de l'homme, par exemple, institution du Conseil de l'Europe -dont la Suisse est membre) accordent ou tentent d'accorder aux droits et aux libertés des personnes, et des minorités sociales, culturelles, politiques. L'initiative udéciste remet à la fois en cause cette protection et la sécurité même du droit national, dans tous les domaines : en proposant d'empêcher le Tribunal fédéral suisse d'appliquer la Convention européenne des droits de l'homme, elle ne propose rien d'autre qu'empêcher des personnes de porter leur cause devant une Cour dont les décisions s'imposent à l'Etat. C'est un peu comme si on voulait empêcher des Suisses de porter leur cause devant le Tribunal fédéral, au nom de la suprématie des tribunaux cantonaux : la hiérarchie des normes de droit, qui pose le droit international au-dessus des droits nationaux (et le droit fédéral au dessus des droits cantonaux) est un instrument de défense des libertés individuelles et des droits de la personne face à l'Etat (ou à ses composantes régionales), pas un instrument de contrainte de la souveraineté nationale, et c'est à ce titre qu'il convient de la défendre... Ce ne sont pas les fantômatiques "juges étrangers" qui menacent les droits des Suisses, c'est la volonté de certains Suisses aux idées noueuses de priver leurs propres compatriotes de la protection du droit international, si insuffisante qu'elle soit encore.

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16:13 Publié dans Droits de l'Homme, Europe, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : droit international, cedh | |  Facebook | | | |

lundi, 23 octobre 2017

Vers la fin de l'impunité des multinationales ?

WORLD-CO.GIFUn vieux mot pour une idée pérenne : l'internationalisme

Dès aujourd'hui et jusqu'à vendredi, à Genève, en même temps que se réunira le Groupe de travail intergouvernemental de l'ONU chargé de préparer un traité, qui pourrait être contraignant, sur les entreprises (dont les multinationales) et les droits humains, plus de 200 organisations, associations, mouvements sociaux du monde entier appellent (https://www.stopcorporateimpunity.org/) à la mobilisation contre l'impunité totale dont jouissent les multinationales pour les violations qu'elles perpètrent des droits et des libertés individuelles et collectives : accaparement des terres, pollution des terres, des eaux et de l'air, violations des droits politiques, corruption... Ce dont il s'agit pour ces mouvements, et pour nous, est d'une ambition considérable : affirmer la primauté des droits des personnes et des peuples sur ceux des financiers et des marchés. Et pour l'affirmer, soutenir les résistances sur le terrain, et les mouvements qui les assument. Cela porte un vieux nom : l'internationalisme. Un vieux mot pour une exigence pérenne.

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13:57 Publié dans Droits de l'Homme, Economie, Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

mercredi, 04 octobre 2017

Solidarité internationale, coopération au développement : Le prix d'une coupe budgétaire

Le report en 2018 de la votation municipale sur les coupes opérées par la droite dans le budget 2017 de la Ville de Genève va laisser ces coupes exercer leurs méfaits. Il y a un domaine sur lequel ces méfaits sont particulièrement inacceptables, et auraient du, et pu, être évités c'est la coopération au développement : 340'000 francs ont été supprimés de la contribution de la Ville de Genève à une solidarité internationale qui ne se contente pas de rhétorique, mais qui a l'ambition de se traduire le plus concrètement possible sur le terrain. La Ville de Genève célébrait cette année les cinquante ans de son engagement solidaire -la droite coagulée (PDC, PLR, UDC, MCG) de son Conseil municipal a choisi de célébrer ce cinquantenaire d'engagement par une réduction des moyens qui lui sont alloués, et sont alloués à des projets que la Ville soutient directement comme à des projets soutenus par la Fédération Genevoise de Coopération, soutenue par la Ville

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lundi, 02 octobre 2017

Répression d'un référendum d'autodétermination : Hommage à la Catalogne ?

ManifBilbao.jpgRépression d'un référendum d'autodétermination : Hommage à la Catalogne ?

5,5 millions d'habitantes et d'habitants de la Catalogne étaient appelés aux urnes. Combien ont pu voter ? Impossible à savoir précisément -mais devant les quelques locaux accessibles, la foule se pressait et attendait des heures pour pouvoir voter, alors que dix millions de bulletins de vote avaient été saisis et que les électeurs étaient invités à les imprimer chez eux. Pour les déposer dans des urnes dont la localisation avait été rendue incertaine par la mise sous scellés de la plupart des locaux de vote. Hommage post-orwellien à la Catalogne : 10'000 policiers, gardes civils et militaires espagnols y avaient été dépêchés pour empêcher le référendum, sans y arriver réellement, mais créant, écrit l'AFP, une "ambiance d'état de siège", d'"occupation". Des milliers d'"unionistes" (intéressante, d'ailleurs, cette reprise d'une terminologie nord-irlandaise pour désigner les partisans du maintien de la Catalogne dans l'Espagne, comme ceux du maintien de l'Irlande du Nord dans le Royaume-Uni...) ont manifesté hier à Madrid et Barcelone contre l'éventuelle indépendance de la Catalogne, mais 40'000 personnes ont aussi manifesté à Bilbao pour soutenir le droit des Catalans à se prononcer sur le projet d'indépendance. Et après les violences policières de dimanche (tirs de balles en caoutchouc, matraquages, au moins une centaine de blessés), c'est à la grève générale, mardi, que les Catalans sont appelés... Otez-nous d'un doute : Mariano Rajoy n'est tout de même pas le conseiller en communication des indépendantistes Catalans ? Si ?

ans ?

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18:49 Publié dans Droits de l'Homme, votations | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : catalogne | |  Facebook | | | |

lundi, 10 avril 2017

Trump, Bachar, Poutine, le gaz et les missiles

Partant pour la Syrie.jpgBombarder comme on tweete ?

59 missiles Tomahawak ont été tirés par les Américains dans la nuit de jeudi à vendredi dernier sur la base militaire syrienne de Shayrat, pour punir le régime de Damas d'avoir utilisé le 4 avril l'arme chimique pour massacrer des civils dans le village de Khan Cheikhoun tenu par l'opposition armée. Quel était le message des missiles ? Qu'on peut massacrer des civils si on ne les massacre pas avec des armes chimiques ? Qu'après six ans de guerre en Syrie, 400'000 morts et plusieurs millions de déplacés, en Syrie même, dans les pays voisins, dans toute l'Europe et jusqu'en Amérique et en Australie, Trump a découvert la réalité du conflit et du régime en place à Damas, au moment où ce régime, soutenu par la Russie et l'Iran, est en passe de triompher de ses adversaires ? Certes, mieux vaut tard que jamais (en août 2013, les Etats-Unis avaient refusé d'intervenir contre le régime syrien, ce que la France leur proposait de faire), mais on s'autorisera à nourrir quelques doutes sur les motivations réelles de l'intervention américaine. Et surtout, sur ce qui la suivra, si la suit un engagement durable, un plan, une politique, quelque chose de plus qu'une réaction immédiate sans perspective et sans analyse. Un bombardement décidé comme on balance un tweet. Damas, Moscou et Téhéran ont plus de suite dans les idées.

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14:58 Publié dans Droits de l'Homme, Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : syrie, trump, assad, usa | |  Facebook | | | |

lundi, 03 avril 2017

Journée internationale d’action pour Nekane Txapartegi

Nekane.jpgNekane Askatu !

Nekane Txapartegi, militante basque, est détenue depuis un an en Suisse, parce qu'accusée par le gouvernement espagnol d’avoir collaboré avec l'organisation indépendantiste armée ETA (elle lui aurait fourni des faux passeports et rencontré à Paris des militant-e-s de l’organisation). En 1999, Nekane est arrêtée au Pays basque. Durant cinq jours, elle sera détenue à l’isolement, battue, électrocutée, torturée et violée par des agents de la Guardia civil, qui l'ont soumise à un simulacre d'exécution, rappelant celui auquel fut soumis Artur London en Tchécoslovaquie stalinienne (souvenez-vous de l'"Aveu"...). En 2008, elle est condamnée à 6 ans et 9 mois de prison. En violation de la Convention européenne des droits de l'homme et de la Convention des Nations Unies contre la torture, cette condamnation se fonde presque exclusivement sur les « aveux » que Nekane a exprimés sous la torture, ce qui ne semble guère avoir posé problème au Tribunal. Avant de connaître le jugement, Nekane avait pris la fuite pour finalement, depuis 6 ans, se retrouver à Zürich, avec sa fille. Elle y a été arrêtée le 6 avril 2016, et mise en détention, suite à la demande d’extradition formulée par l'Espagne. Le vendredi 24 mars, l’Office fédéral de la justice a autorisé l’extradition de Nekane vers l’Espagne, l'Etat dont les agents ont été ses tortionnaires... mais que la Suisse officielle considère comme un "pays ami et de confiance" qui, en tant que tel, ne saurait commettre des actes de torture. Raisonnement au terme duquel non seulement la demande d'extradition de l'Espagne a été acceptée, mais la demande d’asile de Nekane a été refusée. "La Suisse se couche devant l'Espagne", résume le collectif "Free Nekane"... Des recours contre les deux décisions sont lancés. En attendant, jeudi, on manifestera en Suisse, dont à Genève (18h Place Neuve), contre son extradition, pour sa libération et son droit d'asile politique : Nekane Askatu !

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14:49 Publié dans Droits de l'Homme, Résistance, Solidarité, Suisse | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : nekane txapartegi, euzkadi, eta, espagne | |  Facebook | | | |

lundi, 28 novembre 2016

Turquie : le coup d'Etat réussi d'Erdogan


La Répression au Sérail

Le 4 novembre, le gouvernement Turc a fait interpeller Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, les co-présidents du Parti démocratique des peuples (HDP), ainsi que neuf autres élus de ce parti.  Principal parti d’opposition en Turquie (il a obtenu six millions de suffrages rien qu'au Kurdistan en novembre 2015), le HDP, seul à défendre les droits des Kurdes, incarne également la lutte pour l’égalité entre hommes et femmes, pour le respect des minorités et contre toutes les formes de discriminations. Muselé par le pouvoir, le HDP a annoncé le 6 novembre dernier se retirer de toute activité au parlement pour protester contre la répression le frappant et frappant toute l'opposition réelle en Turquie, qu'elle soit le fait d'organisations politiques, de media ou d'acteurs sociaux et culturels. Les arrestations d’élus kurdes surviennent en effet dans un contexte de purges et de répression généralisées à la faveur de l'état d'urgence instauré après la tentative de Coup d’Etat manqué du 15 juillet 2016, suivie d'un coup d'Etat réussi -celui du Sultan Erdogan, qui désormais contrôle tous les pouvoirs : le parlement, le gouvernement, la justice, l'armée... et en use contre toutes les oppositions, dans l'apathie généralisée des consciences démocratiques européennes.

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15:48 Publié dans Droits de l'Homme, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : turquie, kurdistan, erdogan | |  Facebook | | | |

vendredi, 18 novembre 2016

Je me tue, donc je vis

Magritte2.jpgde vivre, droit de mourir, c'est tout un

Un homme voulait mourir. Il avait demandé à l'association Exit de l'y aider. Elle avait accepté. Mais deux de ses frères l'en ont empêché, en saisissant la justice et en faisant suspendre (en attente d'un jugement) l'injection létale prévue. L'homme qui voulait mourir n'a pas attendu que la justice lui en donne le droit : il se l'est donné, et se l'est donnée, elle, lui-même. Seul, sans l'accompagnement d'Exit. Qu'est-ce que cela dit de notre rapport à la mort -à notre propre mort, et à la mort des autres, celles et ceux dont on n'accepte pas la mort même s'ils ont choisi de se la donner, celles et ceux qu'on aime et qu'on aime vivants ? Qu'est-ce que cela dit de notre droit à vivre et de notre droit à cesser de vivre ?

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15:22 Publié dans Droits de l'Homme, Santé, médecine | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : mort, suicide, exit | |  Facebook | | | |

lundi, 14 novembre 2016

L'Appel de Genève, ou le renouveau du droit international humanitaire

Sortir des tranchées battues

La plupart des conflits armés d'aujourd'hui impliquent des groupes armés autres que les forces militaires ou policières des Etats : ces "groupes armés non-étatiques" (dont certains sont toutefois liés à des Etats ou à des gouvernements, ou à des forces politiques gouvernementales, qui ne reconnaissent pas ce lien). Or ces acteurs non étatiques ne sont parties d'aucun traité international : le droit international, y compris le droit international humanitaire, est un droit des Etats, et les règles qu'il pose, ce sont les Etats qui les ont posées, sont supposés les respecter et peuvent être sanctionnés s'ils ne les respectent pas -à condition, bien entendu, qu'ils ne soient pas trop puissants pour être sanctionnés.  Les groupes armés peuvent-ils être tenus pour irresponsables de leurs actes, et libres de tout engagement international ? Ce n'est pas l'avis de l'Appel de Genève, qui s'est précisément créé, sortant des tranchées battues, pour que ces groupes admettent avoir à respecter des règles dont on exige le respect par les Etats -y compris les Etats qu'ils combattent. Car si la guerre n'est plus ce qu'elle était, ses conséquences et ses victimes sont toujours les mêmes : les civils, en général, et tout particulièrement les enfants et les femmes. Victimes des forces militaires et policières gouvernementales, mais aussi des groupes armés non étatiques. Reconnu par l'ONU pour son travail, l'Appel de Genève l'a également été par la Ville de Genève, et, tout récemment, par la Fondation pour Genève, qui accordé son prix 2016 à la Fondatrice de l'Appel, Elisabeth Decrey-Warner.

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22:50 Publié dans Droits de l'Homme, Genève, Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : appel de genève, geneva call, elisabeth decrey-warner | |  Facebook | | | |

mardi, 08 novembre 2016

Proclamer nos villes "villes de refuge" : Plus qu'une rhétorique

geneve_cite_refuge.jpg



Un appel soutenu par 10'000 personnes a été remis le 20 juin à une représentante de la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga : il demande à la Suisse d'accueillir rapidement 50'000 réfugiés. "Les frontières ne doivent plus tuer", a proclamé la présidente du syndicat Unia, alors que, du même syndicat, Alessandro Pelizzari, à l'origine des pétitions, rappelait que la fermeture des frontières européennes avait pour conséquence des milliers de morts en mer et des dizaines de milliers de morts-vivants entassés sur terre dans des conditions inacceptables. "Nous ne serions pas ce que nous sommes devenus sans les gens venus de l'extérieur", a enfin résumé le rappeur Greis. Voila. C'est ce qui s'appelle être à contre-courant. Et c'est la preuve qu'on est vivants : le sens du courant, c'est bon pour les poissons morts. L'appel pour l'accueil de 50'000 réfugiés invite également les villes suisses à se proclamer "ville de refuge" pour accueillir concrètement les réfugiés. Et qu'est-ce qu'une ville-refuge ? A Genève, où une motion déposée au Conseil municipal demande que la Ville soit toujours ville de refuge", si on ne s'autosatisfait pas  de la nostalgie des temps héroïque du Refuge huguenot, ou d'une autoproclamation idéaliste, ce peut être l'accueil de réfugiés par des familles d'ici. Et cela se fait déjà. Et cela peut se faire plus.

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15:34 Publié dans Droits de l'Homme, Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : asile, refuge | |  Facebook | | | |

mardi, 14 juin 2016

Alors quoi, encore une journée des femmes ?

feminisme2.jpgVingt ans après...

Il y a trente-cinq ans, le 14 juin 1981, la Constitution fédérale accueillait avec l'onction populaire l'expression du principe d'égalité entre femmes et hommes. Il y a vingt-cinq ans, le 14 juin 1991, 500'000 femmes se mettaient en grève ("les femmes bras croisés, le pays  perd pied") et manifestaient dans la rue contre la mauvaise volonté du législateur, rechignant à traduire en actes concrets le beau principe voté dix ans plus tôt. Il y a vingt ans, en 1996, une loi sur l'égalité était adoptée. Ce sont les vingt ans de cette loi que l'on va célébrer en Suisse aujourd'hui, 14 juin. Les vingt ans de la loi, pas les vingt ans de l'égalité. Parce que de la célébration d'un texte au constat de sa traduction dans la réalité, il y a encore toute la distance des luttes à mener. Sur tous les fronts, dans tous les domaines. Alors quoi, encore une journée des femmes ? Non, aujourd'hui, c'est une journée des luttes des femmes. Et ce n'est pas vraiment, et même pas du tout, la même chose.

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jeudi, 21 avril 2016

Loi sur l'asile : Xénophobie petit bras

Ce n'est pas parce que l'UDC, encore toute marrie de sa défaite du 28 février (elle avait consacré des moyens considérables pour promouvoir son initiative de "mise en oeuvre", largement refusée par le peuple et tous les cantons...) a décidé de jouer "à l'économie" sa campagne contre la loi sur l'asile (pas d'affiches nationales, pas de journal gratuit "tous ménages" etc...) que son référendum sent moins mauvais. Il semble plutôt qu'instruite par sa défaite de février, elle veuille éviter de susciter contre elle en juin un front aussi combatif que celui qui l'a vaincue en février. Elle compte donc sur ses sections cantonales pour faire passer son message : la loi proposée n'est pas assez dure aux requérants d'asile. "Beaucoup croient qu'on gagne grâce à l'argent mais nous pouvons le faire grâce à nos idées", assure le Conseiller national UDC valaisan Jean-Luc Addor. NOS idéeS, au pluriel ? Plutôt "notre idée", singulière et obsessionnelle : les étrangers, dehors ! Murmurée ou beuglée, l'obsession reste...

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vendredi, 08 avril 2016

Référendum contre la loi sur l'asile : Ni brun, ni rose : blanc ?

Balance-apothicaire-1850-avec-poids_2142.jpgComment dire "oui" à la loi sans dire "oui" à la politique qu'elle contient ? Et comment dire "non" à la loi sans que ce non ne fasse que compléter celui de l'UDC, qui ne refuse la loi que parce qu'elle en voudrait une pire encore : c'était, résumé, le dilemme en lequel mercredi soir les socialistes genevois se débattaient. Personne lors de l'assemblée générale du PS genevois n'a défendu la loi, dans son contenu. Et personne n'a ignoré non plus le risque qu'un "non" de gauche ne soit que l'appendice d'un "non" xénophobe. Ni rose Simonette, ni brun UDC, le PS genevois a décidé de se sortir de ce piège en appelant à voter blanc. Non pas à s'abstenir, mais à voter en ne votant ni pour une loi qui ne le mérite pas, ni pour un référendum qui le mérite encore moins.  Pendant la campagne référendaire, un "non" de gauche, pour les raisons exprimées notamment par Ueli Leuenberger, Nils de Dardel ou, lors de l'assemblée socialiste, Maurice Gardiol, est évidemment possible et légitime. Il ne faut que le rendre audible. Mais dans les urnes, le dimanche 5 juin, il n'y aura plus de "non" de gauche, il n'y aura que des "non " à une loi contre laquelle c'est l'UDC qui a lancé un référendum, pour le pire, pas la gauche, contre le pire. Malgré toutes les raisons que nous avions de le faire. C'est cette faiblesse, ou cette erreur, que nous payons aujourd'hui.

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17:34 Publié dans Droits de l'Homme, Immigration, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile, droit d'asile | |  Facebook | | | |

lundi, 04 avril 2016

Loi sur l'asile : Pas de "front républicain"

Pina Bausch.jpgL'espèce de "front républicain", du grand patronat à la gauche révolutionnaire, qui a fait trébucher l'UDC le 28 février, lors de la votation sur son initiative de "mise en oeuvre" de l'expulsion automatique des "criminels étrangers", ne se reformera pas le 5 juin, pour sauver la révision de la loi sur l'asile, attaquée par un référendum de la même UDC. Un comité "unitaire" pour le "oui" a bien été formé, rassemblant tous les partis nationaux sauf l'UDC, et de grandes organisations de défense des droits humains en général et du droit d'asile en particulier (comme Amnesty International ou l'OSAR), mais ce comité aura peu de moyens, et va conduire une campagne fondée sur un appel au "pragmatisme" dont la force mobilisatrice reste à prouver. Enfin, la gauche est divisée : le PS va soutenir la loi proposée par le gouvernement, votée par ses parlementaires et portée par sa conseillère fédérale, les Verts vont en faire autant, mais un "non de gauche" s'exprime déjà, et va s'exprimer pendant toute la campagne.

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17:01 Publié dans Droits de l'Homme, Immigration, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : asile, réfugiés | |  Facebook | | | |

vendredi, 08 janvier 2016

Déchéance de la nationalité ou de la politique ?

 Etrange débat...

Etrange débat que celui qui s'est engagé en France (et, collatéralement, dans les pays voisins, dont le nôtre) sur la proposition du président Hollande d'étendre la possibilité de déchoir de leur nationalité française des condamnés pour faits de terrorisme. Etrange débat, d'abord parce que la loi française (comme d'ailleurs la loi suisse, depuis 1952, pour les personnes dont la "conduite porte atteinte aux intérêts et au renom de la Suisse") permet déjà (depuis 1804...) une telle déchéance pour "le Français qui se comporte en fait comme le national d'un pays étranger"), si la loi internationale l'exclut pour les personnes ne possédant que la nationalité française (ou suisse). Etrange débat ensuite, qui voit un président élu comme candidat de la gauche reprendre une proposition de la droite sarkozyste et de l'extrême-droite frontiste, contre une majorité de parlementaires socialistes, plusieurs ministres, le Premier secrétaire du PS, Cambadélis, des personnalités socialistes de référence (Martine Aubry, Pierre Joxe), un ancien Premier ministre socialiste (Ayrault) et la Maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo... Etrange débat, disions-nous ? Et si ce n'était qu'une gesticulation ?

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