lundi, 28 novembre 2016

Turquie : le coup d'Etat réussi d'Erdogan


La Répression au Sérail

Le 4 novembre, le gouvernement Turc a fait interpeller Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, les co-présidents du Parti démocratique des peuples (HDP), ainsi que neuf autres élus de ce parti.  Principal parti d’opposition en Turquie (il a obtenu six millions de suffrages rien qu'au Kurdistan en novembre 2015), le HDP, seul à défendre les droits des Kurdes, incarne également la lutte pour l’égalité entre hommes et femmes, pour le respect des minorités et contre toutes les formes de discriminations. Muselé par le pouvoir, le HDP a annoncé le 6 novembre dernier se retirer de toute activité au parlement pour protester contre la répression le frappant et frappant toute l'opposition réelle en Turquie, qu'elle soit le fait d'organisations politiques, de media ou d'acteurs sociaux et culturels. Les arrestations d’élus kurdes surviennent en effet dans un contexte de purges et de répression généralisées à la faveur de l'état d'urgence instauré après la tentative de Coup d’Etat manqué du 15 juillet 2016, suivie d'un coup d'Etat réussi -celui du Sultan Erdogan, qui désormais contrôle tous les pouvoirs : le parlement, le gouvernement, la justice, l'armée... et en use contre toutes les oppositions, dans l'apathie généralisée des consciences démocratiques européennes.

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vendredi, 18 novembre 2016

Je me tue, donc je vis

Magritte2.jpgde vivre, droit de mourir, c'est tout un

Un homme voulait mourir. Il avait demandé à l'association Exit de l'y aider. Elle avait accepté. Mais deux de ses frères l'en ont empêché, en saisissant la justice et en faisant suspendre (en attente d'un jugement) l'injection létale prévue. L'homme qui voulait mourir n'a pas attendu que la justice lui en donne le droit : il se l'est donné, et se l'est donnée, elle, lui-même. Seul, sans l'accompagnement d'Exit. Qu'est-ce que cela dit de notre rapport à la mort -à notre propre mort, et à la mort des autres, celles et ceux dont on n'accepte pas la mort même s'ils ont choisi de se la donner, celles et ceux qu'on aime et qu'on aime vivants ? Qu'est-ce que cela dit de notre droit à vivre et de notre droit à cesser de vivre ?

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15:22 Publié dans Droits de l'Homme, Santé, médecine | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : mort, suicide, exit | |  Facebook | | | |

lundi, 14 novembre 2016

L'Appel de Genève, ou le renouveau du droit international humanitaire

Sortir des tranchées battues

La plupart des conflits armés d'aujourd'hui impliquent des groupes armés autres que les forces militaires ou policières des Etats : ces "groupes armés non-étatiques" (dont certains sont toutefois liés à des Etats ou à des gouvernements, ou à des forces politiques gouvernementales, qui ne reconnaissent pas ce lien). Or ces acteurs non étatiques ne sont parties d'aucun traité international : le droit international, y compris le droit international humanitaire, est un droit des Etats, et les règles qu'il pose, ce sont les Etats qui les ont posées, sont supposés les respecter et peuvent être sanctionnés s'ils ne les respectent pas -à condition, bien entendu, qu'ils ne soient pas trop puissants pour être sanctionnés.  Les groupes armés peuvent-ils être tenus pour irresponsables de leurs actes, et libres de tout engagement international ? Ce n'est pas l'avis de l'Appel de Genève, qui s'est précisément créé, sortant des tranchées battues, pour que ces groupes admettent avoir à respecter des règles dont on exige le respect par les Etats -y compris les Etats qu'ils combattent. Car si la guerre n'est plus ce qu'elle était, ses conséquences et ses victimes sont toujours les mêmes : les civils, en général, et tout particulièrement les enfants et les femmes. Victimes des forces militaires et policières gouvernementales, mais aussi des groupes armés non étatiques. Reconnu par l'ONU pour son travail, l'Appel de Genève l'a également été par la Ville de Genève, et, tout récemment, par la Fondation pour Genève, qui accordé son prix 2016 à la Fondatrice de l'Appel, Elisabeth Decrey-Warner.

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22:50 Publié dans Droits de l'Homme, Genève, Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : appel de genève, geneva call, elisabeth decrey-warner | |  Facebook | | | |

mardi, 08 novembre 2016

Proclamer nos villes "villes de refuge" : Plus qu'une rhétorique

geneve_cite_refuge.jpg



Un appel soutenu par 10'000 personnes a été remis le 20 juin à une représentante de la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga : il demande à la Suisse d'accueillir rapidement 50'000 réfugiés. "Les frontières ne doivent plus tuer", a proclamé la présidente du syndicat Unia, alors que, du même syndicat, Alessandro Pelizzari, à l'origine des pétitions, rappelait que la fermeture des frontières européennes avait pour conséquence des milliers de morts en mer et des dizaines de milliers de morts-vivants entassés sur terre dans des conditions inacceptables. "Nous ne serions pas ce que nous sommes devenus sans les gens venus de l'extérieur", a enfin résumé le rappeur Greis. Voila. C'est ce qui s'appelle être à contre-courant. Et c'est la preuve qu'on est vivants : le sens du courant, c'est bon pour les poissons morts. L'appel pour l'accueil de 50'000 réfugiés invite également les villes suisses à se proclamer "ville de refuge" pour accueillir concrètement les réfugiés. Et qu'est-ce qu'une ville-refuge ? A Genève, où une motion déposée au Conseil municipal demande que la Ville soit toujours ville de refuge", si on ne s'autosatisfait pas  de la nostalgie des temps héroïque du Refuge huguenot, ou d'une autoproclamation idéaliste, ce peut être l'accueil de réfugiés par des familles d'ici. Et cela se fait déjà. Et cela peut se faire plus.

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mardi, 14 juin 2016

Alors quoi, encore une journée des femmes ?

feminisme2.jpgVingt ans après...

Il y a trente-cinq ans, le 14 juin 1981, la Constitution fédérale accueillait avec l'onction populaire l'expression du principe d'égalité entre femmes et hommes. Il y a vingt-cinq ans, le 14 juin 1991, 500'000 femmes se mettaient en grève ("les femmes bras croisés, le pays  perd pied") et manifestaient dans la rue contre la mauvaise volonté du législateur, rechignant à traduire en actes concrets le beau principe voté dix ans plus tôt. Il y a vingt ans, en 1996, une loi sur l'égalité était adoptée. Ce sont les vingt ans de cette loi que l'on va célébrer en Suisse aujourd'hui, 14 juin. Les vingt ans de la loi, pas les vingt ans de l'égalité. Parce que de la célébration d'un texte au constat de sa traduction dans la réalité, il y a encore toute la distance des luttes à mener. Sur tous les fronts, dans tous les domaines. Alors quoi, encore une journée des femmes ? Non, aujourd'hui, c'est une journée des luttes des femmes. Et ce n'est pas vraiment, et même pas du tout, la même chose.

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14:12 Publié dans Droits de l'Homme, Femmes | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

jeudi, 21 avril 2016

Loi sur l'asile : Xénophobie petit bras

Ce n'est pas parce que l'UDC, encore toute marrie de sa défaite du 28 février (elle avait consacré des moyens considérables pour promouvoir son initiative de "mise en oeuvre", largement refusée par le peuple et tous les cantons...) a décidé de jouer "à l'économie" sa campagne contre la loi sur l'asile (pas d'affiches nationales, pas de journal gratuit "tous ménages" etc...) que son référendum sent moins mauvais. Il semble plutôt qu'instruite par sa défaite de février, elle veuille éviter de susciter contre elle en juin un front aussi combatif que celui qui l'a vaincue en février. Elle compte donc sur ses sections cantonales pour faire passer son message : la loi proposée n'est pas assez dure aux requérants d'asile. "Beaucoup croient qu'on gagne grâce à l'argent mais nous pouvons le faire grâce à nos idées", assure le Conseiller national UDC valaisan Jean-Luc Addor. NOS idéeS, au pluriel ? Plutôt "notre idée", singulière et obsessionnelle : les étrangers, dehors ! Murmurée ou beuglée, l'obsession reste...

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vendredi, 08 avril 2016

Référendum contre la loi sur l'asile : Ni brun, ni rose : blanc ?

Balance-apothicaire-1850-avec-poids_2142.jpgComment dire "oui" à la loi sans dire "oui" à la politique qu'elle contient ? Et comment dire "non" à la loi sans que ce non ne fasse que compléter celui de l'UDC, qui ne refuse la loi que parce qu'elle en voudrait une pire encore : c'était, résumé, le dilemme en lequel mercredi soir les socialistes genevois se débattaient. Personne lors de l'assemblée générale du PS genevois n'a défendu la loi, dans son contenu. Et personne n'a ignoré non plus le risque qu'un "non" de gauche ne soit que l'appendice d'un "non" xénophobe. Ni rose Simonette, ni brun UDC, le PS genevois a décidé de se sortir de ce piège en appelant à voter blanc. Non pas à s'abstenir, mais à voter en ne votant ni pour une loi qui ne le mérite pas, ni pour un référendum qui le mérite encore moins.  Pendant la campagne référendaire, un "non" de gauche, pour les raisons exprimées notamment par Ueli Leuenberger, Nils de Dardel ou, lors de l'assemblée socialiste, Maurice Gardiol, est évidemment possible et légitime. Il ne faut que le rendre audible. Mais dans les urnes, le dimanche 5 juin, il n'y aura plus de "non" de gauche, il n'y aura que des "non " à une loi contre laquelle c'est l'UDC qui a lancé un référendum, pour le pire, pas la gauche, contre le pire. Malgré toutes les raisons que nous avions de le faire. C'est cette faiblesse, ou cette erreur, que nous payons aujourd'hui.

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lundi, 04 avril 2016

Loi sur l'asile : Pas de "front républicain"

Pina Bausch.jpgL'espèce de "front républicain", du grand patronat à la gauche révolutionnaire, qui a fait trébucher l'UDC le 28 février, lors de la votation sur son initiative de "mise en oeuvre" de l'expulsion automatique des "criminels étrangers", ne se reformera pas le 5 juin, pour sauver la révision de la loi sur l'asile, attaquée par un référendum de la même UDC. Un comité "unitaire" pour le "oui" a bien été formé, rassemblant tous les partis nationaux sauf l'UDC, et de grandes organisations de défense des droits humains en général et du droit d'asile en particulier (comme Amnesty International ou l'OSAR), mais ce comité aura peu de moyens, et va conduire une campagne fondée sur un appel au "pragmatisme" dont la force mobilisatrice reste à prouver. Enfin, la gauche est divisée : le PS va soutenir la loi proposée par le gouvernement, votée par ses parlementaires et portée par sa conseillère fédérale, les Verts vont en faire autant, mais un "non de gauche" s'exprime déjà, et va s'exprimer pendant toute la campagne.

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vendredi, 08 janvier 2016

Déchéance de la nationalité ou de la politique ?

 Etrange débat...

Etrange débat que celui qui s'est engagé en France (et, collatéralement, dans les pays voisins, dont le nôtre) sur la proposition du président Hollande d'étendre la possibilité de déchoir de leur nationalité française des condamnés pour faits de terrorisme. Etrange débat, d'abord parce que la loi française (comme d'ailleurs la loi suisse, depuis 1952, pour les personnes dont la "conduite porte atteinte aux intérêts et au renom de la Suisse") permet déjà (depuis 1804...) une telle déchéance pour "le Français qui se comporte en fait comme le national d'un pays étranger"), si la loi internationale l'exclut pour les personnes ne possédant que la nationalité française (ou suisse). Etrange débat ensuite, qui voit un président élu comme candidat de la gauche reprendre une proposition de la droite sarkozyste et de l'extrême-droite frontiste, contre une majorité de parlementaires socialistes, plusieurs ministres, le Premier secrétaire du PS, Cambadélis, des personnalités socialistes de référence (Martine Aubry, Pierre Joxe), un ancien Premier ministre socialiste (Ayrault) et la Maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo... Etrange débat, disions-nous ? Et si ce n'était qu'une gesticulation ?

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jeudi, 19 novembre 2015

"La France est en guerre"... mais quelle guerre, contre qui ?


Drôle de guerre...

La France est en guerre", ont proclamé tous les dirigeants politiques français, de gauche et de droite, au pouvoir ou dans l'opposition. "En guerre" contre qui, ou contre quoi ? L'"Etat islamique" (Daech) ? l'islamisme armé ?  l'islamisme radical, l'islamisme, l'islam ? Et dans cette guerre, que vaut l'alliance avec les pétromonarchies du Golfe qui soutiennent l'islamisme sunnite, mais avec qui la France, "en guerre" contre l'islamisme armé, fait des affaires et à qui elle vend armes et avions ? "Qu'est-ce qu'une guerre ? C'est quand des pauvres qui ne se connaissent pas se massacrent pour des riches qui se connaissent et ne se massacrent pas", écrivaient les socialistes libertaires français en août 1914, à propos des guerres entre Etats... On n'en est plus là. Enfin plus tout à fait. Ce n'est pas qu'on soit foncièrement non-violents, ni obstinément pacifistes (contre la "bête immonde", quelle autre solution que l'écraser ?). mais on aime bien savoir contre qui et quoi une guerre se mène, quand, même si on n'est pas français, on est conviés à la soutenir comme étant aussi la nôtre...

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lundi, 02 novembre 2015

Initiative contre le voile ("islamique" ou non) : Un débat pourri s'annonce...

Il y a un peu plus d'un mois, le "comité d'Egerkinden", qui avait déjà lancé et fait aboutir la burlesque initiative d'interdiction des minarets, a annoncé le lancement d'une initiative "pour l'interdiction de se voiler le visage", intitulé qui lui-même est le voile d'une interdiction du "voile islamique",. Une initiative sans enjeu réel, mais à fort enjeu symbolique, et bien portée par le courant à la fois xénophobe et islamophobe qui irrigue les extrêmes-droites de toute l'Europe, sans pour autant que l'on puisse l'y réduire (sauf à considérer que toute dénonciation de l'intégrisme musulman -puisque c'est celui-là qui est en cause, les intégrismes chrétiens, par exemple, ne semblant pas poser de problème- serait à ranger dans le tiroir "extrême-droite" de nos catégories politiques), même si l'essentiel de ses soutiens, elle les trouve à la droite de la droite. L'initiative aboutira donc certainement. Et on aura donc à se prononcer en votation populaire sur son contenu. Et cela présage d'un débat parfaitement pourri sur un texte qui prend bien garde de voiler ses propres intentions et dont les promoteurs assurent eux-mêmes qu'il ne sera pas applicables à celles qui, voilées de pied en cap, ont assez de pognon à dépenser dans les boutiques de luxe (ou les Fêtes de Genève...) pour pouvoir échapper à la proscription de leur "voile islamique", étrangement indifférent aux islamophobe dès lors qu'il empaquette de riches touristes.

 

voile islamique

 

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mercredi, 21 octobre 2015

La liberté d'expression au risque du négationnisme : Le droit de tout dire ?

La Cour européenne des droits de l'Homme a donné gain de cause à un négationniste turc du génocide arménien, au nom de la liberté d'expression, et en considérant que la négation du génocide, en tant que telle, ne pouvait être sanctionnée si elle ne s'accompagnait pas de propos haineux, d'appels à la violence ou d'autres comportements du même genre, répréhensibles en tant que tels. Cette position de la CEDH est cohérente de la ligne suivie par la Cour depuis presque sa création : toute restriction à la liberté d'expression doit être contenue dans des limites très congrues, et cette liberté n'a de sens, de réalité, que si elle vaut aussi pour des opinions choquantes, qu'il s'agisse ici de la négation d'un génocide ou, dix mois plus tôt, à Paris, d'un blasphème. Avouons-le : sur le principe, cette position nous convient -comme celle de Pierre Vidal-Naquet, pour qui le débat face aux révisionnistes doit être un débat politique, historique, un débat d'idées -pas un débat judiciaire.

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vendredi, 02 octobre 2015

La "Cité du Refuge" et ses miasmes...

Meeting électoral parlementaire de l'extrême-droite genevoise

A la demande d'une trentaine de députés cornaqués par le MCG, une session spéciale du Grand Conseil genevois est convoquée pour aujourd'hui, vendredi dès 17 heures, sur le thème (électoralement porteur pour les xénophobes -c'est en tout cas ce qu'ils espèrent) de la "crise des réfugiés" (et de leur accueil). Le but de l'exercice auquel va se livrer l'extrême-droite de Piogre (on n'ose pas dire "de la Cité du Refuge"...) est évidemment de se faire mousser, à quatre semaines des élections fédérales. La Coordination contre l'exclusion et la xénophobie invite à un rassemblement devant l'Hôtel-de-Ville dès 16 heures 30 pour manifester à la fois un refus de l'exploitation, de plus en plus ouvertement raciste, de l'exode des populations fuyant les guerres pour trouver un refuge en Europe, et une solidarité concrète avec celles et ceux qui, arrivant chez nous démunis, ont besoin, d'une aide matérielle des plus élémentaires : des chaussures et des habits (le "Vestiaire social" les collectera sur le lieu du rassemblement : n'hésitez pas à en apporter). La "Cité du refuge" sera dans la rue, devant le parlement où celle du refus du refuge exhalera ses miasmes. 

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mercredi, 30 septembre 2015

Arrêter le sabre de nos bons amis et clients saoudiens : Pour sauver Ali...

 

Arabie Saoudite, peine de mort

 

L’Arabie Saoudite, qui depuis le début de l'année a déjà exécuté a déjà exécuté plus de 100 personnes, soit une personne tous les 2 jours, soit plus que les abrutis de Daech, s’apprête à décapiter un jeune homme de 21 ans avant de crucifier son cadavre et de l’exposer en public. Et l'Arabie Saoudite préside désormais le comité de l’ONU en charge des nominations de rapporteurs spéciaux et d’experts indépendants clefs, dans le domaine des droits de l'Homme (et de la Femme). Une pétition, c'est peu de choses, et la signer, peu d'engagement, mais c'est au moins dire, avec des milliers d'autres personnes, que nos Etats ont des alliés aussi infréquentables que les fous furieux contre lesquels une coalition est paraît-il en train de se montrer, et dire aussi qu'il y a des limites au cynisme de la raison d'Etat, s'il n'y en a guère à la schizophrénie consistant à se poser en adversaires du délire djihadiste tout en acceptant à peu près tout d'un régime, celui de l'Arabie Saoudite, qui ne diffère des délirants de Daech que parce qu'il est à la tête d'un Etat prodigieusement riche en dollars et en pétrole -et en clients de nos hôtels de luxe, de nos courtiers en immobilier haut de gamme pieds dans l'eau du Léman et de nos Fêtes de Genève. Alors, signez là : https://secure.avaaz.org/fr/stop_saudi_beheadings_loc/?tjXGadb

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vendredi, 18 septembre 2015

Convention et Cour européennes des droits de l'homme : Des juges ou des droits étrangers ?

CEDH, Conseil de l'EuropeLe 28 novembre de l'année dernière, on a (ou aurait du) célébrer le 40e anniversaire de la ratification par la Suisse de la Convention Européenne des droits de l'Homme -une ratification qui impliquait l'acceptation de la juridiction obligatoire de la Cour européenne de Strasbourg. L'UDC avait, à sa manière, célébré cet anniversaire, en remettant en cause cette juridiction, en annonçant le lancement d'une initiative inscrivant dans la Constitution fédérale le principe (à rebours de toute l'évolution du droit depuis 1945...) la primauté du droit de l'Etat sur le droit international (celui de la Cour européenne, en l'occurrence). La Cour européenne a en effet un rôle, une fonction, insupportable aux udécistes : celle de faire respecter les libertés individuelles (et collectives) proclamées dans la convention européenne. Et dans la constitution suisse : "Tout comme la démocratie directe ou le fédéralisme, les droits de l'homme sont indissociables de la Suisse", déclare (optimiste) Simonetta Sommaruga. Dès lors, "un juge qui veille à la défense des droits de l'homme peut-il vraiment nous être étranger ?", s'interroge la présidente de la Confédération. A nous étranger, certainement pas -du moins pas plus que n'importe quel juge indigène. Mais à l'UDC, apparemment oui. Mais ce n'est pas tant ce juge qui lui est étranger que  la Convention européenne des droits de l'homme elle-même... et l'idée même de droits plus fondamentaux que les décisions d'une majorité électorale ou référendaire.

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mercredi, 06 mai 2015

Liberté d'expression, droit au blasphème : Fourest, sur le fond...

blasphème,liberté d'expression,caroline fourestAu prétexte d'un débat tronqué à la télévision, samedi soir (dans l'émission "on n'est pas couchés" de Laurent Ruquier, sur France 2)  sur le livre de Caroline Fourest "Eloge du blasphème", on revient sur la liberté d'expression, ses limites (si elle en  a), son  caractère fondamental ou instrumental, et son rapport, précisément, à ce "droit au blasphème" que Caroline Fourest (comme d'autres) défend. Le débat, tronqué par l'un des faire-valoir de l'émission, ne fut sans doute ni un grand moment de télévision, ni un exemple de débat de fond, quoiqu'il ait plutôt bien commencé, avant de s'enliser dans le règlement de comptes, et, après s'en être extirpé, se soit plutôt bien terminé. Mais il nous a en tout cas décidé à acheter le bouquin de Caroline Fourest, à le lire et à vous inciter, quoique vous en penserez ensuite, à en faire autant. Parce qu'entre celle qui, en ce moment, risque sa peau (comme l'ont perdue ses copains de "Charlie Hebdo") en défendant et  en explicitant publiquement ce qu'elle écrit, et ceux qui ne risquent guère que leur place (et encore) en tentant de l'en empêcher, ou de détourner l'attention du fond pour la focaliser sur des détails, disons que le niveau de courage et d'engagement est assez inégal...

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mercredi, 08 avril 2015

"Charlie Hebdo" et la liberté d'expression, trois mois après : Changement de débat ?

Trois mois après le massacre de "Charlie Hebdo" et la mobilisation, massive, en faveur de la liberté d'expression, sous sa forme la plus absolue -le droit de tout dire, de tout écrire, de tout dessiner, la prudence a pris le pas sur la virulence libertaire -à vrai dire, sitôt l'émotion retombée et les grandes manifestations dispersées, le temps de l'incertitude était venu : le Mémorial de Caen a reporté de six mois ses Rencontres sur le dessin de presse, le temps, dit-il, de les "repenser sur le fond comme sur la forme", une exposition consacrée à "Charlie Hebdo" au Musée Hervé de Louvain, en Belgique, a été annulée. Ce repli n'est cependant pas général : à l'automne, le village de Saint-Juste-le-Martel redeviendra comme chaque année la capitale du dessin de presse, car y renoncer "serait donner raison aux terroristes". La dessinatrice tunisienne Nadia Khiari résume : "si on arrête (...), c'est fini, les terroristes ont gagné". Et puis, après le massacre et le formidable mouvement de soutien dont les survivants du journal, et le journal lui-même, ont bénéficié, "Charlie" est l'enjeu d'un autre débat, sur sa gestion, celle de son capital et celle de sa "gouvernance", pour causer novlangue...

"Le blasphème fait partie des droits de l'homme, l'humour fait partie des vertus"

Des membres de l'équipe de "Charlie Hebdo" ont créé une association réclamant un fonctionnement plus collectif et plus transparent du journal, au fonctionnement très "familial", avec trois directeurs-actionnaires concentrant les pouvoirs, et sans sociétés des rédacteurs. Détenu à 20 % par son directeur financier, Eric Portheault, à 40 % par son directeur de publication, Riss, et 40 % par les parents de Charb, son directeur assassiné le 7 janvier, "Charlie" a reçu, depuis l'attentat dont il a été victime, plus de quinze millions d'euros et de produit de ses ventes (plusieurs millions d'exemplaires pour le numéro suivant l'attentat, plusieurs centaines de milliers ensuite). Le collectif qui s'est créé, pour d'une certaine manière mettre le fonctionnement du journal en accord avec ses idées libertaires, voudrait ouvrir le capital à un actionnariat des salariés, et assurer la transparence de projets qui font consensus entre le collectif et les propriétaires-dirigeants de "Charlie" : répartir les dons reçus après l'attentat, entre les blessés et les familles des victimes, et créer une fondation destinée à soutenir le dessin de presse en France et dans le monde. Car un tel soutien est, aujourd'hui plus que jamais, nécessaire : l'autocensure sous la menace se répand un peu partout, avec son corollaire : les menaces légales contre la liberté d'expression...

Ainsi, le gouvernement français veut-il "sortir" le délit (et sa répression) de parole raciste (y compris antisémite) du droit de la presse pour l'intégrer au Code pénal, conformément au principe que "le racisme n'est pas une opinion mais un délit". Une "stupidité juridique" selon le président d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme, Henri Leclerc. Une stupidité et un danger : entre les mains d'un pouvoir politique peu soucieux de l'indépendance des juges et du pluralisme des convictions, le racisme serait bientôt rejoint dans la liste des "opinions" devenant des "délits" par toutes les opinions jugées dangereuses, par le pouvoir lui-même. Les "lois scélérates" frappant les anarchistes au début du siècle procédaient déjà de ce type de dérive. La loi française sur la presse fixe pourtant déjà des limites à la liberté d'expression en précisant que tout citoyen devra répondre de "l'abus de cette liberté" dans les cas déterminés par la loi. Or le racisme est précisément l'un de ces cas (il est sanctionné par le code pénal comme un délit), et ceux qui ont provoqué à la haine raciale peuvent même, si cette provocation a eu pour effet la commission d'un crime, être condamnés à perpétuité... Cela devrait suffire... d'autant que la répression  de l'expression du racisme ne fait pas disparaître le racisme.

Le droit suisse pose à la liberté d'expression les mêmes limites que le droit français : la discrimination raciale, la liberté religieuse (encore qu'on voit mal comment une expression puisse entraver la liberté religieuse, si on voit fort bien en quoi elle peut indigner ceux contre la foi de qui elle est exercée), la provocation publique au crime ou à la violence. Et c'est à chaque fois au juge de dire si ces limites ont ou non été franchies, comme il vient de le dire en France à Dieudonné, déjà condamné par le passé pour injures (comme d'ailleurs "Charlie Hebdo" l'a été), provocation à la haine ou à la discrimination raciale (ce pourquoi Charlie n'a en revanche jamais été condamné, ne pratiquant pas ce genre de discours). Il n'y a donc pas "deux poids, deux mesures" entre la mobilisation autour de "Charlie Hebdo", pour la liberté d'expression, et les poursuites contre Dieudonné, d'abord parce qu'il y a quelque différence entre se faire assassiner à la kalachnikov et se retrouver, défendu par des avocats, dans un tribunal d'un Etat de droit, entre une exécution sans jugement et un jugement sujet à appel et recours.  Le droit français, comme le droit suisse et celui de la plupart des Etats démocratiques, protège les individus, pas leurs croyances. Il protège les sujets de droit, et les religions n'en sont pas. Il protège une liberté d'expression inaliénable et illimitée dans sa substance mais pas dans son exercice : ma liberté d'expression n'est pas plus absolue que celle de mon adversaire ou de mon ennemi.

"La liberté de tout dire n'a d'ennemis que ceux qui veulent se réserver la liberté de tout faire" disait Jean-Paul Marat, qui ne se privait pas de "tout dire"... plus posée, la Cour européenne de droits de l'homme précise que la liberté d'expression implique celle d'exprimer des idées choquantes et inacceptables pour l'Etat ou une partie de l'opinion publique, mais l'ancienne conseillère nationale libérale Suzette Sandoz ne croit pas que l'on puisse "prétendre imposer au monde entier, d'un coup de baguette magique, le respect d'une liberté que nous avons mis beaucoup de temps à comprendre et à accepter". Or, s'agissant de la liberté d'expression, il ne s'agit nullement d'imposer une liberté aux autres -une liberté ne peut d'ailleurs être imposée, elle ne peut que se prendre- il s'agit d'abord de la défendre pour nous, ce qui, pour peut que l'on admet le principe selon lequel "les autres ont toutes les libertés que l'on se reconnaît à soi-même". Cette liberté que l'on revendique pour nous (et donc pour les autres), on ne la défendra pas si on renonce à l'exercer pour ne pas froisser ceux qui n'en veulent pas... Et quand le directeur du Mémorial de Caen, qui a reporté de six mois ses Rencontres sur le dessin de presse, le temps, dit-il, de les "repenser sur le fond comme sur la forme, observe que "nous avons une manière d'appréhender le dessin de presse qui n'est pas partagée dans le monde entier", il ne fait que poser un constat d'évidence, duquel ne saurait découler une autocensure quelconque, sauf à admettre que la "manière d'appréhender le dessin de presse" ailleurs doit s'imposer, sans réciprocité aucune, à la manière de l'appréhender ici.

André Comte-Sponville, pour qui "le blasphème fait partie des droits de l'homme, l'humour fait partie des vertus", note, fort justement, que "les fanatiques n'acceptent jamais l'humour", surtout, évidemment, "lorsqu'il porte sur ce qu'eux-mêmes jugent sacré". Et d'en conclure, fort justement, que c'est là une "raison de plus pour rire d'eux, de leur sérieux et de leurs idoles". A la condition, nécessaire à la légitimité de notre rire, que nous soyons aussi capables de rire de nous, de notre sérieux (ou de son absence) et de nos idoles, si nous en avons. Y compris de "Charlie", donc.

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jeudi, 26 février 2015

« Charlie Hebdo » reparaît, et ça fait du bien... mais à quel prix ?


Charlie Hebdo, liberté d'expression, intégrisme L'increvable liberté des mortels libertaires

« C’est reparti ! », proclame la Une, pleine page, de Charlie Hebdo, reparu hier, deux mois après le massacre de sa rédaction. Numéro 1179 : en couverture, un chien qui court, un Charlie Hebdo roulé dans la gueule et aux basques du chien, Sarkozy, Marine Le Pen, un jihadiste, le pape, un patron, tous canifiés -mais en meute -« tous les trucs et tous les gens qui nous emmerdent » résume le nouveau directeur de la publication, Riss. Charlie reparaît, c'est la seule réponse qu'il fallait donner à la connerie armée, et elle fait du bien. Même si on en parle à notre aise : nous n'avons pas été attaqués, ce ne sont pas nos copains qu'on a massacrés. Prêts à nous battre jusqu'au dernier dessinateur de Charlie pour la liberté d'expression, nous n'allions pas jusqu'à proclamer que nous aussi, on veut être menacés, vivre sous protection policière et risquer à chaque pas, chaque mot, chaque dessin, de nous faire buter. « Je suis Charlie », d'accord, mais pas suicidaire. Charlie a 50 fois plus de lecteurs aujourd'hui qu'avant le massacre de ses dessinateurs et rédacteurs ? La liberté est increvable, mais ceux qui la portent sont bien mortels, eux.

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mardi, 24 février 2015

Soutenir le mouvement des femmes marocaines, sans attendre le printemps...

Le "printemps arabe" de 2011 semble ne pas avoir touché le Maroc, malgré l'émergence du "Mouvement du 20 février", et on ne parle guère du royaume chérifien qu'à propos des enclaves espagnoles de Ceuta et de Mellila et du renvoi dans le désert (ou la Méditerranée) des migrants qui tentent par elles de gagner l'Europe. Le conflit sahraoui est tombé dans les oubliettes (il se poursuit cependant) et la répression, parfois entrecoupée de quelques concessions démobilisatrices, a jusqu'à présent suffi pour préserver le régime de toute menace politique intérieure. Que le bon roi M6 ait eu son compte secret à la HSBC genevoise ne semble pas avoir troublé outre mesure la quiétude de son pouvoir : les changements réclamés par le Mouvement du 20 février ne se sont traduits qu'à la marge, les partis islamistes ont été intégrés dans le gouvernement, et la répression a fait le reste. Pourtant, la société bouge. Ainsi, un mouvement de femmes a vu le jour et s'est renforcé. Il se bat aujourd'hui contre les violences conjugales, et contre l'exploitation des filles pauvres comme "petites bonnes" de la classe moyenne et de la classe possédante. Ce mouvement a besoin de soutien, et le mérite, sans que nous attendions pour le lui accorder que survienne un "printemps marocain".  Le SOLIFONDS* lance donc un appel à ce soutien : répondez-y...

* SOLIFONDS mail@solifonds.ch / www.solifonds.ch / Compte postal PC-80-7761-7

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17:26 Publié dans Droits de l'Homme, Femmes, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maroc, flddf | |  Facebook | | | |

mercredi, 18 février 2015

Aujourd'hui, Journée d'action mondiale en défense du droit de grève

Le dernier des droits quand on a perdu tous les autres ?

A l'appel de la Confédération syndicale internationale, aujourd'hui est une une journée d’action mondiale en défense du droit de grève. Un droit si fondamental qu'il est le dernier des droits collectifs dont on puisse user pour résister lorsque tous les autres ont été abolis et qu'on ne s'est pas encore résolu à la lutte armée, et qu'il est aussi le premier que les dictatures abolissent et qu'en démocratie, les tentatives de le rogner, le conditionner, le soumettre à autorisation, le monnayer, même. Entre 17h et 18h, à l'appel de la Communauté genevoise d'action syndicale et du Cartel intersyndical du personnel de l'Etat, un rassemblement de défense du droit de grève se déroulera au Parc Saint-Jean, à côté du siège de la Fédération des entreprises romandes (un rassemblement avec le même objectif est organisé pour les salariés des organisations internationales, à midi, place des Nations). Les syndicats entendent ainsi protester contre les attaques au droit de grève perpétrées, localement, par le patronat genevois (et relayées par ses porte-flingues politiques habituels, ou plus récents, comme le MCG) et, internationalement, par les représentants du patronat (et de certains Etats) au sein de l'Organisation Internationale du Travail.    

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06:26 Publié dans Droits de l'Homme, Genève, Politique, syndicats | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grève, droit de grève, oit | |  Facebook | | | |