Développement durable

  • Leur écologie et la nôtre

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    dev_durable.jpgUne lecture pour le Jeûne : André Gorz

    Ce texte d'André Gorz initialement paru en avril 1974 dans le mensuel écologiste "Le Sauvage", n'a pris ni rides ni bide. Et à l'heure électorale où il n'est plus dans le champ politique que des écolos, de conviction ou d'apparence,il est bon de rappeler qu'il y a 45 ans, Gorz avait déjà remis les pendules à l'heure. On republie donc ce texte, en vous en conseillant la lecture pour accompagner la tarte aux pruneaux du Jeûne Genevois

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  • Villages africains en lutte contre les multinationales de l'agrobusiness

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    Capture.JPGCoopération au développement ou collaboration au néo-colonialisme ?

    La coopération au développement est une noble cause, même si la question doit être posée de la nature du développement que les pays les plus riches (dont, évidemment, la Suisse) doivent soutenir dans les pays et les régions les plus pauvres. Mais quand sous couvert de coopération au développement, des institutions publiques ou soutenues par des fonds publics ne coopèrent en fait qu'à l'extension de la prédation exercée sur les terres, le "développement" n'est plus que celui d'un héritage colonial et la "coopération" plus que la collaboration au néo-colonialisme. Deux exemples viennent d'être donnés par le Solifonds de ce dévoiement de la coopération au développement : l'un au Congo (RDC), l'autre en Sierra Leone. Avec dans les deux cas, une résistance des populations locales. Une résistance à soutenir :
    Solifonds
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  • Urgence climatique et calculs électoraux

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    dev_durable.jpgTous verts...

    Beauté des campagnes électorales : les conversions les plus surprenantes (et les plus réjouissantes, quelque doute que l'on puisse nourir sur leur sincérité) à la défense de l'environnement et à l'urgence climatique se succèdent.
    En décembre dernier, le PLR (avec l'UDC) refusait au Conseil national la proposition, soutenue par la gauche, le PDC, le PBD et les Verts libéraux) d'une taxe (modique : de 30 à 50 francs) sur les billets d'avion pour inciter les Suisses à user d'autres moyens de transports, moins nocifs à l'environnement et au climat. Et dans le même mouvement, la même majorité (PLR, UDC) a plafonné à huit centimes la hausse maximale du prix de l'essence à la pompe. La proposition de taxer les billets d'avion ne venaient pourtant pas d'écolos extrémistes : elle venait du Conseil fédéral... où le PLR et l'UDC sont majoritaires, mais elle a échoué du fait de défections au sein du PDC. Ce qui n'empêchera pas plus le PDC que le PLR de se peindre en vert pendant la campagne électorale. Le PLR, d'ailleurs a entamé cet exercice de ripolinage verdoyant : un document de travail soumis à l'assemblée des délégués du parti national tente de placer le parti dans le mouvement "climatique" du moment, mais avec grande pusillanimité. Certes, on propose au parti d'accepter une taxe CO2 sur les carburants qu'il a jusqu'à présent toujours refusé, mais on la veut "incitative" et reversée à la population, ce qui en annulerait les effets., et fixée en tenant compte des prélèvements existants sur l'essence et le diesel, ce qui la limiterait à 10 centimes par litre. Quant à la taxe sur les billets d'avion, il n'est pas proposé au parti de la soutenir alors que 73 % des membres la soutiendraient selon un sondage interne. De même, il n'est pas question d'interdire les pesticides, sinon comme ultime recours. Bref, on est encore loin d'une conversion du PLR à l'écologie, telle que celle de la gauche dans les années septante...

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  • Urgence climatique et environnementale : Et nos comportements individuels ?

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    dev_durable.jpg12'000 scientifiques du monde entier, dont 1700 Suisses, ont appelé à des actions urgentes pour protéger l'environnement. 260 scientifiques francophones ont également lancé un appel allant dans le même sens : "il y a urgence à agir pour le climat", résume le climatologue Reto Knutti, pour qui si nous avons "un problème, nous avons aussi des solutions" : remplacer les énergies fossiles par des énergies neutres du point de vue climatique, rénover tout le parc immobilier, remplacer les voitures, développer les transports publics et en particulier les chemins de fer... Or on est loin de ces engagements nécessaires : la Suisse a émis en 2016 l'équivalent de 48 millions de tonnes de CO2 en gaz à effet de serre, et le Conseil fédéral n'a donné pour objectif que celui de réduire cette production de 22 % en dix ans, et de financer le double de réduction à l'étranger, comme si le CO2 et les autres gaz à effet de serre respectaient les frontières. Les Etats signataires de l'Accord de Paris ont apparemment pris le sujet au sérieux et reconnu la responsabilité humaine dans le dérèglement climatique, mais n'ont pas mis grand chose en oeuvre pour y parer. Et en Suisse, le parlement a vidé de sa substance la loi sur le CO2... Pourquoi ? Parce que, répond Reto Knutti, "trop de personnes, en politique et dans l'économie, profitent du système actuel", et que "nos politiques placent la croissance de l'économie avant la préservation de la biodiversité", alors qu'il nous faudrait nous tenir à la quantité de ressources naturelles qu'on peut exploiter et consommer sans péjorer les conditions de vie des générations suivantes. Et il ne suffit pas qu'une minorité de la population change de comportement, il faut que ce changement soit général, et accepté par tous. Noble ambition, vaste programme, mais comment le réaliser ? Par la contrainte ? Plutôt, nous semble-t-il, par la raréfaction volontaire des capacités de consommation. Faute de quoi c'est la réalité même (la hausse du prix des ressources fossiles, leur raréfaction) qui imposera des changements plus brutaux que ceux que nous aurions pu choisir nous mêmes. Mais nos propres comportements nous opposent à nous-mêmes : nous voulons payer moins cher ce que nous consommons, mais en consommant chinois nous contribuons à licencier chez nous. Nous prônons la résistance au "toujours plus vite", mais nous communiquons par courriels urgents. Et nombre d'entre ceux se veulent écologistes sont automobilistes sans y être contraints...

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  • La gauche au défi de l'écologie

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    consommation.jpgLa croissance comme enjeu ou comme obstacle

    Il faut bien l'avouer : la gauche n'a pas été à la pointe de l'écologie politique. Porteuse (admettons-en l'augure) d'un projet alternatif au capitalisme, elle n'en a pas moins hérité de ses prémices productivistes et industrialistes : la gauche et l'écologie, résume le philosophe Serge Audier, "c'est au fond l'histoire d'une défaite politique et idéologique", d'une perte, sur ce thème, d'hégémonie culturelle. Toute la gauche, réformiste ou révolutionnaire, ne s'est certes pas confinée dans la reprise des obsessions saint-simoniennes, mêmes traduites en marxien, en sartrien ("la nature est de droite", assène Simone de Beauvoir) ou en foucaldien (pour Michel Foucault, en effet, il convient de se méfier de tout discours "naturaliste" sur les institutions ou les individus) : les anarchistes développèrent très tôt une critique écologiste de l'industrialisme et du capitalisme, appuyant cette critique autant sur Rousseau que sur la raison scientifique. On en retrouve trace dans le discours, même manquant de cohérence interne et surtout de base sociale, d'un Benoît Hamon. Quant aux populismes de gauche, façon "France Insoumise", en insistant sur un clivage prioritaire entre "le peuple" et "les élites" (auxquelles les principales figures populistes de gauche ne sont pourtant pas étrangères), il font passer au second plan la lutte contre contre les présupposés industrialistes, productivistes et consuméristes du capitalisme, totalement incompatibles avec toute forme concevable d'"écosocialisme".

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  • Changer de système, pas de climat

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    pollutionbagnoles.jpgChanger de système, pas de climat

    Le 18 janvier dernier, plus de 65'000 personnes ont manifesté en Suisse, et des millions dans le monde, pour exiger des "responsables" politiques qu'ils prennent sans délai les mesures nécessaires pour faire face au dérèglement climatique tel que provoqué par les activités humaines (et entretenu par les inactivités politiques). Un mois plus tard, le même mouvement à l'origine de cette première  "grève climatique" appelait dans 60 pays à de nouvelles manifestations, avec les mêmes revendications : neutralité carbone d'ici 2030 sans recours à la "séquestration carbone)" ou à la géo-ingénirerie, déclaration de l'état d'urgence climatique, défense de la justice climatique. "Pour atteindre ces objectifs, le changement de système est nécessaire", proclame le manifeste d'appel aux manifestations. Le changement de système, pas la culpabilisation individuelle -et surtout pas celle des plus pauvres ou des moins riches, qui seront les premières victimes d'un désastre environnemental s'il se produit.

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  • La COP24 accouche d'un bébé malingre

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    terre-capote.jpgTiédissement climatique

    La 24ème Conférence des Nations Unies sur le climat, dite COP 24, chargée de déterminer les règles d'application de l'Accord de Paris conclu lors de la COP 21 de 2015, en a, difficilement, accouché. Mais le bébé est malingre, quelque fierté que feint d'en tirer que le président de la conférence (qui s'est tenue à Katowice), le Secrétaire d'Etat polonais à l 'environnement. La COP 24 ne mettra pas les 197 Etats de la convention-cadre sur la voie d'une maîtrise du réchauffement climatique à 1,5°C d'ici la fin du siècle, objectif proclamé pourtant par la COP 21, car les Etats-Unis, le Brésil, l'Arabie Saoudite, le Koweït ont tout fait pour limiter la portée du texte final, formalisant les règles d'application de l'Accord de Paris de 2015. Et y ont réussi : l'accord est muet sur les droits humains et la sécurité alimentaire. Et la réforme des mécanismes d'échange de "crédits carbone" a été reportée à des jours meilleurs. Et plus chauds. Ces mécanismes intéressent bigrement la Suisse, comme tous les pays développés qui achètent grâce à eux le droit à continuer de polluer et de réchauffer le climat en payant ce droit par des investissements à l'étranger dans les énergies renouvelables.

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  • "Rapport aux bêtes"...

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    Petit moment de zoophilie

    Au moment où notre démocratie-modèle s'apprête à voter sur le sort à réserver aux cornes des vaches, on peut s'autoriser à s'interroger sur notre "rapport aux bêtes" -aux autres bêtes que nous-mêmes, animaux humains, "animaux dénaturés", comme disait Vercors. Tout se passe comme s'il n'y avait plus de figures possibles de l'animal que celle de la victime, de la nourriture et celle du compagnon. Mais victime de l'homme, nourriture de l'homme, compagnon de l'homme. La majorité des gens, dans nos pays en tout cas, acceptent comme une banalité le fait de manger des animaux, sans s'interroger ni sur les conditions de production de la viande qu'ils mangent, ni sur le traitement réservé à l'animal qu'ils consomment pour qu'ils puissent le consommer  : la proportion de végétariens dans la population française n'atteint pas 3 %. Et combien d''entre eux ont des chiens ou des chats qu'ils nourrissent (forcément) de ce que chiens et chats mangent, c'est-à-dire de viande ? Pour la plupart de nos contemporains, la souffrance animale est un "mal nécessaire" à la survie, voire seulement au bien-être, de l'animal humain. Quand ce n'est pas purement et simplement à son amusement ou à son désir de paraître : porter un manteau de fourrure n'est plus nécessaire depuis la derrière glaciation. Les tests effectués sur des animaux pour pouvoir produire un rouge à lèvre ne relèvent d'aucune nécessité -pas plus que le rouge à lèvres lui-même d'ailleurs.

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    Lien permanent Catégories : animaux, Développement durable 12 commentaires
  • Coupes dans le budget de coopération internationale de la Ville de Genève : Sur le dos de qui ?

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    brouette.jpg

    55 % de la population mondiale vit sans protection sociale : ni retraite, ni indemnités de chômage, ni assurance-maladie... c'est le constat du rapport de l'OIT sur la protection sociale présenté le 30 novembre dernier à Genève. Constat à confronter à l'objectif (l'un de ceux des Nations Unies pour le développement durable) de mettre en oeuvre des systèmes nationaux de protection sociale partout et pour tous d'ici 2030. C'est dans douze ans. Et c'est pas gagné : La directrice du département de la protection sociale de l'OIT résume : "les politiques d'austérité à court terme continuent de saper les efforts de développement à long terme". Même à Genève, ces politiques sévissent : d'entre les coupes imposées par la droite coagulée dans le budget de la Ville et que la gauche propose d'annuler (on vote le 4 mars...), on notera celle (340'000 francs) opérée dans les ressources allouées à la solidarité et à la coopération internationale... Mais bon, l'essentiel est sauf : nos jetons de présence et indemnités de conseillers municipaux n'ont pas été réduits (ils équivalent précisément, en gros à ce que la droite a coupé dans la coopération internationale). Question de priorités politiques, certainement. "Les affrontements politiques municipaux ne doivent pas se dérouler sur le dos des plus pauvres", proteste la Fédération genevoise de coopération. Mais sur le dos de qui pouvait-on s'attendre à ce que la droite municipale les déroule ? celui des plus riches ?

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  • Solidarité internationale, coopération au développement : Le prix d'une coupe budgétaire

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    Le report en 2018 de la votation municipale sur les coupes opérées par la droite dans le budget 2017 de la Ville de Genève va laisser ces coupes exercer leurs méfaits. Il y a un domaine sur lequel ces méfaits sont particulièrement inacceptables, et auraient du, et pu, être évités c'est la coopération au développement : 340'000 francs ont été supprimés de la contribution de la Ville de Genève à une solidarité internationale qui ne se contente pas de rhétorique, mais qui a l'ambition de se traduire le plus concrètement possible sur le terrain. La Ville de Genève célébrait cette année les cinquante ans de son engagement solidaire -la droite coagulée (PDC, PLR, UDC, MCG) de son Conseil municipal a choisi de célébrer ce cinquantenaire d'engagement par une réduction des moyens qui lui sont alloués, et sont alloués à des projets que la Ville soutient directement comme à des projets soutenus par la Fédération Genevoise de Coopération, soutenue par la Ville

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  • Production nucléaire d'électricité : C'est quand qu'on sort ?

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    Goesgen.JPGSelon deux sondages, l'un effectué par l'institut Gfs l'autre par Tamedia, l'initiative des Verts "pour la sortie programmée de l'énergie nucléaire" s'attire actuellement la sympathie d'une majorité d'électrices et d'électeurs (respectivement 57 et 55 % de "oui"), surtout en Romandie et à gauche (mais également chez les Verts libéraux, au PBD et au PDC, dont le groupe parlementaire l'avait pourtant rejetée à l'unanimité, et dont la Conseillère fédérale Doris Leuthard fait campagne pour le "non". Rien toutefois n'est acquis un mois avant le vote : en septembre, une initiative pour une "économie verte", qui avait recueilli jusqu'à 61 % d'avis favorable dans les premiers sondages, était écrasée par 63,6 % des suffrages, et Genève était le seul canton à l'accepter. Sans surprise, c'est l'électorat du PLR et de l'UDC qui est le plus opposé à l'initiative antinucléaire -et ce sont d'ailleurs le PLR et l'UDC, avec les milieux patronaux et, évidemment, les exploitants des centrales existantes et le lobby nucléaire, qui mènent la campagne la plus ardente contre la fermeture programmée des centrales nucléaires suisses. Dont la plus vieille encore en service dans le monde : le réacteur 1 de la centrale nucléaire argovienne de Beznau a été raccordé au réseau il y a plus de 46 ans, et la Suisse est le seul pays où une centrale en activité ait atteint un âge aussi avancé.... Dis Tonton, c'est quand qu'on en sort, de la production nucléaire d'électricité... ben, le plus vite sera le mieux...

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  • Sarawak : quand les palmiers détruisent la forêt

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    SADIA Sarawak.jpgHuile lourde

    De l'huile de palme et de ses dérivés, on en trouve dans une variété impressionnante de produits de toute nature : dans l'alimentation, les cosmétiques, les détergents, les agrocarburants (jusqu'à trois fois plus polluants que les carburants conventionnels). Cette huile est lourde : pour la produire, on déforeste massivement, on remplace tout aussi massivement les cultures qui nourrissent les populations par la culture qui nourrit les actionnaires. Au Sarawak (Malaisie), la déforestation a pris un rythme délirant : la destruction de la forêt vierge y est trois fois et demi plus rapide que dans le reste de l'Asie. Or le Sarawak n'est pas une terre vierge, ni sa forêt une sylve inhabitée : les communautés autochtones, victimes de la destruction de leur cadre de vie et du vol de leurs terres, résistent à cette destruction, à leur spoliation et leur expulsion. L'association SADIA, par exemple, les aide à faire valoir leurs droits, à les manifester, à agir en justice contre les producteurs d'huile de palme, et les autorités qu'ils corrompent. à résister aux intimidations et aux violences . Le SOLIFONDS* appelle au soutien à cette résistance.
    *SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, CP 80-7761-7

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  • Initiative pour une "Economie Verte" : Un vote du râble

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     En août, 61 % des citoyennes et citoyens interrogés par sondage exprimaient leur soutien à l'initiative des écolos pour une "économie verte". Quelques semaines plus tard, ils étaient encore 51 % à la soutenir. Mais dimanche dernier, l'initiative était refusée par 63,6 % des suffrages et par tous les cantons, sauf le promontoire occidental du bout du lac (mais Lausanne et La Chaux de Fonds acceptent également l'initiative). La proposition des Verts a ainsi perdu en un peu plus de deux mois presque la moitié de ses soutiens. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est passé que, comme le résume le PLR Benoît Genecand, le vote majoritaire en Suisse (et minoritaire à Genève) a été un vote pour le porte-monnaie et pour le confort. Un vote pour, en toute bonne conscience, ne pas changer de mode et de niveau de vie, tout en êtant "écologiquement responsable". Face à la proposition d'"économie durable", les Suisses ont ainsi émis un vote du râble. 

    obeses.jpg

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  • Après nous, le déluge ?

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    nord-sud2.jpgMon confort, ma planète

    De tous les textes soumis au vote populaire dimanche prochain, l'initiative des Verts pour une "économie verte" est sans conteste le plus ambitieux. Mais ce n'est pourtant pas lui qui fait le plus débat : l'initiative syndicale "AVS+", sa défense, sa contestation, prend plus de place dans les media, suscite une controverse plus mobilisatrice. Il est vrai qu'elle repose sur une perception plus aigüe de l'urgence sociale -mais un débat largement relayé n'est pas forcément voué à en éclipser un autre, ni une urgence sociale à reléguer une urgence environnementale. Comme toute la gauche, nous soutenons les deux initiatives en lice : celle pour une assurance vieillesse qui respecte le mandat constitutionnel d'assurer un revenu suffisant pour vivre dignement sans aide sociale, et celle pour une économie qui ne salope et ne bousille pas l'environnement planétaire sur lequel, forcément, elle repose puisqu il n'y a pas d'autre à sa disposition -et à la nôtre. Face à cette initiative-là, celle des Verts, le discours des tenants du statu quo (plus ou moins fardé de bonnes intentions) est simple : on fait déjà tout ce qu'on peut, l'initiative menace notre confort, elle est donc à refuser. Parce que notre confort passe avant notre planète. Après nous (nos consommations, nos modes de vie, nos privilèges), le déluge. Pour les autres. Les pauvres, et les générations futures.

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  • Pas d'interdiction de la spéculation sur les denrées alimentaires, mais...

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    nord-sud.jpgDeux Suisses sur cinq...

     L'ultime sondage GFS-SSR accordait à l'initiative socialiste contre la spéculation sur les denrées alimentaires le soutien de 31 % des personnes interrogées (mais avec un quart de l''échantillon qui n'avait pas encore pris position). Au final, l'initiative, qui avait reçu le soutien, outre celui, naturel, de toute la gauche politique, de plusieurs dizaines d'organisations et de mouvements environnementaux, de solidarité internationale, et de syndicats, y compris du syndicat paysan Uniterre, a obtenu plus de 40 % des suffrages, a été acceptée dans deux cantons (Jura et Bâle-Ville), et n'a été repoussée à Genève, capitale mondiale du négoce céréalier, "que" par 54 % des votantes et tants. Ni les initiants (la Jeunesse Socialiste), ni leurs soutiens ne s'attendaient à un tel score : deux suisses sur cinq favorables à leur proposition anticapitaliste et altermondialiste...

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  • Parce que la Suisse est ce qu'elle est...

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    Initiative contre la spéculation sur les denrées alimentaires : Parce que la Suisse est ce qu'elle est...
     
    L'initiative de la Jeunesse Socialiste contre la spéculation sur les denrées alimentaires, soutenue par toute la gauche, ainsi que par des organisations agricoles, syndicales (comme l'USS), environnementales, d'entraide et de solidarité internationale, exige que les denrées alimentaires soient exclues des opérations spéculatives effectuées en Suisse (mais elle autorise le recours à des instruments financiers par des producteurs ou des négociants cherchant à se prémunir des aléas du marché), et que la Suisse s'engage à lutter contre la spéculation alimentaire au niveau mondial. Une exigence prétentieuse ? La Suisse n'est pas n'importe quel pays, dans le jeu financier international : elle est, dans le commerce des matières premières alimentaires, une plate-forme importante, et le lieu d'installation d'acteurs importants de ce commerce. C'est précisément parce que la Suisse est ce qu'elle est que l'initiative socialiste y est importante...

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  • Lutter contre la spéculation sur les denrées alimentaires : Première nécessité oblige

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    Dans le menu de goinfres qui nous est proposé pour les votations fédérales, cantonales, municipales du 28 février prochain (14 objets à Genève, par exemple : on vous laisse calculer vous-mêmes le nombre de combinaisons possibles à partir des trois mots d'ordre possible pour chacun d'entre eux -oui, non, blanc...), il y en a un qu'on aurait tort d'oublier : l'initiative socialiste (plus précisément : de la Jeunesse Socialiste) contre la spéculation sur les denrées alimentaires. Elle propose l'interdiction à tout agent financier privé ou public d'investir sur le marché des matières premières et des denrées agricoles et mandate la Confédération pour qu'elle s'engage à lutter contre une spéculation sur des biens qui, plus que tout autres, méritent d'être qualifiés de bien de "première nécessité" (celle de la survie).

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  • Changer le monde ou changer l'image des maîtres du monde ?

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    A propos de l'accord conclu à la "COP 21"
     "Vive la planète, vie l'humanité, vie la vie !", s'exaltait Laurent Fabius, au terme de la Conférence mondiale sur le climat, la fameuse COP 21 de Paris. Et François Hollande faisait écho à son ministre des Affaires étrangères : "l'Histoire arrive, l'Histoire est là". Certes, l'Histoire est là -mais elle est toujours là, l'Histoire. Quant au jugement qu'elle portera sur le "jour historique" de la signature de l'accord sur le climat, il devra tenir compte de la concrétisation (ou non) des bonnes intentions, des belles promesses et des grands objectifs contenus dans les 39 pages et les 29 articles du texte. On s'est donc mis d'accord sur la nécessité de plafonner le plus vite possible les émissions de gaz à effet de serre, de telle manière que le réchauffement global de la planète ne dépasse pas 2°, et si possible 1,5°. Mais le calendrier, les dates, les échéances sont dans le flou, et l'accord ne souffle mot des principaux responsables de la dégradation climatique à laquelle il entend mettre fin : l'utilisation des énergies fossiles, l'agriculture intensive, l'élevage industriel, le trafic aérien, le trafic maritime... "il est rare dans une vie d'avoir l'occasion de changer le monde", a ponctué François Hollande... l'a-t-on vraiment saisie, à Paris, en décembre, cette occasion de changer le monde, ou l'a-t-on ratée pour ne changer que l'image des maîtres du monde ?

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  • 20 mars, « Journée internationale sans viande » ...

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    animaux, alimentation, végétarisme, végétalisme, véganisme, Journée sans viandeRapport aux bêtes...

    Ainsi, il y a désormais, une « question animale » à laquelle réponse doit-être donnée. Une question posée par notre rapport paradoxal, foncièrement contradictoire, aux animaux (c'est-à-dire aux autres animaux que nous-mêmes, puisque nous avons péniblement fini par admettre que nous sommes des animaux...). « Le Temps » de la fin de l'année dernière titrait : « L'homme ne n'est jamais senti si proche des animaux, mais il les tue en masse » -et pas seulement pour les bouffer. Il se trouve cependant que les animaux dont nous nous sentons proche ne sont généralement pas les mêmes que ceux que nous massacrons, que les espèces de nos animaux de compagnie ne sont pas celles de notre alimentation (et de l'alimentation de nos chats et de nos chiens) et que si sensibles que nous soyons au bien-être des animaux que nous consommons et faisons consommer à nos animaux de compagnie, il n'est pas évident qu'une majorité d'entre nous accepteraient de payer leur bidoche et celle de Félix et Médor dix fois plus cher pour en finir avec les conditions abominables de « vie » et de mise à mort des animaux qu'implique la production industrielle de viande.

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  • Développement durable ou décroissance ?

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    Quelle réponse à un « schéma de consommation et de production non viable » ?

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