dimanche, 01 janvier 2017

Fin (enfin) d'une année de merde


De Profundis

On ne regrettera pas l'an de disgrâce 2016. Et on ne changera pas non plus de calendrier pour l'extirper de nos mémoires embuées par le champagne et embourbées dans le foie gras des libations de fin d'année. 2016, année de Trump, de Poutine, du Brexit, de la Syrie exsangue... Dies Irae ? Dies, on a comme un doute, mais irae, certainement. De Profundis, en tout cas. Et puis quoi ? Cette année morte n'est ni la première ni la dernièr, que scandent nos défaites. Nous avons survécu aux autres, nous survivrons à celle-là. Nous ne sommes pas résignés, nous sommes patients. Et nous avons de la mémoire.

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19:09 Publié dans De tout un peu, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : révolution, socialisme | |  Facebook | | | |

samedi, 08 octobre 2016

La Teuf de Piogre

Encore un enjeu mobilisateur dans la Parvulissime République
 
On en a, des enjeux mobilisateur, dans la parvulissime république : ses fêtes, par exemple, les Fêtes de Genève -oh pardon : le Geneva Lake Festival... -on aurait préféré la Teuf de Piogre, mais on nous a pas demandé notre avis, on ne pantoufle pas à Genève Tourisme. Donc, une initiative populaire a été lancée pour changer le concept des Fêtes de Genève. Le dépoussiérer. Lui donner un peu plus de sens qu'en peut avoir le bastringue mercantile en quoi elles se réduisent. En faire des fêtes, des vraies, en somme. Doutent de rien, les initiants. Même pas du sens de la fête des Genevois en général, et de leurs zautorités en particulier. Parce que quand la capitale mondiale du monde mondial fait la fête, elle veut que ça lui rapporte. Et que ça dure. Et que les touristes friqués (les autres, on s'en fout) en aient pour leur argent -ou plutôt, la petite part de leur argent qu'ils vont laisser dans les caisses indigènes. On n'est pas dans le potlatch amérindien, ou la Fête des Fous, on est dans l'investissement.

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00:08 Publié dans De tout un peu, Genève, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fêtes de genève | |  Facebook | | | |

mardi, 22 septembre 2015

Bonne année !

1er Vendémiaire, jour du raisin 
             
          

Nous sommes donc le premier Vendémiaire, premier jour de l'an nouveau dans le calendrier républicain, et premier jour, aussi, de la Première République française, proclamée au lendemain de la victoire de Valmy. Et en ce jour de Nouvel-An, nous avons accoutumé de vous balancer l'indispensable, l'incontournable, l'irréfragable Manifeste de la Gauche Dugong -ce que nous faisons donc ci-dessous. Rappelons toutefois la genèse de ce qui, à n'0en point douter, marquera, comme Goethe le vit dans Valmy, un tournant de l'Histoire. Or donc, il y a quelque temps, nous fûmes de ceux qui, « pour en finir avec la gauche caviar » qui commençait sérieusement à nous courir sur les blinis, lancèrent sur le marché déjà fort encombré de la critique de gauche de la gauche, la « Gauche Anchois », destinée à rester d'une confidentialité élitaire confinant à la conspiration aristocratique. Las ! Par maladresse, cette phalange reçut de quelques media une publicité malencontreuse, qui nous convint de procéder, sans regrets, à sa dissolution. Mais, orphelins d'un réseau de comploteurs ricanants, nous ne nous résolvions pas à son absence. Et c'est ainsi qu'après une fugace tentative de créer une « gauche pingouin », tôt condamnée par le réchauffement de la planète, nous procédâmes à la création de la « Gauche Dugong », dont le prestige depuis ne cesse de croître, certes souterrainement (ou plutôt subaquatiquement), mais en proportion de la crainte qu'elle suscite -à juste titre, car sous l'apparente vacuité de son manifeste fondateur se cachent d'abyssales profondeurs : que chacun en barbarouffe autour de lui, car l'état des choses politiques (et les élections municipales à venir) rend urgente l’émergence d'une pensée à la fois radicale et cohérente : la nôtre, forcément... vous en voyez une autre, vous ?

Allez, bonne année à vous toutes et tous...

 

gauche, gauche dugong, calendrier républicain

 

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vendredi, 28 août 2015

Comme si le temps s'était mis en boucle...

Paysage de rentrée

On aurait bien aimé écrire d'autre chose, à la rentrée, que ce dont écrivait déjà avant les vacances. On aurait bien aimé écrire du temps qui passe, de la fraîcheur d'une ombre ou d'une rivière quand le soleil de la canicule écrase les pierres. Ecrire d'un livre qu'on a aimé lire, d'une musique qui nous a emporté, d'un tableau qui nous a secoué. Ecrire d'un  visage, d'une absence... Mais c'est comme si ces deux mois s'étaient condensés en une semaine, comme si le temps s'était mis en boucle : on croit prendre du champ, on se retrouve dans le même marigot que celui où on barbotait... et on y retrouve les même batraciens...

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samedi, 27 juin 2015

Des vacances sans vacance...

réfléchir, c'est commen cer à désobéir.jpgDes devoirs, des plaisirs...

On vous laisse à vos vacances, et on se laisse aux nôtres, pour quelques semaines. Mais les mots sont trompeurs : vacance n'est pas vacuité. Pas forcément. C'est se sortir, si l'on peut, des routines, des pesanteurs, des rites de nos agendas. Et d'entre eux, des routines, des pesanteurs et des rites politiques -de ce dont nos exubérances parlementaires forment l'écume des jours politiques...  Et c'est aussi se libérer de ces conformismes modernistes engluants, de ces progressismes consensuels auxquels ils nous prend de plus en plus souvent l'envie un peu perverse d'opposer de radicales nostalgies -de celles qui n'ont rien à voir avec les "néo-réacs" régressifs qui, parés d'une étiquette d'"incorrection politique" qu'ils se sont eux-mêmes décernée, se pavanent dans tous les media en clamant leur marginalité et l'odieuse censure dont ils seraient les victimes... partons donc à la recherche de ces radicales nostalgies, plus anarchistes que libertaires, qui sont autant de résistances intérieures à la modernité marchande... nos devoirs de vacances nous seront des plaisirs rares...

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vendredi, 19 octobre 2012

Prendre du champ...

On va faire un truc de bobo : prendre des vacances en octobre.
On enverra des cartes postales, parce que cela ne se fait plus et qu'on aime ce qui ne se fait plus. On ira écouter des Salve Regina dans des églises corses parce qu'on ne croit pas en Dieu et qu'on n'est pas Corse.
On reviendra avec des tas de trucs inutiles parce que l'utilitaire nous gave et que l'utile nous casse. Ce n'est pas que l'on se sente inutile, c'est qu'on veuille l'être. Etre inutilisable, pour ne pas être utilisé
On part, on ne quitte pas. On part en emportant ce qui nous importe. Des livres, des musiques, quelques idées, quelques visages.
On part pour prendre du champ, reprendre du souffle. Pour revenir avec un peu plus que ce que nous avions en partant. Un peu plus de livres, de musiques, d'idées, de visages.  Un peu plus de champ, un peu plus de souffle.
A dans dix jours...

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dimanche, 17 juillet 2011

Que nul ne travaille plus, mais que tous oeuvrent

Hier, on parlait du temps. Et si on parlait de ce à quoi on le consume, du "travail" ?

Par le mot de « travail », il a toujours été formulé deux réalités différentes : d’une part, celle de l’activité, constitutive de l’humanité en tant qu’on peut la différencier de l’animalité) de transformation de la réalité donnée : le travail est ce qui transforme le monde, en transformant un peu du monde -du silex que l’on taille à la tour que l’on construit. Et d’autre part, l’esclavage -l’activité contrainte, la mise des uns au travail par les autres, pour leur profit ou leur subsistance.

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15:15 Publié dans De tout un peu | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : travail, salariat | |  Facebook | | | |

samedi, 16 juillet 2011

A la recherche du temps vendu

Le temps est une force de production -sans doute la plus importante, et donc celle dont l’appropriation est, socialement et politiquement, la plus déterminante, la plus porteuse de pouvoir. S'approprier le temps des autres, c'est s'approprier les autres. Or cette appropriation est constitutive du salariat. Le salariat est le système même par lequel l’individu est dépossédé du temps, par l’échange illusoire de ce temps contre de l’argent (illusoire dès lors que l’on ne peut jamais recouvrer le temps vendu, et que ce temps vendu est toujours, irrémédiablement, du temps perdu).

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mercredi, 26 janvier 2011

« Katharina » à la Comédie de Genève : Mémoire plombée des années de plomb

La « Katharina » de Jérôme Richier à la Comédie de Genève est décevante, malgré de belles trouvailles de mise en scène, malgré la Katharina de Céline Bolomey, malgré le livre d'Heinrich Böll et le film de Volker Schlöndorff et Margarethe von Trotta, réduits à une démonstration plombée sur les années de plomb. Peu importe : le pari était risqué, mais valait la peine d'être tenté et vaut la peine d'être vu. Parce qu'il porte une mémoire à retrouver. Celle d'un temps où Heinrich Böll, Prix Nobel de littérature en 1972, se mit au service d'une « certaine idée » de la cohérence en défendant, au nom de principes qui étaient les siens et pas les leur, et sous des torrents de boue déversés sur lui par la presse de poubelle, les membres de la Rote Armee Fraktion prisonniers de l'Etat allemand. C'était il y a trente-cinq ans. Et Anne Bisang a raison de rappeler que l'histoire peut bégayer, et on ne perdra pas son temps à se l'entendre rappeler.

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jeudi, 23 décembre 2010

Fonds de tiroir

Oskar Freysinger s'est donc déplacé à Paris pour agrémenter de sa présence un raoût rouge-brun (des « Assises sur l'islamisation de l'Europe ») tenues à l'initiative du « Bloc Identitaire » (là, on est franchement dans l'extrême-droite) et de « Riposte Laïque » (un machin qui vient de l'extrême-gauche et qui a viré de bord en réduisant sa voilure « laïque » à la seule toile islamophobe). Les deux tribus s'étaient déjà intelligemment manifestées en organisant un « apéro saucisson-pinard » (pur porc, le saucisson, évidemment) à la Goutte d'Or. On fait mumuse comme on peut : les uns prient, les autres bâfrent, tant que les uns et les autres nous foutent la paix et se contentent de se foutre sur la gueule entre eux, tout baigne). Bref, le Génie des Alpages est tout à fait à sa place dans ce brouet néanderthalien (le « Bloc Identitaire » s'était déjà illustré en invitant l'un de nos plus mirifiques produits du terroir, le Conseiller national UDC jurassien Dominique Baettig). On pourrait même suggérer qu'il y reste, dans le marigot identitaire gaulois, le Génie des Alpages, mais  « Infrarouge »  et « Genève à Chaud » se sentiraient orphelins, et on est compatissants.

On retrouve en triant de vieux papiers un intéressant (si, si, y'en a) article de la «Tribune de Genève », du 11 janvier 2010, qui fait le point sur les contributions des communes genevoises à l'aide au développement, telles que budgetées,. Où l'on constate que la majorité des communes n'atteint pas l'objectif de 0,7 % de leur revenu, pas plus d'ailleurs que le canton, qui en 2009 se traînait au tiers (0,25 %) de cet objectif. La Ville de Genève, siège d'une palanquée d'organisations gouvernmentales et non-gouvernementales de coopération au développement, se contentait elle-même d'un modeste 0,47 %, à peine mieux que la Confédération (0,42 %). Mais bon, pour la Ville de Genève, ces 0,47 %, c'est sans compter le prix des leçons qu'elle donne aux autres. En attendant, on félicitera, avec un an de retard et en attendant d'avoir les chiffres pour 2011, les 21 communes (y compris des communes solidement à droite) qui atteignent l'objectif de 0,7 %. Quand à celles qui se traînaient en-deçà de cet objectif, on espère qu'elles auront rattrapé leur retard. En particulier les deux principales communes du canton, toutes deux à gauche, la Ville de Genève et Vernier... même si près de la moitié des contributions totales des communes genevoises à l'aide au développement vient de la Ville de Genève.

Le Conseil d'Etat a annoncé que les communes genevoises ont présenté aux comptes 2009 un total cumulé d'excédent de revenus de 274,628 millions de francs. La Ville de Genève présente un excédent de revenus de 161,423 millions de francs. Sans tenir compte des résultats de la Ville de Genève, les communes de Lancy, Meyrin, Plan-les-Ouates et Carouge totalisent environ 50% de l'excédent de revenus 2009. On constate également que l'excédent de revenus 2009 des villes, Genève comprise, s'établit à 220 millions de francs. La fortune nette des communes s'est accrue de 9,9% en 2009, pour atteindre un total de 3,049 milliards de francs. On comprend mieux dès lors les lourds regards d'envie que ne cesse de jeter le canton sur les communes en général, et la Ville en particulier...

Christophe Blocher propose d'instituer des test de langues pour les candidats à l'immigration en Suisse, seul-e-s celles et ceux qui maîtrisent une langue nationale pouvant obtenir un permis de séjour. Ce qui prouve bien que, finalement, il est pas raciste, le Pithécanthrope. Parce que si sa proposition était retenue, les managers américains blancs et chrétiens ne parlant pas un mot de français, d'allemand, d'italien ou de romanche, c'est-à-dire la quasi totalité de l'espèce, ne pourraient plus venir manger les hamburgers des Suisses. En revanche, 50 millions d'Africains francophones (dont un bon tiers d'Algériens)  pourront les remplacer... Azul, Christophe !

Le 9 octobre dernier, sur un terrain de foot, à Colovray, dans la région de Nyon, un match sans enjeu opposait deux équipes de juniors E (8-11 ans). Sur le terrain, le match s'est bien déroulé. Ensuite... ensuite, le père d'un joueur a agressé, frappé puis menacé de mort l'entraîneur de l'équipe nyonnaise, lui reprochant d'avoir aligné son gniard en défense alors que lui, le pater familias, le voulait en attaque. Ce sont les joueurs qui avaient de 8 à 11 ans. L'âge mental du père n'est pas précisé. Ce qui est précisé, en revanche, c'est la contagion de la connerie sportive, des enfants aux parents.

Le canton veut urbaniser Cointrin -qui l'est d'ailleurs déjà assez largement- en déclassant un secteur de villas en zone 3 de développement, permettant la construction d'immeubles de sept étages, dans un quartier assez proche du centre de la ville, et assez bien desservi par les transports publics. Mais la commune, et certains propriétaires renâclent. Ils auraient tort de s'affoler : c'est Mark Muller qui est chargé du dossier. S'il avance à l'allure de celui des Communaux d'Ambilly, les pèropriétaires de villas et la commune ont le temps de voir venir. Largement le temps.

« Les terrains du PAV (Praille-Acacias-Vernets seront les terrains de la nouvelle Ville de Genève », nous annonce (dans « Affaires Publiques » de décembre) le candidat PDC-UDC des milieux immobiliers, de la famille régnante kazakhe et des amateurs de pince-fesses et de petits fours. Ouais. Sauf que ces terrains sont essentiellement sur le territoire de la Ville de Carouge. Après tout, pourquoi pas ? On annexe Carouge et Lancy (et tant qu'à faire, le Grand Saconnex, Veyrier, Collonge-Bellerive et Pregny-Chambésy en prime, et on l'a, la « nouvelle Ville de Genève » de Chevrolet... en gros, c'est le canton.

11:45 Publié dans De tout un peu | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : freysinger, genève, blocher, football | |  Facebook | | | |