mercredi, 22 mars 2017

Musée d'Art et d'Histoire de Genève : Scories, répliques et règlements de comptes

Inauguration MAH.jpgVingt ans après l'attribution du mandat de rénovation du Musée d'Art et d'Histoire, et un an après le refus en votation du projet issu de ce mandat, on continue à Genève à s'agiter autour du MAH. A s'agiter bruyamment, mais aussi à réfléchir, plus discrètement. La Commission des Finances du Conseil municipal de la Ville de Genève invite la Cour des Comptes à analyser la légalité de l''attribution en 1998 du projet de rénovation (mais pas encore d'extension) du Musée d'Art et d'Histoire, projet refusé en votation populaire il y a un an. Un soupçon d'illégalité de la procédure d'appel d'offres plane, et le coût du projet est passé de 10 millions de francs (mais pour une rénovation sans extension) au moment de l'attribution du mandat à 137 millions au moment de l'acceptation du projet par le Conseil municipal. Dans le même temps que la démarche de la Commission des finances auprès de la Cour des Comptes, deux propositions politiques sont tombées dans l'ordre du jour du parlement de la Ville : l'une d'"Ensemble à Gauche", qui veut la tête du directeur actuel du musée, l'autre de l'UDC, qui veut qu'une fondation du musée se substitue à l'actuelle gestion directe par la commune. Et pendant que les élus municipaux  s'agitent, la commission d'experts nommée par le Conseil administratif pour élaborer des propositions de contenu muséal, d'identité et de fonction culturelles et dessiner le cadre d'un projet concret pour le MAH, annonce qu'elle livrera ses premiers travaux en juin prochain. Elle aura d'ici là auditionné toutes celles et tous ceux qui ont quelque chose à dire sur cet enjeu et ce dossier, qu'elles et ils aient été partisans ou adversaires du projet refusé en vote populaire.

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jeudi, 16 février 2017

Le "Miracle du cinéma"

cinémaQuand le public retrouve les salles

Intéressant entretien, dans le journal patronal "Entreprise Romande", avec la présidente du Groupement des cinémas indépendants genevois, Patricia Dumont, par ailleurs patronne du cinéma "Bio" de Carouge, sauvé par une intervention militante, relayée par la Ville. Le Groupement rassemble tous les cinémas indépendants de Genève, c'est-à-dire en fait tous les cinémas genevois (y compris ceux du Grütli) sauf les salles Pathé.
Première bonne nouvelle donnée par Patricia Dumont : l'année 2016 a été une bonne année pour le 7ème Art à Genève, et en particulier pour les salles indépendantes : les Scala, par exemple, ont franchi la barre des 100'000 spectateurs pour la première fois depuis 14 ans. Et 2016 a aussi été l'année lors de laquelle le Conseil municipal a accepté la proposition du Conseil administratif de soutenir, pour 3,46 millions de francs, la rénovation de quatre salles indépendantes (le City-la rénovation a été faite, le cinéma a rouvert-, les Scala, le Lux et le Nord-Sud). Ce soutien n'est pas une subvention aux exploitants, qui tournent depuis toujours sans subvention, parce que le public genevois est cinéphile, et fidèle à ses salles indépendantes, mais une aide à la mise à niveau matérielle des lieux de projection. Cette mise à niveau était indispensable, et les salles qui en ont bénéficié restent des salles privées. Mais surtout, il répond à un mouvement qui se constate ailleurs, celui d'un retour parfois massif du public dans les salles de cinéma. Malgré les coassements des oiseaux de mauvaise augure.

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lundi, 23 janvier 2017

Sauver le "Plaza" : c'est pas fini

Vignette Plaza.jpgReclasser ou exproprier ?

Le cinéma "Le Plaza" n'a pas encore été démoli, mais le projet de ses propriétaire reste de le détruire pour le remplacer par un centre commercial, et sous le centre commercial un parking (et sur le centre commercial, des "logements pour étudiants" histoire de masquer un peu les objectifs purement financiers de l'exercice). Ce projet est à l'examen au Département cantonal de l'Aménagement (le DAL), à qui chacun-e peut encore adresser ses observations. Et même si le projet, malgré toutes ses tares (à commencer par celle de nécessiter, pour pouvoir être autorisé, une dérogation générale à quasiment toutes les lois qu'un projet de ce genre est supposé respecter) devait finalement être accepté, il sera encore temps de faire recours, pour autant qu'on en ait la capacité juridique, contre cette autorisation de démolir pour dénaturer. Pendant quoi, il nous faut également intervenir partout où cela peut avoir un effet, afin que la salle, dont la valeur patrimoniale a été reconnue même par les jugements qui la déclassaient, soit "reclassée", et que l'exigence de la maintenir devienne incontournable. Cette exigence suppose un projet culturel pour cette salle. S'ajoutant à la valeur patrimoniale du Plaza, seul un tel projet peut justifier l'intervention de la Ville et du canton. Mais pour que cette intervention se fasse, il n'est que deux moyens possibles : soit le reclassement de ce qui n'a été déclassé qu'au prétexte de la non-rentabilité de la salle, soit l'expropriation pour utilité publique. Cette expropriation peut être décidée par le parlement cantonal, mais aussi, par voie d'initiative législative, par le peuple. A tout cela, on travaille.

 

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vendredi, 16 septembre 2016

"TOUCHEZ PAS AU PLAZA" : le projet culturel

 
Vignette Plaza.jpgDu Plaza au Barrio (del Cine)


On a déjà à plusieurs reprises soutenu ici le mouvement ("Touchez pas au Plaza" : https://www.facebook.com/groups/1447065642251760/)  qui s'est créé pour sauver la salle de cinéma "Le Plaza" de la démolition projetée par son propriétaire. Il y a à cette volonté de maintenir cette salle, la plus belle de Genève, des motivations patrimoniales. Mais il y a aussi une volonté culturelle. Le choix de maintenir ou non la salle du Plaza renvoie en effet à un critère d'utilité publique : l'utilité publique du projet des propriétaires l'emporte-t-elle sur celle du projet des défenseurs de la salle, comme lieu culturel ouvert au public ? la motivation du propriétaire est financière, et son critère est celui de la rentabilité : il considère que la salle n'est pas rentable, que la rentabilité des autres éléments de l'ensemble "Mont-Blanc Centre" ne doit pas être prise en compte pour compenser la non rentabilité de la salle de cinéma, seul élément déclassé (pour des motifs financiers) de l'ensemble créé par l'architecte Saugey, et qu'il a donc lui, le propriétaire, un droit fondamental à se débarrasser de la salle, alors que nous considérons, nous, qu'il y a une utilité publique évidente à la maintenir en tant que lieu culturel plutôt qu'en un centre commercial de plus.

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jeudi, 23 juin 2016

Musée d'Art et d'Histoire de Genève : Da capo..

  On est toujours plus intelligent après une défaite qu'avant, c'est bien connu depuis Marignan. Ou alors, quand on se rengorge d'avoir été déjà vachement plus intelligent que les autres avant la défaite, en l'annonçant et en prédisant ses causes, on se la joue modeste.  On va donc à Genève, pour la rénovation et l'extension (ou non, ou l'éclatement) du Musée d'Art et d'Histoire, faire les choses, poser les actes, entamer les réflexion, dans le bon ordre logique -commencer par le commencement, en somme. Commencer par se poser la question à laquelle sera donnée une réponse qui va déterminer la suite : quel musée voulons-nous ? Pour faire quoi, dire quoi, raconter quoi ? assumer quel rôle, assurer quelles missions ? Déterminer le contenu d'abord, et lui adapter un contenant. Le contenant existant (le bâtiment actuel) ou un autre, sans en préjuger. Le débat, là, est un débat de fond -et les oppositions qui vont le structurer, des oppositions de fond, non sur l'architecture, le patrimoine, le coût, mais sur la nature et le projet culturel du musée. Les oppositions plus spécifiques (les mêmes que celles qui, en s’additionnant, ont coulé le projet Nouvel il y a six mois), viendront après, forcément, mais on aura au moins, à défaut d'avoir fait du passé table rase, entamé un nouveau processus sans le bâcler, et  en sachant où l'on veut qu'il nous mène...

MAH, musée, musée d'art et d'histoire

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vendredi, 03 juin 2016

Le cinéma "Le Plaza" n'est pas encore mort : N'y touchez pas, c'est un bijou !

Vignette Plaza.jpgComme on sait (et comme on regrette), l'autorisation de démolir le cinéma "Le Plaza", bijou de salle sertie dans un complexe architectural classé mais dont on a absurdement retiré la salle de cinéma pour la déclasser, le propriétaire plaidant l'impossibilité de la rentabiliser, a été accordée par le Conseil d'Etat, la démolition du "Plaza" étant cependant subordonnée à l'octroi d'une autorisation de construire autre chose (un centre commercial surplombé de "logements étudiants" pas plus rentables que la salle qu'on veut démolir parce qu'elle n'est pas rentable...), autorisation qui n'a pas encore même été formellement demandée. Les recours contre l'autorisation de démolir ont tous été rejetés (par la même juge) sans argument sur le fond, et sous le seul prétexte de défaut de "qualité pour agir", le dernier en date étant celui de la section genevoise de la société suisse des architectes -laquelle a cependant fait recours contre le refus de son recours. Le combat continue donc -il reprendra de plus belle lorsque l'autorisation de construire sera déposée -et nous avons quelques armes en réserve, dont on vous dira des nouvelles...
En attendant, SAMEDI 4 JUIN, GENEVE, la Fédération des Architectes Suisses organise une visite guidée de l'extérieur de l'ensemble dans lequel est serti le "Plaza" : Rendez-vous 15h sur l'Ile Rousseau. De là, on se dirigera sur la rue du Cendrier. C'est-à-dire sur le Plaza. Dont on ne pourra cependant qu'admirer la façade, le proprio défendant jalousement l'entrée de ce qu'il veut détruire...

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mercredi, 13 avril 2016

Musée d'Art et d'Histoire de Genève : Un "NON" libérateur

MAH illuminé.jpg

Le 28 février dernier, les Genevois et voises (de la Ville, puisqu'un Musée d'Art et d'Histoire n'intéresse pas le canton -au contraire du Grand Théâtre, plus décoratif sur une carte de visite politique) ont libéré le Conseil administratif, et même le MAH, d'un héritage pesant, et paralysant : le refus du projet Nouvel-Jucker de rénovation et d'extension du MAH a en effet quelque chose d'une libération en même temps que d'une remise des compteurs à zéro : on va enfin pouvoir procéder comme il aurait fallu le faire dès le départ : d'abord définir le contenu et le rôle du musée, et ensuite le contenant, le bâtiment. L'inverse de ce qui a été fait. Et ça tombe bien : le projet muséal, on l'a. Ou plutôt : on en a un -mais comme c'est le seul, c'est sur celui-là, quelque critique qu'on ait à lui faire, qu'on va pouvoir repartir. En somme, il fallait dire "non" d'abord (au projet Nouvel-Jucker) pour pouvoir, un jour, dire "oui" à un projet qui tienne la route, culturellement et politiquement, avant même que de satisfaire architecturalement et de rassurer financièrement.

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mardi, 12 avril 2016

Répartition des tâches entre les communes et le canton de Genève : "Désenchevêtrer", vraiment ?

ficelles.jpgUne réforme de la répartition des tâches entre le canton de Genève et les communes genevoise a été imposée par la nouvelle constitution cantonale et doit être achevée le 31 mai 2018. Elle est conduite en fonction d'une "feuille de route" faisant référence aux grands principes de "proximité, subsidiarité, transparence et efficacité", et selon une règle imposant que toute transfert de tâches est accompagné d'un transfert de ressources, via un "fonds de régulation" alimenté par le canton et les communes, chaque collectivité y versant ce que lui coûte la tâche qu'elle transfère à une autre collectivité. A la fin du processus, une "bascule fiscale" corrigera à la hausse ou à la baisse le montant des centimes additionnels (c'est-à-dire le niveau de l'impôt communal) pour arriver à une "neutralité globale" de l'exercice. Cette jolie mécanique pourrait fonctionner, si on ne tenait compte ni du contexte politique, ni des arrière-pensées des uns et des autres, ni des choix politiques majoritaires (en particulier de ceux du gouvernement et du parlement cantonaux). Or maintenant, on en arrive à un domaine qui est l'un des rares où, à Genève, les communes sont premières : la politique culturelle. Et là, on est plus dans le "désenchevêtrement", mais dans le marchandage.

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lundi, 21 mars 2016

"Touchez pas au Plaza" : Frémissements...

Je suis Le Plaza.JPGOn vous reparle du sauvetage de la plus belle salle de cinéma genevoise, en déshérence depuis des lustres : le Plaza. Parce qu'il y a du nouveau. Oh, pas un bouleversement, pas un renversement de situation, non, mais des frémissements. Les auteurs des recours individuels contre l'autorisation de démolir la salle (sous réserve de la délivrance d'une autorisation de construire le souk que les propriétaires projettent à sa place) ont bien été déboutés, par dénégation de la qualité pour agir, mais un recours reste pendant, celui de la Société suisse des architectes, section de Genève, à qui la qualité pour agir peut difficilement être niée. Et puis, les défenseurs de la salle ont présenté il y a deux semaines un projet de "quartier culturel" dont le Plaza, en tant que salle de cinéma, serait le centre, et des messages indirects et informels de quelques autorités leur sont parvenus selon lesquels si un projet culturel était avancé à partir du Plaza cinéma, leur position (soit l'autorisation de démolir, conditionnée à une autorisation de construire) pourrait être revue dans le sens de la préservation de la salle. La rénovation réussie, par la Ville, de l'Alhambra  prouve d'ailleurs qu'on peut parfaitement réhabiliter et adapter une salle de cinéma historique (même plus ancienne que le Plaza) à une fonction culturelle plus large et plus polyvalente, sans attenter à sa structure et à sa qualité architecturale. C'est d'ailleurs ce que la Ville de Lausanne entend faire de sa salle du Capitole...

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lundi, 07 mars 2016

Le cinéma Plaza n'est pas encore mort

Je suis Le Plaza.JPGLe Plaza, comme le Capitole ?

Le cinéma Plaza n'est pas encore mort. Et s'il devait mourir, ce ne serait pas de sa belle mort, mais d'avoir été tué. Délibérément. Par ceux qui veulent le détruire, et ceux qui ne veulent rien faire pour les en empêcher. Contre l'autorisation donnée par le Conseil d'Etat de démolir cette splendide salle, il reste un recours pendant devant le Tribunal administratif de première instance (les autres ont été déboutés) : le recours de la Fédération des architectes suisses (FAS), qui avait déjà été active dans le sauvetage de la salle du Manhattan, et pour qui il ne s'agit pas seulement de sauver un bâtiment ou une salle, "mais aussi une spatialité, celle des années 50, et avec elle l'optimisme de l'après-guerre". La FAS, qui demande au Conseil d'Etat de "reclasser la salle" (classée en 2004 mais déclassée en 2007 sur pression des propriétaires), demande notamment la nomination d'un expert indépendant pour produire une contre-expertise (il n'y en a jamais eu...) à celles, de pure opportunité, commanditées par les propriétaires pour conforter leur volonté de détruire la salle. Enfin, le directeur de la Cinémathèque suisse, Frédéric Maire, a apporté son soutien à la lutte pour le sauvetage du Plaza, en s'appuyant sur l'expérience du sauvetage de la salle lausannoise du Capitole. Bref : le Plaza bouge encore...

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mardi, 01 mars 2016

MAH : Du bon usage d'un refus

MAH, musée d'art et d'histoireDa capo !

Par 54,3 % des votants (on avait parié sur une proportion encore plus forte), le peuple municipal de Genève a donc refusé le projet de rénovation et d'extension du Musée d'Art et d'Histoire. Le vote n'était que municipal -aurait-il été cantonal que le "oui" aurait peut-être gagné (comme il a gagné dans les arrondissements de droite de la Ville), encore qu'on ne puisse en jurer. Pas plus qu'on ne puisse jurer, même si on en est persuadé, que si la rénovation et l'extension du musée avaient été dissociées au lieu que d'être liées dans un seul vote, la rénovation aurait été acceptée -peut-être même sans vote populaire, parce que sans référendum. Reste que refus il y a eu. Et qu'il y en a un bon usage possible : il rouvre le débat que l'acceptation du projet aurait fermée, avant même qu'il ait réellement commencé. Non le débat sur le coût du projet, l'odeur de l'argent privé qui contribuait à le financer, ni même le débat patrimonial, mais le débat sur le rôle du musée, sa place dans le dispositif culturel genevois. Et même le débat sur un nouveau musée, ailleurs. Parce que le musée ne doit pas être prisonnier de son bâtiment et que peu nous importe au fond le sort du bâtiment Camoletti : il n'est pas le musée, mais son enveloppe...

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vendredi, 26 février 2016

MAH : On efface tout et on recommence ?

Momie4.jpgTabula rasa !

On saura donc dimanche si le projet de rénovation-extension du MAH pourra être réalisé ou s'il finira aux archives... mais en fait, on ne le saura pas gran chose d'autre  : un "non" ne "sauvera" pas plus le bâtiment de Marc Camoletti qu'un "oui" ne répondra au besoin genevois d'un nouveau "grand musée moderne". Dans un courrier de lecteur à la "Tribune de Genève", le patron de Vacheron Constantin, particulièrement intéressé à la possibilité d'un musée de l'horlogerie dans le MAH, estimait que "le projet soumis au vote (...) est une réponse concrète à des besoins devenus urgents". Nous, ici, on l'a plutôt considéré comme une mauvaise réponse à une question mal posée et mal comprise...  De toute façon, que ce soit "oui" ou "non" à ce qui reste du projet Nouvel-Jucker initial, le MAH devra être fermé : pour rénovation si c'est "oui", ou parce qu'il sera devenu inutilisable, faute d'être rénové, si c'est "non"... Peu importe donc le résultat du vote de dimanche : au terme d'un vrai débat de merde, ce résultat aura confirmé le vieux slogan d'"Hara-Kiri Hebdo" (ou était-ce déjà "Charlie" ?) : "votez con, vous n'avez pas le choix". A part le choix de la "table rase", bien sûr : on n'a pas si souvent l'occasion de chanter l'Internationale dans une votation municipale...

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lundi, 08 février 2016

Centenaire d'une révolte culturelle : Dada m'a (pas) tuer

Le 5 février 1916 naissait à Zurich le Cabaret Voltaire, et peu de temps après, Dada, dans un îlot au coeur d'une Europe ravagée par la guerre et la connerie chauvine (si la Suisse échappa à la première, elle n'échappa pas à la seconde), à laquelle Dada n'avait à opposer qu'un  ricanement souverain, un mépris absolu des convenances et des disciplines, un irréductible irrespect des maîtres. Il peut convenir de prendre un peu de hauteur -à moins qu'il s'agisse de profondeur ?- en célébrant  le centenaire d'une révolte culturelle qui remit en cause tout ce qui faisait la culture de son temps, tout ce que la culture de son temps faisait et tous les lieux où elle se célébrait. Y compris les musées. Une petite prise de distance s'imposw, comme une respiration, avec un simulacre de débat (d'autant qu'on y participe) : le débat foireux sur le projet de rénovation-extension du Musée d'Art et d'Histoire de Genève, débat qui, "culturellement" se réduit, à un affrontement entre la sacralisation du patrimoine (nous chantions naguère"du passé faisons table rase"...) et le fétichisme d'une modernité aussi bruyante, parce qu'aussi creuse, qu'un tambour.

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jeudi, 28 janvier 2016

Politique culturelle genevoise : un piège est ouvert

MAH, Nouvelle Comédie, Pavillon de la danse...Un débat gratiné...

N'y a-t-il plus à Genève d'enjeu culturel, de débat sur un tel enjeu, que celui de la rénovation-extension du Musée d'Art et d'Histoire ? En tout cas, ce débat, ou ce qui en tient lieu écrase tous les autres. Ou plutôt les recouvre d'une sorte de couche gratinée, sous laquelle on se doute bien qu'il y a quelque chose, mais recouvert par les polémiques sur le projet Nouvel-Jucker -ou plutôt, le plus souvent, sur les aspects collatéraux de ce projet. Et sur son financement. Et sur la campagne du « oui ». Et sur celle du « non ». Et sur Nosferatu. Et sur Gandur. Et sur l'âge du capitaine. Alors,  bien sûr qu'il est important, le projet MAH+, parce que le MAH est important -mais bon sang !, la politique culturelle de la Ville ne s'y résume pas, même si, quelque soit le résultat du vote du 28 février, elle risque fort d'en pâtir... Un piège est grand ouvert pour toute politique culturelle digne de ce nom... Et on n'est jamais si bien piégé que par soi-même...

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samedi, 23 janvier 2016

Coupes dans les subventions culturelles et sociale en Ville de Genève : qui va trinquer ?

La Ville accorde un total de plus de 200 millions de francs de subventions (212 millions au projet de budget 2016, raboté par la droite).
Sur ce total, le projet de budget 2016 prévoyait 131 millions de subventions par le département de la cohésion sociale et de la solidarité, 65 millions par le département de la culture et 11 millions par le département des Finances et du logement.

La majorité de droite coagulée a décidé de couper 2 % dans toutes les subventions (sauf celles au sport et à la petite enfance, et celle au Grand Théâtre -en revanche, l'Orchestre attitré du GTG est frappé... Deux pourcent ça n'a l'air de rien, mais ça fait au total une coupe de plus de 4 millions de francs, dont plus de 2,5 millions dans la politique sociale, et plus d'un million dans la politique culturelle. D'autant que les fonds généraux de soutien à la création culturelle et à sa représentation sont, eux, amputés de 10 %, et que ces coupes s'ajoutent aux coupes cantonales, et à d'autres coupes municipales (dans les lignes de fournitures et dans les "fonds généraux").
Voici, sauf erreurs ou omissions, par domaines, tous départements municipaux confondus, une longue liste (même pas exhaustive, et qui ne tient pas compte des subventions en nature) de victimes des coupes municipales dans les subventions (vous les trouverez aussi dans le projet de budget du Conseil Administratif, disponible sur le site internet de la Ville) : si ces victimes se réveillent, elles peuvent encore, en signant nos référendums*, repousser les ciseaux et les rabots de la droite coagulée... et en pousser une partie à repentance, comme le PDC semble s'y apprêter.
Les indications suivies d'un astérisque concernent les coupes supérieures à 5'000 francs.
Les indications suivie de deux astérisques concernent les coupes supérieures à 10'000 francs
Les indications suivies de trois astérisques concernent les coupes supérieures à 20'000 francs, jusqu'à près de 200'000 francs (OSR)

 

* Les feuilles de signatures pour les référendums peuvent être téléchargées sur http://www.fichier-pdf.fr/2015/12/23/feuille-de-signatures-re-fe-rendums-budget-ps-final/

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mardi, 19 janvier 2016

Jean-Claude Gandur, "Le Courrier", le MAH+...

Confusion des enjeux


Jean-Claude Gandur s'invite dans la campagne contre le projet Nouvel-Jucker d'extension du Musée d'Art et d'Histoire, projet dont il est le principal partenaire financier privé : L'homme d'affaires a déposé deux plaintes contre «Le Courrier», pour calomnie, diffamation et atteinte à l’honneur, à la suite de la parution dans le quotidien d'un dossier lui étant consacré et qui lui a fort déplu. La plainte demande au Tribunal de Première instance de condamner le Courrier à lui verser (ainsi qu'à sa fondation et sa société) 20'000 francs, avec des intérêts à 5 % (Gandur affirmant ensuite qu'il se contenterait d'un franc symbolique), soit condamné aux frais et dépens, et à une participation aux frais d'avocat. L'attaque de Gandur contre "Le Courrier" a été dénoncée par le syndicat des media, Syndicom, et par l'association professionnelle des journalistes, Impressum, comme une "attaque frontale contre la liberté de la presse et l'indépendance du journalisme" (Syndicom). Impressum s'inquiète de la tendance croissante à l'intimidation judiciaire des journalistes, de la part de personnalités publiques, et les deux organisations s'étonnent que Gandur n'ait utilisé ni son droit de réponse, ni son droit de plainte auprès du Conseil suisse de la presse, et se soit adressé directement à la Justice pénale.  Heureusement que, comme le relève Sami Kanaan, "le projet du MAH va bien au-delà du rôle de Jean-Claude Gandur dans le montage" financier, parce qu'il ne manquait plus que l'appel à la justice salvatrice de l'amour-propre pour rendre l'enjeu totalement inintelligible...

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14:38 Publié dans Culture, Genève, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mah, mah+, gandur | |  Facebook | | | |

mardi, 12 janvier 2016

Musée d'Art et d'Histoire, Nouvelle Comédie : Périlleuse conjonction d'enjeux

La culture est une arme.jpgL'année politique qui s'ouvre va sceller le sort de deux projets d'investissements lourds dans deux institutions culturelles pérennes : le Musée d'Art et d'Histoire (on  votera le 28 février sur le projet de sa rénovation et de son extension, tel qu'approuvé par le Conseil Municipal, et contesté par un référendum populaire) et la Nouvelle Comédie, projet lui aussi approuvé par le Conseil Municipal mais ensablé au Grand Conseil par les palinodies du PLR cantonal, et menacé d'un référendum par l'UDC et le MCG. La conjonction des ces deux enjeux, auxquels il faut ajouter le référendum contre les coupes budgétaires en Ville de Genève, est périlleuse : elle met en évidence les contradictions de la plupart des forces politiques genevoises (à deux exceptions, antagoniques près, le PS et l'UDC) sur les enjeux culturels. Dans les deux cas du Musée et du Théâtre, les projets ont été approuvés par le Conseil Municipal par des majorités différentes : la gauche, le PDC et le PLR (celui de la Ville, contre celui du canton...) pour la Nouvelle Comédie, une partie de la gauche (le PS et une partie des Verts) et une partie de la droite (le PLR, le PDC et le MCG) contre une autre partie de la gauche (Ensemble à Gauche) et de la droite (l'UDC) pour le MAH+... toute la gauche se retrouvant pour s'opposer aux coupes budgétaires assénées par toute la droite dans le udget culturel (notamment).

Au cas où, ce soir à 19 heures 30, le PS organise (à son siège, rue des Voisins) une discussion publique sur les enjeux culturels liés à l’agrandissement du MAH, avec Jean-Yves Marin et Sami Kanaan...

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lundi, 04 janvier 2016

Il faut fermer l'Usine. Pis voila. Pis c'est tout.

Et soudain, dans la nuit d'un samedi et d'un dimanche de décembre dernier, à Genève, les GPS médiatiques et les boussoles politiques s'affolèrent et les cartes de géographie se brouillèrent : éditorialistes et correspondants se mirent, après une manif "sauvage" ayant "dégénéré" en tags et casses de vitrines, à confondre Genève et Sarajevo. Genève "défigurée", sanglotait "Le Temps", qui évoquait aussi le "chaos", la "Tribune" préférant écrire d'un "grand saccage". Lorsqu'un èmecégiste avait comparé une précédente manif et les tags qu'elle avait laissé derrière elle à la "Nuit de Cristal" nazie, on s'était indignés. Là, on se contentera de ricaner.  On a les débuts d'années débonnaires.

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mardi, 22 décembre 2015

Manif casseuse au prétexte de la défense de la culture alternative : Providentielle diversion

On a attendu un peu avant de vous livrer nos états d'âme sur la manif casseuse de samedi, à Genève, convoquée au prétexte de la défense de la culture alternative. On a attendu le temps de laisser dégoiser les blaireaux et de nous repaître des commentaires hallucinés foisonnant sur les réseaux sociaux (on vous recommande notamment les délires miliciens du président du Conseil municipal de la Ville de Genève, qui appelle notamment les "commerçants" à s'armer et à tirer dans le tas). Le débat, ou ce qui en tient lieu, que suscite l'événement se situe lui-même au niveau spéléologique d'un échange décérébré d'invectives, avec la sommation, d'un côté, de condamner sans chercher à comprendre, et de l'autre de se solidariser sans essayer de réfléchir : avec son fameux "ni rire,ni pleurer, mais comprendre", Spinoza passerait auprès de chaque camp pour un suppôt du camp adverse... Et la défense de la culture alternative et de ses lieux, dans tout ça ? Oubliée. Providentielle diversion opérée par la casse, pour les épurateurs culturels.

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mardi, 15 décembre 2015

Ville de Genève : le quatrième débat sur le budget commence. Dans la rue.

Qu'a imposé la droite coagulée en Ville de Genève ? Pour nous en tenir à la politique culturelle, première visée par ces coupes, elle a imposé une coupe de 10 % dans les fonds de soutien à la création et à sa représentation (les « fonds généraux ») et une coupe de 2 % dans les subventions directes. Sauf pour le Grand Théâtre, mais en revanche, pour son orchestre attitré. On admire la logique. Cette coupe dans les subventions municipales s'ajoute à une coupe cantonale proposée de 1 % par année pendant cinq ans dans les subventions directes. Un théâtre comme Am Stram Gram y perdrait 30'000 francs, dont 20'000 francs du seul fait de la Ville. Une économie ridicule sur le budget de la Ville. Une perte importante sur celui d'un théâtre qui n'a pas vu augmenter depuis 10 ans le soutien public qu'il, reçoit... A elle seule, et sans compter, évidemment, les coupes dans les lignes de biens et marchandises qui concernent des lieux culturels la création culturelle devrait assumer, pour 1 million 400'000 francs de coupes dans les fonds de soutien et les subventions, soit 9 % de toutes les coupes proposées, pour économiser à peine plus d'un pour mille des dépenses municipales.  On est donc bien face à une attaque en règle contre, non pas tant la politique culturelle de la Ville, ce qui serait déjà inacceptable puisque la droite n'en proposez aucune qui soit alternative, sinon ne plus financer que le Grand Théâtre et le Musée d'Art et d'Histoire, mais contre l'ensemble du champ culturel genevois, du tissu culturel genevois, de ses lieux, de ses acteurs, de ses salariés. Avec une cible prioritaire : la culture émergente, la création indépendante des institutions, et, évidemment, la culture alternative. Et le secteur le plus fragile de l'économie et du si bien nommé « marché » du travail, celui des intermittents du spectacle. Ces choix budgétaires frappent un secteur qui a fait travailler, et vivre de leur travail, près de 1900 personnes l'année dernière, sans compter le personnel des institutions. Ni, évidemment, le personnel municipal affecté aux institutions. Les coupes dans les fonds de soutien à la création et à leur représentation vont en outre affecter toutes les manifestations qui permettent cette représentation comme les festivals de cinéma (Black Movie, Filmar, Cinetransat et les autres), les fêtes du théâtre et de la danse.

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06:57 Publié dans Culture, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : budgets publics | |  Facebook | | | |