mercredi, 14 novembre 2018

Allègement de la pression migratoire, pas de la chasse aux migrants

Manif identitaire.jpgUn ventre encore fécond...

La pression migratoire sur l'Europe (y compris la Suisse) s'est considérablement allégée : un nombre record de migrants débarquent en Espagne plutôt qu'en Italie (en bloquant une route, on ne fait qu'en ouvrir une autre, a constaté le ministre espagnol des Affaires Etrangères, Josep Borrell) : l'Italie ferme ses ports, les migrants passent par l'Espagne (qui, elle, ne les refuse pas -elle a accepté l'accostage du navire de sauvetage "Aquarius" et le débarquement de ses 630 passagers, à qui l'Italie avait fermé ses ports) et la route de l'Espagne vers les pays où ils veulent aller (l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la Scandinavie) ne passe pas vers la Suisse.En 2017 déjà, le nombre de demandes d'asile déposées en Europe avait chuté de 44 % par rapport à 2016, et le recul se poursuit : à fin juillet, et depuis le début de l'année, le nombre de migrants arrivés par la mer (55'000) avait diminué de moitié par rapport à 2017 et des trois quarts par rapport à 2016, et les débarquements ont triplé en Espagne pendant qu'ils baissaient de 80 % en Italie. Cette année la Suisse a enregistré au premier semestre le nombre le plus bas de demande d'asile (7820) depuis 2010, et les garde-frontières ont enregistré un tiers de moins de séjours illégaux en Suisse. Et notre paradis sur terre n'est qu'en 11ème position dans le classement des pays destinataires de demandes d'asile. On se dit que ça devrait calmer nos xénophobes (et ceux des autres pays) ? Mais non, c'est trop d'optimisme : Pourquoi le feraient-ils, d'ailleurs ? Ceux qui les écoutent se foutent de la réalité...

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01:17 Publié dans asile, réfugiés | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : migrations, xénophobie | |  Facebook | | | |

vendredi, 31 août 2018

Miasmes xénophobes : Gros vents et petites brises

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Les vents politiques nous semblent souffler depuis les lieux des miasmes xénophobes ? Sans doute. Mais tout le monde ne se comporte pas en girouettes : en France, le Conseil constitutionnel a consacré, contre le ministère de l'Intérieur, et en faveur de Cedric Herrou le "principe de fraternité" en affirmant qu'une aide désintéressée à des étrangers en situation irrégulière ne saurait être passible de poursuite. Ainsi, le principe de solidarité affirmé par l'agriculteur des Hautes Alpes a-t-il été affirmé contre le "délit de solidarité" qui valait à Cédric Herrou d'être poursuivi pour l'aide qu'il apportait à des immigrants venus d'Italie. La plus haute juridiction française a rappelé que la Fraternité était proclamée, avec la Liberté et l'Egalité, par la devise de la République, et que la Constitution s'y référait comme à un "idéal commun".  Quelques jours plus tard, le philosophe Etienne Balibar publiait dans "Le Monde" (daté du 17 juillet) une tribune en appelant à l'instauration d'un "droit international de l'hospitalité", face au "retournement du droit de l'asile" en "obsession pour le refoulement de l'immigration  dite clandestine et l'identification des "faux réfugiés" : en usant de critères "extraordinairement restrictifs" pour "disjoindre l'obtention du statut de réfugié et le droit de circulation" et soustraire la souveraineté des Etats à toute véritable contestation, on ne fait plus place, comme motifs d'asile, aux "conditions de guerre civile ou de guerre économique, dictature ou restriction de la démocratie, catastrophe environnementale". Les Etats transforment ainsi "des masses de migrants en réfugiés sans refuge". De gros vents mauvais soufflent de Hongrie et d'Italie (entre autres contrées) ? Quelques brises moins pestilentielles permettent encore de respirer...

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16:15 Publié dans asile, réfugiés, France, Italie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : xénophobie | |  Facebook | | | |

jeudi, 22 février 2018

Deux fois moins de réfugiés en Europe en six mois : A quel prix ?

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En 2017, 18 088 nouvelles demandes d’asile ont été déposées en Suisse. C’est un tiers de moins qu’en 2016. Parmi celles-ci, 885 ont été attribuées au canton de Genève. C'est moitié moins qu'en 2016, et c'est le chiffre le plus bas enregistré depuis 2010. A Genève, les personnes ayant déposé une demande d'asile sont principalement originaires d'Erythrée (182), de Syrie (110), d'Irak (54), d'Afghanistan (45), du Nigéria (40), de Guinée (39) et du Sri Lanka (39). Fin 2017, 4 155 personnes étaient à Genève  dans le processus « asile », dont 1 471 ont déposé une demande d'asile(elles disposent d’un permis N). Les 2 684 autres personnes ont vu leur demande d'asile refusée, mais bénéficient d'une admission provisoire (permis F). 2 990 personnes ont été reconnues comme réfugiées et sont sorties du processus d'asile, en ayant obtenu un permis B ou C. Depuis six mois, le nombre de migrants traversant la Méditerranée pour rejoindre l'Europe a diminué de moitié. Parce que les raisons de fuir leurs pays ont elles aussi diminué de moitié ? Non : parce que l'Europe paie ce qui tient lieu d'autorités libyennes pour qu'elles stockent, dans des conditions abominables dont l'Europe se contrefout, les milliers de réfugiés que les Européens ne veulent pas voir arriver chez eux.

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15:24 Publié dans asile, réfugiés | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : migrations, libye | |  Facebook | | | |

lundi, 12 février 2018

Hébergement des requérants d'asile : Post Tenebras Lux ?

Après les ténèbres du sous-sol, les lumières du jour ? "Plus aucun requérant d'asile ne dort sous terre", se félicitaient fin janvier l'Hospice Général et son ministre de tutelle, Mauro Poggia, en annonçant la fermeture du dernier abri de Protection Civile utilisé pour l'hébergement des requérants, l'abri des Coudriers. Et deux semaines plus tard, ils ouvraient  à la campagne Rigot, à deux pas du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, le chantier d'un centre d'hébergement de 370 places, dont l'ouverture est prévue en 2019 etg qui devrait fonctionner pendant dix ans. L'Hospice clame son espoir de ne plus avoir besoin de recourir aux abris de protection civile pour héberger des requérants d'asile, une tâche à laquelle il ne peut se soustraire et qu'il espère pouvoir assumer en recourant à des centres, pérennes ou provisoires, pouvant assurer des conditions d'hébergement plus dignes que celles du stockage souterrain pratiqué dès octobre 2014 dans l'abri PC de Châtelaine. Ce qui était présenté alors comme une mesure provisoire rendue nécessaire par l'urgence aura duré trois ans, et aura mobilisé jusqu'à neuf abris PC. Le directeur de l'Hospice Général et son ministre reconnaissaient que cette "solution" n'en était pas une, qu'elle atteignait à la dignité de celles et ceux à qui on l'appliquait, et qu'elle coûtait en outre fort cher, mais protestaient de l'impossibilité de faire autrement, faute de lieux plus adaptés. Mauro Poggia s'engageait alors à fermer tous les abris PC d'ici fin 2016, début 2017 -à deux mois près, le délai est tenu. Mais il aura fallu pour cela trouver des terrains où implanter des hébergements provisoires, et donc faire face aux oppositions des riverains, voire des communes, comme à Thônex. Et il aura aussi fallu que le nombre d'arrivées de requérants baisse (on n'en a comptabilisé que 885 à Genève en 2017, soit deux fois moins qu'en 2016, et les nouvelles requêtes d'asile ont diminué de moitié au plan suisse), non parce que les causes de leur exil ont disparu, mais parce qu'on a multiplié les entraves et les barrières à leur migration vers l'Europe, et à leurs mouvements en Europe. Post Tenebras Lux : il n'y a plus de requérants d'asile en sous-sol de Genève. Mais il y en a toujours des milliers qui finissent au fond de la Méditerranée.

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15:20 Publié dans asile, réfugiés, Genève, Immigration, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |