asile, réfugiés

  • Derrière la progression de la droite populiste, toujours la peur de l'immigration...

    Imprimer

    Manif identitaire.jpg

    Histoires de racines

    Les élections européennes de fin mai ont été marquées par une double progression : celle des Verts et celle des populismes de droite. Cette dernière progression, moins forte que prédite, a été largement expliquée par la peur de l'immigration et l'exigence d'un renforcement, contre elle, des frontières. Or les politiques migratoires restent pour l'essentiel des politiques nationales.-et l'Union européenne, en tout cas, a clairement montré qu'elle n'était ni capable, ni désireuse d'en mener une à leur place, ou au-dessus d'elles. De toute façon, "maîtriser l'immigration" par un renforcement des frontières nationales ou continentales relève de l'illusion : aucune frontière n'arrêtera jamais un migrant près à tout pour la franchir. Et toute l'histoire de l'humanité est une histoire de migration. Et tous les êtres humains vivant aujourd'hui sont migrants, enfants de migrants, descendants de migrants. Quant aux migrants proprement dit, ils ne pèsent pas plus de 3 % de la population mondiale. Qu'est-ce en effet qu'un migrant ou une migrante ? Rien d'autre qu'une personne vivant dans un autre pays que celui où elle est née (il n'y a pas d'autre définition de ce qu'est un migrant ou une migrante)... Un Suisse "de souche" établi en France est un migrant, ce que ne sont pas un Kosovar, un Kurde ou un Tamoul de la deuxième génération, né en Suisse... histoires de racines, de souches, de tronc, de branches, de feuilles...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : asile, réfugiés, Immigration, Suisse 1 commentaire
  • "Déli de solidarité" : un pasteur jugé à Neuchâtel

    Imprimer


    geneve_cite_refuge.jpgGrüninger, Herrou, Valley, Lucano : Respect !

    La pénalisation de la solidarité envers les migrants frappe aussi la Suisse : le pasteur Valley comparaît en justice ce matin à Neuchâtel pour avoir nourri et logé un Togolais menacé d’expulsion. On ne peut pourtant pas dire qu'on soit envahis: 15'255 demandes d’asile ont été déposées en 2018 en Suisse -c'est 15,7% de moins qu’en 2017 et le chiffre le plus bas enregistré depuis 2007. Mais cela ne change rien : le «délit de solidarité» fait surface aussi chez nous -notre pays étant par ailleurs le dépositaire de la Convention de Genève sur le droit d'asile, ce qui n'empêche pas la «justice» d'y poursuivre celles et ceux qui, tels Anni Lanz, Norbert Valley. ou Lisa Bosia Mirra viennent en aide à des réfugiés ou à des migrants. Comme en son temps le fit Paul Grüninger, à Saint-Gall, lorsque, chef de la police, il fit entrer illégalement en Suisse des juifs fuyant l'Autriche annexée par l'Allemagne nazie. Lui aussi fut condamné, dégradé, révoqué. Avant, quarante ans plus tard, d'être réhabilité et honoré.

    Lire la suite

  • Un Pacte international sur les migrations sans la signature suisse ?

    Imprimer

    terre-capote.jpgCoïtus interruptus

    La Suisse ne signera pas (du moins pas pour le moment, pas avant que les Chambres fédérales en aient débattu) le Pacte sur les migrations de l'ONU. Le Conseil fédéral, qui se dit pourtant convaincu que ce pacte "correspond aux intérêts de la Suisse", puisqu'il vise à diminuer la migration "irrégulière" en organisant une migration "ordonnée", a donc courageusement décidé de ne pas décider. Après avoir annoncé qu'il signerait un texte à la rédaction duquel il avait fait participer son ambassadeur auprès de l'ONU.  La Suisse était donc absente à la signature du pacte, lundi 10 dernier à Marrakech. Comme les gouvernements "populistes" (qu'on nous pardonne cet oxymore -comme si on pouvait être "populiste" en étant au pouvoir...) des USA, de Hongrie, d'Autriche, d'Australie, de la République Tchèque, d'Israël et de Pologne. Le texte du Pacte est pourtant purement déclamatoire et sans conséquence impérative ni effet juridique : chaque Etat signataire en fait rigoureusement ce qu'il veut. S'il vise à définir des critères pour une politique mondiale ordonnant la migration, renforçant la lutte contre la traite des êtres humains et le trafic des migrants, sécurisant les frontières, veillant au respect des droits humains, organisant le rapatriement et la réintégration des migrants "irréguliers" dans leur pays d'origine et l'intégration des migrants "réguliers" dans leur pays d'accueil, il le fait en reprenant des principes déjà exprimés dans les grands textes internationaux proclamant les droits fondamentaux de la personne, et dans la plupart des constitutions nationales. Et il ne créée nullement un "droit à la migration" (comme s'il fallait créer un tel droit, alors que la migration est un  fait millénaire qui se contrefout de toute espèce de droit). Seulement voilà : parler de "migration", même "ordonnée", sans la qualifier a priori de menace et d'invasion, c'est agiter un chiffon rouge (ou jaune ?) sous le mufle des xénophobes. Et à moins d'un an des élections fédérales, la majorité de droite du Conseil fédéral, à commencer par l'acratopège ministre des Affaires Etrangères a eu peur des réactions du bestiau. D'où ce pitoyable coïtus interruptus.

    Lire la suite

  • Allègement de la pression migratoire, pas de la chasse aux migrants

    Imprimer

    Manif identitaire.jpgUn ventre encore fécond...

    La pression migratoire sur l'Europe (y compris la Suisse) s'est considérablement allégée : un nombre record de migrants débarquent en Espagne plutôt qu'en Italie (en bloquant une route, on ne fait qu'en ouvrir une autre, a constaté le ministre espagnol des Affaires Etrangères, Josep Borrell) : l'Italie ferme ses ports, les migrants passent par l'Espagne (qui, elle, ne les refuse pas -elle a accepté l'accostage du navire de sauvetage "Aquarius" et le débarquement de ses 630 passagers, à qui l'Italie avait fermé ses ports) et la route de l'Espagne vers les pays où ils veulent aller (l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la Scandinavie) ne passe pas vers la Suisse.En 2017 déjà, le nombre de demandes d'asile déposées en Europe avait chuté de 44 % par rapport à 2016, et le recul se poursuit : à fin juillet, et depuis le début de l'année, le nombre de migrants arrivés par la mer (55'000) avait diminué de moitié par rapport à 2017 et des trois quarts par rapport à 2016, et les débarquements ont triplé en Espagne pendant qu'ils baissaient de 80 % en Italie. Cette année la Suisse a enregistré au premier semestre le nombre le plus bas de demande d'asile (7820) depuis 2010, et les garde-frontières ont enregistré un tiers de moins de séjours illégaux en Suisse. Et notre paradis sur terre n'est qu'en 11ème position dans le classement des pays destinataires de demandes d'asile. On se dit que ça devrait calmer nos xénophobes (et ceux des autres pays) ? Mais non, c'est trop d'optimisme : Pourquoi le feraient-ils, d'ailleurs ? Ceux qui les écoutent se foutent de la réalité...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : asile, réfugiés 11 commentaires
  • Miasmes xénophobes : Gros vents et petites brises

    Imprimer

    Manif identitaire.jpg

    Les vents politiques nous semblent souffler depuis les lieux des miasmes xénophobes ? Sans doute. Mais tout le monde ne se comporte pas en girouettes : en France, le Conseil constitutionnel a consacré, contre le ministère de l'Intérieur, et en faveur de Cedric Herrou le "principe de fraternité" en affirmant qu'une aide désintéressée à des étrangers en situation irrégulière ne saurait être passible de poursuite. Ainsi, le principe de solidarité affirmé par l'agriculteur des Hautes Alpes a-t-il été affirmé contre le "délit de solidarité" qui valait à Cédric Herrou d'être poursuivi pour l'aide qu'il apportait à des immigrants venus d'Italie. La plus haute juridiction française a rappelé que la Fraternité était proclamée, avec la Liberté et l'Egalité, par la devise de la République, et que la Constitution s'y référait comme à un "idéal commun".  Quelques jours plus tard, le philosophe Etienne Balibar publiait dans "Le Monde" (daté du 17 juillet) une tribune en appelant à l'instauration d'un "droit international de l'hospitalité", face au "retournement du droit de l'asile" en "obsession pour le refoulement de l'immigration  dite clandestine et l'identification des "faux réfugiés" : en usant de critères "extraordinairement restrictifs" pour "disjoindre l'obtention du statut de réfugié et le droit de circulation" et soustraire la souveraineté des Etats à toute véritable contestation, on ne fait plus place, comme motifs d'asile, aux "conditions de guerre civile ou de guerre économique, dictature ou restriction de la démocratie, catastrophe environnementale". Les Etats transforment ainsi "des masses de migrants en réfugiés sans refuge". De gros vents mauvais soufflent de Hongrie et d'Italie (entre autres contrées) ? Quelques brises moins pestilentielles permettent encore de respirer...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : asile, réfugiés, France, Italie, Politique 1 commentaire
  • Deux fois moins de réfugiés en Europe en six mois : A quel prix ?

    Imprimer

    migrants Libye.jpg

    En 2017, 18 088 nouvelles demandes d’asile ont été déposées en Suisse. C’est un tiers de moins qu’en 2016. Parmi celles-ci, 885 ont été attribuées au canton de Genève. C'est moitié moins qu'en 2016, et c'est le chiffre le plus bas enregistré depuis 2010. A Genève, les personnes ayant déposé une demande d'asile sont principalement originaires d'Erythrée (182), de Syrie (110), d'Irak (54), d'Afghanistan (45), du Nigéria (40), de Guinée (39) et du Sri Lanka (39). Fin 2017, 4 155 personnes étaient à Genève  dans le processus « asile », dont 1 471 ont déposé une demande d'asile(elles disposent d’un permis N). Les 2 684 autres personnes ont vu leur demande d'asile refusée, mais bénéficient d'une admission provisoire (permis F). 2 990 personnes ont été reconnues comme réfugiées et sont sorties du processus d'asile, en ayant obtenu un permis B ou C. Depuis six mois, le nombre de migrants traversant la Méditerranée pour rejoindre l'Europe a diminué de moitié. Parce que les raisons de fuir leurs pays ont elles aussi diminué de moitié ? Non : parce que l'Europe paie ce qui tient lieu d'autorités libyennes pour qu'elles stockent, dans des conditions abominables dont l'Europe se contrefout, les milliers de réfugiés que les Européens ne veulent pas voir arriver chez eux.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : asile, réfugiés 2 commentaires
  • Hébergement des requérants d'asile : Post Tenebras Lux ?

    Imprimer

    Après les ténèbres du sous-sol, les lumières du jour ? "Plus aucun requérant d'asile ne dort sous terre", se félicitaient fin janvier l'Hospice Général et son ministre de tutelle, Mauro Poggia, en annonçant la fermeture du dernier abri de Protection Civile utilisé pour l'hébergement des requérants, l'abri des Coudriers. Et deux semaines plus tard, ils ouvraient  à la campagne Rigot, à deux pas du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, le chantier d'un centre d'hébergement de 370 places, dont l'ouverture est prévue en 2019 etg qui devrait fonctionner pendant dix ans. L'Hospice clame son espoir de ne plus avoir besoin de recourir aux abris de protection civile pour héberger des requérants d'asile, une tâche à laquelle il ne peut se soustraire et qu'il espère pouvoir assumer en recourant à des centres, pérennes ou provisoires, pouvant assurer des conditions d'hébergement plus dignes que celles du stockage souterrain pratiqué dès octobre 2014 dans l'abri PC de Châtelaine. Ce qui était présenté alors comme une mesure provisoire rendue nécessaire par l'urgence aura duré trois ans, et aura mobilisé jusqu'à neuf abris PC. Le directeur de l'Hospice Général et son ministre reconnaissaient que cette "solution" n'en était pas une, qu'elle atteignait à la dignité de celles et ceux à qui on l'appliquait, et qu'elle coûtait en outre fort cher, mais protestaient de l'impossibilité de faire autrement, faute de lieux plus adaptés. Mauro Poggia s'engageait alors à fermer tous les abris PC d'ici fin 2016, début 2017 -à deux mois près, le délai est tenu. Mais il aura fallu pour cela trouver des terrains où implanter des hébergements provisoires, et donc faire face aux oppositions des riverains, voire des communes, comme à Thônex. Et il aura aussi fallu que le nombre d'arrivées de requérants baisse (on n'en a comptabilisé que 885 à Genève en 2017, soit deux fois moins qu'en 2016, et les nouvelles requêtes d'asile ont diminué de moitié au plan suisse), non parce que les causes de leur exil ont disparu, mais parce qu'on a multiplié les entraves et les barrières à leur migration vers l'Europe, et à leurs mouvements en Europe. Post Tenebras Lux : il n'y a plus de requérants d'asile en sous-sol de Genève. Mais il y en a toujours des milliers qui finissent au fond de la Méditerranée.

    Lire la suite