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  • L'UDC débordée sur sa droite

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    La votation fédérale sur le " paquet " réunissant la reconduction de l'accord sur la libre circulation et son extension à la Bulgarie et à la Roumanie a été fixée par le Conseil fédéral au 8 février 2009. Le référendum lancé par les " Démocrates Suisses " (l'ex-Action Nationale), la Lega et les jeunes UDC a en effet abouti, alors que les référendaires avaient été lâchés par l'UDC (sur pression des milieux économiques) et, dans la foulée, par sa succursale, l'Action pour une Suisse indépendante et neutre, qui a poussé le souci de l'alignement sur l'UDC jusqu'à refuser de consulter sa base (47'000 membres), probablement majoritairement partisane du soutien au référendum.

    Quelle " libre circulation ? "

    L'UDC avait renoncé à lancer le référendum contre l'accord sur la " libre circulation " au prétexte que " le paquet approuvé par le parlement (...) empêche l'expression sûre et fidèle de la volonté populaire ". En réalité, l'UDC avait surtout eu peur de fâcher ses sponsors patronaux, qui ont besoin de la " libre-circulation ". Et quand le parti blochérien expliquait qu'il renonçait à un " faux semblant " de référendum, il renonçait surtout à un " faux semblant " d'opposition à ceux qui le financent. Résultat : l'UDC se retrouve aujourd'hui contrainte de se prononcer sur une " libre-circulation " dont elle ne veut pas, mais qu'elle ne peut combattre ouvertement. Quant à la gauche, elle est dans une situation rigoureusement inverse : favorable en principe -sauf à se renier- à la libre-circulation, elle ne l'est pas forcément à celle qui est proposée. Et pas non plus aux conditions dans lesquelles elle sera appliquée. Et on ne peut pas dire que les institutions européennes contribuent beaucoup à calmer les inquiétudes de celles et ceux qui craignent que la " libre-circulation " ne soit finalement que le moyen de la sous-enchère salariale et sociale. A chaque fois qu'elle s'est prononcée sur une contradiction entre une réglementation nationale et une réglementation européenne, la Cour européenne de justice a tenu le même raisonnement : on ne doit pas aller au-delà des protections sociales offertes par les dispositions communautaires, si en allant au-delà on contrevient à la libéralisation. La Suisse n'est pas membre de l'Union européenne mais marche dans le même sens qu'elle. Cela étant rappelé, on rappellera aussi que la social-xénophobie ne vaut pas mieux que la xénophobie tout court., et que notre tâche n'est pas d'ériger des barrières à l'abri desquelles on devrait se livrer au nom de la défense des salaires à la chasse au faciès des travailleurs d'ailleurs.

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  • "Réflexions sur la question étrangère"

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    Ce que suggérait Sartre, en 1946, dans ses "Réflexions sur la question juive", semble valoir pour la bonne vieille xénophobie dont l'expression, moins contrainte que l'antisémitisme (qui se retient cependant de moins en moins, le temps passant et les survivants trépassant depuis la Shoah), paraît procéder du même mécanisme : le juif est une créature de l'antisémite, suggérait Sartre, au sortir de l'Holocauste... l'étranger" n'est-il pas une créature de l'indigène ? La théorie de l'"être par l'autre" que Sartre applique à la "question juive", ne s'applique-t-elle pas aussi à la question étrangère"  ?il suffit d'ailleurs de proclamer que "le juif" est étranger par nature" pour que les deux questions suggèrent la même réponse. Et, pour nous, la même urgence. Et le même obstacle : "Le démocrate a fort à faire : il s'occupe du juif quand il en a le loisir; l'antisémite n'a qu'un seul ennemi, il peut y penser tout le temps : c'est lui qui donne le ton", écrivait Sartre il y a plus de soixante ans. Le démocrate a toujours fort à faire; il s'occupe toujours de l'étranger quand il y est requis; le xénophobe, lui, n'a toujours que ce seul ennemi, l'étranger, il y pense toujours constamment, s'en occupe toujours tout le temps, et c'est toujours lui, le xénophobe, qui donne le ton. Son initiative pour les "naturalisations par lées urnes" a été balayée par le peuple ? l'UDC remet la compresse, et exige de durcir les conditions d'accession des étrangers à la nationalité suisse. Avec le même argumentaire et les mêmes épouvantails que lors du vote de l'initiative... Et en entraînant à sa suite le parti radical, le parti démocrate-chrétien, et ses propres dissidents grisons, bernois et glaronnais. Et  même sur le terrain sécuritaire, le PS.